Simidele Adeagbo ou une fabuleuse revanche sur le destin
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Simidele Adeagbo ou une fabuleuse revanche sur le destin

En 2008, Simidele Adeagbo aurait pu participer aux Jeux Olympiques de Pékin avec les États-Unis. Dix ans plus tard, elle a défendu les couleurs du Nigeria en skeleton aux Jeux de Pyeongchang. Flashback sur une fabuleuse histoire.

Son histoire a de quoi en inspirer plus d’un. Avant de prendre part à l’épreuve de skeleton des Jeux Olympiques d’hiver 2018, Simidele Adeagbo a parcouru un long chemin.

Débuts en athlétisme et grande désillusion

Simidele Adeagbo a vu le jour le 29 juillet 1981 au Canada. Elle vit au Nigeria avant de partir aux États-Unis à l’âge de six ans. Puis elle intègre l’université du Kentucky et se découvre un talent en triple saut après s’être essayée au sprint et au saut en longueur. Durant ses années universitaires, elle obtient de très bons résultats et un rêve germe en son esprit : participer un jour aux Jeux Olympiques. Elle participe aux sélections de triple saut afin d’intégrer l’équipe des États-Unis pour les JO de Pékin. Malheureusement, elle manque de peu la sélection. Déçue, elle met un terme à sa carrière d’athlète. Elle quitte alors les États-Unis pour partir en Afrique du Sud où elle décroche un emploi de manager marketing chez la firme Nike.

L’appel du pied du skeleton

Fin 2016, Adeagbo découvre des articles évoquant la création d’une équipe de bobsleigh du Nigeria, composée de trois anciennes athlètes comme elle. Elle en contacte alors les membres pour intégrer le groupe. Cependant, l’équipe est au complet. Malgré tout, elle intègre la toute jeune Fédération Nigériane de Bobsleigh et Skeleton. Après des tests physiques concluants, elle teste successivement les deux disciplines et décide de se lancer dans le skeleton. Par conséquent, elle devient la première athlète du Nigeria dans cette discipline en septembre 2017, tout en conservant son emploi.

Quelques mois plus tard, elle réalise l’exploit de se qualifier pour les Jeux Olympiques d’Hiver 2018, notamment grâce à une troisième place décrochée lors d’une course qualificative, dans laquelle elle “a puisé beaucoup de force et de confiance en vue des Jeux de PyeongChang.” Elle profite également des quotas d’athlètes par pays pour obtenir son ticket pour la Corée du Sud. Classée à la 74ème place mondiale, Simidele Adeagbo s’est qualifiée sans entraîneur et s’en accommode bien : ”J’ai littéralement dépoussiéré mes anciens livres d’entraînement que j’avais à l’époque où je faisais de l’athlétisme. J’étudie la piste de près et je me visualise sur la piste autant que possible”

L’important c’est de participer

Simidele Adeagbo est donc devenue la première athlète noire africaine à participer à l’épreuve olympique du skeleton. Au moment d’accomplir son rêve, elle a eu un message à faire passer, à l’instar de ses collègues du bobsleigh : “En tant que première athlète de skeleton nigériane, je veux être un exemple et inspirer les gens en leur montrant ce qui est possible. Il y a des gens qui entrent dans l’Histoire, pourquoi pas moi ? Et pourquoi pas aujourd’hui ? Pourquoi ne pas mettre à profit ce que je sais faire pour donner envie à d’autres, pour ne pas juste être la première et la dernière ? Mon espoir est d’ouvrir des portes aux futures générations de sportifs africains.”

Peu attendue dans la lutte pour le podium, Adeagbo a rapidement confirmé qu’elle ne jouerait pas les trouble-fêtes dans la compétition. En effet, la Nigériane accusait dès la première manche -avec un chrono de 54″19- un déficit de 2 secondes 53 sur le temps de référence. La deuxième manche n’a fait que confirmer la tendance avec une descente en 54″58. Simidele Adeagbo fut reléguée à la dernière place à mi-parcours de l’épreuve avec un retard cumulé de 4 secondes et 91 centièmes. Le lendemain, elle n’a pas inversé la tendance lors des troisième et quatrième manches (bouclées en 53″73 et 54″28) et conclu la compétition en position de lanterne rouge à 9″50 de la lauréate, la Britannique Elizabeth Yarnold.

Mais comme le dit la célèbre maxime de Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux Olympiques, “l’important, c’est de participer”. En dépit de son classement, Simidele Adeagbo a atteint son objectif : marquer l’Histoire. On se souviendra longtemps de cette trajectoire hors du commun qui confirme le proverbe “mieux vaut tard que jamais” et qui prouve qu’avec de la détermination, tous les rêves sont possibles.

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