Le tennis français, un bon élève jamais surdoué
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Le tennis français, un bon élève jamais surdoué

Cette semaine s'est déroulé le Masters 1000 d'Indian Wells. Que ce soit dans les tableaux masculin ou féminin, il n'y avait plus de français en lice depuis les huitièmes de finale. Comme trop souvent depuis quelques années, le tennis français présente des résultats en dents de scie. De grosses performances nous laissent espérer, puis de nombreux passages à vide viennent nous ramener à la réalité. Problème mental ? Génération pas à la hauteur ? Le tennis tricolore a de quoi nous faire tourner la tête.

Arrêtez les mecs de nous dire ‘on veut gagner un Grand Chelem’ : c’est pas possible ! Ils ne s’entraînent pas, ne font pas l’effort nécessaire”. Voilà ce qu’avait déclaré il y a quelques mois Henri Lecomte. Si ses propos avaient fait réagir, voire agacé, on peut peut-être y voir une part de vérité. Après une année 2017 pas vraiment brillante pour nos français, l’année 2018 ne semble guère meilleure. À l’Open d’Australie, il n’y avait plus aucun français en huitièmes de finale. Du côté féminin, seule Caroline Garcia a atteint ce stade. Depuis, nos tennismen et women font bonne figure mais dans des petits tournois. L’écart avec le très haut niveau est bien trop grand.

 

La régularité : clé du succès

Le tennis français a su nous faire vibrer. De bons parcours en Grand Chelem, un masters 1000 remporté par ci par là, et puis c’est tout… Les tricolores sont incapables de confirmer une bonne performance et finissent par sombrer dans les mauvais résultats. Ce manque de régularité semble le problème majeur. Dans une saison, il faut être capable de reproduire les belles performances pour viser les sommets. À de nombreuses reprises, on aurait pu se dire qu’on tenait enfin la perle rare.

Prenons l’exemple de Tsonga. Arrivé sur le circuit ATP en 2004, il atteint la finale de l’Australian Open 4 ans plus tard (défaite face à Novak Djokovic). On se met alors à rêver. Peut-il réaliser ce que Yannick Noah a réalisé en 1983 ? La réponse est non. Cette première finale en Grand Chelem est jusqu’à présent la seule de sa carrière. La suite est marquée par des titres, des demi-finales à Roland Garros et Wimbledon, une arrivée dans le Top 5. Mais il n’a pour l’instant jamais réussi à passer la vitesse supérieure pour côtoyer les plus grands.

D’autres auraient pu aussi être bien meilleurs. Monfils, considéré comme l’un des meilleurs défenseurs du circuit qui n’a jamais dépassé les demi-finales dans un Grand Chelem ; Richard Gasquet, qui battait en junior un certain Rafael Nadal mais qui n’a jamais vraiment confirmé sur le circuit professionnel. La liste est longue.

Du côté féminin, la dernière victoire en Grand Chelem date d’il y a un peu moins longtemps : c’était en 2013 avec la victoire de Marion Bartoli à Wimbledon. Depuis, plus rien à signaler. Mais à l’inverse des hommes, le tennis féminin peut s’appuyer sur une jeune génération. Mladenovic, Garcia, Dodin, ces joueuses n’ont pas encore 25 ans et ont déjà montré qu’elles pouvaient réaliser de gros coups. Même si la régularité semble là aussi un problème comme en a pu témoigner la série interminable de défaites de Mladenovic récemment. Quant à d’autres, elles semblent elles aussi avoir loupé le coche en simple. À l’image d’une Alizé Cornet qui aujourd’hui passe plus de temps à s’énerver sur son compagnon-coach qu’à gagner des matchs.

 

Le double et la coupe Davis pour se consoler

Si les performances en simple sont en demi-teinte, on peut néanmoins se réjouir des résultats en double. Chez les hommes, le duo Mahut-Herbert a remporté deux tournois du Grand Chelem et a occupé la première place mondiale pendant plusieurs semaines. Du coté des femmes, si elle a du mal en simple comme on vient de le mentionner, Mladenovic répond présente en double. Elle a en effet aussi remporté deux tournois du Grand Chelem en double et même en mixte. Le tennis français brille au moins dans un domaine et la victoire récente en coupe Davis ne peut que nous réjouir. Même si on attend toujours plus.

 

  1. avatar
    21 mars 2018 a 12 h 11 min

    “Du côté féminin, la dernière victoire en Grand Chelem date d’il y a un peu moins longtemps”
    C’est quand même un constat extrêmement sévère pour le tennis féminin français. On va quand même fêter le 35ème anniversaire de la victoire de Noah.
    Depuis 83 les françaises ont quand même raflé 5 GC dont un gagné par Mary Pierce en pleine période Graff/Seles, Mauresmo est la 19ème joueuse au nb de semaines en tant que numéro 1 et fini l’année 2004 n°2 mondiale (puis n°3 les deux années suivantes), la finale de 2005 des masters a même été franco-française.
    Enfin, tout n’est pas perdu pour Garcia et consorts d’autant que le tennis féminin n’a pas de leader assumé (Séréna commençant à vieillir et personne ne prend la relève). Il y aura encore de nombreux coups à jouer.
    Côté masculin, il ne reste vraiment que Pouille et pour le moment en GC ce n’est pas encore ça. Dans les trois prochaines années, il devrait y avoir de la place pour ce type de joueur afin de briller sur un GC avec le déclin de Fed/Nad/Djokoko

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