Schumacher et la double humiliation
Photo Panoramic

Schumacher et la double humiliation

Par deux fois, le Kaiser, septuple champion du monde et pilote au palmarès le plus colossal de toute l’Histoire de la F1, a vécu l’humiliation d’une sortie peu glorieuse, fin 2006 chez Ferrari et en 2012 chez Mercedes, au profit de champions tels que Kimi Raikkonen puis Lewis Hamilton.

Il n’est peut-être pas le plus grand pilote de toute l’Histoire, titre si subjectif, à défaut d’avoir le palmarès le plus garni. Qui peut dire, qui de Nuvolari, Caracciola, Fangio, Moss, Clark, Rindt, Stewart, Lauda, Peterson, Gilles Villeneuve, Prost, Senna, Michael Schumacher, Alonso, Hamilton ou Vettel fut le meilleur pilote de tous les temps ? Personne …

Une telle réponse restera utopique à jamais. Mais une chose est sûre, Michael Schumacher aura connu (et par deux fois) le camouflet d’une fin de carrière peu glorieuse en F1, loin des départs en retraite triomphaux de princes du passé. Et surtout, loin des sorties qu’il aurait mérité, tant l’homme aura apporté à ce sport, qu’il a révolutionné par son approche méthodique, stakanoviste et scientifique.

Jackie Stewart mit un point d’orgue à terminer sa carrière sur une troisième couronne mondiale, en 1973. Il ne voulait pas offrir au public les premiers signes de son déclin. Vingt ans plus tard, Alain Prost trouva un épilogue heureux chez Williams Renault, via ses quatrièmes lauriers mondiaux, acquis fin 1993 à Estoril.

Tazio Nuvolari, sans doute le plus grand champion de l’ère ayant précédé la Formule 1, connut l’ovation de tout un pays, son Italie natale, lors des Mille Miglia en 1948. Sur la route Brescia – Rome – Brescia, l’irrésistible Nivola avait fait parler son talent exceptionnel. Mais la mécanique l’avait trahi, l’empêchant de porter l’estocade à ses rivaux.

Jim Clark, mort en 1968 à Hockenheim, Gilles Villeneuve, fauché en 1982 à Zolder, et Ayrton Senna, décédé à Imola en 1994, n’ont pas eu le temps de penser à leur sortie. Pilotes de panache, ils étaient chacun considérés comme des virtuoses de la vitesse, et les meilleurs de leurs générations respectives.

Quant à Juan Manuel Fangio, que dire de sa sortie. A Reims Gueux, en 1958, quatrième d’une course remportée par Mika Hawthorn, le maestro argentin était loin du temps où il imposait encore sa férule au peloton des gladiateurs menés par Stirling Moss. Clé de voûte d’Alfa Romeo, Mercedes, et Maserati, Fangio était surtout admiré par ses pairs. C’est pourquoi Hawthorn n’osa pas humilier Fangio en lui prenant un tour sur le circuit champenois. Et le pilote anglais de la Scuderia justifia son geste chevaleresque par une phrase demeurée immortelle : On ne prend pas un tour à Fangio !

Malgré son hégémonie de plus de douze sur une F1 orpheline d’Ayrton Senna entre 1994 et 2006, Michael Schumacher ne peut en dire autant. Le Kaiser a vécu par deux fois le traumatisme de fins de carrière peu enviables.

A Monza, en 2006, le jour où il remporte sa 90e victoire devant des tifosi déchaînés, le rêve d’une huitième couronne mondiale redevient possible pour l’ogre de Kerpen. Revenu à deux points de Fernando Alonso, Schumacher l’outsider devient le nouveau favori de ce Mondial 2006, qu’il espère boucler en apothéose.

En Lombardie, lors de la conférence de presse, le Kaiser brise le silence. Le champion allemand, idole absolue des tifosi depuis 1996, cinq fois titré entre 2000 et 2004, quittera la scène après Interlagos. En 2007, Ferrari sera orpheline de son catalyseur.

Ayant tiré pendant onze ans la quintessence des bolides écarlates, Schumacher a mis un veto à une association avec un fauve, Kimi Raikkonen. Jamais, au contraire d’Alain Prost ou Ayrton Senna, l’Allemand n’a accepté de cohabitation explosive.

Alain Prost avait eu comme coéquipiers Niki Lauda (1984-1985), Keke Rosberg (1986), Ayrton Senna (1988-1989), Nigel Mansell (1990), Damon Hill (1993), tous champions du monde, plus Jean Alesi (1991), espoir prometteur parmi l’élite.

Et Ayrton Senna avait osé le défi Prost chez McLaren, quittant Lotus fin 1987 pour combattre le meilleur pilote du monde à Woking, dans l’écurie dont le pilote français était la figure de proue depuis 1985, année de sa première couronne mondiale. Le Brésilien venait déboulonner l’idole Prost, sans complexes … Il y parvint, après maintes éruptions du volcan McLaren Honda … En 1988 à Estoril, en 1989 à Imola, Pembrey et Suzuka …

Mais en 1986 chez Lotus, Senna avait mis un veto irrévocable à l’engagement de Derek Warwick comme numéro 2. Le prodige de Sao Paulo voulait être l’attraction numéro 1 de l’écurie anglaise, afin que les forces ne se dispersent pas.

En contrepartie de monoplaces parfois médiocres, telle la F310 de 1996, ou franchement moyennes, telle la F310B de 1997, et souvent inférieures à l’arme fatale du plateau, telles la B195 de 1995 ou la F300 de 1998, Schumacher exigeait de Benetton puis Ferrari un statut de premier pilote. Le même que le Carioca Piquet avait exigé par contrat de Frank Williams en 1986, et que Didcot lui avait refusé dans les faits face à l’éclosion de Nigel Mansell. Le même que Ron Dennis, soucieux de son credo d’équité officiel, avait refusé à Schumacher et Willi Weber lors de négociations en 1995, pour recruter le pilote allemand chez McLaren Mercedes. Le même encore obtenu par Fernando Alonso chez Renault en 2005 et 2006, ou Lewis Hamilton chez McLaren en 2008.

C’est pourquoi Schumacher refuse de se confronter à Iceman en 2007, car il sait que le Finlandais n’admettra pas un statut de n°2. Surtout que c’est le marquis Luca Cordero di Montezemolo qui a géré ce transfert avec Steve et David Robertson, coupant l’herbe sous le pied de Jean Todt.
Dans sa guerre politique avec Todt, auréolé de gloire par la Dream Team Schumacher – Brawn – Byrne – Martinelli, Montezemolo a voulu marquer son territoire. Todt ne veut pas entendre parler d’Alonso, qui l’a trahi en 2001 pour rejoindre le giron de Flavio Briatore alors qu’un contrat de pilote essayeur à Maranello était prêt à être signé et paraphé.
Homme de parole, Todt n’a jamais digéré cette vexation, considérant que l’Espagnol avait franchi le Rubicon. Malgré le statut de champion incontestable du natif d’Oviedo, titré en 2005, Todt n’a jamais inflexi sa position. Et ouvert la voie au transfert d’Alonso vers McLaren pour 2007, concrétisé par Ron Dennis fin 2005.

Il ne reste donc, parmi les cadors du plateau, que Kimi Raikkonen pour remplacer le Kaiser au sein de Ferrari. Lassé du paternalisme de Ron Dennis, sans doute piqué au vif dans son orgueil de voir Woking recruter le Colombien Montoya pour 2005 puis l’Espagnol Alonso pour 2007, peu rassuré par la capacité de Renault à pérenniser le succès sans le concours de Michelin après 2006, le Finlandais cède aux sirènes italiennes de Montezemolo, contre une manne de dollars.

Tonneau des Danaïdes pour ce qui concerne les salaires, Ferrari ne déroge pas à sa tradition de paiements pharaoniques avec Iceman. Le marquis exige de ses pilotes de ne pas conduire en épiciers sur les pistes du championnat, il fait de même au moment des les rétribuer. Voilà donc comment Kimi Raikkonen rejoint donc le Cavallino Rampante en tant que futur coéquipier de Felipe Massa pour 2007, d’autant que le retrait de Bibendum va handicap Renault et McLaren, et donc favoriser le seul top team déjà équipé de pneus Bridgestone en 2006, en l’occurrence la Scuderia Ferrari …

Ironie du destin, c’est son successeur Räikkönen que Schumacher retrouve sur le podium de ce Grand Prix d’Italie 2006. Passé le navrant épisode médiatique signé Norberto Fontana crachant son venin sur le souvenir nauséabonde de Jerez 97, Schumacher l’emporte en Chine puis casse son moteur au Japon alors qu’il filait vers une 92e victoire. En un instant, le Kaiser passe du Capitole à la Roche Tarpéienne. De favori du championnat, il devient outsider aux chances plus que réduites, d’autant qu’Alonso l’emporte au pays des samouraïs, profitant de ses déboires.
Le titre 2006 est donc quasiment plié quand Schumacher arrive au Brésil pour l’ultime course de sa (première) carrière. A Interlagos, s’il s’incline avec les honneurs comme dauphin du roi Alonso, Schumacher porte au pinacle, une ultime fois, l’art du pilotage. Par sa remontée foudroyante, son dépassement d’anthologie sur Iceman en fin de course, l’Allemand montre qu’il reste le meilleur, et qu’il part tel un empereur sans couronne, mais un empereur indésirable dans le coeur de son royaume, l’Italie de Luca di Montezemolo.

L’ancien bras droit du Commendatore, appelé à la rescousse fin 1973 quand Ferrari tombait alors de Charybde en Scylla, rappelle cependant l’homme qui a gagné cinq titres mondiaux (2000, 2001, 2002, 2003, 2004) et 72 victoires pour Ferrari en 2009.
A Budapest, Ferrari vient de perdre Felipe Massa, blessé à l’oeil par une pièce de la Brawn de son compatriote Rubens Barrichello. Forfait pour la fin de saison 2009, le Pauliste ne reviendra pas avant 2010.
Montezemolo propose à Schumacher d’épauler Raikkonen. Ironie du destin, l’homme qui a poussé le Kaiser vers la sortie fin 2006 lui propose de devenir le coéquipier du pilote qu’il a recruté à sa place pour 2007, et avec qui l’Allemand ne voulait pas cohabiter.
Mais Schumacher oublie ses principes … Il veut revivre les montagnes russes d’adrénaline procurées par un cockpit de F1, d’autant que la tentation est trop forte. Jamais il n’a mordu la poussière, malgré une saison 2005 dans l’ombre d’Alonso et Raikkonen.
N’ayant pas connu la morsure indélébile de la défaite, l’usure du pouvoir, l’érosion du temps, les premiers signes du déclin en 2006, Schumacher était parti par lassitude psychologique.
Il va alors commettre le péché d’orgueil, revenir à la compétition, tel Lance Armstrong, autre Pantagruel à l’appétit colossal.

Comme le septuple maillot jaune face à l’Espagnol Alberto Contador, Schumacher replonge dans la fosse aux lions. Le pluriel convient mieux, car avec Kubica, Hamilton, Vettel, Alonso, Raikkonen et Button, l’Allemand aura de la concurrence.

Bref, les courses de moto anonymes courues sous le pseudonyme de Marcel Niederhausen, n’ont pas rassasié, loin de là, son besoin viscéral de vitesse et de sensations …
Mais une blessure au cou, pas complètement guérie, va mettre un terme aux spéculations. Schumacher retourne dans sa retraite … provisoirement !

Car Ross Brawn, son vieux complice entre 1991 et 2006 chez Benetton et Ferrari (exception faite de 1996 où Michael était parti en éclaireur en Italie), pense à lui pour remplacer Jenson Button qui prendra la place de Kovalainen à Woking, si décevant face au fauve Lewis Hamilton. Le pilote au casque jaune a écrasé le Finlandais, tandis que Button se révèle trop gourmand pour cette écurie au destin de phénix.
A peine née des cendres de Honda, bientôt phagocytée par Mercedes, Brawn Grand Prix n’est pas la poule aux oeufs d’or, et Button en reste là avec l’écurie qu’il avait rejoint en 2003 sous le nom de British American Racing. Au temps de Jacques Villeneuve !

Tyrrell, BAR, Honda, Brawn puis Mercedes. Schumacher retrouve l’étoile, la firme de Stuttgart qui l’avait propulsé dans la catégorie reine en 1991, par l’intense lobbying de Jochen Neerspach auprès d’Eddie Jordan.

Associé à Nico Rosberg, qui remplace lui Rubens Barrichello parti chez Williams, Michael Schumacher veut conquérir un huitième titre mondial et vassaliser la F1 de nouveau. Les jeunes espoirs que sont Vettel et Hamilton devront courber l’échine devant le loup Schumacher, bien décidé à ressusciter le mythe des flèches d’argent, magnifié jadis par Rudi Caracciola et Juan Manuel Fangio.

Si l’argent est bien présent sur la carrosserie des Mercedes, l’appellation de flèche serait usurpée. Et l’imposture Mercedes revient tel un boomerang à la face du Kaiser, de plus dominé en qualifications comme en course par son jeune coéquipier Nico Rosberg, de seize ans son cadet.

Rares seront les faits d’armes de Schumacher en trois ans d’un come-back controversé,à l’heure où Sebastian Vettel, son hériteir, écrit les premières pages de sa légende au grand dam d’Alonso, Hamilton ou Button, lassés de son implacable domination avec Red Bull.

Pole position en 2012 en Principauté de Monaco, podium à Valence au Grand Prix d’Europe avec Alonso et Raikkonen, quatrième place de classe au Canada en 2011 sous la pluie noyant le circuit Gilles-Villeneuve, remontées fulgurantes à Spa Francorchamps en 2010 puis 2011, où il fête le vingtième anniversaire de ses débuts en 1991 sur le toboggan des Ardennes.

Bien que souvent plus rapide que Nico Rosberg en 2012, ayant inversé la courbe de performance défavorable de 2010 et 2011, Schumacher n’abdique pas. Le vieux roi n’a cependant pas retrouvé le chemin de la victoire, condamné à trop de courses anonymes dans le peloton, loin du faste des années Ferrari. Le mythe s’érode, le Kaiser enrichit son vocabulaire des mots défaite et impuissance, inconnus juste là en F1.

L’épée de Damoclès est tombée, puisque la retraite programmée de Schumacher en 2013 (ou avant) était devenue la nouvelle Arlésienne du paddock, au même titre que la rumeur envoyant perpétuellement Sebastian Vettel chez Ferrari comme coéquipier de Fernando Alonso.

Mercedes engage Lewis Hamilton pour 2013, l’Anglais étant en froid avec Woking. Tel Nelson Piquet en 1991 chez Benetton, Schumacher est trop vieux. La roue tourne, le voilà dans la peau du Carioca deux décennies plus tôt, dont il avait ruiné le crédit dans l’esprit de Flavio Briatore, en quelques courses seulement. Le voilà donc condamné à la sortie contrainte et forcée, comme en 2006, bien que tentant d’activer son réseau. Pige en 2013 chez Ferrari en lieu et place de son copain brésilien Massa, avant que Vettel ne débarque ? Ce serait oublier que la Scuderia n’a pas digéré le départ de son ambassadeur en chef, toujours sous contrat en 2009, vers Mercedes en vue de la saison 2010

Pilote payant chez Sauber, comme pour boucler la boucle avec l’écurie helvétique, tremplin vers Mercedes en 1990 ? La piste s’évanouit aussi vite que la rumeur, et tant mieux car il serait pathétique de voir un septuple champion du monde débourser ses propres deniers pour figurer sur une grille de départ, même à 43 ans, âge où l’on peut être compétitif. En 1954, Fangio gagnait son deuxième titre mondial, en 1986, Jacques Laffite côtoyait Senna et Prost sur le podium de Detroit, quelques semaines avant sa brutale fin de carrière à Brands Hatch.

Tandis que Lewis Hamilton retrouvera son ancien coéquipier de F3, Nico Rosberg, en 2013, Michael Schumacher trouvera la paix intérieure qu’il avait tant cherché entre 2007 et 2009, rongé par l’envie d’un retour qu’il gardait secret, démentant publiquement toute rumeur de come-back.

Ironie du destin, Schumacher n’a jamais quitté une écurie en pleine harmonie. Trahi par Ferrari fin 2006, sacrifié par Mercedes fin 2012, l’Allemand avait quitté Jordan dans la polémique en 1991, après le célèbre épisode de la Villa d’Este, où Bernie Ecclestone avait tranché en faveur de Benetton et Flavio Briatore, avec la bénédiction de Mercedes, persuadée de récupérer son poulain à l’horizon 1993-1993, une fois l’association avec Sauber et Ilmor devenue compétitive. Si Karl Wendlinger et Heinz Harald Frentzen, anciens coéquipiers de Schumi au sein du Junior Team Mercedes en 1990, furent les premières figures de proue de Sauber, jamais Schumacher ne pilota pour Mercedes dans sa première carrière, pas plus dans un baquet Sauber que McLaren. Ce ne fut pas faute d’essayer, que ces oit Jochen Neerspach fin 1993 (en vue de 1994) ou Ron Dennis fin 1995 (dans l’optique de 1996) et de nouveau fin 1999 (en vue de 2001).

Quant à son départ de Benetton fin 1995, ce fut dans le doute et l’interrogation générale. Conquérir l’Everest avec Ferrari, écurie complètement décimée, au creux de la vague depuis 1991, condamnée au purgatoire, dans l’ombre de Williams, Benetton et McLaren ? Résonnent en écho deux phrases, signées de Bernard Dudot et Flavio Briatore.
Au stade de la rumeur, avant que l’Allemand ne paraphe son contrat Ferrari en pleine été 1995, le motoriste du Losange s’était laissé aller à une déclaration imprudente : Qu’irait faire Michael chez Ferrari, écurie qui ne gagne plus ? Quand les Ferrari terminent, elles terminent à un tour …

Briatore avait déclaré ceci, après l’officialisation du départ de son champion vers Maranello pour 1996 : Nous saurons bientôt qui, de Schumacher ou de Benetton, faisait gagner l’autre …

Effectivement … Mais à l’avoir trop gâté entre 1991 et 2006, même s’il lui vola son idole et rival Ayrton Senna un sale jour du printemps 1994 en Emilie-Romagne, futur fief de son empire, le destin s’est vengé sur Schumacher par la suite … trahison de Montezemolo fin 2006, infortune récurrente entre 2010 et 2012 chez Mercedes, jusqu’à la goutte d’eau faisant déborder le vase, son remplacement par Lewis Hamilton pour 2013, avant l’accident de ski du 29 décembre 2013 qui a changé le destin de Michael Schumacher, sans doute de façon irréversible il faut le craindre …

Champion du monde en 2014 avec Mercedes fort d’une monoplace d’exception parfaitement adapté au contexte du retour du moteur turbo, Lewis Hamilton doit une partie de sa couronne à deux hommes qui ont lancé l’aventure des flèches d’argent entre 2010 et 2012, Ross Brawn et Michael Schumacher, avant que Niki Lauda et Toto Wolff ne reprennent le flambeau pour l’envol du phénix de Stuttgart.

Depuis fin 2013, la vie du Kaiser Schumacher a basculé avec un tragique accident de ski ayant plongé le champion allemand dans le coma, puis dans une tétraplégie. Sa fortune accumulée et son palmarès sportif colossal, ainsi que ces deux sorties ratées chez Ferrari en 2006 et Mercedes en 2012 sont désormais dérisoires face au  drame qui se joue, doublé de celui de Jules Bianchi depuis octobre 2014 avec le terrible accident du jeune pilote niçois à Suzuka.

  1. avatar
    22 avril 2015 a 18 h 53 min

    Schumi méritait plus de respect de Mercedes fin 2012 et surtout de Ferrari fin 2006.
    Après 5 titres mondiaux, 72 victoires, 116 podiums et 58 pole positions en onze saisons à Maranello, se voir poser un ultimatum par Luca Di Montezemolo est tout simplement incroyable mais c’est pourtant ce qui arriva au Kaiser en vue de 2007.

    Pour Mercedes, certes dominé par Nico Rosberg 3 saisons durant mais tout le boulot fait par Schumi a forcément aider la progression vue depuis 2013 pour l’écurie de Brackley / Brixworth / Stuttgart.

  2. avatar
    24 avril 2015 a 10 h 26 min
    Par bertrand

    Un. Article écrit par une personne qui n’a jama
    is mis son c.. dans un baquet minable !!!

  3. avatar
    24 avril 2015 a 11 h 28 min

    Bertrand,

    Que n’ai jamais fait de compétiton automobile est un fait certes, je me suis contenté de quelques heures en karting à niveau bien modeste.

    Mais je ne vois pas en quoi cela rend l’article minable. J’explique justement pourquoi la carrière somptueuse du Kaiser Schumacher méritait mieux comme sorties fin 2006 et fin 2012, Ferrari et Mercedes ont été bien ingrates avec le champion allemand qui leur a tant apporté, surtout à la Scuderia.

    Relis ma 6e phrase de l’article

    “Et surtout, loin des sorties qu’il aurait mérité, tant l’homme aura apporté à ce sport, qu’il a révolutionné par son approche méthodique, stakanoviste et scientifique.”

    Si mon article est minable, que dire de ta capacité à argumenter et débattre ? Encore du troll en mode tweet analphabète …

    Encore un commentaire écrit par quelqu’un qui n’a jamais pris la peine d’écrire un article argumenté …

  4. avatar
    24 avril 2015 a 15 h 43 min
    Par Bangs

    Pourtant son départ en 2006 n’est pas non plus une grosse humiliation, certes il est éjecté par l’arrivée de Raikkonen mais il a aussi choisi de partir et de refuser la confrontation.

    Pourtant Interlagos 2006 c’était un finish magnifique : deux crevaisons et une remontée de la dernière place jusqu’à la 4ème place en tournant 2 secondes plus vite que tout le monde, en plus décisive pour le titre (même si ses chances étaient quasi nulle avec 10 pts handicap).

    A l’issue de la saison 2006, ses statistique sont impressionnantes par rapport au ratio par GP Son retour avec Mercedes est quand même un échec, certes la voiture n’était pas fabuleuse mais il ne fait qu’un podium et beaucoup de polémique sur la piste (accrochage, erreurs,…). Dommage de voir un septuple champion du monde a ce niveau.

    Perso j’étais plutôt anti-schumi mais avec le temps je reconnais qu’il était au dessus de tout le monde. Seul Alonso aurait put rivaliser avec lui sur le long terme s’il était né quelques années avant.

  5. avatar
    24 avril 2015 a 17 h 00 min

    Hello Bangs,

    Le Kaiser Schumacher a eu 2 rendez-vous manqués, entre 1994 et 1997-1998 avec Ayrton Senna décédé à Imola.

    Puis avec Alonso en 2005 car les Bridgestone était trop peu compétitifs, il ne put affronter l’Espagnol qu’en 2006.

    Avec Mercedes, trop peu de points positifs, sa pole retirée à Monaco en 2012, sa remontée magnifique à Spa en 2011 pour son 20e anniversaire en F1, son podium à Valence en 2012 avec l’abandon de Vettel et l’accrochage d’Hamilton avec Maldonado cependant devant lui …

    Et trop de points négatifs.

    Schumacher aurait du rester en 2007 et dominer Iceman tout en gagnant un 8e titre historique face aux McLaren d’Hamilton et Alonso, cela aurait cloué le bec à ses détracteurs.

    Car son come-back de 2010 a alimenté la critique de ceux qui lui ont reproché de ne pas avoir affronté de titan enter 1994 et 2006 : Prost retraité fin 1993, Senna mort au printemps 1994, aucun pilote n’a su durablement s’opposer à lui.

    Häkkinen fut trop vite victime de l’usure du pouvoir, Montoya fut une étoile filante, Raikkonen seulement dangereux en 2003, Alonso trop jeune car 12 ans le cadet du champion allemand, Damon Hill trop tendre en 1994 et 1995, Button trop mal équipé à l’exception de 2004.

    Les autres, de Barrichello à Coulthard en passant par Jacques Villeneuve, Massa, Fisichella, Trulli, Panis, Berger, Alesi, Verstappen, Frentzen, Herbert, Irvine, Heidfeld, Webber ou encore Ralf Schumacher n’étaient pas au niveau suffisant pour lutter avec Schumi.

    De retour en 2010, Schumi affronta une génération bien plus forte avec Vettel, Hamilton, Kubica, Nico Rosberg et un Alonso encore plus aguerri qu’en 2006, sans oublier Button avant que Raikkonen ne revienne aussi en 2012 parmi l’élite des pilotes.

    Un niveau bien plus élevé qu’après que la F1 fut orpheline de l’archange Senna, digne du plateau des années 70 (Ickx Lauda Peterson E.Fittipaldi M.Andretti Regazzoni Hunt Scheckter Jones Laffite Reutemann G.Villeneuve Cevert Stewart) voire du milieu des anneés 80 (Lauda Prost Mansell Piquet Senna K.Rosberg Berger Patrese Boutsen Bellof De Angelis Alboreto)

  6. avatar
    27 avril 2015 a 22 h 43 min

    Salut Axel, bon article, bien nuancé. Effectivement, comme tu le soulignes d’entrée, sans être le GOAT incontestable, son palmares est “kolossal”.

    Quel coup du destin, se voir fauché dans un accident de ski banal (même pas en sport mécanique comme tant d’autres), si peu de temps après la fin de sa carrière. Ça doit être particulièrement difficile pour sa femme et ses enfants.

    Par ailleurs, je crois que Bernard, si l’on interprète littéralement sa phrase, a simplement voulu dire que tu n’avais jamais eu de baquet minable dans ta carrière, ce qui est vrai puisque tu n’as jamais fait de compétition :)

    Blague à part, tu devrais ignorer les critiques si courtes et pas du tout argumentées… juste une ligne, vraiment ? Ces gens-là (blague inside) ne prennent même pas la peine de lire le texte au complet. Si au moins il y avait l’ombre de l’embryon d’un argument…

  7. avatar
    2 mai 2015 a 7 h 57 min

    Salut Fabrice,

    Lol pour baquet minable, oui dommage que des gens ne lisent que le titre et le chapeau avant de poster un commentaire sans argument, juste du troll.

    Oui triste ironie du destin pour le Kaiser, qui avait déjà frôlé la mort en 1995 entre les GP du Brésil et d’Argentine, une banale séance de plongée au large de Salvador da Bahia avait failli tourner au drame pour Schumi, 26 ans alors.

    Difficile de dire s’il est le GOAT ou non, personnellement j’ai toujours mis Jim Clark pour les pilotes de F1 et Tazio Nuvolari pour les pilotes avant F1.

    Mais bon, les Caracciola, Rosemeyer, Fangio, Ascari, Moss, Stewart, Lauda, Prost, Senna, Schumacher, Hamilton et Alonso sont également incontournables au moment du débat sur le GOAT.

  8. avatar
    4 mai 2015 a 3 h 22 min
    Par mwn44

    Excellent article, qui, de digression en digression, retrace bien toute la période de 1991 à 2012 durant laquelle Schumacher évolué. Pour ce qui est des confrontation, c’est vrai que Schumacher a vraiment eu toute la place pour lui sur le plateau de F1 entre 1994 et 1997. Prost et Mansell retraité (malgré un retour en dents de scie de ce dernier), Senna qui nous quitte, une Benetton louche en 1994 et pas de réel rival qui pointe son nez. Damon Hill, trop tendre malgré la fusée de Neway qui parviendra néanmoins à profiter de l’apathie de la Ferrari de 1996, puis VIlleneuve pour la même raison en 1997. Schumi n’aura eu comme rival durable que Mika Hakkinen de 1998 à 2000 (en 2001 Mika est battu par Coultard). Ce qui fait une courte période comparé à la décade qui aura vue s’affronter Piquet-Prost-Senna-Mansell.

    De plus, les années 90 sont clairement les années Neway. Il fait une Williams de feu à partir de 1991, qu’il quitte fin 1996 en laissant une Williams 97 du même accabit à Villeneuve, pour partir chez McLaren offrir une fusée à Mika Hakkinen (le finlandais étant quand même d’un autre niveau que J.Villeneuve) pour 1998 et 1999 (oui, moi aussi je digresse). Ce qui, par conséquent, rajoute du mérite à Schumi d’avoir lutté avec maestria face aux bolides de Neway.

    Après, c’est l’inverse qui se produit. Chez Ferrari, à partir de 2000, et un Mika Hakkinen malchanceux et lassé, et un Coultard pas au niveau des touts grands, Ferrari et sa triplette Brawn-Todt-Schumi, se retrouvent avec la meilleure voiture, et là, point de Schumi en face pour faire illusion, mis à part les fulgurances d’un Montoya inconstant (sauf en 2002, mais la Ferrari était hors concours en rythme de course) qui lui coute l’espoir de titre en 2003, et un Raikkonen qui aura profité d’une des dernières McLaren réussies de Neway (avec la fusée de 2005, au moteur d’argile) qui le tient, lui aussi en 2003, jusqu’au dernier grand prix.

    En bref, un plateau faible en 2001 (Montoya, Raikkonen et Alonso y sont rookie), Une Ferrari intouchable en 2002 et 2004, un Alonso trop vert en 2003 et 2004, un Button sur une BAR pas suffisamment dangereuse en 2004, une Ferrari raté en 2005, qui laisse Alonso et Raikkonen s’expliquer à deux, et Schumi aura traversé ces cinq titres presque sans forcer. En 2000, Hakkinen fait illusion mais c’est déjà l’heure du déclin, en 2001, Coultard ne fait pas le poids, Hakkinen en pré-retraite et Montoya n’est pas assez régulier. Ne reste que 2003, où le titre se joue à la fin mais le bilan des victoires reste sans appel : 6 victoires pour le Kaiser, contre 2 à Montoya et 1 à Raikkonen (certes destitué d’une victoire au Brésil). Au final, 2006 est peut-être la seule année où il se bat avec une voiture ni plus, ni moins forte que la sienne, face à un adversaire de sa carrure… et il perd, mais néanmoins avec panache.

    Pour moi, c’est la période sur laquelle s’étend sa carrière qui laisse un goût amer, plus que sa première retraite et son retour râté (contrairement à celui de Raikkonen d’ailleurs – certes, à des âges bien différents). On pourrait trop hâtivement se résoudre à penser qu’il perdait à cause de sa voiture (1996 à 1999 et 2005) ou qu’il gagnait grâce à celle-ci (1994 voir 1995 et de 2000 à 2004). Et je trouve ça triste pour un tel champion qu’il n’ait pas eu de rivalité durable si ce n’est celle avec Adrian Neway au final… Alonso, lui, aura lutté pour le titre face à Raikkonen, Schumacher, Hamilton, et Vettel.

  9. avatar
    4 mai 2015 a 16 h 23 min

    Salut Mwn,

    Oui et pour Alonso tu peux rajouter Kubica qui aurait fait partie des tous meilleurs sans son accident début 2011.
    Le plateau actuel avec Button, Hulkenberg, Bottas, Massa, Nico Rosberg et Ricciardo également, est vraiment d’un niveau incroyable.

    A part le milieu des années 80 et les années 70 comme indiqué dans un autre post, densité de pilotes de talent jamais vue en F1 depuis 2007 et l’avènement de Hamilton et Vettel.

    Pour en revenir au Kaiser,il fut comme Fangio ou Clark bien avant lui trop seul

    Fangio a perdu trop vite Ascari et Moss était trop jeune, tout comme Hawthorn et Collins, sans oublier le décès de Wimille en 1949.

    Orphelin de Moss inapte à la F1 en 1962, Jim Clark était très au-dessus de ses contemporains Gurney, Stewart, G.Hill, Rindt, Brabham, McLaren, Surtees et Hulme même si comme le pilote allemand bien plus tard l’Ecossais sut créer un système vertueux avec Colin Chapman chez Lotus

    A la décharge du Kaiser, il est vite orphelin de Senna mort en 1994 à Imola tandis que Prost part en retraite fin 1993.

    En effet, à part Häkkinen entre 1998 et 2000, Raikkonen et Montoya en 2003, ou Alonso en 2006, trop peu car en effet pour le reste pas au niveau indépendamment des qualités des bolides : Coulthard, D.Hill, J.Villeneuve, Irvine, Barrichello, Panis, Fisichella, Alesi ou Berger n’avaient pas le niveau pour battre l’ogre allemand sur la durée d’un Mondial.

    Peut être aurait-il du rester en 2007 juste pour vaincre Kimi Raikkonen chez Ferrari, sans même parler de 8e titre face aux McLaren d’Hamilton et Alonso.
    Je suis comme toi plus admiratif de sa période 1994-1999 que de la période 2000-2006, car excepté 2005 il a bénéficié d’une voiture de pointe à chaque fois.
    Pour moi sa plus belle saison est peut être 1998 face à des McLaren vraiment supérieures en performance, sans l’accident de Francorchamps avec Coulthard il aurait pu coiffer son 3e titre, mais cela a permis à Häkkinen de s’affirmer comme un vrai rival crédible jusqu’au mano-a-mano de 2000 après le retour du Baron Rouge blessé à Silverstone à l’été 1999.

    Rappelons que l’Allemand était imbattable sous la pluie et ne faisait qu’une erreur par an (Magny Cours 92, Donington 93, Adelaide 94, Monaco 96, Spielberg 98, Montréal 99, Interlagos 2003, Melbourne 2006), tout en creusant des écarts de 0″5 en moyenne sur ses coéquipiers, et a révolutionné l’approche des GP par une préparation physique bien plus développée que celles de Lauda, Prost ou Senna qui avaient pourtant été bien plus loin que Fangio ou Stewart en ce domaine.
    L’exemple typique est la salle de musculation demandée par le Kaiser à son arrivée à Maranello en 1996.
    Combien de fois a-t-on vu Schumi frais comme un gardon sur le podium après 1h40 d’efforts à haute vitesse dans un cockpit, et ses rivaux plein de sueur ?

    Après, ces détracteurs diront que Rory Byrne dessinait des F1 à son avantage chez Benetton puis Ferrari, ce qui n’était pas le cas chez Mercedes d’où l’écart face à un Nico Rosberg de 16 ans son cadet (1969-1985).
    Personne n’est jamais revenu plus rapide en F1, tels Jones en 1986, Mansell en 1994-95, J.Villeneuve en 2004.

    Niki Lauda a gagné par son expérience en 1984 face à prost chez McLaren Porsche, tandis que Prost a bénéficié en 1993 d’une Williams Renault très au dessus des McLaren et Benetton équipées par le V8 Ford. Un bijou signé Newey sans parler du fabuleux V10 Renault RS5, avec en coéquipier Damon Hill inexpérimenté, Senna en pigiste de luxe à Woking et Schumacher encore trop tendre chez Benetton.

    Les polémiques multiples ont causé du tort au champion allemand même si tout n’est pas de sa faute : Macao 1990, Monza 1991, Magny-Cours 1992, Silverstone 1994, Adelaide 1994, Interlagos 1995, Spa Francorchamps 1995, Jerez 1997, Montréal 1998, Suzuka 1999, Sepang 2001, Spielberg 2002, Indianapolis 2005, Monaco 2006.
    Tout comme les accusations d’antipatinage sur la Benetton Ford de 1994. Possible mais il faut mentionner aussi que Benetton avait déménagé de Whitney vers Enstone en 1993, première F1 construite dans l’usine ultra-moderne de l’écurie anglo-italienne, et secundo le V8 Ford Zetec était un moteur fait pour concurrencer le V10 Renault armant Williams et Senna.

    Perso je préfère retenir toutes ces courses de légende dont il nous a gratifié : Monza 91, Barcelone 92, Spa 92, Estoril 93, Barcelone 94, Spa 95, Nurburgring 95, Barcelone 96, Monaco 97, Spa 97, Budapest 98, Monaco 99, Sepang 99, Interlagos 2000, Imola 2000, Nurburgring 2000, Suzuka 2000, Sepang 2001, Spa 2002, Imola 2003, Spielberg 2003, Montréal 2003, Indianapolis 2003, Magny Cours 2004, Shanghai 2006, Interlagos 2006.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter