Quel est le dispositif adéquat pour votre équipe ?
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Quel est le dispositif adéquat pour votre équipe ?

En ce début de saison, on voit souvent les entraîneurs se positionner d’un point de vue tactique durant les matchs de préparation : garder le système de l’année passée, changer de dispositif pour amener du renouveau, faire quelques ajustements. Voici un article pour mettre en évidence tout les points positifs et négatifs des différents systèmes de jeu.

Dans un premier temps, avant de chambouler ou de laisser un dispositif en place, il faut que l’entraîneur ait sa propre conception du jeu au lieu de rester debout avec sa touillette dans la bouche. Il doit avoir ses convictions sans se montrer rigide mais il ne doit pas les renier. C’est la même chose pour un chef cuisinier. Si on lui demande de faire un plat simple et connu, comme des pâtes ou un tiramisu, il le fera parfaitement et sans doute qu’il sera l’un des meilleurs. Mais si on lui demande de faire un plat original pour exprimer une façon de voir quelque chose, il sera performant à la condition de ne pas lui imposer une saveur ou une condition, sinon ça va fausser son travail. En football, c’est la même chose. Le tacticien doit être suffisamment souple -mais sans être rigide- dans l’application de ses convictions. Il doit savoir s’adapter aux joueurs qu’il a à disposition pour pouvoir tirer profit des points forts de chacun.

L’entraineur doit être capable de trouver une harmonie entre l’individuel et le collectif. Généralement, le joueur cherche la performance et par conséquent va chercher le plaisir individuel. L’entraîneur doit être capable de mettre en relation ce plaisir et le collectif… d’où l’importance d’un système de jeu adéquat, permettant d’être performant collectivement mais permettant aussi aux joueurs d’être épanouis, comme s’ils jouaient dans le stade près de chez eux avec leurs amis.

Le 4-4-2 et sa polyvalence

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Dès qu’on choisit un système en football, on a deux visions à prendre en considération : soit on décide que notre équipe récupère le ballon collectivement (en zone) ou alors on se fixe sur de la récupération individuelle (de l’individuel dans la zone).

A partir du moment où l’on choisit de se tourner vers une récupération collective, le 4-4-2 est le dispositif le plus adéquat. Ce système favorise l’équilibre de l’équipe et permet d’avoir des transitions très rapide entre les phases défensives et les phases offensives (cf. le Real Madrid de Carlo Ancelotti). C’est un système qui n’est pas figé, ouvert à tous les profils. On peut avoir la possibilité de jouer avec des attaquants rapides, des attaquants de soutien, des attaquants d’espaces. L’entraîneur doit être capable de trouver la bonne complémentarité entre les joueurs.

Le 4-2-3-1 est l’adaptation la plus courante du 4-4-2

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Lorsque l’on ne possède qu’un seul véritable attaquant de pointe, le 4-4-2 se transforme en 4-2-3-1 avec le deuxième attaquant qui évolue dans une position plus reculée sur le terrain. Les joueurs excentrés se positionnent un peu plus haut, permettant d’avoir une occupation rationnelle de l’space. La difficulté avec ce dispositif, c’est que les relations entre les joueurs sont beaucoup plus compliquées. On a donc du mal à garder un bloc groupé dans la phase offensive. Le bloc est intéressant dans le sens où il est étiré dans la largeur mais les relations sont vraiment beaucoup moins riches entre les joueurs. C’est pour ça que c’est toujours intéressant de jouer à deux devant : ce n’est pas un signe de vouloir jouer plus dans l’aspect offensif mais cela permet plutôt de créer plus de combinaisons et adapter les déplacements des joueurs les uns par rapport aux autres.

Le 4-4-2 en losange demande une grande maîtrise d’un point de vue collectif

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Le 4-4-2 en losange, avec un milieu défensif, deux milieux relayeurs et un meneur de jeu a pour désagrément à la perte du ballon de laisser beaucoup trop d’espaces au milieu. De plus au niveau des joueurs excentrés, il faut que les latéraux soient vraiment frais physiquement pour pouvoir créer du jeu sur la largeur et combler les espaces libres sur les côtés. Il faut vraiment une grande maîtrise collective pour pouvoir appliquer efficacement une telle organisation.

Le 4-1-4-1 est un système très défensif

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Le souci concernant le 4-4-2 traditionnel, c’est la gestion de l’espace entre les lignes. La solution peut être de rajouter un joueur devant la défense qui gère les espaces libres entre les deux lignes, ce qui oblige cependant d’enlever un attaquant (certaines phases défensives de l’Atlético de Simeone). Ce système oblige du coup à jouer sur les côtés ou à attendre un exploit sur les phases offensives. Personnellement, ce n’est pas un système qui me plaît.

Le 4-3-1-2, sécurisant en termes d’occupation d’espace

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Avec un joueur devant la défense et deux milieux excentrés qui jouent plus bas que dans un 4-4-2 traditionnel, on obtient le 4-3-1-2. La ligne de trois au milieu du terrain, en terme d’occupation de l’espace, est assez sécurisante. Le problème se situe au niveau du pressing sur le porteur. Si le ballon part sur le latéral adverse, qui va presser ? C’est peut-être un système qui peut marcher mais c’est moins carré, moins cohérent sur le plan de la répartition des tâches et l’occupation du terrain.

Le 4-3-3

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Hors Barcelone, peu d’équipes peuvent se permettre de jouer dans un 4-3-3 traditionnel. Il faut dire que ce système a pour problème de libérer des espaces au milieu comme le 4-4-2 en losange. A l’époque de Johan Cruyff, les Pays-Bas jouaient avec des joueurs excentrés tellement haut qu’ils passaient leur temps à remiser vu qu’ils étaient dos au but. C’était du hand.. Or, l’intérêt est de produire des actions vers le but ! Durant cette période, les Pays-Bas n’ont rien gagné parce que le système posait un trop gros problème de transition entre la phase offensive et la phase défensive. En match, on a le ballon une fois sur deux donc si on est en danger dès qu’on perd le ballon.. Le 4-3-3 présente des avantages mais aussi des inconvénients.

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Dans un 4-3-3 traditionnel, il y a deux animations : soit tu joues avec un milieu récupérateur et deux milieux offensifs soit l’inverse avec deux milieux défensifs et un meneur de jeu. Toujours est-il que le dispositif demande des profils très spécifiques en particulier au niveau des joueurs de couloirs, capables de déborder et assez bridés finalement dans leurs déplacements (à l’exception du Barça ou ça permute beaucoup). L’attaquant axial, lui, doit assurer une présence constante devant le but, ce qui limite aussi son champ d’action. Il doit par ailleurs être athlétique et savoir jouer en remise (comme Mario Gomez). Mais il ne présente pas que des inconvénients.

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De manière théorique, il permet d’utiliser la largeur du terrain au niveau de la ligne d’attaque, donc une plus grande occupation de l’espace, qui a pour conséquence d’étirer le bloc adverse. Le poids offensif est donc plus conséquent. Si un entraîneur part en début de saison en 4-3-3, il sera difficile voire impossible par la suite de changer de système.

Les systèmes à 3 défenseurs 

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A trois derrière, on n’occupe pas toute la largueur du terrain. Or, quand on a le ballon est sur le côté droit par exemple, il y a la nécessite d’avoir une couverture côté gauche. D’ailleurs, on sait que les problèmes ou les succès d’une équipe sont souvent le fait du joueur qui se trouve à l’opposée du ballon plutôt que celui qui est à proximité du porteur. Soit il va entraîner un déséquilibre, soit apporter une solution supplémentaire. Voila pourquoi la ligne de quatre au milieu s’avère obligatoire pour occuper la largeur du terrain dans le système à trois.

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Reste que le rééquilibrage défensif demande une grande intelligence tactique de la part des « pistons » dont le jeu est stéréotypé, rectiligne, et dont la fonction demande ici un gros volume athlétique. Ils ne doivent jouer ni trop haut, ni trop bas. S’ils jouent trop bas, on arrive à cinq derrière, ce qui arrive fréquemment car les deux ont tendance à trop décrocher par crainte de laisser de l’espace derrière. Or, c’est catastrophique car on perd la présence au milieu où l’on est plus que deux, entraînant un déficit de cadrage du porteur du ballon. S’ils sont trop haut, on perd aussi de la présence au milieu pour la récupération, et on ne peut pas assurer la couverture sur les côtés. Voilà pourquoi l’équilibre dans un système à trois est difficile à trouver. Il faut une grande maîtrise.

ET SURTOUT ! Il ne faut pas changer constamment de système ! Les aspects tactiques reposent sur des automatismes. Ils doivent être ancrés pour être utilisés de façon spontanée. Cela demande un certain travail à l’entraînement. Or si l’on change un système, cela veut dire que l’on va changer les automatismes, on déstabilise l’équipe ! Demandez aux supporters parisiens le résultat d’un changement tactique..

  1. avatar
    13 août 2016 a 14 h 54 min

    Bravo pour ce très bel article tout d’abord :-)
    Voici ce qu’il m’inspire : je pense qu’aujourd’hui, le football moderne s’accommode difficilement du pur 442 cher à C. Gourcuff par exemple. Le passage de la phase offensive à la phase défensive est difficile et on se retrouve en difficulté et en infériorité au milieu de terrain.
    Je me souviens d’une passionnante itw de Didier Deschamps dans France Football en 2009, il justifiait son choix du 433 par le nerf de la guerre : le milieu de terrain. Là ou le 442 et le 4231 voient seulement 2 récupérateurs balayer la largeur du terrain, le 433 offre, avec sa sentinelle plus les 2 milieux relayeurs la couverture de terrain optimale à la récupération. Si un coach a la chance d’avoir un profil technique dans ce milieu, la transition attaque/défense est optimisée. Le Barca avec Busquets/Iniesta/Xavi et même le grand OL des années 2000 avec Diapra/Essien/Juninho ou le PSG avec Motta/Verratti/Matuidi sont de parfaits exemples d’équipes ayant su exploiter à 100% ce schéma de jeu.

    Après je pense qu’un grand coach est aussi capable de mettre ses principes de coté quand il débarque avec un effectif donné. Quel merveilleux exemple que Carlo Ancelotti et son sapin de Noel milanais qui sublimait les qualités de Kaka, Seedorf, Pirlo, Gattuso… Ce 4321 rarement utilisé fut tenté à son arrivée au PSG en 2012 mais vite abandonné au profit d’un 442 plus pragmatique compte tenu du profil de ses milieux de terrain. Et au Real, il s’adapta aussi sans sourciller pour nous sortir un solide 433 faisant parfaitement cohabiter en attaque le trio BBC.

    C’est comme ça que je vois un grand entraineur : des principes de jeu mais aussi du pragmatisme, c’est pour ça que, subjectivement bien sur, je place Carlo Ancelotti comme le meilleur entraineur actuel, si j’avais un club avec un budget illimité, c’est lui que je choisirai comme coach.

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