Mondial 2017 : bilan des performances joueur par joueur
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Mondial 2017 : bilan des performances joueur par joueur

Avec plus de 540 000 spectateurs et 23 matchs à guichets fermés, le Mondial 2017 fut une réussite populaire. Mais le titre gagné la transforme aussi et surtout en réussite sportive. Moins d’une semaine après la finale, faisons le point sur les performances des joueurs de l’équipe de France de manière individualisée.

Ailiers

Michaël Guigou. Malgré quelques immanquables ratés, le vétéran de l’équipe de France a réussi à être assez productif sur le terrain. Il termine ce mondial à domicile avec 26 buts à 75% de réussite. Cependant, il a été en difficulté aux jets de 7m avec seulement 5 réalisations en 9 tentatives. Avec 34 minutes en moyenne sur le terrain, il a réussi à faire le show en plaçant quelques gestes de grande classe comme un magnifique chabala contre la Pologne. S’il fut moins efficace que lors d’autres compétitions, son apport fut non-négligeable pour les Bleus. Ainsi, il a intercepté 6 ballons, Enfin, hors terrain il sert de mentor à Kentin Mahé qui progresse à vitesse grand V. Même avec un impact au scoring limité, l’ailier montpelliérain a pesé pour aider les Bleus à glaner un nouveau titre mondial.

Kentin Mahé. Le jeune ailier de Flensburg a été excellent tout au long du Mondial, terminant même meilleur marqueur des Bleus à égalité avec Nedim Remili, les 2 joueurs ayant inscrit 37 buts. C’est le 13ème meilleur total de toute la compétition. S’il a marqué autant avec peu de temps de jeu (20 minutes de moyenne), c’est grâce à son aisance aux jets de 7m. Avec 18 réalisations dans cet exercice, le Français s’est montré solide malgré son jeune âge, réalisant même un parfait 7/7 contre la Suède. Comme le disait Didier Dinart, l’équipe de France possède deux 1ers au poste d’ailier gauche avec Mahé et Guigou. Mahé sera l’unique premier dès que Michaël Guigou stoppera sa carrière internationale, mais en attendant, le joueur de Flensburg apprend de son ainé. C’est donc une compétition satisfaisante pour Mahé qui n’a pas craqué sous la pression d’un Mondial à domicile malgré son jeune âge. Nul ne doute qu’il finira par devenir un cadre des Experts incessamment sous peu, ayant déjà de l’expérience en Bleus en plus d’évoluer dans un championnat compétitif (Bundesliga).

Guy Olivier Nyokas. S’il évolue en tant qu’arrière avec Nantes, Nyokas a été utilisé principalement à l’aile pendant ce Mondial. Avec un rôle de remplaçant bien établi, il ne fallait pas s’attendre à un miracle de sa part. Sans surpasser les attentes, il a toutefois réussi à se montrer les rares fois où l’on a fait appel à lui. Efficace et discret, il n’a pas pu s’exprimer autant qu’il le pouvait mais la médaille remportée lui fera largement oublier ce manque de temps de jeu. Il termine le tournoi avec 12 buts.

Luc Abalo. Contrairement à beaucoup d’autres compétitions, Luc Abalo n’a pas été très performant. Avec seulement 12 buts en 21 tirs, il n’a pas fait trembler les filets de nombreuses fois. Ces statistiques reflètent à peine ses performances. En effet, il n’a marqué qu’un tir sur trois à 6m, un échec à 9 mètres pour aucun but et 6 réussites sur 10 à l’aile. Ce sont donc ses 5 buts sur 6 qui améliorent sa feuille de stats. Il n’a pas été à la hauteur des attentes, mais a profité du manque de concurrence à son poste (aucun ailier de formation sauf Yannis Lenne qui est le 17ème joueur et juste Valentin Porte) pour garder du temps de jeu. Si sa place en équipe de France n’est en aucun cas remise en cause, il va devoir relever la tête durant les prochaines compétitions internationales pour retrouver de son génie.

Base arrière 

Daniel Narcisse. Déjà présent pour le Mondial de 2001, Daniel Narcisse (37 ans) fait partie des meubles en équipe de France. Habitué des grandes compétitions, il a été géré par le staff pour arriver reposé dans les matchs importants. Avec un rôle croissant au fur et à mesure que la compétition avançait, le Parisien a eu énormément d’impact dans les dernières parties. Véritable energizer, il a dynamité les défenses avec son un-contre-un légendaire, apportant ainsi des 7m. Il a fait tourner le momentum maintes fois et apporte une incroyable sérénité dès qu’il entre sur le terrain. Le Parisien a aussi délivré de nombreuses passes décisives (32) pour être le 6ème meilleur passeur du Mondial. Malgré un impact au scoring limité (18 buts), il a réalisé une grande compétition et est l’un des acteurs majeurs du titre.

Nikola Karabatic. Le taulier des Bleus a répondu présent. 2ème plus gros temps de jeu derrière Ludovic Fabregas, il a instillé le tempo du début à la fin du Mondial. Devenant de plus en plus passeur, il a dirigé le jeu français d’une main de maitre en annonçant toutes les combinaisons ou en allant marquer tout seul lorsque l’occasion s’est présentée. En bon gestionnaire, il n’a perdu que 2 ballons par match, ce qui est relativement faible étant donné son temps de possession important. Il a plus de passes décisives (42) que de buts (31), preuve de son altruisme et d’une véritable évolution de son jeu au fur et à mesure de sa carrière. Il est le deuxième meilleur passeur du Mondial, échouant d’une offrande derrière son futur coéquipier Sander Sagosen. Que ce soit en pénétration, à 9m ou à 6m, le danger vient de partout avec lui, ce qui le rend presque indéfendable. Mais il s’est aussi impliqué en défense avec 7 interceptions et 5 tirs contrés. C’est donc logiquement qu’il a remporté le titre de meilleur joueur du tournoi.

Timothey N’Guessan. Le joueur barcelonais a connu un Mondial assez compliqué. Avec moins de 20 minutes par match, il avait pour rôle d’apporter son énergie en attaque. Il ne fut pas très adroit avec 7/19 pour 37% de réussite. Néanmoins, il a été volontaire et n’a pas hésité à aller au contact malgré les chocs parfois très rudes. Il n’a que 24 ans et il y a tellement de grands joueurs à son poste qu’il est normal qu’il n’ait pas un rôle prépondérant dans une équipe aussi performante. On a pu voir l’étendue de son potentiel avec quelques coups de canon à 9m mais il manquait sûrement de temps de jeu pour trouver son rythme.

William Accambray. Doté d’un très faible temps de jeu comme N’Guessan ou Dika Mem, il n’a pas eu une importance capitale dans la conquête du graal. Se donnant à fond dès qu’il est sur le terrain, il apporte sa masse physique, que ce soit en attaque ou en défense. Sa présence apporte aussi une solution de repli en cas de mauvaise passe pour servir de joker lors des JO de Londres. Il aura certainement d’autres occasions pour se montrer efficace en équipe de France.

Dika Mem. Appelé en renfort pour pallier à l’absence de Luka Karabatic, sa présence lui a permis d’engranger de l’expérience au sein du groupe (et une médaille d’or). Ayant participé à seulement 6 matchs, il n’a pas été responsabilisé et sa meilleure performance est contre la Russie avec 2 buts en 3 tentatives. On a pu apercevoir des flashs de son talent avec une grande envergure et un bon shoot de loin. Il va pouvoir continuer de se développer dans son club de Barcelone en compagnie de N’Guessan et Sorhaindo.

Adrien Dipanda. Peu en verve avec Saint Raphaël depuis le début de saison, il a réalisé un Mondial plus que correct. Après un bon début de compétition avec en point d’orgue un 8/10 en une mi-temps contre la Russie, il s’est calmé offensivement. Souvent à contre-temps, il freine quelque peu la circulation de balle à cause de sa mobilité plus réduite que celle de Porte ou Remili. Cependant, il fut bon en défense, apportant sa taille (2.02m) et son envergure pour empêcher les tirs de loin. Il est donc un bon joueur de complément.

Nedim Remili. Finissant meilleur buteur de l’équipe à égalité avec Mahé, Remili a été d’une importance capitale pour Didier Dinart et le staff tricolore. Il a terminé tous les matchs avec au moins 2 buts (sauf celui contre le Japon) avec 5 performances à 5 buts ou plus. Profitant à merveille du mouvement donné à l’attaque par Karabatic ou Narcisse, il a été efficace à 9m avec 17 réussites. Apportant du danger de loin, il a fait monter les défenses, créant ainsi des espaces derrière celles-ci. Il a aussi apporté beaucoup de buts en première intention ainsi que de la fougue pour remettre la maison bleue sur les bons rails comme contre la Suède en quart de finale. Il a été primordial dans les moments difficiles malgré du déchet lors de la finale (4/12). En améliorant sa vision du jeu pour délivrer plus de passes décisives et en ayant une meilleure sélection de shoot, il s’imposera comme un titulaire incontestable. En attendant, il restera comme remplaçant de luxe selon l’adversaire présenté. L’avenir lui appartient, lui qui n’a que 21 ans et qui a été élu meilleur arrière droit de la compétition.

Valentin Porte. C’est peut-être le joueur le plus polyvalent des Bleus. Véritable couteau-suisse, le Montpelliérain s’est révélé être un des meilleurs joueurs du Mondial. Evoluant aussi bien à l’aile qu’arrière, il a brillé à tous les postes. En défense, il a pu intervertir avec Remili plus faible dans ce secteur, évitant ainsi un changement attaque-défense encombrant. En attaque, il a été très propre avec 25/33 (76% de réussite) avec dans le détail, 9/12 à l’aile, 3/4 à 9 mètres ou encore 8/9 en contre-attaque. Il est un joueur très important du système et une des clés de la réussite des Français. Il a aussi délivré 14 passes décisives pour parfaire une excellente compétition à seulement 26 ans.

Pivots 

Cédric Sorhaindo. Le pivot barcelonais a vu son rôle changer avec l’explosion de Ludovic Fabregas. Beaucoup plus utilisé en défense avec le Montpelliérain pour apporter de la densité physique, il a contré 6 tirs. Toutefois, il a apporté sa pierre à l’édifice en attaque, relayant Fabregas lorsque celui-ci avait besoin de souffler. Sans établir une marque très haute, il a scoré dans chaque rencontre et termine avec 21 buts à 70% de réussite. Apportant de l’ambiance dans les vestiaires, « Tchouf » joue un rôle important dans celui-ci, notamment pour inculquer sa culture de la gagne aux plus jeunes.

Ludovic Fabregas. C’est la révélation de ce Mondial. Si on lui savait déjà un très grand talent, peu de monde imaginait qu’il tienne un tel rôle pour sa 3ème compétition en Bleu. Il a « profité » de la blessure de Karabatic pour s’imposer comme la 1ère option offensive en pivot du plus expérimenté Sorhaindo. D’une précision remarquable devant le but (30/33), il a aussi le plus gros temps de jeu de l’équipe de France. Mais il n’a pas fait que marquer, il a aussi réalisé de très bons blocks pour sa base arrière. Sa domination en attaque fut telle, qu’il a été parfois trop recherché au point de perdre des ballons. Mais son rôle est aussi défensif. Meilleur défenseur du championnat de France l’an passé, il a formé une paire infranchissable avec Sorhaindo pour protéger son gardien. Il aurait peut-être mérité le titre de meilleur pivot mais, à n’en point douter, un titre mondial lui suffira.

Gardiens

Thierry Omeyer. Thierry Omeyer a sans doute réalisé sa pire campagne en Bleu depuis longtemps. Mais qu’importe, il est devenu le seul joueur de l’histoire à avoir gagné 5 championnats du monde. A cause de ses performances, il a dû partager le poste pour une des premières fois de sa carrière. Avec une bonne prestation lors du match d’ouverture contre le Brésil (14 arrêts sur 21 tirs), on aurait pu croire l’Alsacien lancé pour une compétition magistrale. Mais par la suite, une seule performance à plus de 10 arrêts et une demi-finale transparente (2/15). Mais le principal est ailleurs, Omeyer ayant eu la joie de soulever le trophée devant un public conquis.

Vincent Gérard. Préféré à Cyril Dumoulin malgré la fin d’année canon du Nantais, celui qui est actuellement le meilleur gardien de Lidl Star Ligue au nombre d’arrêts a réalisé une très bonne compétition. Souvent appelé à remplacer un Omeyer dépassé, il a parfaitement répondu présent. Le gardien de Montpellier a été excellent tout au long de la compétition, finissant tous les matchs à plus de 30% d’arrêts. Il a même terminé la compétition de la meilleure des manières avec deux performances de choix en demi (16/39) et en finale (11/27). Il s’est avéré être bien plus qu’un simple remplaçant et a suppléé à merveille Omeyer.

Antoine Bossard

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