Indurain, un Navarrais sujet de thèse
Photo Panoramic

Indurain, un Navarrais sujet de thèse

Suffit-il d’avoir le choix pour être libre ? Travailler, est-ce seulement être utile ? L'art est-il moins nécessaire que la science ? … Vous avez quatre heures ! Tous les étudiants et autres bacheliers de France et de Navarre ont été confrontés à ce type de réflexions philosophiques. En 1993, après la troisième victoire consécutive de Miguel Indurain dans le Tour de France, Pierre Chany s’interrogeait lui-même sur le coureur espagnol de Banesto, le Navarrais étant coupable à ses yeux de ne pas avoir gagné d’étape en ligne en neuf semaines de course, et surtout de laisser le panache aux oubliettes : Peut-on devenir un champion mythique sans porter en soi un brin de folie ?

Mardi 18 juin 1996. Le journaliste émérite Pierre Chany meurt à 73 ans à Paris, à onze jours de suivre son cinquantième Tour de France. L’ancienne plume du quotidien L’Equipe en restera à 49 Tours de France, lui qui aurait tant aimé atteindre le seuil de 51, chiffre du dossard mythique d’Eddy Merckx (1969), Luis Ocaña (1973), Bernard Thévenet (1975) et Bernard Hinault (1978), chiffre symbole du fameux pastis 51 qu’appréciait celui qui fut longtemps, en compagnie d’Antoine Blondin, le passager de la célèbre voiture 101.

Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui, un Prix Pierre-Chany récompense le meilleur article cycliste de l’année, tant le journaliste à l’écriture virtuose savait ciseler les mots pour coller au plus près de la réalité vécue sur l’asphalte par les forçats de la route. Ainsi, Jacques Anquetil avait-il un jour déclaré ceci à propos de Pierre Chany, hommage superbe du quintuple maillot jaune à celui qui était son fidèle confident : Ne me demandez pas de vous raconter ma course, il y a plus compétent que moi pour le faire. Le public ne retiendra pas ce qui s’est réellement passé, mais ce que l’on va en écrire ou en dire. Et moi-même j’attends de lire demain l’article de Pierre Chany dans L’Équipe pour savoir ce que j’ai fait, pourquoi et comment je l’ai fait. Comme il fait autorité, qu’il est compétent, qu’il me connaît et me comprend, sa version sera meilleure que la mienne et deviendra la mienne.

Le samedi 29 juin 1996, orphelin de Pierre Chany, le 83e Tour de France part de s’Hertogenbosch (Bois-le-Duc) aux Pays-Bas. Le favori suprême a pour nom Miguel Indurain, quintuple tenant du titre et co-recordman des succès finaux dans le Tour avec Jacques Anquetil, Eddy Merckx et Bernard Hinault, à la différence près que le Navarrais fut le seul à aligner ses succès de façon consécutive sur un quinquennat parfait, là où le Normand, le Bruxellois et le Breton avaient respectivement vu leurs bastions pris par des rivaux (en 1958 par Charly Gaul, en 1959 par Federico Bahamontes et en 1960 par Gastone Nencini sur la période 1957-1964 dominée par Anquetil, en 1973 par Luis Ocaña sur l’ère Merckx allant de 1969 à 1974, en 1980 par Joop Zoetemelk puis en 1983 et 1984 par Laurent Fignon pendant le règne despotique d’Hinault, entre 1978 et 1985).

Favori de ce Tour 1996 devant ses rivaux de la ONCE (Laurent Jalabert et Alex Zülle), Miguel Indurain avait la faveur des pronostics à défaut d’avoir celle de Pierre Chany, qui n’appréciait pas le style calculateur du champion de Banesto.

Sans lui jeter l’opprobre ni appliquer un apartheid envers lui dans la hiérarchie des maillots jaunes, Pierre Chany ne déroulait pas à l’entrée du cénacle cycliste un beau tapis rouge à Miguel Indurain, qui avait franchi le Rubicon en ne gagnant aucune étape en ligne entre 1991 et 1995, laissant Chiappucci triompher au Val Louron puis Bugno s’imposer à l’Alpe d’Huez en 1991, Rominger lever les bras à Serre Chevalier puis à Isola 2000 en 1993, Zenon Jaskula l’emporter au Pla d’Adet en 1993, Luc Leblanc cueillir la victoire sous la brume de Lourdes Hautacam en 1994, ou même le suceur de roue belge Johan Bruyneel gagner à Liège en 1995.

Proche de Jacques Anquetil dans sa gestion de la course, Miguel Indurain avait radicalisé l’approche du Normand sous l’égide de son ancien directeur sportif José Miguel Echavarri, lui-même ancien coéquipier de Maître Jacques …

Dès 1993, où Miguel Indurain égalait Philippe Thys (1913, 1914, 1920), Louison Bobet (1953, 1954, 1955) et Greg LeMond (1996, 1989, 1990) au panthéon des triples vainqueurs, Pierre Chany se posait la question suivante : Peut-on devenir un champion mythique sans porter en soi un brin de folie ?

La question posée par Pierre Chany n’était pas seulement de savoir si Miguel Indurain était un champion, mais un champion mythique, dans la lignée des Gino Bartali, Fausto Coppi, Louison Bobet, Jacques Anquetil, Rik Van Looy, Eddy Merckx, Bernard Hinault et autres Greg LeMond, autres Pantagruels du cyclisme n’ayant laissé que les miettes de leur festin à la concurrence, tels des ogres ayant chaussé leurs bottes de sept lieues.

Sorte d’OVNI ayant atterri sur le Tour de France en 1991, Miguel Indurain a cannibalisé la course pendant cinq ans, maintenant un niveau stratosphérique, voire stellaire … Mais rien de commun avec Gino Bartali et son splendide isolement sur les cimes de l’Izoard, avec Fausto Coppi si propice à la fugue solitaire, avec Jacques Anquetil qui aimait se lancer des défis irrationnels (le doublé Dauphine Libéré / Bordeaux-Paris de 1965), avec Eddy Merckx qui maintenait en permanence la tête sous l’eau à ses rivaux qu’il asphyxiait parfois dès le premier kilomètre de course, avec Bernard Hinault qui appliquait, tel un despote magnétique, la loi du talion à tous ceux qui lui tenaient la dragée haute sportivement … Les yeux du natif d’Yffiniac trahissaient son désir d’absolu, son envie presque animale de faire respecter la loi du plus fort dans cette jungle du Tour de France régie par un processus de sélection naturelle proche des théories de Charles Darwin : le plus fort émerge. Et le plus fort de sa génération, c’était Hinault, qui pédalait la plupart du temps la rage chevillée au corps !

Le dénominateur commun de tous les champions d’exception est de savoir pérenniser la victoire, de repousser l’inexorable érosion du temps, cette fameuse usure du pouvoir qui vous guette et frappe parfois à la porte.

A ce jeu là, Miguel Indurain a passé l’examen avec mention très bien et félicitations du jury, ayant su prolonger l’état de grâce durant cinq étés consécutifs sur la Grande Boucle (1991, 1992, 1993, 1994, 1995), même s’il a commis le péché d’orgueil en 1996, tentant vainement une sixième victoire restée utopique.

Le deuxième point commun des champions hégémoniques est leur résilience, leur capacité à surmonter les épreuves. Et là également, Indurain s’est montré digne du Campionnissimo renaissant de ses cendres tel le phénix en 1952 après le décès de son frère cadet Serse en 1951 et une terrible défaite contre Hugo Koblet, de Maître Jacques moribond dans le Port d’Envalira en 1964, du Cannibale terrassé par Luis Ocaña en 1971 vers Orcières Merlette, ou encore du Blaireau atteint par la conjonctivite en 1979 et semé par Zoetemelk sur les pavés du Nord.

En 1992, l’Espagnol surmonte avec sang-froid l’étape du Bettex, dont l’arrivée est jugée à Saint-Gervais Mont-Blanc. Stephen Roche tente de lui porter l’estocade via une escarmouche collective de la formation Carrera, mais la Banesto et Indurain gardent leur self-control face aux banderilles adverses. Le navire tangue mais ne chavire pas, le capitaine a gardé son cap dans la tempête, la main ferme sur le gouvernail comme sur le guidon, le dos en équerre et les jambes souples pour un coup de pédale aérien … Le lendemain soir, le tenant du titre endosse le maillot jaune dans la station piémontaise de Sestrières, victoire sublime de Chiappucci, son bâton de maréchal.

En 1993, après avoir terrassé l’opposition au chrono du Lac de Madine et imposé violemment sa férule dans le col du Galibier sur la route de Serre-Chevalier, Miguel Indurain gère son capital en épicier, tel un maillot jaune tapi dans l’ombre de ses dauphins. Mais le public ignore que le Navarrais est alors frappé d’une forte fièvre qui diminue ses extraordinaires capacités intrinsèques.

Pour ne pas hypothéquer son triplé dans le Tour et sa quête du Graal de triplé Giro – Tour – Mondial, Miguel Indurain bluffe et laisse un peu d’oxygène à ses dauphins. Loin de faire la montagne sa citadelle ou son pré carré, Indurain laisse Rominger mener dans la Bonette – Restefond, et le Zougois s’échapper avec le Polonais Jaskula dans le Tourmalet sur la route de Pau, dans cette Navarre française d’où venait le bon Henri IV. L’Espagnol s’incline même dans sa chasse gardée du contre-la-montre, entre Monthléry et Brétigny-sur-Orge, ce qui laisse à ce Tour de France 1993 un parfum de symphonie inachevée. Mais diminué, pourquoi risquer à tout prix de conquérir une étape qui deviendrait une victoire à la Pyrrhus, avec un effet boomerang ?

En 1995, après quelques minutes de panique sur la route de Mende, Indurain et Banesto ont su manœuvrer pour contrecarrer les ambitieux desseins du cheval de Troie de Manolo Saiz, avec Laurent Jalabert parti en éclaireur avant qu’Alex Zülle ne tire les marrons du feu dans la montée finale face à une armada Banesto affaiblie ? Ironie du destin, c’est Zülle qui cédera du temps à Indurain dans le chef-lieu de la Lozère, ainsi qu’à Riis et Pantani, tandis que le Goliath espagnol conserve son maillot jaune.

Mais entre 1991 et 1995, Indurain n’a souvent pas eu besoin d’attaquer, c’est pourquoi il reprenait la tactique éprouvée au temps de Jacques Anquetil, autre épouvantail de l’effort solitaire, en tirant les dividendes de son insolente supériorité, tout en limitant les risques dans la montagne face aux grimpeurs, demandant à son équipe Banesto de l’emmener jusqu’au pied de l’ultime col (voire plus loin) avec un tempo suffisamment élevé pour décourager la prise d’initiative des baroudeurs. Aidant Indurain à conquérir son Everest, les sherpas de Banesto lui vouaient leur entière dévotion sous l’autorité du tandem Unzue / Echavarri. Aux yeux de ce dernier, Jacques Anquetil avait fait jurisprudence dans la façon d’aller cueillir les lauriers à Paris : écraser le premier grand contre-la-montre pour décourager toutes les velléités offensives des grimpeurs. Alençon en 1991, Luxembourg en 1992, Lac de Madine en 1993, Bergerac en 1994, Seraing en 1995, le roi Miguel a reçu le message 5 sur 5, aucune interférence, allant même enfoncer le clou en 1991 à Mâcon, en 1992 à Blois et en 1995 au Lac de Vassivière. Comme Anquetil jadis, il a donc parfois fait renoncer les grimpeurs de par l’ampleur des dégâts causés en CLM, ce qui en 1961 avait provoqué le courroux de Jacques Goddet dans un éditorial au vitriol resté fameux, après l’étape reine des quatre géants pyrénéens (Peyresourde, Aspin, Tourmalet, Aubisque) escamotée par Gaul et consorts : Les nains de la route.

En 1991, après sa victoire dans le chrono d’Alençon, Miguel Indurain va voir ses deux principaux rivaux tomber du Capitole à la Roche Tarpéienne : Erik Breukink abandonne entre Rennes et Quimper, terrassé par un mauvais dopage d’EPO comme le reste de l’affaire PDM, tandis que Greg LeMond est doublement handicapé par les prémices de sa myopathie mitochondriale (conséquence des plombs restés dans son organisme après l’accident de chasse du lundi de Pâques 1987) et de son refus viscéral de céder à la tentation de l’EPO, cet élixir de puissance accessible dans les deux Eldorados du dopage que sont l’Italie de Conconi et Ferrari, ou encore l’Espagne de Sabino Padilla, cheville ouvrière des succès de Miguel Indurain. Francesco Conconi, l’homme qui avait métamorphosé Moser en recordman de l’heure en 1984, fera progresser de façon linéaire le colosse de Pampelune, et fera aussi la démonstration en 1993 dans le col mythique du Stelvio, juge de paix des Dolomites, du regain de puissance phénoménal apporté par l’EPO (évaluée à 15 % par rapport à un coureur restée à l’eau claire, alias pan y agua dans le jardon du peloton). Avec une telle potion magique, le druide de Ferrare, bien que quinquagénaire, termine 5e d’une course de côte réunissant au Stelvio la plupart des meilleurs cyclistes italiens. Dans les Pyrénées et les Alpes, Indurain n’aura aucun mal à contrôler les Italiens Bugno et Chiappucci, deux fétus de paille comparés à son incroyable puissance, lui l’homme – watts …

En 1992, Indurain dresse la guillotine sur les routes du Grand-Duché de Luxembourg, reprenant notamment 6 minutes à Laurent Fignon qu’il dépassé à 53 km/h sur un faux-plat montant, et plus de 10 minutes à la grande majorité du peloton écoeuré par cette hécatombe, conséquence d’une puissance divine mais pourtant bien scientifique, venant du venin EPO. Certes vieillissant, Fignon reste le joker de luxe de la Gatorade derrière Gianni Bugno, dauphin du roi Miguel en 1991. Et pourtant, il est le troisième coureur à se faire rattraper par l’homme au dossard n°1. Humiliant le peloton en ce jour où il atteint son climax, l’Espagnol ruine tout suspense, étant maillot jaune virtuel derrière Pascal Lino échappé en Gironde quelques jours plus tôt. La seule question est de savoir non pas si mais quand Indurain va récupérer le Toison d’Or avant de soulever un deuxième vase de Sèvres à Paris. Dans ces conditions, le leader de Banesto n’a pas besoin d’écraser les pédales dans les Alpes, inutile d’attaquer puisque ses rivaux vont accuser la fatigue de la troisième semaine, ce qui sera le cas pour Bugno qui explosera complètement dans l’Alpe d’Huez.

En 1993, rebelote, Indurain se constitue un confortable matelas sur la concurrence au Lac de Madine (malgré une crevaison durant le chrono), et enfonce le clou dans le col du Galibier sur la route de Serre Chevalier, ce qui condamne Bugno et Breukink aux oubliettes. Et comme Tony Rominger court pour la deuxième place, le roi Miguel s’achemine tranquillement vers une apothéose sur les Champs-Elysées, avant d’annuler tous ses critériums, la faute à cette vilaine fièvre de thermidor.

En 1994, Indurain va encore tutoyer la perfection dans l’effort solitaire, lui qu’on disait sur le déclin après une troisième place au Giro derrière la nouvelle vague des Evgueni Berzin et Marco Pantani. Entre Périgueux et Bergerac, le Navarrais appose son sceau avec une rare violence, marquant au fer rouge tout un peloton laminé, éparpillé par une telle puissance. Même Tony Rominger, bien que préparé par le docteur Ferrari (mage de la Gewiss) ne peut lutter face à l’homme qui s’attire une fois de plus tous les superlatifs, Tyrano de Bergerac succédant à Robocop (1991) et à l’Extraterrestre (1992). Dans les Pyrénées, le maillot jaune écrase ses rivaux dans Lourdes Hautacam, seul Luc Leblanc pouvant l’accompagner jusqu’au sommet. Loin de son chant du cygne, Indurain est à son climax, prouvant sur les pentes rocailleuses du Mont Ventoux qu’il ne craint personne, exception faite d’un pur grimpeur tel que Marco Pantani, capable de démarrages foudroyants. Quant à Richard Virenque, il sera un feu de paille, s’effondrant devant Pantani et surtout Ugrumov dans les Alpes. Indurain, lui, finit en roue libre sous une canicule qui lui convient à merveille. Tel un poisson dans l’eau, l’Espagnol a évité tous les pièges de ce qui devait être un Tour anti-Indurain.

En 1995, loin de se murer dans une tour d’ivoire, Indurain tente d’égaler le record des quintuples maillots jaunes, quête du Graal que Tony Rominger ne pourra contrecarrer, le Suisse ayant pourtant piqué au vif l’orgueil du quadruple lauréat à l’automne 1994 en lui prenant assez facilement son record de l’heure, mal préparé il est vrai par Indurain (55.291 km/h pour le coureur de Mapei, 53.040 km/h pour celui de Banesto). Figure de proue du cyclisme espagnol, Indurain sort des sentiers battus et provoque une offensive sur la route de Liège, avant de s’appuyer le lendemain entre Huy et Seraing sur sa clé de voûte habituelle, la domination dans les contre-la-montre … Quelques jours plus tard, sur la route de la Plagne, l’ensemble du peloton passe sous les fourches caudines du maillot jaune, sauf Alex Zülle parti dans le Cormet de Roselend conquérir le strapontin du dauphin, à gauche du trône indéboulonnable de l’idole du royaume d’Espagne, qui faisait tourner les pédales avec ses mikados bronzés sur un Pinarello presque aussi tranchant que la fameuse Espada, cet Excalibur cycliste.

Les Arcs seront en juillet 1996 le Golgotha du Navarrais, orphelin de Sabino Padilla, d’où le voyage à Milan de José Miguel Echavarri dès le 3 janvier de cet an VI de l’ère Indurain, débutée en 1991. Tombant de Charybde en Scylla dans cette édition où il subit la loi d’airain de Bjarne Riis, l’Espagnol se retrouve échec et mat, en perdition sur le goudron des Arcs comme Merckx à Pra-Loup, l’épée de Damoclès ayant fini par tomber. Mais au lendemain du deuxième camouflet reçu à Val d’Isère dans un chrono en altitude dominé par Evgueni Berzin, Indurain promet l’enfer à ses rivaux dans le Galibier, qui sera finalement boycotté par les organisateurs, la neige ayant rendu l’ascension du toit du Tour impossible. Celle de l’Iseran restera tout aussi utopique, sonnant le glas des espoirs d’Indurain de créer des écarts face aux VIP et autres ténors du peloton, les Riis, Virenque, Olano, Berzin, Jalabert, Zülle et autres Rominger. Mais par cette déclaration, le quintuple vainqueur montrait à tout l’aréopage journalistique qu’il n’avait pas abdiqué, que sa fierté et son orgueil de champion étaient atteints en plein cœur … Crucifié ensuite à Lourdes Hautacam par le Danois Bjarne Riis, il reçoit l’accolade de son successeur à l’arrivée dans son fief de Pampelune, alors qu’un héritier bien plus jeune émerge du chaos de ce Tour de France 1996, l’Allemand Jan Ullrich et son physique de cyborg. Ironie du destin, l’année 1996 marque le changement d’équipementier du maillot jaune du Tour de France, qui signe un contrat avec Nike, dont le nom vient de la déesse grecque de la Victoire, Athéna Niké. La victoire encore et toujours, cette valeur refuge, cette assurance fournie par un coureur de l’envergure de Miguel Indurain.

Cette phobie presque viscérale pour l’improvisation, cette aversion des risques d’Indurain venait aussi de l’évolution des mœurs et des dogmes du sport cycliste, révolutionné par Greg LeMond sur l’approche du calendrier et l’inflation des salaires, le pionnier californien ayant brisé deux totems, le premier avec l’aide de Bernard Tapie et le second avec la bénédiction de ses proches. Ainsi, à l’inverse de Merckx ou d’Hinault, qui tiraient la quintessence de leurs qualités intrinsèques sur la moindre parcelle d’asphalte à la façon de guérilleros de la petite reine, Miguel Indurain gérait en épicier, en bon père de famille, le livret A que constituait son pécule de secondes. Le plus grand écart créé sur un dauphin fut 5’39’’ sur Piotr Ugrumov, loin des 7’17’’ de Lance Armstrong sur Joseba Beloki en 2002 (à la pédale, les 7’37’’ de 1999 sur Alex Zülle devant 6’03’’ à la chute du Suisse au passage du Gois), sans même évoquer les 17’54’’ pour le zénith du Cannibale Merckx que seule la mission Apollo 11 d’un autre Armstrong (Neil) éclipsait en ce mois de juillet 1969 qui sépara le bon grain de l’ivraie, soit l’intouchable Bruxellois des simples mortels qui le suivaient au classement général : Pingeon, Poulidor, Gimondi et consorts, qui se doutaient qu’une razzia d’une intensité jamais atteinte ne faisait que commencer : Veni, Vidi, Vici, en trois semaines tel Jules César dans l’Antiquité, Eddy Merckx venait de brandir le sceptre du vainqueur. Le Belge avait atteint le nirvana, l’accomplissement suprême, l’épanouissement ultime, et l’osmose parfaite avec son vélo. Jamais sans doute, exception peut-être du Coppi de juillet 1952, un coureur n’a autant écrasé que le Tour de France, avec une épopée dantesque vers Mourenx comme l’Italien avait été parachever son maillot jaune en battant ses rivaux au sommet du Puy-de-Dôme.

Mais quand le seul objectif de la saison est le Tour de France, avant le Championnat du monde sur route comme plan B, l’échec est interdit, à la façon d’un paradigme booléen : victoire ou défaite, comme l’avait indiqué par la suite un autre esclave stakhanoviste du Tour de France, le Lance Armstrong 2.0, ce rescapé du cancer du septennat d’imposture 1999-2005, cet usurpateur venu du lointain Texas qui tirait la substantifique moelle d’un organisme boosté par le docteur Ferrari et ciselé tel un diamant à l’entraînement, une fois avoir refermé les démons du dopage dans la boîte de Pandore surveillée par le Ponce Pilate de Lausanne, alias Hein Verbruggen, président d’une UCI qui avait décidé de ne pas nettoyer les écuries d’Augias dans lesquelles baignait le cyclisme des années 90, dans cette fange nauséabonde d’un sport gangréné par ce fléau EPO, au nom de l’intérêt suprême de la poule aux œufs d’or.

Reste la question du panache et de la fougue, du goût de l’impossible. SI l’on prend au mot Pierre Chany et son goût de l’étymologie, le Petit Larousse définit le panache comme l’éclat, le brio, le fait d’avoir fière allure. La maestria de Miguel Indurain fut souvent incontestable, bien que dépourvue de cette rage de vaincre, de ce côté artiste et imprévisible qui fait lever les foules … Quant au fait d’être un champion, le dictionnaire se range aussi comme avocat de la cause Indurain : Athlète ou équipe qui remporte la première place dans une compétition sportive. Personne qui excelle dans un sport. Le palmarès d’Indurain fut un almanach de la première place, de la médaille d’or, le qualificatif de champion ne saurait lui être contesté. Là où le bât blesse pour le roi Miguel, c’est bien sur l’absence de ce grain de folie, de cette capacité à rester maître de soi en toutes circonstances, à ne pas céder à l’euphorie du moment, à vouloir tout faire exploser sans se soucier des conséquences, tel un Gaul, un Pantani ou un Merckx …

Miguel Indurain n’avait pas l’esprit d’un conquistador, d’un cow-boy, d’un pyrotechnicien ou d’un condottiere. Il n’était pas un romantique pas plus qu’un électron libre à la Claudio Chiappucci, ce grimpeur venu de Toscane qui avait sans cesse des fourmis dans les jambes. Il n’avait pas la propension à démarrer dans un col tels Marco Pantani, Federico Bahamontes ou Charly Gaul, escaladeurs déployant leurs ailes et faisant se soulever les foules par leurs fulgurances, à la recherche d’exploits majuscules parfois atteints, à Aix-les-Bains (Gaul en 1958) ou aux Deux-Alpes (Pantani en 1998). Il n’était pas un loup-garou atteint de lycanthropie au mois de juillet, non pas sous la pleine lune mais sous le plein soleil au zénith. Personne n’aurait cependant misé un kopeck sur son coup de Jarnac sur les routes ardennaises sur la route de Liège, en 1995, pendant qu’à l’avant-garde du peloton, chacun se regardait en chiens de faïence, surpris par cet abordage d’un homme qui se refusait au coup de pédale superflu, à dynamiter la course, à descendre dans l’arène tel un gladiateur, à dégainer son sabre tel un samouraï, à partir à l’abordage tel un pirate se consumant d’impatience d’en découdre. Mais ne pas gagner d’étape en ligne entre 1991 et 1995 était un crime de lèse-majesté aux yeux de Pierre Chany, alors que l’Indurain coéquipier de Perico Delgado avait levé les bras deux fois dans ces Pyrénées limitrophes de sa Navarre natale, en 1989 à Cauterets puis en 1990 Luz Ardiden. Mais c’était avant que la chrysalide ne se mue définitivement en papillon, en sphinx aux ailes jaunes, sphinx de par son caractère impassible, de ce visage silencieux au sourire placide telle la Joconde.

Pas une fois, même sur la route de Liège, Miguel Indurain n’a cédé à ce zeste de folie et de fantaisie qu’on espérait voir en lui. Mais la fourmi espagnole a su dompter de façon implacable les cigales italiennes (Bugno, Chiappucci, Pantani), suisses (Rominger, Zülle), ex-soviétiques (Berzin, Ugrumov), américaines (LeMond, Hampsten), néerlandaises (Breukink) et françaises (Virenque, Leblanc, Jalabert) qu’on lui opposa durant son quinquennat à l’intérêt inversement proportionnel à sa domination sportive. Regarder la peinture sécher ou l’herbe pousser aurait été à peine plus ennuyeux, tant Indurain écrasait ses contemporains, tel Jupiter sortant la foudre.  Il ne recherchait pas plus Byzance que le Pérou, ne se trompait de cible, qu’il atteignait avec la précision d’un sniper sans émotion. Il ne prenait pas le risque d’un feu d’artifice inutile, courant à l’économie, l’idée de rentrer bredouille à Paris, sans cette seconde peau faite de jaune. Comme Niki Lauda sur quatre roues, Miguel Indurain ne s’offrait jamais de récréation, obsédé par sa mission et  conscient du sacrifice fait par ses coéquipiers de Banesto, lui qui avait une éducation qui érigeait le travail en valeur suprême.

Pas une fois, Miguel Indurain n’a soulevé l’enthousiasme des foules ou sublimé la verve romantique des héritiers à L’Equipe d’Antoine Blondin et Pierre Chany, le premier écrivant à propos d’un héroïque Louison Bobet, après son odyssée du 14 juillet 1955, le Breton au maillot irisé étant touché dans sa chair et courageux digne de Sisyphe sur les pentes rocailleuses du Mont Ventoux, vers son objectif suprême, la cité papale d’Avignon. Qu’on lui donne les clés de la ville !

Parce qu’il a élevé le pragmatisme au rang de bushido et de code d’honneur auquel il n’a jamais dérogé, parce qu’il a privilégié le résultat à la manière sans jamais se renier et faire exception, Miguel Indurain a été au centre de critiques pour des puristes tels que Pierre Chany, attachés à la dramaturgie du Tour. Mais le cyclisme avait changé, avant même d’être totalement dénaturé par les oreillettes qui ont fait des coureurs du troisième millénaire des pantins manipulés par radio depuis la voiture du directeur sportif. Loin d’Eddy Merckx qui multipliait les initiatives sans que l’on sache ne jamais quelle serait sa dernière attaque, à la façon de poupées russes gigognes, Miguel Indurain fut un homme de raison plus que de passion. Le cœur a ses raisons que la raison ignore, mais l’inverse est peut-être vrai : la raison a ses raisons que le cœur ignore, et le cas de Miguel Indurain, colosse énigmatique, aurait certainement interpellé la curiosité de Sigmund Freud ou d’Emmanuel Kant, ces grands penseurs du psychisme et de la raison.

Placide et serein, taciturne et charismatique, Miguel Indurain n’avait pas ce killer instinct, il était tel à un boxeur qui épuisait l’adversaire après un premier uppercut, mais ne cherchait jamais le KO. La victoire aux points, suffisamment nette et sans bavure pour être indiscutable aux yeux du public et ne laisser place à aucune subjectivité, suffisamment claire et incontestable pour provoquer l’unanimité des juges.

Si bien que Miguel Indurain, comme d’autres, a remis au goût du jour l’effet underdog, ce désir qu’a le public de voir triompher un outsider, même si la foule n’a jamais été frapper l’Espagnol d’un coup de poing, tel Eddy Merckx atteint en 1975 au Puy-de-Dôme.

Est-ce un complexe d’Œdipe, lui qui a été élevé dans une famille pieuse de Navarre, dans le culte de l’effort et  de la religion ? Loin du mythe de la caverne d’Ali Baba et du miracle, Miguel Indurain a d’abord cru en sa propre étoile par le travail, ne forçant pas la porte du saloon tel un shérif, comportement qu’un Lance Armstrong avait adopté dès 1993, gagnant le titre de champion du monde sous la pluie norvégienne d’Oslo … Ainsi, pas plus qu’il n’a brûlé la politesse à Pedro Delgado, le champion de Ségovie restant leader de Banesto jusqu’en 1990, Miguel Indurain n’a voulu prendre le risque de victoires grisantes mais risquant de compromettre, tel un château de cartes, le seul objectif digne de son sacrifice : porter le maillot jaune sur la plus haute marche du podium parisien sur les Champs-Elysées, Mecque du cyclisme français, à travers cette quête de Graal renouvelée cinq fois tel un pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Cartésien, rationnel, programmé pour gagner tel un ordinateur, Miguel Indurain fut le premier coureur bionique du cyclisme. Il faut se souvenir de ce géant de 1.88 m sur la rampe de lancement le lundi 13 juillet 1992 au Luxembourg, profilé dans un casque bleu non pas synonyme de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU, mais d’œuvre de destruction massive via une aérodynamique parfaite sur les routes grand-ducales, sorte de quadrature du cercle du contre-la-montre individuel … Le postulat de Pierre Chany part d’un constat simple : pas de victoire dans une étape en ligne. Mais comme le dit la Fontaine dans la fable du lièvre et de la tortue, rien ne sert de courir, il faut partir à point. Gagner une étape n’est pas une fin en soi, un accomplissement mais un moyen comme d’autres de briguer le maillot jaune, la victoire finale dans ce marathon cycliste qui alterne plaines et montagnes, canicule et pluie, pavés et goudron. S’éparpiller, vouloir voltiger est l’ennemi à combattre sur le Tour, cette tentation de l’attaque non justifiée dans cette épreuve de grand fond où il faut user de parcimonie, même si l’on peut dire que Miguel Indurain a lui abusé de parcimonie et de prudence. Son sang-froid était tel qu’il pétrifiait ses rivaux, qui craignaient un retour de manivelle en cas d’attaque. Tout autant que dans les contre-la-montre, Indurain avait brisé certains de ses adversaires sur le plan mental et tactique. Afin de réduire le risque d’échec à l’heure où un sponsor a besoin de la Grande Boucle comme d’un vecteur de communication décisif pour sa notoriété et son développement économique, Miguel Indurain avait choisi de s’appuyer sur son atout maître, le contre-la-montre, tel Jacques Anquetil trois décennies plus tôt. Qui peut lui en tenir rigueur à une époque où les enjeux financiers de la Grande Boucle étaient incomparablement plus grands qu’à celle de Coppi, Koblet, Robic, Magni, Bobet, Vietto ou encore Bartali, idoles des foules et héros récurrents des premiers papiers de Chany à L’Equipe ? Œuvre gigantesque d’Henri Desgrange pérennisée par Félix Lévitan et Jacques Goddet puis Jean-Marie Leblanc, le Tour de France est devenu un mastodonte médiatique seulement dépassé par les Jeux Olympiques et par la Coupe du Monde de football, un feuilleton qui passionne les foules d’Europe (et du monde entier) comme les Grands Prix de Formule 1 si bien mis en scène par Bernie Ecclestone via les tubes cathodiques.

Vingt ans après son cinquième triomphe sur les pavés des Champs-Elysées, l’empreinte de Miguel Indurain reste indélébile, et il fait partie des champions mythiques du cyclisme, plus champion que mythique certes, car rentrer dans la légende signifie accomplir des actes extraordinaires dont l’Histoire se transmet de père en fils, or Big Mig fut surtout extraordinaire contre le dieu Cronos et le temps qui s’égrène, contre la  clepsydre de l’effort solitaire, plus que contre ses semblables. Mais si une ombre vient se glisser sur la silhouette de l’homme qui a surclassé le Tour de France entre 1991 et 1995, c’est à cause de la très forte suspicion qui règne sur la propreté de ses maillots jaunes et des vases de Sèvres soulevés. A-t-il complètement mérité cette porcelaine noire et ce nylon doré ? Par sa sagesse tactique et son sang-froid remarquable, sans nul doute en effet. Mais protégé par l’omerta en vigueur à l’époque, sorte de violon d’Ingres d’un microcosme cycliste élevé dans le culte de la diversion (tel Gianni Bugno et sa miraculeuse musicothérapie entre 1989 et 1990), métamorphosé en étalon infatigable par l’EPO, le poulain de Sabino Padilla défraye la chronique même s’il reste, sur le plan du palmarès protégé par la digue ubuesque le séparant des pestiférés du cyclisme : ses suivants directs sont passés aux aveux, Bjarne Riis en 2007 et Jan Ullrich en 2013, tandis que Marco Pantani a vécu l’enfer après son exclusion du Giro 1999, année où débuta le septennat hégémonique de Lance Armstrong qui sentait le soufre à plein nez, qui laisse désormais un trou de sept ans aussi grand qu’une caldeira volcanique, une trace aussi indélébile qu’une météorite … Telle Rome incendiée par Néron ou Pompéi ravagée l’éruption du Vésuve, le cyclisme a connu son Armageddon entre 1998 et 2012, entre les horlogers zélés de Festina et les facteurs bleus de l’US Postal, ces schtroumpfs aux pouvoirs démesurés, pour ne pas dire miraculeux, auxquels ont succédé des maillots aussi noirs que le casque de Dark Vador, le Team Sky d’un autre géant, le Kenyan Blanc, alias Chris Froome, qui s’entraîne dans l’anonymat, sur les pentes d’un autre volcan, le Teide, sur les îles Canaries.

A la question posée par Pierre Chany en 1993, la réponse est subjective mais plutôt positive : oui Miguel Indurain remplit les critères d’un champion mythique même si un CV de coureur n’est pas un passeport pour la postérité, seule la mémoire collective se chargeant de cette mission impitoyable, entre gotha sportif et aura immortelle d’un côté avec métempsycose offerte par les comparaisons du landerneau journalistique, et oubliettes sans retour de l’autre, tel un aller-simple pour le purgatoire. Depuis 1993, le contexte autour du Tour de France a changé autant que le papier de l’époque a jauni sous l’effet du temps qui passe. L’écho du silence et de l’omerta de ceux qui ont usurpé le maillot jaune dans l’Hexagone sont devenus bien plus insupportable aux anciens moutons de Panurge (alias le grand public), que l’absence de panache de Miguel Indurain, qui à défaut d’avoir offert au public européen des joutes d’anthologie et des montagnes russes d’adrénaline. L’œil du cyclone reste bien niché au cœur de ce triangle des Bermudes à trois sommets que constituent l’Ile-de-France, les Alpes et les Pyrénées … Le problème a changé, et si Miguel Indurain n’a jamais eu ce petit supplément d’âme qui nous rend nostalgique de son règne comme une madeleine de Proust, il est sans doute préférable de voir un cyclisme lisse sans oreillettes qu’un cyclisme se jouant par procuration, même si certains ont toujours le goût de l’attaque, tel Alberto Contador. Mais sans Miguel Indurain, Alberto Contador serait-il devenu un champion cycliste ? Rien n’est moins sûr ! Vous avez quatre heures …

  1. avatar
    3 janvier 2016 a 17 h 44 min

    Très bonne année 2016 d’abord à tous les fans de cyclisme.
    En espérant une grosse baston sur le Tour entre Chris Froome et Nairo Quintana, voire Fabio Aru …

    Belle question que celle de Pierre Chany, et Miguel Indurain fut un redoutable gagneur mais dans un style économe qui correspondait aux enjeux de l’époque. En cela, le Navarrais fut un précurseur car il avait compris qu’on ne gagnerait plus le Tour de France avec 10 ou 15 minutes d’avance comme Eddy Merckx jadis.
    Au diable le panache, maximum d’efficacité. ça sentait un peu trop le savon, mais bon à la même époque on ne tarissait pas d’éloges sur le grand Milan AC de Capello, alors respect à Indurain, en dehors des considérations sur sa prise d’EPO.

  2. avatar
    3 janvier 2016 a 18 h 56 min
    Par LSpartak

    Blondin à bord de la voiture 101. Mythique: “Blondin avait besoin du Tour, le Tour avait besoin de Blondin”. On est aujourd’hui à des années ténèbres de cette magie. Nostalgie partout.

  3. avatar
    4 janvier 2016 a 9 h 03 min

    Salut lspartak,

    Oui Antoine Blondin manque terriblement au Tour de France, idem pour Pierre Chany.
    Dans les plumes actuelles de L’Equipe, Philippe Brunel a du talent mais pas comparable à ces deux légendes de la chronique cycliste.

    Mais L’Equipe s’est totalement discrédité depuis qu’il a viré Pierre Ballester en 2001, mais bon forcément en tant que propriété du groupe Amaury également organisateur du Tour de France via ASO, ce quotidien ne peut être objectif à 100 % sur le dopage …

  4. avatar
    18 janvier 2016 a 23 h 47 min
    Par Fabien

    Bonjour Axel et bonne année à tous les fans de cyclisme

    En parlant du Navarrais, voici un document unique pour amateurs du cyclisme : la fameuse montée du Tourmalet 1991 qui a marqué le basculement définitif du cyclisme dans l’ère Indurain pour ne pas dire autre chose : https://www.youtube.com/watch?v=6Y2uK2jhhYU

    Mauvaise qualité d’image et de son mais content d’avoir trouvé ce morceau après des années de promenades sur le Web. J’avais déjà vu maintes fois l’étape après Ste Marie (en français) mais jamais la fameuse montée où Chiappucci a mis dans le rouge tous les champions du temps sauf Indurain…
    avant de provoquer l’irréparable.

    A+ !

  5. avatar
    19 janvier 2016 a 13 h 25 min

    Salut Fabien,

    Oui le col du Tourmalet en 1991, doublement changement d’ère pour le cyclisme mondial :

    - celui du basculement de l’ère LeMond à l’ère Indurain au niveau sportif

    - mais surtout celui du passage violent de l’ère du dopage artisanal (amphetamines, anabolisants) à l’ère du dopage industriel avec l’EPO et les auto-transfusions sous l’égides des sorciers et autres marabouts, Conconi, Ferrari, Cecchini, Padilla, Heinrich, Celaya ou encore Fuentes. Des canassons sont devenus des étalons en montagne, notamment Bjarne Riis et Bradley Wiggins, les deux maillots jaunes les plus imposteurs depuis 1991.

  6. avatar
    20 janvier 2016 a 0 h 09 min
    Par Fabien

    Voilà, comme tu dis. Depuis maintenant quelques années, on a bien fait le tour de la question. Mais c’est avec l’émotion du collectionneur que je suis tombé sur cette vidéo de la montée du Tourmalet qui a tout fait basculer, même si c’était déjà mal parti depuis un certain temps. J’en ai même trouvé une plus écoutable entre temps : https://www.youtube.com/watch?v=0HOpuvbkJTM

    Bonne illustration de l’effet-élastique, outre les défaillances archi connues de Leblanc et LeMond dans l’Aspin, le coup de bambou moins connu mais monumental de Pensec et Conti ! Echappés et rattrappés par le groupe de tête à 8 km du sommet, ils sont encore avec lui pas très loin du sommet du Tourmalet. Pensec doit lâcher à 4 ou 5 km du sommet et sur la vidéo, il a l’air totalement épuisé à son passage au sommet à plus de 2 minutes de Chiappucci doublé puis distancé d’1 minute par Fignon. Il finit l’étape à 28 minutes ! Conti qui lâche dans le dernier km après s’être arraché pour s’accrocher au groupe passe avec LeMond au sommet à 17″ seulement de Chiappucci finira quant à lui à 18 minutes. D’ailleurs à observer les gros plans sur la montée du Tourmalet, on voit bien qu’à part Indurain, tous les coureurs du groupe de tête semblent au bord de la rupture à cause du train infernal de Chiappucci qui voltige.

    Voir les pelotons successifs au sommet est du reste assez plaisant. Delgado, Bernard et Herrera sont certes peut-être en dessous de leur meilleur niveau ce jour là mais passent le sommet à 3 minutes à peine 10 km après le déclenchement des hostilités !

    L’effet élastique joue à plein grâce aux deux montées suivantes.

  7. avatar
    20 janvier 2016 a 12 h 15 min

    Salut Fabien et bonne année 2016 également,

    Oui c’est le double effet kiss cool du dopage EPO versus dopage classique (ou a fortiori, “pan y agua” soit à l’eau Claire).

    1/ Les dopés sont moins fatigués en fin d’étape et plus encore en fin de Tour de France, grace aux formidables capacités de récupération qu’offre l’EPO, je me souviens d’Armstrong en 2002 à la Plagne, il avait place une mine qui avait laissé Rumsas et Beloki sans réaction !

    2/ Le réflexe est souvent de tenter de suivre un coureur plus fort que soi (tel Leblanc derrière Pantani dans le Ventoux en 1994), et on se met encore plus dans le rouge.

  8. avatar
    20 janvier 2016 a 20 h 51 min
    Par Fabien

    Salut !!

    Oui, je crois qu’on a fait le tour du sujet. Je prendrais peut-être plaisir à regarder les années Armstrong dans quelques temps.

    Comme LeMond, Lebanc s’accrochait coûte que coûte. C’était sa marque de fabrique. Cela dit, en 1994, il n’était plus “nature” du tout mais sans doute que Pantani avait encore mieux que le Dr Punto.

    Leblanc est un immense gâchis de l’EPO. Un peu comme Breukink d’ailleurs. Malgré ses victoires sur le Tour et son maillot de champion du monde acquis grâce à l’EPO et autres dopages, je reste persuadé qu’il aurait eu un bien plus beau palmarès si le dopage sanguin n’avait pas eu lieu.

    En 1991-1992, à seulement 24-25 ans, il était à mon avis le champion français des courses par étapes d’une à 3 semaines le plus prometteur. Quand on voit la manière dont il dominait le circuit français en 1992 avec Delion et Mottet (classique des Alpes, Dauphiné, championnat de France…), C’est dommage. Leblanc, c’était au minimum un client pour faire podium du TDF et sans doute gagner des courses montagneuses comme la Vuelta.

    Au lieu de ça, les Vueltas ont été trustées par les rouleurs-sprinteurs Rominger et Jalabert. Chercher l’erreur.

    Dommage aussi pour les Colombiens. Herrera avait encore une belle forme en 1991 où il gagne le Dauphiné et gagne la Subida a los Lagos de Covadonga avec une attaque placée quand il fallait pour résister parfaitement au retour de Mauri et Indurain méconnaissables mais pas encore stratosphériques.

  9. avatar
    21 janvier 2016 a 17 h 45 min

    Salut Fabien,

    Oui en 1994 Leblanc carburait à l’EPO, mais je te rejoins, à l’eau Claire le Limousin aurait fait partie du gratin mondial pendant de nombreuses années.

    Rominger est une des plus grosses impostures des années 90 avec Jaskula, Riis et Ugrumov.

    Sur la Vuelta par contre, avant la revolution calendaire de 1995 et le passage du Tour d’Espagne d’avril à septembre, le plateau était peu côté. Indurain n’est plus jamais venu après 1991, il n’y avait souvent que Rominger face à Zulle ou Jalabert.

    De toute façon, à l’époque les meilleurs choisissaient plutôt le Giro pour preparer le Tour de France, voire faire le doublé pour les cracks comme Hinault, Fignon ou Indurain.

    J’avais fait des articles qui expliquaient l’évolution du Giro et de la Vuelta entre victoires italiennes / espagnols d’un côté et victoires étrangères. Voici les liens

    http://yourzone.beinsports.fr/giro-les-victoires-des-etrangers-et-une-histoire-en-3-parties-94382/

    http://yourzone.beinsports.fr/vuelta-les-victoires-des-etrangers-et-une-histoire-en-3-parties-92184/

    Si tu dois revoir des étapes de l’ère Armstrong, j’en conseille 5 :

    - Sestrières 1999 pour illustrer le dopage EPO sauce Ferrari / Armstrong

    - Hautacam 2000 pour voir la cadence infernale du Texan qu ifait exploser Pantani, Zulle et Ullrich

    - Ventoux 2000 pour le courage de Pantani meme si Armstrong l’a laissé gagner au sommet

    - Alpe d’Huez 2001, le coup de bluff de l’Américain face à un Ullrich crédule qui fait rouler ses Telekom jusqu’au virage 21, avant que Rubiera ne passé le turbo …

    - Luz Ardiden 2003, pour son scénario complètement fou …

  10. avatar
    21 janvier 2016 a 23 h 22 min
    Par Fabien

    Salut !

    J’ai lu ton article sur la Vuelta et relu celui-ci. J’ai le plaisir d’apprendre qu’Indurain avait rencontré Gino le Pieux à Lourdes en 84, qu’Echavarri était équipier d’Anquetil et encore moins que Padilla avait renoncé fin 1995. La dernière de ces infos est capitale car Padilla était peu médiatisé mais finalement encore plus doué que Ferrari. J’ai l’impression de parler d’ingénieurs motoristes comme en F1 !

    La flemme de regarder si Riis en 96 fait mieux qu’en 95. Mais peut-être qu’au fond le seul changement dans les hiérarchies en 96 est l’affaissement d’Indurain. Finalement, le jeu de la compétition fait primer les valeurs relatives et on en oublie les performances pures. D’ailleurs, Indurain en 1992 atteint vraiment son pinacle comme tu le dis à Luxembourg par des écarts absurdes avec l’immense majorité d’un peloton qui ne bénéficie pas des 10 % de rendement supplémentaire. Quand on voit des super rouleurs comme LeMond ou Yates occuper les accessits mais à plus de 4 et 5 minutes, de bons rouleurs en forme comme Fignon à plus de 6 minutes (il gagnera l’étape des Vosges deux jours plus tard) et des grimpeurs comme Hampsten à 8 minutes 30, c’est impensable. Cependant, le comble est que même si sa moyenne de 49km/h et des brouettes est supersonique pour les conditions (65 km, vent), il a fait par la suite encore mieux (Blois, Madine, Bergerac…) mais avec une concurrence qui s’est resserrée. Avec le grand tournant de la généralisation/montée en gamme en 1994-1995, c’est devenu moins choquant. Pour moi, tu as tout dit avec ton anecdote de Conconi au Stelvio, les 5 victoires d’Indurain sont une imposture. Ses seuls mérites pendant cette période sont d’avoir dominé physiquement et tactiquement les poulains de Ferrari (pas de chute, pas de crevaison, sportivité, flegme et classe..). Malgré ses immenses qualités intrinsèques de rouleur et son talent réel, il ne sera jamais l’égal d’Hinault, Merckx ou même LeMond qui ne tiraient pas une distorsion de concurrence aussi outrancière de leur dopage et qui ont gagné de nombreuses autres courses.

    Le Navarrais avait comme tu dis la sportivité de laisser les victoires à ses compagnons d’échappée. S’il aurait sans doute pu en gagner certaines en se détachant comme il l’a fait à La Plagne, je pense qu’il aurait de toute manière eu du mal en cas de sprint car sa pointe de vitesse ne valait pas celle d’un Bugno ou d’un LeMond, comme on l’a bien vu en 1991 aux championnat du monde ou à l’Alpe.

    Sinon, je me souviens bien de l’étape de 2000 que tu cites à Hautacam avec l’échappée d’Otxoa et Virenque qui pensait avoir joué un beau coup en se glissant dans un groupe.

    Quant aux cols espagnols, ils font partie de mon imaginaire et je rêve autant d’Angliru que de Zoncolan, de Covadonga que de Majella et de Navalmorral que de Pordoi. Magnifique pays que l’Espagne !

  11. avatar
    22 janvier 2016 a 0 h 04 min
    Par Fabien

    D’ailleurs, si j’étais coureur cycliste français à l’époque d’Indurain, je choisirais la Vuelta plutôt que le Giro !

    Ses contre-la-montre courts (30 km) avec cet enchaînement entre le soleil de la côte méditerranéenne, le froid des Pyrénées et la pluie des Monts cantabriques (qui a eu si souvent raison de Delgado). Et enfin ces dénouements à coups de secondes dans les Sierras de Avila puis de Guadarrama avec l’arrivée à Palazuelos de Eresma (banlieue de Ségovie). Avec bien sûr comme tu le dis ces petits grimpeurs poids plume qui s’en donnent à joie pendant toute la course ou presque : Robert Millar, Pedro Delgado, Alvaro Pino, Laudelino Cubino, Vicente Belda, Lucho Herrera, Pabio Parra, Pacho Raodriguez, Omar Hernandez, Henri Cardenas, Pedro Saul Morales, Alberto Camargo, Oscar de Jesus Vargas, Anselmo Fuerte, Marino Lejarreta (l’accent des reporters de la TV colombienne retentit en moi)… Je pense qu’Hampsten avait les qualités pour gagner une Vuelta (mais peut-être pas l’équipe !)

    Tu parles aussi de victoires étrangères dans ton article. Il y a tout de même une distinction à faire entre les étrangers courant dans des équipes espagnoles comme Dietzen ou Giovanetti et les étrangers courant dans des équipes étrangères pour qui c’était vachement plus dur. Hinaut grâce à Fignon y est parvenu mais non sans mal. Millar s’y est cassé les dents deux fois en 85 et 86 avec un jeu d’équipe qui a joué à plein contre lui.Herrera l’a fait mais avec beaucoup de chance (blessure de Kelly à 3 jours de la fin) et grâce à l’alliance des équipes colombiennes. Fignon (3ème) l’avait même accusé d’avoir voulu acheter ses équipiers, ce qui est certainement vrai.

  12. avatar
    22 janvier 2016 a 14 h 07 min

    Salut Fabien,

    Oui pour Miguel Indurain en 1996, la cause n°1 du déclin, plus que l’usure du pouvoir, l’excès de confiance, la non perte du poids ou le calendrier de preparation trop léger, c’est le depart de Sabino Padilla fin 1995 de Banesto.

    Le sommet d’Indurain d’un point de vue puissance en watts ?
    En montagne, La Plagne 1995 sans hésiter.
    En CLM, pas sûr que ce soit Luxembourg 1992, je dirais plutôt Lac de Madine 1993 voire Périgueux / Bergerac 1994.

    Je m’explique :
    - en 1992 au Luxembourg, seuls quelques initiés ont l’EPO, Indurain, De Las Cuevas, Bugno et Chiappucci, voire Breukink et Faust Hampsten. Donc foutre 4 minutes à un LeMond déjà attaint par sa myopathie, ou 5 à Roche (33 ans en 1992) avec un EPO maîtrisé par Padilla est juste logique …

    - en 1993 au Lac de Madine, Indurain perd environ 30 secondes sur une crevaison alors que l’EPO s’est démocratisé dans le peloton. Si on met de côté Tony Rominger qui part sous la grêle et lui aussi victime d’une crevaison, l’Espagnol malgré sa crevaison met 2’11” à Bugno, 2’22” à Breukink ou 3’18” à Zulle.

    - en 1994 entre Périgueux et Bergerac, Indurain met 2’00” à un Rominger qui sera recordman de l’heure 4 mois plus tard avec le Dr Ferrari. Et plus de 4 minutes au reste du peloton touché globalement par l’EPO : 4’22” à De Las Cuevas, 5’27” à Boardman, 5’33” à Riis (Gewiss donc Ferrari), 6’04” à Ugrumov (Gewiss donc Ferrari aussi).

    Quand on regarde cela, je me demande si Bergerac n’est pas la plus grosse imposture de Big Mig car le plus gros exploit compte tenu d’un peloton bien plus gangrene par l’EPO.

    En effet, les mérites d’Indurain sont tactiques (gestion de course, placement dans le peloton) et mentaux (sang-froid impressionnant, jamais de panique sauf vers Mende en 1995).
    Il ne vaut pas Anquetil, Merckx, Hinault ou LeMond.

    Oui l’Espagne est un superbe pays, j’ai fait un road trip à l’été 2014, que de merveilles en dehors des classiques Madrid, Tolède, Ségovie, Seville, Cordoue, Grenade, Tarragone, San Sebastian et autres Barcelone : j’ai pu visiter Burgos, Salamanque, Avila, Cuenca ou Bilbao, un pur régal vraiment !

    Mais l’Italie est sublime aussi entre Rome, Venise, Florence, Naples, Turin, Milan, Vérone, Padoue, Bologne, Parme, Lucques, Pise, Sienne, les lacs d’Italie du Nord (Côme, Majeur, Garde) …

    Pour ce qui est du vélo, les deux pays ont de très beaux cols, Angliru, Lagos de Covadonga, Sierra Nevada côté espagnol, Mortirolo, Gavia, Stelvio, Pordoï, Zoncolan, Marmolada, Gran Sasso, Tre Cime di Lavaredo, Blockhaus de la Majella.

    Tu as raison en effet il faut distinguer equips espagnoles et étrangères pour les victoires des coureurs non ibériques. Le pauvre Robert Millar l’a vérifié en 1985 à ses dépens, avec la coalition des Espagnols contre lui, l’Ecossais du team Peugeot, pour au final le sacre de Pedro Delgado.

  13. avatar
    22 janvier 2016 a 14 h 17 min

    Pour en revenir à l’article, le reproche fait à Miguel Indurain par Pierre Chany en 1993 est devenu désuet.
    Le problème n’est plus de critiquer Indurain pour son manque de panache, tare partagée ensuite par Ullrich, Beloki, Rumsas, Evans, Wiggins, Quintana, Valverde, Kloden, Basso, ou les frères Schleck, voire dans une moindre mesure des coureurs à faux esprit offensif comme Armstrong ou Froome.

    Seuls Pantani, Vinokourov, Nibali, Purito Rodriguez et Contador ont vraiment pris leurs responsabilités en terme d’attaque dans les grands Tours.

    Le problème est plus la crédibilité, la légitimité d’Indurain entre 1991 et 1995 dans un système où l’EPO était roi, dans ce cyclisme 2.0 protégé par le Ponce Pilate Verbruggen depuis sa tour d’ivoire de Lausanne.

    Aucune épée de Damoclès sur Miguel Indurain, pas plus que sur Lance Armstrong protégé par le bouclier politique de l’UCI meme si la boîte de Pandore a laissé échappé les demons de Festina en juillet 1998.

    Le problème n°1 de ce cyclisme touché par l’Armaggeddon en terme de crédibilité, est de briser l’omerta et d’éradiquer tous les moutons noirs du peloton, avant meme de reparler de panache, par exemple en supprimant l’oreillette qui favorisent les coureurs pantins-marionnettes téléguidés depuis la voiture du directeur sportif.

  14. avatar
    23 janvier 2016 a 0 h 06 min
    Par Fabien

    Bonjour Axel,

    Je ne t’ai pas vraiment félicité cette année pour la grande qualité de tes articles mais je pense que tu connais mon avis ! Tes références culturelles sont si étendues qu’on apprend toujours des tas de choses en te lisant. Le côté profondeur historique est vraiment très précieux je trouve. J’aime beaucoup lire tes articles F1 car je ne connaissais rien ou presque des coulisses de l’histoire de ce sport et en fait c’est comme une saga avec ses rivalités recuites et ses jeunes chevaliers téméraires.

    Pour revenir à Indurain, malgré qu’il soit la plus grosse arnaque des années 90, c’est un coureur attachant grâce à son calme et sa modestie. Mais à choisir, je préfère 1000 fois Delgado qui est très différent avec les journalistes espagnols que ce qu’on voyait à la TV française (il parlait mal français) et de tempérament très offensif. Souvent accablé par la malchance, plus incarné et vivant qu’Indurain en somme. Sais-tu si Sabino Padilla a entraîné d’autres coureurs que les Banesto ? Et pourquoi est-il parti à la retraite ?

    Pour mes assertions sur les écarts qui se resserrent vers la fin du règne, mea culpa ! A Bergerac, en 94, les écarts sont en effet encore plus démentiels qu’à Luxembourg ou Madine, même sur les Gewiss motorisés !!!! C’est là qu’on voit vraiment l’avance de Padilla sur Ferrari et Conconi. Quant à Armstrong, le pauvre, ça doit pas être drôle de prendre una paliza comme celle là quand on a un mental de gagneur comme lui. En fait, quand je parlais d’écarts qui se resserraient, j’avais en tête le clm de Liège en 1995 où Riis, Berzin et Rominger finissent assez près mais à regarder les résultats, il y a quand même des écarts impressionnants par rapport à ce qu’on voyait avant. L’ère Indurain, comme tu le dis, c’était surtout cette guillotine dressée dès le 1er contre-la-montre !!!!!!

    Par contre, je ne te suis pas sur ton jugement sur LeMond en 92. Il est peut être déjà moins fort qu’avant en montagne mais ce n’est pas le cas en clm. Devant lui, il y a Indurain, De Las Cuevas (Padilla), Bugno (Conconi) et Jaskula. Je ne connais pas le dottore des GBMG mais cette équipe est très suspecte quand on voit la progression de ses coéquipiers Chioccioli et plus encore Vona en 91-92. Chioccioli, vainqueur du Giro 91 et 3ème en 92 (derrière Indurain et Chiappucci) était un bon grimpeur mais était plutôt abonné aux 5-6 ème places avant l’ère EPO. Quant à Vona, il sort de nulle part et sa performance dans les Alpes au Tour 92 laisse songeur (2 fois 2ème en 2 jours). Sans ces 4 coureurs, c’est LeMond qui aurait gagné ce contre-la-montre !!! Il bat même de 6 secondes Stephen Roche, dont le dopage à l’EPO a été établi (carnets de Conconi) et qui avait été omniprésent à l’attaque cette année-là, 2 minutes à un Fignon en excellente forme. Malgré la diffusion de l’EPO plus grande qu’en 1991, LeMond fait donc encore une excellente performance qui lui aurait valu une victoire quelques années plus tôt.

    On parle beaucoup du déclin de LeMond qui ne gagne plus mais sans la triche d’ Indurain et Bugno, il aurait gagné les deux clm du Tour 91 et les deux étapes-reines du Tour 90 (L’Alpe d’Huez et Luz Ardiden). Pour un coureur en déclin, c’est tout de même pas mal ! En 91, il se fait encore battre à Gap par l’Italien Lietti, l’homme d’Ariostea, cette équipe qui a gagné pour la 1ère fois de son histoire le clm par équipes haut la main malgré une chute collective puis trois étapes de suite entre les Pyrénées et les Alpes. Equipe dont le médecin est Michele Ferrari. LeMond était certes émoussé à cause de ces problèmes d’accès à San Sebastian (grêve d’Air Inter je crois, nuits blanche) et d’une 1ere semaine de course plus rapide qu’avant. Mais il restait le coureur de référence en clm en 1992. Il a simplement été dépassé par des imposteurs.

    Pour le reste, en effet, l’Italie et l’Espagne sont deux pays sublimes dans des genres différents. L’urbanisme italien est quand même deux crans au dessus, y compris dans les extensions urbaines qui sont honteusement moches chez nos amis Espagnols. Pire que chez nous, c’est dire. J’irais un jour dans les endroits que tu cites ! En attendant, notre quête de santé nous a mené dans les deux pays les plus développés en médecine cette année 2015 : aux USA et en Allemagne. L’urbanisme américain est une catastrophe mais j’adore ces gens. Leur confiance dans leurs capacités qui leur fait renverser des montagnes et donne l’impression que tout est simple, leur gentillesse, leur sens de la répartie et surtout cette pointe de naïveté et ce côté grands enfants qui les rendent si attachants… Je comprends mieux comment ils peuvent avoir sincèrement crû aux armes de destructions massives en Irak.. et à la belle histoire de Lance Armstrong !! Les Allemands aussi c’est le coup de coeur. En tout cas, on a bien des choses à apprendre d’eux…

    Quant à la France, quel héritage extraordinaire que sont en train de gâcher nos politiciens. Ils ne sont pas sans rappeler par leur médiocrité collective notre personnel politique de la IIIème république finissante…
    A bientôt, dans quelques jours ou quelques mois !

  15. avatar
    23 janvier 2016 a 11 h 57 min

    Salut Fabien,

    Merci pour tes compliments, sympa que les articles de F1 te plaisent, n’hésite pas à réagir et à lire ceux de Jayce aussi, c’est un excellent contributeur F1 du site aussi.
    Toujours aussi sympa d’échanger avec toi via ces longues diatribes réciproques !

    Pour Indurain, pour moi ce n’est pas la plus grosse arnaque des années 90, c’est d’abord Bjarne Riis et ensuite Tony Rominger.
    Indurain, dès 1984 et le Tour de l’Avenir, montre son potentiel de rouleur sur le chrono Lourdes – Tarbes à la veille duquel il rencontre justement Gino Bartali dans la Grotte de la Vierge, épisode narré par Christian Laborde dans son excellent ouvrage sur le champion espagnol.
    Après oui, énorme arnaque que le colosse de Navarre en montagne dès 1989.

    Pour le CLM Périgueux Bergerac en 1994, oui écarts hallucinants sur les Gewiss aux jambes de feu comme disait l’ami Ditch sur le Vox. Et en effet comme tu le dis, Armstrong ceint du maillot irisé conquis à Oslo en 1993 a dû enrager de se prendre une valise de 6 minutes par Indurain, comme Fignon en 1992 au Luxembourg (Big Mig l’avait dépassé à 53 km/h sur un faux plat montant !)

    Pour le chrono Huy – Seraing en 1995, c’est biaisé car Big Mig avait 25 km à bloc la veille (avec Bruyneel en suceur de roue) sur la route de Liège.
    Mais au Lac de Vassivière en fin de Tour 1995, excepté Riis, il met tout le monde aux écarts habituels …

    Pour LeMond en 1991 et 1992, ses performances en CLM restent vraiment super impressionnantes malgré son début de maladie. C’est sans doute en montagne que l’Américain a le plus perdu contre les imposteurs Indurain, Bugno et Chiappucci.
    Dommage qu’il ait abandonné en 1992 à l’Alpe d’Huez, il aurait été intéressant de voir la performance du Californien dans le fameux CLM Tours – Blois où Indurain battit le record de vitesse sur un chrono long, avec 52.349 km/h (record battu par Lance Armstrong en 2000 à Mulhouse avec 53.9896 km/h, puis par David Millar en 2003 entre Pornic et Nantes malgré la pluie avec plus de 54.360 km/h de moyenne, et encore sans la chute d’Ullrich, on peut raisonnablement penser que l’Allemand et/ou son rival texan L.A. auraient battu le temps de l’Ecossais).

    Pour les USA, c’est un problème de fermeture d’esprit, beaucoup ne sont jamais allés en Europe, ou même ne serait-ce qu’au CAnada ou au Mexique, pays limitrophes.
    Et intoxiqués médiatiquement par des chaînes aussi stupides que Fox News, il suffit de souvenir le traitement de certains évènements français où l’on annonçait carrément aux Yankees la guerre civile à Paris !
    Mais en effet, optimisme et confiance en soi ancré aux gamins dès l’école, contrairement à chez nous où le pessimisme est roi.

    L’Allemagne, superbe contrée je ne connais pas tout mais je recommande Berlin et Munich, que je vais refaire fin mars. Hambourg sympa aussi, pèlerinage Beatles Platz complémentaire de Liverpool. Les châteaux de Bavière aussi sont superbes (Neuchwanstein), pas fait Linderhof Schloss, le lac de Constance, Dresde ou encore Heidelberg mais très envie !

    L’Espagne oui folie immobilière des années Aznar, ces villes et autres aéroports fantômes maintenant utilisés par le cinéma ibérique !

    Quant à la France, il faut d’abord changer les institutions et le train de vie de l’Etat : un mandat présidentiel de 7 ans non renouvelable 2 fois consécutivement, suppression du Premier Ministre et du Sénat, réduction du nombre de députés, possibilité de suspendre son emploi privé pour devenir député (éviter le phénomène connu, que des avocats, médecins et profs de fac à l’Assemblée Nationale), revue des compétences et suppression de tous les doublons du mille-feuille administratif, sans parler des déblocages économiques indispensables : temps de travail par entreprise ou par convention collective via des référendums de salariés, droit du travail plus flexible, développement des métiers indépendants, cassages des rentes et des métiers en numerus closus (taxi, notaire, huissiers, pharmaciens, opticiens …), jour de carence des fonctionnaires à réformer, retraite par points, suppression sans contrepartie des régimes spéciaux de retraite et alignement de tous les régimes …
    Bref il y a du taf pour celui qui sera élu en 2017, espérons qu’il gouvernera plus par ordonnances et par référendum …
    Un livre à lire absolument sur la réforme des institutions “Poison Présidentiel” de Ghislaine Ottenheimer !

    Mais quel pas superbe sinon, de Versailles au Mont St Michel en passant par Bonifacio, Avignon, Bordeaux, Nancy, Obernai, Carnac, Nice, les causses des Cévennes et de Lozère, Toulouse, Strasbourg, Biarritz, Honfleur, Beaune, Dijon, Annecy, Lille, Montpellier, Nîmes, Marseille, Paris bien entendu ou encore Deauville.
    Quelle diversité urbaine et naturelle !!

    • avatar
      23 janvier 2016 a 22 h 21 min
      Par Fabien

      C’est une attitude un peu anglo-saxonne mais quoi de plus normal que de reconnaître la qualité du boulot ! Tu es un peu au journalisme sportif amateur ce que Merckx était au cyclisme ou Balzac à la littérature. Naturellement, je ne serais ni Mme Hanska ni Joop Zoetemelk, ayant une voie quelque peu différente à suivre !

      Puisque tu parles de notre France… A titre exceptionnel, dans un site dont ce n’est pas la vocation, je te dirais que comme Camus je vis comme je peux dans un pays malheureux. Les effets conjugués du grand marché sans entraves que voulaient les multinationales, de l’inadaptation de notre système d’assistanat à la nouvelle donne et d’une politique étrangère insensée commencent à faire leur oeuvre un peu partout. Pour les perdants, le réveil est douloureux, en dépit des promesses lénifiantes et du bourrage de crâne. Certes, nous ne sommes pas aux premières loges contrairement au Sahel ou à la Grèce mais force est de constater qu’à l’exception des beaux quartiers de l’ouest francilien, de certaines stations balnéaires et d’une partie de l’ouest de la France où l’insécurité physique et économique reste anecdotique, l’avenir de la France et de son peuple n’est guère engageant.

      En tant que malade incapable de monter un escalier ni même de comprendre ce qu’on me dit en l’absence de traitement, j’ai un intérêt aigu au maintien d’une Société ordonnée et prospère. Je constate chaque jour avec effarement l’incompétence, l’aveuglement et le mépris de nos élites établies pour leur propres concitoyens (dont ils se réclament pourtant sur tous les tons). Il y a un peu du Marc Bloch dans ce que je décris et ça fait peur… Parfois quand je vois Hollande, je pense à Catherine Médicis, celle d’avant la Saint-Barthélémy, de la minorité de Charles IX, qui a tenté coûte que coûte la conciliation avec les protestants. Les grands feudataires qui avaient épousé la “Cause” ont perçu cette politique de concessions comme de la faiblesse et poursuivi plus avant leur construction d’un Etat dans l’Etat, en couvrant les persécutions et crimes commis à l’encontre des catholiques par leurs correligionnaires les plus zélés, en saccageant les églises… La politique royale louvoyante et les rancoeurs recuites du petit peuple des deux communautés ont conduit au revirement sanglant de la Saint-Barthélémy et à ses répliques un peu partout dans le sud de la France. Et finalement à une guerre civile bien plus étendue et meurtrière suivie de 200 ans de discriminations pour les Protestants. Evidemment, nous ne sommes plus en 1572 mais l’histoire nous apprend que la faiblesse de l’Etat n’est jamais une bonne nouvelle et qu’elle conduit souvent à des tragédies pour le plus grand nombre. Plus près de nous, la Terreur et les atrocités de la Guerre civile russe ont également trouvé leur justification dans la faiblesse d’une révolution menacée de toutes parts. Pourquoi laisser grossir un problème jusqu’à ce qu’il détruise tout alors qu’on peut le résoudre avec fermeté mais pacifiquement dans le cadre d’un Etat de droit et démocratique ?

      Pour le reste, je ne suis pas du tout partisan d’un septennat unique dans le cadre actuel car il amenuisera encore le contrôle déjà ténu que les citoyens ont sur notre oligarchie (mandat plus long, pas de peur de ne pas être réélu). Ca risque de tourner au gouvernement de technocrates ouvert à tous les lobbys et sans rapport avec les aspirations des citoyens. Si je veux atteindre un point Godwin, je dirais qu’on a eu ça avec l’équipe de Darlan (ha ha ha, il l’a fait !) mais plus sérieusement, si c’est pour avoir une commission européenne bis, non merci. De toute manière, tant qu’il n’y aura pas de referendum d’initiative populaire digne de ce nom (et je vois avec plaisir que tu aimes les referendums !), on aura le même problème avec des politiques et des médias qui déploreront le fossé entre la France d’en haut et d’en bas, tout en poursuivant leur politique inepte qui la cause. Je suis pour ma part partisan d’une vraie démocratie, à la suisse, pas de cette oligarchie autocentrée qui fait ce qu’elle veut pendant 5 ans, qui plus est souvent l’inverse des promesses quinquennales de leurs chefs de file. Je pense aussi que le manque de démocratie réelle dans l’UE est une cause majeure de la désaffection pour l’idée européenne. Quand les échecs s’accumulent et que le citoyen se rend compte que l’UE persiste à lui imposer une politique inepte (pour être consensuel, je parlerais du TAFTA) et qu’il n’a aucun pouvoir pour l’arrêter…

      Sinon, je te suis évidemment pour beaucoup de choses sur l’aspect “bloqué” de notre société qui ne permet pas aux gens d’innover et décourage l’effort. Les perspectives pour les jeunes diplomés (hors grandes écoles) se résument de plus en plus à devenir fonctionnaire, enchaîner des CDD pourris et du chômage ou partir en exil au Royaume-Uni ! Dans le domaine de la santé et des maladies chroniques, grâce à notre persévérance, à l’entraide entre malades et à notre foi, nous vivons désormais presque normalement (moyennant de multiples traitements évidement à nos frais) là où, à de très rares exceptions près, les Grands professeurs infectiologues cooptés de notre pays laissent sur le carreau des milliers de malades en niant le problème. Heureusement, de plus en plus de petits médecins généralistes se bougent …. mais pas les Gamelin et Joffre de nos CHU !
      Nous cotisons pleinement pour un système de santé hyper coûteux qui se perd souvent en traitements symptomatiques ou de compensation qui ne guériront pas les gens et ne s’attaqueront pas à la racine du pb. Naturellement, nous avons besoin d’un Etat-Providence mais certainement pas de ce système d’assistanat coûteux, aveugle, inefficace et sans contrepartie.

      Mon Dieu que c’est long. Trace pour les historiens du 22ème siècle qui resteront incrédules devant la nullité de nos dirigeants. Ou comment se noyer dans un verre d’eau ?

      Je ne viens qu’épisodiquement sur le Bein car j’ai besoin de temps (pour nous soigner mais aussi parce qu’on ne peut se lamenter et ne rien faire après ce que nous avons vu). En tout cas, ça sera avec plaisir que je lirais tes articles.

  16. avatar
    23 janvier 2016 a 12 h 15 min

    Oui sinon en effet les GB-MG sont très louches en 1992-1993, avec les Italiens Franco Vona 2e à Sestrières et l’Alpe d’Huez en 1992, son compatriote Franco Chioccioli maillot rose du Giro 1991 sorti un peu de nulle part, le Polonais Zenon Jaskula surprenant 3e du Tour de France 1993 et 5e du CLM de Luxembourg en 1992.

    Pour LeMond, je me souviens pas de cette histoire de grève d’Air Inter sur le transfert Nantes – Pau du Tour 1991, t’as des détails là dessus ?
    Je trouve juste ça en cherchant “Air Inter 17 juillet 1991 grève” sur Google : “17 JUILLET 1991. Un hold-up a lieu dans le Mercure F-BTTC d’Air Inter pendant son vol entre Bastia et Orly (IT650). Les deux sacs remplis de 5,74 millions de francs sont vidés pendant le vol et remplacés par des journaux. Le voleur était caché dans une malle en soute, malle récupérée à l’arrivée par un complice.”

    Enfin sur Sabino Padilla non aucune idée des raisons de son départ de Banesto fin 1995. Sans doute l’argent et un veto d’Echavarri / Unzue ? Plus jamais entendu parler de lui ensuite …

  17. avatar
    23 janvier 2016 a 19 h 18 min
    Par Fabien

    Hello,

    Désolé, j’ai été un peu elliptique dans mes formulations. En parlant de San Sebastian, je voulais bien sûr parler de 1992. J’ai notamment retrouvé ce texte de LeMond que je te laisse in extenso car je le trouve intéressant : http://www.cyclingnews.com/blogs/greg-lemond/the-art-of-peaking-for-the-tour-de-france-1/

    Bref, le scenario cauchemar. Ca n’aurait de toute façon rien changé à la capacité de LeMond de jouer la victoire. Tout au plus aurait-il pu faire 4ème si l’on en juge aux perfs de Luc Leblanc qui lui a démarré le Tour en excellente condition. Le petit grimpeur de Saint Yreix la Perche avait d’ailleurs même accroché l’échappée royale dans le Jaizkibel avec Chiappucci, Indurain, Lelli, Chioccioli, Roche, Breukink, Bugno et Hampsten, là où LeMond, Fignon, Mottet et Delgado étaient déjà en difficulté. Cet épisode avait été sans conséquence car le peloton avait repris l’échappée sur le plat avant l’arrivée mais c’est révélateur.

  18. avatar
    24 janvier 2016 a 17 h 20 min

    Salut Fabien,

    Oui San Sebastian 1992 c’est moi qui n’ai pas percuté ! Mais tu évoquais 1991 juste avant, j’ai donc cru que tu enchaînais sur la fameuse étape de Jaca, celle qui valut à Luc Leblanc son unique maillot jaune.

    Hallucinante l’histoire de Greg LeMond pour rejoindre le Pays Basque, ça me rappelle les déboires du Real Madrid qui jouait la Liga aux Canaries en 1993 …

    http://yourzone.beinsports.fr/real-madrid-9293-la-malediction-de-tenerife-57134/

    En juillet 1992, il y avait aussi la fameuse grève des routiers contre le permis à points. Ambiance !

    Pour le septennat unique, je précise que je le souhaite renouvelable mais pas consécutivement.
    Comme cela, si le Président veut se représenter 7 ans après la fin de son premier mandat, il aurait tout de même à assumer son bilan sans pour autant avoir tout fait pour être réélu sans prendre de risques (comme tous nos présidents depuis bien trop longtemps) …

    Et il faut se rapprocher de la seule démocratie de ce bas monde, la Suisse, en facilitant les référendums d’initiative populaire (sans pour autant tomber dans la pétition populiste systématique).

    Et quelle navrante propension à ne jamais faire de compromis gauche / droite, patronat / syndicat dans ce pays. Toujours dans la posture et l’affrontement idéologique limite caricatural.

    Trop de bonnes idées ont été mises sous le tapis à cause de cela. Il faut essayer, tenter, se tromper même avant de trouver les solutions face au chômage et au terrorisme.

    Je retiens juste le mot de ce sage Benjamin Franklin … “Il y a bien des manières de ne pas réussir, mais la plus sûre est de ne jamais prendre de risques.”

  19. avatar
    24 janvier 2016 a 21 h 08 min
    Par Fabien

    Oui, ton article a fait sortir beaucoup de choses !!!!

    Le problème fondamental c’est que la politique n’est plus majoritairement vécue comme un sacrifice au service de son pays. Il est loin le temps des Messmer qui s’enterraient dans les trous à Bir Hakeim tout en sachant qu’ils avaient 9 chances sur 10 d’y laisser leur peau !

    Je te dis à bientôt ! Je reviendrais sans doute dans quelques mois.

    Si tu as l’occas’, en très belle étape de la Vuelta, je te conseille la belle montée de Cerler en 1987 : https://www.youtube.com/watch?v=waWxywcnxoQ

    Moins cruciale que le duel Parra – Delgado dans l’avant dernière étape de la Vuelta 89 à Ségovie mais assez révélatrice de cette ambiance de petits grimpeurs de poche qui attaquent tous azimuts… J’aime ! L’action commence tout de suite et la fin de l’étape est à la min. 30. Public quasi inexistant.

  20. avatar
    24 janvier 2016 a 21 h 18 min
    Par Fabien

    En tant que pratiquant de la musicothérapie, tu apprécieras le remix à la sauce 80′s de La Gioconda de Ponchielli…

  21. avatar
    25 janvier 2016 a 15 h 36 min

    Salut Fabien,

    Oui temps révolu sur le sacrifice politique, comme le célèbre episode où Jacques Chirac va négocier en plein paris, pistolet sous le manteaux,a vec Henri Krasucki (1er secrétaire de la CGT) les accords de Grenelle pour mettre fin à la “chienlit” de mai 68.

    Ok pour la Vuelta 87.
    Etant ado, j’avais été marqué par la terrible étape de l’édition 1997, fringale de Jalabert dans la Sierra Nevada.

    Il faudrait surtout revoir la Vuelta 1998 avec le phénix Armstrong 2.0 renaissant et un Jimenez de feu (alias l’Aigle d’El Barraco), ou les premières escalades de l’Angliru en 1999, 2000 et 2002

  22. avatar
    25 janvier 2016 a 23 h 06 min
    Par Fabien

    Ah, je connaissais pas cette anecdote sur Chirac, ça va avec son physique. Plein d’hormone de croissance = plein de confiance en soi mais ça il ne le savait pas !

    La Vuelta 87, c’est celle d’Herrera mais la course a mis pas mal de temps à se décanter car c’est Kelly qui aurait dû gagner, sans compter la défaillance inattendue de Delgado aux Lagos de Covadonga alors qu’il était très bien placé (comme en 84 d’ailleurs). En effet, le Ségovian n’aimait pas les froides pluies de printemps et plus d’un passage dans les Asturies lui aura été fatal. Cerler n’est que la seconde d’une longue liste d’étapes de montagne.

    98-99, je reregarderais un de ces 4 bien sûr. Mais bon franchement, tous ces grimpeurs “surdoués” qui montent comme des avions sur le grand plateau (Vandenbroucke et Jimenez) en tête, ça fait peine à voir avec le recul. Il y a pas longtemps, j’ai revu Loudenvielle et Arcalis (97). Très honnêtement, ce n’est pas le même sport même si ça fait du bien d’entendre Patrick Chêne !

  23. avatar
    26 janvier 2016 a 14 h 24 min

    Salut Fabien,

    Cet episode ubuesque de Jacques Chirac est raconté dans le tome 1 de ses Mémoires ainsi que dans le documentaire passé récemment sur France 3 et commenté par Franz Olivier Giesbert.

    Le pire c’est l’Angliru malgré les pointes à 18, 20 voire 23 % sur des braquets de VTT, les gars arrivent encore à créer des petits écarts. Timides certes mais il y en eut !

    Juste hallucinant …

    Oui pour 1987 Kelly aurait du gagner la Vuelta, tout comme Robert Millar en 1985,Alex Zulle en 1993, ou encore José Maria Jimenez en 1998 ou Oscar Sevilla en 2001. Cruels epilogues mais le sport est ainsi fait.

  24. avatar
    29 janvier 2016 a 0 h 13 min
    Par Fabien

    Salut !

    L’Angliru est une de mes références. Un jour j’irais là-bas comme aux Lagos de Covadonga que j’ai en partie parcourus… via Street view.

    L’Angliru me rappelle le dernier km de la Tour de Madeloc dont les pourcentages sont similaires sauf que ça dure 1,1 km alors que l’Angliru, c’est pendant 6 km, sans compter les 10 % avant ou après !!! J’avais adoré cette sensation de se battre contre la pente tout en regardant sans cesse en contrebas pour voir si mes copains me rattraperaient. J’avais 20 ans et c’est un souvenir formidable !

    Quant à Robert Millar, il a bien failli aussi gagner en 1986 mais Pino a aussi eu de précieux alliés même si c’était moins visible. C’est justement ces défaillances et coups du sort qui manquent tant aujourd’hui. Delgado a été servi entre sa gastroentérite du Tour 90 et sa triple malédiction de Morzine en 83, 84 et 87.

  25. avatar
    30 janvier 2016 a 18 h 24 min

    Salut Fabien,

    COnnais pas cette malédiction de Morzine pour Perico …

    En 1987 en effet il perd le Tour face à un Roche admirable de courage à Morzine, au lendemain d’avoir fini en rupture à la Plagne (masque à oxygène après l’arrivée, tel Eddy Merckx en 1970 au Ventoux).

    Mais pour 1983 et 1984, désolé je ne vois pas de quoi tu parles. Perte du gain d’étape pour le natif de Ségovie ? Car ces années là, Pedro Delgado ne jouait pas encore le maillot jaune, il n’avait même pas gagné sa première Vuelta, et la star de Reynolds avait pour nom Angel Arroyo (2e du Tour 83 derrière Laurent Fignon).

    Pour 1990, gastro ou pas, Delgado était loin du niveau de 1988 ou 1989, donc pas possible pour lui de concurrencer LeMond et Breukink. Echavarri aurait mieux fait de propulser Miguel Indurain en leader de la Banesto dès 1990, le Navarrais aurait sans doute fait mieux que sa victoire d’étape à Luz Ardiden, succès qui annonçait les 5 maillots jaunes à venir entre 1991 et 1995, et succès qui serait le dernier en ligne du roi Miguel sur le Tour, d’où la fameuse critique de Pierre Chany en 1993 sur le manque de panache.

  26. avatar
    30 janvier 2016 a 21 h 33 min
    Par Fabien

    Salut !

    La malédiction de Morzine pour Delgado, c’est certes un peu durcir le trait. Mais quand même, il y a un peu de ça…

    En effet, l’histoire du petit grimpeur ségovian avec Morzine commence sous les meilleurs auspices puisqu’il y gagne à seulement 19 ans l’une des étapes de montagne du Tour de l’Avenir 1979.

    Ses autres contacts avec la cité Chablaisienne seront plus douloureux.

    Au Tour 1983, après un début de Tour catastrophique où il perd 9 minutes dans l’étape des pavés, le jeune grimpeur espagnol refait son retard dans la grande étape pyrénéenne et la traversée du Massif du central. Au sommet de l’Alpe d’Huez, où le maillot blanc Fignon s’empare de la précieuse tunique, il se classe 2ème du général à seulement 1’08″ du Parisien.

    Reste alors l’étape de Morzine, un clm en côte à Morzine-Avoriaz et le clm final de Dijon. Delgado peut aborder l’étape confiant car il avait largement dominé le Parisien dans les Pyrénées (+4’17″) et le clm du Puy de Dôme (+1’35″). Bien plus qu’Angel Arroyo qui n’est que 9ème du général, les principaux adversaires de Fignon pour cette fin de Tour sont Winnen et surtout Delgado. Et là patatra, alors que ça bagarre dur devant avec l’offensive des Ti Raleigh de Winnen et d’Anderson, le grimpeur espagnol est victime de maux d’estomac et se retrouve au pied de Joux Plane dans un groupe à plus d’un quart d’heure du maillot jaune. Il finira l’étape à plus de 25 minutes. Plus qu’encore en 1987 ou 1989, Delgado aurait vraiment pu remporter la victoire en cette année 1983. Quand on voit l’écart sur Fignon creusé par Van Impe, Arroyo, Alban ou le duo Roche-Millar dans Joux Plane, on se dit qu’un Delgado en forme aurait facilement pu prendre 2 minutes à Fignon ce jour là, d’autant qu’il aurait disposé du sacrifice de son chef de file, en excellente forme ce jour là (2ème à 1’11″ de l’échappée Michaud). Il aurait consolidé son maillot le lendemain dans le clm en cote. Tout se serait joué dans l’ultime clm de Dijon…

    Fignon a été admirable d’intelligence et de courage dans cette étape de Morzine mais sans le sacrifice de Madiot qui lui a permis de neutraliser la fuite de Winnen et Anderson et la défaillance providentielle de Delgado, il aurait eu beaucoup de mal à remporter le Tour 83.

    Pour le plaisir, voici la fin de l’étape de Luchon à partir du Peyresourde dont tu parles souvent dans tes articles : https://www.youtube.com/watch?v=p9JM93wWY7E

    Si tu n’as pas le temps de tout regarder, les premières minutes de la vidéo sont très intéressantes. Malheureusement, après, le manque de caméras et l’éparpillement des coureurs fait rater une bonne partie de l’action.

  27. avatar
    30 janvier 2016 a 22 h 12 min
    Par Fabien

    En 84 aussi, la malédiction de Morzine accable à nouveau le protégé d’Echavarri.

    5ème du classement général à la veille de l’étape de Morzine, le Ségovian ne pouvait évidement plus espérer battre un Fignon intouchable en cet été 84 (ce dernier paiera d’ailleurs peut-être la conséquence de son abus de corticoïdes dès la fin de saison par des tendinites récurrentes).

    Pour autant, Delgado n’avait pas abandonné tout espoir pour le podium étant donné la faiblesse d’Hinault en montagne mais également pour le maillot à pois où il était en pleine bagarre avec Robert Millar. L’étape de Morzine commence très bien pour lui. Son coéquipier Arroyo (8ème du classement général) attaque dans Joux Plane et passe au sommet avec environ 1 minute d’avance sur un groupe maillot jaune très réduit (Fignon, Lemond, Millar, Munoz et Delgado). Après avoir remporté le sprint du groupe, Delgado se lance dans une descente à tombeau ouvert derrière LeMond. En effet, le jeune coureur de chez Guimard cherche à s’emparer de la 2ème place d’Hinault passé 44″ après au sommet. Après un mauvais virage de l’Américain, Delgado se retrouve seul 2ème de la course avec une petite avance sur le groupe Fignon-LeMond-Millar qui descend prudemment. Quand soudain, il crève, chute… et se casse la clavicule !!!

    Fin du 2ème volet de la malédiction de Delgado qui voit à nouveau ses espoirs s’envoler à Morzine.

  28. avatar
    30 janvier 2016 a 22 h 39 min
    Par Fabien

    87, tu connais bien donc je développe pas. Loin d’être à la hauteur des deux coups durs précédents mais tout de même encore un échec pour le Ségovian.

    Le maillot jaune sur les épaules, Delgado entame l’étape avec 39″ d’avance sur Roche et doit à tout prix faire la différence dans l’étape de Morzine pour espérer avoir au moins 1′ d’avance sur l’Irlandais avant le clm de Dijon. Ne l’avait-il pas déjà distancé l’avant-veille de 1’45″ à l’Alpe d’Huez et d’1 minute la veille jusque dans les 3 derniers km de La Plagne ?

    Delgado va donc attaquer à plusieurs reprises dans Joux Plane. Mottet, Herrera, Hampsten, Fuerte, Bernard ou Fignon sont distancés. Mais l’Espagnol plafonne et ne parvient pas à lâcher Lejaretta, Parra et surtout Roche qui bénéficie de surcroît de l’aide providentielle d’un Scheppers en grande forme. Bernard revient sur le groupe peu avant le sommet. On s’achemine vers un statut quo. C’était sans compter l’intelligence et le courage de Stephen Roche qui attaque dans la descente de Joux Plane. Delgado effectue lui aussi la descente en prenant tous les risques mais il lâchera 18″ à Roche. Avec seulement 21″ d”avance avant le clm final, il est désormais évident qu’il a perdu le Tour 87.

    Voilà pour la malédiction de Delgado !!!!!

    Il y aurait sans doute de très beaux articles à écrire sur les duels Millar-Delgado, qui se sont à chaque fois joué à coups de secondes avec un épilogue dramatique tantôt pour l’Ecossais tantôt pour l’Espagnol.

  29. avatar
    30 janvier 2016 a 23 h 19 min
    Par Fabien

    Bon voilà, en me relisant, je vois que j’ai un peu écrit avec mes pieds car on sait pas toujours de qui je parle. Désolé !

    En 90, Delgado était plus faible qu’Indurain mais encore en excellente forme avant la gastro du Causse Noir. Il bat LeMond de 6″ dans le clm de Vittel. Puis il prend à tous les favoris sauf Lejaretta une vingtaine de secondes dans la 1ère étape de montagne grâce à un démarrage canon à 2,5 km du sommet. Je pense que Pensec qui avait voulu le suivre et s’est retrouvé planté ensuite s’en souvient encore ! Bref, Delgado entame l’étape de l’Alpe avec seulement 1’20″ de retard sur LeMond (et 11′ sur Pensec et Chiappucci). Inespéré par rapport aux énormes retards accumulés en 83, 84, 85, 85, 86, 89 et même 87. Il se retrouve dans une situation comparable à celle de sa victoire en 88. Malgré la magnifique offensive des Banesto dans l’étape de l’Alpe, où il subit un effet-La Plagne en craquant sur la fin (40″ de perdues sur Breukink et LeMond), il fait encore un excellent clm de Villard de Lans dont il prend la 2ème place. Sans sa crevaison, il aurait pris environ plus d’une minute à LeMond (contre 26″).
    Bref, au sortir des Alpes, Delgado n’avait qu’1’35 de retard sur LeMond et 2’07 sur Breukink. Il n’est pas franchement battu non plus dans l’étape de Saint-Etienne où il se fait bêtement piéger avant l’entame de Chaubouret par l’offensive de LeMond et Breukink mais refait une partie de son retard dans Chaubouret.

    Certes, comme tu le dis, c’est Indurain qui crêve l’écran en 90 mais Delgado est loin d’être hors du coup. LeMond l’aurait il est vrai très certainement battu à Vassivière mais si tu enlèves les dopés EPO Breukink, Bugno, Chiappucci et Indurain, Delgado joue la 1ère ou la 2ème place.

    Parler du déclin de Delgado en 90, c’est un peu comme parler de celui de LeMond qui ne domine pas les clm et ne gagne pas d’étape. Certes, c’est indéniablement ce qui s’est produit. Mais à y regarder de plus près, l’Espagnol et l’Américain se voient privés de victoires par des coureurs dont les performances sont déjà significativement améliorées par l’EPO : Alcala, Indurain, Breukink, Bugno…

    Voilà pour ma contrib !!! Mais ce n’est pas pour autant un panégyrique de Delgado qui a toujours eu comme Fignon une éthique douteuse niveau dopage.

  30. avatar
    1 février 2016 a 10 h 15 min

    Salut Fabien,

    Merci beaucoup pour ce tour d’horizon très complet sur Delgado et Morzine.
    Pour 1983 je ne me souvenais pas qu’il avait été aussi prêt de Fignon après l’Alpe d’Huez.

    Pour 1984 oui malchance mais bon je vois mal comment il aurait pu battre LeMond, in fine il termine à du Californien cette année là.

    Pour 1990 loin de moi l’idée de parler de déclin mais Indurain (sans doute benefice de l’EPO) avait déjà dépassé son leader Perico en terme de forme, meme s’il a tout perdu dans l’Alpe d’Huez (12 minutes après un travail colossal pour le natif de Ségovie).

    Si l’on enlève les dopes EPO en 1990, alors Delgado perd Indurain et donc son plus précieux allié face aux Z de Greg LeMond, qui je pense aurait tout de meme gagné le maillot jaune contre l’Espagnol.

  31. avatar
    2 février 2016 a 10 h 19 min
    Par Fabien

    Hello,

    Oui, oui, effectivement Indurain était nettement au-dessus de Delgado en 1990. Il n’y a qu’à voir les éclats invraisemblables (vu son passé) qu’il met à Fignon ou Boyer au Mont Faron. Tu avais d’ailleurs bien exposé le pb dans ton article Indurain aurait-il pu gagner le Tour 90 ? Pour moi, la réponse est oui. Après mon propos était surtout de dire que Delgado était également à un super niveau en 90 avant le Causse Noir et que son déclin n’était qu’un déclin relatif car Alcala, Breukink, Bugno et même Chiappucci avaient clairement changé de dimension. Pour moi, il est indéniable que les performances stratosphériques de Raul Alcala à Vittel et Vassivière sont dues au dopage sanguin. Mais je me demande pourquoi ça ne s’est pas matérialisé en montagne ? PDM avait encore des progrès à faire en cette année 90…

    Pour la victoire sans les EPO en 90, effectivement, je suis complètement d’ac avec toi : LeMond aurait certainement pris assez nettement la mesure de Delgado. Mon propos était de dire qu’il n’avait pas démérité et qu’il aurait certainement fini 2ème de ce Tour, ce qui est tout de même bien dans la moyenne de ses performances passées.

    En 84, en effet Delgado aurait plus sûrement fini 4ème ou 5ème même si un chavirage d’Hinault, LeMond ou Millar n’était pas exclu. Mais là du coup, on ne se pose même plus la question puisqu’il a fini à la maison !

  32. avatar
    2 février 2016 a 14 h 15 min

    Salut Fabien,

    Oui mystère pour Raul Alcala en 1990 mais le CLM et la montagne sont deux épreuves si différentes.
    Le Mexicain avait peut être travaillé son aérodynamique, et puis dans les cols il y a aussi de la tactique, la gestion d’un braquet si different de la plaine et le fait de bien s’abriter du vent dans les portions plates de l’étape afin de ne pas cramer d’énergie inutile en tête de peloton.

    Pour 1990 oui sans EPO Delgado finit sur le podium les doigts dans le nez, sans doute plus 2e que 3e d’ailleurs !

    Et pour 1984, oui potential top 5 devant Sean Kelly voire Robert Millar, mais impossible de devancer Greg LeMond ou Bernard Hinault selon moi.

    On verra ce que donnera le prochain Tour de France, avec une lutte féroce entre Quintana, Froome, Aru voire Contador, tandis que Valverde aura du mal à 36 ans à récupérer du Giro, qui sera l’objectif 2016 de Nibali.

    Uran et Landa à surveiller aussi ainsi que Majka et Geesink sinon.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter