7 images marquantes de Rio 2016
Photo Panoramic

7 images marquantes de Rio 2016

Ces quinze jours olympiens ont été remplis d'émotions et parfois de déceptions. Voici sept images qui ont marqué les Jeux Olympiques de Rio.

1. Amour, Gloire et Doré

A Rio, les amoureux ont réalisé leur rêve ! Tony Yoka, 24 ans, s’est imposé dimanche dans la catégorie des lourds (+91 kg). Le premier réflexe de sa fiancée ? Lui sauter au cou à l’issue du combat, elle qui, 2 jours plus tôt, fut sacrée elle aussi championne olympique des -60 kg.

« On était venus pour deux médailles d’or avec Estelle et on les a. Je trouve ça magnifique. On ne pouvait pas rêver mieux. Quand on s’est rencontré on n’avait aucun titre, rien ! On en avait plaisanté en se disant : ‘Imagine qu’on se qualifie ensemble aux Jeux ?’ On a bossé dur. Je suis devenu champion du monde, ça l’a boostée. Quand elle est devenue championne du monde elle aussi, on a commencé à y croire » déclare Tony Yoka dans un interview de l’Equipe.

« On tenait à dédier toutes nos médailles à Alexis Vastine parce qu’il les méritait toutes, poursuit Tony. Aujourd’hui, j’ai le sentiment du devoir accompli. »

2. Diniz au delà des limites

Il est 16h48 : au bout de la détresse, Yohann Diniz franchit la ligne d’arrivée en huitième position, à 5 minutes et 45 secondes du champion du monde en titre, le Slovaque Matej Toth. Une terrible déception pour le téléspectateur qui vient d’allumer son poste… mais une incroyable démonstration d’héroïsme, pour tous ceux qui auront suivi le chemin de l’employé de la Poste et triple champion d’Europe.

A 38 ans, l’éternel favori de la marche conclut une histoire décidément tourmentée avec les Jeux Olympiques. Contraint à l’abandon dans l’humidité irrespirable de Pékin au bout de 30 kilomètres, atteint de douleurs au ventre et à la cuisse, il avait été disqualifié quatre ans plus tard à Londres, victime d’une défaillance et d’une chute au 36e kilomètre, après un ravitaillement hors-zone.

A Rio, deux fois il s’arrête, deux fois il repart. Alors cette fois, sans doute contre le bon sens, Diniz a voulu aller au bout. Impérial sur les 30 premiers kilomètres, où il survole la course avec jusqu’à 1’50 d’avance sur le peloton des favoris malgré la chaleur montante, le natif d’Epernay est vite sujet à des problèmes gastriques.

Il reste 18 km lorsque Yohann Diniz interrompt sa marche en avant, paralysé par la douleur, et s’appuie sur une barrière à l’ombre pour récupérer pendant la minute d’avance qui lui reste encore sur le Canadien Evan Dunfee. Ce dernier revient à sa hauteur et lui tape sur l’épaule : à la surprise générale, Diniz repart alors à ses côtés, malgré la souffrance évidente.

Quelques interminables kilomètres plus loin, alors qu’il figure toujours à portée de fusil du groupe de tête, le marcheur s’effondre sur l’asphalte, victime d’un malaise. Pendant de longues secondes, il reste étendu les bras en croix sur la route, au milieu des plots.

« Je ne savais même plus dans quel sens je devais prendre la route » (Yohann Diniz).

Il vient déjà de souffrir pendant 2h45, il reste trois quarts d’heure de course et pourtant, l’impensable se produit : le Rémois se relève et reprend la course, alors que toute chance de médaille s’est envolée.

Sans entendre les cris d’alarme des téléspectateurs et des commentateurs, le Français boucle finalement son 50e kilomètre. Souffrant de « déshydratation avancée », il est conduit à la polyclinique du village olympique pour des examens. En arrachant cette huitième place au bout de la douleur, il décroche une symbolique place de « finaliste », sa première aux JO. Pour les téléspectateurs, il obtient la médaille du courage.

3. L’esprit Olympique

Bel élan de fair-play lors des séries du 5000m des Jeux Olympiques. Après dix minutes de course, Nikki Hamblin (NZL) trébuche et entraîne dans sa chute Abbey D’Agostino (USA). L’Américaine s’est immédiatement relevée avant d’aider la Néo-Zélandaise, qui l’avait pourtant fait tomber.

Les deux athlètes ont repris la course. Très vite, D’Agostino grimace et finit par s’asseoir, Hablin s’arrête à son tour et réconforte sa collègue avant de reprendre sa course, les larmes au yeux. L’Américaine a finalement pu reprendre pour terminer son 5000m. Les deux mileuses ont fini leur série avec beaucoup de retard. Touché par ce geste, l’IAAF a décidé de repêcher les deux malheureuses, pour la finale. C’est ça les Jeux Olympiques.

4. Feyisa Lilesa : « Je vais peut-être être tué en rentrant en Ethiopie »

Intense moment d’émotion à l’arrivée du marathon masculin dimanche midi à Rio. En franchissant la ligne en deuxième position derrière le Kenyan Eliud Kipchoge, l’Ethiopien Feyisa Lilesa a croisé ses poings au niveau de sa tête. Un geste qu’il explicita une heure plus tard en conférence de presse jetant un terrible froid.

« C’est un signe de soutien aux manifestants qui sont tués par le gouvernement de mon pays, dit-il d’une voix claire et le regard dans le vide. Ils font le même signe là-bas. Je voulais montrer que je n’étais pas d’accord avec ce qui se passe, j’ai des proches et des amis en prison. Le gouvernement tue mon peuple, les Oromos, des gens sans ressource.»

Interrogé sur les conséquences d’un tel geste à son retour à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, il se fit encore plus limpide.

« Des risques ? Peut-être que je vais être tué, peut-être que je vais être mis en prison, retenu à l’aéroport, ou obligé de partir dans un autre pays.»

Un grand geste de bravoure et de solidarité envers son peuple. Médaillé olympique mais il va très vite revenir à la réalité, horrible réalité. Soyez fort Monsieur Lilesa.

5. Le selfie symbolique

Une photo hautement symbolique entre Lee Eun-Ju et Hong Un-Jong, les deux Corées voisines étant techniquement encore en guerre. Aucun traité de paix n’a été signé par les deux parties après l’armistice de 1953, les communications entre les deux pays sont coupées et les Sud-Coréens ne peuvent même pas se rendre au Nord sans autorisation gouvernementale.

Même Thomas Bach, le président du Comité international olympique, y est allé de son commentaire, soulignant « ce beau geste », illustration parfaite de l’esprit olympique. Lee n’avait que 9 ans quand Hong, son aînée de dix ans, est devenue la première gymnaste nord-coréenne médaillée avec l’or décroché au saut de cheval, à Pékin en 2008. Les deux femmes ne s’étaient jamais rencontrées avant les Jeux de Rio mais Lee a admis avoir été impressionnée par Hong à la télévision.

Cependant, cette photo a généré un déferlement politico-médiatique dans son pays, qui n’a guère apprécié un rapprochement des deux Corées. L’esprit olympique est bien présent mais rattrapé par la politique.

« Je l’ai vue et je lui ai demandé de prendre une photo avec elle en souvenir », a confié Lee à la chaîne coréenne KBS. « Je ne m’attendais pas à une telle réaction, j’en suis encore abasourdie. »

6. Le jeu du chat et de la souris

Scène incroyable pendant la demi-finale du 200m à Rio. Usain Bolt (JAM) et André De Grasse (CAN), qui couraient côte à côte, ont pris le temps de papoter, de se chambrer.

« Je disais à André : “mais pourquoi tu cours aussi vite, on n’est qu’en demi-finale” » déclara Usain pendant la course.

De Grasse a tenté désespérément de dépasser Bolt sur la ligne d’arrivée, mais le jamaïcain, taquin, a remis un dernier petit coup d’accélérateur pour franchir la ligne en premier… tout en regardant son rival, avec un signe du doigt disant : « Non non, tu ne passeras pas… ». Sacré Bolt ! Le nouveau « triple-triple » champion olympique est performant sur la piste mais aussi un redoutable show-man.

7. Le maître de l’Olympe

L’Empereur des bassins devra sûrement trouver une annexe pour son armoire à médailles. Le voilà bardé de 28 récompenses olympiques à 31 ans, dont 23 en or. A Rio, il en a ajouté 6 au total à sa collection, dont 5 du plus beau des métal, ce qui place le nageur américain dans la légende du sport, toutes disciplines confondues. Il a dépassé le sprinter grec Léonidas de Rhodes qui détenait jusqu’ici le record de breloques dorées depuis plus de 2000 ans. On n’en finit plus de donner des superlatifs au nageur américain. Michael Phelps, un Dieu de la natation.

Maintenant les J.O., c’est fini. Les rideaux se ferment sur Rio et son Maracana ou encore la plage de Copacabana. Il va falloir patienter quatre ans pour revivre de telles émotions. De nouveaux succès. De nouvelles déceptions. De nouveaux moments marquants que l’on voit seulement durant les jeux olympiques. Rendez-vous à Tokyo en 2020.

Johan Rouquet

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