GP d’Azerbaïdjan : quelle Stroll de course !
Photo Panoramic

GP d’Azerbaïdjan : quelle Stroll de course !

Trois voitures de sécurité. Un drapeau rouge. Des accrochages. Un podium improbable et une deuxième place chipée dans les derniers mètres. Oui, ce Grand Prix d’Azerbaïdjan a été complètement et sublimement fou. Une course durant laquelle le surprenant Lance Stroll a joué les trublions.

Une première ne se passe jamais comme prévu, cela s’est vérifié lors du premier Grand Prix d’Azerbaïdjan de l’histoire de la Formule 1 (1). Avec les deux Mercedes de Lewis Hamilton et Valtteri Bottas en première ligne, suivies des deux Ferrari de Sebastian Vettel et Kimi Raikkonen en deuxième ligne, ce départ sentait bon la poudre. Ça n’a pas manqué !

Dès le deuxième virage, Valtteri Bottas s’empale et accroche son compatriote finlandais. Si le deuxième nommé reste en piste, le premier doit repasser par les stands pour ressortir avec un tour de retard. La course semble terminée pour lui… comme celle de Daniel Ricciardo. L’Australien de chez Red Bull passe très tôt aux stands (tour 6) pour évacuer un élément qui provoque une surchauffe de ses freins. Il repart hors des points.

Derrière le safety-car, Vettel percute Hamilton

La suite vire au chaos. Victime de la fiabilité de sa Toro Rosso, le Russe Daniil Kvyat doit s’immobiliser sur la piste, obligeant la voiture de sécurité à entrer pour la première fois. Tout le monde en profite pour réaliser un arrêt gratuit dans les stands, sauf Lance Stroll (Williams). Ce dernier attend le tour suivant et passe de la 3e à la 7e place, juste derrière le Français Esteban Ocon (Force India).

Alors que la safety-car quitte la piste, elle y revient… un tour plus tard ! Kimi Raikkonen, tel Hansel sans Gretel, a semé des bouts de carbone de sa monoplace sur la piste. Après trois nouveaux tours au ralenti, où les pneus ont considérablement perdu en température, les pilotes s’apprêtent à reprendre. Alors que Lewis Hamilton, leader, ralentit pour mieux ré-accélérer et ainsi mieux chauffer ses pneus, Sebastien Vettel, son dauphin, lui rentre dans les échappements. Vexé, l’Allemand se porte, alors, à la hauteur du Britannique et lui assène un brusque coup de violent sur la gauche.

Débris sur la piste et drapeau rouge

Le restart est compliqué pour les Force India. Sergio Perez et Esteban Ocon s’accrochent au même endroit que Valtteri Bottas et Kimi Raikkonen auparavant. Les deux monoplaces roses rétrogradent aux deux dernières places. On pense, là aussi, que leur course est finie. Mais à Bakou, rien ne veut se passer comme la logique du sport le voudrait.  Kimi Raikkonen, victime d’une crevaison à cause des nombreux débris en piste, a littéralement détruit son fond plat. C’est la rentrée au garage.

Fernando Alonso (McLaren-Honda) réclame un drapeau rouge au milieu de cette apocalypse automobile. Il est entendu au 22e tour. Après plus de 20 minutes d’arrêt, durant lesquelles les mécaniciens Mercedes ont tenté de bricoler les dégâts sur la voiture de Lewis Hamilton, les pilotes restants repartent derrière la voiture de sécurité.

La remontada de Bottas, Hamilton perd son tour de cou, 10 secondes de pénalité pour Vettel

Pour cet énième départ, Felipe Massa, alors troisième, est en perdition avec sa Williams. Daniel Ricciardo, revenu de nulle part, en profite pour sauter le Brésilien et le coéquipier du Brésilien, Lance Stroll, pour prendre la troisième place. Un dépassement qui s’avère décisif dans la suite de la course. Quant au surprenant Canadien, plutôt habitué aux abandons et manœuvres douteuses, il réalise la meilleure course de sa carrière. Et ce n’est pas fini !

Alors que Valtteri Bottas et le Frenchie Esteban Ocon sont en mode remontada et sont déjà revenus dans les points, un nouvel événement de taille émaille la course. Lewis Hamilton, toujours aux commandes, perd son tour de cou. Le triple champion du monde conduit d’une main et essaie de l’autre de remettre son tour de cou en place. Il doit finalement repasser par les stands et perd toute chance de victoire. Une aubaine pour Sebastian Vettel… mais le cadeau était trop gros pour le pilote Ferrari. Sa manœuvre sur Lewis Hamilton avant le retrait de la safety-car – qui méritait un drapeau noir, selon moi – est sanctionnée d’une pénalité de 10 secondes. Les deux premiers au championnat du monde des pilotes sont donc rétrogradés.

Stroll, Magnussen, Ocon, tour-à-tour sur le podium

Dans ce marasme, qui en profite ? Daniel Ricciardo et sa Red Bull ! Souvenez-vous, ce même Daniel Ricciardo qui avait dû s’arrêter aux stands dès les premiers tours. Derrière, l’étonnant Lance Stroll tient le rythme et s’accroche à une place sur le podium, ce qui serait une première dans sa très jeune carrière, débutée en Australie, lors du premier Grand Prix de la saison. Encore plus fou, Kevin Magnussen, sur une Haas, complète le podium, juste devant Esteban Ocon et Valtteri Bottas, revenus du diable-vauvert à l’aube du 37e tour.

La fin de course est folle. Kevin Magnussen et Esteban Ocon ne peuvent résister aux retours simultanés des deux Mercedes et de la Ferrari de Sebastien Vettel, celle de Kimi Raikkonen ayant finalement abandonné. Alors que Daniel Ricciardo voit la victoire se dessiner, le Canadien Lance Stroll voit surtout la Flèche d’Argent de Valterri Bottas grossir dans ses rétroviseurs. Derrière, Lewis Hamilton rentre dans la zone de DRS de Sebastien Vettel sans toutefois parvenir à le dépasser.

Bottas souffle la 2e place à Stroll sur la ligne

Alors que les positions semblent figées, la dernière ligne droite – oui, oui ! – va encore tout chambouler dans une course qui aura tenu en haleine les spectateurs du premier au dernier mètre. A l’aspiration, le Finlandais de chez Mercedes crucifie son ancienne écurie Williams en doublant Lance Stroll à quelques encablures de la ligne d’arrivée. Un scénario digne d’un bon Hitchcock !

Au final, l’Australien Daniel Ricciardo remporte ce premier Grand Prix d’Azerbaïdjan. Cela ne lui était plus arrivé depuis la Malaisie en 2016. Sa régularité, et ses 25 points du jour, lui permettent d’entrer dans le top 4 au classement des pilotes devant Kimi Raikkonen. Valtteri Bottas, qui comptait un tour de retard au deuxième tour, a su profiter des situations de course pour hisser sa Mercedes sur la deuxième marche du podium. Enfin, Lance Stroll, le Canadien de la Team Williams, décroche un podium aussi inespéré qu’historique. Il est en effet le plus jeune pilote à monter sur la boîte à seulement 18 ans. Lui qui a été si souvent décrié depuis le début de saison a réalisé un véritable coup de maître. Jean-Luc Reichmann appréciera !

Bilan mitigé chez les Français

Côté français, Esteban Ocon, un temps troisième avec sa Force India, doit se contenter d’une sixième place. Presque inespérée là aussi quand on se souvient de la dernière place du pilote tricolore après son accrochage avec son coéquipier. Quant à Romain Grosjean, il termine 13e et dernier avec sa Haas, à un tour, après des soucis avec ses freins. Et les Renault ? Jolyon Palmer a été le premier à abandonner. Nico Hulkenberg a frôlé de trop près le mur. Aucune monoplace Jaune et Noire à l’arrivée… bref, une marque au losange à bas coût (en deux mots).

Il s’agit, donc, d’un nouveau Grand Prix à oublier, tant pour le mari de Marion Jollès Grosjean que pour l’écurie d’Alain Prost. Mais c’est une course à graver dans les manuels d’Histoire de la Formule 1. Après autant de péripéties, le public – moi le premier – s’est régalé. Un podium historique, des rebondissements, un drapeau rouge. C’était vraiment une drôle de course. Ou plutôt… une Stroll de course.

(1)  L’année dernière, le rendez-vous de Bakou était nommé Grand Prix d’Europe, et non Grand Prix d’Azerbaïdjan.

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