La première partie de saison des bleus (2/4)

Didier Deschamps a effectué une revue d’effectif en convoquant 33 joueurs pour ses six premiers matchs à la tête des Bleus, joueurs ayant connu des fortunes diverses en clubs comme en sélection. A tout juste un mois du prochain match de l’EdF face à l’Allemagne, l’heure est venue de tirer un bilan de la première partie de saison des 33 internationaux de l’ère DD. Deuxième partie : les joueurs de couloirs.

Les défenseurs latéraux :

Au poste d’arrière gauche, le sélectionneur a fait de Patrice Evra (47 sélections – S) – qu’il connait par cœur pour l’avoir entrainé à Monaco – l’un de ses hommes de base, avec derrière lui Gaël Clichy (16 S) et Benoit Trémoulinas à qui il a offert sa première sélection. A droite, le coach fait confiance à Matthieu Debuchy (13 S), derrière suivent Christophe Jallet, à qui il a offert ses 3 premières capes, en concurrence avec l’éternel « substitute » Anthony Réveillère (20 sélections depuis 2003).

Capitaine de Manchester United et taulier de DD, Patrice Evra (Manchester United / 23 matchs en club / 5 sélections) connait une période faste. Leader du championnat anglais et qualifié pour les 8ème de la C1 avec Manchester, l’ancien capitaine des Bleus version Knysna est dans la forme de sa vie. Titulaire indiscutable sur le côté gauche mancunien, il a même inscrit quatre buts depuis le début de saison (soit plus que son total cumulé lors de ses sept premières années en Angleterre) et délivré 2 assists, aidé par l’habitude qu’il a priss de poursuivre ses actions jusqu’à l’intérieur de la surface de réparation adverse pour apporter le surnombre, ce qu’il reproduit désormais en bleu comme en atteste son implication sur le but victorieux de Gomis en Italie, après avoir été à l’origine de l’action de l’égalisation des Bleus en Espagne. Mais un défenseur devant avant tout savoir défendre, Evra a su trouver le bon équilibre dans son jeu et réalise une première partie de saison de tout premier ordre, lui permettant de retrouver les faveurs du public français.

Gaël Clichy (Manchester City / 14 matchs / 1 sélection) a vécu un début de saison contrasté. Convoqué comme remplaçant de Patrice Evra en sélection, il n’a pas su saisir sa chance lors de son unique sélection qui a coïncidé avec la seule défaite des Bleus (France – Japon, 0-1). Avec City, 2ème de Premier League et 2ème meilleure défense, il partage le côté gauche avec Kolarov (14 matchs pour le français, 12 pour le russe), la faute notamment à une blessure à la cheville contractée à la mi-novembre qui l’a éloigné trois semaines des terrains. Intéressant d’un point de vue défensif, en progrès dans l’alignement, il doit en revanche se montrer plus présent et décisif offensivement (une seule passe décisive à son actif).

Benoit Trémoulinas (Girondins de Bordeaux / 23 matchs / 1 sélection) est de retour sur le devant de la scène, comme en atteste sa présence dans l’équipe-type de la phase de poules de l’Europa League élue par l’UEFA. Déjà appelé par Laurent Blanc pour ses deux premiers matchs en tant que sélectionneur, il n’avait pas eu l’occasion de fêter sa première cape, ce qui est désormais chose faite après son entrée en jeu en fin de match lors de la victoire des Bleus en Italie. Auteur d’un but lors de la victoire girondine à Lyon et auteur de quatre passes décisives, le Bordelais a retrouvé le niveau qui était le sien entre 2008 et 2010 (Champion de France avec Bordeaux et ¼ de finaliste de C1). Titulaire dans la 2ème défense de Ligue 1 avec 14 buts encaissés, sa première partie de saison est également aboutie sur le plan défensif, ayant affiché des progrès tactiques – dans le placement notamment – obligatoires au vu des fréquents changements tactiques opérés par Francis Gillot. Il a terminé cette première partie de saison un peu usé par la répétition des matchs, comme tout le groupe bordelais, mais devrait être rappelé par Deschamps en 2013 s’il continue sur sa bonne lancée.

Mathieu Debuchy (LOSC / 20 matchs / 4 sélections) part avec une longueur d’avance en équipe de France, mais vient de quitter le LOSC, où il faisait figure de cadre, pour Newcastle, et devra absolument s’imposer en Angleterre pour rester en pôle position chez les Bleus. Il quitte une équipe lilloise orpheline d’Eden Hazard, en proie à d’importantes carences offensives mais aux bases défensives solides, tout du moins en Ligue 1 (18 buts encaissés). Seulement 8ème de L1, Lille a également dit au revoir à l’Europe dès le premier tour de la C1, essuyant notamment une terrible défaite inaugurale face au BATE Borisov (1-3) puis une sévère correction à Munich face au Bayern (6-1), défaites auxquelles le latéral a participé. Solide en L1 mais décevant en C1 (3 matchs disputés, 11 buts encaissés), Mathieu Debuchy qui a des qualités intrinsèques indiscutables a fait une première partie de saison sur courant alternatif et va devoir retrouver son meilleur niveau outre-Manche. Il bénéficie cependant de beaucoup de crédit aux yeux de DD, puisque celui-ci prend l’option d’aligner Moussa Sissoko en milieu droit plutôt qu’un ailier de formation, de manière à assurer la couverture défensive et confier les clés offensives de l’aile droite à Debuchy.

On lui promettait l’enfer avec la concurrence de Grogory Van Der Wiel, mais Christophe Jallet (PSG / 21 matchs / 3 sélections) a su poursuivre la constante progression qui est la sienne et reléguer l’international batave sur le banc. Titulaire à 12 reprises sur le côté droit de la meilleure défense de Ligue 1 (12 buts encaissés), le Charentais d’origine ne dépareille pas dans l’effectif clinquant du PSG dont il est un titulaire à part entière. Il présente un profil similaire à celui de Mathieu Debuchy et se présente comme un candidat sérieux en EdF, après avoir connu ses trois premières sélections et inscrit un but chanceux mais néanmoins superbe sur un centre tir depuis son aile droite face à la Biélorussie (victoire 3-1). Carlo Ancelotti, qui recommandait son joueur pour l’équipe de France juste avant le dernier Euro, le considérant comme « le meilleur latéral droit français », avait peut être vu juste.

Anthony Réveillère (OL / 22 matchs / 2 sélections) a réalisé une très belle première partie de saison avec Lyon, après avoir été à deux doigts de signer au PSG lors du dernier mercato estival. Titulaire indiscutable et cadre de ce jeune et surprenant OL, second de Ligue 1 avec le même nombre de points que le PSG et qualifié haut la main pour les 16èmes de l’Europa League, le latéral droit fait le boulot défensif comme à l’accoutumée et s’est même fendu de deux buts depuis août, fait assez rare pour être signalé. Présent en bleu depuis 2003 mais éternel remplaçant – de Sagnol, puis Clerc, Sagna, Fanni et désormais Debuchy – le joueur aux 20 sélections et 87 matchs européens disputés en club conserve son statut de remplaçant dans l’esprit de Deschamps, qui déclarait en conférence de presse lors de l’annonce de sa liste pour affronter le Japon et l’Espagne : « Réveillère […] je connais sa valeur et son expérience. Après, il faut aussi prendre en compte l’avenir, il arrive à un certain âge… Jallet a peut-être moins d’expérience mais il a du potentiel. Et ce manque d’expérience ne sera plus un problème dans un ou deux ans grâce à des convocations régulières ». Le joueur qui aura 35 ans pour le Mondial 2014 sait donc à quoi s’attendre : un énième statut de doublure, voire de troisième homme, devant être capable de répondre présent en cas de défection.

Ailiers / Milieux excentrés :

A l’instar de celle au poste au poste de gardien (lire : La première partie de ce dossier), la hiérarchie des ailiers parait également bien définie. Franck Ribéry (70 S) est incontournable à gauche, Jérémy Menez (21 S) étant son remplaçant attitré et une solution potentielle à droite. Jimmy Briand (5s) et Dimitri Payet (3s) ont également été appelés en bleu durant le début de l’ère Deschamps, mais le premier n’est pas réapparu depuis le premier match face à l’Uruguay tandis que le second n’est pas rentré en jeu. Devant ce déficit d’ailiers capables d’apporter de la percussion et d’être décisifs dans la durée, Moussa Sissoko (6s), milieu défensif de formation, a été utilisé à droite par DD face à l’Espagne et l’Italie et a montré qu’il était une alternative possible à ce poste, en permettant de verrouiller le couloir pour permettre à son latéral de prendre l’espace devant lui.

(M = Matchs disputés, B= But marqué, A= Assist, S= sélection)

Franck Ribéry (Bayern Munich, 21M, 5B, 11A / France, 6S, 1B, 2A) est redevenu « Kaiser Franck ». Non pas aux yeux du public bavarois puisqu’il n’a jamais cessé de l’être outre-Rhin, mais de ceux des Français qui ne l’avaient plus vu à ce niveau en Bleu depuis la Coupe du Monde 2006. Dans la lignée de son dernier Euro où il s’était montré à son avantage, il confirme son renouveau et forme avec Evra un côté gauche de niveau international. Elu par ses pairs meilleur joueur de Bundesliga lors de la première partie de saison, Franck Ribéry a une influence énorme sur le jeu du Bayern et fait toujours l’unanimité outre-Rhin, ce qu’il est en passe de réussir également sous le maillot de l’EdF.

Jérémy Ménez (PSG, 24M, 4B, 7A / France, 5S) est un diamant dont les facettes sont polies petit à petit. Il a progressé tactiquement et dans l’implication défensive, se pliant aux exigences de Carlo Ancelotti au point d’être un titulaire à part entière du PSG où il est utilisé sur les côtés ou en deuxième attaquant. Meilleur passeur de son équipe en championnat à égalité avec Javier Pastore (5 passes), il n’a en revanche inscrit qu’un seul but dans cette compétition et doit se montrer plus « tueur ». Joueur extrêmement déstabilisant grâce à sa technique et sa vitesse, le plus jeune joueur à avoir marqué un triplé en L1 a su convaincre Deschamps qui lui a offert 5 sélections dont il a su tirer profit pour montrer ses qualités, étant notamment à l’origine de l’action amenant le but victorieux en Italie.

Dimitri Payet (LOSC, 29M, 6B, 8A) est le joueur de champ le plus utilisé du LOSC depuis le début de la saison mais son talent est toujours branché sur courant alternatif. Un mal récurrent de la génération 87 des Ben Arfa, Nasri, Ménez et Payet donc. Il est à la tête d’un bilan chiffré tout à fait honorable, avec le statut de meilleur passeur de Ligue 1, mais ses statistiques trahissent l’irrégularité qui le caractérise. Deux buts et trois passes décisives lors des six premiers matchs de la saison, trois buts et deux assists lors des trois derniers. Entre les deux ? Une traversée du désert 16 matchs durant, avec pour seule oasis un but inscrit en championnat contre Valenciennes, le seul entre le 20 septembre et le 10 décembre. Appelé dans le groupe France pour affronter l’Uruguay, puis de retour face à l’Italie, le joueur qui « est capable d’avoir des gestes décisifs » dixit Didier Deschamps, n’est cependant pas rentré en jeu et doit gagner en régularité pour avoir sa chance chez les Bleus.

Jimmy Briand (OL, 14M, 3B, 1A / France, 1S) avait commencé la saison en trombe, avec deux buts lors de la victoire de son club dans le trophée des champions avant de marquer de nouveau face à Rennes pour l’ouverture de la saison de L1. Mis en avant dans un OL new-look, Deschamps l’avait sélectionné et fait rentrer pour les 15 dernières minutes face à l’Uruguay. Mais le soufflé est assez rapidement retombé, avec une série de 10 matchs sans marquer avant une blessure aux ischio-jambiers début novembre qui a mis fin prématurément à sa première partie de saison. Le Lyonnais va devoir cravacher pour revenir au premier plan et reconquérir la confiance de son sélectionneur, qui pourrait être tenté de redonner une chance aux « bannis » Ben Arfa et Nasri (lire : Quel futur pour les absents en équipe de France ?).

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