Que faut-il encore à Tottenham ?
Photo Panoramic

Que faut-il encore à Tottenham ?

Suite à leur élimination survenue mercredi soir à Wembley face aux bianconeris (2-2 à l'aller; 1-2 au retour) les hommes de Mauricio Pochettino ont répondu présent ce Week-end sur le terrain de Bournemouth et ce avec la manière : victoire clinquante 4-1. En course sur plusieurs tableaux depuis quelques saisons les Spurs peinent à aller chercher ce titre de champion d'Angleterre qui leur manque depuis 57ans (1961). Il faut également remonter à 2008 pour voir les Spurs soulever un trophée national avec la Coupe de la Ligue anglaise. En Ligue des Champions pas de grosse folie non plus puisque l'équipe n'a plus atteint les quarts de finale depuis 2011, la seule fois de son histoire. Mais que manquerait-il donc à l'actuel troisième de Premier League qui réalise une admirable saison ?

Une question de temps

Cette saison Tottenham a démontré qu’il pouvait une fois de plus élever son niveau de jeu et titiller les cadors du championnat. Il faut remonter au 16 décembre pour voir les Spurs s’incliner en championnat face à Manchester City (défaite 4-1). Les coéquipiers de Kane sont sur une série de 12 matchs sans défaite en championnat : rassurant quand on veut viser la Ligue des Champions. Excellente collectivement et individuellement, l’équipe emmenée par Hugo Lloris a fait trembler les filets à 59 reprises en championnat pour 25 buts encaissés : c’est mieux que Chelsea (52 buts, 27 encaissés), Arsenal (55 buts, 41 encaissés) et à peu près dans les mêmes rangs que Manchester United (58 buts, 23 encaissés). Seul Manchester City fait largement mieux (83 buts, 20 encaissés). Autre facteur important à noter : la moyenne d’âge de l’effectif londonien qui est d’environ 26 ans (25,8) tout comme les autres équipes du Top 6 excepté Liverpool (25 ans). De plus Pochettino possède des joueurs d’expériences : Llorente, Sissokho, Dembélé, Alderweireld, Verthongen ou encore Lloris. À cela on ajoute la panoplie de joueurs talentueux tels que Kane, Alli, Son, Eriksen ou encore Ben Davies et l’on obtient tout d’un cocktail presque parfait. Le temps serait alors le paramètre essentiel qui permettrait à Tottenham d’arriver au niveau d’équipes telles que Manchester City, la Juventus, le FC Barcelone ou encore le Real Madrid, ce dernier qui s’était vu terminer deuxième derrière le club londonien en poules (1-1 à l’aller; 3-1 au retour). Ce temps qui, rappelons le, a permis à Chelsea de toucher le graal avec sa victoire en finale de Ligue des Champions en 2012 face au Bayern Munich (1-1, 4-3 t.a.b), soit 9 ans après l’arrivée du milliardaire russe Roman Abramovitch. Et puis il est également bon de savoir que Tottenham n’est jamais passé bien loin de remporter la Barclays Premier League. La saison dernière les joueurs avaient fini dauphins derrière l’imprenable Chelsea d’Antonio Conte avec 7 points d’écarts qui les séparaient. Quant à la saison d’avant ils avaient fini troisièmes à un point du rival de toujours Arsenal et 11 points du Leicester de Ranieri qui avaient créé la surprise en Angleterre et éblouit l’Europe entière.

 

Le mental y est aussi pour quelque chose

Eh oui ! Le mental fait aussi la différence et notamment dans les matchs importants. Gagner des titres se fait avec la manière mais aussi avec le mental. Ce mental a pourtant joué un tour aux Anglais notamment lors de la double confrontation face à la Juventus. Cette dernière ne produit pas un jeu spectaculaire mais sait s’adapter aux adversaires qu’elle rencontre. Pourtant auteurs d’un match aller plus que satisfaisant avec le match nul arraché 2-2 à l’Allianz Stadium, les coéquipiers d’Harry Kane avaient une grosse carte à jouer et la probabilité de qualification était largement à leur avantage. Ceux-ci ont effectué une très bonne première période avec un pressing haut pour gêner les relances adverses et empêcher les hommes d’Allegri de ressortir et exploiter les ballons qu’ils possédaient. Il faudra attendre la 39ème minute pour voir les Spurs mener au score avec Heung-Min Son à la conclusion. L’adversaire était étouffé et Tottenham pouvait même s’en vouloir de ne mener que 1-0 car les occasions étaient multiples et dangereuses. Au retour des vestiaires les Londoniens ne changent pas les habitudes et continuent sur leur lancée mais ne trouvent toujours pas la marque pour aggraver le score. C’est ce manque de réalisme qui fait parfois défaut au club présidé par Daniel Levy. Puis vient une séquence pendant laquelle on voit les hommes de Pochettino s’endormir et par la même occasion concéder 2 buts en 3 minutes. 3 minutes primordiales qui auront coûté l’élimination de Tottenham. Une élimination qui fait mal pour des joueurs qui ont dominé la majeure partie des deux rencontres, mais de quoi renforcer l’expérience du club londonien. Outre la Ligue des Champions l’actuel 3ème de Premier League fait face à des manquements en championnat qu’il conviendrait de rappeler. Les partenaires d’Hugo Lloris ont perdu pas mal de points en première partie de saison : la faute à des défaites lors des matchs face aux équipes du Top 7 dont la plupart ont eu lieu à l’extérieur (contre Chelsea 1-2, Manchester United 1-0, Arsenal 2-0, Leicester 2-1, Manchester City 4-1). Cela devient un problème récurrent pour l’équipe qui rappelons-le encore une fois a fini dauphine la saison dernière et troisième la saison d’avant. Pour gagner un titre cela pèse beaucoup dans la balance.

 

Une équipe qui finit souvent par décrocher

Tottenham fait partie de ces équipes européennes qui ont du mal à combiner “parcours en coupe d’Europe” et “course en championnat”. Un détail qui devient quasi-normal pour bon nombre de ces équipes au vu du jeune âge de leur effectif mais qui a toute son importance pour la conquête d’un titre. Après la victoire face à Dortmund 3-1 en match de poules de Ligue des Champions, les Spurs avaient souffert contre Swansea la même semaine 0-0 et 4 jours après l’exploit réalisé face à Madrid 1-1, avaient peiné à gagner face à la lanterne rouge Crystal Palace 1-0 (aujourd’hui 18ème). Un décrochage naturel pour cette équipe mais qui peut la pénaliser lorsqu’il s’agit de ruée vers le titre.

 

Un banc de touche qui suscite l’interrogation

Les saisons sont donc longues et les matchs nombreux, notamment pour une équipe de Tottenham qui joue sur plusieurs tableaux depuis quelques saisons. L’équipe en est à presque 50 matchs joués cette saison (49) et la fatigue se fait souvent ressentir surtout lorsqu’on joue tous les trois jours. Pour cela Pochettino a un banc à sa disposition constitué de joueurs de qualité mais qui a montré ses limites à certaines reprises. Tout d’abord depuis le départ de Walker vers Manchester City quelque chose semble s’être brisé entre Rose et le club. Le latéral gauche n’a joué que 6 petits matchs cette saison en championnat et n’a pas encore vraiment convaincu. Cette statistique est loin des 18 matchs de championnat joués la saison dernière ou encore des 24 matchs joués la saison d’avant. Concernant Sissokho il ne ressemble pas encore au joueur de l’équipe de France qui avait été auteur de très belles prestations à l’Euro 2016 avec notamment une efficacité surprenante. Enfin on peut être déçu de l’apport de Fernando Llorente qui n’a marqué qu’un tout petit but en 15 apparitions en Premier League. L’ancien de la Juventus et du FC Séville confirme la difficulté de vivre dans l’ombre d’Harry Kane comme Vincent Janssen l’avait montré avant lui.

@Yacine_Laayouni

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter