Poko a poco

Bordeaux a réussi à se débarrasser du Dynamo Kiev pour rallier les 8èmes de finale de l’Europa League grâce à deux prestations empreintes de réalisme mais surtout d’abnégation (1-1, 1-0). Et si le roseau girondin a plié sans rompre à Chaban Delmas, André Biyogo Poko n’y est pas étranger. Portrait de celui qui n’incarne plus l’avenir du milieu de terrain marine et blanc, mais peut-être bien le présent.

Bordeaux est encore engagé sur trois tableaux cette saison (Ligue 1, Coupe de France et Europa League). Un bonheur pour les supporters, un casse-tête pour l’entraineur qui doit composer avec un effectif restreint et touché par les blessures. Habitué au système D maison – Marange reconvertit défenseur axial, Poundje promu chez les pros, Faubert revenu au bercail – Francis Gillot fait avec les moyens du bord, avec un succès certain. Et ce pour le grand bonheur du jeune André Biyogo Poko, excellent face à Kiev et qui pointe peu à peu le bout de son nez dans le onze de départ bordelais.

Le « Casque d’Or » gabonais

André Poko est un joueur précoce. Champion du Gabon en 2010 avec l’US Bitam, ses performances lui valent de devenir international A à 17 ans à peine. Titulaire dans l’entrejeu des panthères gabonaises contre l’Algérie pour sa première cape, il ne quittera plus la sélection depuis, sauf pour effectuer des piges avec les catégories d’âge inférieures. Et dire que ces piges furent des réussites est un euphémisme. Vainqueur de la CAN 2011 avec les U23, il marque au passage le seul but de la demi-finale face au Sénégal, un but en or de la tête à la 120ème minute qui lui valut ce surnom de casque d’or. Si ce but était qualificatif pour la finale, il l’était aussi et surtout pour les Jeux Olympiques de Londres, une première pour le Gabon. Présent sur les pelouses britanniques aux côtés de Pierre-Emerick Aubameyang notamment, il participa à la bonne impression laissée par les jeunes panthères qui réussirent à tenir en échec la Suisse (1-1) et la Corée du Sud (0-0), perdant seulement contre le Mexique (0-2), futur vainqueur de la compétition. Et chez les A ? Et bien le jeune Poko n’est pas en reste : 19 sélections au compteur, et un quart de finale de CAN disputé à domicile face au Mali (1-1, 4-5 t.a.b) durant lequel il marqua son tir au but, le premier de son équipe. Un solide début de CV international pour un gamin de 20 ans qui répond présent dans tous les grands rendez-vous. Et dans tous ses grands rendez-vous.

Des panthères au scapulaire

C’est par le biais de la sélection qu’André s’est fait repérer un soir de mars 2011. La Ligue 1 étant suspendue lors de la trêve internationale, les Girondins reçoivent le Gabon de l’ancien bordelais Gernot Rohr en amical au stade Chaban Delmas. Privés de nombreux internationaux, les bordelais s’inclinent 0-1 sur un but de… Poko bien sûr. Parti plein axe, il profite d’une passe puissante venue de l’aile droite et d’une intervention manquée de Ciani pour embarquer son ballon et mystifier Olimpa d’une balle piquée au bout d’une belle percée. Les dirigeants sont sous le charme, et signent le joueur dans la foulée. André a su forcer la chance et atterrit en Ligue 1. Ou plutôt en CFA, pour parfaire son apprentissage tactique et apprendre à canaliser ses efforts et utiliser ses courses, généreuses mais désordonnées, à meilleur escient. Inscrit dans les listes UNFP et UEFA cette saison, il débute enfin avec l’équipe première le 6 décembre dernier lors d’une victoire probante face à Newcastle, permettant aux Girondins de terminer en tête de leur poule. Auteur d’un match plein à la récupération, il se fend même d’une passe décisive sur une superbe ouverture pour le doublé de C.Diabaté. Encore une fois, André saisit sa chance, et convainc Francis Gillot de l’appeler régulièrement dans le groupe depuis.

Une aubaine pour Bordeaux

Denis Balbir pense qu’il y du Makélélé en lui, d’autres ont évoqué Rio Mavuba. Mais si Poko possède un volume de jeu très intéressant, il n’en est encore qu’au stade de l’apprentissage du haut niveau, et les comparaisons sont encore flatteuses. Treize convocations cette saison, quatre entrées en jeu, et trois titularisations. Celles probantes face à Newcastle et Kiev donc, mais également celle à Nancy en championnat où il se fit expulser juste avant la mi-temps pour deux cartons jaunes sévères peut-être, mais évitables certainement, le coupant dans sa belle lancée. Mais ça, c’est avant. Avant le son match plein face au Dynamo, et avant la cascade de blessures dans le secteur défensif girondin (L.Sané, L.N’Guemo, Mariano, Henrique). Encore une fois, le jeune Poko a su saisir sa chance tant son abatage devant sa défense a soulagé les marines et blancs, en grande difficulté face à Kiev, se qualifiant grâce à leur abnégation, leur solidarité, un brin de chance… Et aussi en partie grâce au jeune gabonais, qui a considérablement gêné le trio Haruna / Veloso / Kranjcar sur ce match retour. Une véritable aubaine pour Francis Gillot qui doit composer avec les blessures, et va certainement lui offrir du temps de jeu. Au jeune joueur de saisir – encore – sa chance pour confirmer, et montrer ses qualités dans sur la durée. Il représente avec Sertic et Saivet le présent ainsi que l’avenir de Bordeaux. A condition toutefois que la direction prolonge leurs contrats, arrivant de concert à terme en 2014…

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