Histoires de la Coupe du Monde de football (1930-2014)
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Histoires de la Coupe du Monde de football (1930-2014)

Avec vingt éditions depuis 1930, la Coupe du Monde de football est riche d’anecdotes et d’histoires…

-  1930, le Conte Verde, le roi de Roumanie et les travailleurs du pétrole : l’équipe de France prend le départ de Villefranche-sur-Mer,sur la Riviera. Trois délégations européennes se rendent vers Montevideo, en Uruguay, double champion olympique de football après ses médailles d’or acquises à Paris (1924) et Amsterdam (1928). La France, la Belgique et la Roumanie sont donc à bord de ce paquebot italien. En 1930, Carol II monte sur le trône de Roumanie et fait aussitôt connaître la première des priorités royales : participer à la Coupe du Monde de la FIFA, Uruguay 1930. Insolite en soi, son dessein relève en outre de la gageure quand on sait que 35 jours seulement séparent sa prise de pouvoir du coup d’envoi de l’édition inaugurale du tournoi.

Mais rien ne saurait entamer le bel optimisme du monarque de 37 ans, pas plus le manque de temps que l’inexpérience des Roumains, dont le baptême du feu international remonte à 1922. Après bien des efforts, Carol II parvient à ses fins à trois jours de la clôture des inscriptions. Il lève immédiatement toutes les suspensions pesant sur les joueurs et sélectionne lui-même l’équipe, au lieu d’en laisser le soin à l’entraîneur Costel Radulescu.

Reste une broutille à régler : une partie des meilleurs footballeurs roumains travaille pour une compagnie pétrolière britannique qui leur refuse le congé de trois mois nécessaire pour participer au tournoi et prévient que les absences seront sanctionnées par des licenciements. Un coup de téléphone du roi, assorti de la menace de fermeture de l’entreprise, incitera très vite le pétrolier à revoir sa position.

C’est ainsi que, le 21 juin 1930, les Roumains prennent leurs quartiers sur le Conte Verde à Gênes. La sélection française et le président de la FIFA, Jules Rimet, qui transporte le trophée dans sa valise, montent à bord à Villefranche-sur-Mer, suivis des Belges qui les rejoignent à Barcelone. Le luxueux paquebot italien met ensuite le cap sur Rio de Janeiro, où la Seleção brésilienne doit embarquer.

Pendant la traversée de seize jours, Radulescu astreint ses dix-neuf joueurs à des séances physiques sur l’un des dix ponts du vaste transatlantique. Mais dès qu’il s’agit de taper dans la balle, il lui faut compter avec un vingtième homme car, vous l’aurez deviné, le roi Carol II est incapable de résister à un dribble.

-  1930, le bâton de Nasazzi : capitaine de la Céleste championne du monde en 1930 à domicile, José Nasazzi fut avec l’Uruguay fut le premier détenteur d’un trophée virtuel appelé bâton de Nasazzi, suite à la finale gagnée contre l’Argentine. Ce bâton se transmet à chaque défaite de l’équipe détentrice. Il fut par exemple transmis de l’Union Soviétique à la RFA en demi-finale de la World Cup 1966. L’équipe ayant détenu le plus longtemps ce trophée virtuel fut les Pays-Bas, entre novembre 2008 et octobre 2011.

-  1934, Monti le premier des Oriundi : en 1930, Luis Monti fait partie de l’équipe d’Argentine finaliste du premier Mondial, en Uruguay. Battu à Montevideo en 1930 avec l’Albiceleste, Monti, prénommé Luigi en 1934, est champion du monde à Rome en 1934 avec la Squadra Azzurra. D’autres célèbres oriundi feront carrière en Europe par la suite, tels Alfredo Di Stefano en Espagne avec le Real Madrid, ou Omar Sivori en Italie avec la Juventus Turin. D’autres joueurs que Monti disputeront la Coupe du Monde sous deux maillots différents, tels Ferenc Puskas, en 1954 avec la Hongrie puis en 1962 avec l’Espagne, ou encore Robert Prosinecki, en 1990 avec la Yougoslavie puis en 1998 avec la Croatie.

-  1938, Vaincre ou Mourir : c’est par ce télégramme lapidaire de trois mots que le Duce Benito Mussolini intime l’ordre aux joueurs de l’Italie de conserver leur titre mondial face à la Hongrie. A Colombes, en face de Paris, les Azzurri, coéquipiers du virtuose Giuseppe Meazza, jouent avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête mais l’emportent 4-2 face aux Magyars et évitent ainsi la sentence fasciste. La tension est au pinacle, et grâce notamment à leur attaquant génial Silvio Piola, les Transalpins rentrent au pays avec le sentiment d’une mission accomplie. Comme la redoutable équipe d’Uruguay double championne olympique 1924 et 1928 puis championne du monde en 1930, ainsi que l’hégémonique Espagne double championne d’Europe 2008 et 2012 puis championne du monde en 2010, l’Italie de Giuseppe Meazza aura effectué une véritable razzia, ne laissant que les accessits à ses contemporains. Le colossal appétit de victoires des hommes de Vittorio Pozzo, Pantagruels du jeu de calcio, leur aura offert les titres mondiaux de 1934 et 1938, mais aussi la médaille d’or olympique en 1936 aux Jeux de Berlin. L’Italie fut d’ailleurs la première grande nation à cumuler dans son palmarès les titres olympiques, mondiaux et continentaux : l’Allemagne a rejoint la Botte au panthéon en 1990 (réunification lui offrant la médaille d’or olympique conquise en 1976 par la RDA aux Jeux de Montréal), la France a patienté jusqu’en 1998, l’Argentine a du attendre 2004 (médaille d’or olympique à Athènes), l’Espagne s’est consumée d’impatience jusqu’en 2010 (Coupe du Monde). Quant au grand Brésil, il n’a jamais gagné encore le titre olympique (médaillé d’argent en 1984 à Los Angeles, en 1988 à Séoul, médaillé de bronze en 1996 à Atlanta), là où l’Angleterre n’a jamais pu soulever de trophée européen (demi-finaliste en 1996 à domicile) …

-  1942 et 1946, deux Coupes du Monde restées utopiques : à cause de la Deuxième Guerre Mondiale, les éditions de 1942 et 1946 de la Coupe du Monde sont annulées. L’Allemagne et le Brésil étaient les pays candidats pour l’organisation du tournoi de 1942. D’autres grandes compétitions devront s’interrompre du fait du conflit entre les Alliés et les forces de l’Axe : le Tour de France cycliste, interrompu entre 1940 et 1946, mais également les Jeux Olympiques d’hiver et d’été, annulés en 1940 et 1944.

 

-  1950, les orphelins de Superga : après la Deuxième Guerre Mondiale, la Coupe du Monde reprend ses droits en 1950 au Brésil, après les éditions annulées de 1942 et 1946. Mais l’Italie, double championne du monde en titre (1934 et 1938) débarque orpheline de la plupart de ses talents. L’ossature de la Squadra Azzurra de la fin des années 40 était celle du Grande Torino, équipe qui imposait alors sa férule à la péninsule italienne. Au retour d’un match contre le Benfica Lisbonne, l’avion des joueurs du Torino s’écrase le 4 mai 1949 contre la colline de Superga qui surplombe la capitale du Piémont. L’Italie mettra vingt ans à accéder de nouveau à une finale de Coupe du Monde, en 1970 au Mexique. Battus par le grand Brésil de Pelé et Rivelino, les Italiens comptent alors quatre joueurs majeurs dont l’attachement à leurs clubs respectifs est viscéral : Luigi Riva, figure de proue de Cagliari lauréat du Scudetto en 1970, Gianni Rivera, clé de voûte de l’AC Milan, mais également Giacinto Facchetti et Sandro Mazzola, fers de lance de l’Inter Milan. Alessandro Mazzola qui n’est autre que le fils de Valentino Mazzola, ancien chef d’orchestre du Grande Torino, disparu dans la catastrophe aérienne de Superga en mai 1949.

-  1950, le passeport de Gaetjens : pour sa première participation à la Coupe du Monde, la nombriliste Angleterre tombe de très haut face aux Etats-Unis. A Belo Horizonte, la Perfide Albion est battue 1-0 par son ancienne colonie d’outre-Atlantique, sur un but du joueur Joe Gaetjens, d’origine haïtienne mais sans passeport américain ! Ce dernier mourra le 8 juillet 1964 à Port-au-Prince, victime des Tontons Macoutes, la police secrète du dictateur Jean-Claude Duvalier.

 

-  1954, la malédiction de Berne poursuit les Hongrois : en finale de la Coupe du Monde suisse de 1954, la RFA met fin à l’invincibilité de 31 matches de l’Aranycsapat, le célèbre onze d’or hongrois, champion olympique en 1952 et première équipe continentale à vaincre l’Angleterre à Wembley (victoire 6-3 en novembre 1953). La défaite de Berne va hanter les héros magyars plusieurs années après ce jour maudit de juillet 1954. Pour avoir publiquement soupçonné les Allemands de dopage ce jour là, Ferenc Puskas se verra interdire l’entrée sur le territoire de la RFA. En octobre 2010, une étude allemande révèle que les champions du monde auraient été dopés à la pervitine, les contrôles anti-dopage n’existant pas encore à l’époque. En conséquence de son accusation publique, le Major Galopant, coéquipier de Kopa et Di Stefano au Real Madrid, ne pourra disputer la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions en 1959. Jouée au Neckarstadion de Stuttgart, la finale voit la quatrième victoire consécutive du club espagnol dans la compétition. Puskas prendra une revanche éclatante à Glasgow en 1960, terrassant d’un quadruplé l’Einthracht Francfort. Conjugués à un triplé d’Alfredo Di Stefano les quatre buts de Puskas donnent une victoire 7-3 du Real Madrid. En 1961, la finale se déroule à Berne, au Wankdorf Stadion. Le FC Barcelone y affronte le Benfica Lisbonne, et perd 3-2 face au champion du Portugal. Dans les rangs catalans, deux joueurs battus par la RFA en 1954, les Hongrois Zoltan Czibor et Sandor Kocsis.

 

-  1954, l’imposture Zakarias à Lille : Lors de la coupe du monde 1954, l’onze d’or hongrois a terminé finaliste de la compétition. Parmi cette grande équipe, se trouve l’illustre József Zakariás, tantôt défenseur tantôt milieu de terrain évoluant au Vörös Lobogó SE, reconnu pour ses qualités défensives et convoité par les grands clubs de l’époque. C’est alors qu’un ancien légionnaire tchécoslovaque récemment revenu d’Indochine profite de la célébrité du joueur en se faisant passer pour le défenseur. L’imposteur arrive donc à Lille (le LOSC étant champion de France 1954) en se présentant en tant que Zakariás et déclare avoir passé le rideau de fer et choisi le camp de la liberté. Pensant avoir mis la main sur une perle du football mondial, le président Henno sans avoir déjà vu le véritable joueur et oubliant de lui demander ses papiers d’identité, l’embauche et convoque toute la presse. La tromperie prend fin pendant un match de préparation contre le FC Rouen le 2 juillet 1954. Les spectateurs venus en nombre voient évoluer le faux Zakariás largement moins à l’aise sur le terrain que le véritable joueur. Maladroit et blessant un joueur, il est arrêté sur la pelouse par les gendarmes et passe aux aveux. Cet épisode qui débouche sur une peine d’emprisonnement de deux mois pour le légionnaire, a sérieusement entaché la réputation du club.

 

-  1954, à pile ou face pour la Turquie : incroyable mais vrai, c’est une pièce de monnaie qui va départager Turcs et Espagnols en 1954. Lors du championnat d’Europe en 1968, l’Italie passera en finale grâce également au coup de pouce du destin à pile ou face …

 

-  1958, l’Union Jack reconstitué : la Coupe du Monde en Suède, quelque mois après le terrible drame de Munich ayant décimé en grande partie l’équipe de Manchester United, est inédite puisqu’elle rassemble les quatre nations britanniques composant le Royaume-Uni : l’Angleterre, l’Ecosse, l’Irlande du Nord et le Pays de Galles sont présents au rendez-vous mondial. Ce ne sera jamais plus le cas, seules l’Angleterre et dans une moindre mesure l’Ecosse étant régulières en terme de présence en phase finale. A contrario, aucune équipe britannique ne sera présente en 1994, même si la République d’Irlande (Eire), voisine de l’Ulster, fera le voyage aux Etats-Unis.

 

-  1962, le même avion pour le Brésil : superstitieux, les Brésiliens, champions du monde 1958, se rendent au Chili avec le même avion que quatre années plus tôt lors du voyage vers la Suède. La superstition s’étend à la composition d’équipe puisque seuls douze joueurs seront utilisés. Amarildo remplacera Pelé, blessé, à partir du deuxième match jusqu’à la finale. Orphelin de son diamant, le Brésil peut compter sur un Garrincha au top de sa forme. Le Django Reinhardt du football sera le meilleur joueur d’un tournoi chilien également privé d’Alfredo Di Stefano. Sur le banc espagnol, le Divin Chauve voit ses derniers espoirs de disputer une Coupe du Monde s’envoler. Comme Di Stefano, d’autres grands joueurs ne disputeront jamais de phase finale de Coupe du Monde : George Weah, Eric Cantona, George Best, Ian Rush ou encore Ryan Giggs.

 

-  1966, la première mascotte : le lion Willie est la première mascotte de l’Histoire de la Coupe du Monde en Angleterre en 1966, ce qui lancera la mode des mascottes à chaque édition suivante (Naranjito en 1982 en Espagne, Ciao en 1990 en Italie, Footix en 1990 en France).

 

-  1966, Pickles et David Corbett, héros involontaires de la World Cup : la Victoire aux Ailes d’Or, trophée que le Brésil remet en jeu en Angleterre après ses victoires de 1958 et 1962, est volée dans le cadre d’une exposition de philatélie à Westminster, le 20 mars 1966, à quatre mois de la finale prévue au stade de Wembley, malgré toutes les précautions demandées à l’initiative du président de la FIFA, Sir Stanley Rous. Londres est sous le choc à l’annonce du forfait. Scotland Yard est immédiatement saisi de l’affaire. Le dimanche 27 mars 1966 un certain David Corbett, âgé de 26 ans, promène son chien Pickles dans un jardin du sud de Londres, à Norwood. C’est là que le quadrupède retrouve le trophée d’Abel Lafleur, marqué de l’inscription Brasil 1962. David Corbett remet sa trouvaille à Scotland Yard, et c’est Sir Stanley Rous en personne qui vient identifier la Coupe du Monde. En plus de la récompense promise par la police d’assurances, David Corbett reçoit une invitation pour la finale qui verra l’Angleterre triompher de la RFA à Wembley. Quant à Pickles, il s’étranglera avec sa propre laisse quelques mois après son exploit en essayant d’attraper un chat.

-  1966, la polémique Geoff Hurst : la finale Angleterre – RFA du 31 juillet 1966 voit la victoire des joueurs d’Alf Ramsey par 4-2 après prolongation. Héros de la finale, l’attaquant Geoff Hurst a inscrit un triplé, ce que personne avant ou après lui n’a pu faire en finale de Coupe du Monde, malgré quelques doublés (Colaussi et Silvio Piola en 1938, Helmut Rahn en 1954, Vava et Pelé en 1958, Mario Kempes en 1978, Zinédine Zidane en 1998, Ronaldo en 2002). La polémique Hurst intervient lors du but décisif, celui du 3-2 inscrit lors de la prolongation. Le ballon touche la barre transversale avant de rebondir sur la ligne de but … Tout le dilemme est là pour les arbitres du match, le Suisse Gottfried Dienst et son juge de ligne, le Russe Tofik Bachramow. Employé des téléphones à Bâle, Dienst va se retrouver bien involontairement sous le feu des projecteurs. Le Suisse demande à son juge de ligne : Le ballon était derrière la ligne ? Ce dernier répond : Oui, derrière la ligne. Ainsi est validé un des buts les plus litigieux de l’Histoire. Après cette banderille, Hurst porte l’estocade aux joueurs d’Allemagne de l’Ouest par un troisième but personnel, le quatrième pour la sélection des Three Lions.

-  1970, préparatifs de la NASA : il n’est pas encore président de la FIFA mais il est déjà très influent. Joao Havelange va fournir à la sélection nationale du Brésil, dirigée par l’entraîneur Mario Zagallo, une préparation idéale pour les coéquipiers de Pelé : la NASA, malgré les péripéties d’Apollo 13 en avril1970, jouit toujours d’un prestige inouï après le succès d’Apollo 11, première mission lunaire le 21 juillet 1969. La Seleçao a en effet bénéficié d’une préparation physique de très haut niveau, financée par Joao Havelange, président de la CBF. Un entraînement scientifique inspiré de celui des astronautes de la NASA avait permis aux joueurs auriverde d’arriver au Mexique en pleine possession de leurs moyens physiques et mentaux. La virtuosité technique de Pelé plus inspiré que jamais (tir du centre du terrain contre la Tchécoslovaquie, grand pont diabolique contre l’Uruguay) et l’efficacité de Jairzinho feront le reste. Quant à Mario Zagallo, il deviendra le premier à doubler victoire en en Coupe du Monde en tant que joueur (1958 et 1962) puis entraîneur (1970). Zagallo sera rejoint par Franz Beckenbauer, champion du monde 1974 comme joueur puis 1990 comme sélectionneur.

 

-  1970, prison en guise de préparation pour Bobby Moore : on peut rêver mieux que de la captivité pour préparer une Coupe du Monde, surtout quand on est le capitaine des champions du monde en titre. La préparation personnelle de Bobby Moore, l’homme qui souleva en premier la Coupe du Monde dans le ciel de Wembley en 1966, est entachée par une sombre histoire d’accusation de vol d’un bracelet à Bogota, où l’équipe d’Angleterre disputait un match amical contre la Colombie. Incarcéré quatre jours mais finalement relâché faute de preuves de sa culpabilité, il rejoint son équipe au Mexique, où l’Angleterre s’inclinera en quarts de finale après un match exceptionnel contre la RFA. L’affaire Bobby Moore éclate le lundi 25 mai 1970 à Bogota en Colombie, où l’équipe d’Angleterre fait escale sur la route de Mexico. Le capitaine des champions du monde est arrêté dans la salle de cinéma de l’hôtel Tenquemada pour le vol d’un bracelet en or, serti d’émeraudes, d’une valeur de 1.300 dollars, vol constaté par la police locale huit jours plus tôt. C’est une vendeuse, Clara Padilla, et un marchand ambulant, Alvaro Suarez, qui se trouvaient par hasard en face de la bijouterie, qui dénoncèrent Bobby Moore.

Pendant ce temps, l’affaire prend en Europe, et bien sûr en Angleterre, des proportions considérables. L’ambassade de Colombie à Londres est assaillie de coups de téléphone et de télégrammes de protestation. Le coéquipier de Moore à West Ham, Allan Mullery ne peut s’empêcher de dire : C’est une plaisanterie, Bobby a tellement d’argent qu’il pourrait, s’il le voulait, acheter l’hôtel tout entier. De nombreuses questions restèrent évidemment sans réponses, mais Moore allait devoir coucher en prison. Fort heureusement, son avocat sut lui éviter cette brimade supplémentaire, et Bobby passa la nuit en liberté surveillée dans la résidence d’Alfonso Senor, grand dirigeant du football colombien, ancien président des Millonarios Bogota et ami du président du Real Madrid, Santiago Bernabeu avec qui il finalisa le transfert d’Alfredo Di Stefano en 1953. Finalement, il fallut un interrogatoire de 13 heures et 57 minutes pour mettre fin à… la mascarade.

-  1970, la clavicule cassée de Franz Beckenbauer : Italie – RFA (4-3 après prolongation), la demi-finale de la Coupe du Monde 1970, est souvent désigné match du siècle dans les sondages. La prolongation de match donna lieu à un chassé-croisé en tête entre Italiens et Allemands, avec un épilogue victorieux pour les Azzurri au final. Après un quart de finale où ils avaient réussi une course poursuite fabuleuse contre l’Angleterre (passant de 0-2 à 3-2), les Allemands doivent cette fois abdiquer. Ce match fut aussi un morceau de bravoure pour le capitaine allemand Franz Beckenbauer. Malgré une clavicule cassée, le libero virtuose poursuit le match avec le bras en écharpe, mais ne pourra empêcher la défaite des siens sur un but libérateur de Gianni Rivera.

-  1974, Johan Cruyff et les deux bandes Puma : sous contrat avec Puma, Johan Cruyff, le génial numéro 14 de l’équipe des Pays-Bas sera le seul joueur hollandais dont le maillot ne portera que deux bandes et non trois, comme celle des autres qui portent un maillot Adidas, équipementier de la sélection Oranje.

-  1978, la France hérite du maillot de Kimberley : en 1978, lors du troisième match du premier tour contre la Hongrie, l’équipe de France se retrouve sans maillots pour affronter les Magyars. En toute urgence, les joueurs de Michel Hidalgo récupèrent via leur intendance les maillots du club local de Kimberley. Les coéquipiers de Platini affrontent la Hongrie avec une inédite tenue rayée de bandes verticales vertes et blanches !

-  1978, la polémique Ramon Quiroga : lors du deuxième tour, le Brésil et l’Argentine sont au coude à coude pour accéder à la grande finale de Buenos Aires face aux Pays-Bas de Rensenbrink. Lors du dernier match de poules face au Pérou, l’Argentine de Luis Cesar Menotti devra tirer la quintessence de son potentiel et s’imposer par au moins quatre buts d’écart pour bénéficier d’une meilleure différence de buts que son rival brésilien. La rencontre Argentine – Pérou va tourner à la démonstration de force, à une joute déséquilibrée, tel un combat entre onze lions et onze gladiateurs désarmés dans l’arène. Avec notamment un doublé de son matador valencian Mario Kempes, l’Albiceleste s’impose 6-0. Au lendemain, la presse sort l’inévitable polémique, puisque le gardien péruvien Ramon Quiroga serait d’origine argentine. Ce dernier aurait donc favorisé la large victoire du pays organisateur.

-  1978, le veto de Cruyff : contrairement à 1974, la sélection oranje ne sera pas menée par son numéro 14, mais par ses lieutenants Johan Neeskens et Robbie Rensenbrink. Même la reine Beatrix ne peut faire infléchir les volontés du triple Ballon d’Or et meneur de jeu du FC Barcelone. Contrairement aux idées reçues, la désaffection de l’ancien stratège de l’Ajax Amsterdam était lié à une agression dans sa maison de Barcelone, et non à un boycott de la Coupe du Monde dans l’Argentine de la junte militaire, ou encore à des mésententes avec ses coéquipiers. J’ai eu un fusil pointé sur ma tête, j’ai été ligoté, ma femme a aussi été ligotée, et mes enfants étaient présents dans mon appartement de Barcelone. Il y a des moments où d’autres valeurs priment dans la vie.

-  1978, le téléphone de Krankl ne cesse de sonner : à Cordoba, au deuxième tour, l’Autriche bat la RFA sur un but de Hans Krankl, son meilleur joueur et élimine les champions du monde en titre. Au lendemain de ce camouflet face au voisin autrichien, un journal populaire allemand publie le numéro de téléphone du futur joueur du Barça. Au retour d’Argentine, le téléphone de Krankl ne cesse de sonner à son domicile de Liesing.

-  1978, un chronomètre en or décerné rétroactivement pour Bernard Lacombe : le match France – Italie de 1978 est marqué par un but après 37 secondes de jeu de Bernard Lacombe. La FIFA, entre 1982 et 2002 décernera un trophée du but le plus rapide (gagné par Bryan Robson en 1982, ironie du destin pour un but marqué contre la France après 27 secondes de jeu).

-  1978, un Ballon d’Or nommé Kevin Keegan : 1978 est une exception dans l’histoire du Ballon d’Or France Football. En effet, cette année là, la récompense suprême est revenue à un joueur brillant mais absent de la Coupe du Monde disputée en Argentine, malheureusement pour Robbie Rensenbrink, meilleur joueur européen du tournoi et vainqueur de la C2 avec Anderlecht au printemps. Tous les autres Ballons d’Or, à l’exception de Lionel Messi en 2010 (quart de finaliste avec l’Argentine) et de Cristiano Ronaldo 2014 (premier tour avec le Portugal), tirent leur élection à leurs performances au tournoi mondial : Raymond Kopa en 1958 (demi-finaliste et meilleur joueur selon un collège de journalistes experts), Josef Masopust en 1962 (finaliste), Bobby Charlton en 1966 (champion du monde), Gerd Müller en 1970 (demi-finaliste et meilleur buteur avec 10 buts), Johan Cruyff en 1974 (finaliste et leader technique de la grande équipe de Hollande), Paolo Rossi en 1982 (champion du monde et meilleur buteur avec 6 buts), Igor Belanov en 1986 (auteur d’un triplé contre la Belgique face à Jean-Marie Pfaff, meilleur gardien du monde à l’époque), Lothar Mätthaus en 1990 (champion du monde), Hristo Stoïtchkov en 1994 (demi-finaliste et meilleur buteur ex-aequo avec 6 buts), Zinédine Zidane en 1998 (champion du monde et auteur d’un doublé en finale), Ronaldo en 2002 (champion du monde et meilleur buteur avec 8 buts), Fabio Cannavaro en 2006 (champion du monde et artisan majeur du titre italien avec Gianluigi Buffon et Andrea Pirlo). Dans le cas de l’Euro, la récompense est allée par quatre fois à des joueurs absents du tournoi final, en 1960 avec Luis Suarez, en 1964 avec Denis Law, en 2004 avec Andrei Shevchenko (meilleur buteur du Calcio et champion d’Italie avec l’AC Milan) et en 2012 avec Lionel Messi (91 buts durant l’année 2012 et vainqueur de la Coupe du Roi avec le FC Barcelone). A noter que trois Ballons d’Or furent sacrés meilleur jeune joueur de la compétition avant leur futur élection (le Hongrois Florian Albert en 1962 au Chili, l’Allemand Franz Beckenbauer en 1966 en Angleterre, l’Anglais Michael Owen en 1998 en France).

-  1982, le passage de 16 à 24 équipes en phase finale : voulu par Adidas et Coca-Cola afin de faire grossir la poule aux œufs d’or, le passage de 16 à 24 équipes n’avait pu être accompli par Joao Havelange pour l’édition 1978 en Argentine. C’est chose faite en 1982 en Espagne, avec une troisième place pour les pays africains, que ces derniers vont justifier. Le Cameroun, injustement éliminé au premier tour après une erreur d’arbitrage contre le Pérou, voit son gardien Thomas N’Kono engagé par l’Espanyol Barcelone. C’est la première fois qu’un club européen engage un gardien africain. N’Kono restera de nombreuses années à l’Espanyol Barcelone, avant de faire une splendide Coupe du Monde 1990 en Italie, ce qui inspirera un jeune adolescent transalpin du nom de Gianluigi Buffon. Quant à l’Algérie, elle crée l’exploit en battant la RFA à Gijon. Le match de la honte entre Allemands et Autrichiens privera les coéquipiers de Madjer et Belloumi d’un deuxième tour pourtant mérité …

-  1982, l’intervention de l’émir du Koweït : après une défaite 3-1 à Bilbao contre l’Angleterre de Bryan Robson, la France doit réagir dans son deuxième match du premier tour face au Koweït, pays novice en phase finale de la Coupe du Monde. Les Français mènent 3-1 quand Alain Giresse corse l’addition par un quatrième but totalement valable, sauf aux yeux de l’émir du Koweït qui descend sur la pelouse et interrompt le match … Cette scène hallucinante l’est encore plus quand on sait que le but français est finalement annulé, ce qui n’empêchera pas la France de finalement s’imposer 4-1. Incroyable mais vrai, l’arbitre hongrois Mr Stupar accède donc à la demande et annule le but! Sans doute de peur de créer un incident diplomatique… Il faut dire que le Cheikh n’était pas n’importe qui, en tant membre de la famille royale et du CIO…Michel Hidalgo fou de colère bondit de son banc et envahit à son tour la pelouse. Mais le sélectionneur des Bleus en impose moins avec son polo du RC Paris et son short! Et il se fait jeter véritablement comme un malpropre par la Guardia Civil espagnole qui croyait avoir à faire avec un touriste. Une scène mémorable également..

-  1982, l’anniversaire oublié de Tigana : né le 23 juin 1955, soit deux jours après Michel Platini né le 21 juin, Jean Tigana aura une mauvaise surprise pour ses 27 ans. En Espagne, la délégation française fête dignement les 27 ans du futur joueur de la Vecchia Signora, mais oublie deux jours plus tard ceux du joueur des Girondins de Bordeaux. L’ambiance en prend un coup au sein des joueurs de Michel Hidalgo, mais n’empêchera pas la France de se hisser jusqu’en demi-finale.

-  1982, erreur de casting pour l’arbitre : en novembre 1981, la France élimine les Pays-Bas, vice-champions du monde 1974 et 1978 de la course à la phase finale espagnole. Le coup franc salvateur de Michel Platini est souvent décrit par l’intéressé comme le but le plus important de sa carrière. En juillet 9182 à Séville, la FIFA ne trouve rien de mieux que de mettre un arbitre néerlandais, M. Corver, pour la demi-finale France – RFA (3-3 a.p, 4-5 t.a.b) qui sera marquée par l’agression sauvage de Toni Schumacher sur Patrick Battiston. Douze ans plus tard, au Giants Stadium d’East Rutherford près de New York, la FIFA commettra la même bévue avec Joël Quiniou, arbitre français de la demi-finale Italie – Bulgarie (pays qui avait éliminé la France en novembre 1993).

-  1986, la fin de la NASL : en 1983, la Colombie déclare forfait pour l’organisation de la Coupe du Monde 1986 dont elle était responsable. La FIFA doit attribuer en urgence la charge de son prochain Mondial. Les Etats-Unis sont sur les rangs, avec un lobbying de Steve Ross, l’homme qui a construit le Cosmos New York avec Pelé et Franz Beckenbauer. Sous la pression d’Horst Dassler, Joao Havelange tranche en faveur du Mexique, pourtant déjà hôte du tournoi en 1970. Dès 1974, Horst Dassler avait fait part à Havelange de son hostilité à l’organisation de la Coupe du Monde 1986 par la Colombie, décidée avant l’élection du Brésilien. Mais malgré sa fonction suprême, Havelange ne pouvait infléchir sur une décision aussi cruciale. Les deux hommes avaient en tête le Mexique, marché plus juteux et qui offrait l’avantage de disposer d’un parc de stades modernes depuis 1970, date à laquelle le pays avait déjà accueilli l’évènement majeur du ballon rond. Après la finale du Mundial 1982, jouée entre l’Italie et la RFA à Santiago Bernabeu, Joao Havelange prit l’avion pour Mexico, dans le jet privé du businessman mexicain Emilio Azcarraga, propriétaire de TV Mexicana. Sur ce vol Madrid – Mexico, Havelange et Azcarraga étaient accompagnés par Guillermo Cañedo, ancien président de la Fédération mexicaine de football. Horst Dassler et Joao Havelange étaient prêts à saisir la moindre opportunité pour offrir l’édition 1986 à la nation aztèque. Quand la Colombie jeta l’éponge en 1983, quatre candidatures émergeaient : Brésil, Canada, Etats-Unis et Mexique. Malgré un beau plaidoyer d’Henry Kissinger pour la candidature américaine, la FIFA offrit au Mexique l’organisation du Mundial 1986, que le pays put assurer malgré un terrible séisme survenu en septembre 1985 dans sa capitale, Mexico.L’oncle Sam obtiendra finalement le précieux sésame pour 1994, mais son revers en vue de 1986 condamne la NASL, la North American Soccer League. Après la World Cup de 1994, les Etats-Unis retrouveront un championnat de soccer avec la MLS, la Major League Soccer, où plusieurs vedettes européennes viendront terminer leur carrière : David Beckham, Thierry Henry, Hristo Stoïtchkov, Youri Djorkaeff ou encore Lothar Mätthaus, imitant les pionniers de la NASL les Pelé, Cruyff, Eusebio, Best, Carlos Alberto, Beckenbauer, Neeskens, Chinaglia, Gerd Müller, Cubillas, Bobby Moore et autres Chinaglia.

-  1986, Papin le rookie : anomalie de carrière, JPP n’a jamais joué en Première Division française mais fait partie des joueurs retenus par Henri Michel pour la Coupe du Monde 1986. Exilé à Bruges, Jean-Pierre Papin a fait éclater son talent offensif à l’automne 1985 lors d’un triplé en Coupe UEFA contre le club portugais de Boavista. Appelé en équipe de France pendant l’hiver 1986, Papin est du voyage au Mexique, et débute contre le Canada, marquant un but en fin de rencontre après un nombre incalculable d’occasions ratées. Certains diront que Papin aurait pu être sacré meilleur buteur du Mondial sur ce seul match, l’honneur reviendra au prolifique attaquant anglais Gary Lineker (six buts). Après le Mundial mexicain, Papin rejoindra l’Olympique de Marseille de Bernard Tapie. De 1986 à 1992, avant son exil doré au Milan AC, Jean-Pierre Papin sera la clé de voûte des succès du club phocéen, avec Waddle, Mozer et Abedi Pelé, mais aussi Förster, Giresse, Olmeta, Klaus Allofs, Deschamps, Sauzée, Cantona, Boli, Angloma, Vercruysse, Stojkovic, Amoros, Barthez, Desailly, Völler, Boksic, Tigana et autres Francescoli.

-  1990, l’ombre d’Agnelli : 1934 avait vu la griffe de Mussolini, 1990 verra celle d’un autre puissant homme au sein de la Botte, Giovanni Agnelli, le président de FIAT. L’Avvocato Agnelli propulse un certain Luca Cordero di Montezemolo comme président du comité d’organisation de la Coupe du Monde 1990 en Italie. Issue de la bourgeoisie, Montezemolo, proche de la dynastie Agnelli, a connu un ami proche à l’université de Bologne avant de finir ses études à la prestigieuse universié new-yorkaise de Columbia, membre de l’Ivy League. Directeur sportif de la Scuderia Ferrari de fin 1973 à 1975, le marquis a été avec Mauro Forghieri et Niki Lauda l’artisan de la renaissance de l’écurie de Maranello. Le phénix Ferrari ayant repris son envol, Montezemolo se verra confier d’autres responsabilités au sein de l’empire des géants de FIAT : chez Cinzano, à la Juventus Turin, mais aussi pour le défi italien à la Coupe de l’America. En 1992, Montezemolo sera rappelé par l’Avvocato à la tête de Ferrari, menacée d’explosion après trop de guerres politiques internes déjà nées dans les ultimes années de la vie du Commendatore Enzo Ferrari. Le recrutement de Jean Todt, via Bernie Ecclestone et Niki Lauda, aux dépens de Peugeot sera décisif pour le redressement du Cavallino Rampante. En 2003, les obsèques de Giovanni Agnelli, deux anciens sportifs sont invités : Michel Platini, joueur préféré de l’Avvocato à la Juventus Turin (ce dernier comparant Platoche au torero Manolete et au danseur Nijinski), et Michael Schumacher, alors quintuple champion du monde de F1.

-  1990, l’affaire de la bouteille droguée de Branco : en 1990 l’Argentine réalise un hold-up parfait face au Brésil en huitièmes de finale. Diego Maradona, cerné par quatre défenseurs brésiliens, adresse un caviar pour Claudio Caniggia qui se charge ensuite de marquer le seul but du match. El Pibe del Oro et les siens se hissent en quarts de finale du tournoi italien, tandis que la polémique éclatera des années plus tard. Le joueur brésilien Branco aurait reçu une bouteille d’eau droguée par les Argentins, ce qui aurait diminué son rendement en fin de match.

-  1990, le ballon crevé d’Angleterre – Cameroun : e ballon du match était soi-disant “marabouté ” et avec un tel ballon, rien ne pouvait arriver aux Lions Indomptables. Le match se déroule plutôt bien pour les Camerounais qui mènent 2-1 pendant les prolongations. Puis, le ballon du match est crève. Les joueurs Anglais veulent changer de ballon avec bien entendu l’approbation de l’arbitre. Les Camerounais sont catastrophés et essayent de convaincre l’arbitre de continuer avec celui-là, ce qui est bien entendu inconcevable. Le jeu reprend avec un autre ballon.

Quelques minutes plus tard les Anglais inscrivent deux buts, et se qualifient de justesse pour les demi-finales du Mondiale italien de 1990.

-  1990, la vessie de Goycochea : lors du quart de finale contre la Yougoslavie, à Florence, le gardien argentin Sergio Goycochea, propulsé titulaire après la blessure du titulaire Pumpido, doit affronter l’épreuve des tirs aux buts face aux joueurs des Balkans, qui possèdent plusieurs redoutables footballeurs à la technique de velours, Dragan « Pixie » Stojkovic, Robert Prosinecki, Safet Susic ou encore Dejan Savicevic. Le destin de Goycochea. Au chômage, marginalisé par la presse argentine et accusé d’être séropositif, le gardien vide sa vessie sur la pelouse toscane avant de créer l’exploit contre les Yougoslaves, arrêtant deux tirs aux buts. En demi-finale contre l’Italie, à Naples, Goycochea réédite ses prouesses et propulse l’Argentine en finale.

-  1990, l’Italie invaincue mais éliminée : la Squadra Azzurra, grande favorite à domicile en 1990, échoue aux portes de la finale par la faute de l’Argentine. Dans le volcan napolitain de San Paolo, l’Italie joue presque à l’extérieur puisqu’il s’agit de l’antre de Diego Maradona, roi de Naples … Claudio Caniggia est le premier joueur du tournoi à marquer un but au gardien italien Walter Zenga. Aux tirs aux buts, l’Argentine passe et l’Italie quitte sa Coupe du Monde invaincue. Elle battra ensuite l’Angleterre dans le match pour la troisième place. D’autres équipes invaincues vivront le même cruel destin, la plupart du temps par la faute des tirs aux buts : le Mexique en 1986 (éliminé par la RFA), l’Italie en 1998 (éliminée par la France), l’Irlande en 2002 (éliminée par l’Espagne), l’Espagne en 2002 (éliminée par la Corée du Sud), la Suisse en 2006 (éliminée par l’Ukraine), l’Angleterre en 2006 (éliminée par le Portugal), l’Argentine en 2006 (éliminée par l’Allemagne), la Nouvelle-Zélande en 2010 (éliminée au premier tour après trois matches nuls), les Pays-Bas en 2014 (éliminés par l’Argentine) ou encore le Costa Rica en 2014 (éliminé par les Pays-Bas). Le cas de la Suisse en 2006 est encore plus délicat, la Nati n’ayant alors pas encaissé le moindre but en Allemagne ! Avant les tirs aux buts, le Brésil en 1978 ou l’Angleterre en 1982 avaient subi les doubles phases de poules, tout comme le Cameroun en 1982 ou la Belgique en 1998 (première phase de poules)

-  1990, le postulat de Lineker : la demi-finale RFA – Angleterre de 1990 jouée à Turin se termine par la cruelle épreuve des tirs aux buts. Les tentatives manquées de Chris Waddle et Stuart Pearce privent la Perfide Albion d’une nouvelle finale, la première tant espérée depuis 1966. Fair-play devant la régularité des Allemands au plus haut niveau européen et mondial, l’attaquant anglais Gary Lineker déclarera même : Le football est un jeu qui se joue à onze contre onze, et à la fin ce sont toujours les Allemands qui gagnent. Le postulat de Lineker devra cependant attendre 24 ans pour se vérifier avec le quatrième titre de la Mannschaft obtenu en 2014 à Rio de Janeiro, même si l’Allemagne l’emportera en 1996 à l’Euro anglais entre temps (éliminant encore l’Angleterre en demi-finale aux tirs aux buts).

-  1990, la chaussure de Mätthaus : la finale RFA – Argentine, jouée au stade Olympique de Rome, est décevante et se termine par un score de 1-0. Le buteur a pour nom Andreas Brehme. Le défenseur de l’Inter Milan trompe Goycochea sur un penalty, alors que c’est normalement son capitaine et coéquipier en Lombardie, Lothar Matthaus, qui se charge de les tirer pour la Mannschaft, comme en quart de finale contre la Tchécoslovaquie. Mais durant la finale, l’ancien joueur du Bayern a vu un des crampons de sa chaussure droite se briser, après 32 matches effectués sans problèmes. Ne souhaitant prendre aucun risque, Matthaus laisse Brehme tirer le penalty, et soulève la troisième Coupe du Monde allemande dans le ciel de la Ville Eternelle. Auteur de quatre buts durant ce Mondiale italien de 1990, devenu un des piliers du Calcio au même titre que Franco Baresi, Diego Maradona, Marco Van Basten, Frank Rijkaard ou Roberto Baggio, le capitaine allemand sera plébiscité Ballon d’Or 1990 quelques mois plus tard.

-  1994, éliminés à la dernière minute : à cause d’un cruel but encaissé dans l’ultime minute du dernier match des éliminatoires, deux pays ne verront pas les Etats-Unis d’Amérique, hôtes de la quinzième Coupe du Monde de la FIFA : la France et la Japon. Vaincus à domicile par la Bulgarie, les Français tombent du Capitole à la Roche Tarpéienne en moins de temps qu’il ne faut pour le dire … Un but d’Emil Kostadinov qui trompe Bernard Lama sonne le glas des espoirs de l’équipe de France, déjà privée du Mondiale italien de 1990. Le Japon de Kazu Miura, lui, est également privé du tournoi américain de 1994 par un but de l’Irak à l’ultime minute à Doha, au Qatar, ce qui offre la qualification à la Corée du Sud. Les deux sélections française et japonaise se retrouveront (ainsi que l’Australie) pour disputer l’honorifique Coupe Kirin fin mai 1994 au Japon. Nouveau sélectionneur des Bleus, Aimé Jacquet inaugure un carré d’as qui restera bien éphémère : Papin – Cantona – Ginola – Djorkaeff. En effet, seul le dernier sera un joueur pérenne de l’ère Jacquet, associé au virtuose Zinédine Zidane, absent du voyage nippon pour cause de mariage … Quant au Japon, il participera en 1998 à sa première Coupe du Monde en France, en attendant d’accueillir la compétition en 2002, conjointement avec la Corée du Sud.

-  1994, défaite du Brésil en Bolivie : gendre du président de la FIFA Joao Havelange, Ricardo Teixeira fait pression pour que le match Bolivie – Brésil n’ait pas lieu en altitude, mais le match aura bien à la Paz, à 3 600 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans la plus haute capitale du monde (exception faite de Lhassa, capitale du Tibet). La Seleçao subit sa première défaite en six décennies de match de qualifications pour la Coupe du Monde. En altitude, à la Paz, la Bolivie domine les triples champions du monde, qui devront attendre l’ultime match, le 19 septembre 1993 à Rio de Janeiro, pour assurer leur présence à la World Cup américaine, via un doublé de Romario contre l’Uruguay.

-  1994, la surprise de Mätthaus : tenante du titre, l’Allemagne entraînée par Berti Vogts doit jouer le match d’ouverture de la World Cup 1994 à Chicago face à la surprenante équipe de Bolivie. A l’arrivée de la délégation allemande à l’aéroport de Chicago, un journaliste américain demande même à Lothar Mätthaus, capitaine des champions du monde en titre, qui il est, preuve de l’ignorance des locaux en matière de soccer.

-  1994, double record à San Francisco : le match Russie – Cameroun de la troisième journée du premier tour est une rencontre sans enjeu puisque les deux équipes sont déjà éliminées au profit du Brésil et de la Suède dans le groupe B. Les Russes vont s’imposer 6-1 face aux Lions Indomptables camerounais, mal préparés à cette World Cup américaine après des conflits internes sur les primes de matches … La Russie voit son attaquant Oleg Salenko inscrire un quintuplé, tandis que le Cameroun sauve l’honneur par Roger Milla, qui devient à 42 ans le plus vieux buteur de l’histoire des phases finales de Coupe du Monde, quatre ans après ses quatre buts inscrits en Italie, à 38 ans, au Mondiale 90. Personne n’avait jamais réussi à inscrire 5 buts dans un même match de phase finale, malgré plusieurs quadruplés … le Suédois Wetterström en 1938 face à Cuba, le Polnais Willimovski en 1938 face au Brésil, le Brésilien Ademir en 1950 face à la Suède, le Hongrois Sandor Kocsis en 1954 face à la RFA, le Français Just Fontaine en 1958 face à la RFA, le Portugais Eusebio en 1966 face à la Corée du Nord, et enfin l’Espagnol Emilio Butragueno en 1986 face au Danemark.

-  1994, Jorge Campos bridé avec le Mexique : goal volant dans son club de l’UNAM, Jorge Campos se voit interdire par la FIFA de jouer à la fois gardien de but et attaquant durant la World Cup américaine. Le Mexique ira jusqu’en huitièmes de finale, où il sera éliminé par la Bulgarie de Hristo Stoïtchkov.

-  1994, le doigt d’honneur de Stefan Effenberg : contre la Corée du Sud, le virtuose allemand Stefan Effenberg pète les plombs. L’ancien joueur de la Fiorentina s’illustre surtout par un geste qui aura des répercussions sur le reste de sa carrière internationale. Après un match sans relief contre la Corée du Sud, il adresse un doigt d’honneur au public qui le siffle. Ce geste va provoquer le divorce entre le joueur et l’équipe nationale allemande. Sanctionné par le sélectionneur allemand Berti Vogts, il ne rejouera que quatre ans plus tard pour la Mannschaft pour seulement deux matches. Même après le fiasco de l’équipe d’Allemagne à l’Euro 2000, et malgré les appels des supporters qui le voient comme le seul leader possible dans l’équipe au vu de ses excellentes performances au Bayern Munich, Stefan Effenberg refusera de revenir en sélection.

-  1994, la phobie de Bergkamp : c’est après une alerte à la bombe à l’aéroport d’Orlando, en pleine World Cup 1994, que Dennis Bergkamp développera une phobie de l’avion. Heureusement pour les fans de football, le successeur des Cruyff, Rensenbrink et Van Basten comme inspirateur offensif des Oranje pourra continuer à enchanter les pelouses dans trois autres grands tournois : lors de l’Euro 1996 en Angleterre, la Coupe du Monde 1998 en France (avec un but fabuleux contre l’Argentine) puis l’Euro 2000 en Belgique et aux Pays-Bas. La Coupe du Monde 2002 étant organisée au Japon et en Corée du Sud, Dennis Bergkamp tire sa révérence en sélection après l’Euro 2000, pour se consacrer à son club d’Arsenal. Ironie du destin, la Hollande échouera à se qualifier dans un groupe composé de l’Irlande et du Portugal.

-  1994, match couvert à Detroit : le Silverdome Pontiac de Detroit accueille en juin 1994 le premier match de l’Histoire de la Coupe du Monde sous toit couvert, entre les Etats-Unis et la Suisse (1-1).

-  1994, l’assassinat d’Andres Escobar : après une victoire 5-0 en Argentine durant les éliminatoires de la zone Amérique du Sud, la Colombie de Faustino Asprilla et Carlos Valderrama débarque aux Etats-Unis avec une étiquette d’épouvantail. Le roi Pelé en fait même son favori dans la course aux pronostics. Le premier match des Colombiens déçoit, ils sont battus 3-1 par la Roumanie du Maradona des Carpates, Gheorghe Hagi s’offrant un lob génial sur le gardien. Le deuxième match sonne déjà le glas de leurs espoirs avec une autre défaite contre le pays organisateur, les Etats-Unis (2-1). Le défenseur colombien Andres Escobar (aucun lien de parenté avec le baron de la drogue Pablo Escobar), joueur de l’Atletico Nacional Medellin et international depuis 1987, a marqué contre son camp durant ce match. Escobar ne sait pas encore, en ce 22 juin 1994, qu’il vient de signer son arrêt de mort. La victoire de la Colombie contre la Suisse lors du troisième match n’y change rien, les joueurs de Francisco Maturana rentrent au pays. Le 2 juillet, alors qu’il dîne avec sa fiancée Pamela Casal dans le restaurant Las Palmas de Medellin, Andres Escobar, 27 ans, est assassiné de douze balles tirées à bout portant. Les trois meurtriers s’enfuient à bord d’une Jeep. Les cartels de la drogue de Medellin ont perdu de l’argent dans des paris sur l’équipe nationale de Colombie. Avant l’odieux meurtre d’Andres Escobar, la pression s’est exercée par des appels anonymes au sélectionneur Francisco Maturana, où ce dernier est menacé de voir s’il faisait jouer le milieu de terrain Gabriel Jaime Gomez. En 1995, quand le baron de la drogue Pablo Escobar est assassiné dans un règlement de comptes, son cercueil est paré du drapeau du club de l’Atletico Nacional Medellin, où jouait Andres Escobar …

-  1994, la superstition du Trianon Palace : après le coup de Jarnac bulgare du 17 novembre 1993 au Parc des Princes, Hristo Stoïtchkov convainc au printemps 1995 la délégation du FC Barcelone de séjourner au Trianon Palace de Versailles avant son match retour en quarts de finale de Ligue des Champions contre le PSG de George Weah et David Ginola. Mais Stoïtchkov et la Dream Team catalane de Johan Cruyff sont battus 2-1 par les champions de France. Après le match nul 1-1 à l’aller au Nou Camp, le PSG élimine les quadruples champions d’Espagne et vice-champions d’Europe en titre de cette C1 1995. Pour la troisième saison consécutive, Paris s’offre un grand d’Espagne en quarts de finale d’une Coupe d’Europe après le Real Madrid (1993 en C3 puis 1994 en C2).

-  1994, la renaissance du All Star Team FIFA : en 1938, une énorme polémique était née avec l’absence du buteur italien Silvio Piola de l’équipe type de la Coupe du Monde organisée en France. La FIFA attend alors 1994 pour relancer le principe de l’équipe-type, bien que le meilleur joueur soit désigné depuis 1978 (Mario Kempes).

-  1994, l’hommage à Ayrton Senna : en 1994, le Brésil met fin à 24 ans d’une interminable attente. Au Rose Bowl de Pasadena, près de Los Angeles, Romario, Dunga, Bebeto et leurs coéquipiers sont délivrés par le tir au but manqué de Roberto Baggio qui s’envole vers le ciel californien. La Seleçao remporte son quatrième titre mondial deux mois et demi après le tragique accident mortel d’Ayrton Senna, triple champion du monde de Formule 1 (1988, 1990 et 1991), lui aussi parti à la recherche d’un quatrième couronne mondiale avec l’écurie Williams-Renault. Les joueurs de Carlos Alberto Parreira rendent au hommage à celui qui fut l’idole du Brésil, et qui une semaine avant son décès sur l’autodrome d’Imola, donnait au Parc des Princes le coup d’envoi d’une rencontre de gala PSG – Brésil. Ayrton Senna était devenu un symbole national depuis le dimanche 22 juin 1986, au lendemain d’un match d’anthologie entre la France et le Brésil. Vainqueurs aux tirs aux buts le 21 juin 1986 au stade Jalisco de Guadalajara, les coéquipiers de Michel Platini consolaient l’Hexagone de la perte d’un autre Michel d’origine italienne (Coluche, alias Michel Colucci, qui s’était tué en moto le 19 juin à Opio). Quant aux Brésiliens, ils voyaient à nouveau Zico et Socrates battus par une équipe européenne, quatre ans après le coup de tonnerre de Barcelone, au stade de Sarria, où le triplé de Paolo Rossi avait condamné la Seleçao à un retour prématuré. Le dimanche 22 juin, Ayrton Senna remporte sa quatrième victoire en F1 avec Lotus Renault au Grand Prix des Etats-Unis, à Detroit. Devançant, ironie du sort, deux pilotes français sur le podium (Jacques Laffite et Alain Prost), l’archange déploie le drapeau brésilien et sera élevé au rang d’idole par tout un peuple. Avec Ayrton Senna, mais aussi Emerson Fittipaldi et Nelson Piquet, le Brésil a pu se consoler via huit titres mondiaux (1972 et 1974 pour Emerson Fittipaldi, 1981, 1983 et 1987 pour Nelson Piquet, 1988, 1990 et 1991 pour Ayrton Senna) durant cette période disette entre les sacres de 1970 et 1994. Ironie du sort, l’Italie et l’Allemagne ont-elles aussi attendues 24 ans entre leurs troisièmes et quatrième couronnes mondiales : de 1982 à 2006 pour les Italiens, consolés par tant de titres de la Scuderia Ferrari sous l’ère Jean Todt (cinq titres pilotes entre 2000 et 2004, sans oublier six titres constructeurs entre 1982 et 2004), de 1990 à 2014 pour les Allemands (onze titres des pilotes, sept pour Michael Schumacher entre 1994 et 2004, quatre pour Sebastian Vettel entre 2010 et 2013). Plus soudée que jamais, la Seleçao de 1994 avait enduré d’autres épreuves plus personnelles que celle vécue par l’ensemble du Brésil avec le décès d’Ayrton Senna : l’enlèvement du père de Romario, Edevair de Souza Faria, à Rio de Janeiro, et l’agression de l’épouse de Bebeto. Romario, Mazinho et Bebeto donneront lors d’un but contre les Pays-Bas, en quarts de finale, une magnifique image de solidarité, mimant des hommes couvant un bébé, en écho à la naissance du fils de Bebeto.

-  1998, la Coupe du Monde décale le Tour de France cycliste : la 85e édition du Tour de France cycliste s’est déroulée du samedi 11 juillet au dimanche 2 août, débutant à Dublin et ne revenant sur le territoire français que mardi 14 juillet, le surlendemain de la victoire des coéquipiers de Zidane. Gagnée par Marco Pantani devant le maillot jaune sortant Jan Ullrich, cette Grande Boucle a été marquée du sceau de l’affaire Festina. La logique des organisateurs du Tour de France, Jean-Marie Leblanc et Jean-Claude Killy, était évidemment d’éviter la cohabitation médiatique avec la fin de la Coupe du Monde organisée en France, ce qui n’avait bien entendu pas été le cas en 1938. On remarquera qu’en 2002, la finale étant diffusée en début d’après-midi en Europe du fait du décalage horaire avec Yokohama (Japon), Bernie Ecclestone avait soigneusement évité la concurrence avec un Grand Prix de Formule 1 pour le dimanche 30 juin, intercalé entre les Grands Prix d’Europe le 23 juin sur le circuit du Nürburging (gagné par Rubens Barrichello sur Ferrari) et de Grande-Bretagne le 7 juillet (gagné par Michael Schumacher sur Ferrari). Le 12 juillet 1998, le Grand-Prix de Grande Bretagne gagné par Michael Schumacher sur Ferrari à Silverstone avait eu lieu quelques heures avant la finale France – Brésil à Saint-Denis. Tout comme le dimanche 8 juillet 1990, Alain Prost avait remporté le Grand Prix de France avec Ferrari sur le circuit Paul-Ricard du Castellet, quelques heures avant la grande finale prévue à Rome entre la RFA et l’Argentine. Ce même jour, Stefan Edberg avait gagné la finale messieurs de Wimbledon contre Boris Becker, là aussi en début d’après-midi européenne.

-  1998, l’Ecosse ne passe toujours pas le premier tour : malgré de multiples participations, l’Ecosse n’est jamais parvenue à passer le premier tour en phase finale de Coupe du Monde, que ce soit en 1954 (devancée par l’Uruguay et l’Autriche), 1958 (devancée par la France et la Yougoslavie), en 1974 (devancée par la Yougoslavie et le Brésil), en 1978 (devancée par le Pérou et les Pays-Bas), en 1982 (devancée par le Brésil et l’Union Soviétique), en 1986 (devancée par le Danemark et la RFA), en 1990 (devancée par le Brésil et le Costa Rica) ou encore en 1998 (devancée par le Brésil et la Norvège).

-  1998, mea culpa des journalistes après Brésil – Norvège : pour le troisième match du premier tour, au stade Vélodrome de Marseille, la Norvège bat le Brésil 2-1 sur un penalty litigieux. L’ensemble des journalistes jette l’opprobre sur l’arbitre du match, car la victoire des Norvégiens a pour conséquence l’élimination du Maroc, vainqueur 3-0 de l’Ecosse de son côté.  Cette victoire déchaîne les médias car la Norvège obtient un penalty jugé inexistant par l’ensemble des médias. L’arbitre du match, l’américain Esfandiar Baharmast, est dans un premier temps vivement critiqué et de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer l’arbitrage vidéo. Néanmoins, quelques jours plus tard, une vidéo prise d’un angle différent de celui du direct, réhabilite l’arbitre et démontre que la faute du défenseur brésilien Junior Baiano est bien réelle, la faute étant commise juste avant le début du ralenti diffusé en direct où l’on ne voit que la chute du joueur norvégien Tore André Flo, et pas le tirage de maillot qui précède et entraîne cette chute …

-  1998, le képi de Miroslav Blazevic : le match Allemagne – Yougoslavie de Lens restera unique pour deux raisons : la première, le 22e match de Lothar Matthaus en Coupe du Monde pour sa cinquième participation (ex-aequo avec le gardien mexicain Antonio Carbajal). La seconde, pour le passage à tabac par des hooligans allemands du gendarme Daniel Nivel près du stade Félix-Bollaert. Le sélectionneur de la Croatie, Miroslav Blazevic, gardera un képi près de lui durant l’ensemble de la compétition.

-  1998, le paradoxe de L’Equipe : le journal de Jérôme Bureau et Gérard Ejnès vouait aux gémonies la sélection dirigée par Aimé Jacquet. Pourtant, ce dernier, chef d’orchestre du triomphe français contre le Brésil (3-0) en finale à Saint-Denis. La victoire des Bleus en Coupe du Monde offre au quotidien sportif d’Issy-les-Moulineaux son plus gros tirage avec 1 645 000 copies, loin devant celui de mai 1993 (victoire de l’OM en Coupe d’Europe contre le Milan AC) et d’octobre 1948 (victoire de Marcel Cerdan contre Tony Zale, un an avant la mort tragique du natif de Casablanca dans le crash d’un Lockheed Constellation d’Air France aux Açores, emportant également la violoniste virtuose Ginette Neveu). Deuxième paradoxe, la photo de la une du journal L’Equipe le lundi 13 juillet ne montre pas le trophée soulevé par le capitaine Didier Deschamps dans le ciel dionysien, contrairement aux photos de bien d’autres quotidiens nationaux ou régionaux …

-  1998, titularisation éphémère pour Edmundo : la crise d’épilepsie de Ronaldo plonge Mario Zagallo et son staff dans l’embarras. Alors qu’il regardait la F1 à la télévision à l’occasion de la victoire de Michael Schumacher et Ferrari à Silverstone, Roberto Carlos voit son compagnon de chambrée être victime d’une crise d’épilepsie. Se priver du prodige de l’Inter Milan pour la grande finale de la Coupe du Monde contre la France est un crève-cœur, mais la santé du joueur prime avant tout. C’est pourquoi la feuille de match voit le nom d’Edmundo titulaire aux côtés de Rivaldo et Bebeto en attaque pour la Seleçao. La pression du sponsor Nike va tout changer, et imposer le nom de Ronaldo, qui traversa la finale comme une ombre, à l’exception d’un contact très spectaculaire avec Fabien Barthez.

-  1998, une finale inédite : jamais Français et Brésiliens ne s’étaient affrontés en finale de la Coupe du Monde, mais également jamais le pays organisateur n’avait défié en finale le champion du monde en titre. En effet, le pays organisateur était parvenu six fois en finale auparavant, mais jamais face au champion du monde en titre : l’Uruguay en 1930 (pas de champion du monde en titre puisque c’était la première Coupe du Monde), l’Italie en 1934 (Uruguay absent), la Suède en 1958 (RFA battue en demi-finale par la Suède), l’Angleterre en 1966 (Brésil éliminé au premier tour), la RFA en 1974 (Brésil éliminé au deuxième tour), l’Argentine en 1978 (RFA éliminée au deuxième tour). Quant au champion du monde en titre, il était parvenu trois fois en finale avant 1998, mais jamais face au pays organisateur : l’Italie en 1938 (France battue en quart de finale par l’Italie), le Brésil en 1962 (Chili battu en demi-finale par le Brésil), l’Argentine en 1990 (Italie battue en demi-finale par l’Argentine)

-  2002, le record de la Belgique : entre 1982 et 2002, les Diables Rouges auront réussi l’exploit de se qualifier six fois consécutivement pour la phase finale sans bénéficier du statut de pays organisateur ou de champion du monde en titre. Personne ne peut en dire autant parmi les pays six fois qualifiés, comme l’Espagne (pays organisateur en 1982), l’Italie (championne du monde en titre en 1986 et pays organisateur en 1990), l’Argentine (championne du monde en titre en 1982 et 1990), le Brésil (champion du monde en titre en 1998) et l’Allemagne (championne du monde en titre en 1994), et à plus forte raison l’Angleterre (absente en 1994), la France (absente en 1990 et 1994, pays organisateur en 1998, championne du monde en titre en 2002) ou les Pays-Bas (absents en 1982, 1986 et 2002). Entre 1986 et 2014 cependant, l’Espagne aura réussi la performance de se qualifier huit fois consécutivement en passant par les éliminatoires, le champion du monde en titre n’étant plus qualifié d’office depuis l’édition 2006 (la France fut la dernière à bénéficier de ce privilège en 2002).

-  2002, les maillots Mark Landers du Cameroun : l’équipementier allemand Puma, déjà sous le feu des polémiques en 1974 avec l’exception des deux bandes du maillot de Johan Cruyff, a franchi le Rubicon aux yeux de la FIFA. Les Lions Indomptables du Cameroun portent un maillot vert, un short rouge et des chaussettes jaunes, comme de coutume. Mais les coéquipiers de Samuel Eto’o portent un maillot vert sans manches, tel le célèbre personnage de fiction Mark Landers du dessin animé Olive & Tom (alias Kojiro Hyuga dans le manga originel Captain Tsubasa). La FIFA ordonne au Cameroun. Quant au mangaka qui avait créé le personnage de Kojiro Hyuga, il s’était inspiré d’un célèbre footballeur brésilien pour créer le mentor de son jeune héros Tsubasa Ozora (alias Olivier Atton) : Roberto Hongo (alias Roberto Sedinho), victime d’un décollement de la rétine, n’est autre qu’un ancien numéro 10 du Brésil. Un destin tragique qui rappelle celui de Tostao, champion du monde 1970 contraint de mettre un terme à sa carrière pour décollement de la rétine.

-  2002, le premier duel Brésil – Allemagne : aussi incroyable que cela puisse paraître, les deux plus grandes nations du football mondial ne s’étaient jamais affrontées. Tous deux outsiders avant la compétition où les favoris vont décevoir (France et Argentine surtout, Portugal, Italie et Espagne ensuite), Brésiliens et Allemands vont se retrouver en finale, Ronaldo marquant deux buts au redoutable mur qu’est Oliver Kahn, coupable d’une erreur sur le premier but d’Il Fenomeno.

- 2002, la consécration de Pierluigi Collina : le célèbre arbitre italien profite de l’élimination précoce de la Squadra Azzurra par la Corée du Sud, mais aussi et surtout de son statut de meilleur arbitre du monde de l’époque pour se voir confier par la FIFA la responsabilité de la finale de Coupe du Monde 2002 entre le Brésil et l’Allemagne, troisième grande finale de sa carrière, après celle des Jeux Olympiques 1996 d’Atlanta (Nigeria – Argentine) et de la Ligue des Champions 1999 à Barcelone (Manchester United – Bayern Münich). Deux ans plus tard, Pierluigi Collina arbitrera la finale de C3 entre le FC Valence et l’Olympique de Marseille à Göteborg. Peu d’arbitres ont eu un tel palmarès : le Suisse Gottfried arbitra la finale de la C1 en 1965 (Inter Milan – Benfica Lisbonne), la finale de la Coupe du Monde 1966 (Angleterre – RFA) avec le but controversé de Geoff Hurst puis le premier match de la finale de l’Euro 1968 (Italie – Yougoslavie). Quant au Français Michel Vautrot, il arbitra la finale de C1 en 1986 (Steaua Bucarest – FC Barcelone) à Séville et celle de l’Euro 1988 (Pays-Bas – URSS) à Münich, palmarès identique pour l’Allemand Markus Merk, arbitre de la finale de C1 2003 (Milan AC – Juventus Turin) puis de la finale de l’Euro 2004 (Grèce – Portugal).

- 2002, Oliver Kahn cumule : bien que battu en finale par un doublé de Ronaldo, Oliver Kahn repart du Japon avec deux récompenses individuelles : le Ballon d’Or Adidas (pour la première fois remis à un gardien de but) et le Prix Lev Yachine (créé en 1994, inauguré par le Belge Michel Preud’Homme, seul gardien non champion du monde ou finaliste honoré avant Barthez en 1998, Kahn en 2002, Buffon en 2006, Casillas en 2010 puis Neuer en 2014).

- 2002, la Dream Team des internautes : la FIFA organise une consultation où plus de 1.5 million d’internautes composent leur équipe de rêve. Lev Yachine en est le gardien, Paolo Maldini, Franz Beckenbauer et Roberto Carlos les défenseurs, Roberto Baggio, Diego Maradona, Michel Platini et Zinédine Zidane les milieux de terrain, Pelé, Johan Cruyff et Romario les attaquants. Les trois joueurs les plus cités sont Diego Maradona, Pelé puis Zidane, de grands absents étant Eusebio, Gerd Müller, Ferenc Puskas, Giuseppe Meazza, Garrincha, Silvio Piola, Mario Kempes, Dino Zoff …

- 2006, paris truqués sur Brésil – Ghana : le huitième de finale Brésil – Ghana n’est pas à retenir seulement pour le quinzième but en phase finale de Ronaldo, qui bat le record de Gerd Müller datant de 1974 (Miroslav Klose atteindra la barre des seize buts en 2014). Ce match gagné 3-0 par le Brésil contre le Ghana est soupçonné de paris truqués ayant conduit les Black Stars à se coucher face aux favoris du tournoi. D’autres matches du Mondial 2006 sont soupçonnés de corruption, comme Italie – Ghana, Angleterre – Equateur, ou Italie – Ukraine, l’équipe perdante étant achetée par les parieurs sur le marché du jeu asiatique (livre de Declan Hill, Comment truquer un match de foot).

- 2006, la polémique du stade Olympique de Berlin : en 1974, la RFA avait accueilli la Coupe du Monde. En 2006, le tournoi revient dans une Allemagne réunifiée depuis 1990. La finale, contrairement à 1974, peut se dérouler à Berlin et non à Munich. Le choix du stade Olympique fait cependant débat, car l’enceinte berlinoise avait été le théâtre des Jeux Olympiques 1936, ayant servi la propagande nazie orchestrée par Adolf Hitler et Josef Goebbels, sous la complaisance du président du CIO de l’époque, le comte Henri Baillet de Latour. En 2006, l’Italie domine la France aux tirs aux buts, profitant de l’expulsion de Zinédine Zidane suite à une provocation de Marco Materazzi. Héros du début de match avec une panenka magique devant Gianluigi Buffon, Zidane termine sa carrière en queue de poisson, loin de l’apothéose espérée.

- 2010, le scandale des vuvuzelas : les journalistes étant sur place en Afrique du Sud, les spectateurs étrangers ainsi que les téléspectateurs ont bien du mal à s’accommoder des assourdissants vuvuzelas utilisés par les spectateurs sud-africains. Par la voix de Sepp Blatter, la FIFA tente de changer les choses mais se voit opposer un veto irrévocable de la part des Sud Africains.

- 2010, la grève du bus de Knysna : la sélection française de Raymond Domenech avait déjà fait scandale lors des éliminatoires avec la fameuse passe de la main de Thierry Henry contre l’Irlande. L’équipe de France, pitoyable sur le terrain, va offrir des montagnes russes d’adrénaline en dehors du terrain. Une altercation de vestiaire entre Domenech et Nicolas Anelka va être montée en épingle par le quotidien L’Equipe au lendemain de la défaite contre le Mexique. Au lieu de tout faire pour préparer l’ultime match contre l’Afrique du Sud alors que le risque d’élimination est grand, les coéquipiers d’Anelka, menés par leur capitaine Patrice Evra, partent à la recherche de la taupe. S’en suit une mascarade qui fera le tour du monde, et rendra les Bleus la risée du monde entier : l’entraînement de Raymond Domenech est boycotté par ses propres joueurs. Le capitaine Patrice Evra et quelques autres leaders du groupe dont William Gallas ou Franck Ribéry, bloquent la sortie du bus …

- 2010, la polémique Frank Lampard : quarante-quatre ans après la finale de Wembley de 1966, le fantôme du but de Geoff Hurst refait surface lors du même match, Allemagne – Angleterre. Dirigée par Fabio Capello, ancien entraîneur de l’AC Milan, du Real Madrid, de l’AS Rome et de la Juventus Turin, la Perfide Albion sort d’un premier tour moribond, mais tout le pays espère que la génération dorée des Terry, Ferdinand, Gerrard, Lampard et autres Rooney va ramener le trophée. Menée 2-1 par l’Allemagne, l’Angleterre est au pied du mur quand le milieu de terrain de Chelsea décoche une frappe magnifique qui rebondit derrière la ligne de Manuel Neuer. Mais l’arbitre du match refuse de valider ce but qui change complètement le match. L’Angleterre ne reviendra pas, et l’Allemagne s’imposera finalement sur le score sévère de 4-1.

- 2010, troisième finale perdue pour les Pays-Bas : seule l’Allemagne a perdu plus des finales que la Hollande : quatre pour la Mannschaft (1966, 1982, 1986 et 2002), trois pour les Oranje (1974, 1978, 2010) et pour l’Argentine (1930, 1990 et 2014). Mais la différence avec les Allemands et les Argentins est que les Néerlandais n’ont jamais gagné la Coupe du Monde, ce qui fait d’eux les Poulidor de la compétition. D’autres pays jamais couronnés ont perdu plus d’une finale, comme la Hongrie (1938 et 1954) et la Tchécoslovaquie (193 et 1962).

- 2010, Thomas Müller Soulier d’Or : Wesley Sneijder, David Villa et Diego Forlan aviaent aussi marqué 5 buts en Afrique du Sud, mais le grand espoir allemand (également meilleur jeune joueur du tournoi) est Soulier d’Or FIFA au plus grande nombre de passes décisives, évitant un ex aequo comme en 1962 (Garrincha, Vava, Jerkovic, Albert, Ivanov et Sanchez) ou 1994 (Stoïtchkov et Salenko).

- 2014, le maillot blanc maudit de l’Espagne : battus 5-1 par les Pays-Bas en ouverture de leur tournoi brésilien, les doubles champions d’Europe (2008, 2012) et champions du monde (2010) espagnols ne savent pas encore qu’ils vont tomber de Charybde en Scylla. Les joueurs de Vicente Del Bosque ont joué en blanc, ce qui rappelle des mauvais souvenirs, avec une défaite contre l’Italie en 1994 à Boston (quart de finale) ou un revers contre le Nigeria en 1998 à Nantes (premier tour).

- 2014, le Mexique toujours bloqué en huitièmes de finale : si l’on fait exception des Coupes du Monde 1970 et 1986 où il parvint en quarts de finale à domicile, le Mexique n’a jamais dépassé le stade des huitièmes de finale : éliminé en 1994 par la Bulgarie, en 1998 par l’Allemagne, en 2002 par les Etats-Unis, en 2006 et en 2010 par l’Argentine, en 2014 par les Pays-Bas …

- 2014, quatrième demi-finale consécutive pour l’Allemagne : 2002, 2006, 2010 et 2014, quatre présences consécutives dans le dernier carré pour l’Allemagne (finale en 2002 face au Brésil, demi-finale perdue en 2006 contre l’Italie puis en 2010 contre l’Espagne, titre mondial en 2014 face à l’Argentine). Jamais pays n’avait réussi pareil exploit, bien peu déjà ayant pu aligner trois demi-finales de rang : l’Allemagne déjà entre 1982 et 1990 (finaliste en 1982 et 1986, championne du monde en 1990) avant de trébucher en quarts de finale en 1994 (défaite contre la Bulgarie), le Brésil entre 1994 et 2002 (champion du monde en 1994 et 2002, finaliste en 1998) avant de perdre en quarts de finale en 2006 (défaite contre la France), l’Allemagne entre 1966 et 1974 (finaliste en 1966, demi-finaliste en 1970, championne du monde en 1974) avant d’être éliminée au deuxième tour en 1978 (troisième du groupe derrière les Pays-Bas et l’Italie), le Brésil entre 1970 et 1978 (champion du monde en 1970, quatrième en 1974, troisième en 1978). A noter qu’en 1974 et 1978, il n’y avait pas de véritable demi-finale mais les pays classés deuxièmes des secondes phases de poules s’affrontaient en match pour la troisième place (Brésil – Pologne en 1974, Brésil – Italie en 1978).

- 2014, la malédiction de la Coupe des Confédérations : aucun lauréat de la Coupe des Confédérations n’a pu ensuite gagner la Coupe du Monde … Le Brésil l’a vécu à trois reprises. En 1997 en Arabie Saoudite, en 2005 en Allemagne puis en 2013 à domicile, la Seleçao a gagné cette compétition rassemblant les champions de chaque confédération (UEFA, CONMEBOL, CAF, CONCACAF et AFC). Mais les Brésiliens ont échoué par la suite en 1998 (finale perdue 3-0 contre la France à Saint-Denis), en 2006 (quart de finale perdue 1-0 contre la France en Allemagne) puis en 2014 (demi-finale perdue contre l’Allemagne à Belo Horizonte, avec un). Pour la France, le triomphe de 2001 en Coupe des Confédérations fut même une victoire à la Pyrrhus, tant les Bleus ont versé dans l’excès de confiance par la suite, étant éliminés sans gloire au premier tour en Corée du Sud, avec à leur décharge l’indisponibilité de deux de leurs meilleurs joueurs, Robert Pires et Zinédine Zidane. Tutoyant la perfection lors de l’Euro 2000 et s’attirant tous les superlatifs, les joueurs de Roger Lemerre ont commis le péché d’orgueil en se croyant trop beaux … L’usure du pouvoir va les ramener à la réalité avec deux défaites contre le Sénégal puis le Danemark, entrecoupées d’un match nul insipide face à l’Uruguay.

- 2014, la fin de la malédiction des continents : en 1958, le Brésil avait été la première équipe sud-américaine à gagner sur le territoire européen, remportant la Coupe du Monde en Suède, la Seleçao gagnant ensuite partout sur chaque continent sauf en Afrique (1962 au Chili pour l’Amérique du Sud, 1970 au Mexique pour l’Amérique Centrale, 1994 aux Etats-Unis pour l’Amérique du Nord, 2002 au Japon pour l’Asie). En 2014, l’Allemagne est la première équipe européenne à triompher en Amérique en battant en finale l’Argentine à Rio de Janeiro, après tant d’échecs européens sur le continent découvert par Christophe Colomb (la Tchécoslovaquie en 1962 au Chili, l’Italie en 1970 au Mexique, les Pays-Bas en 1978 en Argentine, la RFA en 1986 au Mexique, l’Italie en 1994 aux Etats-Unis). Quant aux Sud Américains, la victoire du Brésil en Suède en 1958 est restée une exception pour les Coupes du Monde disputées en Europe, tous les autres finalistes s’étant cassés les dents sur le Vieux Continent : l’Argentine en 1990 en Italie, puis le Brésil en 1998 en France furent les seuls en d’Amérique du Sud à disputer une finale en Europe en dehors du Brésil de 1958.

- 2022, le scandale du Qatar : loin de nettoyer les écuries d’Augias mises en place sous Joao Havelange, puisqu’il en avait été une des chevilles ouvrières, Sepp Blatter a continué à discréditer la FIFA depuis son élection à la présidence en 1998. Le Suisse, du haut de sa tour d’ivoire, se lave les mains tel Ponce Pilate devant tout scandale qui vient égratigner la Fédération internationale. Désigné en 2011 comme pays hôte du Mondial 2022, le Qatar est rapidement soupçonné de corruption active envers la FIFA. L’instance de Zurich se défend de telles pratiques en son sein tandis que d’autres sujets nourrissent la polémique : la mort d’ouvriers du bâtiment dans des conditions dignes de l’esclavage sur les chantiers de constructions des futurs stades, la possible modification du calendrier pour une Coupe du Monde en plein hiver … La FIFA, garante de la qualité du spectacle offert, avait déjà été sous le feu des critiques en 1994 quand les matches aux Etats-Unis se déroulaient sous un soleil de plomb, en plein après-midi. Le match Allemagne – Corée du Sud, à Dallas, s’était déroulé sous une température de 45°C, à un horaire permettant de diffuser la rencontre en prime time pour les clients principaux de la FIFA, les chaînes de télévision européennes …

  1. avatar
    16 juillet 2015 a 14 h 15 min

    On verra en cas de changement de président de la FIFA post Blatter si le Qatar rejoint la Colombie comme pays hôte ne pouvant finalement pas accueillir la Coupe du Monde.

    Horst Dassler et Joao Havelange étaient bien contents en 1983 du désistement colombien, les candidats (Mexique, USA) ayant un potentiel marketing bien plus grand pour Adidas, Coca-Cola et les autres sponsors VIP de la FIFA.

  2. avatar
    16 juillet 2015 a 17 h 06 min

    Merci de ne pas censurer la fin de l’article quand je le remets en commentaire. Je vue bien qu’il y ait une erreur de publication mais dans ce cas là pourquoi supprimer le post qui complète la fin de l’article ??

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