La Champions Cup peut-elle supplanter le Bouclier de Brennus ?
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La Champions Cup peut-elle supplanter le Bouclier de Brennus ?

Clermont affrontera donc Toulon samedi prochain en finale de la Champions Cup, remake de l’édition 2013. Pour accéder à cette finale qui sera disputée dans le prestigieux cadre de Twickenham, les deux clubs français ont du se défaire respectivement des Saracens et du Leinster, à l’issue de deux rencontres marquées par une forte liesse populaire ( à Saint-Etienne plus qu’à Marseille d’ailleurs ). Un succès grandissant pour cette compétition encore très jeune qui soulève des interrogations. La coupe d’Europe a-t-elle réussie à trouver une identité au sein du paysage rugbystique français, peu enclin aux innovations ? Peut-elle pour autant remplacer un jour le Bouclier de Brennus dans le cœur des joueurs et des spectateurs ?

Une compétition en plein essor

L’apparition d’une coupe d’Europe des clubs à l’automne 1995 avait suscité dans le petit monde de l’Ovalie à la fois beaucoup d’excitation mais aussi de craintes dans une discipline longtemps attachée aux traditions et aux valeurs de l’amateurisme. Pouvoir se frotter enfin à des équipes étrangères ( en dehors du Tournoi ) comme le faisaient jusque-là les clubs de Football, de Basket ou de Handball engendra ainsi pas mal d’enthousiasme, mais de manière très disparate selon les clubs, les joueurs ou encore les supporters. Pour le Stade Toulousain, ultra dominateur sur le plan national, c’était l’occasion d’asseoir son autorité sur le vieux continent. A contrario, l’AS Montferrand qui venait de perdre une cinquième finale consécutive en championnat, avait pour unique objectif la quête du fameux “bout de bois” ( ils en perdront cinq autres avant d’y parvenir… ).

Les débuts de la “H Cup” furent ainsi très hésitants. Les clubs anglaient se distinguèrent les premiers en boycottant la compétition, comme ils l’avaient déjà fait en 1955 pour la coupe d’Europe de Football, prétextant une mauvaise organisation de l’épreuve et une entorse à la tradition rugbystique ( là encore… ), emmenant dans leur sillage leurs voisins Ecossais. Les provinces irlandaises, elles, privées alors de leurs meilleurs éléments ( qui évoluaient pour la plupart en Angleterre ), n’offrirent qu’une opposition très mince aux clubs français. Au final, seuls les clubs gallois représentaient une concurrence vraiment crédible pour les équipes tricolores. C’est ainsi fort logiquement que Toulouse et Cardiff s’affrontèrent en finale, offrant aux joueurs de Haute Garonne le premier titre de champion d’Europe des clubs de l’Histoire du Rugby.

L’entrée en lice des Anglais ( et des Ecossais ) l’année suivante donna une dimension plus internationale à l’épreuve, et la finale, sublime, entre Brive et Leicester, donna ses premières lettres de noblesse à la compétition. Mais dans la foulée, et bien que Bath soit devenu le premier club anglais à soulever le trophée en 1998, les clubs de sa Majesté décidèrent de boycotter à nouveau l’épreuve pour protester contre l’ERC, organisatrice des coupes européennes, qui ne tirait pas selon eux le maximum du potentiel financier de la compétition. A peine éclose, la H Cup voyait son avenir déjà menacée.

C’est en 2000 que la compétition prit véritablement son envol. Les clubs anglais ayant trouvé un accord avec les dirigeants de l’ERC, décidèrent de participer à nouveau à l’épreuve. De son côté, l’Irlande assista à un retour massif de ses joueurs, notamment internationaux, venus renforcer leurs provinces d’origine.
Si la compétition perdit un peu en lisibilité, l’épreuve passant de 16 à 24 clubs répartis en 6 poules de 4, qualifiant les premiers de chaque groupe mais aussi les “meilleurs seconds” pour les quarts de finale ( j’y reviendrai plus tard ), l’affluence dans les stades, elle, ne cessa dès lors de grimper. De 20 000 spectateurs en finale de la première édition ( où le club de Cardiff évoluait pourtant à domicile ), on passa à 80 000 cette année-là pour assister au premier sacre européen du Munster à Twickenham. Même si quelques petits ajustements eurent lieu par la suite, le format de la compétition – comme son appellation – ne bougea plus jusqu’en 2014.

La saison actuelle a connu en revanche une évolution notable. La H Cup a purement et simplement disparu au profit de l’European Rugby Champions Cup. Un changement de dénomination dû à un nouvel organisme représentatif pour gérer l’épreuve mais qui a davantage modifié la donne sur le plan économique que d’un point de vue sportif. Dans ce domaine, la compétition s’est simplement
resserrée, réduite qu’elle est désormais à 20 clubs, et oblige dorénavant les franchises qui évoluent en Ligue Celte, qualifiées d’office jusque-là, à batailler pour obtenir leur place dans la compétition. La Champions Cup représente aujourd’hui l’élite du rugby continental, la crème de la crème.

Une épreuve spectaculaire et une reconnaissance internationale Si la phase de poules en ERCC est bien plus intransigeante que la saison régulière de Top 14 où il y a toujours moyen d’effacer une contre-performance, la coupe d’Europe permet aux clubs qui sont engagés de remporter un titre en disputant un minimum de matchs. Huit rencontres suffisent en effet pour atteindre la finale, dont les trois-quarts sont disputées sous forme d’un mini championnat et lors duquel une défaite n’est donc pas forcément rédhibitoire.

Mais l’atout principal de la coupe d’Europe est surement qu’elle offre davantage de spectacle que le Top 14 ( si l’on met de côté la purge de dimanche dernier entre Toulon et le Leinster ). D’abord, contrairement à ce dernier, il n’y a pas de relégation en ERCC, cette épée de Damoclès qui pend au-dessus des présidents de clubs et qui empêche bien souvent les joueurs de s’exprimer pleinement. Chaque point ayant une importance capitale pour le maintien, de nombreux entraineurs n’hésitent pas à développer un jeu minimaliste, sans la moindre prise de risque, quite à perdre un match tant qu’ils accrochent le fameux bonus défensif ( une bien curieuse invention… ). En coupe d’Europe, c’est autre chose, les places sont si chères pour accéder aux quarts de finale qu’il est fréquent de voir les équipes tenter d’inscrire 4 essais au moins, synonyme de bonus offensif.

L’arbitrage plus souple en coupe d’Europe favorise également ce “beau jeu”. En Top 14, les enjeux financiers sont tels que les fautes d’arbitrage peuvent avoir d’énormes conséquences. Dans le doute, les arbitres qui officient sur les pelouses du championnat de France préfèrent le plus souvent siffler que laisser une action échapper à leur vigilance. En coupe d’Europe, la philosophie est un peu différente. Une passe légèrement en avant, un coup franc rapidement joué mais pas exactement à l’endroit de la faute, s’il n’est pas sûr de lui, l’arbitre va plus facilement laisser passer pour favoriser l’esprit du jeu. Il y a davantage cette notion de “sport-spectacle” en coupe d’Europe, qui trouve son inspiration dans le “Super Rugby” d’hémisphère sud, compétition bâtie de toutes pièces comme elle avec l’avènement du professionnalisme. La finale splendide de 2011 entre le Leinster et Northampton en est un peu l’illustration.

La coupe d’Europe offre également à son vainqueur quelque chose que ne peut offrir le Bouclier de Brennus, une reconnaissance internationale. Et si le sport français n’a pas à rougir de son passé sur le plan individuel ou collectif, les clubs tricolores, eux ( quelles que soient les disciplines d’ailleurs ) ont rarement brillé sur la scène européenne. Il a fallu en effet attendre 1993 pour voir une équipe française, le CSP Limoges de Basket, obtenir le statut de championne d’Europe. Depuis, seuls l’Olympique de Marseille en Football la même année, le Paris Volley en 2001 et Montpellier Handball en 2003 ont eu droit à cet honneur… Dans ce contexte, comment ne pas apprécier les quatre succès de Toulouse dans la défunte H Cup, celui de Brive en 1997 ou encore ceux plus récents du RCT ?

Un manque d’universalité, de lisibilité et d’authenticité

Difficile en effet de faire la fine bouche au regard des piètres performances françaises sur la scène européenne. Pourtant, on peut s’interroger sur la réelle portée internationale de l’ERCC. En effet, sur les 19 finales qui ont eu lieu à ce jour, 18 ont impliquées au moins un club français ou anglais. Et celle qui se profile dans une semaine ne bouleversera pas cette tendance avec cette affiche 100% tricolore, la 5ème de l’Histoire. Et la donne n’est probablement pas prête de changer puisque les clubs de Premiership et du Top 14, qui se partageaient jusque-là 50% du gâteau en matière de revenus, empocheront désormais les deux tiers. On peut donc davantage parler d’une coupe du Channel que d’une véritable coupe d’Europe, d’autant que les nations émergeantes qui participaient autrefois à la compétition en sont désormais privées, se contentant de la Challenge Cup, pâle copie de l’Europa League de Football.

D’autre part, bien que des têtes de séries aient vu le jour en 2009 afin de rendre plus homogènes les différentes poules, d’importants déséquilibres ont néanmoins été constatés, rendant la compétition très aléatoire. La qualification en quart de finale des “meilleurs deuxièmes” est également très contestable car elle ne récompense pas forcément les meilleures équipes mais plutôt celles qui ont hérité d’un groupe “facile”. Le calendrier étant déjà surchargé, provoquant un certain nombre de doublons durant lesquels se juxtaposent rencontres internationales et matchs de championnat, les organisateurs n’ont jamais trouvé d’autres solutions sans devoir ajouter des dates supplémentaires. Un manque d’équité sportive que l’on retrouve également en demi-finale lors desquelles un tirage au sort est effectué afin de désigner le lieu des rencontres.

Mais ce qui manque le plus à la coupe d’Europe, c’est un vécu, une Histoire. Dès le plus jeune âge, le gamin qui franchit les portes de l’école de Rugby est ”endoctriné”, empressé à l’idée de toucher un jour ce fameux Bouclier de Brennus, remis au champion de France depuis 1892. Personne dans les clubs n’échangerait ce “bout de bois”, à la beauté pourtant contestable, pour la mercantile coupe d’Europe dont le trophée évolue souvent au gré des sponsors. Même les footeux et leur superficiel “Hexagoal” doivent jalouser les rugbymen de disposer d’un tel objet de convoitise.

Enfin, lors des phases finales du championnat, il y a un parfum enivrant que l’on ne retrouve pas en coupe d’Europe. Les play-offs, que certains voudraient pourtant voir disparaitre, c’est l’âme du Rugby français, sa vitrine à l’étranger. Elles donnent toujours lieu à de grands rassemblements populaires, lors desquels les différents supporters fraternisent bien souvent l’espace d’un week-end entier.
Et puis il y a cette tradition qui veut que chaque finale clôture la saison à Paris, un peu comme un bouquet final. En coupe d’Europe, le ressenti n’est pas tout à fait le même. La finale est rarement disputée au même endroit, ni même à la même date, et les distances sont souvent plus importantes, si bien que les supporters sont généralement beaucoup moins nombreux à suivre leur équipe, et c’est encore plus vrai en demi-finale.

Quelle conclusion en tirer ?

Au final, les joueurs étrangers qui débarquent en Top 14 sans connaitre l’Histoire et les spécificités culturelles du Rugby français, auront plutôt tendance à privilégier la coupe d’Europe, comme le jeune public d’ailleurs qui n’a bien souvent connu que le Rugby pro, tandis que les joueurs français et les supporters plus anciens qui ont baigné dans cet environnement auront toujours une affection particulière pour le Bouclier.

Mais si les différents acteurs du Rugby ont forcément une petite préférence pour l’une ou l’autre des deux compétitions selon leur âge, leur nationalité ou encore leur parcours personnel ( ceux ayant déjà gagné l’un des trophées auront souvent comme priorité de gagner l’autre épreuve ), faire un choix entre ces deux compétitions n’est à la portée de personne ou presque. En fait, ces choix se font naturellement, match après match, en fonction des résultats acquis dans chacune d’entre elle. Les clubs les plus modestes privilégient la plupart du temps le championnat où les enjeux sont plus importants, la coupe d’Europe étant perçue alors comme un bonus. Il arrive au contraire que les clubs mieux armés visent aussi bien le Brennus que la coupe d’Europe mais à courir deux lièvres à la fois, bon nombre d’équipes sont rentrées bredouilles. Jusqu’à aujourd’hui, seules deux équipes sont parvenues à faire le doublé : Toulouse en 1996, et Toulon en 2014. Mais si la performance des varois ne souffre d’aucune
contestation, il faut en revanche tempérer un peu celle des toulousains. Au-delà du fait que les Anglais étaient absents cette année-là, la finale avait été disputée en janvier, permettant aux joueurs de se préparer ensuite en toute quiétude pour les phases finales du championnat. Rien à voir avec l’enchainement des matchs couperets qui a été proposé aux toulonnais l’an passé, et dont l’effectif pléthorique a largement contribué au succès.

Au final, pourquoi vouloir opposer ces deux compétitions ? Après tout, dans n’importe quel festin il y a un plat de résistance et un dessert. Alors en
attendant la finale du championnat de France qui aura lieu le 13 juin prochain, Clermont et Toulon, actuellement en tête de ce Top 14, se disputeront ce week-end le premier trophée de la saison. Au-delà du fait que le vainqueur prendra surement un avantage psychologique sur son adversaire, c’est surtout l’occasion pour Toulon de devenir le premier club à remporter 3 titres de champion d’Europe consécutivement, tandis que Clermont cherchera à conquérir son premier sacre continental, en espérant ne pas avoir à disputer autant de finale qu’en championnat pour y parvenir.

  1. avatar
    27 avril 2015 a 12 h 29 min
    Par Cullen

    Bonjour, je m’adresse aux modérateurs. Est-il possible de modifier un chouia la présentation svp ? Un sous-titre que j’avais pourtant mis en gras s’est glissé dans le texte ( une compétition spectaculaire et une reconnaissance internationale ) qui rend la lecture difficilement compréhensive à cet endroit. Merci d’avance.

  2. avatar
    27 avril 2015 a 15 h 54 min

    Belle conclusion, effectivement, comme dirait Francis Cabrel, “Y’a surement de la place pour 2″. Enfin, dans les cœurs, parce qu’en ce qui concerne le calendrier…

    Après, les goûts et les couleurs…

    La HCUP plus spectaculaire ? Mouais, enfin, vu qu’il faut gagner chaque match, sous peine d’élimination en poules, on voit pas mal d’équipes chercher à déjà ne pas perdre. c’est souvent en serrant le jeu qu’on passe. Et puis vues les 2 purges du weekend dernier…

    Le format est plus sympa par contre, chaque match compte, pas comme dans le TOP 14 où tu peux perdre 1 match sur 2 et être barragiste, ou relégable, au choix…

    Bon, après, pour les vieux cons comme moi, rien ne vaut le plaisir de voir son club de cœur jouer le Brennus à la capitale un soir de juin (en général à 20h45, sauf quand la magie de la programmation télévisuelle avance le coup d’envoi à 18h comme en 2012).

    Bref, les grands matches font les grandes compétitions, et même, tiens, les grandes rivalités. Le Toulon-Saracens en finale l’année dernière, c’était le meilleur match de l’hémisphère nord niveau intensité en 2014 pour moi. Et la HCUP nous a appris à respecter le Leinster, Munster et Leicester. En perte de vitesse pour ces derniers. Si les clubs anglais ne tournaient pas si souvent (que sont Bath et les Wasps devenus ?), on aurait des rivalités plus fortes. Battre des anglais, quels qu’ils soient, c’est toujours bon, mais battre ce qui est identifié universellement comme le meilleur anglais (ce qui n’existe pas, leur championnat est comme notre ligue 1, très homogène), voilà qui donnerait du prestige à la compétition. Imaginez, le PSG bat le Barça, ça a de la gueule. Le PSG qui bat l’Atletico, même champion d’Espagne en titre, c’est déjà moins beau.

    Vous aurez donc compris ma conclusion : on veut des clubs avec plein de pognon, toujours les mêmes, qui se disputent à 4 ou 5 toutes les éditions futures de la HCUP.

    Ceci est un message de l’association : Vive le libéralisme à outrance dans le sport.

    • avatar
      27 avril 2015 a 16 h 59 min
      Par Cullen

      Salut Zancky,

      Oui et non. C’est sur que si Toulouse et Leicester avaient continué à régner dans leurs championnats respectifs, leurs affrontements en ERCC auraient revêtu à chaque fois un caractère particulier. Les médias en auraient fait des tonnes autour de cette affiche, en retraçant les grandes lignes de leurs précédentes oppositions, les faits marquants qui s’y seraient déroulés, etc… histoire de faire mousser les téléspectateurs et qu’ils soient les plus nombreux possibles.

      Mais le plus souvent, c’est la proximité qui attise les rivalités. Les clubs qu’on aime détester sont généralement ceux qui sont proches de nous géographiquement, dont la culture n’est pas très éloignée de la nôtre ( parce qu’il faut que ça nous parle ), mais qui ont une particularité qui distingue finalement les deux clubs, au point d’en faire pour les supporters LE match à ne pas perdre dans la saison. Et ça, la coupe d’Europe ne peut pas aussi bien l’offrir que le championnat.

  3. avatar
    28 avril 2015 a 0 h 13 min

    Salut Christian,

    je pense qu’il y a plusieurs lectures, selon les points de vue, selon les acteurs. Un investisseur qui veut un retour sur, justement, son investissement, pourra fixer comme objectif de remporter l’ERCC1… tandis que pour des supporters fidèles et historiques de certains clubs, le Bouclier de Brennus ne pourra jamais passer au second plan. Quand Perpignan le glane à nouveau, 54 ans après, aucun Catalan ne l’aurait échangé contre une H Cup… et je ne parle même pas du premier titre clermontois.

    En tout cas, le simple fait que cette opposition prenne du sens (ERCC1 – Top 14), suscite une comparaison, montre à quel point la grande coupe d’Europe de rugby concerne peu de pays (dominée par la Triade Franco-Anglo-Irlandaise).
    C’est sûr que “la C1 peut-elle supplanter la L1 ?” ça fait tout drôle comme “accroche” !

    Sinon juste pour revenir sur le passage de l’article concernant le peu d’impact des clubs de sport co français sur le vieux continent, précisons que tu n’énumères que les titres français masculins dans les “Grandes” coupes d’Europe (je sais que c’est induit tacitement par l’utilisation du terme “championne d’Europe”). Pcq à des échelons inférieurs l’Hexagone peut quand même se targuer de quelques résultats (cf Nanterre en basket ce w-e)… ce qui, globalement, reste pas très glorieux effectivement !

    Enfin, pour revenir à la tradition qui veut que la Capitale accueille le dernier acte du championnat de France… elle va être mise à mal en 2016 (avec la finale au Camp Nou)… tandis que l’épilogue de l’ERCC1 se déroulera p-e en France, au Vélodrome (en concurrence avec Murrayfield).
    Un comble et une jolie illustration de la problématique que tu soulèves.

    • avatar
      28 avril 2015 a 12 h 10 min
      Par Cullen

      Salut Simon,

      Colomiers et Pau aussi ont gagné le Challenge européen il y a quelques années mais qui s’en souvient ? Ce sera probablement la même chose pour Nanterre dans quelques temps d’ailleurs alors, même si j’aime bien l’état d’esprit de cette équipe, qui apporte un peu de fraicheur, et même si un trophée est toujours bon à prendre, j’ai du mal à comprendre l’effervescence qu’il y a autour de cette victoire. En tout cas, personnellement, je n’accorde que très peu de crédit à ce genre de tournois au rabais, et je préfèrerai largement voir un club français disputer le Final Four ( quite à ce qu’il termine dernier ) plutôt qu’essayer me convaincre – comme c’est la tendance actuelle – qu’avec cette victoire le Basket français est en bonne santé.

  4. avatar
    28 avril 2015 a 13 h 29 min
    Par Pennarbed

    super article, merci.

    pour moi la question se pose meme pas, y a que le planchot qui compte ! et je dois pas etre le seul visiblement…

    http://www.lequipe.fr/Rugby/Actualites/Des-billets-gratuits-pour-la-finale-pour-essayer-de-remplir-twickenham/554503

    • avatar
      28 avril 2015 a 15 h 18 min

      Tiens, ça me rappelle que j’avais vu une finale de coupe d’Europe de jeu à XIII (entre Villeneuve sur Lot je crois et une autre équipe) au Stdium à la fin des années 90.

      L’entrée du stade était 100% gratuite, on était obligés de s’asseoir dans la tribune face aux caméras (l’autre était vide). ça passait sur AB1 de mémoire (j’avais pas la télé à l’époque, je l’ai toujours pas…)

      La compétition a disparu d’internet, on en trouve la trace sur la page Wiki du club de jeu à XIII de Villeneuve sur Lot (Le trophée Jack Wilson, de 98 ou 99, me souviens plus…) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Villeneuve_XIII_rugby_league

      Oui, ça va être triste si la moitié des tribunes est vide…

    • avatar
      28 avril 2015 a 16 h 44 min
      Par Cullen

      Salut et merci pour ton commentaire.

      Je ne suis pas loin de rejoindre ton point de vue ( un peu excessif peut-être ) mais pour moi, le désintérêt pour cette finale est plus un problème culturel français qu’un vrai désaveu vis-à-vis de la compétition. http://yourzone.beinsports.fr/football-ligue1-equipe-selection-une-france-bleue-pale-supporters-78754/

  5. avatar
    28 avril 2015 a 15 h 12 min
    Par Hermine

    Mouai, une question dont la réponse est loin d’être universelle comme l’expliquent les arguments et les dichotomies avancés.

    - Arbitrage porté sur esprit de jeu vs. rigidité
    - Nouvelle ère vs. tradition
    - Mode de fonctionnement de la compétion

    Finalement la question renvoie immédiatement à la conclusion, oui malgré leurs défauts (et qualités) il y a de la place, de la visibilité et de la ferveur pour les deux compétitions.

    La question qui se pose c’est : qu’entendons-nous par “supplanter” ? Est-ce d’un point de vue populaire ? vu sous le prisme du jeu ?

    Bref, quoi qu’il en soit les supporters seront toujours heureux de voir leur équipe soulever un trophée. Que ce soit dans une moitié de Twickenham, un soir de juin au stade de France ou même au Camp Nou…

  6. avatar
    28 avril 2015 a 15 h 24 min

    Sinon, on est bien d’accord, avec en plus un club français qui va la gagner, on aura 7 représentants l’année prochaine. Donc Oyonnax y sera. Dingue quand on y pense, ils étaient derniers du Top 14 y’a 13 journées. Juste avant d’aller battre le Racing à Colombes.

    Ce championnat est complètement débile. D’ailleurs Grenoble va le quitter, c’est dire, on sera mieux en Pro D2, pas de doublons, pas de Hcup et les berjalliens pour le derby !

  7. avatar
    28 avril 2015 a 15 h 33 min
    Par Hermine

    Oui viendez en ProD2 c’est marrant !

    Quant au Top 14 on se dirige vers : soit t’es qualifié pour la H cup, soit tu descends en pro D2. Le niveau s’est carrément nivelé par le haut, du coup ça donne ça…

  8. avatar
    28 avril 2015 a 16 h 16 min

    Bien évidemment fromage et dessert!

    Avec le temps, l’ex HCUP se forgera un caractère et une place sans souci. Ce sont mêmes ces phases de balbutiements les plus sympas je trouve.

    Je suis juste dégouté d’être à Londres une semaine trop tard… sinon j’aurais essayé de remplir twickenham.

    • avatar
      28 avril 2015 a 17 h 20 min
      Par Hermine

      Et la prestigieuse Football League Championship s’arrête également ce même week-end.
      T’es bon pour aller dans un pub matter la Premier League…

  9. avatar
    29 avril 2015 a 13 h 43 min

    Tout du moment que je vais pas voir un match de PL à 70 pounds la place… surtout pour les dernières journées.

    Sinon, 40000 places pour une finale de coupe d’europe de rugby, y a encore 10 ans on trouvait que c’était pas mal… d’ailleurs, tout compte fait, pour une finale franco-française c’est excellent à Twickenham.

    A vrai dire, le seul truc qui n’est pas trop exprimé dans l’article et qui pourtant va peut être avoir de l’importance plus tard c’est de savoir si la HCUP va pas prendre de la place des 6 nations… parce que vu la lourdeur du calendrier et le caractère annuel des deux compétitions, ça fait un de trop au niveau de la visibilité des spectateurs et des joueurs. Je me déchire physiquement pour la HCUP qui me rapporte des thunes et de + en + de prestige ? ou pour les VI nations qui me rapporte que du prestige… Tu rajoutes à ça la coupe du monde cette année, un m’ment donné, il y a un des deux tournoi qui va finir façon coupe davis, et je parie plus sur le tournoi séculaire que sur la HCUP pour prendre du plomb dans l’aile.

    Bien sur, il y a aura le débat entre les progressistes de club : HCUP + Brennus à donf => à mort les VI nations tous les ans. Les européens qui vont te dire : VI nations + HCUP, on fait tourner en top 14 à l’ancienne en attendant les play-offs…. et les traditionnels qui vont partir sur du “c’était le top avant, restons VI nations et Brennus, la coupe d’europe, voire du monde, ça vaut peu chère…”.

    Je pense qu’il y a de la place pour deux, pour trois c’est limite, alors pour une année de coupe du monde avec 4 trophées… c’est trop, beaucoup trop, et va falloir couper un bras quelque part, ça se fera pas sans heurt.

    Personnellement, je ne suis pas un fana de rugby, les VI nations tous les ans je trouve ça abusé, je le ferais tous les 4 ans en alternance avec la coupe du monde… sinon, ça va finir comme les coupes du mondes de hockey annuels, on joue à mi play-offs avec les joueurs déjà éliminés de la stanley cup.

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      29 avril 2015 a 14 h 56 min
      Par Cullen

      Salut Général,

      C’est vrai que les années de Coupe du Monde, d’un point de vue purement sportif, le Tournoi sert davantage de préparation à la grand-messe du Rugby mondial qu’il n’est un véritable objectif pour les différentes équipes. Mais il reste tout le folklore qui entoure la compétition, les pique-nique au champagne à Twickenham, les chœurs gallois qui résonnent dans le Millénium, les supporters français qui lâchent un coq sur la pelouse ( chose que l’on voit de moins en moins d’ailleurs, mesure de sécurité oblige… ) qui font qu’aujourd’hui, il est inconcevable pour un amateur de Rugby de passer l’Hiver sans sa présence. Le Tournoi est gravé dans le marbre et à l’instar du Tour de France cycliste au mois de juillet, c’est l’évènement sportif majeur de février-mars. Alors en effet, on pourrait peut-être s’en passer les années de CDM mais ça ne résoudrai rien au calendrier international.

      Les trois épreuves ( Tournoi, Top 14, ERCC ) peuvent très bien cohabiter mais en réformant leurs formats de compétition.

      _5 semaines DE RANG pour le Tournoi

      _12 clubs en championnat ( les 4 premiers en demi-finale sur terrain neutre – 1 contre 4 et 2 contre 3 ) soit 24 dates ( 22+2 ), ou au contraire un Top 16 avec 2 poules de 8. Les équipes s’affrontent en aller-retour dans chaque groupe et affronte une fois seulement les 8 autres clubs ( soit à la piaule, soit à l’extérieur ) soit 22 dates. Les 4 premiers de chaque groupe se disputent des quarts de finale croisés ( 1er d’un groupe face au 4ème de l’autre groupe, etc… ), demi-finale et finale sur terrain neutre.

      _16 clubs en ERCC ( 4 poules de 4 ), les 2 premiers de chaque poule en quart, les premiers recevant les seconds d’un autre groupe, demi-finale sur le terrain des “meilleurs clubs à l’issue de la phase de poule”, et finale sur terrain neutre.

    • avatar
      29 avril 2015 a 15 h 42 min

      Bien sûr, seul un rugbyx comme le Maréchal des logis-chef Alcazar, peut se permettre de signer la mort d’un symbole du patrimoine sportif mondial comme le Tournoi des V nations sans autre forme de provès, comme Valdimir juge ces amazones à seins nus qui chantent le punk slave dans les églises orthodoxes.

      Mais sous ses airs de provocateurs, l’ami Tapioca voit juste. Quel est l’intérêt sportif du tournoi, simple préparation pour la CDM ? Comment demander aux clubs qui paient les joueurs de les libérer 2 mois en plein milieu de saison ? Comment demander aux spectateurs de payer 15 ou 20 euros leur place de Top 14 les soirs de doublons ? Comment expliquer aux français engagés en Hcup que les clubs celtes ne jouent que des matches amicaux ou presque le reste du temps ? Comment les amateurs de rugby expliqueront-ils dans 10 ans qu’ils ne savaient pas que tous ces grands garçons se dopaient comme des sagouins pour tenir le coup de saisons à 40 matches ?

      Oui, tu as raison Alcazar de Maurecourt, arrêtons de nous voiler la face, le rugby fait tout pour que tout le monde soit content en faisant cohabiter règlements, compétitions et hémisphères différents. Mais tout cela n’est que du bricolage. Et au final, les joueurs et les spectateurs paient.

      Y’a pas à mégoter, faut revenir à l’amateurisme. ça fera quelques chômeurs de plus (quoique les joueurs seront engagés comme employés communaux fictifs comme au bon vieux temps) mais on ne sauvera le système qu’à ce prix : laissons partir le pognon, on prend de meilleures décisions quand on n’en a pas.

  10. avatar
    4 mai 2015 a 17 h 05 min

    Hello Cricri et Zancky,

    Bien sur que ça peut cohabiter, ça tient sur un graphique Christian… Mais quand tu veux être un club au top et que tu veux garder un club compétitif à fond, tu vas finir par prendre que des mecs de l’hémisphère sud qui ne sont pas qualifiables (à part ce con de “cocotte” lol).

    Sur le papier ça tient, en vrai, je pense qu’une année avec la coupe du monde etc..; ça fait juste trop de trophées, pour le public c’est moins intéressant, lisible. C’est surtout pour le nouveau public, dont je fais partie, je suis un rugbyx, j’avoue, mais franchement pourquoi se déchirer pour un tournoi qui revient tous les ans et qu’on a déjà gagné une vingtaine de fois au lieu de garder ses fores pour une coupe du monde qui nous fuit toujours?? Il y a un moment, on ne comprend plus trop. Une coupe d’europe la même année qu’une coupe du monde c’est un suicide sportif pour les compétitions et les athlètes. Le rugby a évolué, il doit s’adapter. Tu peux pas vouloir plus d’exposition, de spectacle, de gens qui s’intéressent à ton sport sans essayer de ménager la chèvre et le chou… sinon, tu vas tuer le spectacle et tes joueurs.

    D’accord pour resserrer l’ERCC, 16 clubs ça parait bien, c’est ridicule d’avoir la moitié du championnat de France qualifié…

    A maurecourt, on a pas forcément du pétrole, mais on a des idées monsieur zancky!

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