Grandeur et décadence des géants du football européen (1956-2015)

Grandeur et décadence des géants du football européen (1956-2015)

Vainqueur de la Grande Boucle 2014, soit seize ans après Marco Pantani lauréat de la Grande Boucle en plein traumatisme Festina durant l’été 1998, Vincenzo Nibali rétablit le Tour de France dans sa normalité après tant de vainqueurs pittoresques depuis 1999, soit de culture non européenne, soit en proie à une histoire personnelle tourmentée.

Real Madrid (de 1953-1954 à 1965-1966), l’incomparable mythe

-  Palmarès : vainqueur de la Coupe d’Europe des Clubs Champions (1956, 1957, 1958, 1959, 1960, 1966), champion d’Espagne (1954, 1955, 1957, 1961, 1962, 1963, 1964, 1965), vainqueur de la Coupe du Roi (1962), vainqueur de la Coupe Latine (1955, 1957), vainqueur de la Coupe Intercontinentale (1960)

-  Joueur Clé : Alfredo Di Stefano (Ballon d’Or 1957 et 1959)

-  Joueurs Secondaires : Raymond Kopa, Francisco Gento, Hector Rial, Ferenc Puskas

-  Entraîneur Symbole : Miguel Munoz

-  Rivaux : Milan AC (Liedholm, Schiaffino, Cesare Maldini), Stade de Reims (Kopa, Fontaine, Piantoni), FC Barcelone (Kubala, Suarez, Czibor, Kocsis), Benfica Lisbonne (Eusebio), Inter Milan (Suarez, Facchetti, Mazzola)

-  Exploit Majeur : le cinquième titre européen consécutif en 1960, avec un score fleuve 7-3 contre l’Einthracht Francfort, soit un double record quasiment impossible à battre

-  Bémol : la suprématie nationale laissée au rival catalan du FC Barcelone, double champion d’Espagne en 1959 et 1960

-  Causes du Déclin : pour le Real Madrid de Santiago Bernabeu, ce fut l’âge avancé de Puskas et Di Stefano, respectivement 35 et 36 ans en 1962 lors de la finale au stade Olympique d’Amsterdam qui confirmait que le Benfica Lisbonne était le nouveau roi d’Europe, un an après son titre contre le Barça de Kocsis, Czibor, Kubala et Suarez. Contraste avec les deux titans hongrois et argentin, Eusebio n’avait que 19 ans lui en 1962.

L’implacable férule du grand Real Madrid démarra en 1953 avec le transfert retentissant d’Alfredo DiStefano vers la Castille, alors que le Barça pensait avoir fait le plus dur. Les Catalans avaient négocié avec River Plate, les Castillans avec Millionarios Bogota. Raimundo Saporta et Santiago Bernabeu furent les plus malins et finalement, la Saeta Rubia vint jouer à Madrid, le Real se renforçant ensuite avec Raymond Kopa, Didi ou encore Ferenc Puskas. Virtuose du jeu, Alfredo Di Stefano supplanta vite Ladislao Kubala comme étoile majeure du championnat espagnol, et le déclin du Barça fut effectif dès 1954, où le Real Madrid fut sacré champion en Liga … Wolverhampton se proclamant meilleur club d’Europe après une tournée européenne, deux journalistes du quotidien L’Equipe (Gabriel Hanot et Jacques Ferran) eurent l’idée de créer la Coupe des Champions pour la saison 1955-1956. Barcelone refusant stupidement la prestigieuse invitation, Santiago Bernabeu furent de ceux qui participèrent à l’écriture du règlement dans une salle de l’hôtel Ambassador, boulevard Haussmann à Paris. Aux dépens du Barça qui devrait attendre 1992 pour se dépuceler en C1 sous l’égide de son gourou Johan Cruyff, le grand rival madrilène lança son mythe avec cinq titres européens consécutifs portant la griffe du divin chauve Di Stefano, diable dressant ses fourches caudines avec un but dans chacune des cinq finales entre 1956 et 1960, pour autant de couronnes gagnées donc. Un record qui ne sera probablement jamais battu, alors que personne depuis le Milan AC de Sacchi en 1989 et 1990 n’a su conserver les lauriers sur le Vieux Continent. Vainqueur d’une sixième Coupe aux Grandes Oreilles en 1966 au Heysel face au Partizan Belgrade, le club madrilène verra ensuite une longue jachère de 32 ans s’installer, avant de reconquérir l’Europe face à la Juventus un soir de mai 1998, à Amsterdam.

 

Benfica Lisbonne (de 1960-1961 à 1967-1968), l’envol de l’aigle, de la lumière à l’ombre

-  Palmarès : vainqueur de la Coupe d’Europe des Clubs Champions (1961, 1962), champion du Portugal (1961, 1963, 1964, 1965, 1967, 1968), vainqueur de la Coupe du Portugal (1962, 1964)

-  Joueur Clé : Eusebio (Ballon d’Or 1965)

-  Joueurs Secondaires : José Aguas

-  Entraîneur Symbole : Bela Guttmann

-  Rivaux : Milan AC (Rivera, Trapattoni, Cesare Maldini), Real Madrid (Gento, Puskas, Amancio), FC Barcelone (Kubala, Suarez, Czibor, Kocsis), Manchester United (Law, Charlton, Best), Inter Milan (Suarez, Facchetti, Mazzola)

-  Exploit Majeur : le deuxième titre européen consécutif en 1962, avec un score fleuve 5-3 contre le grand Real Madrid de Puskas et Di Stefano. On peut aussi rajouter le score cinglant du quart de finale aller de 1965, contre le Real Madrid (5-1 à l’Estadio da Luz)

-  Bémol : les trois finales perdues en 1963, 1965 et 1968 respectivement contre le Milan AC, l’Inter Milan et Manchester United. En 1963 à Wembley contre le Milan AC, la blessure de Mario Coluna fut un élément décisif à l’avantage des Rossoneri, à une époque où les remplacements n’étaient pas autorisés. En 1965 à San Siro, l’Inter eut l’avantage de jouer à domicile, avantage renforcé par les conditions météo qui empêchèrent Benfica de développer son jeu de passes. En 1968 à Wembley, George Best porta l’estocade au club portugais en prolongations, dix ans après le drame de Munich qui avait décimé Manchester United et sa génération des Busby Babes, Bobby Charlton rescapé prenant le flambeau du martyr Duncan Edwards.

-  Causes du Déclin : les mauvaises langues parleront de la malédiction Guttmann, le coach hongrois quittant le club encarnado en 1962 faute d’être augmenté par ses dirigeants. Maudissant Benfica pour cent ans en compétition européenne, Bela Guttmann n’a pour l’instant pas été contredit, 53 ans après (1962-2015) par les évènements, le club lisboète échouant même huit fois en finale, cinq fois en C1 (1963, 1965, 1968, 1988 et 1990) et trois fois en C3 (1983, 2013, 2014). La malédiction fut tellement violente pour Benfica qu’Eusebio vint prier en mai 1990 sur la tombe de Bela Guttmann (enterré à Vienne en 1981) la veille de la finale de C1 (perdue) contre l’AC Milan jouée au Prater dans la capitale autrichienne … Plus prosaïquement, le déclin de Benfica fut surtout lié à l’émergence d’un rival de poids, l’Internazionale et son catenaccio.

Le coup de force du Benfica fut de recruter Eusebio, comme le Real Madrid avec Di Stefano. La perle du Mozambique était aussi convoitée par le Sporting, le rival lisboète. Mais Benfica sut ruser intelligemment et cacher son futur joyau dans un village de pêcheurs en Algarve. Comme les Madrilènes accusés d’être favorisés par Franco, Benfica eut à subir la jalousie de ses rivaux qui spéculaient sur un favoritisme supposé de Salazar. Or c’était l’inverse, le dictateur de l’Estado Novo vouait une haine féroce au club de la capitale.

 

Inter Milan (de 1962-1963 à 1966-1967), un verrou implacable

-  Palmarès : vainqueur de la Coupe d’Europe des Clubs Champions (1964, 1965), champion d’Italie (1963, 1965, 1966), vainqueur de la Coupe Intercontinentale (1964, 1965)

-  Joueur Clé : Giacinto Facchetti

-  Joueurs Secondaires : Luis Suarez, Sandro Mazzola, Jaïr, Roberto Boninsegna

-  Entraîneur Symbole : Helenio Herrera

-  Rivaux : Milan AC (Rivera, Trapattoni, Cesare Maldini), Real Madrid (Gento, Puskas, Amancio), Manchester United (Law, Charlton, Best), Benfica Lisbonne (Eusebio, Coluna, Aguas)

-  Exploit Majeur : le deuxième titre européen consécutif en 1965, assortie d’une deuxième Coupe Intercontinentale d’affilée également. Les Nerazzurri enfoncèrent le clou aussi bien sur l’Olympe européenne que sur l’Everest mondial.

-  Bémol : la finale perdue à Lisbonne en 1967 contre le Celtic Glasgow, qui ouvre la voie à la domination des clubs britanniques, néerlandais et allemands jusqu’en 1984, avant que le Heysel ne redistribue les cartes. La seule exception entre 1967 et 1984 sera au profit du rival de l’Inter en Lombardie, le Milan AC de Gianni Rivera sacré en 1969 contre un Ajax Amsterdam encore trop inexpérimenté à ce niveau de la compétition.

-  Causes du Déclin : l’usure du pouvoir provoque l’inexorable déclin de l’Internazionale et son catenaccio, en parallèle de la progression des clubs anglo-saxons, le Celtic Glasgow (champion d’Europe 1967), Manchester United (1968) et surtout le grand Ajax Amsterdam (1971, 1972, 1973), bourreau via un doublé de Johan Cruyff de l’Inter dans la finale européenne de 1972.

L’âge d’or du président Angelo Moratti a longtemps bercé de nostalgie les supporters nerazzurri, avant que son fils Massimo ne redonne au club intériste une partie de sa gloire passée, avec le triplé Scudetto – Coupe d’Italie – Ligues des Champions réalisé en 2010 sous l’égide du Special One José Mourinho. Sous la houlette du mage Helenio Herrera, l’Inter a régné pendant deux ans sur l’Europe, se vengeant du premier italien remporté par le voisin et rival honni du Milan AC, l’Inter ayant été fondée en 1908 par dissidence du club fondé par Herbert Kilpin en 1899. Avec le fameux catenaccio et des joueurs de la classe de Giacinto Facchetti, Sandro Mazzola (orphelin de Valentino mazzola décédé avec le Grande Torino à Superga en mai 1949) ou Luis Suarez, dignes héritiers de figures de proue telles que Giuseppe Meazza ou Stefano Nyers, le club nerazzurro se rappelle aux bons souvenirs et domine la péninsule italienne après le Milan AC suédois du Gre-No-Li (Gren / Nordhal / Liedholm) et de l’Uruguayen Juan Alberto Schiaffino, lui-même supplanté après 1957 par la Juventus Turin de Giamperio Boniperti, John Charles et Omar Sivori.

 

Ajax Amsterdam (de 1970-1971 à 1972-1973), du cheval de Troie au football total

-  Palmarès : vainqueur de la Coupe d’Europe des Clubs Champions (1971, 1972, 1973), champion des Pays-Bas (1972, 1973), vainqueur de la Coupe des Pays-Bas (1971, 1972), vainqueur de la Coupe Intercontinentale (1972, 1973), vainqueur de la Supercoupe d’Europe (1972, 1973)

-  Joueur Clé : Johan Cruyff (Ballon d’Or 1971)

-  Joueurs Secondaires : Johan Neeskens, Piet Keizer, Arie Haan, Johnny Rep, Ruud Krol

-  Entraîneur Symbole : Rinus Michels

-  Rivaux : Inter Milan (Mazzola), Bayern Munich (Beckenbauer, Maier, Muller)

-  Exploit Majeur : plus encore que le quintuplé Championnat – Coupe – C1 – Supercoupe d’Europe – Coupe Intercontinentale de 1972 (seul le Barça de Guardiola fera mieux en 2009 avec un sextuplé, avec la Supercoupe d’Espagne en prime), le pinacle fut atteint au printemps 1973 avec un 4-0 contre le Bayern Munich

-  Bémol : difficile de reprocher grand-chose à cet Ajax intouchable durant trois ans, à part le fait de s’être fait griller la politesse en 1970 par Feyenoord comme premier club batave vainqueur de la C1.

-  Causes du Déclin : pour l’Ajax Amsterdam, ce fut bien sur le départ de sa locomotive Johan Cruyff en 1973 pour le Barça, suivi en 1974 en Catalogne par son lieutenant Johan Neeskens.

Ajax était un héros de la guerre de Troie, il sera aussi un héros du football européen avec trois  titres européens consécutifs, comme une réponse en écho à l’affront du voisin de Rotterdam, le Feyenoord, titré avec Ernst Happel en 1970 à Milan, alors que l’Ajax avait été finaliste en 1969 à Madrid. Avec Rinus Michels, l’Ajax développe un football révolutionnaire qui met fin définitivement au catenaccio italien. Johan Cruyff rend mythique son numéro 14 qu’il portera également avec les Oranje en Coupe du Monde 1974, année de la passation de pouvoir avec le football allemand, vainqueur à Munich de son Mondial et de la C1, tandis que le Hollandais Volant avait déjà quitté l’Ajax, étant occupé à reconquérir un titre de champion d’Espagne attendu depuis 1960 du côté du Nou Camp … Désormais relégué en deuxième division européenne dans ce football post Bosman, l’Ajax avait cependant soulevé une quatrième C1 en mai 1995 avec Louis Van Gaal, face au Milan AC de Fabio Capello, avec comme capitaine et leader du vestiaire un certain Frank Rijkaard, remplaçant Dennis Bergkamp parti en 1993 à l’Inter. Cette quatrième C1 intervint juste avant Bosman, comme un symbole …

 

Bayern Munich (de 1971-1972 à 1975-1976), le FC Hollywood est un ogre venu de Bavière

-  Palmarès : vainqueur de la Coupe d’Europe des Clubs Champions (1974, 1975, 1976), champion de RFA (1972, 1973, 1974), vainqueur de la Coupe Intercontinentale (1976)

-  Joueur Clé : Franz Beckenbauer (Ballon d’Or 1972 et 1976)

-  Joueurs Secondaires : Gerd Müller, Sepp Maier, Paul Breitner

-  Entraîneur Symbole : Udo Lattek

-  Rivaux : Ajax Amsterdam (Cruyff, Neeskens, Krol, Rep), Dynamo Kiev (Blokhine), Leeds United (Bremner), Saint-Etienne (Larqué, Rocheteau, Curkovic, frères Revelli)

-  Exploit Majeur : après avoir tout gagné en 1974 (Coupe d’Europe des Clubs Champions et Coupe du Monde) deux ans après l’Euro gagné en 1972, les joueurs du Bayern Munich ont réussi à prolonger l’euphorie en 1975 et 1976 sur le plan européen.

-  Bémol : aucune finale de C1 ne fut gagnée de façon incontestable par l’ogre de Bavière. En 1974 au Heysel à Bruxelles, les Allemands égalisent à l’ultime minute du match contre l’Atletico Madrid (qui vivra le même coup de Jarnac quarante ans plus tard en 2014 contre le Real Madrid sur un but de Sergio Ramos). Le match d’appui est à sens unique, 4-0 pour le Bayern. En 1975 face à Leeds, ce sont les erreurs d’arbitrage qui défavorisent le club anglais au Parc des Princes. En 1976 contre Saint-Etienne, le score est étriqué (1-0) alors que les Verts butent sur les fameux poteaux carrés. Ce sentiment de domination récurrente mais non implacable fut renforcé par les défaites de 1975 et 1976 en Supercoupe d’Europe, trophée resté utopique pour la génération du Kaiser Beckenbauer, la première fois contre le Dynamo Kiev du feu follet Oleg Blokhine, la seconde contre Anderlecht et Robbie Rensenbrink.

-  Causes du Déclin : pour le Bayern Munich, ce furent les départs vers la NASL en 1977 des deux stars Franz Beckenbauer (Cosmos New York) et Gerd Muller (Fort Lauderdale Strikers), qui rejoignaient Pelé, Carlos Alberto, Eusebio ou encore George Best outre-Atlantique, attirés par une pluie de dollars pour finir leurs prestigieuses carrières entamées en Europe ou en Amérique du Sud.

Le Bayern Munich de cette époque était l’ossature de la Mannschaft championne d’Europe en 1972 puis championne du monde en 1974, avec pour capitaine et porte-drapeau un libero de génie, à la technique de velours et au charisme incroyable, Franz Beckenbauer, joueur exceptionnel qui détrôna Fritz Walter au gotha des footballeurs allemands. Quarante ans plus tard, avec Jupp Heynckes puis Pep Guardiola sur le banc, le FC Hollywood écrase toujours la Bundesliga, tutoyant la perfection et s’attirant les superlatifs, notamment en 2013 avec le triplé.  A l’époque, il avait laissé la place au Borussia Mönchengladbach puis au Hambourg SV, devenus les figures de proue du football allemand de clubs. On voit mal qui en Allemagne pourra contrecarrer désormais l’insolente hégémonie du club bavarois, plus puissant que jamais depuis qu’il a délaissé la toile d’araignée du stade Olympique pour l’Allianz Arena, symbole de modernité puisque cobaye du naming de stades devenu une ressource financière supplémentaire (tel l’Emirates  Stadium pour Arsenal à Londres). Le prochain défi du Bayern est de regagner la C1 avec Guardiola, le club allemand ayant perdu trop de finales européennes après le départ de Beckenbauer et Müller outre-Atlantique (1982, 1987, 1999, 2010 et 2012).

 

Liverpool FC  (de 1972-1973 à 1989-1990), une marée rouge venue de la Mersey déferle sur l’Europe, quinze ans après la Beatlemania

-  Palmarès : vainqueur de la Coupe d’Europe des Clubs Champions (1977, 1978, 1981, 1984), champion d’Angleterre (1973, 1976, 1977, 1979, 1980, 1982, 1983, 1984, 1986, 1988, 1990), vainqueur de la FA Cup (1974, 1986, 1989), vainqueur de la League Cup (1981, 1982, 1983, 1984), vainqueur de la Coupe UEFA (1973, 1976), vainqueur du Community Shield (1974, 1976, 1977, 1979, 1980, 1982, 1986, 1988, 1989, 1990)

-  Joueur Clé : Kenny Dalglish

-  Joueurs Secondaires : Kevin Keegan, Bruce Grobbelaar, John Barnes, Ian Rush, John Aldridge

-  Entraîneur Symbole : Bill Shankly puis Bob Paisley

-  Rivaux : Bayern Munich (Rummenigge, Breitner), AS Rome (Conti, Falcao, Graziani), Juventus Turin (Platini, Boniek, Scirea, Zoff, Tardelli, Cabrini), Borussia Mönchengladbach (Simonsen, Vogts, Bonhof), FC Bruges (Raoul Lambert, Jan Ceulemans)

-  Exploit Majeur : la finale gagnée en 1984 dans l’antre olympique de l’AS Rome, battue à domicile dans la Ville Eternelle après la cruelle épreuve des tirs aux buts, utilisée pour la première fois en finale de C1

-  Bémol : que reprocher au club de la ville de Beatles tant il a écrasé cette époque en imposant sa férule année après année ? A part le fait de ne pas avoir pu conserver Kevin Keegan parti à Hambourg à l’été 1977, autant dire une peccadille,  on ne voit pas, sauf peut-être la finale de FA Cup perdue en 1977 contre l’ennemi juré de Manchester United, ce qui aurait offert le légendaire triplé aux Reds … Ou encore le titre de champion d’Angleterre 1989 perdu dans les ultimes secondes contre Arsenal sur un but de Michael Thomas (2-0 pour les Gunners).

-  Causes du Déclin : le grand Liverpool passa du Capitole à la Roche Tarpéienne avec le drame bruxellois du Heysel (29 mai 1985) bien sûr avec la suspension européenne imposée par l’UEFA entre 1985 et 1990, puis au plan national l’émergence du grand Manchester United de Sir Alex Ferguson à partir de 1993 dans une Premier League qui allait booster la croissance financière des Red Devils

Entre 1977 et 1984, l’épicentre d’El Niño n’était pas dans le Pacifique Sud au large du Pérou, mais sur les rives de la Mersey, à Liverpool, la ville des Beatles, la marée rouge orchestrée par Bill Shankly et Bob Paisley portant l’estocade à tant de rivaux médusés. Cette génération laisse le souvenir inoubliable d’attaquants grandioses (Keegan, Dalglish, Rush) et d’un Pantagruel jamais rassasié de victoires, que ce soit en Angleterre ou sur le Vieux Continent. Le transfert raté de Ian Rush vers la Juventus en 1987-1988 ne fut pas dramatique, car l’Irlandais John Aldridge assura brillamment l’intérim avant que le Gallois ne revienne au bercail, proche du kop d’Anfield. Si le voisin d’Everton gagna deux fois le championnat d’Angleterre en 1985 et 1987, Liverpool sut à chaque fois réagir, avec des titres en 1986 et 1988. L’ultime titre de champion intervient en 1990, au changement de décennie. Ironie du destin, le vainqueur de la FA Cup cette saison là n’est autre que Manchester United avec Alex Ferguson. Proche de la sortie contre Nottigham Forest, MU remporte le premier trophée de l’ère Ferguson. 37 autres suivront dont treize championnats entre 1993 et 2013. Manchester United avait attendu entre 1967 et 1993 pour reconquérir le championnat d’Angleterre, Liverpool égalera en 2016 le triste record de traversée du désert de son rival (1990-2016), avant de probablement le battre en 2017, car Chelsea, Arsenal et Manchester City partiront favoris. Puisse l’effet underdog aider Liverpool dans sa quête du Graal anglais, afin de revenir sur le trône d’Albion, maintenant que Ferguson est parti à la retraite, lui qui avait juré en 1986 (année du dernier doublé national du club de la Mersey) de faire descendre Liverpool de son putain de perchoir.

 

Juventus Turin  (de 1982-1983 à 1986-1987), les beaux dessous de la Vieille Dame

-  Palmarès : vainqueur de la Coupe d’Europe des Clubs Champions (1985), champion d’Italie (1982, 1984, 1986), vainqueur de la Coupe d’Italie (1983), vainqueur de la Coupe Intercontinentale (1985), vainqueur de la Supercoupe d’Europe (1984), vainqueur de la Coupe des Coupes (1984)

-  Joueur Clé : Michel Platini (Ballon d’Or 1983, 1984, 1985)

-  Joueurs Secondaires : Dino Zoff, Zbigniew Boniek, Gaetano Scirea, Paolo Rossi, Antonio Cabrini, Marco Tardelli, Roberto Bettega

-  Entraîneur Symbole : Giovanni Trapattoni

-  Rivaux : Liverpool FC (Dalglish, Rush), AS Rome (Conti, Falcao), Hambourg SV (Magath)

-  Exploit Majeur : le fait de devenir le premier club d’Europe à avoir gagné C1, C2 et C3 dans son palmarès, prouesse accomplie en 1985.

-  Bémol : la défaite en finale de C1 contre le Hambourg SV de Félix Magath en 1983 au stade Olympique d’Athènes … Cette année là, la Juventus avait aussi laissé échapper le Scudetto au profit de l’AS Rome, ne s’offrant que la Coupe d’Italie 1983, victoire qui lui ouvrirait les portes d’une victoire en C2 en 1984 face au FC Porto à Bâle.

-  Causes du Déclin : les départs de Zbignew Boniek à l’AS Rome en 1985, de Giovanni Trapattoni à l’Inter en 1986 puis de Michel Platini (retraite sportive en 1987) ont affaibli petit à  petit la Vecchia Signora, ensuite dépassée par le Napoli de Diego Maradona au sein d’un Calcio devenu l’Eldorado des meilleurs joueurs étrangers (Zico, Socrates, Van Basten, Rummenigge, Elkjaer-Larsen, Careca, Gullit, Mätthaus …)

Du haut de sa tour d’ivoire, l’Avvocato Agnelli, sorte de roi industriel de la Botte italienne, se faisait pardonner chaque dimanche les difficiles journées imposées aux ouvriers  turinois de FIAT du lundi au vendredi. Au stadio Comunale, les Bianconeri ont accumulé les trophées pendant plusieurs saisons, profitant de la réouverture des frontières du Calcio en 1980 pour s’attacher les services du Polonais Boniek et du Français Platini, tous deux vedettes du Mundial espagnol de 1982. Trois fois meilleur buteur de Serie A, virtuose de la passe décisive, métronome du jeu, tacticien capable de faire changer d’avis le Trap avant un match, Michel Platini fut la sublimation du Calcio, comparé par Agnelli au danseur Nijinski et au torero Manolete … Si la victoire en C1 contre Liverpool en 1985 fut offerte par l’arbitre (penalty sifflé bien que faute anglaise sur Boniek en dehors de la surface de réparation) pour mettre fin au drame du Heysel en évitant à tout prix une prolongation, la Juventus a réellement illuminé le paysage européen de ces années là, avant que l’épée de Damoclès ne tombe sur les clubs anglais, et que le David napolitain emmené par Maradona ne renverse en Italie le Goliath turinois. La victoire à la Pyrrhus de Bruxelles fut un traumatisme tel pour Michel Platini que le triple Ballon d’Or ne reviendra jamais dans le stade du Roi Baudoin (ex Heysel), boycottant volontairement ce stade même en tant que président de l’UEFA. A Rome en 1996, pour le deuxième titre européen de la Vecchia Signora, les joueurs de Marcello Lippi inviteront Il Francese à soulever cette Coupe aux Grandes Oreilles qui avait un goût si amer le 29 mai 1985.

 

Milan AC  (de 1987-1988 à 1996-1997), l’université du football moderne

-  Palmarès : vainqueur de la Coupe d’Europe des Clubs Champions (1989, 1990, 1994), champion d’Italie (1988, 1992, 1993, 1994, 1996), vainqueur de la Coupe Intercontinentale (1989, 1990), vainqueur de la Supercoupe d’Europe (1989, 1990, 1994) , vainqueur de la Supercoupe d’Italie (1988, 1992, 1993, 1994)

-  Joueur Clé : Franco Baresi

-  Joueurs Secondaires : Marco Van Basten, Paolo Maldini, Frank Rijkaard, Roberto Donadoni, Ruud Gullit, Alessandro Costacurta, Marcel Desailly, Carlo Ancelotti, George Weah, Dejan Savicevic, Zvonimir Boban, Jean-Pierre Papin, Roberto Baggio

-  Entraîneur Symbole : Arrigo Sacchi puis Fabio Capello

-  Rivaux : Olympique de Marseille (Papin, Waddle, Mozer, Boli, Völler, Stojkovic), Real Madrid (Butragueno, Michel, Sanchis, Hugo Sanchez), FC Barcelone (Stoïtchkov, M.Laudrup, Zubizarreta, Koeman, Romario, Guardiola), Juventus Turin (R.Baggio, Vialli, Möller), Benfica Lisbonne (Mozer, Valdo, Ricardo), Etoile Rouge Belgrade (Savicevic, Pancev, Prosinecki), PSG (Weah, Ginola, Lama, Rai)

-  Exploit Majeur : les 58 matches sans défaite entre mai 1991 et mars 1993 dans une Serie A devenu le mètre étalon du football mondial, les 10 victoires consécutives en C1 durant la saison 1992-1993, le 4-0 contre le FC Barcelone à Athènes en 1994 en finale de C1, les 929 minutes d’invincibilité de Sebastiano Rossi en championnat d’Italie 1993-1994. Difficile de choisir dans cette kyrielle de prouesses plus incroyables les unes que les autres, car la razzia milanaise a duré tant d’années que les statistiques sont proprement hallucinantes …

-  Bémol : la défaite  en finale de C1 contre la bête noire des Rossoneri, l’OM de Bernard Tapie et Raymond Goethals, en 1983 au stade Olympique de Munich … Deux ans après le quart de finale perdu contre le club phocéen au temps de son climax, celui du tandem Papin / Waddle …

-  Causes du Déclin : ce fut l’usure du pouvoir plus que le péché d’orgueil de Berlusconi et surtout des erreurs de transferts au début de l’ère Bosman avec de jeunes espoirs pas assez matures pour Milanello, comme Edgar Davids et Patrick Kluivert, talentueux mais pas assez solides mentalement comparés aux Desailly, Boban, Savicevic, Papin, Van Basten, Gullit, Rijkaard qui apportaient une vraie valeur ajoutée face aux Italiens du club (Baresi, P.Maldini, Costacurta, Donadoni, Albertini …). La Juventus de Marcello Lippi, avec Del Piero, Zidane  et Deschamps en profita pour détrôner le grand rival milanais, après tant d’années de disette depuis l’époque de Michel Platini.

Devenant président du Milan AC en mars 1986, Silvio Berlusconi veut tourner le dos aux années noires du Totonero, qui ont suivi le dixième Scudetto acquis en 1979 pour l’ultime saison de Gianni Rivera. Tycoon du holding des médias Fininvest comparable à l’empire de Rupert Murdoch, Il Cavaliere structure son club telle une entreprise (centre d’entraînement ultra-moderne de Milanello, joueur déchargé de tout ce qui peut le détourner de penser football …), en faisant l’université du football, et prépare sa future entrée en politique, ce qui sera chose faite en 1994 avec Forza Italia, juste avant un triomphe en C1 contre le grand Barça de Johan Cruyff (4-0) le 18 mai 1994. Profitant des paris clandestins de la Camorra napolitaine forçant Diego Maradona et le Napoli à faire hara-kiri au printemps 1988, le Milan AC d’Arrigo Sacchi et son football emprunts de panache gagnent le Scudetto en 1988 puis parviennent au zénith du football européen en mai 1989 à Barcelone, au Nou Camp, devant 85 000 tifosi. Deux doublés de Ruud Gullit et Marco Van Basten, les deux stars néerlandaises transférées à l’été 1987, scellent un score sans appel face au Steaua Bucarest du futur Maradona des Carpates, Gheorghe Hagi. A Gullit et Van Basten recrutés en 1987, Berlusconi et Sacchi ont ajouté Rijkaard en 1988 pour un puzzle 100 % néerlandais, écho au trio Gre-No-Li suédois des années 50. S’il a sacrifié Arrigo Sacchi en 1991 après un schisme avec le cygne d’Utrecht, le Milan de Berlusconi a su repousser le déclin, Fabio Capello adoptant jusqu’en 1996 un style plus défensif mais encore plus réaliste. L’UEFA le suspend en Europe en 1991-1992 ? Privé de C3, l’ogre lombard se venge sur la Serie A qu’il finit invaincu en 1992, gagnant le Scudetto de façon indiscutable loin devant la Juventus de Baggio. Marseille le bat en 1993 en finale européenne ? Bien qu’orphelin de Costacurta et Baresi en finale 1994, il écrase la Dream Team barcelonaise de Cruyff avec son électron libre Savicevic (4-0). Van Basten blessé à la cheville par les chirurgiens plus que par les défenseurs italiens, Berlusconi sort deux lapins de son chapeau à l’été 1995, George Weah et Roberto Baggio. S’il ne put jamais recruter Diego Maradona, le Pibe del Oro étant viscéralement aux tifosi napolitains qu’il n’aurait jamais trahi pour un club d’Italie du Nord, Silvio Berlusconi put s’offrir les meilleurs joueurs de ses rivaux (Savicevic, Papin, Baggio, Weah). La défaite en C3 1996 contre les Girondins Bordeaux de Zidane sonne le début de la fin du grand Milan, éliminé quelques mois plus tard par les champions de Norvège du Rosenborg Trondheim en phase de poules de C1 …

Malgré deux titres européens en 2003 et 2007, le Milan AC a nettement décliné depuis la retraite de Franco Baresi, qui avait tiré sa révérence en 1997. La particularité du club lombard fut d’avoir un  Maldini présent sur la pelouse à chacune des dix finales de C1 disputées (Cesare en 1958, 1963 et 1969, Paolo en 1989, 1990, 1993, 1994, 1995, 2003, 2005 et 2007).

 

Real Madrid  (de 1997-1998 à 2005-2006), l’ère Galactique et le syndrome du Tonneau des Danaïdes

-  Palmarès : vainqueur de la Ligue des Champions (1998, 2000, 2002), champion d’Espagne (2001, 2003), vainqueur de la Coupe Intercontinentale (1998, 2002), vainqueur de la Supercoupe d’Europe (2002), vainqueur de la Supercoupe d’Espagne (2001, 2003)

-  Joueur Clé : Raul

-  Joueurs Secondaires : Zinédine Zidane, Ronaldo, Fernando Hierro, Claude Makélélé, Roberto Carlos, Iker Casillas, Fernando Redondo, Luis Figo, David Beckham, Clarence Seedorf, Davor Suker, Pedrag Mijatovic, Ivan Helguera, Fernando Morientes

-  Entraîneur Symbole : Vicente Del Bosque

-  Rivaux : FC Barcelone (Rivaldo, Kluivert, Puyol, Xavi), Manchester United (Beckham, Giggs, Scholes), Milan AC (P.Maldini, Inzaghi, Shevchenko, Rui Costa), Bayern Munich (Effenberg, Kahn, Lizarazu, Elber), Juventus Turin (Del Piero, Nedved, Buffon, Thuram, Trezeguet)

-  Exploit Majeur : la victoire 3-2 contre Manchester United au printemps 2000 en quarts de finale de la C1

-  Bémol : la défaite en finale de Coupe du Roi le 6 mars 2002 à Bernabeu contre La Corogne, le jour même du centenaire du club.

-  Causes du Déclin : ce fut la catastrophique suite de décisions prises par Perez à l’été 2003 : vente de Claude Makélélé à Chelsea, ses revendications salariales étant jugées irrecevables d’où un veto de la présidence, achat de David Beckham plutôt que d’un défenseur ou un milieu défensif (ce qui permettra à Barcelone et Joan Laporta d’avancer sur le dossier Ronaldinho bien plus intéressant sportivement), renvoi de l’entraîneur Vicente Del Bosque malgré 2 C1 et 2 Ligas en 4 saisons, capitaine Fernando Hierro poussé vers une retraite forcée.

Elu en juillet 2000 président du Real Madrid grâce à une diabolique promesse électorale (le transfert de Luis Figo en provenance du Barça), Florentino Perez succède à Lorenzo Sanz pourtant fort de deux C1 gagnées en 1998 et 2000, alors que le club castillan attendait depuis 1966 … Revendant la Ciudad Deportiva en plein cœur de Madrid pour près d’un milliards de francs (environ 150 millions d’euros), Perez achète donc Luis  Figo en 2000 (pour 62 millions d’euros) puis Zinédine Zidane en 2001 (pour 76 millions d’euros), soit le Ballon d’Or 2000 et son dauphin (également Ballon d’Or 1998) et les deux meilleurs joueurs du monde avec Raul, dans un paysage orphelin de Ronaldo, qui les rejoindra en 2002 après une Coupe du Monde de phénix façon Paolo Rossi deux décennies plus tôt … Les socios madrilènes pensent logiquement qu’ils vont fêter tous les trophées possibles et imaginables Plaza de la Cibeles, mais le bilan est assez moyen in fine pour Perez entre 2000 et 2006, deux Ligas seulement en 2001 et 2003, une Ligue des Champions en 2002, une Supercoupe d’Europe en 2002, une Coupe Intercontinentale en 2002. Persistant dans l’erreur après 2003 et la défaite contre la Juventus Turin de Pavel Nedved, le tycoon du BTP espagnol continue de privilégier des joueurs capables de faire vendre des maillots par milliers comme Michael Owen ou Robinho, quitte à déséquilibrer l’équipe au lieu de la solidifier défensivement avec un Alessandro Nesta ou un Patrick Vieira. La saison 2004 est un Waterloo sportif avec l’élimination en C1 par l’AS Monaco dont la clé de voûte est Fernando Morientes, complice de Raul écarté au profit de Ronaldo, nouveau roi du pétrole en Castille … La même erreur sera faite en 2009 avec les départs d’Arjen Robben et Wesley Sneijder sacrifiés sur l’autel de la deuxième ère galactique, celle de Cristiano Ronaldo, pierre angulaire d’une Decima qui aura mis douze ans à se dessiner, entre Glasgow 2002 et Lisbonne 2014. Douze ans pendant lesquels le Real Madrid aura vécu dans l’ombre immense du rival séculaire, le FC Barcelone.

 

Milan AC  (de 2002-2003 à 2006-2007), un colosse aux pieds d’argile

-  Palmarès : vainqueur de la Ligue des Champions (2003, 2007), champion d’Italie (2004), vainqueur du Championnat du Monde des Clubs (2007), vainqueur de la Supercoupe d’Europe (2003, 2007), vainqueur de la Coupe d’Italie (2003), vainqueur de la Supercoupe d’Italie (2004)

-  Joueur Clé : Andreï Shevchenko (Ballon d’Or 2004)

-  Joueurs Secondaires : Paolo Maldini, Kakà, Clarence Seedorf, Filippo Inzaghi, Dida, Alessandro Nesta, Cafu, Jaap Stam, Hernan Crespo, Rui Costa, Jaap Stam

-  Entraîneur Symbole : Carlo Ancelotti

-  Rivaux : FC Barcelone (Ronaldinho, Deco, Eto’o, Messi, Xavi), Manchester United (Rooney, Van der Sar, Cristiano Ronaldo, Giggs, Scholes), Real Madrid (Raul, Casillas, Beckham, Zidane, Ronaldo, Figo, Roberto Carlos), Bayern Munich (Ballack, Kahn, Lizarazu), Juventus Turin (Del Piero, Nedved, Buffon, Thuram, Trezeguet), Chelsea (Drogba, Lampard, Cech, Terry, Essien), Arsenal (Henry, Vieira, Bergkamp, Pires)

-  Exploit Majeur : la victoire 3-0 contre Manchester United au printemps 2007 en demi-finale de la C1, chef d’oeuvre collectif mais aussi individuel de Kakà

-  Bémol : bien évidemment, l’inoubliable défaite contre Liverpool en mai 2005 à Istanbul (l’AC Milan menait 3-0 à la mi-temps avant d’être rejoint 3-3 puis battu aux tirs aux buts), mais aussi la défaite 0-4 en quart de finale retour de C1 au printemps 2004 au Riazor contre le Deportivo La Corogne, après une victoire 4-1 au match aller à San Siro. Avec le FC Porto, Chelsea et Monaco comme autres demi-finalistes, les Rossoneri auraient été les favoris suprêmes du dernier carré …

-  Causes du Déclin : ce fut un triple effet boomerang avec l’affaiblissement du Calcio via le Calciopoli de 2006, puis le vieillissement de l’équipe (Maldini, Costacurta, Cafu, Inzaghi, Seedorf, Nesta …) et le départ progressif de cadres (Shevchenko vers Chelsea en 2006, Rui Costa en retraite en 2006, Costacurta à la retraite en 2007, Kakà vers le Real Madrid enfin en 2009)

C’est dans une finale 100 % italienne contre la Juventus Turin, à Manchester en 2003, que l’AC Milan met fin à neuf ans de disette européenne, relançant son duel à distance avec Boca Juniors pour le record du nombre de trophées internationaux … Quart de finaliste en 2004, finaliste en 2005 à Istanbul contre Liverpool et Steven Gerrard, demi-finaliste en 2006 contre le Barça de Ronaldinho, le Milan AC rebondit en 2007 un an après le scandale du Calciopoli, alors que l’Inter de Roberto Mancini étend petit à petit son joug au reste de la Serie A, orpheline d’une Juventus prisonnière pour un an du purgatoire de la Serie B. Auteur du tir au but vainqueur à Old Trafford en 2003, Shevchenko est celui qui rate le tir décisif en 2005 à Istanbul contre Liverpool … L’Ukrainien, transféré en 1999 du Dynamo Kiev, fut le digne héritier des plus grands buteurs milanais, Gunnar Nordhal, Marco Van Basten ou encore George Weah. Dans ce gotha des grands buteurs rossoneri, honneur aussi à Filippo Inzaghi, qui frappe deux fois à Athènes en 2007 dans la revanche lombarde contre Liverpool, pour le septième et dernier titre du club de Paolo Maldini, qui part à la retraite  en 2009, année où Kakà part au Real Madrid rejoindre Cristiano Ronaldo pour la deuxième ère galactique voulue par Perez. Entre les ères Inter (2006-2010) et Juventus (2012-2015), Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva ont offert un ultime Scudetto à l’AC Milan en 2011, avant que le club n’entre dans une ère de jachère.

 

Manchester United  (de 2006-2007 à 2010-2011), le théâtre des rêves

-  Palmarès : vainqueur de la Ligue des Champions (2008), champion d’Angleterre (2007, 2008, 2009, 2011), vainqueur du Championnat du Monde des Clubs (2008), vainqueur du Community Shield (2007, 2008, 2010, 2011), vainqueur de la League Cup (2009, 2010)

-  Joueur Clé : Cristiano Ronaldo (Ballon d’Or 2008)

-  Joueurs Secondaires : Paul Scholes, Ryan Giggs, Wayne Rooney, Patrice Evra, Edwin Van der Sar, Nemanja Vidic, Rio Ferdinand, Carlos Tevez, Dimitar Berbatov, Michael Carrick

-  Entraîneur Symbole : Sir Alex Ferguson

-  Rivaux : FC Barcelone (Ronaldinho, Deco, Eto’o, Messi, Xavi, Iniesta, Yaya Touré, Busquets, Valdes), Real Madrid (Raul, Casillas, Beckham), Bayern Munich (Ribéry, Robben, Lahm, Neuer), Chelsea (Drogba, Lampard, Cech, Terry, Essien), Arsenal (Fabregas, Nasri, Van Persie, Gallas)

-  Exploit Majeur : la reconstruction d’un cycle vertueux avec Vidic, Evra, Rooney, Cristiano Ronaldo, Van der Sar, Carrick et Rio Ferdinand, quelques années après le triplé historique du printemps 1999 auquel Paul Scholes et Ryan Giggs avaient participé.

-  Bémol : la défaite 0-2 en finale à Rome en 2009, alors que le Barça de Guardiola était privé de sa charnière centrale … MU perd sa première finale européenne, et l’ère catalane démarre en fanfare juste avant que Cristiano Ronaldo ne cède aux sirènes madrilènes.

-  Causes du Déclin : les départs de Cristiano Ronaldo et Carlos Tevez ont fait très mal à l’été 2009, laissant Wayne Rooney esseulé en pointe malgré Dimitar Berbatov, dans un effectif vieillissant (Van der Sar, Giggs, Scholes). L’émergence de la Dream Team barcelonaise de Pep Guardiola a aussi mis un coup de frein aux ambitions mancuniennes avec deux duels perdus à Rome en 2009 et Londres en 2011, deux ans avant que Sir Alex Ferguson ne tire sa révérence après 27 ans de bons et loyaux services (1986-2013).

En 2003, MU perd son numéro 7 David Beckham et tombe petit à petit de Charybde en Scylla, mais recrute son futur joyau durant le même été, Cristiano Ronaldo, les joueurs insistant pour recruter le june Portugais de 18 ans auteur d’un match incroyable en amical avec le Sporting CP contre les Red Devils pour l’inauguration du stade José Alvalade, un an avant l’Euro 2004. Dans l’ombre des clubs londoniens Arsenal et Chelsea, Manchester United se reconstruit patiemment jusqu’à parvenir à maturité en 2007, détrônant le Chelsea de Mourinho pour la suprématie nationale. En 2008, au stade Loujniki de Moscou, le club mancunien décroche sa troisième C1 au bout du suspense, dans une séance de tirs aux buts qui offre des montagnes russes d’adrénaline, comme le retournement de situation de la finale 1999 face au Bayern Munich de Stefan Effenberg. Proche de faire le doublé un an plus tard, MU cède face au Barça de Lionel Messi à Rome en 2009, avant d’entamer la pente descendante, accélérée par la retraite de Sir Alex Ferguson en 2013, qui quitte Old Trafford sur un treizième titre de champion d’Angleterre, le vingtième du club, deux unités devant Liverpool, qui dominait de très haut le football anglais en 1986 quand Fergie succéda à Ron Atkinson sur le banc mancunien.

 

FC Barcelone  (de 2003-2004 à 2014-2015), la Dream Team

-  Palmarès : vainqueur de la Ligue des Champions (2006, 2009, 2011, 2015), champion d’Espagne (2005, 2006, 2009, 2010, 2011, 2013, 2015), vainqueur du Championnat du Monde des Clubs (2009, 2011), vainqueur de la Supercoupe d’Europe (2009, 2011), vainqueur de la Coupe du Roi (2009, 2012, 2015), vainqueur de la Supercoupe d’Espagne (2005, 2006, 2009, 2010, 2011, 2013, 2015)

-  Joueur Clé : Lionel Messi (Ballon d’Or 2009, 2010, 2011, 2012)

-  Joueurs Secondaires : Xavi, Andres Iniesta, Samuel Eto’o, Sergio Busquets, Carles Puyol, Deco, Ronaldinho, Dani Alves, Eric Abidal, Javier Mascherano, Neymar, Luis Suarez, David Villa, Victor Valdes, Thierry Henry, Alexis Sanchez, Ivan Rakitic, Rafael Marquez, Ludovic Giuly, Zlatan Ibrahimovic, Henrik Larsson

-  Rivaux : Real Madrid (Cristiano Ronaldo, Casillas, Benzema, Modric, Bale, Varane, Sergio Ramos, Di Maria, Xabi Alonso, Khedira), Bayern Munich (Ribéry, Robben, Schweinsteiger, Neuer, Lahm), Chelsea (Drogba, Lampard, Cech, Terry, Essien), Juventus Turin (Pogba, Vidal, Buffon, Pirlo, Marchisio, Tevez)

-  Exploit Majeur : le sextuplé de 2009, avec en cerise sur le gâteau le fameux 6-2 infligé au Real Madrid dans son antre de Bernabeu, un an et demi avant la manita de novembre 2010 contre Mourinho (5-0). Mais on peut aussi citer les six demi-finales de C1 consécutives entre 2008 et 2013, un véritable tour de force à ce niveau.

-  Bémol : la défaite 0-4 / 0-3 en demi-finale face au Bayern Munich de Jupp Heynckes en 2013

-  Causes du Déclin : on pensait que le camouflet contre le Bayern Munich serait le premier signe du déclin catalan, signe a priori confirmé par la saison blanche de 2014, mais l’ogre a su rebondir avec un triplé en 2015 sous l’égide de Luis Enrique. Barcelone n’est donc pas encore enterré, avec cette quatrième C1 en dix ans …

Joan Laporta, jeune avocat catalan et membre fondateur depuis 1997 de l’Elefant Blau, groupe d’opposition à Nunez soutenu par Johan Cruyff, est élu président du Barça à l’été 2003 et installe Frank Rijkaard sur le banc catalan à l’issue d’une saison 2003 chaotique : retour de Van Gaal, mouchoirs blancs, intérim de Radomir Antic.

Le coup de maître de Laporta, certes involontaire après le revers sur le dossier Beckham face au Real Madrid, est d’engager Ronaldinho qui ronge son frein au PSG, club devenu bien trop petit pour son immense talent. La saison 2003-2004 est celle de la reconquête, même si le Barça ne gagne pas de titre. Dauphin de Valence en Liga, il devance le Real Madrid en championnat et réalise un superbe mercato estival 2004 : Deco, Samuel Eto’o, Henrik Larsson, Edmilson et Ludovic Giuly renforcent le club, tandis que les derniers Néerlandais le quittent (Cocu, Overmars, Kluivert).

En 2004-2005, six ans après le seizième titre de champion d’Espagne acquis en 1999, Barcelone règne à nouveau sur la péninsule ibérique, tandis que Rijkaard a lancé dans le grand bain un joueur aux capacités intrinsèques redoutables , un Argentin de 17 ans, Lionel Messi,  dont le temps de jeu ne va cesser de grandir tout comme ceux de Xavi et du jeune espoir espagnol Andres Iniesta.

2006 voit le Barça conserver le titre en Liga mais surtout reconquérir l’Europe quatorze ans après le sacre de la Dream Team de Cruyff à Wembley contre la Sampdoria de Gênes. La victime a pour nom Arsenal, au Stade de France, après un parcours qui a vu les Blaugrana éliminer Chelsea, Benfica et l’AC Milan. En 2007, le club perd ses titres européens et nationaux, avec un cruel épilogue lors de l’ultime journée de Liga face au Real Madrid, qui avait lui connu la même désillusion au profit de son rival catalan en 1992 et 1993.

2008 sonne la fin de l’ère Rijkaard avec un vestiaire divisé et une nouvelle saisons vierge de titres, malgré le quintet Henry – Ronaldinho – Deco – Messi – Eto’o. Le coach néerlandais quitte le Barça, tout comme Deco, Ronaldinho et Zambrotta. Pep Guardiola reprend l’équipe première en appliquant à l’extrême les principes du maître,  Johan Cruyff : le ballon doit courir plus que les joueurs, et donc par corollaire faire courir l’adversaire. Il suffit de marquer un but de plus que l’adversaire.

Avec le trio Eto’o – Henry – Messi et les caviars fournis par Xavi ou Iniesta, Barcelone écrase la Liga et reconquiert l’Europe en 2009, s’offrant un sextuplé sur cette année en forme de millésime exceptionnel, avant un échange Ibrahimovic / Eto’o entre le Barça et l’Inter à l’été 2009.

L’Inter de Mourinho et Eto’o prive les Catalans d’une nouvelle finale européenne en 2010 tandis que le Real Madrid super-galactique, bien que renforcé par Xabi Alonso, Cristiano Ronaldo, Kakà ou Benzema, reste dauphin du club catalan en Liga.
A l’intersaisons 2010, alors que David Villa vient combler les départs de Zlatan Ibrahimovic et Thierry Henry dans l’attaque catalane, Florentino Perez fait venir le Special One José Mourinho de Milan vers Madrid mais la réponse du Barça est cinglante dans le clasico de novembre 2010 : 5-0 pour les hommes de Guardiola, qui reprennent leur titre européen quelques mois plus  tard en mai 2011 à Wembley contre Manchester United et Sir Alex Ferguson, déjà leur proie lors de la chasse miraculeuse de 2009.

L’ère Guardiola se clôt en 2012 avec une seule Coupe du Roi pour cette cuvée, tandis que Tito Vilanova remplace Pep sur le banc catalan. Ce dernier  prend une année sabbatique à New York avant de reprendre les rênes du nouvel ogre européen, le Bayern Munich de Jupp Heynckes, auteur du triplé Championnat – Coupe – Ligue des Champions en 2013. On pense le Barça sur le déclin après la double correction infligée par les Munichois (0-4, 0-3), ce que semble confirmer la saison 2014 sous l’égide du coach argentin Gerald Martino, malgré le recrutement du prodige brésilien Neymar. On pense que le Real Madrid, fort de sa Decima conquise au printemps 2014 à Lisbonne, va reprendre l’ascendant en Espagne mais Barcelone prépare déjà sa revanche, l’ancien joueur du club Luis Enrique venant reprendre les rênes du banc, tel Pep Guardiola en 2008, quand l’ère Rijkaard s’était terminée en queue de poisson.

Lionel Messi moins en verve en 2013 et 2014, le Ballon d’Or part à Madrid chez son rival portugais Cristiano Ronaldo, qui tutoye la perfection statistiquement. Mais le nectar et l’ambroisie ne sont pas l’apanage exclusif du natif de Madère, son rival argentin reprend la main en 2015 avec ses complices sud-américains, le Brésilien Neymar et l’Uruguayen Luis Suarez transféré en 2014 de Liverpool. Le Barça finit la saison 2015 sur les chapeaux de roue et décroche à nouveau la timbale avec un deuxième triplé Liga – Coupe du Roi – Ligue des Champions, avec une apothéose berlinoise contre la Juventus Turin de Paul Pogba, autre prodige que Barcelone convoite déjà pour prolonger cet âge d’or blaugrana, alors que Xavi quitte le club après quatre C1 gagnées en dix ans …

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    7 juillet 2017 a 11 h 44 min

    A noter une petite erreur pour le Real Madrid, champion d’Espagne également en 1958 (dernier doublé C1 Liga avant celui réussi par le onze de Zidane en 2017)

  2. avatar
    7 juillet 2017 a 11 h 52 min

    petits rajouts pour l’Ajax

    Vexé de ne pas être réélu capitaine par le vestiaire de l’Ajax en 1973 face à Piet Keizer, le Ballon d’Or 1971 rejoignit cette Catalogne plébiscitée par les Hollandais comme destination touristique durant les années 60, sur la Costa Brava ou la Costa Dorada. Surnommé Money Wolf, Cruyff fut indirectement accusé du syndrome de Vespasien (l’argent n’a pas d’odeur) par son président JaapVan Praag après son transfert fin août 1973 au Barça : Cruyff a choisi l’argent plutôt que le football. C’est son affaire, ce n’est plus la nôtre.

    Président du club batave lors de son âge d’or, Jaap Van Praag fut caché pendant la Seconde Guerre Mondiale au-dessus d’un magasin de photographie. Contrairement à Anne Frank, il échappa à la dénonciation et à la déportation. L’Ajax reçut pendant des années le soutien des marchands et industriels juifs du textile épargnés par la Shoah. D’autres, comme Léo Horn, mettait son sex-club du Red Light District d’Amsterdam, le Yab Yum, à la disposition des arbitres étrangers, tactiquement éprouvée pendant des décennies par les clubs hôtes en Coupe d’Europe …

    Idem pour le Bayern Munich

    Champion d’Allemagne en 1932, le Bayern Munich a ensuite souffert du nazisme. Son président juif Kurt Landauar a été déporté dans des camps de concentration et le développement du club a été stoppé durant le IIIe Reich. Ayant développé la formation des jeunes du Bayern et souscrit des assurances pour ses joueurs, le président Kurt Landauer est arrêté par les Nazis le 10 novembre 1938, soit au lendemain de la Nuit de Cristal, et déporté au camp de concentration de Dachau. Grâce à ses états de service pendant la Première Guerre mondiale, il est autorisé à quitter le camp après 33 jours passés aux arrêts. Il émigre alors en Suisse le 15 mars 1939. Tous ses frères et sœurs seront assassinés par les nazis, à l’exception de sa sœur Henny. En 1940, le Bayern Munich se rend à Genève pour un match amical contre l’équipe de Suisse de football.

    Lorsque les joueurs aperçoivent Kurt Landauer dans les gradins au milieu des spectateurs, ils saluent leur ancien président. Ceci ne plaît pas à la Gestapo, qui menace les joueurs de représailles. Après la Seconde Guerre mondiale, en 1947, Landauer revient une troisième fois à Munich et est de nouveau élu président du club. Son mandat durera jusqu’en 1951, date à laquelle il n’est pas réélu. Kurt Landauer meurt le 21 décembre 1961 à Munich à l’âge de 77 ans. Il n’aura pas eu le plaisir de voir la génération Beckenbauer / Maier / Müller à l’œuvre en Bundesliga, avec un premier titre de champion de RFA acquis en 1969, soit 37 ans après le premier conquis sous Kurt Landauer en 1932. Le Bayern Munich sera le véritable fer de lance de la Bundesliga née en 1963, ligue professionnelle décidée en 1962 après l’échec de la Mannschaft à la Coupe du Monde chilienne (élimination par la Yougoslavie en quart de finale) et les fiascos répétés des clubs de RFA en C1 (le FC Nuremberg ayant par exemple été laminé par le Benfica Lisbonne en 1962, 3-1 au match aller, puis 0-6 au retour).

    Le club munichois sera le symbole de cette Bavière en vogue, poumon économique et clé de voûte du miracle économique ouest-allemand, avec BMW mais aussi Puma ou Adidas, firmes fondées par les frères Adi (Adolf pour Adidas) et Rudolf Dassler (Puma), sortes de Romulus et Remus de la chaussure sportive. Basés à Herzogenaurach, ville natale d’un certain Lothar Mätthaus en 1961, Adi et Rudolf Dassler seraient des frères ennemis, Adidas devenant le premier sponsor maillot du grand Bayern dans les années 70.

    et enfin l’AC Milan

    Dès le début, en mars 1986, le Caïman avait annoncé la couleur, donnant pour objectif à des joueurs et tifosi ébahis de redevenir à court terme le meilleur club d’Italie, puis d’Europe : Nous sommes désormais condamnés à vaincre. Mais c’est une belle condamnation.

    Cependant, sans l’aide du brouillard de Belgrade en novembre 1988 (l’Etoile Rouge menait 1-0 au match retour sur un but de Stojkovic, match interrompu et rejoué le lendemain, qualification arrachée aux tirs aux buts par le Milan AC), qui sait si les Rossoneri auraient passé les huitièmes de finale, sur le long chemin de cette quête du Graal de la Coupe d’Europe des Clubs Champions 1989 (4-0 en finale à Barcelone face au Steaua Bucarest) ?

    A Tokyo le 17 décembre 1989, Alberigo Evani trompe René Higuita,, gardien colombien du Nacional Medellin, au bout d’une âpre prolongation et alors qu’il ne reste qu’une poignée de secondes à jouer. Vingt ans après le premier trophée de 1969 acquis face à l’Estudiantes, revoilà l’AC Milan vainqueur de la Coupe Intercontinentale. Tandis que les joueurs rossoneri entament une joyeuse sarabande sur la pelouse du stade National de Tokyo, Silvio Berlusconi déclare : Demain, le club fête son 90e anniversaire et voilà le plus beau des cadeaux ! Mon rêve, c’est maintenant d’accompagner le Milan jusqu’à son centenaire et faire en sorte que le monde entier se souvienne de lui comme du plus grand club de tous les temps.

    Dans cette ultime phrase du Cavaliere, seule la première promesse sera tenue, Berlusconi régnant 31 ans sur le club lombard jusqu’à sa revente en avril 2017 à des investisseurs chinois. La seconde, elle, reste subjective mais le renouveau du Real Madrid après la fin de cycle du Milan de Baresi (5 Ligues des Champions pour le club espagnol en 1998, 2000, 2002, 2014 et 2016) a largement remis en selle le géant de Castille pour ce titre, déjà attribué à la FIFA aux Merengue pour le seul XXe siècle.
    De 1987 à 1996 soit 10 saisons, l’Associazone Calcio Milan a gagné tel un goinfre, une sorte de Pantagruel affamé, avec 17 trophées et 7 distinctions : 5 Scudetti (1988, 1992, 1993, 1994, 1996), 4 Supercoupes d’Italie (1988, 1992, 1993, 1994), 3 Ligues des Champions (1989, 1990, 1994), 3 Supercoupes d’Europe (1989, 1990, 1994), 2 Coupes Intercontinentales (1989, 1990), 5 Ballons d’Or (Gullit 1987, Van Basten 1988, 1989, 1992, Weah 1995) et 2 FIFA World Players (Van Basten 1992, Weah 1995). De 1997 à 2017, le Gargantua de Lombardie s’est mis au régime forcé avec seulement 12 trophées et 3 distinctions en 21 saisons: 3 Scudetti (1999, 2004, 2011), 1 Coupe d’Italie (2003), 3 Supercoupes d’Italie (2004, 2011, 2016), 2 Ligue des Champions (2003, 2007), 2 Supercoupes d’Europe (2003, 2007), 1 Coupe du Monde des Clubs (2007), 2 Ballons d’Or (Shevchenko 2004, Kakà 2007) et 1 trophée FIFA World Player (Kakà 2007).
    Et alors qu’il avait distancé l’Inter en 2004 (17 fois lauréat du Scudetto contre 13 au voisin nerazzurro), le club rossonero a vu son voisin, fondé par des dissidents du Diavolo en mars 1908, revenir à 17-17 en 2009, puis à 18-17 en 2010. L’AC Milan revient à 18-18 dès 2011, avant que la Juventus n’emporte tout sur son passage à partir de 2012 … Pour la première fois depuis 1993, où il avait égalisé à 13 titres de champion d’Italie, l’AC Milan se retrouvait mené par l’Internazionale au nombre de couronnes domestiques !

    Août 1995. Alors que San Siro est plus que jamais la Scala du football italien comme européen, Silvio Berlusconi présente George Weah et Roberto Baggio aux journalistes. Il n’a jamais pu avoir Diego Maradona, El Pibe del Oro, alors il se venge en prenant les meilleurs des autres : Savicevic, Papin, Brian Laudrup, Boban, et donc Weah puis Baggio, deux atouts en moins pour le PSG et la Juventus Turin. Devant 150 journalistes, l’homme le puissant de la Botte fait la roue du paon, et met plein la vue : Messieurs, je vous ai concocté une équipe à voir, à goûter et à aimer ! A la question Combien de chances ce Milan d’être champion d’Italie ?, la réponse fuse comme une évidence : Onze sur dix ! Berlusconi aura raison mais ce quinzième Scudetto sera celui du chant du cygne, Zinédine Zidane et les Girondins de Bordeaux rappelant en mars 1996 à Franco Baresi et consorts que leur âge d’or était bel et bien passé …Le départ de Fabio Capello (1996) au Real Madrid, l’élimination piteuse contre Rosenborg à l’automne 1996 puis la retraite de Franco Baresi (1997) acteront définitivement de cette usure du pouvoir milanaise.

  3. avatar
    7 juillet 2017 a 11 h 55 min

    Et enfin le bon chapeau (je n’ai jamais écrit d’article sur Nibali spécifiquement !)

    Beaucoup de clubs ont marqué de leur sceau indélébile l’histoire du football européen, en gagnant la C1 à de nombreuses reprises avec une hégémonie implacable … Mais si le Real Madrid, le Bayern Munich, la Juventus Turin ou le FC Barcelone continuent de dominer l’Europe, sur le toit de laquelle les deux ogres milanais (AC Milan et Internazionale) ainsi que Manchester United ou Liverpool étaient assis il n’y encore pas si longtemps, l’Ajax Amsterdam et le Benfica Lisbonne ont été rattrapés par la voiture-balai de l’Histoire, conduite par Jean- Marc Bosman !

    Introduction

    Automne 1998. Liverpool vient de limoger Roy Evans, et Gérard Houllier débarque sur les bords de la Mersey. L’hebdomadaire France Football interviewe l’ancien professeur d’anglais, et lui demande à quelle condition il aura le sentiment d’avoir réussi à Anfield : Quand à l’occasion d’un tirage au sort en Coupe d’Europe, nos adversaires s’écrieront « Oh non, pas eux ! »

    Jamais Houllier n’offrira aux Reds ce triple talisman inspirant respect, crainte et admiration de la part de leurs rivaux, sainte trinité réciproquement éprouvée entre Jules César et Vercingétorix avant Alésia.

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