Jacques Anquetil, l’élégance suprême sur deux roues
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Jacques Anquetil, l’élégance suprême sur deux roues

Il fait partie avec Bernard Hinault, Alain Prost, Suzanne Lenglen, Sébastien Loeb, Michel Platini, David Douillet, Eric Tabarly, Serge Blanco, Jean-Claude Killy ou Zinédine Zidane des plus grands sportifs français. Il, c’est Jacques Anquetil, virtuose du cyclisme et digne successeur des Fausto Coppi, Hugo Koblet et autres Louison Bobet sur les routes d’Europe.

Véritable esthète du cyclisme, Jacques Anquetil était une icône du sport français, premier coureur à remporter cinq fois le Tour de France. Et contrairement à Merckx, Hinault et Indurain qui se comparaient à lui et ses cinq maillots jaunes, le Normand n’avait pas besoin d’améliorer son record. S’il n’avait tenté le sensationnel doublé Dauphiné Libéré / Bordeaux-Paris en 1965, exploit qui fit tant pour sa légende, Maître Jacques aurait peut-être gagné une sixième fois la Grande Boucle, performance restée utopique pour le Cannibale belge, le Blaireau breton et le Goliath espagnol venu de Pampelune.

Son aura dans le sport français était incroyable, à tel point que le journaliste Michel Clare demanda un jour, au début des années 80, aux skieurs Jean-Claude Killy, Marielle Goitschel, Annie Famose et Guy Périllat, quel champion ils admiraient le plus dans le monde. La réponse des quatre skieurs fut unanime : Anquetil !

Et Guy Périllat, médaillé d’argent en descente aux Jeux Olympiques de Grenoble 1968 derrière son compatriote Killy, ajouta cet éloge : Nous avons reçu la Légion d’Honneur ensemble des mains du général de Gaulle. Le fait d’avoir été récompensé en même temps que lui m’a semblé une véritable consécration. Il avait toujours été à mes yeux une sorte de héros, quelqu’un que je rêvais d’imiter dans mon domaine.

Un autre hommage appuyé vint de son digne successeur au pinacle du cyclisme mondial, le Belge Eddy Merckx, peu avant la retraite de Jacques Anquetil en 1969 : Sa facilité est inouïe, très impressionnante, quand on sait les difficultés et les souffrances que l’on endure sur un vélo. Le plus extraordinaire, c’est qu’il est toujours à l’aise, aujourd’hui encore, après dix-sept ans de carrière !

A l’aise sur un vélo, Jacques Anquetil l’était, lui qui avait un corps parfait pour le cyclisme, un métabolisme implacable de force et d’endurance …

Le Normand ne faisait rien comme personne. La diététique ne faisait pas partie de son vocabulaire, lui qui était un habitué du whisky chez Geminiani, sans parler du fameux méchoui d’Andorre sur le Tour de France 1964, avant l’étape mythique Andorre – Toulouse où il conjura la funeste prédiction du mage Belline.

En 1961, alors qu’il venait d’écraser la Grande Boucle en portant le maillot jaune du premier au dernier jour, asphyxiant la course et imposant sa férule à ses rivaux au point que ceux-ci ne l’attaquent pas entre Luchon et Pau (ce qui avait valu aux adversaires du Normand un éditorial au vitriol de Jacques Goddet le lendemain dans L’Equipeles Nains de la Route, furieux de voir qu’on avait escamoté ses quatre cols géants pyrénéens, Peyresourde, Aspin, Tourmalet et Aubisque), Jacques Anquetil menait le peloton en personne à l’approche du Parc des Princes, pour favoriser la victoire d’étape de son coéquipier Roger Cazala. Anquetil ne s’enfermait pas dans une tour d’ivoire et ne savait que trop bien ce qu’il devait à ses fidèles porteurs d’eau.

Dans sa propriété de Neuville-Chant-d’Oisel, le champion traquait le sanglier durant les heures nocturnes, sans jamais les tuer mais pour les voir de près, ou il regardait les étoiles avec son télescope.

Château entouré de 700 hectares de terres agricoles, la demeure est chargée d’histoire. Elle a appartenu aux Maupassant, et été le rendez-vous de l’élite des sciences et des arts de Rouen.  Gustave Flaubert y a souvent séjourné. En 1869, le domaine fut racheté par le cousin de Guy de Maupassant, le peintre Louis Pottevin, avant d’être restauré en château en 1874.

Jacques Anquetil faisait souvent le contraire des autres, mais son amour du vélo était viscéral. Car, paradoxe avec ses prises de liberté diététiques, nul n’a sans doute poussé l’entraînement à un tel niveau de stakhanovisme, en témoignent ses séances de torture à 70 km/h derrière le cyclomoteur d’André Boucher, et nul n’a autant repoussé ses limites en course quand il avait décidé d’être le premier. Il suffit de revoir comment il bluffa Poulidor sur les pentes du Puy-de-Dôme, repoussant l’hémorragie du temps à l’approche de la cime du volcan auvergnat, une fois que le Limousin eut démarré, bien trop tard pour lui … Et malgré un Giro 1964 aux airs de victoire à la Pyrrhus tant Anquetil arriva à court de ressources pour le Tour de France, les banderilles multiples de Poulidor et Bahamontes furent insuffisantes pour lui porter l’estocade. La sélection naturelle et Darwin avaient encore parlé, le plus fort avait émergé du chaos, Jacques Anquetil …

D’une suprême élégance, il était capable d’emmener les plus gros développements à la manière de Miguel Indurain ou Jan Ullrich par la suite, mais à la différence des colosses de Pampelune et de l’ogre de Rostock, Jacques Anquetil semblait voltiger avec un coup de pédale aérien rappelant celui de l’Apollon du cyclisme, le Suisse Hugo Koblet, le plus beau style vu avant que le Normand n’entre en scène …

L’apothéose fut atteinte en 1962 entre Bourgoin et Lyon, où le compliment vint du directeur sportif de son grand rival Raymond Poulidor, en l’occurrence Antonin Magne : Garez-vous, Raymond, et admirez la Caravelle qui passe !

Le Limousin confirma les dires de son directeur sportif à l’arrivée : Je ne le voyais pas pédaler, il glissait …

C’est en 1953 que Jacques Anquetil, rouleur aux qualités exceptionnelles, se révéla en remportant le Grand Prix des Nations, battant Hugo Koblet, vainqueur du Giro en 1950 et maillot jaune du Tour de France en 1951.

Dans l’effort solitaire, Koblet tutoyait la perfection, lui qui s’attirait tous les superlatifs pour son incroyable propension à gagner des courses en donnant l’impression de ne pas forcer son talent.

Mais le prestige de Fausto Coppi était encore plus grand à cette époque, et c’est au Piémontais que le jeune homme de 19 ans vint rendre visite en cette année 1953.

Faisant la route  avec un photographe de Ouest-France, Anquetil débarque à Novi Ligure, trouvant Coppi entre les mains de son célèbre masseur Cavanna, l’aveugle qui se cachait derrière des lunettes noires et qui pétrissait les jambes du campionissimo tel un boulanger pétrissant son pain.

Noir comme les lunettes de Cavanna, blanc comme la neige du Stelvio où Coppi crucifia Koblet sur le Giro 1953, noir comme le destin tragique de Coppi qui mourut en 1960 de la malaria après une tournée en Haute-Volta, blanc comme la Dame Blanche … Le destin de Coppi est en dents de scie, fait de noir et de blanc, de yin et de yang, de joies et de drames.

Cavanna, bien qu’aveugle, sait reconnaître un champion à ses muscles. En massant le jeune adolescent, il se rend compte qu’il peut être l’héritier de Coppi, que sa victoire au Grand Prix des Nations ne sera pas un feu de paille.

Coppi propose de prendre Anquetil sous son aile et de lui enseigner ses méthodes d’entraînement. Espiègle et déjà si indépendant, le Normand refuse poliment. Son veto le destine à l’affrontement avec l’Italien … Quoi de mieux que la pureté et le silence du Vigorelli de Milan, théâtre du fabuleux record de l’heure de Coppi en novembre 1942 ?

Le Vigorelli a la réputation d’être le plus rapide vélodrome d’Europe, sur une piste de 397.37 mètres de long. Le bois de la piste vient du Cameroun et c’est un lion en cage qui va tourner pendant une heure sur le vélodrome milanais.

Le record de l’heure est ingrat, car il emmène le champion cycliste vers des souffrances insoupçonnées, et il n’y a qu’un destin : recordman. Il n’y a pas de deuxième place dans cette épreuve si tragiquement booléenne. Tout ou rien. Quitte ou double. Le Normand s’est longuement entraîné au vélodrome de Besançon.
L’épée de Damoclès est suspendue au-dessus d’Anquetil qui pédale à bride abattue sur la piste lombarde en ce 29 juin 1956, et l’ombre de Coppi le hante mais pour un tour de piste, le tour d’honneur en quelque sorte, c’est le Français qui l’emporte à quatorze ans de distance. 46.159 kilomètres en une heure, nouveau record du monde devant des spectateurs italiens médusés.

A seulement 22 ans, beaucoup en sont convaincus, le jeune Normand a bu le nectar et l’ambroisie qui sépare les dieux des mortels. Comme Fausto Coppi, il est promis à un immense destin à condition de ne pas courir en épicier et de se donner toujours de nouveaux défis, pour construire un palmarès éclectique.

Quatre ans plus tard, Anquetil revient à nouveau d’Italie paré de gloire, devenant le premier Français à gagner le Giro, ce que Bobet n’avait pas pu faire en 1957, le Breton étant déjà proche de son chant du cygne.

En ce printemps 1960, le Normand réalise une démonstration de force dans le contre-la-montre. Anquetil craint les Dolomites pour deux raisons : le Luxembourgeois Charly Gaul est toujours capable, tel un démon, de surgir de la boîte de Pandore où les grimpeurs diaboliques hibernent avant de frapper, réveillés par l’air des montagnes … Et surtout, ayant vu l’infortune de Bobet en 1957 face à Nencini, Anquetil sait combien les tifosi peuvent favoriser Ercole Baldini par des poussettes interdites. Insultes, crachats au visage, poussettes, le Giro est un enfer pour les étrangers, tant les intérêts publicitaires sont grands : la télévision italienne perd également de l’audience si un Italien n‘est pas ceint du maillot rose.

Entre Seregno et Lucco, sur 68 kilomètres avalés à 45 km/h, Anquetil écrase Baldini de 1’27’’ tandis qu’il repousse Gaul à plus de six minutes, à la veille de défier le terrifiant col du Gavia.

Deux mois plus tard, le voilà orphelin de son compatriote et rival Roger Rivière, autre recordman de l’heure (tout comme Ercole Baldini) au Vigorelli de Milan, le Stéphanois s’étant brisé la colonne vertébrale dans les Cévennes. Face à l’épouvantail italien Gastone Nencini, descendeur hors pair, Rivière commit une erreur tactique en voulant gagner le Tour de France 1960 en descente, et il fit une terrible chute par-delà le parapet, dans le col du Perjuret. Passant du Capitole à la Roche Tarpéienne alors qu’une immense carrière lui était promis et un duel d’anthologie face à Anquetil, Rivière finit aux oubliettes, laissant à Bahamontes et Poulidor, deux coureurs de panache, le soin d’en découdre avec le Normand dans des joutes inoubliables entre 1962 et 1964.

Les quatre années suivant le drame de Rivière, entre 1961 et 1964, Anquetil étale son hégémonie chaque mois de juillet, pérennisant les exploits avec un doublé Tour – Vuelta en 1963 puis le prestigieux doublé Giro – Tour en 1964, imitant une fois de plus son idole Coppi. Paris – Nice, le Tour de France, le Dauphiné Libéré, le Grand Prix des Nations, quatre courses qui apportent une razzia de victoires au Normand.

Parmi les performances colossales d’Anquetil, celle qui firent de lui un Pantagruel du cyclisme digne du gotha éternel, sa victoire au Grand Prix des Nations 1961.

Paradoxalement, il termina la course en vainqueur pour la sixième fois de sa somptueuse carrière, mais investi d’un courroux divin car son entraîneur Paul Wiegant avait franchi le Rubicon en lui mentant sur ses temps de passage.

Wiegant avait pour idée que son poulain explose le record de la course, et lui annonce des pointages volontairement défavorables. Appuyant encore sur les pédales, Anquetil ne comprend pas et réalise la supercherie à l’arrivée, lui qui vient de battre son record de 1’20’’ à l’arrivée triomphale au Parc des Princes.
Ses rivaux sont laminés, humiliés, atomisés : son dauphin Gilbert Desmet termine à 9 minutes, le troisième Aldo Moser à 10 minutes, l’Anglais Tom Simpson à 20 minutes !

Dupé, Anquetil s’aperçoit qu’il a perdu 5 kilos après cet effort digne des travaux d’Hercule sur 100 kilomètres de course …

C’est pourtant en 1965, en dehors de ses cinq maillots jaunes du Tour de France ou de cet incroyable Grand Prix des Nations 1961, qu’Anquetil touche son zénith, son climax, avant que l’usure du pouvoir ne fasse son œuvre après 1966. Jamais personne ne pourra monter plus haut.

Lauréat du Dauphiné Libéré, le Normand quitte le podium d’Avignon à 17h05. A 17h20, le champion enchaîne sur le bain et le massage, avant de dîner : camembert, steak tartare, tarte aux fraises, bière …

Direction ensuite l’aéroport de Nîmes via une Ford Taunus, les pneus crissent car la moindre minute compte. Geminiani est au volant du bolide qui fonce vers le chef-lieu du Gard. A 18h35, dans un Mystère 20 prêté par Charles de Gaulle en personne, Jacques Anquetil, Louis Rostollan et Raphaël Geminiani quittent Nîmes pour Bordeaux. L’Auvergnat est devenu directeur sportif car la passion investit encore, même s’il s’est reconverti comme Bobet en dehors du peloton : le Breton a ouvert à Quiberon un centre de thalassothérapie, tandis que le Grand Fusil est devenu gérant d’une brasserie place de Jaude, dans sa ville natale de Clermont-Ferrand.

Après un cinquième maillot jaune en 1964 sur les routes de France et de Navarre, Geminiani propose donc un challenge hors normes à son champion en 1965, loin du duel sentant le soufre avec Raymond Poulidor.

Car voilà l’Everest insensé qu’Anquetil s’est lui-même mis en tête de gravir : gagner Bordeaux-Paris, course inhumaine de près de 600 kilomètres, dès le lendemain du Dauphiné Libéré, éprouvante course par étapes d’une dizaine de jours où Raymond Poulidor lui a taillé des croupières.

La victoire semble utopique quand les coureurs quittent Bordeaux à 1h30 du matin dans la nuit noire, la route vaguement éclairée par les phares des voitures. Dans les ténèbres bordelaises, Anquetil manque de sommeil et même ceux comme Tom Simpson et Jean Stablinski qui ne sont venus que pour cette course vont souffrir le martyr sur ces 557 kilomètres, ce chemin de croix cycliste.

Proche du Golgotha après le ravitaillement de Châtellerault, Anquetil a-t-il commis le péché d’orgueil en voulant doubler ces deux grandes courses ? C’est justement son orgueil de champion qui va le sauver, et le phénix proche du gouffre va renaître de ses cendres.

C’est grâce à la gouaille de Geminiani jouant son va-tout, qu’Anquetil va se réveiller et revenir du diable vauvert :Descends de là ! Ta place n’est pas dans ma voiture mais dans le camion-balai ! Ouste ! Dégage ! Tu me fais passer pour un con, moi Geminiani, qui avais confiance en toi ! Tu me trahis. Alors je vais te dire : entre nous c’est fini ! Tiens, serre-moi la main, c’est la dernière fois … Jamais je n’aurais dû faire confiance à une gonzesse. Car tu n’es qu’une gonzesse, Jacques, qu’une gonzesse et rien d’autre.

Tel un entraîneur de football dans le vestiaire à la mi-temps, tel un entraîneur de boxe entre deux rounds, Geminiani permet à Anquetil d’avoir le déclic dans cette course Bordeaux – Paris. Clé de voûte des succès d’Anquetil par leur complicité, l’Auvergnat a visé juste, en plein dans le mille. L’animal blessé va entrer dans une fureur bénéfique.

Malgré ses muscles ankylosés et la fatigue, le Normand se souvient de la douleur infernale des entraînements derrière André Boucher. Malgré les attaques de Tom Simpson, Jean Stablinski ou François Mahé, personne ne peut enrayer l’inexorable rendez-vous qu’a pris Anquetil avec le destin ce jour-là.
C’est dans la vallée de Chevreuse, vers Dourdan, que le Français distance ses ultimes rivaux et gagne en solitaire à Paris avec 57 secondes d’avance après une fin de course stratosphérique.

Après 2500 kilomètres en neuf jours, il mérite plus que jamais d’être plébiscité meilleur coureur du monde, en témoigne l’ovation monstre qu’Anquetil reçoit du public venu au Parc des Princes ce jour-là.

En 1966, il remporte Liège-Bastogne-Liège avec classe, devançant Felice Gimondi, Gianni Motta, Eddy Merckx et Rudi Altig tout en revenant comme un chasseur sur trois proies échappées. La victoire dans la Doyenne est la seule pour le Normand dans les classiques, mais il marque une fois de plus l’Histoire, avec un grand H, tant ce succès porte le sceau de la classe pure, et se voit félicité par ses pairs pour cette victoire sublime.

En 1967, il brise l’omerta du peloton sur le dopage, par une interview dans L’Equipe Il faut être un imbécile ou un faux jeton pour croire qu’un cycliste professionnel qui court 235 jours par an peut tenir le coup sans stimulants.

Enfonçant le clou dans France Dimanche, Anquetil créé un profond malaise dans le peloton, l’année même où Tom Simpson décède tragiquement sur les pentes rocailleuses du Mont Ventoux. Le cyclisme tombe de Charybde en Scylla mais l’omerta reprendra ses droits pendant trois décennies, avant que l’affaire Festina de 1998 ne plonge le peloton tout entier dans l’œil du cyclone, avec une suspicion permanente puisque les écuries d’Augias du sport cycliste n’ont jamais été nettoyés, sous la bénédiction de l’UCI s’étant lavée les mains du problème dopage tel Ponce Pilate. Ceux qui osent briser l’omerta prennent le risque d’un apartheid dans le peloton, tel Christophe Bassons ou Filippo Simeoni face à Lance Armstrong bien plus tard.

Rattrapé par l’érosion du temps et l’éclosion d’Eddy Merckx à la fin des années 60, Anquetil commet l’erreur déjà faite par Gino Bartali et Fausto Coppi en courant trop vieux, mais il part fin 1969 avec un palmarès somptueux malgré quelques échecs à l’heure du bilan : Paris-Roubaix 1958, le Tour de France 1959, les championnats du monde 1963 (Renaix) et 1966 (Nürburgring), le maillot irisé restant utopique pour lui, terrible camouflet même si d’autres champions de légende ne gagneront jamais l’arc-en-ciel : Gino Bartali, Hugo Koblet, Raymond Poulidor, Luis Ocaña, Roger de Vlaeminck, Sean Kelly, Miguel Indurain, Laurent Jalabert, Marco Pantani, Michele Bartoli, Fabian Cancellara ou encore Alejandro Valverde.

Entre Jean Stablinski en 1962 et Bernard Hinault en 1980, la liste des champions du monde français est restée en jachère, malgré Anquetil, Poulidor ou Thévenet.

La qualité de l’opposition rencontrée par Anquetil, qui a connu le crépuscule de Coppi et l’aurore de Merckx, témoigne que ses chefs d’œuvre ne sont pas ceux d’un imposteur dépourvu de concurrence : Rik Van Looy et Tom Simpson dans les classiques, Raymond Poulidor, Charly Gaul et Federico Bahamontes en montagne, Rudi Altig et Ercole Baldini dans les contre-la-montre, les rivaux du Normand furent tous de très grands coureurs, sans oublier Roger Rivière, voire le prometteur Gérard Saint, qui auraient dû jouer un rôle prépondérant dans les années 60 et offrir une opposition farouche. 9e du Tour de France en 1959, Saint était un Normand aux exceptionnelles qualités de rouleur, tel Jacques Anquetil.

1960 est une année apocalyptique avec la mort de Gérard Saint dans un accident de la route, la carrière brisée de Roger Rivière ainsi que la double retraite des monuments Louison Bobet et Raphaël Geminiani.

Palmarès fabuleux, aura mythique, le nom de Jacques Anquetil rayonne encore, cinq décennies après ses derniers exploits cyclistes, car plus que tout autre, il a offert au public des montagnes russes d’adrénaline en restant lui-même par son refus du conformisme …

 

  1. avatar
    17 avril 2015 a 18 h 48 min

    Le palmarès d’Hinault est plus beau avec 1 Giro, 1 Vuelta et 1 Mondial de plus mais l’aura d’Anquetil est supérieure avec ce charisme incroyable, cette élégance à nulle autre pareille …

    Bref le plus grand cycliste français de tous les temps pour moi.

  2. avatar
    28 avril 2015 a 16 h 39 min
    Par skancho

    Mon cycliste français préféré, pour toutes les légendes qui l’entourent, et pour cette classe inégalable. Par contre, niveau palmarés et panache, Hinault est au dessus. Anquetil est mon préféré, mais Hinault est le meilleur…

  3. avatar
    2 mai 2015 a 10 h 15 min

    Hello Skancho, oui incontestablement sur le palmarès Hinault l’emporte sur Anquetil (ainsi que sur le panache en course)

    5 Tours de France, 1 Championnat du Monde, 3 Giros et 2 Vuelta, sans oublier 5 GP des Nations et 2 Liège Bastogne Liège, 1 Paris Roubaix pour le Breton, c’est plus fort que 5 Tours de France, 2 Giros et 1 Vuelta plus 5 Paris Nice, 9 GP des aAtions et 1 Liège Bastogne Liège pour le Normand.

    Pour le panache en carrière, au vu du doublé Dauphiné Libéré / Bordeaux-Paris de 1965 pour Anquetil et de la non tentative du Blaireau sur le record de l’heure, le Normand l’emporte de façon assez nette pour moi.

    Ma hiérarchie perso de coureurs français d’après-guerre (j’en oublie certainement)
    1 Jacques Anquetil
    2 Bernard Hinault
    3 Louison Bobet
    4 Laurent Jalabert
    5 Laurent Fignon
    6 Bernard Thévenet
    7 André Darrigade
    8 Raymond Poulidor
    9 Jean Stablinski
    10 Jean Robic
    11 Richard Virenque
    12 Roger Pingeon
    13 Luc Leblanc
    14 Charly Mottet
    15 Raphael Geminiani
    16 Thomas Voeckler
    17 Jacky Durand
    18 Christophe Moreau
    19 Laurent Brochard
    20 Marc Madiot
    21 Sylvain Chavanel

    Cela exclue donc les René Vietto, Georges Speicher, Maurice Garin, André Leducq et autres Antonin Magne.

  4. avatar
    2 mai 2015 a 10 h 19 min

    On aurait pu mettre aussi Gilles Delion, Thierry Claveyrolat, Lucien Aimar, Cyrille Guimard, Jean-François Bernard … Bref la liste est sans fin.

  5. avatar
    7 novembre 2015 a 7 h 49 min
    Par JEAN -PAUL PERRIER

    Bonjour

    Citer les trois meilleurs Anquetil , Bobet et Hinault dans l’ordre que l’on veut est évident … pour les autres votre classement est très ” critiquable ” car mettre par exemple Jalabert devant Fignon et Poulidor n’est pas sérieux …

    Votre article est très bien .

    Sportivement

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