US Créteil HB : la stratégie du désespoir
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US Créteil HB : la stratégie du désespoir

En clôture de la 20e Journée de D1, Créteil affronte Dunkerque, pour jouer sa survie dans la course au maintien. Une position scandaleuse pour les hommes de Christophe Mazel, qui traînent ce fardeau depuis maintenant le début de saison. Le club francilien est aux abois ! Il porte sur son dos le destin de toute une ville, et de plus d'un millier de supporters maussades, qui espèrent demain, un excès d'orgueil de la part de la troupe d'Hugo Descat. Les dès sont jetés pour le club francilien, dont le destin se joue dans les infimes gouttelettes de l'Histoire de la Lidl Starligue.

« On est triste pour les petits. J’espère que les gars vont jouer à leur meilleur niveau, pour nous sortir de ce merdier », crie Noel, fervent supporter de l’US Créteil depuis 25 ans maintenant, et attristé par la situation de son club. Tout comme lui, les 3000 spectateurs de Robert Oubron, sont hagars et abattus de voir leur club de coeur, sombrer dans les bas-fonds de la D1. « La saison de trop ! Tout doit changer, pour revenir à gloire d’antan. Il faut gagner et croire en l’espoir, pour sauver cette saison », s’inquiète Antoine, tant la situation précaire de son équipe, parait compromettre les chances de maintien. Attendu comme le match de l’année, ce Créteil-Dunkerque, aura une saveur particulière pour le  l’ancien capitaine courage de l’USDK, Mohamed Mokrani, dont l’ingrate tâche lui incombe de remobiliser une troupe faible et indisciplinée. Dans ce contexte hostile, il faut un miracle aux cristoliens, pour continuer à fantasmer sur son meilleur niveau, dans le handball Français.

Un saison chaotique…

À la sortie des matchs, toujours la même routine : le visage abattu, les mines défaitistes, les corps brisés et les larmes des supporters en guise de médailles … les joueurs de Créteil sont au plus mal, tant au niveau humain que sportif. Éliminés dès les barrages de la Coupe EHF, par la prétendue petite équipe” de Zamet, le coach Christophe Mazel tire la sonnette d’alarme « On n’a jamais été en mesure de l’emporter. Il faut que les garçons grandissent un peu. On a été par moments très naïfs. Les joueurs n’ont pas su faire abstraction du contexte, ils ont sûrement été trop stressés par rapport à ça, c’est bien dommage ». Une mise en garde, qui ne sert pas à grand chose, puisqu’en six mois de compétition, Créteil subit quatorze défaites, toutes plus déconcertantes les unes que les autres. Pire défense du championnat avec 601 buts encaissés, dix de ses titulaires avec plus de 2,08 pertes de balles par matchs et huitième attaque de D1, les statistiques cristoliennes font pitié, tant le tandem Chupin-Mazel se donne du mal, pour apporter de nouvelles solutions tactiques, à ce collectif mielleux, fragile et ingrat. Longtemps premier de la classe en LNH, Créteil se complet aujourd’hui dans un amateurisme sans nom, ou sa position d’outsider semble lui convenir à merveille. Des grosses écuries aux petits poucets du championnat, la formation val-de-marnaise ne créée par la différence sur le long terme, à l’image des duels perdus contre Nantes (26-32), Saint-Raphaël (39-28), Cesson (33-23) ou Saran (35-36). Un manque d’agressivité flagrant, en parti lié à l’incompressible dispositif 1-5 et aux individualités absentes en attaque, à l’image de la rencontre face à Nîmes, ou Csepreghi et Descat ont inscrit la moitié des buts de l’équipe. Les derbys et les bonus des coupes, comblent les meubles d’une saison catastrophique, qui entache l’Histoire du premier club français, finaliste de la Ligue des Champions.

…dont l’indiscipline du collectif…

« Plus on est en difficulté, plus on  joue de façon individuelle et alors on se désunis complètement ! », lors de la triste défaite contre Cesson, l’amertume pèse sur le moral d’acier de Christophe Mazel. Son collectif brouillon et désobéissant, fait de cette formation, la plus déficiente dans les annales du club francilien, depuis les saisons 1993-1994 et 2009-2010. Exit les compétents Minel, Remili et Siakam ! Bienvenue aux inexpérimentés Petiot, Castro et Minne. Un recrutement pas à la hauteur des attentes des dirigeants, qui en plus souffre de la défaillance de certains cadres sur les matchs couperets, à l’image des Ferrandier, Malinovic et autre Toromanovic. De plus, le très cher Alexandru Csepreghi, l’homme qui valait un million, alterne le bon avec le catastrophique dans ses matchs : d’un parfait 14/23 contre le PSG, il peut passer à un 3/10 contre Ivry ! Une inefficacité offensive, tournée en malédiction sur les joueurs de l’USC, puisque même les habiles Cardinal et Alonso, sont à la peine contre Nîmes ou Toulouse. Une paralysie générale, qui affecte tout le collectif  francilien. La base arrière se voit donc limiter dans ses individualités face aux buts adverses, qui ne sont guère intimider, par les gros sabots des Descat, Toto, Pintor et consorts. L’avenir appartient donc aux jeunes pousses, Richert, Tarrico et Soyez, qui ne demande qu’à s’imposer dans ce collectif aux égos surdimensionnés, pour prendre en main, les rênes d’un club en perdition.

…Plonge le club dans un avenir incertain

La faillite collective des hommes de Mazel, plonge le club dans l’une des crises les plus douloureuses de son temps, depuis la descente de l’année 2013. Un psychodrame sportif, qui met en en avant la démotivation de tout un cycle, joueurs comme staff. La raison de cet échec, se résume par l’obscur feuille de route, très insuffisamment établie par l’épouvantable direction du club. Des choix abracadabrantesques et lourds de conséquences, qui se répercutent saisons après saisons, comme le limogeage injuste de la légende Guéric Kervadec, des remerciements pour bons et loyaux services envers Benjamin Pavoni ou de l’incompressible baisse de budget, qui n’est pas adaptée à la très gourmande StarLigue. Avec une nouvelle relégation, qui lui tombe dessus comme une évidence, les ambitions cristoliennes, si elle sont encore orientées comme cela, vont conduire le club à la Nationale d’ici deux ans. « La marge de manœuvre se réduit … Il faut faire bien plus que ça lorsque l’on joue la vie de tout un club ! », constate sans trop d’espoir le gardien Mickel Robin. Créteil joue sa survie, et il faudra de l’audace, encore et toujours de l’audace aux partenaires de Boiba Sissoko, pour faire déjouer Dunkerque. Joueurs comme supporters, tout un peuple est prévenu : pour engager l’opération maintien, du sang et des larmes seront versées, à l’issue de la vingtième journée de Lidl Starligue. Dénouement de ce cycle chaotique à 20H45, sur les antennes de beIN SPORTS 1.

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