Les dynasties de la F1
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Les dynasties de la F1

Dans beaucoup de sports, des champions ont vu leurs frères, neveux ou fils leur succéder. Mais la Formule 1 est sans doute encore plus concernée par cette filiation.

Le football a connu beaucoup d’affaires de familles, en quantité pléthorique : les Allofs (Klaus et son frère Thomas), les Assis de Moreira (Roberto et son frère cadet Ronaldinho), les Ayew (Abedi Pelé et ses fils Jordan & André), les Blind (Danny et son fils Daley), les Boli (Roger et son frère cadet Basile), les Busquets (Carlos et son fils Sergio), les Cantona (Eric et son frère Joël), les Charlton (Jack et son frère cadet Bobby), les Cruyff (Johan et son fils Jordi), les De Boer (Frank et son frère jumeau Ronald), les Djorkaeff (Jean et son fils Youri), les Giresse (Alain et son fils Thibaut), les Gourcuff (Christian et son fils Yoann), les Gudjohnsens (Arnor et son fils Eidur), les Koeman (Ronald et son frère Erwin), les Laudrup (Michael le frère aîné et Brian son cadet), les Maldini (Cesare et son fils Paolo), les Neville (Gary et son frère cadet Phil), les Revelli (Hervé et son frère Patrick), les Rummenigge (Karl-Heinz et son frère cadet Michael), les Schmeichel (Peter et son fils Kasper), les Souza Vieira de Oliveira (Socrates et son frère cadet Rai), les Van der Kerkhof (René et son frère Willy). A noter que Dino et Roberto Baggio, coéquipiers à la Juventus et en sélection italienne au début des années 90, étaient des homonymes !

Le cyclisme également, avec les Bobet (Louison et son frère cadet Jean), les Coppi (Fausto et son frère cadet Serse), les Danguillaume (Camille et son neveu Jean-Pierre), les De Vlaeminck (Roger et son frère Eric), les Indurain (Miguel et son frère cadet Prudencio), les Jalabert (Laurent et son frère cadet Nicolas), les Madiot (Marc et son frère cadet Yvon), les Merckx (Eddy et son fils Axel), les Roche (Stephen et son fils Nicolas), les Schleck (Frank et son frère cadet Andy), les Zberg (Beat et son frère Markus). A noter que Bernard et Sébastien Hinault n’ont aucun lien de parenté, ce sont de parfaits homonymes ! Quant aux cyclistes espagnols José Maria Jimenez et Carlos Sastre, ils furent beaux-frères, la sœur du premier épousant le second.

Le tennis aussi, avec les McEnroe (John et son frère cadet Patrick), les Murray (Andy et son frère aîné Jamie), et les Williams (Venus et sa sœur cadette Serena).

D’autres familles ont traversé les sports, tels les Noah (Zacharie le père footballeur, Yannick le fils tennisman et Joakim le petit-fils basketteur), les Nadal (Miguel Angel l’oncle footballeur et Rafael le neveu tennisman), ou encore les Clijsters (Leo le père footballeur, Kim la fille tenniswoman).

Ascari (Antonio et son fils Alberto)

Décédé en 1925 à Monthléry, Antonio Ascari était un grand pilote italien d’avant-guerre, ami proche d’un certain Enzo Ferrari. Bien plus tard, quand le Commendatore s’engage en F1 en 1950, la figure de proue de la Scuderia est un certain Alberto Ascari, fils d’Antonio. Double champion du monde en 1952 et 1953, Alberto Ascari part chez Lancia en 1954, avant de mourir dans des circonstances étranges en mai 1955 à Monza, au même âge que son père (36 ans). Accidenté dans le port de Monaco quelques jours plus tôt, Ascari prend le volant du bolide d’Eugenio Castellotti, et ne survit pas à cette séance d’essais privés dans le temple de la vitesse.

Stuck (Hans et Hans-Joachim)

En 1925, Hans Stuck fait la connaissance d’Adolf Hitler lors d’une partie de chasse. En 1933, quand Hitler devient chancelier de l’Allemagne puis le Führer du Troisième Reich, Stuck est propulsé pilote de l’écurie Auto Union sous l’égide de Ferdinand Porsche. Stuck sera en 1936 vice-champion d’Europe derrière Bernd Rosemeyer. Son fils Hans-Joachim, né en 1951, disputera six saisons en F1 mais se fera surtout remarquer par de nombreuses victoires en endurance.

Fittipaldi (Emerson, son frère aîné Wilson et son neveu Christian)

Champion du monde en 1972, Emerson Fittipaldi quitte Lotus fin 1973 et gagne un deuxième titre mondial en 1974 chez McLaren. Puis le pilote brésilien fonde en 1976 l’écurie Copersucar avec son frère Wilson. Ce dernier sacrifie vite sa carrière à l’écurie qui terminera son existence sous le nom Fittipaldi en 1981. Au début des années 90, Christian Fittipaldi, fils de Wilson et neveu d’Emerson, reprend le flambeau mais sans grande réussite chez Minardi. Clairement, le prestige du nom Fittipaldi en F1 est lié à Emerson, également titré en 1989 et 1993 aux 500 Miles d’Indianapolis, dans une deuxième carrière outre Atlantique.

Brabham (Jack et son fils David)

Triple champion du monde en 1959, 1960 et 1966, l’Australien Jack Brabham fut le seul pilote constructeur à rafler la couronne mondiale avec son écurie, à l’inverse de Bruce McLaren (McLaren), Dan Gurney (Eagle), Emerson Fittipaldi (Copersucar) ou encore Jacques Villeneuve (BAR). Le fils de Jack, David, fut pilote en F1 mais avec la médiocre écurie Simtek, surtout connue pour le drame du 30 avril 1994 à Imola, qui coûta la vie au virage de Tosa à l’infortuné pilote autrichien Roland Ratzenberger, le rookie perdant son aileron avant à 300 km/h.

Andretti (Mario et son fils Michael)

En F1, on ne se bat pas que pour la gloire ou l’argent, on se bat aussi pour faire retentir l’hymne de son pays à l’autre bout du monde. Je voulais que Michael connaisse cette joie. Ainsi parlait Mario Andretti, champion du monde de F1 en 1978 avec Lotus, à propos de son fils Michael, licencié fin 1993 par Ron Dennis chez McLaren au profit de Mika Häkkinen, essayeur à Woking. Remplaçant Gerhard Berger dans l’écurie la plus prestigieuse de la décennie écoulée (championne du monde des constructeurs en 1984, 1985, 1988, 1989, 1990 et 1991 et vice-championne du monde en 1986, 1987 et 1992 à chaque fois derrière William ), Michael dut faire face à plusieurs problèmes : primo, aucun temps d’adaptation dans un top team, secundo, la faiblesse du V8 Ford client et tertio, un coéquipier au sommet de son art sur la MP4/8, le triple champion du monde Ayrton Senna. Malgré un podium en Italie derrière Damon Hill et Jean Alesi, le couperet tombe sur Michael Andretti qui retournera en championnat Indy en 1994, loin de la réussite de son père Mario, qui avait développé l’effet de sol en 1977 pour Colin Chapman, bénéficiant ainsi d’un contrat de pilote n°1 en 1978 face à Ronnie Peterson recruté sous l’influence du comte Zanon. Champion du monde en 1978, vainqueur de l’Indy 500, Mario Andretti rate de peu la triple couronne en 1995, terminant sur la deuxième marche du podium aux 24 Heures du Mans.

Hill (Graham et son fils Damon)

Champion du monde en 1962 avec BRM puis en 1968 avec Lotus, Graham Hill se tue en 1975 dans un accident d’avion aux retours d’essais du Castellet, alors qu’il tentait d’atterrir sur l’aéroport d’Elstree. A l’époque, Graham venait de raccrocher son casque noir reprenant les insignes du London Rowing Club, et tentait de lancer la carrière de l’espoir britannique Tony Brise via l’écurie Embassy Hill. Orphelin de son père, Graham va avoir une carrière similaire sur bien des aspects. Il sera le seul fils de champion du monde à gagner également le titre mondial, en 1996 chez Williams Renault, écurie dont il avait pris le leadership au printemps 1994 après le décès d’Ayrton Senna à Imola, tel son père Graham devant assumer le rôle de figure de proue de Lotus en 1968 après la mort de Jim Clark à Hockenheim. Comme Graham, Damon reprendra le casque noir aux marques blanches. Par contre, Damon échouera à l’emporter au Grand Prix de Monaco, chasse gardée de son père (cinq victoires entre 1963 et 1969, record battu par Ayrton Senna en 1993), lequel est également le seul champion du sport automobile à avoir réussi la Triple Couronne : titre mondial en F1, succès aux 24 Heures du Mans, victoire dans l’Indy 500.

Villeneuve (Gilles, son frère Jacques Sr et son fils Jacques Jr)

Légende de la course avec six victoires pour Ferrari entre 1978 et 1981, le Québécois Gilles Villeneuve se tue le 8 mai 1982. Il laisse deux orphelins, Jacques et Mélanie. Ami du pilote canadien qu’il remplacera au sein de la Scuderia dès 1982, Patrick Tambay sera le tuteur de Jacques, interné dans un collège suisse durant son adolescence. C’est là que le fils du Petit Prince rencontre un certain Craig Pollock, qui deviendra son manager jusqu’en Indy et en F1. En 1995, après sa victoire dans l’Indy 500, Jacques Villeneuve tient à clarifier les choses au sujet de son défunt père : C’est pour moi que je cours, pas pour honorer la mémoire de mon père. En mars 1996 à Melbourne, six mois après un essai concluant le 16 août 1995 à Silverstone, Jacques Villeneuve débute en F1 chez Williams Renault, aux côtés d’un autre fils de champion. Après une pole position et une deuxième place pour son baptême du feu, le rookie déclenche l’euphorie de la presse québécoise, fière de la relève canadienne quinze ans après l’ultime victoire de Gilles en juin 1981 à Jarama. Au Nürburgring pour le Grand Prix d’Europe, Jacques ouvre son compteur devant son futur rival Michael Schumacher, contre qui il gagne la couronne en 1997, après avoir été le dauphin de Damon Hill en 1996. C’est également dans l’Eifel que Jacques remporte sa onzième et dernière course en F1 en septembre 1997 pour le Grand Prix du Luxembourg. Se lançant dès 1999 dans l’aventure BAR avec Craig Pollock, Villeneuve va tomber de Charybde en Scylla jusqu’en 2006 où il finit piteusement limogé par BMW Sauber au profit de Robert Kubica. Malgré son franc-parler et son titre mondial, Jacques n’arrive pas à la cheville de son père Gilles dans la légende de la F1, la mémoire collective préférant retenir les exploits du père que le sacre du fils. En 2004 au Festival of Speed de Goodwood, Jacques rend exceptionnellement hommage à son père, portant son célèbre casque rouge et noir dans le cockpit d’une Ferrari 312 T3 de 1978, bolide écarlate avec lequel Gilles avait triomphé sur l’Ile Notre-Dame de Montréal, pour son premier succès parmi l’élite des pilotes.

Schumacher (Michael et son frère cadet Ralf)

Légende de la F1, Michael Schumacher débute sa carrière en 1991 et devient le grand espoir pour succéder à la génération hégémonique des Prost, Senna, Mansell et autres Piquet. Champion du monde en 1994 et 1995 avec Benetton, le Kaiser relève le défi Ferrari en 1996 dans une F1 orpheline de l’archange Senna. En 1997, Michael est rejoint par son frère cadet dans le paddock, Ralf débutant chez Jordan tel Michael en 1991. Comme Michael, Ralf a remporté le Grand Prix de Macao de F3 avant d’accéder au saint des saints. Entre 2000 et 2004, alors que Michael gagne cinq titres mondiaux avec la Scuderia Ferrari, imposant violemment sa férule au reste du plateau, Ralf se fait un prénom avec six victoires chez Williams BMW, écurie où il sera cependant dominé par le pistolero colombien Juan Pablo Montoya. Fin 2007, Ralf quitte la F1 un an après son frère qui revient cependant entre 2010 et 2012  relever le défi Mercedes. Au final, l’aîné a un palmarès colossal (7 titres mondiaux, 91 victoires) et un statut de légende de la Formule 1, là où le cadet s’est contenté de sortir de l’ombre immense de Michael par intermittence  (6 victoires et deux fois 4e au championnat du monde, en 2001 et 2002). Le mot de la fin revient cependant à Mika Häkkinen, 3e sur le circuit Gilles Villeneuve en 2001, dans un Grand Prix du Canada remporté par Ralf et Michael : Heureusement qu’ils ne sont pas trois !

Rosberg (Keke et son fils Nico)

Champion du monde en 1982 avec Williams Cosworth, Keke Rosberg légitime son titre entre 1983 et 1985, par plusieurs actes de bravoure : victoire sous la pluie en1983 à Monaco, succès en 1984 sous la canicule à Dallas, pole position fabuleuse en 1985 à Silverstone (à 258 km/h de moyenne). 1985 marque le chant du cygne de Keke Rosberg, devenu père au mois de juin d’un petit Nico, qui prendra le passeport allemand de sa mère et non la nationalité de son Finlandais Volant de père. S’il a surpassé le nombre de victoires de Keke (14 contre 5 fin 2015), Nico n’a pas encore réussi à obtenir son Graal, la couronne mondiale qu’il a par deux fois laissé à son coéquipier chez Mercedes, Lewis Hamilton.

Winkelhock (Manfred, Joachim et Markus)

En 2007 au Grand Prix d’Europe sur le circuit du Nürburgring, Markus Winkelhock tente le coup de poker des partir des stands en pneus pluie, anticipant l’averse qui va gorger d’eau le circuit de l’Eifel. La course est interrompue, et le néophyte allemand part en pole position au deuxième départ, se faisant assez vite déborder par le reste de la meute. Ce sera le seul coup d’éclat de Markus en F1, pour sa première et dernière course parmi l’élite du sport automobile, faute de pouvoir financer son volant chez Spyker (héritière de Jordan). Fils de Manfred, Markus avait vu son père mourir en 1985 aux 1000 kilomètres de Mosport, trois semaines avant Stefan Bellof à Spa Francorchamps. Frère cadet de Manfred, Joachim Winkelhock essuiera pas moins de 7 non qualifications chez AGS en 1989, après avoir été sacré champion en 1988 en F3 allemande. En 1999, Joachim sera lauréat avec BMW des 24 Heures du Mans, avec Yannick Dalmas et Pierluigi Martini.

Piquet (Nelson et son fils Nelsinho)

Fils d’un ministre, Nelson Soutomayor prendra le nom de sa mère (Piquet) pour courir en F1, après avoir appris le tennis dans une académie en Floride. Champion du monde en 1981, 1983 et 1987, Nelson Piquet eut quatre enfants de quatre femmes. Parmi eux, le troisième, Nelsinho Jr, né en 1985 dans la ville allemande d’Heidelberg. Dauphin de Lewis Hamilton en GP2 en 2006, Nelsinho accède en 2008 à la catégorie reine, comme coéquipier de Fernando Alonso chez Renault. L’Espagnol est revenu dans son cocon du Losange après une explosive cohabitation avec Hamilton en 2007 chez McLaren Mercedes, et Nelsinho participe contre son gré au fameux Crash Gate de Singapour en septembre 2008, sur ordre de Flavio Briatore et Pat Symonds. Remercié durant l’été 2009 par Briatore (comme son père fin 1991 chez Benetton, laminé par un certain Michael Schumacher alors novice), Nelsinho voit son cockpit repris par Romain Grosjean, un an après avoir frôlé la victoire au Grand Prix d’Allemagne 2008, derrière Lewis Hamilton.

Nakajima (Satoru et son fils Kazuki)

En 1987, quand Honda équipe Lotus, un pilote japonais de 32 ans devient l’obscur coéquipier d’Ayrton Senna : Satoru Nakajima. Laminé par le prodige de Sao Paulo, le Nippon devient ensuite l’équipier de Nelson Piquet. Bien plus tard en 2008, son fils Kazuki Nakajima devient le coéquipier de Nico Rosberg chez Williams, sans doute grâce à l’influence du motoriste Toyota. Largement dominé par l’Allemand, le fils de Satoru ne fera pas mieux qu’une sixième place début 2008 en Australie.

Senna (Ayrton et son neveu Bruno)

On ne présente plus Ayrton Senna, alias Magic, surdoué du volant, capable de tous les exploits sous son casque jaune aussi universel et reconnaissable que le heaume noir de Dark Vador : pluie, pole position, trafic, dépassements, virtuosité à Monaco et remontées dans le peloton, Ayrton était un héros quelles que soient les circonstances de course. Mystique et écorché vif, renforcé dans son caractère de légende de la course par son décès précoce à 34 ans un funeste 1er mai 1994 à Imola et légitimé comme candidat au titre de G.O.A.T. par son duel d’anthologie avec Alain Prost, Senna était un pilote plein de panache, tels d’autres grands as du passé, Tazio Nuvolari, Jim Clark, Jochen Rindt, Ronnie Peterson ou encore Gilles Villeneuve. Tel Alberto Ascari ou Jim Clark, le triple champion du monde brésilien faisait souvent cavalier seul à partir de la pole position, et fonda durant l’hiver 1993-1994 la fondation Senna avec sa sœur aînée Viviane, avant que le destin ne le fauche pour son troisième Grand Prix chez Williams Renault, lui qui était devenu la clé de voûte de l’écurie McLaren (1988-1993). N’ayant pu affronter Michael Schumacher pour un combat des chefs, Senna laissa la F1 orpheline. Le magicien monté trop tôt au panthéon céleste des pilotes avait cependant un neveu, Bruno, fils de Viviane. Ce dernier débute en F1 en 2010 dans la médiocre écurie espagnole HRT, avant de devenir pilote essayeur chez Lotus Renault en 2011, remplaçant comme titulaire le vétéran allemand Nick Heidfeld après la trêve estivale. Ensuite titulaire chez Williams en 2012, Bruno n’a jamais remporté le moindre succès en F1, et encore moins fait oublier l’exceptionnel champion qu’Ayrton, à la fois charismatique et dominateur.

Magnussen (Jan et son fils Kevin)

En octobre 1995, alors que Mika Häkkinen est victime d’une crise d’appendicite, le Danois Jan Magnussen le remplace chez McLaren pour le Grand Prix du Pacifique à Aïda. En 1997, Magnussen se retrouve pilote titulaire chez Stewart Ford aux côtés de Rubens Barrichello. Présenté comme un prodige après son titre de champion de F3 britannique en 1994, le Scandinave va vite voir son étoile pâlir dans le ciel de la F1, jungle impitoyable, tel un processus de sélection naturelle digne de Charles Darwin. C’est ainsi qu’après le Grand Prix du Canada, Magnussen est remplacé par Jos Verstappen au sein de l’écurie écossaise. En 2014, son fils Kevin remplace Sergio Perez chez McLaren Mercedes aux côtés de Jenson Button, mais après des débuts euphoriques (3e de son premier Grand Prix à Melbourne), le jeune pilote va déchanter faute d’une flèche d’argent suffisamment véloce, et se voit remplacé par Fernando Alonso en 2015, saison où Honda remplace Mercedes comme motoriste de l’écurie de Woking.

Bianchi (Lucien, son frère Mauro et son petit-neveu Jules)

Mort en 1969 aux 24 Heures du Mans, Lucien Bianchi a été rejoint dans sa destinée tragique par son petit-neveu Jules, plongé dans le coma en 2014 après un terrible accident à Suzuka. En juillet 2015, le jeune pilote niçois, qui avait fait la démonstration de son talent chez Marussia lors du Grand Prix de Monaco 2014, décède des suites de ses blessures, succédant à Ayrton Senna sur la nécrologie de la F1. Quant à Mauro, frère de Lucien, il avait interrompu sa carrière sportive après la mort de Lucien en 1969. La famille Bianchi, originaire de Milan, a vu Lucien et Mauro courir sous licence belge bien qu’italiens de naissance, tandis que Jules était français.

Verstappen (Jos et son fils Max)

Champion d’Allemagne de F3 en 1993, le Néerlandais Jos Verstappen devient pilote titulaire de Benetton en 1994, en remplacement du Finlandais J.J. Lehto. Célèbre pour l’incendie de sa monoplace à Hockenheim durant l’été 1994, Jos accède par deux fois au podium après sa frayeur en Allemagne, d’abord à Budapest puis à Spa Francorchamps (sur tapis vert  cependant). Remplacé par Johnny Herbert avant la fin de la saison 1994, Verstappen alterne ensuite les expériences dans des écuries de moindre compétitivité, de Simtek à Minardi en passant par Footwork, Tyrrell, Stewart ou Arrows. En 2014, le paddock de la F1 frémit à l’idée d’une rumeur qui deviendra réalité en 2015 : à seulement 17 ans, Max Verstappen est comparé à Ayrton Senna par le docteur Helmut Marko, responsable de la fameuse filière Red Bull qui a révélé Sebastien  Vettel et Daniel Ricciardo. Le jeune Hollandais, qui court cependant sous licence belge, n’a même pas encore son permis de conduire qu’il débute en catégorie reine via le team satellite de Red Bull, la Scuderia Toro Rosso, usine à champions utilisée par le vaisseau amiral autrichien pour former les jeunes pilotes, soit pour les promouvoir (Vettel, Ricciardo, Kvyat), soit pour les renvoyer (Buemi, Alguersuari, Vergne). A l’exception d’une erreur au Grand Prix de Monaco, la première saison de Max Verstappen confirme tous les espoirs placés en lui par Red Bull. Entre temps, la FIA a interdit à des pilotes mineurs, lui qui pourrait exploser tous les records de précocité de Baby Schumi, alias Sebastian Vettel, si jamais il poursuit sur sa lancée (Max en possède déjà deux, plus jeune pilote à prendre le départ d’un Grand Prix de F1 à Melbourne en mars 2015, et plus jeune à marquer des points à Sepang également en mars 2015, à 17 ans et 6 mois à chaque fois). En tout cas, comme le footballeur italien Paolo Maldini vis-à-vis de son père Cesare, Max s’est vite fait un prénom. En un an, ce n’est plus Max qui est le fils de Jos, c’est Jos qui est le père de Max aux yeux de tous !

Au final, bien peu de fils, de neveux ou de frères cadets ont fait mieux que leurs aînés. Pour Bruno Senna et Ralf Schumacher, c’était presque mission impossible face aux légendes Ayrton Senna et Michael Schumacher. Idem pour Jacques Villeneuve qui ne fera jamais oublier son père Gilles, malgré le titre acquis en 1997 avec Williams Renault.

D’autres ont purement et simplement échoué, Christian Fittipaldi, Michael Andretti, Nelsinho Piquet ou David Brabham.

Il reste encore du temps à Nico Rosberg pour égaler son père Keke avec un titre mondial, tel Damon Hill qui rejoignit son géniteur Graham dans la galaxie des champions du monde de F1. Quant au phénomène Max Verstappen, il ne lui sera guère difficile de faire mieux que son père Jos.

Un seul pilote a fait mieux que son père, aidé cependant par la création du championnat du monde de F1 en 1950 : Alberto Ascari, deux fois titré en 1952 et 1953, sans doute le meilleur pilote italien de tous les temps avec Tazio Nuvolari, qui reprit le flambeau derrière Antonio Ascari, père du futur double champion du monde.

Mais c’est aussi vrai en football, avec Paolo Maldini comme exception qui confirme la règle…

  1. avatar
    16 décembre 2015 a 14 h 16 min

    Clairement, Max Verstappen aura moins de pression qu’un Ralf Schumacher, un Damon Hill, un Jacques Villeneuve, ou un Bruno Senna, frères, fils ou neveu de legends de la F1.

    En 2015, le jeune rookie hollandaise a crevé l’écran. exception faite de son erreur à Monaco. Si tout va bien, on tient un champion du monde en puissance.

    • avatar
      17 décembre 2015 a 17 h 58 min
      Par Guga57

      Et les Prost ???

      • avatar
        18 décembre 2015 a 16 h 41 min

        Salut Guga,

        Lol il faut que les deux pilotes aient été en F1 ou équivalent d’avant-guerre (cf Antonio Ascari et Hans Stuck père). On peut mentionner sinon Adrien Tambay, les frères Oscar & Juan Galvez (rivaux de Fangio en Argentine dans les carreteras des années 40) ou encore Henry Surtees, fils de John tragiquement mort en F2 à Brands Hatch à seulement 18 ans au mois de juillet 2009.

  2. avatar
    16 décembre 2015 a 19 h 30 min

    On aurait (presque) pu citer Alain Prost et son fils Nicolas qui est en Formule E, a fait quelques essais en F1, et a participé aux 24h du Mans (deux 4es places).

  3. avatar
    17 décembre 2015 a 16 h 11 min

    Salut Fabrice,

    Oui Nicolas Prost fait de la compétition automobile bien vu, mais la Formule E et les 24 Heures du Mans ne sont pas la F1.

    On peut aussi citer le lien de parenté entre François Cevert et Jean-Pierre Beltoise, qui étaient beaux-frères et tous les deux vainqueurs en F1 (Watkins Glen 1971 pour Cevert, Monaco 1972 pour Beltoise).

    On verra si Mick Schumacher, le fils de Michael, qui fait ses gammes en karting, succédera à son Kaiser de père. La pression serait colossale !

    Un mot sur les critiques de Marchionne envers Alonso, quell manqué de respect envers la devotion du pilote espagnol, défendu ensuite par Luca Cordero Di Montezemolo, qui a bien compris le poids des échecs d’Abu Dhabi 2010 et Interlagos 2012 dans la lassitude de l’as d’Oviedo, ensuite laminé par Red Bull en 2013 et par Mercedes en 2014 avec la Scuderia

    Quant à Jenson Button, il fait bien de défendre le calendrier, car clairement à 21 courses cela va devenir difficile pour mécanos et ingénieurs d’avoir une vie de famille, surtout avec tant de courses hors d’Europe …

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