Le défenseur central nouveau est arrivé
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Le défenseur central nouveau est arrivé

Exit le grand gaillard rugueux, affamé dans les duels et maladroit balle au pied, dont le boulot consiste uniquement à balayer férocement tout attaquant qui approche d'un peu trop près sa surface. Le poste de défenseur central connait aujourd'hui une mutation qui va de paire avec l'évolution du jeu en général. Quid de cette transformation ? Quels en sont aujourd'hui les meilleurs représentants ?

La fin du boucher ?

Il entre sur le terrain la bave aux lèvres, l’œil mauvais, les poings serrés. Un mètre quatre-vingt dix, bâti comme une armoire à glace, il suffit d’un regard pour le reconnaître et pour le craindre: le défenseur central. Son unique but: détruire ce que les autres construisent. Ses coups de casque, portés par une hargne et une détermination sans faille, sont dévastateurs. Lorsqu’il tacle, les pieds forcément décollés du sol, c’est pour prendre quelque chose au passage. Et qu’importe qu’il s’agisse du ballon ou d’une cheville, l’essentiel est de stopper. Quand le ballon atterrit par mégarde dans ses pieds il ne s’embarrasse pas avec des touches de balle superflues; le pointu ou le coup-du-pied en touche reste son meilleur ami. Ce joueur c’est le défenseur du passé, formé pour contrer le célèbre “kick-and-rush” anglais. Son profil a longtemps traversé les époques et a favorisé les luttes âpres à l’entrée des surfaces de réparation. Les Jaap Stam, Ronald Koeman, Marco Materazzi ou, plus récemment Pepe, en sont les derniers représentants. Aujourd’hui l’espèce tend à disparaître, les défenseurs centraux sont souvent bien plus que de simples stoppeurs, ils sont la clé de voûte de leur équipe et en deviennent les premiers attaquants.

Héritiers de Beckenbauer

Comment aborder le secteur défensif sans faire allusion à Franz Beckenbauer ? Il est le libéro par excellence, à la fois le joueur le plus proche du gardien et le plus influent de son équipe. Son élégance balle au pied, sa qualité de relance, la précision de ses interventions l’ont élevées au rang de légende du poste. Le double vainqueur du Ballon d’or (1972 et 1976) était aussi connu pour ses longues chevauchées vers la surface adverse et sa qualité de finition étonnante pour un défenseur (il a inscrit plus d’une centaine de buts dans sa carrière). Placé derrière les deux stoppeurs qui se chargent du marquage des attaquants adverses, le “Kaiser” peut mettre à profit sa lecture du jeu et son sens de l’anticipation pour annihiler les attaques adverses. Néanmoins, il est à noter la différence entre le poste de libéro qu’occupait alors le capitaine allemand et le poste de défenseur central aujourd’hui en vogue. Beckenbauer était davantage un meneur de jeu reculé qu’un véritable défenseur central. Il possédait une grande liberté de mouvement sur le terrain, liberté qui semble difficilement applicable au football tel que nous le connaissons aujourd’hui. Exceptés sur les coups de pieds arrêtés, les défenseurs centraux se permettent rarement d’apporter le surnombre en attaque, sous peine de déséquilibrer tout le bloc équipe. Malgré un poste qui n’est pas tout à fait identique, il semble évident qu’un joueur tel que Beckenbauer a grandement fait évoluer le concept de défenseur central: un joueur qui n’est pas fâché avec le ballon, doté d’une excellente vision du jeu, dont la qualité de passe n’a rien à renier à un milieu de terrain. Aujourd’hui, les Bonucci, Boateng, Hummels, Thiago Silva ou Ramos (pour ne citer qu’eux) font partie de ces joueurs qui ont dépassé leur simple fonction de défenseur, bien qu’ils remplissent encore cette dernière à merveille. La circulation du ballon devient alors beaucoup plus simple avec ces défenseurs modernes. Le jeu actuel, fait de possession, de dédoublements, de variété dans la construction (en ce qui concerne les plus grands clubs) est facilité par ces défenseurs capables de crocheter un attaquant pour libérer l’espace ou de casser une ligne grâce à une passe appuyée. Les meilleurs équipes du monde jouent toutes avec, au minimum, un joueur de ce type dans leur rang, et la nouvelle génération de centraux débarquant dans l’univers du ballon rond va tout à fait dans ce sens ( Umtiti, Marquinhos, Stones, ou encore Varane). Ils allient parfaitement leurs qualités défensives à une technique au-dessus de la moyenne.

Sergio Ramos, le défenseur complet par excellence ?

Hiérarchiser les défenseurs centraux apparaît comme un exercice compliqué et dénué d’objectivité, tant ils sont nombreux à se bousculer au portillon. Il semble plus intéressant de déterminer le défenseur central le plus complet, celui qui associe le plus grands nombres de qualités qui lui permettent de dépasser le rôle de simple défenseur. Prenons une liste des meilleurs de ces dernières années dans un ordre aléatoire: Godin, Ramos, Piqué, T.Silva, Pepe, Chiellini, Bonucci, Boateng, Hummels (auxquels on peut ajouter Kompany, valeur sure de ces dernières années). On peut diviser cette liste en deux: les défenseurs plutôt traditionnels, ceux qui préfèrent le combat défensif “pur” (Godin, Pepe, Chiellini, Kompany) et les défenseurs plus “modernes”, qui allient une maîtrise technique supérieure ( Ramos, Piqué, T.Silva, Bonucci, Boateng, Hummels). De ces six, un semble sortir du lot:  Sergio Ramos. Le natif de Séville a pris depuis plusieurs saisons une autre dimension au Real de Madrid. Promu capitaine depuis le départ du légendaire Casillas, Ramos est un alliage de technique,de capacités athlétiques, de qualités défensives et d’un leadership naturel. Le tout saupoudré d’une capacité à marquer des buts décisifs supérieure à bon nombre d’attaquants. Il a par exemple marqué lors des deux dernières finales de Ligue des Champions du Real de Madrid, permettant ainsi aux Madrilènes de conquérir leur dixième puis onzième coupe aux grandes oreilles. Finalement, Ramos possède les défauts de ses qualités; parfois trop facile balle au pied, trop serein au moment de contrôler un ballon, il lui arrive d’exposer dangereusement son équipe. Et si Ramos n’est pas toujours le plus fiable, il ne fait aucun doute qu’il est celui qui symbolise le mieux le défenseur central moderne.

 

  1. avatar
    20 mars 2017 a 14 h 18 min
    Par racati

    Bonjour,
    Pas du tout d’accord avec cette analyse pour ce qui concerne Sergio Ramos qui, s’il ne bénéficiait pas de la mansuétude coupable des arbitres espagnols, serait exclu à chaque match notamment pour des fautes de main (et même des deux mains en même temps!) dans la surface de réparation.
    Et je considère, à l’instar de nombreux merengues, que c’est une honte que l’un des défenseurs les plus violents et les plus anti-sportifs d’Espagne soit le capitaine d’un grand club comme le Real Madrid dont je ne rate jamais aucun match. Et, encore plus, de la sélection espagnole! Son année 2016 restera marquée par deux situations qui le caractérisent parfaitement :
    1. Son but hors jeu lors de la finale de la Champions League contre l’Atletico;
    2. Son penalty raté avec la sélection espagnole durant le championnat d’Europe alors que ce n’était pas à lui de le tirer.
    Tout un “personnage” qui, pour moi, n’honore pas le football…

    • avatar
      21 mars 2017 a 14 h 49 min

      Bonjour,
      Je respecte ton opinion, mais je te trouve tout de même extrêmement sévère. Son sang chaud lui a parfois joué des tours, mais de là à dire qu’il mérite d’être exclu à chaque match… Après c’est le travail des arbitres de signaler les hors-jeu et des pénos tous les joueurs en ratent, c’est cruel de résumer une saison par un tel événement. Après chacun sa façon de voir les choses hein

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