Les mauvais choix d’Alonso
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Les mauvais choix d’Alonso

Pilote au talent exceptionnel, sans doute le meilleur depuis le Kaiser Schumacher, malgré la concurrence des Kimi Räikkönen, Lewis Hamilton, Robert Kubica puis Sebastian Vettel et Nico Rosberg, l’Espagnol Fernando Alonso n’a gagné que deux fois le championnat du monde (2005 et 2006). Ayant raté par trois fois le titre à la dernière course (en 2007 avec McLaren, puis en 2010 et 2012 avec Ferrari), le natif d’Oviedo a aussi fait de mauvais choix en terme de gestion de carrière, ses passages chez McLaren Mercedes (2007) puis Ferrari (2010-2014) n’ayant pas été couronné par les lauriers mondiaux…

Une carrière de sportif, et particulièrement de pilote de F1, n’est pas seulement liée au talent intrinsèque du champion ni à son implication à l’entraînement.

Etre un virtuose dans son sport, travailler comme un stakhanoviste, un esclave de l’entraînement pour préparer ses objectifs en compétition ne suffit pas.

Une carrière est comme une route, avec des carrefours et de bifurcations, il ne faut pas se fourvoyer, choisir la bonne écurie, le bon encadrement…

Or Fernando Alonso, malgré de la malchance à trois reprises (Budapest 2007 qui condamna ses chances en vue du final d’Interlagos où il fut coiffé sur le poteau par Iceman, Abu Dhabi 2010 où il fut bloqué derrière la Renault de Vitaly Petrov, Spa Francorchamps et Suzuka 2012 où il fut victime d’accrochages avec les Lotus de Grosjean et Räikkönen avant d’être battu in extremis), a fait plusieurs mauvais de carrière, lui qui était pourtant le plus jeune double champion de l’Histoire fin 2006 à 25 ans, battant le record de Michael Schumacher sacré pour la deuxième fois en 1995 à 26 ans (Sebastian Vettel battant le record de précocité en 2011 à 24 ans pour sa deuxième couronne mondiale).

D’autres pilotes ont fait ces erreurs :

- Brouillé avec Enzo Ferrari dès 1951, Stirling Moss eut la malchance de voir Mercedes quitter la F1 après le drame des 24 Heures du Mans 1955, car il aurait pu gagner le championnat du monde en 1956 ou 1957, mais il fit aussi des choix guidés par l’argent après 1956. Quand il retrouva enfin une monoplace compétitive en 1962 (une Ferrari bleue engagée par Rob Walker, le Commendatore ayant cédé aux exigences du génial pilote anglais et consenti à ce sacrifice), sa carrière fut brisée par l’accident de Goodwood en 1962 lors du week-end de Pâques.

- Double champion du monde en 1972 avec Lotus puis en 1974 avec McLaren, Emerson Fittipaldi se lança en 1976 dans l’aventure Copersucar, écurie brésilienne qu’il fonda avec ce sponsor de l’industrie du sucre, et son frère aîné Wilson qui sacrifia rapidement. Condamné au fonds de grille, le pionnier des pilotes brésiliens quitta la F1 par la petite porte fin 1981, sans jamais retrouver un volant parmi les top teams (Williams, Ferrari, McLaren, Brabham), l’émergence de ses compatriotes Nelson Piquet et Ayrton Senna lui donnant un terrible coup de vieux…

Rookie prodige en 1994 en F1 avec Sauber Mercedes, Heinz-Harald Frentzen était plus rapide qu’un certain Michael Schumacher en 1990 au sein du Junior Team Mercedes… Intrinsèquement plus rapide, jusqu’à ce que le futur Kaiser progresse partout : sensibilité  technique et mise au point de sa monoplace, diététique avec Willy Dungl (ancien gourou de Niki Lauda), anglais qu’il apprit tel une éponge, communication et relations publiques via Jochen Neerspach… Si bien que le plus prometteur élève, Frentzen, fut rapidement dépassé par Schumacher, lequel put accéder à la F1 dès 1991 chez Jordan / Benetton, par la volonté de Bernie Ecclestone (célèbre épisode du Villa d’Este qui régla le litige entre Eddie Jordan et Flavio Briatore entre les courses de Spa Francorchamps et Monza 1991) et le culot de Willi Weber et Jochen Neerspach… Partant s’exiler au Japon pour oublier sa romance avec Corinna Betsch (qui épousa en 1995… Michael Schumacher), Frentzen suivit Camel dans un projet qui resta malheureusement utopique, et perdit deux ans avant d’accéder à l’élite des pilotes.

Révélé en 2000 par une victoire stupéfiante en F3000 sur le juge de paix de Spa Francorchamps, Fernando Alonso rentre dans le giron de Flavio Briatore, avant de débuter en 2001 avec Minardi à seulement 19 ans.

8e à Hockenheim, le prodige asturien est contacté par Ferrari pour devenir pilote essayeur en 2002. Signant un pré-contrat avec Maranello, Alonso met finalement son veto à son passage au sein de la Scuderia car Flavio Briatore et Renault garantissent au jeune Espagnol, malgré la présence de titulaires tels que Jarno Trulli et Jenson Button en 2002, une perspective de titularisation au sein de l’écurie du Losange pour 2003.

Fin 2002, les chaises musicales sont défavorables à Button et Alonso fait étalage de ses dons de gladiateur de la vitesse. Tirant la quintessence de sa monoplace, l’Espagnol se place en pole position à Sepang début 2003, menace le Kaiser à Barcelone, bat le record de précocité de victoire en F1 à Budapest à seulement 22 ans et 26 jours…

Diamant brut, Alonso voit son étoile briller de mille feux, est son avenir semble pavé d’or… Comme tout le paddock, l’Asturien subit en 2004 l’hégémonie implacable de Ferrari, mais 2005 et 2006 vont marquer son avènement au panthéon.

Marquant son talent par une victoire d’exception à Imola après une joute d’anthologie contre le Kaiser Schumacher en avril 2005, Alonso signe pourtant dès l’automne 2005 un contrat en vue de 2007 avec Woking. Accusé de courir en épicier, l’Espagnol est pourtant le pilote du futur, même si les flèches d’argent ont déjà une Dream Team en place en 2005, avec un tandem constitué du Colombien Juan Pablo Montoya et du Finlandais Kimi Räikkönen.

A cette occasion, Ron Dennis brise son serment de ne jamais engager un pilote sous contrat avec Flavio Briatore, qu’il méprise ouvertement… Prenant Alonso à ses rivaux de Renault et le sponsor Vodafone à ses autres adversaires de Ferrari, le patron de McLaren réalise un coup de maître en vue de la saison 2007.

La décision d’Alonso est motivée par deux éléments : le premier est d’ordre budgétaire, car l’Espagnol craint l’arrivée du grand patron Carlos Ghosn chez Renault. Le Franco-Brésilien, entré chez Renault en 1996, a spectaculairement redressé son partenaire Nissan au Japon, rentrant du pays du Soleil Levant avec deux surnoms : Seven Eleven (pour ses horaires de travail entre 7h et 23h) et cost killer, vu sa propension à réduire drastiquement les coûts de fonctionnement du constructeur japonais. Anticipant une potentielle baisse de budget pour l’écurie d’Enstone / Viry-Châtillon, le natif d’Oviedo souhaite aussi s’émanciper du cocon Briatore, et rejoindre une écurie mythique pour lui, celle de son idole Ayrton Senna, l’archange décédé à Imola en 1994 avec Williams-Renault, mais qui a construit sa légende avec McLaren entre 1988 et 1993.

Le choix d’Alonso surprend la plupart des observateurs mais il est conforté par la décision de Michelin de quitter la F1 fin 2006, ce qui affaiblira Renault déjà orpheline de son pilote fétiche pour 2007. Furieux de voir la FIA partir sur un seul manufacturier de pneus, Bibendum laisse le champ libre à Bridgestone pour 2007. Après six ans de présence en F1, le manufacturier de Clermont-Ferrand quitte la scène après deux saisons triomphales avec Renault qui a imposé sa férule au reste du plateau.

Persona non grata chez Ferrari tant que Jean Todt la dirige, Fernando Alonso n’est évidemment pas l’objet des pourparlers entamés en 2005 par Luca Cordero Di Montezemolo pour préparer la succession du Kaiser Schumacher, 37 ans début 2006. Le pilote est Kimi Räikkönen, rival d’Alonso dans la jeune génération qui vise la succession de l’ogre allemand, septuple champion du monde.

Black-listé en Italie, l’Espagnol se dirige donc logiquement vers McLaren Mercedes, autre top team du plateau. Mais le mariage vire rapidement au drame. Montoya parti en retraite courant 2006, Iceman est épaulé par Pedro de la Rosa pour finir la saison, mais Ron Dennis choisit finalement le jeune rookie anglais Lewis Hamilton en vue de 2007.

Véritable as du volant, David Hamilton concurrence Goliath Alonso en profitant de deux éléments défavorables à l’Espagnol : adaptation des gommes Michelin aux Bridgestone (transition que le pilote métis n’a pas à faire en tant que rookie) et copie des réglages de son prestigieux coéquipier.

C’est surtout au niveau de l’ambiance que la cohabitation devient explosive chez McLaren, volcan prêt à rentrer en éruption : Ron Dennis et Martin Whitmarsh soutiennent activement leur espoir Lewis Hamilton, qui gagne son premier succès en F1 dès le sixième départ, au Canada, sur le circuit Gilles Villeneuve.
L’affaire Stepneygate révélant l’espionnage de la Scuderia Ferrari dans le cadre du projet MP4/22 révèle que Woking a franchi le Rubicon. Max Mosley et la FIA condamnent McLaren à 100 millions de dollars d’amende.

Un mois et demi après l’épisode de Budapest, où la tension monte au pinacle entre les deux pilotes des flèches d’argent avant que Lewis Hamilton ne remporte une victoire à la Pyrrhus tant les conséquences seront dramatiques pour l’atmosphère chez McLaren, Fernando Alonso collabore avec la FIA en contrepartie d’une garantie de non sanction sportive… Témoignant contre son écurie tout comme le pilote essayeur Pedro De La Rosa, le double champion du monde devient un paria pour Ron Dennis, tel Niki Lauda en 1977 chez Ferrari ou Alain Prost en 1989 chez McLaren Honda.

Et comme Nelson Piquet en 1987 chez Williams, Alonso claquera finalement la porte de McLaren après avoir pourtant été recruté à prix d’or…
Woking sent le soufre et McLaren passe du Capitole à la Roche Tarpéienne après la sanction de la justice sportive. Quand il sort du tribunal de la FIA quelques jours avant le Grand Prix de Belgique, Ron Dennis est abattu par ce coup de Jarnac, McLaren Mercedes perdant tous ses points au classement constructeurs, ce qui sacre Ferrari sur le toboggan des Ardennes.

Après la banderille juridique de la FIA, l’estocade est portée sportivement à Woking dans l’enchaînement Shanghaï / Interlagos. L’écurie anglaise qui croit pouvoir propulser son rookie Hamilton au panthéon se leurre. Le panache de Black Senna joue contre lui en Chine, avant qu’il ne sombre en Chine, victime d’une passe d’armes au départ avec Fernando Alonso puis d’une indisponibilité de quelques secondes de sa boîte de vitesses.

Iceman Räikkönen coiffe finalement sur le poteau les deux pilotes de Woking, à la plus grande fureur de Ron Dennis : 110 points pour le Finlandais, 109 points chacun pour l’Espagnol et l’Anglais…

Taxé de paranoïaque par ses détracteurs, Alonso réagit comme un scorpion et se protège logiquement. Le procès fait au pilote des Asturies est injuste, comme tout champion il pense s’abord à sa carrière, comme tout champion de talent, il est égoïste et veut un contrat de n°1, comme Ayrton Senna en 1986 chez Lotus (veto face à l’arrivée de Derek Warwick) ou Michael Schumacher entre 1992 et 2006 chez Benetton puis Ferrari. Le rôle de Ron Dennis en 2007 a été plus qu’ambigu et a contribué à rendre l’atmosphère irrespirable à Woking, comme en 1989 entre Prost et Senna après le double schisme d’Imola et Pembrey…

Se réfugiant chez Renault pour 2008, Alonso fait le chemin inverse d’Heikki Kovalainen qui servira de faire-valoir à Lewis Hamilton devenu leader incontesté de McLaren. A Singapour en 2008, l’Espagnol renoue avec la victoire, puis enchaîne avec un deuxième succès au Mont Fuji.

2009 est un désastre, le Losange ne négociant pas bien le virage technologique imposé par la FIA. Brawn GP et Red Bull en tirent le meilleur parti, là où tous les top teams (McLaren, Ferrari, BMW Sauber et Renault) échouent. Alors qu’il pensait tenir une opportunité de troisième titre avec Renault, l’Espagnol rentre bredouille de sa campagne 2009, pour la première fois depuis la saison 2004. Mais il termine l’année avec un contrat Ferrari en poche.

Jean Todt parti courant 2008, rien ne s’oppose plus à l’union du champion espagnol et de la Scuderia Ferrari, où il remplace Kimi Räikkönen qui n’est plus en odeur de sainteté après de Luca Di Montezemolo, bien qu’Iceman ait porté à bout de bras la Scuderia en 2009, surtout après l’accident de Felipe Massa à Budapest, avec une sublime victoire sur le toboggan des Ardennes, à Spa Francorchamps.

Mais Maranello avait vécu en trompe l’œil en 2007 et 2008, profitant de l’héritage technique de la Dream Team montée par Jean Todt entre 1993 et 1997 : Paolo Martinelli, Michael Schumacher, Ross Brawn et Rory Byrne étaient les quatre pierres angulaires du succès. L’ancien copilote de Peugeot avait été cherché le triumvirat infernal de Benetton jusqu’au  bout du monde, notamment Byrne, le Sud-Africain ayant décidé fin 1996 d’ouvrir un centre de plongée sous-marine à Phuket en Thaïlande…

Ces quatre clés de voûte parties les unes après les autres entre fin 2006 et fin 2008 sans être remplacées par des personnes du même niveau (Gilles Simon côté moteurs, Aldo Costa côté aérodynamique), Ferrari a décliné logiquement, et Alonso a rejoint malgré lui la longue liste de pilotes latins n’ayant pu ramener la couronne mondiale en Italie, le dernier l’ayant réussi étant Juan Manuel Fangio en 1956. Tous sans exception ont échoué après le maestro argentin : Luigi Musso, Lorenzo Bandini, Clay Regazzoni, Carlos Reutemann, Didier Pironi, Michele Alboreto, Alain Prost, Jean Alesi, Rubens Barrichello et Felipe Massa.

En marge des polémiques (Hockenheim 2010 où Felipe Massa laisse passer, rappelant le triste week-end de Spielberg 2002 entre Barrichello et Schumacher), Alonso est victime de bolides écarlates moyens voire médiocres, tels celui de 2011, la F150th Italia, où l’étude en soufflerie a été ratée.

Les renforts tardifs de Pat Fry et James Allison n’y changent rien, le Cavallino Rampante subit l’implacable férule du taureau autrichien, Red Bull, galvanisé par Adrian Newey, virtuose du dessin qui avait déjà hissé Williams Renault et McLaren Mercedes au pinacle du sport automobile…

Face à un Vettel bien mieux armé que lui, Alonso se bat tel un gladiateur, tire la quintessence de sa faible monture et frôle le sacre par deux fois, en 2010 et 2012… Resteront, avant la fin d’une époque et le départ du marquis Luca Cordero di Montezemolo, quelques inoubliables victoires du pilote espagnol (Silverstone 2011, Sepang 2012, Valence 2012, Barcelone 2013 à ranger aux côtés de Budapest 2003, Imola 2005, Nürburgring 2005, Silverstone 2006, Nürburgring 2007, Fuji 2008 ses plus beaux succès avec Renault ou McLaren), impressionnant avec Ferrari dans la difficulté comme Ayrton Senna l’avait été en 1993 avec McLaren Ford (victoires d’anthologie à Interlagos, Suzuka, Adelaïde et surtout Donington), Michael Schumacher entre 1996 et 1998 (victoires mythiques en 1996 à Barcelone, en 1997 à Monaco et Spa Francorchamps, en 1998 à Budapest).

Avec deux ou trois couronnes mondiales de plus, Fernando Alonso pourrait carrément prétendre au titre subjectif de plus grand sportif espagnol de tous les temps, avec le tennisman Rafael Nadal (14 titres du Grand Chelem, médaillé d’or en simple en 2008 aux Jeux Olympiques de Pékin) et le cycliste Miguel Indurain (5 Tours de France, 2 Tours d’Italie, médaillé d’or du contre-la-montre en 1996 aux Jeux Olympiques d’Atlanta).

Concernant ses pairs, l’Asturien a le talent pour se hisser au panthéon des inoubliables, les Nuvolari, Caracciola, Rosemeyer, Fangio, Ascari, Moss, Brabham, Clark, Surtees, Graham Hill, Rindt, Stewart, Emerson Fittipaldi, Lauda, Mario Andretti, Peterson, Gilles Villeneuve, Piquet, Prost, Senna, Mansell, Häkkinen et autres Michael Schumacher.

Alonso doit se dépêcher car ses principaux rivaux contemporains, à l’exception de Kimi Räikkönen, ont tous un plus beau palmarès que lui si l’on arrête les compteurs fin 2014, même si l’aura du champion espagnol qui aura détruit tous ses coéquipiers à l’exception du rookie Lewis Hamilton en 2007 chez McLaren, est sans égal parmi les pilotes en activité : Jarno Trulli, Jacques Villeneuve, Giancarlo Fisichella, Nelsinho Piquet, Romain Grosjean, Felipe Massa ou Kimi Räikkönen, tous ont dû courber l’échine face à ce champion complet.

- Sebastian Vettel : 139 Grands Prix, 4 titres mondiaux, 39 victoires (28.05 %), 45 pole positions (32.37 %), 66 podiums (47.48 %), 45 maillots jaunes de leader du championnat du monde (32.37 %)
- Lewis Hamilton : 148 Grands Prix, 2 titres mondiaux, 33 victoires (22.3 %), 38 pole positions (25.67 %), 70 podiums (47.3 %), 39 maillots jaunes de leader du championnat du monde (26.35 %)
- Fernando Alonso : 235 Grands Prix,  2 titres mondiaux, 32 victoires (13.62 %), 22 pole positions (9.36 %), 97 podiums (41.27 %), 52 maillots jaunes de leader du championnat du monde (22.13 %)
- Kimi Räikkönen : 212 Grands Prix,  1 titre mondial, 20 victoires (9.43 %), 16 pole positions (7.54 %), 77 podiums (36.32 %), 12 maillots jaunes de leader du championnat du monde (5.66 %)

L’exemple d’Hamilton est le plus frappant, car Sebastian Vettel fait figure d’imposteur suite à son annus horribilis 2014 contre Daniel Ricciardo. Nombreux étaient ceux qui regardaient presque avec nostalgie le pilote métis gagner à Austin en novembre 2012, pour sa 21e et ultime victoire avec McLaren. Quittant Woking pour Mercedes en remplaçant le Kaiser Schumacher, Hamilton prenait un sacré risque, rejoignant une écurie qui végétait depuis 2010 tout en choisissant un duel contre un coéquipier encore plus talentueux que Jenson Button, l’Allemand Nico Rosberg.

Deux ans plus tard, le pari est payant, puisque Mercedes a tiré les marrons du feu de la révolution des moteurs turbo, l’état-major de Stuttgart ayant compris qu’il fallait augmenter le budget de son vaisseau amiral en compétition. Le management intelligent de Toto Wolff et Niki Lauda, la cellule technique d’exception constituée autour de Geoff Willis, Aldo Costa, après tout le travail de stakhanoviste effectué en amont par les anciens complices de Benetton et Ferrari, Ross Brawn et Michael Schumacher.

Ce dernier est le pilote moderne au ratio de victoires le plus élevé : 29.64 % (91 victoires en 307 courses, 36.55 % sur sa première course de 249 courses) devant Sebastian Vettel, Alain Prost (25.63 % pour 51 victoires en 199 départs), Ayrton Senna (25.47 % pour 41 succès en 161 Grands Prix) ou encore Damon Hill (19.13 % pour 22 victoires en 115 courses).

Avec 13.62 % de succès, Fernando Alonso est en-dessous de Nigel Mansell (16.58 %, soit 31 victoires en 187 courses) ou encore Niki Lauda (25 succès en 171 Grands  Prix), à peine devant Mika Häkkinen (12.42 % soit 20 succès en 162 courses) et Nelson Piquet (11.27 %, 23 victoires en 204 départs)…

Puisse le choix de McLaren Honda (plus probable qu’une année sabbatique en 2015) être le bon pour le champion espagnol. Personne n’a en effet autant attendu entre son deuxième et son troisième titre, les records étant Niki Lauda (7 ans entre 1977 avec Ferrari et 1984 avec McLaren TAG Porsche), Jack Brabham (6 ans entre 1960 avec Cooper Climax et 1966 avec Brabham Repco), Michael Schumacher (5 ans entre le deuxième acquis en 1995 avec Benetton Renault) et Nelson Piquet (4 ans entre 1983 avec Brabham BMW et 1987 avec Williams Honda).

Fernando Alonso, lui, attend déjà depuis 8 ans, et le dimanche 22 octobre 2006 et l’apothéose de sa deuxième couronne acquise avec Renault à Interlagos, au pays de son idole d’enfance, Ayrton Senna… Il avait 25 ans, était encore un jeune homme, avait plus d’années devant lui que derrière lui. C’est désormais l’inverse car le natif d’Oviedo a fêté ses 33 ans en juillet 2014, il reste maximum trois ou quatre ans au sommet à Alonso avant que l’usure psychologique et l’inexorable érosion du temps n’aient raison de sa motivation et de sa régularité sur le plan physique.

Trentenaire accompli, au faîte de son talent après avoir encore progressé chez Ferrari sur le plan du pilotage (les campagnes mondiales 2011 et surtout 2012 furent de loin les deux meilleures de sa carrière), l’Espagnol doit regagner d’urgence, d’abord des courses (disette depuis mai 2013 et son ultime victoire avec Ferrari devant son public à Barcelone) puis le championnat du monde…

  1. avatar
    18 décembre 2014 a 15 h 13 min

    McLaren Honda sera sans doute le dernier défi du pilote espagnol.
    La couronne 2016 semble utopique car Mercedes a trop d’avance sur la concurrence, Red Bull mais encore plus sur Ferrari et McLaren.

    A Woking, Alonso devra battre son nouveau coéquipier Jenson Button.
    L’embauche de son ingénieur Andrea Stella, transfuge de Maranello, ne peut que favoriser son retour dans l’écurie anglaise.

  2. avatar
    19 décembre 2014 a 13 h 11 min
    Par Jayce

    Bonjour Axel. Quand on sait que Fernando Alonso a refusé de rejoindre Red-Bull et Honda (devenue Brawn GP en 2009) fin 2007 puis fin 2008, on mesure comme le champion espagnol pourrait être plus capé. Après cinq années passées chez Ferrari, il a gagné en respectabilité, aussi bien auprès de ses pairs que du public. Plus que jamais, Alonso est considéré comme le meilleur pilote actuel, et l’un des plus brillants de l’histoire.

    Il a subi deux éléments. Le premier, c’est l’instabilité technique dû aux nombreux changements de réglementations ces dernières années. Red-Bull en 2009 puis Mercedes en 2014 ont dominé grâce à ces changements, et les règles actuelles rendent un retour de la concurrence plus difficile. A ce titre, connaissant l’importance du moteur désormais, le choix de McLaren-Honda est plutôt logique. Le second, c’est la lente mais inéxorable érosion de Ferrari, qui l’a conduit à se battre un peu plus chaque année contre des machines bien plus véloces. Alonso y a cru mais en vain.

    Il est clair néanmoins que son panache n’a pas d’égal, car il a appuyé le retour de Kimi Raikkonen chez Ferrari, s’est engagé quelques années auparavant sans contrat de n°1 auprès d’un Felipe Massa encore considéré comme un top driver, et a récemment publiquement milité pour une conservation de Jenson Button chez McLaren. Si on ajoute à celà qu’il s’attendait à faire équipe avec Raikkonen à Woking en 2007, ça commence à faire beaucoup pour un pilote que ses détracteurs dépeindent comme étant coutumier des privilèges…

  3. avatar
    19 décembre 2014 a 17 h 02 min

    Salut Jayce,

    Oui Alonso avait mis un veto à Red Bull fin 2007 et Honda fin 2008, car il comptait sur un probable accord contractuel avec la Scuderia Ferrari (voire BMW en plan B), seule écurie trouvant grâce à ses yeux une fois le divorce consommé avec Ron Dennis et Woking, qu’il retrouvera après 7 ans de malheurs …

    En effet, victime de l’instabilité technique contrairement à Michael Schumacher qui a fait (à part le retour des ravitaillements essence en 1994 et le passage aux pneus rainurés en 1998) sa carrière dans un contexte moins changeant, Bernie Ecclestone ayant moins de problèmes de financement de son feuilleton cathodique.
    Depuis que l’Europe ne paie plus et que les audiences baissent, on essaye à tout prix de changer les règles en permanence (avec les stupides points doublés en 2014) pour donner une illusion de spectacle, là où au contraire le grand public n’y comprend plus rien tandis que les fans en ont assez de ces changements annuels de politique sportive.

    Malchance de tomber sur Lewis Hamilton en 2007, rookie redoutable comme coéquipier chez McLaren. Car sans le favoritisme de Ron Dennis envers Black Senna, Alonso aurait été sacré champion du monde. Si McLaren avait eu Pedro de la Rosa, Nico Rosberg ou Heikki Kovalainen comme pilote n°2 en 2007, Alonso aurait été sacré avec Woking, et sans doute resté en 2008 où il aurait fait le doublé encore face à Massa / Raikkonen côté Ferrari. Mais on ne refait pas l’Histoire.

    Alonso n’a jamais collaboré avec Adrian Newey, tout comme le Kaiser Schumacher, mais comme Alain Prost bien plus tôt il n’a jamais géré sa carrière en épicier :

    il a signé chez McLaren fin 2005 pour 2007 alors que les deux titulaires avaient pour nom Montoya et Raikkonen (le Colombien avant de partir brusquement de la F1 courant 2006 était plutôt le favori pour être le coéquipier d’Alonso, tandis qu’Iceman était vu chez Renault ou Ferrari avec le jeu des chaises musicales)

    Il a accepté Iceman en 2014 chez Ferrari, et va défier un autre champion du monde, jenson Button.

    Pour Massa, oui et non car l’accident de Budapest 2009 et l’épisode d’Hockenheim 2010 font du tort à Alonso. Primo car le Brésilien ne fut plus jamais le même après l’accident (malgré sa belle saison 2014 chez Williams) même si je suis de ceux qui disent que les perfs du pauliste contre le Kaiser Schumacher et Raikkonen étaient un trompe l’oeil, secundo car Hockenheim 2010 a causé du tort à Alonso, même si c’était logique de privilégier le champion espagnol face aux McLaren et autres Red Bull à ce stade de la saison (real politik). Pas idéal mais on était loin du tollé de Spielberg 2002 où là décision de Todt et Brawn était vraiment coupée de toute réalité, vraie tour d’ivoire pour favoriser Schumi.

    Enfin, un mot sur Ferrari, je me souviens avoir pondu un article fin 2009 sur Sport Vox qui expliquait que la Scuderia aurait bien du mal à faire d’Alonso un champion du monde.
    Car entre 2007 et 2009, Maranello avait vécu sur l’héritage de la Dream Team, chaque année dilué dans la médiocrité technique ou l’incohérence de l’organisation.
    A ce titre, aller à Cologne dans l’ancienne soufflerie Toyota après l’énorme fiasco de 2011 sur la F50th Italia révèle l’ampleur du désastre au sein du Cavallino Rampante.

    Mais Alonso n’y est pour rien, lui qui fut irréprochable notamment en 2011 et 2012, les deux meilleures saisons de sa somptueuse carrière. Et en effet, comme Schumacher entre 1996 et 1999 qui mangeait alors son pain noir, il a gagné en aura, étant vu comme le meilleur pilote de son époque, tels Tazio Nuvolari, Juan Manuel Fangio, Jim Clark, Niki Lauda, Ayrton Senna en leur temps ou Michael Schumacher dans la génération intercalée.
    D’autres pilotes, les Rudolf Caracciola, Alberto Ascari, Stirling Moss, Jackie Stewart, Emerson Fittipaldi, Jochen Rindt, Nelson Piquet, Alain Prost ou autres Mika Häkkinen, bien qu’excellents, ne furent pas les meilleurs.

    Dernier mot sur Ferrari, c’est la loi de Murphy. L’écurie italienne ne cesse de perdre des forces vives depuis le départ de Stefano Domenicali au printemps. Luca Cordero Di Montezemolo en octobre, Fernando Alonso et Marco Mattiacci en novembre, Pat Fry, Nicholaz Tombazis et Andrea Stella en décembre …
    C’est l’hécatombe, Ferrari ne s’en relèvera pas avant 2017-2018 au mieux.

    Je le disais récemment, Vettel tombe dans une période bien pire que celle où Schumacher arriva fin 1995. Car Ferrari avait touché le fond fin 1993, là on est plus dans un équivalent de fin 1991, car la sortie d’Alonso ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Prost à l’époque.
    Sorti et sacrifié pour des raisons politiques qui masquaient la médiocrité du top team italien (malgré une saison 1990 prometteuse face à Woking et Senna), bien avant que Jean Todt ne relève ce château de cartes.

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      20 décembre 2014 a 12 h 47 min
      Par Jayce

      Je ne sais pas si on peut dire que Felipe Massa a réellement souffert de son accident sur le plan des performances, car la saison de Kimi Raikkonen a finalement crédibilisé le Pauliste. Parce qu’il faut être clair, je veux bien qu’on parle de malchance, de problèmes d’adaptation, de politique interne… Mais franchement, Raikkonen a subi face à Alonso une défaite aussi lourde que celle vécue par Nigel Mansell ou Keke Rosberg face à Alain Prost. On a pu vérifier que les deux hommes ne boxent pas dans la même catégorie. Et j’en avais fait une éventualité en début de saison. Car qui a été battu par Kimi Raikkonen? David Coulthard, Pedro De La Rosa, Juan Pablo Montoya et Romain Grosjean. Felipe Massa s’est incliné en 2007 avant de prendre le dessus en 2008. Bref, pas un seul champion du monde dans cette liste. Massa s’est fait battre sans débat par Alonso et on y a vu un déclin du Brésilien. Mais le sort de Raikkonen en 2014 tend à démontrer que c’est surtout le niveau d’Alonso qui justifie ces défaites à répétition.

      Hockenheim 2010 n’aurait rien changé. D’ailleurs, les réactions ont existé parce qu’il s’agissait de Ferrari. En Turquie cette même année, on a fustigé la gestion de Christian Horner lors de l’accrochage entre les deux Red-Bull de tête, avant de saluer la sagesse de McLaren qui a intimé à Jenson Button de ne rien tenter contre Lewis Hamilton pour assurer le doublé. A Hockenheim, seul Alonso avait encore son mot à dire sur la course au titre. Massa était déjà trop loin. Qui plus est, l’Espagnol avait été tassé au départ par Vettel, ouvrant grand la porte à son équipier. Avec un Alonso plus rapide en piste, la Scuderia a préféré éviter le risque d’un accrochage entre les deux hommes. Et ça ne peut que se défendre.

      Enfin, concernant Alain Prost, il fut considéré comme le meilleur pilote du monde par les observateurs, entre 1984 et 1988. Sa cohabitation avec Ayrton Senna a changé la donne, le Français était moins spectaculaire, moins “bankable” que le Brésilien. Et la façon avec laquelle il a étrillé Mansell chez Ferrari en 1990 reste dans toutes les mémoires.

      Alonso aurait pu, aurait dû être titré avec la Scuderia. Comme avec McLaren. Car l’Espagnol est en train de rejoindre le cercle fermé des pilotes dont le palmarès ne reflète ni le talent, ni l’emprise… Jim Clark, Alain Prost et Ayrton Senna.

  4. avatar
    21 décembre 2014 a 11 h 00 min

    Salut Jayce,

    Oui bien vu sur les coéquipiers de Raikkonen : Nick Heidfeld en 2001 chez Sauber n’a jamais totalement confirmé ses promesses de champion de F3000 (1999 successeur de Montoya sacré en 1998), David Coulthard c’est Mr Next Year pas de commentaires, Juan Pablo Montoya était irrégulier en 2005 et démotivé en 2006, Pedro De La Rosa ne fut jamais plus qu’un essayeur de luxe ou intérimaire chez McLaren, Romain Grosjean surcoté en 2012 et 2013.

    Bref avant Alonso, le meilleur coéquipier que le Finlandais eut fut le Colombien Montoya sur la 2e moitié de 2005, entre sa victoire à Silverstone et le GP de CHine gagné par Alonso.
    Iceman domina tout de même le pistolero par 4 victoires à 3 : Budapest, Istanbul, Spa Francorchamps et Suzuka pour Raikkonen, Silverstone, Monza et Interlagos pour Montoya.

    Oui Alonso aurait mérité plus de titres mondiaux. Mais tu peux élargir le cercle à d’autres pilotes (moins forts que les titans Clark, Prost, Senna ou Alonso) mais qui méritaient mieux : Stirling Moss bien sur, Gilles Villeneuve et Ronnie Peterson, deux autres champions sans couronne, Emerson Fittipaldi, Alberto Ascari, Jacky Ickx ou Carlos Reutemann également, Stefan Bellof, François Cevert, Wolfgang Von Trips ou Elio de Angelis disparus trop tôt, Didier Pironi ou Jean-Pierre Wimille autres pilotes français de talent.

    Il est cruel de voir que la génération actuelle est dominée par Vettel sur le plan statistique, là où Alonso et Hamilton sont meilleurs que le pilote allemand si décevant en 2014.

    Baby Schumi, s’il est vaincu par Raikkonen en 2015 chez Ferrari, sera vraiment le plus grand imposteur de l’Histoire de la F1.
    Car en effet le Finlandais a perdu de sa superbe contre l’Espagnol.

    Pour Hockenheim 2010, cela ne m’a pas choqué perso. Je dis juste que les observateurs ont jugé Alonso, primo car c’était Ferrari et que cela rappelait Spielberg 2002, secundo car l’affaire d’Istanbul avec Red Bull était encore toute chaude, ravivée par la tension de Silverstone où Mark Webber avait ainsi commenté sa victoire à la radio “Pas mal pour un numéro 2″.

    Sur Prost, il eut le malheur de tomber sur Senna dans le contexte de Honda qui vouait un culte à l’archange brésilien.
    Le triple champion du monde était le meilleur, mais Prost était le seul à pouvoir lui résister et le battre sur un championnat du monde à voiture égale, ce qu’il fit en 1989 mais aussi d’une certaine manière en 1988 où le règlement était “favorable” au panache de Senna, qui sut conquérir plus de victoires.

    Mais en effet, Prost écrasa Niki Lauda, Keke Rosberg et Nigel Mansell avec la même force.
    Ce qui le classe parmi les tous meilleurs de tous les temps, il lui a juste manqué la couronne avec Ferrari en 1990, que le Kaiser Schumacher ramena en Italie dix ans plus tard, en 2000.

  5. avatar
    21 décembre 2014 a 11 h 13 min

    Bien peu nombreux sont les pilotes à avoir gagné avec plusieurs écuries : Juan Manuel Fangio avec Alfa Romeo, Mercedes, Ferrari et Maserati, Jack Brabham avec Brabham et Cooper, Graham Hill avec BRM et Lotus, Jackie Stewart avec Matra et Tyrrell, Emerson Fittipaldi avec Lotus et McLaren, Niki Lauda avec Ferrari et McLaren, Nelson Piquet avec Brabham et Williams, Alain Prost chez McLaren et Williams, Michael Schumacher avec Benetton et Ferrari.

    Ayrton Senna aurait sans doute pu les imiter si Imola 1994 ne l’avait pas fauché, il aurait certainement gagné avec Williams en 1994 et/ou 1995 après ses 3 couronnes McLaren.

    A Fernando Alonso de boucler la boucle avec McLaren en 2016 ou 2017. Comme Alain Prost qui avait su effacer en 1993 avec Williams Renault, la déception de 1983 avec Renault, l’Espagnol a l’occasion de réécrire en lettres d’or son histoire avec Woking, avec moteur Honda et non plus Mercedes cette fois.

  6. avatar
    24 décembre 2014 a 16 h 18 min

    Salut Axel et Jayce, que penser de Vettel?

    Il a certes été battu par Ricciardo cette année, mais il a tout de même remporté 4 couronnes consécutives, certes avec la meilleure voiture du plateau, mais en ne cédant pas sous la pression.

    On peut supposer que la voiture lui convenait moins cette année. Peut-être que l’usure du pouvoir a fait son oeuvre également, il est peut-être rassasié par ses titres. En effet, ce pilote m’a toujours donné l’impression d’être moins ambitieux et affamé que d’autres.

    En tout cas je souhaite de tout coeur voir Alonso triompher à nouveau, quoi que j’en doute, car Mercedes est une formidable écurie légendaire, tel que magnifiquement rappelé par Axel dans un récent article. Leur victoire cette année prouve qu’ils ont une bonne structure en place, et cet avantage perdurera sûrement pour quelques années encore. À l’opposé, on peut supposer que Honda ne sera pas au top avant quelques années également. Et comme Axel l’a souligné, le temps presse pour Alonso qui se fait vieux. Cependant, il ne faut pas enterrer ce dernier trop vite. Il se peut qu’il reste performant à un âge avancé, s’il ne prend pas de retraite temporaire comme l’avait fait Schumi. S’il remportait alors un titre mondial, il entrerait dans la légende non pas en nombre brut de titres, mais en longévité, et écart entre premier et dernier titre.

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      29 décembre 2014 a 12 h 49 min
      Par Jayce

      Bonjour Fabrice. Le problème avec Vettel, c’est qu’on n’a pas vu l’ombre d’une réaction d’orgueil cette saison. Des champions du monde sortants bousculés par des petits nouveaux, ça s’est déjà vu. G. Hill a souffert face à Stewart en 1965 chez BRM, mais a tout de même réussi à surclasser l’Ecossais. D’autres ont pris leur retraite en constatatnt qu’ils n’étaient plus dans le coup comme Schekter, Lauda ou Piquet. Prost a subi face à Senna en 1988 mais a su relever le gant comme à Monaco, en France ou au Portugal. Alonso a eu fort à faire face à Hamilton mais a signé quelques performances de classe comme au Nürburgring ou encore à Spa (un dépassement par l’extérieur dans l’Eau Rouge). Même en difficulté, les champions gardent leur honneur et leur égo. A ce titre, la défaite de Vettel est historique. Il n’a rien montré. Et seul l’avenir nous dira si Ricciardo est vraiment un patron. Le duo aligné en 2015 par Ferrari ressemble fort à une réunion de vieilles gloires, dont le talent est émoussé et/ou galvaudé.

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        29 décembre 2014 a 18 h 25 min
        Par Apocaly

        “Le duo aligné en 2015 par Ferrari ressemble fort à une réunion de vieilles gloires, dont le talent est émoussé et/ou galvaudé”

        Oué m’enfin, j’ai vu pire comme duo.

        Quoi qu’en dise, Vettel et Raikkonen reste des pilotes de prestige qui possède énormément d’expérience et une carrière avec des hauts et des bas mais assez riche. Quand les deux sont en grande forme, ils ont capable d’être génial, 2012 et 2013 pourtant pas si loin. Mark Webbe est un excellent pilote multi-vainqueur de GP qui a même faillit devenir champion du monde (2010), pourtant Vettel n’a eu aucun soucis a le battre après son premier titre…Raikkonen hormis l’épisode Alonso (pas la peine de revenir sur les grosses difficultés de Raikkonen avec l’avant de sa monoplace qui la empêcher d’être aussi performant qu’avant car j’y croit pas une seul seconde qu’il été a son réel niveau cette année surtout comment il a globalement massacré Grosjean chez Lotus pourtant excellent pilote), il a majoritairement écrasé ses coéquipiers…et il a eu des bons pourtant (Montoya, DC qui est l’un des pilotes a avoir fait le plus de podium), il a perdu contre Massa en 2008 mais l’écart entre les deux été sensiblement le même qu’en 2007 au sens inverse. Massa été l’un des meilleurs avant son accident mais il est maintenant plus le même. Même Bottas le domine !

        Raikkonen malgré les pires difficultés du monde a fait moins pire que Massa sur les dernières années. 106 points de retard sur Alonso, Massa a toujours eu plus de 106 points sur Alonso entre 2010 et 2013.

        Vettel a été parfait entre 2009 et 2013, pas cette année, genre de truc qui arrive, Schumacher a bien été humilié contre Rosberg chez Mercedes (enfin, 2010 et 2012 surtout), Hakkinen a bien été massacré par DC en 2001…Alonso c’est bien fait ridiculisé par un rookie en 2007 ? Hamilton dominé par Button en 2011….Chaque excellent pilote possède son moment noir, dans un article, vous pointez du doigt le faible niveau des coéquipiers de Raikkonen dans le passé pour expliquer pourquoi c’est un type surcoté et que 2014 est forcément son réel niveau de pilote de seconde zone, mais Alonso a eu quoi comme coéquipier avant d’avoir un champion du monde ? Malmené par Trulli en 2004…Un Fischo pas terrible que même le débutant Kovalaine a battu en 2007, un Piquet Jr, un Grosjean, un Massa qui n’a été que l’ombre de lui même, même plus capable de se mesuré au Raikkonen, Hamilton, Alonso ou autre comme en 2006-2009…C’est sûr qu’Alonso aurais pas gagner autant de course avec un type comme Hamilton chez Renault ou chez Ferrari…Assez facile de jugé des anciennes gloires de la F1 pour une année.

        • avatar
          2 janvier 2015 a 10 h 27 min
          Par Jayce

          Bonjour Apocaly, et tout d’abord, bonne année!

          Moi je veux bien tout ce qu’on veut. Je suis d’accord sur le fait qu’un duo Raikkonen-Vettel est prestigieux sur le papier. Malheureusement, dans les faits, on a affaire à deux pilotes copieusement dominés en 2014, qui reste quand même une saison de grand bouleversement technique. Et l’excuse de la voiture qui convient moins au style de l’un ou de l’autre est toujours celle des battus.

          Revenons sur les exemples que tu cites :

          En 2001, en effet, Mika Hakkinen, non sans une certaine malchance, subit la loi de David Coulthard. Résultat? Le Finlandais a pris sa retraite en fin de saison.

          En 2004, Fernando Alonso et Jarno Trulli sont au coude-à-coude avant le départ de l’Italien. Après Monza, ils en sont à 46 points pour Trulli contre 45 à Alonso. Difficile de parler de domination…

          En 2014, Kimi Raikkonen a marqué un nombre de points indigent… Mais bon, il faut lui reconnaître que la F14T était la plus mauvaise monoplace produite par la Scuderia depuis l’arrivée d’Alonso, et même depuis 1993. Néanmoins, le pilote d’Oviedo a marqué trois fois plus de points qu’Iceman… Un tel ratio ne s’est jamais vu du temps de Felipe Massa.

          Je ne dis pas que Raikkonen et Vettel sont nuls. Je dis juste que la seule véritable fois où Raikkonen a eu à faire à un cador avant Alonso, c’était Massa et qu’ils se sont quittés sur un match nul. On a considéré que Massa avait souffert de son accident et que c’est pour cette raison qu’il subissait tant face à Alonso. La saison de Raikkonen tend à prouver le contraire. Ou alors le Finlandais n’a jamais retrouver le niveau depuis son retour. PArce que je suis désolé, mais qui a déclaré que Romain Grosjean était un top? Laminé par Raikkonen, il n’a donc pris le dessus que sur Pastor Maldonado… Bref, on attend de voir.

          Enfin, concernant Vettel, il fut mis en difficulté par Mark Webber, c’est un fait. Mais, d’une part, l’Australien n’a jamais eu le team de son côté, et surtout, quelle est la valeur de Webber? Ce sont tous de très bons pilotes, mais il y a encore une marge entre les très bons et les champions…

          • avatar
            2 janvier 2015 a 20 h 06 min

            @Apocaly,

            Schumacher après 2010 n’était plus le même pilote que le Kaiser. Pour Hakkinen en 2001, il était démotivé mais encore invincible dans ses bons jours (Barcelone où il aurait du gagner, Silverstone, Indianapolis)

            Pour 2004, je rejoins Jayce, Alonso est battu de 1 point par Trulli, donc match nul.

            Sur Raikkonen, il n’est pas nul, juste moins fort qu’Alonso, il n’y a pas de honte.
            Si Alonso était aussi mauvais que tu le prétends, pourquoi Mercedes en ferait son choix numéro 1 en cas de problème de renouvellement de contrat de Lewis Hamilton pour 2016 ?

            Quant à Vettel, il a subi la loi d’un autre prodige de la filière Red Bull d’Helmut Marko, un certain Daniel Ricciardo, bien plus fort comme pilote que son complice australien Mark Webber.
            Lequel était bon en 2010 avant que Vettel ne parvienne en maturité en se délivrant de la pression démentielle du 1er titre, phénomène aussi vécu par Senna en 1988, Schumacher en 1994 ou Hamilton en 2008.
            Et sans l’impact psychologique du favoritisme outrancier de Red Bull envers Vettel, il aurait été intéressant de revoir le duel entre Baby Schumi et Webber.
            Pas mauvais pilote même s’il n’avait pas impressionné avant Vettel : bon chez Jaguar en 2003-2004 mais face à des tocards, dominé par Heidfeld en 2005 chez Williams, à peine meilleur que Coulthard chez Red Bull en 2007-2008.
            D’où l’imposture Vettel, il a dominé un Webber affaibli et qui intrinsèquement n’était pas si fort que cela, malgré son beau championnat 2010.

  7. avatar
    25 décembre 2014 a 18 h 27 min

    salut Fabrice,

    Pour Alonso, impossible en 2015 sauf miracle de Honda mais tout de même on ne revient pas en F1 comme cela, tous les exemples récents l’ont montré. BMW sacré en 1983 avec Piquet n’a jamais gagné le titre bien que frôlé en 2003 avec Montoya, Renault star des années 90 et revenu en 20001 avec Benetton, a du attendre 2005 pour retrouver le sommet via Alonso justement, Honda avait échoué au coup précédent (une victoire simplement à Budapest en 2006 avec Jenson Button).
    L’Espagnol visera plus les saisons 2016 et 2017 (voire 2018-2019 si condition physique et motivation sont tjs suffisants), en 2015 l’objectif est triple : battre Button chez McLaren primo, être régulier sur le podium secundo, renouer avec la victoire si possible (Monaco, pluie …) tertio.

    Au sujet de Vettel, que dire ? Il quitte Red Bull sur un terrible échec et va aller défier un Raikkonen dont l’étoile vient de pâlir terriblement après la confrontation avec Alonso.
    Et comme je le disais plus haut ainsi qu’ailleurs sur le forum, Ferrari est en déclin mais n’a pas encore touché le fond. La situation de fin 2014 ressemble bien plus à celle de fin 1991 (départ de Prost) que de fin 1995 / début 1996 (arrivée de Schumacher) pour Maranello …
    Baby Schumi a peut-être fait le mauvais choix, car Woking et Honda ont pour moi 2 ans d’avance. McLaren avec ses campagnes bredouille de 2013 et 2014 a eu le temps de remettre de l’ordre dans son écurie …

  8. avatar
    25 décembre 2014 a 18 h 46 min

    Pour Vettel, non c’est un vrai Pantagruel, colossal envie de victoires.
    Sur ce point, il est l’héritier des Senna, Prost et Schumacher

    Je pense juste que primo Ricciardo est un crack, la filière Red Bull de Marko a sorti un autre prodige que Vettel

    Secundo, le travail psychologique d’Helmut Marko sur Webber a porté ses fruits entre 2011 et 2013. Et Vettel a dominé un Mark Webber bien moins fort après sa défaite de 2010. Bref, contexte hyper favorable chez Red Bull pour Baby Schumi. Mais avant cela, il n’avait battu que Scott Speed et Sébastien Bourdais, bref pas des terreurs si l’on reprend la recette utilisée par Jayce pour comprendre l’écart Alonso / Raikkonen en 2014 (liste de coéquipiers assez faible avant l’Asturien pour Iceman malgré Coulthard Massa ou Montoya).

    Ceci plus l’effet Newey sur les monoplaces 2011 et 2013, cela explique les 4 titres de Vettel pour moi.

    Car en 2010 et 2012, le meilleur pilote est sans hésiter Alonso (2e Hamilton ou Webber en 2010, 2e Hamilton et 3e Raikkonen en 2012). En 2011, on peut le penser aussi pour Alonso vu ce qu’on vient de voir en 2014. Reste 2013 mais quelle importance …

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