Manchester a perdu United
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Manchester a perdu United

Malgré un business qui tourne à plein régime et des centaines de millions dépensés pour créer un effectif taille patron, Manchester United n'y arrive plus depuis le départ du grand manitou Sir Alex Fergurson. Une situation qui s'explique par le terrible vide laissé par le départ du coach et de certaines légendes du club. Mais pas que...

Un vide à combler

Comment on va faire sans lui ? Telle est la question qu’ont dû se poser maintes et maintes fois les dirigeants de Manchester United à chaque nouveau trophée glané par leur équipe durant la période Ferguson. Alors que depuis 1986, ou plutôt 1988 (Sir Alex a connu des débuts difficiles), les Red Devils vivaient un véritable rêve éveillé (38 titres dont treize Championnats, cinq Cup et deux Ligues des champions ravis par la bande à “Fergie”), le club est en crise depuis le départ de son coach emblématique. C’est bien connu en football, un bon entraîneur vous manque et tout est dépeuplé… Dans le cas de Manchester, c’est surtout l’effectif qui s’est vidé, la retraite du coach écossais coïncidant avec celles de nombreux piliers de l’équipe. Ainsi en 2013, ce sont 718 matchs et 155 buts qui s’en vont avec la légende Paul Scholes. L’année suivante, c’est au tour de la charnière Ferdinand-Vidic (ou l’un des meilleurs duo en défense centrale de l’histoire du foot), Tonton Pat’ (parti à la Juve après huit années de débordements dans les couloirs gauche de Premier League) et Ryan Giggs (au club depuis 1804) de s’en aller… Ajoutez à cela le déclin du maître Rooney, l’âge avancé du joueur de l’ombre Michael Carrick et le départ pour West Ham de Darren Fletcher, vous obtenez le scénario de “Mission Impossible 5: reprendre Manchester United”. Une mission que même Tom Cruise n’aurait pas acceptée.

 

Un business qui n’a jamais été aussi florissant

MU a beau affiché le bilan famélique d’un Community Shield et d’une Cup depuis trois ans (soit deux fois moins qu’Arsenal sur la même période, c’est dire), le machine à billets n’a jamais aussi bien tourné pour les Reds. En effet, malgré une triste cinquième place à l’issue de la dernière saison, le club a enregistré un chiffre d’affaires de 608 millions d’euros, un bénéfice de 81,4 millions d’euros, le tout sans le juteux bonus d’une qualification en Ligue des champions. Un bénéfice qui sort de l’entendement, surtout quand on apprend par le CIES (observatoire du football) que United possède un effectif pesant 718 millions d’euros, soit le plus cher du monde et même de l’histoire du football. Des sesterces par millions de millions qui proviennent en partie de l’explosion des droits télés de la Premier League (apportant 166 millions au club pour cette année), mais aussi d’un contrat sur neuf ans de 940 millions d’euros signés avec Adidas, qui rendent les tuniques des Red Devils diablement chères, pour encore plus de profits. Grâce à son merchandising excellent, le club possédant le plus de supporters dans le monde vend ses maillots hors de prix et autres produits dérivés aux quatre coins de la planète. Avec une attention toute particulière pour l’Asie du Sud Est, région particulièrement demandeuse, où les baguettes Wayne Rooney font notamment fureur.

 

L’argent ne fait pas le bonheur

Reconstruire une équipe après le creux laissé par Sir Alex et ses disciples n’est certes pas chose aisée. Mais la tâche se complique d’année en année quand vous choisissez les mauvais poulains. Si Man’U a intelligemment misé sur des joueurs d’avenir comme Ander Herrera, Luke Shaw, Marcos Rojo ou encore Anthony Martial pour assurer un futur stable au club, le club s’est aussi souvent troué en matière de recrutement. De “l’échec à 75 millions” qu’a constitué Angel Di Maria, à la mise à mort de la carrière de Bastian Schweinsteiger, en passant par Radamel Falcao, Memphis Depay et Zlatan (dont on pressent la lente extinction), Manchester United a enrôlé des joueurs avec plus de “hype” que de dispositions à jouer dans la physique Premier League et donc accumulé les bides. Où sont passés les CR7, Van Nistelrooy, Tevez et Van Persie, vrais bonnes recrues bien senties? La réponse se trouve dans les critères de recrutements des Reds. En effet, depuis que Sir Alex n’est plus aux commandes, Manchester vise certes des joueurs de talents, mais également des joueurs “bankable” pour alimenter au mieux la “marque United”. Des recrutements orientés par le business (#Pogba), bien loin des années où les joueurs souvent british, costauds, mais surtout “made in Premier league” avaient la priorité. Manchester ne fait plus du United mais du City ou du Chelsea… et forcément ça coince.

 

Où es-tu Man’Ureva ?

Si on ne souhaite pas à Manchester United le funeste destin de Manureva, on constate toutefois que comme lui, l’identité du club est “portée disparue” depuis trois ans. Un véritable flair pour dégoter des pépites et un centre de formation top niveau… tels étaient les atouts principaux de l’institution Manchester et les clés de sa pérennité sur le devant de la scène nationale et européenne. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme mais aussi un brin de tristesse qu’on a assisté l’an passé à l’éclosion à l’âge de 18 ans de Marcus Rashford, joueur au potentiel incroyable et pur produit de la formation mancunienne. Un cas désormais trop isolé pour un club qui n’a eu de cesse d’inclure ses pépites du centre de formation dans l’effectif et de façonner de jeunes joueurs pour en faire des légendes.

Une identité bien trempée qu’on retrouvait également sur le terrain, Manchester possédant de “vrais ailiers” (Giggs, Nani, Valencia, Young) capables de faire la différence sur le côté et de mettre des caviars “in the box” dont se délectaient les sérial-buteurs du club. Mais l’évolution du football moderne a entraîné une diminution considérable de ces spécimens contre l’émergence de “faux-pieds” (pour lesquels Manchester est prêt à claquer 80 millions d’euros), qui ne possèdent clairement pas la même efficacité en attaque. Pas étonnant donc qu’un Manchester loin de ses racines ait fini le précédent exercice avec un bilan famélique de 49 buts… Et si les Reds pensaient panser leurs difficultés devant le but en recrutant Zlatan Ibrahimovic, on peut se le dire: Man’U Man’U rêva.

 

Man’U à l’image de la Premier League

Le foot anglais a beau s’enrichir en dollars et en fans, ses performances sur la scène européenne montrent bien son déclin progressif sur la durée. En recrutant ailleurs pour des millions des joueurs et entraîneurs ”bankable”, Manchester United ne fait que poursuivre le fléau qui se propage dans une Premier League guidée par le “foot-business” et la production de spectacle. Un véritable boulet pour le niveau d’un championnat qui est passé en-dessous de la Liga espagnole, mais aussi et surtout pour l’équipe d’Angleterre, qui ne peut désormais compter que sur quelques clubs pour dénicher ses tauliers de demain (Arsenal, Tottenham et Liverpool entre autres).

Avec un staff 100% ibérique à sa tête, Manchester United, véritable pourvoyeur de talents british depuis des siècles, poursuit un modèle de développement à la Chelsea, loin de ses standards, qui lui permettra au mieux de gagner un titre tous les cinq ans, mais qui ne lui offrira jamais la possibilité de retrouver la domination qui était la sienne à la tête de la Premier League. Une Premier League qui, il faut se le dire, perd un peu la boule avec tout ce magot, tout en perdant petit à petit sa plus grande richesse: la ferveur populaire de ses supporters. Malgré de nouvelles recettes astronomiques, le prix des billets et abonnements au stade ne cessent d’augmenter, visant de plus en plus les supporters les plus fortunés et les touristes, qui font bien évidemment beaucoup moins de bruit que les supporters de toujours. On attend donc un déclic ou plutôt un miracle pour que la donne s’inverse, que la Premier League retrouve son football d’antan… et que Manchester nous envoie à nouveau du rêve dans son théâtre.

  1. avatar
    20 février 2017 a 5 h 17 min
    Par Nicolas

    C’est sur que depuis que Sir Alex Fergusson n’est plus la MU galère beaucoup, de plus le club aura 140 ans l’année prochaîne.

    Le club a perdu de sa superbe un peu

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