Le nouveau Roland-Garros, l’Arlésienne
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Le nouveau Roland-Garros, l’Arlésienne

Afin de moderniser son domaine et de rattraper son retard sur les autres tournois du Grand Chelem, Roland-Garros doit urgemment entamer les travaux d’extension. Mais au vu des luttes politiques qui se nouent autour du projet, rien ne garantit que ce dernier sera entériné en 2017. On souhaite bon courage à Guy Forget, directeur du tournoi parisien.

Dimanche 7 juin 2015. Avant la grande finale du tournoi messieurs entre Novak Djokovic et Stanislas Wawrinka, qui sera remportée par le Vaudois face au cannibale de Serbie, le Premier Ministre Manuel Valls (déjà présent la veille au stade olympique de Berlin aux côtés de Michel Platini pour la finale de la Ligue des Champions entre le FC Barcelone et la Juventus Turin) se rend sur le court Philippe-Chatrier de Roland-Garros, afin de montrer le soutien politique du gouvernement au tournoi français, et surtout à l’épineux dossier d’extension.

C’est l’Arlésienne. Paris et Roland-Garros qui sont déjà le maillon faible du Grand Chelem du point de vue de l’organisation seront bientôt la risée de tous si les jeux politiques franco-français ne cessent pas devant l’enjeu suprême et l’intérêt général : la sauvegarde de ce monument du patrimoine français.

Battue en 1986 par Barcelone pour les Jeux Olympiques de 1992, en 2001 par Pékin pour les Jeux de 2008, en 2005 par Londres pour l’olympiade de 2012, en lice face à Budapest, Los Angeles et Rome pour les Jeux d’été de 2024, Paris se doit de rester l’étendard du sport français.

Avec les 24 Heures du Mans et le Tour de France cycliste, Roland-Garros reste un des plus grands évènements sportifs organisés chaque année sur le territoire hexagonal, dans un pays orphelin de Grand Prix de France de Formule 1 depuis que Bernie Ecclestone a sorti Magny-Cours du calendrier fin 2008.

La sauvegarde d’un tel joyau doit être la priorité de l’action sportive de haut niveau en France.

A force de reporter aux calendes grecques les travaux qui sont inexorables, Roland-Garros va s’offrir une épée de Damoclès au-dessus de la tête : l’exclusion du Grand Chelem est un risque non négligeable à prendre en compte sur le moyen terme, même si les joueurs, viscéralement attachés à ce temple du tennis, défendent avec énergie le tournoi de la Porte d’Auteuil.

L’accroissement nécessaire du domaine de Roland-Garros, construit en 1928 pour accueillir la revanche France – Etats-Unis à l’époque où la finale se jouait en challenge round, restera utopique tant que vautours et autres vipères roderont près du projet.

Pendant ce temps, sur tous les indicateurs qui font la qualité d’un Grand Chelem, les trois rivaux de Paris, l’Open d’Australie, Wimbledon et l’US Open avancent avec leurs bottes de sept lieues : toits rétractables pour couvrir le risque de pluie, prize money en hausse, capacité de places assises allant crescendo …

Melbourne possède un toit depuis 1988, Wimbledon depuis 2009, l’US Open depuis 2016. Roland-Garros, lui, n’a même pas de feuille de route claire avec une date de début et de fin des travaux. Le projet d’extension reste un inextricable panier des crabes pour une FFT ridiculisée aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro, incapable de fournir les tenues règlementaires au double féminin Mladenovic / Garcia.

Depuis 2015, Melbourne a trois courts dotés d’un toit, alors que Wimbledon a inauguré d’autres court avec des toits.

A New York, l’US Open ne s’était pas endormi sur ses lauriers avec le remplacement du vieux court Louis Armstrong par une enceinte neuve en 1997, et une augmentation significative du prize money, aussitôt relayée par l’Australie. Wimbledon et Roland-Garros ont bien entendu invités à mettre la main au porte-monnaie, le très influent lobby des joueurs imposant sa férule aux tournois depuis quelques saisons.

Depuis 2016, Flushing Meadows possède un toit sponsorisé, sorte d’adaptation tennistique du naming devenu monnaire courant pour les stades football (Allianz Arena de Munich et Allianz Rivera de Nice, Orange Vélodrome à Marseille, Mercedes Arena à Stuttgart, Etihad Stadium à Manchester et autres Emirates Stadium à Londres) … Partenaire de longue date, la banque JP Morgan Chase a fait inscrire son nom en lettres géantes sur le toit tout neuf, de sorte que celles-ci sont visibles depuis les avions qui décollent de l’aéroport de La Guardia. Les travaux dans leur ensemble ont fait la part belle aux sponsors, avec un doublement de l’espace dédié aux distributeurs et aux concessions, ainsi que de nouveaux restaurants et lounges. A côté des trois principaux partenaires du tournoi (Emirates, American Express et JPMorgan Chase), plusieurs nouveaux sponsors, plus modestes, ont ainsi fait leur apparition (Lavazza, Oreo’s…).

Tandis qu’à Paris, le projet n’avance pas, le programme de rénovation de Flushing Meadows, dont le coût total s’élève à 600 millions de dollars, ne s’arrête pas là.

En 2016, les spectateurs new-yorkais ont pu découvrir le nouveau court Grandstand, dont la forme ronde rappelle le court numéro 1 à la porte d’Auteuil, tandis qu’un nouveau court Armstrong, doté lui aussi d’un toit mobile, sera opérationnel dès 2018. A terme, la capacité totale de l’US Open doit atteindre 800.000 places, soit 100.000 de plus qu’en 2015. La rénovation et l’inauguration du toit, fêtée en grande pompe par un concert de Phil Collins lundi 29 août, constituent une opportunité unique pour les sponsors de l’US Open.

Surtout, les travaux doivent permettre de retransmettre un plus grand nombre de matchs, ce qui devrait doper les revenus tirés des droits, restés stables au cours de la dernière décennie (65 millions de dollars en 2013). L’US Open a signé un contrat d’exclusivité à 825 millions de dollars sur onze ans avec la chaîne sportive ESPN en 2013.

La France, elle, est spécialiste des projets chronophages au coût pharaonique prenant ensuite la poussière : le Stade de France orphelin d’un club résident, même si les Qataris reviendront sans doute à la charge pour y installer le PSG, le stade Charléty non réutilisé par le Stade Français (le contribuable parisien étant invité vingt ans après la réfection de l’enceinte du XIIIe arrondissement à participer à la rénovation du stade Jean-Bouin, hôte des matches du club de rugby parisien, Bertrand Delanoë faisant dépenser à la ville 160 millions d’euros, satisfaisant ainsi le président du Stade Français à l’époque, en l’occurrence Max Guazzini), le circuit de Magny-Cours imposé par François Mitterrand dans le désert touristique et économique qu’est la Nièvre …

Le circuit bourguignon détenait un triste record : la plus longue distance d’un aéroport international de tout le calendrier mondial. Loin de Paris, Lyon et Genève à la fois, Magny-Cours avait le don d’exaspérer Bernie Ecclestone depuis 1991. Surtout que les promesses des locaux n’ont pas été tenues, provoquant l’ire du grand argentier de la F1 : louant à prix d’or des chambres d’hôte, les Nivernais avaient promis monts et merveilles via la construction d’hôtels. Il n’en a rien été, et devant cette chimère, Ecclestone a considéré que Magny-Cours avait franchi le Rubicon. Il appliqua ainsi la loi du talion, faisant ainsi rentrer le circuit Yas Marina d’Abu Dhabi dans le calendrier mondial dès 2009. Passé du Capitole à la Roche Tarpéienne, Magny-Cours s’était vu trop beau, trop grand, à forcer de se regarder dans un miroir concave. Faire venir les ex-membres de Pink Floyd Roger Waters et Nick Mason en concert en 2006 pour terminer un week-end marqué par la huitième victoire nivernaise du Kaiser Schumacher montrait à quel point le circuit était prêt à tout pour attirer un public dont le nombre ne cessait de chuter.

Colosse aux pieds d’argile, Roland-Garros ne doit pas tomber dans un tel guêpier et s’inspirer du contre-exemple du Grand Prix de France, même si l’histoire du tournoi est bien plus riche que celle de Magny-Cours, héritier de Reims Gueux, Rouen les Essarts, Charade, Dijon Prenois et du Castellet.

Si Wimbledon serait logiquement plébiscité à l’heure de désigner le tournoi du Grand Chelem le plus prestigieux, Melbourne décrocherait la couronne du tournoi le plus dynamique, lui qui fut longtemps victime de l’ostracisme des joueurs européens ou américains, qui ne prévoyaient de se déplacer dans l’Hémisphère Sud qu’en cas de Petit Chelem (à l’époque, l’Open d’Australie était la quatrième levée des tournois majeurs, se jouant en décembre). La victoire de Mats Wilander en 1983 a tout changé, le deuxième évènement décisif étant le déménagement de Kooyong vers Flinders Park (rebaptisé ensuite Melbourne Park) en 1988. La ville de Melbourne a aussi prouvé son dynamisme par l’organisation du Grand Prix de Formule 1 d’Australie depuis 1996 sur le tracé non permanent de l’Albert Park, qui a supplanté le circuit urbain d’Adelaïde (hôte de l’évènement entre 1985 et 1995).

De cancre, l’Open d’Australie est ainsi devenu un élève modèle et, à bien des égards, un exemple. La qualité des installations de Melbourne Park a fait école, à l’image du toit amovible de la Rod Laver Arena. Cela se voit aussi à de plus petits détails, comme les tramways gratuits depuis le centre-ville, les concerts tous les soirs, les bornes de recharge pour téléphones portables ou les écrans géants dispatchés un peu partout, permettant au public de rester en contact avec ce qui se passe sur tous les courts même en se baladant. Autant de points sur lesquels le tournoi a toujours été en pointe. En somme, un endroit où il fait bon vivre et bon jouer.

Au-delà de la qualité de ses acteurs, actifs ou passifs, l’Open d’Australie a aussi eu le mérite depuis un quart de siècle d’évoluer en permanence et d’anticiper au maximum. En matière de stratégie, ce fut symbolisé par le déploiement vers l’Asie il y a une dizaine d’années. Pour des questions de marketing et d’impact économique, le tournoi fut ainsi rebaptisée Open Asie-Pacifique. Des ramasseurs de balles sont venus de Chine ou de Corée du Sud. Des wild-cards ont été distribuées à des joueurs et joueuses du continent asiatique. Une politique massive qui a porté ses fruits. En 2005, 40% des téléspectateurs de la finale messieurs Safin / Hewitt étaient des Asiatiques, contre 11% dix ans plus tôt pour la joute Agassi / Sampras de 1995. Voilà comment on ancre un évènement au niveau planétaire.

Quand on visionne l’excellent documentaire The French de William Klein sur l’édition 1981 du French Open, la sixième remportée par Bjorn Borg, on voit bien entendu que le site de Roland-Garros a évolué depuis plus de trois décennies. Mais il n’a pas non plus été révolutionné. Le site parisien reste un village, celui des Irréductibles Gaulois, et ferait bien de prendre un peu de potion magique pour soutenir sa croissance, là où les autres ont chaussé leurs bottes de sept lieues pour faire de leurs installations de véritables parc d’attractions dédiés au tennis.

L’US Open, lui, reste à part avec ses odeurs de cheeseburger dans les travées, son absence de tie-break au cinquième set, son Super Saturday, les avions de la Guardia ou encore ses célèbres night sessions.

En queue de peloton, Roland-Garros souffre d’un immobilisme coupable, dans un XVIe arrondissement sujet à l’inertie. Absurdité urbaine mais réalité politique, le tramway T3 allant du XVe arrondissement (Pont de Garigliano) au XVIIIe arrondissement (Porte de la Chapelle) via la Porte de Vincennes sera prolongé fin 2018 jusqu’à la Porte d’Asnières, en face de Levallois Perret. En octobre 2015, le STIF a finalement validé un prolongement jusqu’à la Porte Dauphine, pour une quatrième phase de travaux. Mais pas de tramway des maréchaux dans le reste du XVIe arrondissement, sanctuaire intouchable …

A part l’excentrique Fondation Louis-Vuitton de l’architecte américain Frank Gehry rappelant dans le bois de Boulogne la création du même Gehry au musée Guggenheim de Bilbao, point de projets pharaoniques dans cet arrondissement très nanti de la ville de Paris.

L’hippodrome de Longchamp (accueillant entre autres le festival de rock de Solidays chaque année en juin) est lui entré en travaux après le Qatar Prix Arc-de-Triomphe d’octobre 2015.

Un toit ne serait pourtant pas du luxe à Roland-Garros après une édition 2016 marquée par une pluie intense et la première journée sans la moindre minute de tennis depuis 2000. A chaque fois, ce fut pour la Saint-Ferdinand, soit le 30 mai. Heureusement que le tournoi de Paris – Bercy se joue ne indoor, ce dernier bénéficiant depuis 2015 d’une Accor Hotels Arena totalement  rénovée, capable de tenir la dragée haute aux salles les plus, que ce soit l’O2 Arena de Londres ou le mythique Madison Square Garden de New York.

Quel comble pour la France de ne pas voir Roland-Garros posséder de toit puisque l’Hexagone fut le berceau du jeu de paume. La Ville Lumière possède toujours une salle de paume, rue Lauriston dans le XVIe arrondissement. A Versailles, c’est dans la Salle du Jeu de Paume que le Tiers Etat se déclara Assemblée Nationale le 20 juin 1789. A Paris, il existe un musée du Jeu de Paume, comme on le voit dans la Nuit des Généraux où Peter O’Toole (alias le général Tanz) est victime du syndrome de Stendhal face à une toile de Vincent Van Gogh.

L’inventeur du tennis, le major Wingfield, n’eut pas un Eurêka digne d’Archimède dans sa baignoire. Comme beaucoup d’inventions, le tennis est un accident. Il faisait trop chaud dans la salle de paume, la partie fut alors disputée sur herbe. Ainsi naissait le tennis (terme adapté du vieux français tenetz), qui récupérait le système de comptage de points du jeu de paume : 15, 30 puis 40 points avant de gagner un jeu. Le premier tournoi de Wimbledon eut lieu dès 1877 dans le sud-ouest de Londres.

18 décembre 2015. Le Tribunal de grande instance de Paris, saisi en référé par les héritiers de l’architecte des serres, Jean-Camille Formigé au nom du « droit d’auteur », ordonne la suspension des travaux pour trois mois, soit jusqu’au 31 mars 2016.

La Fédération française de tennis (FFT) le redoutait, les associations de défense de l’environnement l’espéraient : le tribunal administratif de Paris a ordonné, jeudi 24 mars 2016, la suspension des travaux d’extension du stade Roland-Garros, à la lisière du bois de Boulogne, dans le 16e de Paris. Les travaux, qui ont débuté en octobre 2015, ont été suspendus une première fois pour une durée de trois mois – jusqu’au 31 mars. Cet arrêt a été acté après une première action en référé le 18 décembre 2015. La FFT a par ailleurs dit qu’elle allait se pourvoir en cassation et s’en remettre à la décision du Conseil d’Etat.

Dans cette affaire distincte des autres recours intentés depuis plus de cinq ans par diverses associations, ce sont ici les descendants de Jean-Camille Formigé, l’architecte qui a conçu le jardin des serres d’Auteuil au XIXe siècle, qui attaquent le projet d’extension devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris au nom du droit d’auteur. Dans les deux cas, les litiges seront jugés sur le fond. Le bras de fer continue, les nœuds aux cerveaux aussi, le projet reste dans les sables mouvants, symptomatique de l’incapacité française de faire avancer des grands dossiers d’intérêt général (le nouvel aéroport nantais de Notre-Dame-des-Landes étant un autre exemple symptomatique). Au-delà de l’enjeu des Jeux Olympiques 2024 pour la ville de Paris, Roland-Garros est une vitrine internationale pour la France, chacun doit garder ce postulat en perspective et prendre ses responsabilités, mettre les intérêts partisans aux oubliettes … Est-ce tant demander ?

Le Conseil international des monuments et des sites (International Council on Monuments and Sites, Icomos), organe de l’UNESCO qui œuvre à la conservation des monuments et des sites historiques dans le monde, a évalué sur place l’impact du projet et jugé que le site était gravement menacé dans son intégrité paysagère et botanique, et a appelé la Mairie de Paris et la FFT à abandonner le projet. L’exécution du permis de construire délivré par la mairie de Paris est donc suspendue jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision [d’extension], a fait savoir le tribunal administratif de Paris.

D’aucuns peuvent estimer légitimement que l’événement mondial est trop cher payé dans une capitale déjà très dense, que les fractures sociales n’ont rien à gagner à ces spéculations de l’argent et de la compétition malsaine, ou que Roland-Garros serait mieux en banlieue, à Versailles ou à Marne-la-Vallée près d’Eurodisney, comme il avait été un temps envisagé. Ce n’est pas mon sentiment. Au même titre que le Louvre ou la tour Eiffel, les Internationaux de France font partie de l’attractivité de Paris, dont nul n’a intérêt à se priver, en ces temps où le tourisme parisien est en berne suite aux attentats du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo puis l’hyper-cache de la Porte de Vincennes, mais aussi du 13 novembre 2015 contre le Bataclan. Et Paris n’est pas New York où l’US Open a pu être déplacé sans risque au fin fond du Queen’s. Ni le découpage administratif, ni le réseau de transports collectifs, ni surtout la culture de la centralité dans un pays aussi jacobin que l’Hexagone, ne sont ici favorables à un tel transfert. L’histoire et le sens commun commandent que Roland-Garros reste Porte d’Auteuil, même si la desserte du site devra aussi s’améliorer afin de fluidifier la grande transhumance quotidienne des spectateurs venus admirer les gladiateurs de l’ocre sur les arènes Philippe Chatrier ou Suzanne Lenglen. Seule la ligne 10 du métro, très lente et se caractérisant par des stations à sens unique dans le XVIe arrondissement, dont la station Porte d’Auteuil elle-même, dessert le site de Roland-Garros. Le voisins du Parc des Princes souffre du même mal, accentué par la taille de l’enceinte … Au retour, les détenteurs de billet pour la grand-messe du tennis français doivent marcher jusqu’à la station Michel-Ange Molitor … Alfred Jarry lui-même n’aurait pas fait mieux dans Ubu Roi …

Avant même de parler de toit et d’extension du site parisien, c’est-à-dire d’une caverne d’Ali Baba comparée à la grotte actuelle, pourquoi ne pas déjà augmenter la capacité d’éclairage des stades pour pouvoir jouer plus tard, comme à l’US Open ? Au lieu de terminer à 21 heures, les matches de Roland-Garros pourraient se finir vers 23 heures, voire minuit ou 1 heure du matin, tout en demandant à la RATP des dérogations sur la ligne 10 (ainsi que les lignes 4, 6, 8, 9, 12 et 13 pour des changements à Odéon sur la 4, la Motte-Picquet Grenelle pour les 6 et 8, Michel-Ange Molitor sur la 9, Sèvres Babylone sur la 12 et Duroc sur la 13) pour de légères prolongations de trafic durant la quinzaine … Cette même RATP qui avait déposé un préavis de grève le jeudi 29 mars 2001 lors de la venue d’Hein Verbruggen et d’une commission du CIO pour évaluer la candidature parisienne aux JO d’été de 2008 … La RATP a une dette envers Paris et le sport français, c’est l’occasion de l’honorer …

Paris est la Ville Lumière, à Guy Forget et à la RATP de démontrer que ce surnom n’est pas une imposture mais bien une réalité concrète. Il faut d’urgence se retrousser les manches.

A force de rester inerte, Paris pourrait très bien perdre sa crédibilité, et voir Madrid, voire pourquoi pas Miami, qui aurait tout intérêt à passer du dur à l’ocre pour faire le pont entre la saison de terre battue sud-américaine (Vina del Mar, Acapulco, Sao Paulo) et européenne (Monte-Carlo, Estoril, Barcelone, Bucarest, Munich, Rome, Madrid) mais aussi pour tourner le dos au ciment (sous le feu des critiques vu l’impact sur le physique des joueurs), lui damer le pion. Et le champion de la surface ocre imposerait alors son hégémonie soit en Floride, soit en Castille. Le nouveau de roi de la terre battue soulèverait son trophée majeur à Key Biscayne ou sur la Caja Majica.

Et pour couronner le tout, les difficultés budgétaires de France Télévisions, qui mettent en péril sa capacité à s’acquitter de façon pérenne des droits de retransmission du French Open, pourraient conduire au lancement d’un appel d’offres entre les chaînes hertziennes, TF1, Canal + et M6, voire celles de la TNT, comme BeInSport. Gageons qu’une telle poule aux oeufs d’or cathodique se vendra bien aux enchères, mais plus encore si des garanties anti-pluie.

Le tennis aurait-il déjà oublié que ce sont les télévisions qui ont imposé le tie-break pour limiter le temps des rencontres ?

Quelques années après la rumeur d’un déplacement du Grand Chelem de terre battue vers Madrid, restée utopique pour le moment, Paris ne doit pas se reposer sur ses lauriers.

Les banderilles ne sont pour l’instant que verbales, gare à ne pas rester inactif sinon une estocade bien réelle viendra porter un coup fatal au prestige presque centenaire des Internationaux de France.

Alors, le puzzle parisien doit se mettre en place et ne pas tourner au casse-tête chinois. Certes, la configuration du site et des environs n’aide pas entre le jardin des Serres d’Auteuil, le Bois de Boulogne, l’autoroute A13, le Parc des Princes, l’hippodrome d’Auteuil, le périphérique et le tout proche XVIe arrondissement si réfractaire aux grands travaux d’infrastructure.

Les principaux leviers qui doivent permettre à Roland-Garros de retrouver un prestige bien écorné sont au nombre de trois : Primo, la construction d’un nouveau court de 4 950 places dans le sud-est du jardin des serres d’Auteuil. Secundo, l’implantation d’un nouveau court de 2 000 places et de plusieurs courts satellites dans le secteur du Fonds de Prince. Tertio, l’ajout au court central Philippe Chatrier d’un toit devant permettre au jeu de se poursuivre sous la pluie, intermittente mais présente fin mai et début juin sur la Ville Lumière.

Un contre-projet prévoyant une extension via une couverture d’une parcelle de l’autoroute A13 et la déviation d’une partie de l’avenue de la Porte d’Auteuil a vu le jour, pour ensuite être enterré.

Les élections municipales du printemps 2014 n’ont malheureusement pas permis de sortir du panier de crabes et de trancher le nœud gordien. Les écologistes défendent avec combativité l’avenir du jardin des Serres d’Auteuil.

Il sera bien difficile de faire converger tous les intérêts, ceux des différents partis politiques (PS, Les Républicains, EELV, MoDem, UDI …), de la FFT, du lobby écologiste défendant le jardin des serres d’Auteuil comme la prunelle de ses yeux, afin que le projet d’extension de Roland-Garros ne sorte du piège à loup duquel il est actuellement prisonnier …

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, écrivait Pierre Corneille dans le Cid. Roland-Garros triomphera avec gloire, n’en doutons pas, mais quand ? Impossible de devenir à quelle étape de processus nous en sommes dans le grand sablier qui mesure l’avancée de ce projet d’extension …

Ne manquerait plus, dans un scénario catastrophe virtuel, que l’arrivée à moyen terme du troisième aéroport parisien (autre serpent de mer franco-français) dans le Sud-Ouest de la capitale, pour imiter le bruit des avions de la Guardia berçant les spectateurs new-yorkais à Flushing-Meadows, et la coupe sera pleine …

Ce serait le comble …

Blague à part, Roland-Garros peut toujours se targuer d’avoir un problème de moins que Melbourne, Wimbledon et Flushing Meadows. En effet, en cas de pluie, le vilain petit canard parisien renvoie tous les joueurs sans exception à leurs hôtels.

Pas de cela chez les kangourous, dans le temple du tennis ou dans le Queen’s où seuls les plus grands courts peuvent bénéficier de ce joker anti-pluie qu’est un toit rétractable … Du coup, les meilleurs joueurs, en général positionnés sur ces mêmes courts pour d’évidentes raisons de marketing, afin de stimuler la billetterie des tournois, passent entre les gouttes, contrairement aux seconds couteaux …

Mais entre nous, Paris ferait bien de se récupérer ce problème de riches, afin d’éviter d’être considéré comme le Tiers Monde du Grand Chelem à très court terme.

Il en va de la crédibilité du sport français et de la F.F.T., si tant est que ce mot fasse partie du vocabulaire des apparatchiks dans la tour d’ivoire du 2 avenue Gordon Bennett.

Car si les blocages sont nombreux et coriaces dans ce dossier qui jaunit d’année en année, ils ne doivent pas faire oublier que la F.F.T n’est pas exempte de tout reproche dans sa gestion du tennis français.

Ainsi, un autre vœu pieux, trouver un successeur à Yannick Noah, dernier de nos compatriotes à avoir soulevé la Coupe des Mousquetaires, serait-on bien inspiré de focaliser les efforts des enfants et adolescents sur la terre battue, si l’on veut un jour revivre cette madeleine de Proust sur le Central de Roland-Garros. Le stakhanovisme sur dur n’a jamais formé le moindre terrien, et encore moins un martien.

 

 

  1. avatar
    21 septembre 2016 a 11 h 23 min

    Et béh oui, c’est triste. Je pense sincèrement que la paresse intellectuelle est à l’oeuvre, nous avons un espace restreint? Et bien je suis sur qu’il y a des moyens technologiques récents permettant de s’en dépatouiller.

    Mais bon, c’est plus facile de raser et de construire à côté…

  2. avatar
    21 septembre 2016 a 13 h 29 min
    Par David Paris

    Quinze jours de babille au profit d’intérêts particuliers et de gros sous comptent plus pour vous que la préservation d’un site exceptionnel classé architectural et botanique… Le sport roi… Quant à la malhonnêteté de la FFT qui a déjà juré trois fois qu’elle ne demanderait plus d’extension sur le bois de Boulogne…. ! Enfin et surtout, la loi est la loi. On de saccage pas un lieu patrimonial pour agrandir un stade de tennis, qui, lui, n’est pas, contrairement à ce que vous écrivez, un “patrimoine”. Malheureusement, il est à craindre que vous ne parvenez à vos fins, le Conseil d’état, aujourd’hui, n’étant ^plus qu’un organe politique qui est capable de rendre des arrêts contraires au droit pour ne pas fâcher le gouvernement, le maire de Paris et les intérêts financiers des marchands du temple. Triste monde.

    • avatar
      21 septembre 2016 a 22 h 09 min

      @David Paris,

      Défendre l’environnement de manière globale (pêche massive, gaz à effets de serre …) n’est pas incompatible avec le rayonnement de la France.

      Navré mais entre le tournoi de Roland-Garros, un des ultimes fleurons du sport hexagonal avec le Tour de France cycliste et les 24 Heures du Mans, et les serres d’Auteuil, pas photo de mon point de vue.

      Peut être trop “real politik” à ton goût mais je pense ainsi.

      Et pourtant je suis contre les JO 2024 à Paris, je préférerais plutôt l’Exposition Universelle de 2025. Pas bêtement accro. au sport roi …

      Si Mme Hidalgo avait eu le bon goût de faire un référendum sur des projets aussi coûteux pour la Ville de Paris …

  3. avatar
    21 septembre 2016 a 15 h 49 min
    Par Cullen

    Salut Axel,

    Entre le manque d’espace évident, la volonté des riverains – blindés de thunes et d’avocats – à ne rien céder, et celle des écologistes, inflexibles eux aussi (voir la réaction au-dessus), trouver des solutions sur le site actuel semble vraiment utopique. Si l’on veut se projeter un peu dans les années à venir, il faudra surement délocaliser. L’ancienneté de Roland Garros est encore un atout aujourd’hui pour le tournoi mais avec le temps cette plus-value risque de s’estomper.

    Mais le problème de RG n’est pas tellement sa vétusté ni même l’absence de toit mais plus l’amateurisme de ses dirigeants. A la limite on pourrait s’accommoder d’un espace un peu exigu si le court Suzanne Lenglen, construit en 1994, avait un réel cachet architectural mais ça n’est pas du tout le cas, comme le stade Charléty dont tu fais référence, il a été totalement raté. Et le seul qui avait justement un minimum de personnalité, c’est le court n°1 qui risque fort d’être détruit…

    Et que dire du système de billetterie qui est entièrement à repenser. C’est une véritable honte de voir toutes ces loges vides les trois-quarts du temps, réservées à des gens qui – bien souvent – se désintéressent complètement du Tennis, et préfèrent prendre le temps de bien déjeuner dans les restaurants luxueux du site aux frais de la princesse. Et il n’y a qu’à Paris qu’on voit ça, des tribunes pour les premières, deuxièmes et troisièmes classes…

    Pour le reste, j’avais déjà donné mon point de vue en long et en large il y a quelques temps : http://yourzone.beinsports.fr/roland-garros-un-heritage-culturel-en-danger-91773/

    • avatar
      21 septembre 2016 a 22 h 13 min

      Salut Christian,

      Oui la FFT est d’une nullité sans limites, on l’a encore vu à Rio de Janeiro avec l’affaire Mladenovic / Garcia.

      Mais aussi avec Benoît Paire, car sanctionner un athlète éliminé, je vois mal où est la force de dissuasion en terme d’exemplarité pour le symbole “équipe de France”.

      Charléty est un scandale d’autant plus grand depuis qu’on a refait Jean Bouin pour les beaux yeux de Max Guazzini.
      Le clientélisme de Bertrand Delanoë fut particulièrement minable dans ce dossier.

      Mais bon, Jean Tiberi, Edouard Balladur et Jacques Chirac n’ont pas fait mieux sur le déménagement du PSG au Stade de France. Cela aurait du être une condition “sine qua non” de la construction du grand stade pour la Coupe du Monde 1998.

      Il n’y a qu’en France que l’on voit cela, même si certains diront que le nouveau Wembley est sans club fixe.

      • avatar
        21 septembre 2016 a 22 h 21 min

        @Christian,

        tu n’as pas tort sur le double lobby des nababs du XVIe et les écolos, mais capituler face à ces 2 minorités de blocage serait pire que tout.

        Comme à NDDL ou en d’autres endroits où des projets restent dans les sables mouvants par des gens qui prennent en otage la démocratie.

  4. avatar
    21 septembre 2016 a 15 h 53 min

    Salut David Paris,

    Sympa d’avoir ce point de vue, depuis le temps que j’en cherchais un dans ce sens à questionner.

    Est-ce que tu ne considères pas que les deux structures sont d’origines humaines et donc ont autant de légitimité à perdurer dans le temps ou non? En gros, ces serres d’Auteuil ont sans doute du modifier l’endroit initial, ajouter des espèces qui n’avaient rien à faire ici et le tout sous un miracle de fer forgé…

    Est-ce que tu ne penses pas que cela soit déplaçable? et si oui, plus facilement que Rolland Garros?

    Le sport roi,… tu n’as plus précis comme point de vue? le sport en France est constamment ridiculisé et considéré par beaucoup comme la lie des valeurs et des motifs d’intérêt. Pour moi, un spectacle vivant comme RG a beaucoup plus sa place à Paris, endroit avec très peu d’espace disponible, que la préservation de serre qui pourrait tout à fait être déplacées, comme on l’a fait pour des églises ou autres… Quand on se compare à nos voisins, on se rend compte que le sport est chez nous tout sauf considéré comme quelque chose de royal. L’exemple de Magny-cours de l’article est parfait du cynisme des gens qui l’ont mis en place : le sport utilisé comme moyen.

    Il y a beaucoup plus de gens qui vont à RG qu’aux serres d’Auteuil, ce n’est pas un argument forcément pertinent, mais c’est ce genre d’évènement qui forge paris et qui permettent de donner l’envie à plein de monde de le découvrir, plein de mondes qui vont ensuite peut être visiter les serres d’auteuil et nous apporter les sous de les gérer… c’est un cycle complet, le jour où il n’y aura plus rien de vivant comme spectacle, il n’y aura plus personnes pour venir visiter et adieu les jolis serres sans pognon de la ville de paris…

    RG est un patrimoine, au moins au même niveau que des serres qui sont à peine plus agées que le tournoi.

    Et oui, j’espère qu’on trouvera un arrangement mutuellement profitable et qui permettra aux deux lieux d’être gagnant.

    A titre d’information, j’étais pour le transfert à Versailles, seul ville pouvant conserver le Prestige du tournoi à l’international.

    • avatar
      21 septembre 2016 a 22 h 17 min

      Salut general,

      Oui le sport est méprisé en France (mais globalement dans les pays latins), on le voit bien avec des quotidiens comme Le Monde ou Le Figaro qui viennent tous juste d’adopter une page pérenne pour les sports dans leurs éditions.

      Pour Magny-Cours, oui contrepartie politicienne de Tonton Mitterrand vers la famille Bernigaud qui l’avait aidé à conquérir son fief nivernais en 1946. Bref aucun rapport avec le développement de la F1 française au carrefour des années 80-90. La logique et Bernie Ecclestone nous ont remis à notre triste place depuis 2009 : dehors !

      Et cela sera pareil pour RG si le monde du tennis et les politiques ne prennent pas très rapidement leurs responsabilités.

      Paris est avec Londres la seule ville à posséder 2 grands tournois de tennis chaque année (RG / Bercy et Queen’s / Wimbledon), donnons lui toutes les armes pour garder son éclat sur la scène de l’ATP et de la WTA

  5. avatar
    21 septembre 2016 a 17 h 51 min

    Pour la relocalisation, ce n’est pas à exclure car le tournoi ne perdrait pas nécessairement en prestige. On peut citer en exemple l’US Open justement qui a déménagé, et personne ne s’en formalise.

    Selon moi, tant que le tournoi reste dans la région parisienne, il pourra récupérer le prestige de l’endroit précédent.

    Évidemment, un site qui pourrait avoir une vue (même lointaine) sur la Tour Eiffel serait un bonus, car cela reste le seul symbole vraiment connu de Paris et même de la France à travers le monde.

    • avatar
      21 septembre 2016 a 22 h 10 min

      Salut Fabrice,

      Non, quitter le site original de Roland-Garros serait une défaite historique. C’est cela qui a perdu le GP de France de F1, qui n’a pas su s’enraciner dans un site légendaire comme Spa, Monza, Silverstone, le Nürburgring ou Monaco.

      Il faut améliorer l’existant, pas s’expatrier à Versailles, Enghien ou Eurodisney …

    • avatar
      22 septembre 2016 a 18 h 58 min

      Mais il semble presque acquis qu’ail faille plus d’espace. Déménager les serres alors, comme toi et le général le suggérez ? Il faudrait régler la question de la desserte, mais rien d’insurmontable.

      Dans tous les cas la priorité est au toit, et cela est indépendant du reste.

      • avatar
        24 septembre 2016 a 8 h 40 min

        Salut Fabrice,

        Oui il faut plus d’espace clairement. Mais c’est le plus compliqué à réaliser, en attendant tu peux rendre de la crédibilité au tournoi avec des projecteurs et 2 toits.

        Pour la desserte, oui sur les lignes existantes, mais on ne construira pas une ligne de métro ou de tramway en plus vers Paris 16e …

  6. avatar
    23 septembre 2016 a 9 h 23 min

    Salut Fabrice,

    Il faut un plan en 3 temps :

    - d’ici 2017-2018 mettre des projecteurs pour faire de la night session, tout en demandant à la RATP un effort sur la fréquence des lignes 9 et 10, voire des bus du 16e arrondissement

    - d’ici 2021-2022, un toit pour le Chatrier et le Lenglen

    - d’ici 2025, l’extension du domaine avec le déménagement des Serres d’Auteuil quelque part en Ile de France.

  7. avatar
    23 septembre 2016 a 9 h 53 min

    Sérieusement, les serres me paraissent vraiment déménageable quoi…

    Le seul truc précieux, ce sont les plantes, après… les travaux de ferronnerie du 19ème siècle… on va pas garder toutes les voutes de la gare St-Lazare non plus.

    Vieux oui, précieux et beau, bof…

    Après, d’accord avec Christian, les loges “invitées” et vides, ça donne envie de tout péter.

  8. avatar
    23 septembre 2016 a 10 h 25 min
    Par Cullen

    Je reviens brièvement sur quelques points.

    Le stade Charléty est assez réussi d’un point de vue esthétique. Seulement il n’est pas du tout adapté au Football et au Rugby en raison de la piste d’Athlétisme qui éloigne les spectateurs et des courants d’airs qui circulent (ceux qui y ont déjà mis les pieds pourront témoigner…). Et comme les grands meetings d’Athlé ont été disputés à St-Denis depuis la construction du Stade de France, pour tenter de rentabiliser Charléty, tout et n’importe quoi a été organisé là-bas, sans que le public puisse s’identifier vraiment à un club. Car le problème de fond c’est qu’aujourd’hui encore, ce sont très souvent les municipalités qui sont propriétaires des équipements sportifs (stade, centre d’entrainement, etc..), ce qui est un frein au développement des clubs.

    Pour RG c’est différent. Même avec les problèmes actuels (espace, éclairages – que ne veulent absolument pas les riverains -, etc…) on aurait pu faire quelque chose de bien mieux. Poser un toit sur le Central ne nécessitait pas d’avoir leur accord… Et à la place du Lenglen qui n’a aucune âme et serait, sur les 3 autres GC, un simple court annexe, on aurait pu construire un stade un peu différent, plus arrondi, comme l’actuel court n°1 mais en plus grand, ce qui lui aurait donné l’allure d’une arène. Et ce côté “populaire” aurait pu être accentué par la mise en place de tickets moins onéreux que sur le Central. Une sorte de poudrière qui aurait été redoutée par tous les joueurs et aurait tranchée avec l’atmosphère beaucoup plus snobe du Chatrier, où les loges sont à supprimer d’urgence.

    Ensuite, je trouve que c’est une bonne chose qu’il n’y ait pas de club résident au Stade de France car, comme son nom l’indique c’est le stade national, et pour fouler sa pelouse il faut, soit être sélectionné avec les Bleus, soit atteindre la finale de la Coupe de France avec son club. Une récompense que les rugbymen peuvent également obtenir par l’intermédiaire du XV de France ou du Top 14. Après, s’il n’est pas assez utilisé pour sa rentabilité financière, on pourrait imaginer y ajouter les demi-finales de Coupe de France de Football ou celles du Top 14 (même si la province ne serait surement pas de cet avis), mais il ne doit pas servir pour tout et n’importe quoi comme ça a été le cas il y a quelques temps, ce qui atténuerait son prestige. La seule chose qu’on peut regretter c’est l’éloignement (relatif) des tribunes avec la pelouse, l’environnement pas très chaleureux autour du stade et surtout l’acoustique, très loin de celle du Parc des Princes.

    Enfin, pour revenir à RG, si l’on devait se résoudre à délocaliser le tournoi, Versailles est probablement ce qui se rapproche le plus du site actuel en terme de prestige, d’environnement, mais il y a déjà tellement d’équipements sportifs à l’ouest qu’un rééquilibrage à l’est où c’est un vrai no man’s land ne serait pas inopportun.

  9. avatar
    23 septembre 2016 a 11 h 55 min

    Salut Christian,

    J’ai habité 3 ans et demi à côté de Charléty et mis à part les matches de rugby du Stade Français pendant les travaux de Jean Bouin, ce stade rénové entre 1991 et 1994 aux frais du contribuable n’a servi qu’à accueillir, mis à part le fameux meeting de Ségolène Royal pour la présidentielle de 2007, des matches amicaux d’équipes africaines.

    Bref gros gâchis, d’accord avec toi sur la piste d’athlé, mais bon j’avais fait un Stade Français – Brive, ambiance sympa et bon enfant malgré tout.

    Pour Roland Garros, oui Versailles serait le moins pire, mais la population bourgeoise risque d’être aussi réfractaire à des travaux que les habitants du 16e.

    Dans l’idéal, il nous faudrait une cite du sport autour du Stade de France, avec circuit de F1, stades de foot, rugby et tennis, parc d’attractions et hotel …

  10. avatar
    23 septembre 2016 a 12 h 01 min

    @Cullen,

    Pour le Stade de France, pas d’accord avec toi.

    Primo le montage financier du consortium Bouygues prévoyait la presence du PSG soit 19 matches de championnat a minima, allez 25 par an avec Coupes nationales et Coupe d’Europe.

    Secundo le nom Stade de France ne veut pas dire que le mandate de cette enceinte est juste d’accueillir les equipes de France de rugby et de football.

    In fine, il ne faut pas s’étonner si l’on a eu des OVNIs telles que la course des champions (où Kovalainen battit Schumacher), le trophée Andros ou du patinage à St Denis, là où on aurait du avoir uniquement foot rugby athlé et concerts musicaux.

    Mais il fallait bien combler le trou béant laissé par le gigantesque rateau du PSG qui resta au Stade de France.

    A la fois comme contribuable et comme amateur de foot, je trouve ça doublement navrant que le PSG soit resté au Parc des Princes.

    Même si le Parc a une ambiance plus adaptée au foot que le SdF, cela personne ne le niera.

    Et puisque j’évoque dans l’article les problèmes de dessert de Roland-Garros, c’est vrai aussi pour le SDF qui malgré 3 lignes (RER B et D, ligne 13) reste un entonnoir pour ceux qui viennent en transports en commun.

    • avatar
      23 septembre 2016 a 15 h 33 min
      Par Cullen

      En Grande-Bretagne, où le modèle économique est assez proche du notre, avec une très forte concentration démographique, politique et culturelle dans la capitale, la fédération anglaise de Football dispose de son propre stade, Wembley, la fédération anglaise de Rugby également, Twickenham, et ils ont même prévu un troisième grand stade juste pour les JO qu’a récupéré West Ham cette saison. Et pourtant à Londres, entre Arsenal, Chelsea et la quinzaine de clubs pros, les stades ne manquent vraiment pas. Alors si à Paris, où il n’y a qu’un seul vrai club pour 12 millions d’habitants, chose unique au monde, on n’est pas capable d’avoir une enceinte pour le PSG et une autre pour l’équipe nationale (Football et Rugby réunis, on a quand même pas la culture sportive des Anglais pour construire une arène dédiée uniquement au ballon ovale), c’est vraiment à pleurer.

      • avatar
        23 septembre 2016 a 17 h 02 min

        @Cullen,

        tu ne peux pas comparer Albion et l’Hexagone, diamétralement opposes sur le rapport au sport, tu le dis toimême puisque nos stades sont à la fois conçus pour football et rugby, chose impensable de l’autre côté de la Manche.

        Il nous a fallu un siècle pour avoir un stade de 80 000 places, et on n’est meme pas foutus de respecter le montage financier.

        C’est vraiment se foutre du contribuable, le pigeon n°1 du pays.

        Franchement, à part accueillir des concerts et le tournoi de foot des JO de 2024 si on bat Los Angeles, le Parc des Princes ne sert plus à rien à part de plan B si conflit entre calendrier des EDF de foot et de rugby (cf France Ecosse de foot durant le Mondial 2007 de rugby).

  11. avatar
    23 septembre 2016 a 12 h 02 min

    gigantesque rateau du PSG qui resta au “Stade de France” -> au Parc des Princes voulais-je écrire !

    Pardon pour ce lapsus qui montre bien l’absurdité de cette situation, 20 ans après …

  12. avatar
    24 septembre 2016 a 2 h 21 min
    Par Nicolas

    cessons de dépenser du fric pour pas grand chose et mettons tout pour l’environnement, en l’an 2222 les 3/4 des espèces animales seront mortes est ce que cela vous parle, alors Rolland garros c’est de la futilité

    • avatar
      28 septembre 2016 a 10 h 00 min
      Par Cullen

      Un commentaire plein de bon sens, pas du tout populiste en plus, qui vient s’ajouter à la longue liste de tes brillantes interventions. Merci encore pour ta contribution aux débats, sans toi je ne sais pas ce qu’on ferait…

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