Frédéric Johansen, l’espoir brisé de la génération Zidane
Photo fcmulhouse.com

Frédéric Johansen, l’espoir brisé de la génération Zidane

Le 17 août 1994 dans « son » Parc Lescure de Bordeaux, Zinédine Zidane élimine la concurrence de Corentin Martins en équipe de France avec un doublé contre la République Tchèque en match amical. L’épisode kung-fu d’Eric Cantona en janvier 1995 contre Crystal Palace et sa suspension avec Manchester United donnent ensuite naissance au tandem Zidane / Djorkaeff, avec pour acte fondateur le fameux Roumanie – France (1-3) du 11 octobre 1995 à Bucarest. Cependant, un autre joueur aurait pu se trouver sur la pelouse de Ghencea face au Maradona des Carpates Gheorghe Hagi, sans un tragique accident de voiture le 19 décembre 1992. Frédéric Johansen, que son coach à Mulhouse, Bernard Genghini, comparaît à un certain Alain Giresse, Frédéric Johansen, mort trop tôt comme d’autres espoirs dans d’autres sports, le cycliste français Gérard Saint (1960), le pilote de F1 allemand Stefan Bellof (1985).

Font-Romeu, juillet 1993. Dans cette station pyrénéenne, la reprise de l’entraînement à l’Olympique de Marseille est plus que houleuse pour Marc Bourrier, remplaçant de Raymond Goethals comme premier fusible de Bernard Tapie qui doit supporter la terrible épée de Damoclès de l’affaire OM – VA, malgré un soutien de poids en la personne de François Mitterrand. Nouvel entraîneur du club phocéen, Bourrier laisse Raymond Domenech diriger l’équipe de France Espoirs après cinq ans de mandat (1988-1993) avec les Bleuets.

Quelques mois plus tôt, l’antichambre de l’équipe de France A a connu un terrible drame au sein de la génération si prometteuse des Zinédine Zidane (Bordeaux), Reynald Pedros (Nantes), Lilian Thuram (Monaco), Christophe Dugarry (Bordeaux), Claude Makélélé (Nantes) et autres Nicolas Ouédec (Nantes), avec bien d’autres joueurs sélectionnés comme Pascal Nouma, Johan Micoud, Steve Marlet, Jocelyn Gourvennec, Tony Vairelles, Bruno Carotti, Frédéric Déhu, Grégory Wimbée, Alain Goma ou encore Maxence Flachez.

Comme Lilian Thuram, Zidane débutera en août 1994 en équipe de France A face à la République Tchèque. Le virtuose de Bordeaux avait déjà été retenu par Aimé Jacquet pour le tournoi de Kirin Cup au Japon en mai 1994, mais avait dû décliné la sélection car il se mariait avec Véronique Fernandez …

Deux ans plus tôt, le 19 février 1992, un jeune joueur du FC Mulhouse (club pensionnaire de D2), Frédéric Johansen débute en équipe de France Espoirs à Cannes face au Portugal, en compagnie de Reynald Pedros, Eric Rabesandratanan, Francis Llacer ou encore Richard Dutruel.

Au fil des matches, le Mulhousien devient une des figures de proue des Bleuets, avant qu’un terrible drame ne lui porte l’estocade, lui qui avait reçu de la part de l’hebdomadaire France Football le titre de meilleur joueur de D2 en 1992, à seulement vingt ans … Le frère aîné de Pascal joue neuf fois en Espoirs en 1992.

-  Le 19 février 1992 à Cannes contre le Portugal

-  Le 25 mars 1992 à Perpignan contre la Belgique

-  Le 24 mai 1992 à Arles contre la Tchécoslovaquie (Festival International Espoirs de Toulon)

-  Le 26 mai 1992 à la Ciotat contre le Mexique (Festival International Espoirs de Toulon)

-  Le 31 mai 1992 à Nice contre la Yougoslavie (Festival International Espoirs de Toulon)

-  Le 25 août 1992 à Saint-Ouen contre le Red Star, 1 but marqué

-  Le 8 septembre 1992 à Sofia contre la Bulgarie

-  Le 14 octobre 1992 à Beauvais contre l’Autriche

-  Le 14 novembre 1992 à Rouen contre la Finlande

Zinédine Zidane, lui avait joué aussi en Espoirs à la même période mais les deux jeunes footballeurs n’ont jamais joué ensemble puisqu’occupant le même poste, meneur de jeu. Voici les sélections de ZZ en Espoirs, on remarque que Zidane n’est jamais appelé en 1992 quand Johansen devient la clé de voûte de l’animation offensive de la sélection de Marc Bourrier. L’association Zidane / Johansen est restée utopique tout au long de 1992, dommage car un duo entre ces deux techniciens géniaux aurait pu donner des étincelles.

-  Le 30 mars 1991 à Angers contre l’Albanie

-  Le 1er juin 1991 à Antibes contre la Pologne  (Festival International Espoirs de Toulon)

-  Le 13 août 1991 à Pila contre la Pologne, 1 but marqué

-  Le 3 septembre 1991 à Nitra contre la Tchécoslovaquie

-  Le 10 octobre 1991 à Cordoue contre l’Espagne

-  Le 16 février 1993 à Herzliya contre Israël

-  Le 26 mars 1993  à Mödling contre l’Autriche

-  Le 28 avril 1993 à Reims contre la Suède

-  Le 17 juin 1993 à Sète contre la Turquie (Jeux Méditerranéens)

-  Le 19 juin 1993 à Mende contre la Tunisie (Jeux Méditerranéens)

-  Le 21 juin 1993 à Alès contre la Croatie, 1 but marqué (Jeux Méditerranéens)

-  Le 24 juin 1993 à Alès contre la Turquie (Jeux Méditerranéens)

-  Le 23 août 1993 à Gävle contre la Suède

-  Le 7 septembre 1993 à Tampere contre la Finlande

-  Le 12 octobre 1993 à Mulhouse contre Israël, 1 but marqué

-  Le 16 février 1994 à Bourges contre la Pologne

-  Le 8 mars 1994 à Montpellier contre la Russie (Championnat d’Europe Espoirs)

-  Le 23 mars 1994 à Moscou contre la Russie (Championnat d’Europe Espoirs)

-  Le 15 avril 1994 à Montpellier contre l’Italie (Championnat d’Europe Espoirs)

Le 12 octobre 1993 au stade de l’Ill de Mulhouse, Zidane marque son troisième et dernier but en Espoirs. Comme un symbole, ZZ marque ce but le jour de l’inauguration de la tribune Frédéric Johansen, joueur qu’il remplace depuis février 1993 chez les Bleuets, joueur brillant passé du Capitole à la Roche Tarpéienne par la faute de la grande faucheuse, joueur qui aurait fêté ses 21 ans le lendemain (13 octobre, jour du match des A entre la France et Israël au Parc des Princes). Un premier hommage avait été rendu le 16 février 1993 par les Espoirs français à Johansen, à Herzliya dans la banlieue de Tel Aviv, match qui marque le grand retour de Zidane chez les Bleuets, plus d’un an après sa dernière sélection en octobre 1991 à Cordoue.

Décembre 1992. En Alsace comme partout en France les esprits se tournent progressivement vers les festivités de Noël et de la Saint-Sylvestre. Onze mois après le crash d’avion du Montt Saint-Odile, la région s’apprête à vivre un autre drame lié aux transports, même s’il fera couler beaucoup moins d’encre dans la presse. Quant aux joueurs du Racing Club de Strasbourg, en ce soir du 20 décembre, il ne leur reste qu’une rencontre à disputer avant de pouvoir profiter de la trêve de fin d’année : et après les larges succès à la Meinau face à Sochaux (6-1) et Montpellier (3-1), le club alsacien en pleine confiance compte bien finir l’année en beauté dans le vieux Stade Venoix de Caen.

Malheureusement cette soirée normande va finir par tourner au cauchemar, pas vraiment en raison du résultat décevant (défaite 3-0 pour Strasbourg contre Caen) mais bien à cause de la terrible nouvelle qui attend les joueurs à leur retour au vestiaire.

Pierre Ménès, journaliste à L’Equipe présent sur les lieux raconte : « Max Hild m’avait annoncé la nouvelle avant la rencontre. A la fin du match je vais voir Gilbert Gress et lui dit : “Il faut aller l’annoncer à Marc Keller car sinon il va y avoir une gaffe en salle de presse“. On est entré dans le vestiaire et là on voit un journaliste planté devant Marc en lui demandant quelle était sa réaction face à cette nouvelle… Je me souviens être allé chercher Marc dans la douche où il était parti s’effondrer. Il y avait aussi Ali Bouafia qui pleurait, Leboeuf et Cobos pleuraient. C’était terrifiant ».

Les joueurs de Strasbourg apprenaient en effet par l’intermédiaire de ce journaliste indélicat que Frédéric Johansen, joueur de 20 ans du FC Mulhouse, très proche ami de Marc Keller et de quelques autres Strasbourgeois, venait de se tuer dans un accident de la route au retour d’une fête dans un village haut-rhinois. Sa voiture avait percuté l’arrière d’un camion avant de s’écraser contre un arbre de la forêt voisine. Avertis avant la rencontre, les dirigeants du Racing avaient préféré attendre la fin du match pour annoncer aux joueurs la nouvelle de la disparition de celui qui était alors considéré comme l’un des plus sûrs espoirs du football français.

Ironie du destin, dans son édition de ce mois de décembre 1992, le magazine Onze Mondial consacrait justement une double page au jeune colmarien. On y apprenait notamment que cet international espoir auteur de grandes performances face à la Bulgarie et l’Autriche avait été sollicité par le Matra Paris, l’AJ Auxerre, le FC Nantes ainsi qu’une vingtaine d’autres clubs français avant de se décider à signer au FC Mulhouse,  pour privilégier sa région et sa famille. De plus dans ces pages son entraîneur mulhousien Bernard Genghini le décrivit comme un joueur rare, techniquement très au-dessus de la moyenne et qui me fait penser dans son style à Alain Giresse, mais qui doit encore apprendre la diplomatie avec ses coéquipiers.

Frédéric Johansen devait d’ailleurs rejoindre l’effectif du Racing Club de Strasbourg pour la saison 1993-1994, club de son proche ami Marc Keller … Durant sa carrière, Pascal Johansen, son petit frère, portera le numéro 18 en son souvenir (soit le numéro 10 que portait Frédéric additionné au numéro 8 porté à l’origine par Pascal).

Et curieusement le Racing paye depuis une vingtaine d’années un tribut particulièrement lourd aux accidents de la route, sorte d’épée de Damoclès du club strasbourgeois.

La série noire de Strasbourg avait commencé en 1988, également pendant la trêve hivernale au cours de laquelle Vincent Sattler trouva la mort, le 22 décembre précisément. Grand espoir alsacien, il était déjà considéré comme le meilleur défenseur du club alors qu’il n’avait que 19 ans. Titulaire en défense centrale aux côtés de Léonard Specht ou de Francis Gillot, il impressionnait par sa maturité, son physique (1,87m et 85 kg), son excellent jeu de tête et son élégance. On disait d’ailleurs de lui qu’il aurait fait un formidable stoppeur.

Formé au milieu des années 80 par Albert Gemmrich en même temps que José Cobos, c’est au retour d’une soirée en compagnie de ce dernier que Vincent Sattler eut son accident, quelques jours à peine après son dernier match disputé à Lens (1-3).

Devenu le fer de lance du football français de l’après Papin – Cantona suite au traumatisme bulgare du 17 novembre 1993, Zinédine Zidane aussi aura un accident de voiture dans sa carrière, début juin 1996 après une saison marathon avec les Girondins de Bordeaux. Aimé Jacquet laissera son numéro 10 titulaire dans un Euro 96 où Yazid apparaîtra émoussé, jamais sa doublure (l’Auxerrois Corentin Martins) n’entrant en jeu. Un mois plus tard, lorsqu’il débarque en Italie pour le stage d’entraînement à la Juventus chez les nouveaux champions d’Europe, Didier Deschamps regarde le visage incrédule des joueurs de Marcello Lippi. La Vecchia Signora comptait dans ses rangs Alessandro Del Piero et avait côtoyé l’immense Roberto Baggio entre 1990 et 1995. Mais les Peruzzi, Vieri, Ferrara, Pessotto et autres Jugovic n’en croyaient pas leurs yeux en voyant la technique de velours du Français d’origine kabyle. Tutoyant la perfection et s’attirant tous les superlatifs, Zidane va vite succéder à Michel Platini et Roberto Baggio comme star incontestable dans le Piémont, et devenir le meilleur joueur du monde par ses performances stratosphériques avec les Bianconeri, profitant aussi d’un échiquier mondial laissé orphelin par Ronaldo blessé entre 1999 et 2001.

En 2001, passé au Real Madrid, Zidane poursuit sur sa lancée et marque l’Histoire, offrant des montagnes russes d’adrénaline aux spectateurs de Bernabeu. Il ne sera jamais atteint par l’usure du pouvoir, prouvant jusqu’à la Coupe du Monde 2006 qu’il était bel et bien le meilleur joueur de sa génération, malgré Rivaldo, Pavel Nedved ou Luis Figo. L’ADN de Zidane était un jeu léché plein de technique et d’anticipation. Comme Di Stefano, Pelé, Cruyff, Maradona, Beckenbauer, Platini, Garrincha ou encore Puskas, Zidane était un uomo squadra, un fuoriclasse. Son absence, toute l’équipe était orpheline du pilier majeur, et s’effondrait souvent comme un château de cartes. Ce fut visible pour Bordeaux en 1996 (finale aller contre le Bayern Munich), la France en 2002 (Coupe du Monde contre le Sénégal puis l’Uruguay). Zidane en équipe de France, c’était un trône puis dix fauteuils et douze strapontins, tant il évoluait dans une classe à part, nourri au nectar et à l’ambroisie séparant les dieux de l’Olympe des mortels …

Mais comme tous les champions, ZZ a eu un peu de chance pour lancer sa carrière et devenir le meilleur dans l’univers darwinien du football professionnel jusqu’à son Everest personnel, l’Euro 2000 en Belgique et aux Pays-Bas digne du climax d’un Diego Maradona en juin 1986 au Mexique, même si le coup de tête de Hambourg en octobre 2000 priva Zidane d’un plébiscite et donc d’un deuxième Ballon d’Or, ce dont profita Luis Figo. Mais pour arriver à un tel niveau, Zidane fut aidé deux fois par les fées du destin en début de carrière :

-  La suspension d’Eric Cantona en 1995 avec Manchester United, après avoir franchi le Rubicon face à un hooligan de Crystal Palace, a permis à Zidane de percer en équipe de France, le Bordelais saisissant crânement sa chance en avril 1995 à Nantes contre la Slovaquie (4-0), félicité dans le vestiaire par un certain Michel Platini le jour où il porte la première fois le mythique numéro 10 laissé vacant en 1987 par le triple Ballon d’Or, véritable totem du foot français. C’est un secret de polichinelle, mais Cantona fut écarté après sa démonstration de kung-fu, son dernier match en bleu ayant lieu six jours avant (le 18 janvier 1995 à Utrecht face aux Pays-Bas, tout comme Jean-Pierre Papin). Cela apportait un prétexte à Aimé Jacquet, mais le protégé d’Alex Ferguson aurait pu évoluer en pointe et cohabiter avec Zinédine Zidane voire même Youri Djorkaeff positionné en électron libre (attaquant tournant à la Raul, neuf et demi à la Bergkamp). La vraie raison qui conduisit à l’apartheid de Cantona était son animosité avec deux autres tauliers du vestiaire bleu, Didier Deschamps et Marcel Desailly. Blessé durant l’automne 1994, Deschamps n’avait pu servir de contrepoids face au Mancunien. Evitant à Cantona, Desailly et Deschamps de se regarder en chiens de faïence au sein du groupe afin de ne pas tomber dans les écueils de la fin de l’ère Houllier (tensions Papin / Ginola / Cantona, schisme PSG / OM …), Aimé Jacquet a profité de la suspension du Marseillais pour faire éclore tout au long de 1995 ses leaders, les aboyeurs du vestiaire (Deschamps, Blanc, Desailly) ainsi que les premiers violons et autres chefs d’orchestre capables de changer le destin d’un match (Zidane, Y.Djorkaeff). Le rodage fut progressif jusqu’au chef d’œuvre absolu de Bucarest le 11 octobre 1995. 3-1 contre les coéquipiers de Gheorghe Hagi quarts de finaliste de la World Cup américaine en 1994, buts de Zidane et Djorkaeff.

-  La mort de Frédéric Johansen en décembre 1992 permettant à Zidane de s’épanouir en 1993 chez les Espoirs orphelins du meneur de jeu du FC Mulhouse. Passé de Cannes à Bordeaux en 1992, Zidane changeait d’écurie mais surtout de dimension en D1, et bénéficiait d’une exposition médiatique supérieure. Malgré cela, Marc Bourrier avait jeté son dévolu sur Frédéric Johansen. Sans parler de cavalier seul du jeune Alsacien, Johansen avait pris une petite longueur d’avance sur le Marseillais en 1992. Mais rien ne permet d’assurer que Johansen, malgré son immense potentiel intrinsèque, aurait confirmé dans un premier temps à Strasbourg en 1993-1994, dans un second temps en équipe de France. Démarrer une carrière sur les chapeaux de roue n’est pas une garantie absolue de succès sur la durée et d’un cercle vertueux. Trop de joueurs catalogués comme de nouveaux Maradona, nouveaux Cruyff, nouveaux Platini ou nouveaux Zidane ont déçu, on pense notamment à Marvin Martin comparé à ZZ après son doublé en équipe de France pour sa première sélection le 6 juin 2011. Comme Zidane, Martin était entre en cours de partie, et comme le futur Ballon d’Or 1998, le Sochalien claqua un doublé en quelques minutes. On connaît la suite, Martin fut un feu de paille sous le maillot bleu, ce qui n’enlève rien à son talent …

Le talent exceptionnel de Zidane aurait forcément fini par éclater à la face du monde, car à moins de demeurer sourd et aveugle dans une tour d’ivoire, aucun entraîneur censé n’aurait pu ignorer la virtuosité de cet alchimiste du football capable de donner tant de caviars à ses attaquants, capable de donner des trémolos dans la voix en portant le jeu de football au pinacle.

Mais il est aussi vrai que Johansen, né le 13 octobre 1972 à Colmar (le Marseillais étant né le 23 juin 1972), était en avance sur les temps de passage de Zidane au temps des espoirs où se forgent les grands destins. S’il avait vécu, Johansen aurait-il retardé l’éclosion de Zidane chez les Bleus ? Zidane aurait-il sonné le glas des espoirs de Johansen de devenir l’emblème du football hexagonal en vue du Mondial 1998 ?

Quant à Marc Keller, l’ami orphelin de Frédéric Johansen, il débuté en équipe de France en novembre 1995 contre Israël, remplaçant Christian Karembeu. Ironie du destin, cette cape honorée par Keller sous le mandat de sélectionneur d’Aimé Jacquet le fut au stade Michel d’Ornano de Caen, chef-lieu de Basse Normandie où Keller avait appris la mort de Johansen en décembre 1992 après ce malheureux Caen – Strasbourg joué dans l’autre enceinte de la ville, au stade de Venoix. En juin 1997 contre le Brésil à Gerland, Marc Keller marque son seul but en équipe de France, étant sélectionné une sixième et dernière fois par Aimé Jacquet en mars 1998 en Russie, trois mois avant la Coupe du Monde 1998 que Johansen aurait dû disputer à l’âge de 26 ans, aux côtés de Zinédine Zidane, jusqu’à l’apothéose vécue par les Bleus face au Brésil à Saint-Denis. Le stade de la Meinau fut le grand perdant de la compétition, boycotté par les organisateurs au contraire de Saint-Denis (Stade de France), Paris (Parc des Princes), Marseille (Vélodrome), Lyon (Gerland), Nantes (La Beaujoire), Bordeaux (Parc Lescure), Montpellier (La Mosson), Saint-Etienne (Geoffroy-Guichard), Lens (Félix Bollaert) ou encore Toulouse (Stadium). Orpheline de son joyau Frédéric Johansen en décembre 1992, la région Alsace fut une deuxième fois perdante de la Coupe du Monde française.

  1. avatar
    7 septembre 2015 a 13 h 45 min

    On ne saura jamais si Frédéric Johansen aurait pu jouer avec Zidane voire le barrer en équipe de France pro, la première étape étant pour le frère aîné de Pascal de s’imposer au RC Strasbourg en 1993-1994 aux côtés de son pote Marc Keller.

    Mais quel dommage d’avoir perdu le nouveau Giresse (Johansen) qui aurait pu jouer avec le nouveau Platini (Zidane) ainsi que Youri Djorkaeff, pour former un superbe trio offensif en vue de la Coupe du Monde 1998

    • avatar
      8 septembre 2015 a 20 h 40 min
      Par Alexi Miggs

      Supporter du FC Mulhouse, j’ai assisté à tous les matchs sans exception de Frédéric JOHANSEN de 1989 à 1992, tout d’abord en équipe 2 puis en équipe 1. Je l’ai vu pour la première fois contre Saint-Dié en 3ème division et me souvient d’une action en particulier où il dribbla 4 joueurs en enchaînant de somptueux passements de jambes et décocha une frappe somptueuse de 35mètres qui s’écrasa sur la barre transversale sous le regard admiratif des spectateurs … Il avait tout juste 17 ans. J’étais sous le charme et compris immédiatement que le FCM possédait dans ses rangs un génie. C’était un régal de le voir jouer. Techniquement il était “monstrueux” sans oublié une énorme résistance physique. Il avait beaucoup de similitudes avec Gianfranco ZOLA. Je suis persuadé qu’il aurait réalisé une énorme carrière car avait” la tête sur les épaules”, avec en point d’orgue une participation à la coupe du monde 98 et à l’euro 2000. C’est le joueur Français le plus talentueux que j’ai vu de ma vie (avec Zidane). Le 19 décembre 1992 est le jour le plus triste de ma vie.
      Remarque: sur la photo, ce n’est pas Fred mais Christian HENNA.

      • avatar
        9 septembre 2015 a 12 h 14 min

        Bonjour,

        En effet Johansen avait un potentiel technique incroyable, après aurait-il fait contre Zidane sans ce drame ?
        On ne le saura jamais, mais le Mulhousien avait une marge de progression intéressante avec un passage prévu vers la D1 via le RC Strasbourg pour la saison 1993-1994, tout en accumulant de l’expérience avec les Espoirs.
        Transfert intelligent qui lui permettait de rester près de ses racines familiales à 21 ans tout en jouant avec son ami Marc Keller. Avant de peut être rejoindre une grosse écurie de D1 de l’époque (PSG, Monaco, Auxerre, Nantes …) voire ensuite un club étranger à partir de 1996 et l’exode massif de joueurs français lié à Bosman. Mais encore une fois on ne saura jamais ce qu’il aurait pu faire, s’il aurait pu arriver en équipe de France A avant Zidane, s’il aurait fait de l’ombre à ZZ ou l’inverse, s’il aurait réussi en club sur la durée.

        En effet pour la photo, petite erreur du site.

        Idem pour Stefan Bellof face à Prost et Senna en F1, on ne saura jamais.

        • avatar
          9 septembre 2015 a 13 h 30 min
          Par Alexi Miggs

          Au FC Mulhouse, Fred évoluait sur le côté gauche de l’attaque et était performant. En effet, le meneur de jeu était à l’époque le bulgare Gueorguiev. Il aurait été donc complémentaire avec Zidane. Ce dernier n’était pas sélectionné par Marc Bourrier en espoirs car était, me semble-t-il, suspendu…

          • avatar
            10 septembre 2015 a 14 h 26 min

            Il y avait un autre Bulgare à Mulhouse à l’époque, le gardien Mihaylov, un chauve qui s’était fait poser des implants à la différence de Letchkov.

            Pas au courant pour la suspension de Zidane, moi je connais que 2 pestiférés du foot français, Canto et le sac à merde sur Henri Michel, Anelka et le “agenouille toi Jacques Santini”

  2. avatar
    8 septembre 2015 a 13 h 18 min

    Comme tu dis dans l’article, rien ne peut vraiment affirmer qu’il aurait été ne serait-ce même qu’évoqué pour concurrencer Zidane en A… le parcours espoir c’est mignon, mais c’est loin de faire le joueur pro. Zidane avait une courbe de progression énorme, pour Johansen on saura jamais.

    Y a toujours un coach qui te dit qu’il avait jamais vu ça… ne lit pas des déclarations sur Ben Arfa, sinon tu vas faire un article pour dire que sans son entourage il serait devenu le nouveau dieu du Foot.

    Hélas, on manque d’éléments a posteriori comme tu dis, mais je crois pas qu’on aurait eu 2 zidanes en même temps, en termes de probabilité c’est assez illusoire.

  3. avatar
    8 septembre 2015 a 16 h 00 min

    Salut general,

    Oui des nouveaux Maradona, futurs Zidane et néo-Platini, on en a vu à la pelle en Argentine comme En France, idem pour les héritiers de Pelé au Brésil.

    Le cas de Frédéric Johansen est cependant intéressant et méritait un article à plus d’un titre :

    - même génération et même année que Zidane (1972)

    - en avance sur les temps de passage de ZZ en équipe de France Espoirs mais en retard en club (D2 pour Johansen à Mulhouse contre D1 pour Zizou à Bordeaux certes promu après leur saison de purgatoire à la demande la DNCG)

    - fin dramatique à seulement 20 ans

    Mais je converge avec ta conclusion, avoir deux génies dans le même pays, au même poste et la même génération c’est quasiment impossible même si cela s’est déjà vu :
    - Cruyff et Rensenbrink en Hollande
    - Sandro Mazzola et Rivera en Italie
    - R.Baggio et Zola en Italie

    Et les cas de Hatem Ben Arfa, Camel Meriem, Marvin Martin ou bien d’autres encore montrent que rien n’est jamais acquis.

    Le plus dur commence d’ailleurs pour Paul Pogba affublé du n°10 à la Juventus, celui de Platini, Baggio et Del Piero et Tevez avant lui.

    Idem pour Anthony Martial qui à Manchester Utd va devoir justifier les 80 millions d’euros dépensés par le club anglais. Mais avec Louis Van Gaal, il sera à bonne école niveau pression …

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