Les hommes politiques français sur le Tour de France (1960-2015)
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Les hommes politiques français sur le Tour de France (1960-2015)

De tous temps, les hommes politiques ont voulu se rapprocher du peuple par une communication adéquate. Quoi de mieux qu’une visite sur une épreuve aussi populaire que le Tour de France ?

Sept présidents de la République entre 1958 et 2015 (sans compter les deux intérims d’Alain Poher, Président du Sénat, en 1969 à la démission du général de Gaulle après le non au référendum sur la réforme du Sénat puis en 1974 après le décès de Georges Pompidou, victime de la maladie de Waldenström), onze visites sur le Tour de France, l’exception étant Georges Pompidou qui ne vint jamais sur la Grande Boucle, préférant en 1972 les 24 Heures du Mans, tandis que Nicolas Sarkozy grand fan de cyclisme est venu trois fois durant son quinquennat, contre quatre pour son successeur à l’Elysée, François Hollande, pour qui la visite estivale est devenu un véritable rituel.

On remarquera que les derniers déplacements présidentiels (depuis Jacques Chirac en 1998) se sont déroulés, de façon quasi systématique, pour des étapes médiatisées, soit le week-end, soit en montagne, soit en cumulant les deux. Difficile de ne pas y voir l’influence des sherpas élyséens, afin que le baromètre politique soit favorable au chef de l’Etat au sondage suivant sa visite sur la Grande Boucle. De plus, chaque visite a une symbolique politique, électorale ou historique, permettant aux Présidents modernes de faire d’une pierre deux coups, en exploitant leur déplacement en province …

Pour le chef de l’Etat, l’été est synonyme de défilé du 14 juillet, avec la garden-party et l’interview qui suivent traditionnellement en ce jour de fête nationale, quelques semaines avant que le Président n’aille passer quelques jours dans sa résidence officielle d’été, le Fort de Brégançon, situé dans le Var à Bormes-les-Mimosas (exception de Nicolas Sarkozy, qui passait ses vacances également dans le département du Var, dans la propriété de son épouse Carla située au Cap Nègre).

 

1960 (samedi 16 juillet), Charles de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises

Etape : 20e étape, Besançon – Troyes, 229 kilomètres, vainqueur d’étape Pierre Beuffeuil (équipe Centre Midi), maillot jaune Gastone Nencini (équipe d’Italie)

Contexte Politique et Historique : c’est la deuxième année de mandat du général de Gaulle, élu Président en décembre 1958 suite à l’adoption de la Nouvelle Constitution de la Ve République, œuvre de Michel Debré, nommé Premier Ministre. En 1960, la guerre d’Algérie se poursuit ainsi que le mouvement de décolonisation s’intensifie en Afrique noire avec l’indépendance du Cameroun le 1er janvier (suivi le 4 avril par le Sénégal, le 27 avril par le Togo, le 1er août par le Bénin, le 3 août par le Niger, le 5 août par la Haute-Volta, l’actuel Burkina Faso, le 7 août par la Côte d’Ivoire, le 11 août par le Tchad, le 13 août par la République de Centrafrique, le 22 septembre par le Mali, le 28 novembre par la Mauritanie), jour où le nouveau franc entre en vigueur. Le Service d’Action Civique est créé le 4 janvier, et le premier essai nucléaire français a lieu le 13 février à Hamoudia dans le désert algérien. Le 11 mai, le paquebot France est mis à flot à Saint-Nazaire. Un décret du 9 juillet autorise les péages sur les autoroutes françaises. Le 4 novembre, Charles de Gaulle annonce un référendum pour janvier 1961, sur l’auto-détermination de l’Algérie. Un mois plus tard, le général de Gaulle se rend en Algérie, le 9 décembre, voyage marqué par des émeutes sanglantes causant la mort de 127 personnes.

Contexte Sportif : Roger Rivière s’étant brisé la colonne vertébrale dans les Cévennes, le maillot jaune ne peut plus échapper à Gastone Nencini, vainqueur du Giro en 1957. Dans cette édition 1960 orpheline de Jacques Anquetil, les Français ratent le coche pour la troisième année consécutive. L’échappée de Lorient scelle le destin de ce Tour de France 1960, avec Gastone Nencini et Roger Rivière propulsés en favoris de cette Grande Boucle. La chute du Stéphanois dans la descente du col du Perjuret précipite sa fin de carrière tout autant que la future émergence de Jacques Anquetil, qui parviendra à son climax au début des années 60.

Visite du président : c’est plus un arrêt du peloton à Colombey-les-Deux-Eglises qu’une visite de Charles de Gaulle à l’arrivée à Troyes. Accompagné de son épouse Yvonne, le chef de l’Etat reçoit l’hommage de Jacques Goddet : Monsieur le Président, le Tour vous salue. Le chef de l’Etat serre la main du maillot jaune, Gastone Nencini, et du champion de France, Henry Anglade. Tandis que certains coureurs ont profité de cet arrêt pour vider leurs vessies dans Colombey, l’attardé Pierre Beuffeuil profite de cette halte du peloton pour prendre la tête de l’étape, avant de gagner à Troyes !

 

1975 (dimanche 20 juillet), Valéry Giscard d’Estaing sur les Champs-Elysées à Paris

Etape : 20e étape, Besançon – Paris – Champs-Elysées, 229 kilomètres, vainqueur d’étape Walter Godefroot (Carpenter – Confortluxe – Flandria), maillot jaune Bernard Thévenet (Peugeot)

Contexte Politique et Historique : le 17 janvier 1975 marque le vote de la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse, réforme majeure du septennat de Valéry Giscard d’Estaing, qui aborde la deuxième année de son mandat en mai 1975. Le 12 avril, le Président inaugure l’aéroport de Lyon Satolas. Le 8 mai, VGE annonce dans le cadre du rapprochement franco-allemand, pilier de la construction européenne (menée avec le chancelier Helmut Schmidt), son intention de concentrer tous les hommages militaires sur le seul jour férié du 11 novembre. L’affaire d’Aléria lance le nationalisme corse le 21 août 1975, alors que la carte orange fait son apparition le 1er juillet. Le Pont de Saint-Nazaire est inauguré le 18 octobre, un mois après un plan de relance du PIB annoncé par le Premier Ministre Jacques Chirac, à hauteur de 54 milliards de francs (3.7 % du PIB). En novembre au château de Rambouillet, VGE est l’hôte du sommet du G6 avec les Etats-Unis (représentés par le Président Gerald Ford), la RFA (représentée par le chancelier Helmut Schmid), la Grande-Bretagne (représentée par le Premier Ministre Harold Wilson), l’Italie (représentée par le Président du Conseil Aldo Moro) et le Japon (représenté par le Premier Ministre Takeo Miki). Le Canada, intégré dès 1976, permettra au groupe de s’appeler G7. En ce même mois de novembre 1975, deux ans après le choc pétrolier d’octobre 1973, le chômage atteint le seuil du million de demandeurs d’emplois, sonnant le tocsin pour l’économie français tout autant que le crépuscule de cette période d’après-guerre désormais appelée avec nostalgie les Trente Glorieuses, tandis que le chef de l’Etat fait scandale le 31 décembre lors de son allocution télévisée : le président Giscard d’Estaing y évoque en effet la France comme une puissance moyenne, ce qui fait scandale car il rompt avec le mythe gaullien symbolisé par la fameuse formule : La France n’est réellement elle-même qu’au premier rang (De Gaulle, Mémoires, tome1). En ce même 31 décembre 1975, le statut de la ville de Paris est réformée et la capitale aura un maire, Jacques Chirac, qui démissionnera de Matignon et partira à la conquête de l’Hôtel de Ville en 1977, face au candidat de l’Elysée, Michel d’Ornano.

Contexte Sportif : l’usure du pouvoir atteint enfin le Cannibale, qui passe de la Capitole à la Roche Tarpéienne à Pra-Loup, deux jours après le fameux épisode du coup de poing reçu par le champion belge au Puy-de-Dôme, dont il est difficile de quantifier l’impact sportif sur la défaite à venir d’Eddy Merckx. Bernard Thévenet plante une banderille au quintuple maillot jaune à Pra-Loup, lui portant l’estocade le lendemain dans le col de l’Izoard, gagnant avec autorité à Serre Chevalier ceint du maillot jaune. La sixième victoire du champion belge restera utopique, et Merckx partage le record avec son glorieux aîné, le Normand Jacques Anquetil, premier quintuple maillot jaune du Tour de France. Parvenu à l’apogée de sa carrière, Thévenet vit une véritable apothéose sur les Champs-Elysées. Le coureur bourguignon est le premier maillot jaune couronné sur la plus belle avenue du monde, et cerise sur le gâteau, il est le bourreau de l’homme qui appose si violemment son sceau au cyclisme depuis 1968, l’homme qui a surpassé Bartali, Coppi, Bobet, Anquetil et Van Looy dans la mémoire collective : Eddy Merckx, qui a atteint la quadrature du cercle en 1974 avec son Grand Chelem du vélo, le triplé Giro / Tour / Mondial que seul Stephen Roche égalera en 1987. L’ogre Eddy Merckx vit dans ce Tour de France 1975 son chant du cygne, loin de son zénith de 1971-1972, malgré une ultime fulgurance au printemps 1976, via une 7e et ultime victoire dans sa course fétiche, Milan – San Remo, dix ans après sa révélation sur la Via Roma. Le déclin a enfin frappé à la porte d’Eddy Merckx, mais le Bruxellois fait un superbe dauphin pour Bernard Thévenet.

Visite du Président : le contexte est particulier, car tout débute en fait dès 1974 à Chantilly, aux grandes écuries. Elu Président quelques mois plus tôt face à François Mitterrand grâce au soutien de Jacques Chirac (qui a entraîné 43 députés UDR derrière lui, causant la perte de Jacques Chaban-Delmas), Giscard d’Estaing est là à titre privé pour sa fille Jacinthe concourir. Discutant avec le journaliste Yves Mourousi présent dans les gradins de Chantilly, le président de la République retient l’idée de son interlocuteur, créer une manifestation populaire sur les Champs-Elysées. Ce sera le Tour de France cycliste (Jacques Goddet n’avait pas reçu l’autorisation en 1947), qui orphelin du Parc des Princes reconstruit arrivait depuis 1968 à la Cipale, le vélodrome de Vincennes. C’est le ministre de l’intérieur lui-même, Michel Poniatowski, qui avait donné le départ de la dernière étape parisienne et répartit pas moins de 6500 policiers le long du parcours. A l’arrivée, VGE fait enfiler à Bernard Thévenet son maillot jaune, celui qui lui permet de détrôner Eddy Merckx, son dauphin ceint du maillot irisé de champion du monde, titre acquis en 1974 à Montréal.

 

1985 (mercredi 10 juillet), François Mitterrand dans la côte de Monteau

Etape : 12e étape, Morzine – Lans-en-Vercors, 269 kilomètres, vainqueur d’étape Fabio Parra (Varta – Café de Colombia – Mavic), maillot jaune Bernard Hinault (La Vie Claire – Wonder Radar)

Contexte Politique et Historique : le 25 janvier, le général Audran est assassiné par le groupe terroriste Action Directe. Ministre de l’Agriculture, Michel Rocard démissionne le 4 avril suite à l’introduction de la proportionnelle aux élections législatives, qui permettra à 35 députés du Front National de siéger à l’Assemble Nationale en mars 1986. La Géode est inaugurée le 6 mai sur le site de la Cité des Sciences et de l’Industrie. Le 14 juin, la France signe avec la RFA et les trois pays du Benelux les accords de Schengen pour la libre circulation des citoyens dans l’espace Schengen comprenant les cinq pays (accord déjà en vigueur entre la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas), marquant une nouvelle étape dans la construction européenne avant l’adhésion de l’Espagne et du Portugal à la C.E.E., prévue le 1er janvier 1986 après un traité ratifié le 12 juin 1985, après plus de six années de négociations pour ces pays devenus démocratiques, loin de la dictature de Franco et de Salazar. Le 10 juillet, jour de l’étape Morzine – Lans-en-Vercors à laquelle assiste François Mitterrand, la DGSE cause le naufrage du vaisseau amiral de Greenpeace, le Rainbow Warrior. Greenpeace protestait contre la reprise des essais nucléaires par l’Hexagone, près de l’atoll de Mururoa en Polynésie française. Une mort (celle du photographe Fernando Pereira) sera causée par cette opération des services secrets français en baie d’Auckland. Le 20 septembre, le Ministre de la Défense Charles Hernu et le responsable de la DGSE, l’amiral Pierre Lacoste, démissionnent suite au scandale du Rainbow Warrior. Le 31 juillet, le gouvernement de Laurent Fabius avait autorisé la création de deux nouvelles chaînes de télévision. Le 24 novembre, le chômage dépasse le taux de 9 % de la population active, tandis que l’humoriste Coluche lance les Restos du Cœur le 21 décembre, six mois avant son décès en moto à Opio, le 19 juin 1986.

Contexte Sportif : Bernard Hinault est favori d’un Tour de France orphelin du double maillot jaune sortant Laurent Fignon. Débarrassé de son rival, le Breton réalise un deuxième doublé Giro – Tour facilité par un pacte de non-agression avec les Colombiens (Luis Herrera, Fabio Parra) en montagne et la présence de Greg LeMond comme joker de luxe dans l’équipe La Vie Claire du Blaireau. Muselé par Bernard Tapie et Paul Koechli, l’Américain ne pourra exploiter la relative faiblesse du champion d’Yffiniac dans l’étape de Luz Ardiden, quelques jours après sa terrible chute sur le cours Fauriel de Saint-Etienne. Vainqueur du chrono du Lac de Vassivière, LeMond s’annonce cependant comme l’homme à battre en 1986, où Hinault jouera le rôle de capitaine de route. Nourri au nectar et à l’ambroisie, revigoré par l’entraînement scientifique de Paul Koechli et le projet de pédale automatique Look de Bernard Tapie, le champion Hinault 2.0 a vaincu le signe indien, deux ans après sa blessure au genou aggravée par une lutte au couteau sur la Vuelta 1983. Avec cette cinquième victoire sur la Grande Boucle, le Breton rejoint Anquetil et Merckx, autres mythes de la petite reine, dans le gotha.

Visite du Président : en ce 10 juillet 1985, un hélicoptère vient déposer le président de la République, François Mitterrand, qui prend les champions cyclistes en photo en compagnie de son chef de cabinet de l’époque, Jean Glavany et de Félix Lévitan dont le chef de l’Etat est l’invité. C’est donc au sommet de la côte de Monteau (là où Raymond Poulidor avait attaqué pour gagner le Critérium du Dauphiné Libéré en 1966) que François Mitterrand, en costume sable ce 10 juillet 1985, se positionne pour photographier à 15h27 le passage du peloton sans démagogie aucune de la part du premier personnage de l’Etat, même si le choix du Vercors est lié à la haute importance de ce massif dans l’Histoire de la Résistance. Les contacts étaient établis depuis longtemps, raconta Félix Lévitan. Le Président souhaitait assister à un moment du Tour, mais il y eut beaucoup de contrordres, car il désirait dans le même temps effectuer un pèlerinage dans le Vercors, en compagnie de Richard Marrillier, qui joua un rôle important dans la Résistance. Et ce n’est, en définitive, qu’hier soir, que sa visite nous fut confirmée par téléphone.  L’aréopage des journalistes suiveurs du cyclisme se souviennent de l’érudition de l’ancien avocat Mitterrand, qui discutaient après les critériums dans la salle du Vieux-Morvan à Château-Chinon. Le Vieux Morvan est un lieu important dans la vie et la carrière du quatrième Président de la Ve République. En 1944 alors qu’il dirige son réseau de résistance en Bourgogne sous le nom de code « François Morland », il rencontre sa future épouse Danielle Gouze, résistante dans son réseau âgée de 17 ans et habitante de Cluny. Ils se réfugient à l’Hôtel Au Vieux Morvan de Château-Chinon, puis se marient à la libération en 1944. À partir de 1946, Mitterrand entreprend le rituel symbolique de l’ascension de la roche de Solutré près de Mâcon en mémoire de ses années de résistance en Bourgogne. Sans domicile à Château-Chinon, Mitterrand loue lors des nombreux séjours dans la Nièvre de sa vie, la chambre 15 de son passé de résistant de l’Hôtel Au Vieux Morvan, où il passe entre autres toutes ses soirées électorales, dont celle de son élection à la présidence française de 1981. C’est au Vieux Morvan que le candidat nouvellement élu avait donc parlé cyclisme tant de fois, lui qui avait connu le Vélodrome d’Hiver jadis. C’est la chaleur humaine du cyclisme que le Président est venu chercher en ce 10 juillet 1985 : Cette ferveur qui m’entoure, je la connais, car à 12 ou 13 ans, j’allais dans le nord de la France, dans les Flandres même, assister à des arrivées d’étape. J’ai vu gagner Leducq et Francis Pélissier, vous voyez que tout cela remonte à loin.

 

1998 (samedi 18 juillet), Jacques Chirac à Corrèze

Etape : 7e étape, Meyrignac l’Eglise – Corrèze (CLM individuel), 58 kilomètres, vainqueur d’étape Jan Ullrich (Deutsche Telekom), maillot jaune au départ de l’étape Stuart O’Grady (Gan), maillot jaune en fin d’étape Jan Ullrich (Deutsche Telekom)

Contexte Politique et Historique : Jacques Chirac entame en mai 1998 la quatrième année de son septennat, la deuxième en cohabitation avec la gauche plurielle (PS, PCF, Verts) qui compose le gouvernement de Lionel Jospin suite aux élections législatives anticipées du printemps 1997. Le 6 février 1998, le préfet de Corse, Claude Erignac, est assassiné dans Ajaccio. Le 10 février 1998, le projet de loi sur les 35 heures, nouvelle durée du temps de travail, est adopté.  En mars, les élections régionales voient l’alliance de cinq présidents de droite nouvellement élus, avec le Front National : Jean-Pierre Soisson (UDF) en Bourgogne, Jacques Blanc en Languedoc Roussillon, Charles Baur en Picardie et Charles Millon en Rhône-Alpes.  Le 6 juillet, le Congrès réuni à Versailles adopte les accords de Nouméa, qui offrent plus d’autonomie à la Nouvelle-Calédonie. Le 12 juillet, l’équipe de France remporte la Coupe du Monde de football, en battant le Brésil 3-0 en finale à Saint-Denis, au Stade de France. Octobre marque le débat sur le PACS (pacte civil de solidarité). Le 14 octobre, la ligne 14 du métro de Paris est inaugurée entre Madeleine et Bibliothèque François-Mitterrand, avant ses prolongements vers la Gare Saint-Lazare (2000) au nord, puis Olympiades (2007) au sud.

Contexte Sportif : favori suprême du Tour de France 1998 et tenant du titre, Jan Ullrich vise le doublé, l’Allemand étant vu comme l’héritier de Miguel Indurain avant que le phénix Lance Armstrong ne renaisse de ses cendres en juillet 1999. Le Texan est absent de cette édition 1998 marquée au fer rouge par l’affaire Festina, symbole d’un peloton soumis à la férule de l’omerta sous la bienveillance du Ponce Pilate de Lausanne, Hein Verbruggen, président de l’UCI qui loin de descendre de sa tour d’ivoire et de nettoyer les écuries d’Augias, a favorisé la prolifération des méthodes de dopage sanguin à l’EPO, produit dont le professeur Conconi a fait en 1993 (à 55 ans) la démonstration concrète sur les pentes du mythique col du Stelvio, juge de paix des Dolomites et col italien de légende. Ami personnel du Prince Alexandre de Mérode (président de la commission médicale du CIO), Conconi a fait des émules chez les sorciers et autres druides du dopage, tels Michele Ferrari, Luigi Cecchini ou encore Eufemiano Fuentes. Une fois les Festina exclus, le Tour se retrouve orphelin d’Alex Zülle et Richard Virenque, ne restent plus comme challengers crédibles face à l’ogre de Rostock qu’Abraham Olano et Marco Pantani : le premier abandonne dans les cols pyrénéens, tandis que le second, escaladeur virtuose, reprend le maillot jaune à Ullrich aux Deux Alpes après une étape d’anthologie qui a offert des montagnes russes d’adrénaline au public, seul répit d’une Grande Boucle sous une chape de plomb. David contre Goliath, Pantani contre Ullrich, c’est le thème des deux étapes alpestres gagnées par l’Italien aux Deux-Alpes puis l’Allemand à Albertville, le Pirate étant le premier coureur italien à gagner le Tour de France depuis Felice Gimondi, dernier maillot jaune transalpin en 1965, soit une éternité de 33 ans ! Pantani a porté au pinacle l’art du grimpeur, il est récompensé par un doublé Giro – Tour, le premier depuis Miguel Indurain en 1993, le douzième seulement de l’Histoire du cyclisme.

Visite du Président : le contexte de la visite de Jacques Chirac est particulier : la Corrèze est son fief électoral, là où il a profondément marqué les esprits aux élections législatives de 1967, devenant député dans la circonscription d’Ussel pourtant viscéralement ancrée à gauche, ce qui lui vaudra d’être remarqué par le Premier Ministre de l’époque et futur Président, Georges Pompidou. Fer de lance de la nouvelle génération politique du gaullisme, Jacques Chirac fera ensuite de cet ancien bastion imprenable pour la gauche sa propre chasse gardée ! Avec son épouse Bernadette, le chef de l’Etat arrive cinq jours après le triomphe des coéquipiers de Zinédine Zidane en Coupe du Monde de football. Avec un gain dans les sondages et une cohabitation compliquée face à Lionel Jospin, Jacques Chirac souhaite voir ce bol d’oxygène se pérenniser. Or l’affaire de dopage touchant les Festina de Richard Virenque est une épée de Damoclès qui est suspendue au-dessus de cette 85e édition du Tour de France. L’exclusion de l’équipe de Bruno Roussel va briser un totem. Le vendredi 17 juillet, la veille du chrono gagné par Jan Ullrich, le couple Chirac reçoit dans son château de Bity les organisateurs du Tour de France, Jean-Marie Leblanc et Jean-Claude Killy. La pression monte d’un cran sur A.S.O. qui se voit contraint de dresser la guillotine sur les moutons noirs de Festina, surtout qu’il était prévu une poignée de mains entre la Première Dame, Bernadette Chirac, et Richard Virenque, coqueluche du public qui offre à la France entière ses larmes de crocodile depuis le bar Chez Gillou de Meyrignac l’Eglise, où son exclusion devient l’évènement médiatique du week-end sportif. C’est finalement avec le vainqueur d’étape et nouveau maillot jaune, Jan Ullrich, que le président Chirac s’affiche après un contre-la-montre qu’il a suivi dans la voiture de Jean-Marie Leblanc, même si le public n’est pas dupe : les Festina ne sont pas les seuls à avoir franchi le Rubicon …

 

2007 (mardi 17 juillet), Nicolas Sarkozy entre Val d’Isère et Briançon

Etape : 12e étape, Val d’Isère – Briançon, 169.5 kilomètres, vainqueur d’étape Juan Mauricio Soler (Barloworld), maillot jaune Michael Rasmussen (Rabobank)

Contexte Politique et Historique : Nicolas Sarkozy (UMP) est élu Président de la République le 6 mai 2007 devant Ségolène Royal (PS), succédant à Jacques Chirac qui se retire de la vie politique après son deuxième mandat présidentiel. Le 1er janvier, la Bulgarie et la Roumanie accèdent à l’Union Européenne qui comprend 27 membres. Personnalité préférée des Français, l’abbé Pierre décède à 94 ans le 22 janvier à l’hôpital du Val-de-Grâce. Le TGV Est desservant Metz, Nancy ou encore Strasbourg est inauguré le 11 juin. François Fillon est nommé Premier Ministre, succédant à Dominique de Villepin. Fêtant sa victoire au Fouquet’s, Nicolas Sarkozy fait scandale en acceptant l’invitation du milliardaire Vincent Bolloré, prenant quelques jours de vacances sur le yacht de l’industriel breton avant de débuter son quinquennat le 17 mai 2007. Octobre marque les grèves de la SNCF, de la RATP et de l’EDF contre le projet de réforme des régimes spéciaux de retraite, et les protestations des étudiants contre l’autonomie des universités.

Contexte Sportif : orphelin de Lance Armstrong parti en retraite en 2005, le Tour de France 2007 l’est aussi des pestiférés confondus en 2006 dans le cadre du scandale Puerto : Jan Ullrich, Ivan Basso. Favori au départ de Londres, Alexandre Vinokourov va tomber de Charybde en Scylla dans une 94e édition où Michael Rasmussen va tutoyer la perfection d’un peu trop près. Plus que les superlatifs, ce sont les rumeurs de suspicion que Chicken Legs va s’attirer de la part des journaux du monde entier, le Danois ayant menti sur ses lieux d’entraînement. Rasmussen a prétendu être au Mexique alors qu’il a été vu par l’ancien coureur italien Davide Cassani dans les Dolomites. Lâché par son équipe Rabobank dans les Pyrénées, le Scandinave laisse le maillot jaune au jeune Espagnol Alberto Contador, figure de proue de l’équipe Discovery Channel dirigée par Johan Bruyneel. Deux ans après la septième victoire du septennat d’imposture de Lance Armstrong, le Belge voit à nouveau un de ses coureurs gagner la Grande Boucle.

Visite du Président : fan de cyclisme et lui-même pratiquant de ce sport, Nicolas Sarkozy est dans la voiture de Christian Prud’homme pour suivre cette étape de montagne où Michael Rasmussen défend le maillot jaune conquis la veille à Tignes. Le Président de la République nouvellement élu félicite sur le podium de Briançon le coureur danois, apportant au Tour de France, épreuve qui fait partie intégrante du patrimoine sportif et culturel français. En effet, juin 2007 a marqué les aveux de dopage d’anciens maillots jaunes, Bjarne Riis (1996) et Jan Ullrich (1997), anciens coéquipiers de l’équipe allemande Deutsche Telekom. Les officiels du cyclisme ont rivalisé de superlatifs pour vanter la visite du chef de l’Etat. Christian Prudhomme, le directeur de l’épreuve, s’est déclaré très honoré de cette visite et a qualifié le choix d’étape du président d’excellent. On sait que c’est un passionné de cyclisme et du Tour de France en particulier, que ce n’est pas une mode. C’est un pratiquant qui sera dans la voiture avec nous, a-t-il ajouté. L’ancien directeur-adjoint du Tour, Xavier Louy, a lui rappelé que Nicolas Sarkozy était déjà présent sur le Tour de France 1986, en tant que maire de Neuilly, lors de la grande étape de l’Alpe d’Huez remportée par Bernard Hinault devant Greg LeMond pour l’équipe La Vie Claire de Bernard Tapie. Egalement, en tant que Ministre de l’Intérieur, Sarkozy était venu assister en 2005 à l’étape de Saint-Lary Soulan gagnée par George Hincapie (Discovery Channel), Lance Armstrong conservant son maillot jaune et exultant de la victoire de son coéquipier new-yorkais au Pla d’Adet.

 

2009 (mercredi 22 juillet), Nicolas Sarkozy entre Bourg Saint-Maurice et le Grand Bornand

Etape : 17e étape, Bourg Saint-Maurice – le Grand Bornand, 169.5 kilomètres, vainqueur d’étape Frank Schleck (CSC Saxo Bank), maillot jaune Alberto Contador (Astana)

Contexte Politique et Historique : le 5 janvier 2009 entre en vigueur la loi sur l’audiovisuel public qui supprime la publicité après 20 heures sur les chaînes de France Télévision. De fin janvier à début mars 2009, une grève générale touche la Guadeloupe pour une augmentation générale des salaires. Le mouvement s’étend ensuite à d’autres départements d’outre-mer comme la Martinique et la Réunion. Le 22 février, Yvan Colonna est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sureté de 22 ans, pour l’assassinat du préfet de Corse, Claude Érignac, en février 1998 à Ajaccio. Le 29 mars, Mayotte devient par référendum local le 101e département français, le oui l’emportant par 95.24 % des suffrages exprimés tandis que les habitants de la Métropole ne sont pas consultés.  Le 4 avril à Strasbourg, le sommet de l’OTAN entérine le retour de la France dans le commandement militaire intégré du traité nord-atlantique, 43 ans après le retrait décidé en 1966 par le général de Gaulle. Le 1er juin, l’Airbus A330 du vol Rio de Janeiro – Paris Air France 447 s’écrase dans l’océan Atlantique : 228 personnes trouvent la mort. En juin, l’UMP menée par Xavier Bertrand remporte avec 27.88 % des voix les élections européennes. Le chômage atteint 9,6 % de la population active en 2009, un record depuis 2001, conséquence de la crise économique amplifiée par la faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers le 15 septembre 2008.

Contexte Sportif : vainqueur du Giro et de la Vuelta en 2008, Alberto Contador revient en 2009 sur le Tour de France avec une équipe Astana qui n’est plus persona non grata. Seul grain de sable pour le pistolero espagnol, un coéquipier encombrant du nom de Lance Armstrong, de retour dans le peloton à 37 ans ! Mais l’ancien boss du peloton va vite se résigner à la course au podium tant le Madrilène est stratosphérique, avec une victoire hallucinante dans la station suisse de Verbiers. Seul le jeune Luxembourgeois Andy Schleck évite de passer sous les fourches caudines de Contador qui se paie le luxe de battre Cancellara dans le chrono d’Annecy … Lance Armstrong assure sa troisième place sur les pentes rocailleuses du Mont Ventoux, son vieil ennemi qui lui porte cette fois chance. Mais battre Contador était utopique en juillet 2009, tant le grimpeur ibérique a tiré la quintessence de ses exceptionnelles qualités intrinsèques en montagne.

Visite du Président : à l’occasion de sa visite sur le Tour de France 2009, Nicolas Sarkozy fait part de son admiration pour le vétéran Lance Armstrong (37 ans), malgré la forte suspicion de dopage qui entoure le palmarès colossal du Pantagruel américain, septuple maillot jaune entre 1999 et 2005. L’usurpateur sera confondu par l’USADA en août 2012 puis déclassé en octobre 2012 par l’UCI, qui ne peut plus refermer la boîte de Pandore ouverte par Travis Tygart. Il revient à la fois pour faire une place, prendre du plaisir et défendre sa fondation et Dieu sait si on a besoin de lutter contre cette maladie qu’est le cancer. Cela donne espoir à tous les gens qui sont malades, a dit le président français à propos du champion du monde d’Oslo en 1993. Nicolas Sarkozy a rappelé qu’il avait toujours soutenu le Tour. Je pense qu’il est victime du dopage et pas coupable, et les dirigeants essaient de faire tout leur possible pour que ce Tour soit un Tour propre. Il faut les soutenir. Toujours sur le dopage, Nicolas Sarkozy a reconnu qu’il y a des tricheurs. Mais, il faut reconnaître que votre sport a fait un effort monumental, le passeport biologique, les contrôles. Sans vouloir faire de pronostic pour le podium des Champs Elysées, le président a dit que Contador est au-dessus du lot, mais les frères Schleck m’ont bien impressionnéCa me fait plaisir de voir le monde au bord des routes, a encore dit Nicolas Sarkozy, ajoutant qu’en période de crise où il y a beaucoup de souffrance, un spectacle populaire, gratuit, ça compte aussi pour la cohésion nationale. Le président de la République était arrivé avant la montée du col de Romme, l’avant-dernière difficulté du jour à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée. Le chef de l’Etat avait pris place dans la voiture du directeur du Tour Christian Prud’homme.

 

2010 (jeudi 22 juillet), Nicolas Sarkozy entre Pau et le col du Tourmalet

Etape : 17e étape, Pau – Col du Tourmalet, 174 kilomètres, vainqueur d’étape Andy Schleck (Saxo Bank), maillot jaune Alberto Contador (Astana)

Contexte Politique et Historique : le 28 février 2010, la tempête Xynthia ravage l’Ouest de la France, faisant 51 morts et 8 disparus dans des zones littorales submersibles de la côte atlantique.  Le 21 mars, le second tour des élections régionales tourne au plébiscite pour la gauche, seule l’Alsace étant gagnée par la droite en métropole. Le 16 juin débute l’affaire Bettencourt mettant a priori en cause le Ministre du Travail Eric Woerth, alors que ce dernier lance la réforme sur l’âge légal de départ à la retraite, avec des grèves en septembre et en octobre. Le 30 juillet, le discours de Grenoble du président Sarkozy est un marqueur de son quinquennat, l’opposition l’accusant de positionner le curseur très à droite en vue de la future campagne électorale pour la présidentielle de 2012. Le gouvernement de François Fillon est remanié le 14 novembre 2010, Alain Juppé devenant Ministre de la Défense tandis que Jean-Louis Borloo quitte ses fonctions de Ministre de l’Ecologie.

Contexte Sportif : tenant du titre, Alberto Contador gagne en 2010 son troisième Tour de France devant Andy Schleck dans ce qui ressemble à tout sauf à une joute d’anthologie, tant les deux coureurs se sont regardés en chiens de faïence, alors que Lance Armstrong (Radio Shack) a porté son rocher de Sisyphe après l’étape apocalyptique d’Avoriaz qui ruine ses chances d’un huitième maillot jaune. L’Espagnol gagne la Grande Boucle à Paris mais sera déclassé en 2012 sur tapis vert au profit de son dauphin luxembourgeois, qui avait souffert d’être orphelin de son frère aîné Frank, ce dernier ayant du abdiquer après une chute dans les pavés du Nord en première semaine.

Visite du Président : jamais deux sans trois, et Nicolas Sarkozy revient sur la Grande Boucle, félicitant Lance Armstrong ainsi qu’Alberto Contador à l’arrivée de l’étape qui fête le centenaire de la première ascension du col du Tourmalet par les forçats de la route, à l’époque révolue d’Henri Desgrange et Géo Lefèvre. Andy Schleck et Alberto Contador viennent à peine de croquer la ligne d’arrivée que pendant de longues minutes, le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, venu assister aux 30 derniers kilomètres de l’étape, déclare sa flamme à la Grande Boucle devant les caméras de France 2. Pendant la course, le président de la République était déjà intervenu au micro de l’ex-coureur Laurent Jalabert. Dans la voiture de Christian Prud’homme, le directeur de l’épreuve, Nicolas Sarkozy salue un magnifique Tour de France, et célèbre les six victoires d’étapes françaises. La présence du chef de l’Etat mais surtout la décision prise par René Bidal, le préfet des Hautes-Pyrénées, suscite déjà de nombreux commentaires. L’année du centenaire des premières ascensions pyrénennes, on nous confisque l’événement !, fulmine un élu local qui souhaite garder l’anonymat. Il fait ici allusion à un arrêté préfectoral selon lequel le col du Tourmalet sera sur une dizaine de kilomètres interdit au stationnement et à la circulation et ce durant cinq jours. C’est-à-dire du dimanche 18 juillet jusqu’au jeudi 22 inclus, jour de l’étape du Tour de France. Les pentes du col du Tourmalet, qui seront gravies une première fois par le peloton lors de l’étape de mardi prochain, devront être vierges de tout véhicule.

 

2012 (vendredi 20 juillet), François Hollande à Brive-la-Gaillarde

Etape : 18e étape, Blagnac – Brive-la-Gaillarde, 222.5 kilomètres, vainqueur d’étape Mark Cavendish (Team Sky), maillot jaune Bradley Wiggins (Team Sky)

Contexte Politique et Historique : le 13 janvier, l’agence de notation financière Standard & Poor’s dégrade la notation financière de la France d’un cran, de AAA à AA+. Le 21 mars, le terroriste Mohammed Merah, responsable d’attentats à Toulouse et Montauban, est tué dans son appartement lors d’une intervention du RAID. Du fait de ces attentats antisémites, la campagne présidentielle connaît une brève interruption avant l’élection de François Hollande contre Nicolas Sarkozy le 6 mai 2012, après la célèbre anaphore Moi, Président de la République du candidat socialiste lors du débat télévisé. Comme pour Valéry Giscard d’Estaing en 1981 victime de la crise économique et des diamants de Bokassa, un second mandat consécutif restera utopique pour Nicolas Sarkozy, victime du chômage persistant et de trop d’erreurs de communication, dont le népotisme affiché pour son fils Jean. Le 15 mai, Jean-Marc Ayrault est nommé Premier Ministre, remplaçant François Fillon et son gouvernement sortant. LE 5 novembre, le rapport Gallois sur la compétitivité est remis au Premier Ministre Jean-Marc Ayrault par Louis Gallois, ancien président de la SNCF et d’EADS. Le 4 décembre, suite à des révélations de Mediapart, débute l’affaire Cahuzac, le Ministre du Budget étant soupçonné de fraude fiscale sur des comptes non déclarés en Suisse.

Contexte Sportif : en l’absence d’Alberto Contador suspendu et d’Andy Schleck blessé, un boulevard s’ouvre face à l’homme qui ne semble toujours pas rassasié malgré un festin colossal depuis le début de saison : Bradley Wiggins, vainqueur de Paris – Nice, du Tour de Romandie et du Critérium du Dauphiné Libéré. Face à lui, le tenant du titre Cadel Evans ne fera pas longtemps illusion, d’autant que le Team Sky de Wiggo possède avec Chris Froome (2e de la Vuelta 2011 devant son leader) un coéquipier d’exceptionnel, digne du Jan Ullrich rookie de 1996, qui avait tant aidé Bjarne Riis dans les Pyrénées face aux Festina de Virenque et Dufaux. Froome vainqueur à la Planche des Belles Filles, Wiggins se contente ensuite d’enfoncer le clou dans les chronos de Besançon et Chartres, à la façon de Miguel Indurain deux décennies plus tôt. Le rouleur anglais ne voit pas son maillot jaune contesté, tandis que le revenant Alejandro Valverde l’emporte à Peyragudes, lieu de tournage du pré-générique de Demain meurt jamais en 1997. Mais même pour James Bond 007, vaincre Wiggins et Froome était mission impossible en 2012, tant Sky a voltigé au-dessus du lot. Vincenzo Nibali complète le podium d’une 99e édition  sans grand suspense. La saison gargantuesque de Wiggins, elle, est parachevée par la médaille d’or du contre-la-montre gagnée aux Jeux Olympiques de Londres, par le premier Britannique vainqueur du Tour de France, ce que ni feu Tom Simpson, ni Robert Millar, ni Chris Boardman n’avaient pu accomplir, malgré leurs exploits divers sur les routes de France et de Navarre.

Visite du Président : c’est symboliquement près de son fief électoral de Corrèze (Tulle) que le Président François Hollande, élu deux mois plus tôt, effectue une visite sur le Tour de France 2012, à Brive, serrant la main du vainqueur d’étape Mark Cavendish et de son coéquipier Bradley Wiggins, implacable maillot jaune de cette 99e édition de la Grande Boucle. Le chef de l’Etat, qui a suivi les 50 derniers kilomètres de l’étape entre Souillac et Brive dans la voiture de Christian Prud’homme, est accompagné sur le podium par Bernard Hinault (responsable du protocole quotidien), où il félicite également Thomas Voeckler, leader du classement de la montagne.

 

2013 (dimanche 7 juillet), François Hollande à Bagnères-de-Bigorre

Etape : 12e étape, Saint-Girons – Bagnères-de-Bigorre, 168.5 kilomètres, vainqueur d’étape Daniel Martin (Garmin Sharp), maillot jaune Christopher Froome (Team Sky)

Contexte Politique et Historique : le 19 mars, le Ministre du Budget Jérôme Cahuzac  démissionne du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, suite à un scandale de fraude fiscale (comptes bancaires en Suisse non déclarés au fisc français). Le 23 avril, l’Assemblée Nationale adopte le mariage pour tous, loi ouvrant la possibilité aux couples homosexuels de se marier, malgré d’intenses protestations de la Manif pour tous durant le premier trimestre 2013, à l’approche de la fin de la première année du quinquennat. Le 1er juillet, la Croatie accède à l’Union Européenne qui comprend 28 membres. Le E juillet, François Hollande et son Premier Ministre Jean-Marc Ayrault relèvent de ses fonctions Delphine Batho, à la suite de ses critiques sur le projet de loi des finances. Elle est remplacée par Philippe Martin au Ministère de l’Écologie. Le 12 juillet, l’accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (sur la ligne Paris Austerlitz – Limoges) fait 6 morts et démontre la vétusté du réseau de chemins de fer français. Le mois d’octobre 2013 est marqué par l’affaire Leonarda, fille de la famille Dibrani, immigrés clandestins, est expulsée au Kosovo. Les conditions d’interpellation de la jeune Leonarda en sortie scolaire créé une intense polémique de la part de l’extrême gauche. La gestion de l’affaire par le président (intervention télévisée improvisée, opposition à la décision de la justice administrative) est vivement critiquée par l’opposition. Malgré les nombreuses manifestations de soutien de la part des mouvements lycéens, 65 % des Français sont opposés au retour de la jeune fille et 74 % soutiennent la position légaliste de Manuel Valls, le Ministre de l’Intérieur. Le 30 décembre, la loi de finance 2014 abroge notamment le jour de carence pour les fonctionnaires mis en place par le gouvernement Fillon en 2010.

Contexte Sportif : en 2013, le Kenyan Blanc Chris Froome cannibalise le Tour de France, 100e édition qui part de Corse. Sonnant l’hallali au Plateau de Bonascre, l’homme du volcan Teide accentue encore l’impression visuelle de puissance de ses mikados sur les pentes rocailleuses du Mont Ventoux, sonnant définitivement le glas des espoirs de la concurrence. Derrière le leader du Team Sky, véritable OVNI cycliste par son style peu élégant et ses démarrages foudroyants digne d’une moto, le jeune rookie colombien Nairo Quintana et Joaquin Rodriguez complètent le podium devant un Alberto Contador décevant pour son retour sur la grand-messe de thermidor. Après la razzia de 2012 (six victoires d’étape), l’hégémonique Team Sky confirme qu’elle est bel et bien la nouvelle Invincible Armada du peloton. Dans la Grande Boucle, tel un processus de sélection naturelle de Charles Darwin, le plus fort émerge toujours. Et en juillet 2013, sans contestation possible, le plus fort s’appelle Christopher Froome, métronome auteur d’une partition sans fausse note aux airs de requiem pour la concurrence !

Visite du Président : en chute vertigineuse de popularité, François Hollande n’a, contrairement à ses prédécesseurs à l’Elysée, pas connu d’état de grâce, entre le ras-le-bol fiscal des classes moyennes et la montée persistante du chômage. En ce mois de juillet 2013, le chef de l’Etat fait d’une pierre deux  coups. Le Falcon présidentiel qui emmène le Président de Villacoublay à Tarbes permet à François Hollande d’aller à la rencontre de territoires pyrénéens sinistrés lors des inondations de juin 2013, à Tarbes puis Barrèges. C’est ensuite en hélicoptère que le Président de la République rejoint la caravane du Tour de France, à Saint-Lary-Soulan, suivant la fin d’étape en compagnie du directeur de l’épreuve, Christian Prud’homme.

 

2014 (jeudi 10 juillet), François Hollande à Reims

Etape : 6e étape, Arras – Reims, 194 kilomètres, vainqueur d’étape André Greipel (Lotto), maillot jaune Vincenzo Nibali (Astana)

Contexte Politique et Historique : le 11 janvier, le Conseil d’État valide définitivement l’ordonnance d’interdiction du spectacle de Dieudonné Le Mur, après . Le 13 janvier : la Une du magazine Closer révèle que François Hollande aurait une liaison avec l’actrice Julie Gayet, faisant éclater une polémique sur le statut de la Première Dame (journaux nationaux) et sur l’infidélité du président (journaux internationaux). Le 14 janvier, une conférence de presse de François Hollande met en avant le Pacte de responsabilité pour les entreprises. Le 22 janvier, a lieu l’adoption définitive de la loi sur le non-cumul des mandats par l’Assemblée nationale (313 voix contre 225). Le 25 janvier, le chef de l’Etat annonce de façon unilatérale sa séparation officielle avec Valérie Trierweiler. Le 31 mars, suite à la débâcle aux élections municipales (la gauche perdant notamment Amiens, Angers, Caen, Reims, Saint-Etienne, Toulouse et Tours), le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault présente la démission de son gouvernement. Lors de son discours télévisé, le président Hollande annonce que Manuel Valls est nommé Premier ministre. Le 25 mai, aux  élections européennes, le Front national est en tête avec 24.86 % des suffrages exprimés. Le 26 août, a lieu la formation du deuxième gouvernement Manuel Valls, suite aux démissions des Ministres de l’Economie (Arnaud Montebourg), de l’Education Nationale (Benoît Hamon) et de la Culture (Aurélie Filippetti), tous trois en désaccord profond avec la politique menée par le couple exécutif Hollande / Valls. L’ancien conseiller de l’Elysée Emmanuel Macron devient Ministre de l’Economie, en tandem à Bercy avec Michel Sapin qui garde le portefeuille des Finances. Le 4 septembre, Thomas Thévenoud, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, du Développement du tourisme et des Français de l’étranger, démissionne après un scandale fiscal, prétextant une phobie administrative. Le 28 septembre, à l’occasion des élections sénatoriales, la droite retrouve la majorité au Sénat, le Front national a des élus pour la première fois au Palais du Luxembourg. Le 29 novembre, Nicolas Sarkozy qui effectue son retour en politique est élu avec 64.5 % des voix président de l’UMP devant Bruno Le Maire et Hervé Mariton.

Contexte Sportif : il est vrai débarrassé de Chris Froome et d’Alberto Contador avant la haute montagne, Vincenzo Nibali vit son acmé sur ce Tour de France 2014 orphelin de Nairo Quintana, avec une réussite presque euphorique, quatre victoires d’étape à Sheffield, la Planche des Belles Filles et Chamrousse et Lourdes Hautacam. Personne ne résiste au Sicilien, tandis qu’Alejandro Valverde rate un podium sur lequel montent deux Français, Jean-Christophe Péraud (2e) et Thibaut Pinot (3e), une première depuis 1984 et le doublé Hinault Fignon. Le cyclisme français attendait un podium depuis l’accessit de Richard Virenque en 1997 derrière l’ogre Ullrich, il en obtient deux d’un coup de façon totalement inespérée, derrière l’intouchable coureur sicilien, le Requin de Messine rejoignant au panthéon du cyclisme Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Alberto Contador, seuls autres champions de ce sport à avoir gagné Giro, Vuelta et Tour de France durant leur carrière. Pour tous les autres, de Bartali à Armstrong, en passant par Coppi, Bobet, Gaul, Bahamontes, Ocaña, Zoetemelk, Fignon, Delgado, Roche, LeMond, Indurain, Pantani ou encore Ullrich, il manquait un voire deux grands Tours dans leur palmarès.

Visite du Président : Reims, ville du sacre des rois de France pour un président très impopulaire mais qui rêve de réélection en 2017 avec un effet underdog qui porte l’outsider vers la victoire finale. Accompagné du député maire Arnaud Robinet, le chef de l’Etat assiste à la fin de l’étape avant de se rendre au fort de Pompelle, haut lieu de la Première Guerre Mondiale (1914-1918), dont on commémore le centenaire. En début de journée, François Hollande avait visité un autre lieu symbolique de la Grande Guerre, la Caverne du Dragon se situant au Chemin des Dames où il dépose une gerbe, quelques heures avant d’inaugurer une plaque au musée du Fort de la Pompelle.

 

2015 (samedi 18 juillet), François Hollande entre Rodez et Mende

Etape : 14e étape, Rodez – Mende, 169.5 kilomètres, vainqueur d’étape Stephen Cummings (MTN Qhubeka), maillot jaune Christopher Froome (Team Sky)

Contexte Politique et Historique : le mercredi 7 janvier, dans le XIe arrondissement de Paris rue Nicolas Appert, l’hebdomadaire Charlie Hebdo est victime d’une attaque terroriste de la part des frères Kouachi qui se revendiquent d’AQPA (Al Qaida dans la Péninsule Arabique). Le 9 janvier, une prise d’otages à l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes à Paris est démantelée par le GIGN. Le terroriste djihadiste Amédy Coulibaly est tué dans l’assaut de l’hyper cacher le vendredi 9 janvier, ainsi que les frères Kouachi retranchés dans une imprimerie de Dammartin-en-Goêle, en Seine-et-Marne.  Le dimanche 11 janvier 2015, des chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier (à l’exception notable de Barack Obama) ainsi que d’anciens Premiers Ministres français participent à une marche vers la Place de la République. Plus de 4 millions de personnes défilent pour la liberté d’expression et contre le terrorisme, qui frappe à nouveau le vendredi 13 novembre au Stade de France, dans le XIe arrondissement et au Bataclan par des djihadistes du groupe Daesh. Le 21 août, le pire avait été évité de justesse dans un Thalys, un homme ayant tenté d’armer une Kalachnikov dans ce train Amsterdam – Paris. Le 24 mars 2015, dans les Alpes de Haute Provence, le copilote suicidaire Andreas Lübitz crashe volontairement l’Airbus A 320 de la German Wings sur le vol Barcelone – Düsseldorf. Le 2 avril, Jean-Marie Le Pen renouvèle sur l’antenne de BFM TV sa déclaration de septembre 1987 sur les chambres à gaz, et récidive le 9 avril dans le journal Minute en affirmant que le maréchal Pétain n’était pas un traître. Sa fille Marine Le Pen, présidente du Front National, entame avec son bureau politique une procédure d’exclusion du parti d’extrême-droite fondé en 1972 par son père. Le 27 mai marque l’entrée de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Jean Zay et Pierre Brossolette au Panthéon, où seules deux femmes reposaient, Marie Curie et Sophie Berthelot (en tant qu’épouse du chimiste Marcellin Berthelot).  Le 11 juillet, la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques (dite loi Macron) est adoptée définitivement à l’Assemblée nationale au moyen de l’article 49-3 de la Constitution. Les élections régionales de décembre 2015 marquent la progression du Front National au premier tour, le Parti Socialiste et la droite républicaine gardant l’ensemble des 13 nouvelles régions, dont PACA d’extrême justesse, Marion Maréchal Le Pen frôlant la victoire contre Christian Estrosi. Décembre 2015 marque aussi la fin de la COP 21 au Bourget, conférence sur le climat présidée par Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères du gouvernement de Manuel Valls. Six ans après l’échec cuisant de la conférence de Copenhague, un accord environnemental au rabais est signé à Paris entre près de 200 pays, afin de limiter le réchauffement climatique et les conséquences sur l’éco-système.

Contexte Sportif : clé de voûte de cette 102e édition sera la montagne, tant l’ADN du parcours est situé en altitude, avec seulement 13 kilomètres de CLM individuel, le premier jour dans les rues d’Utrecht, sans oublier une première semaine truffée de pièges : le Mur de Huy, les pavés du Nord et le chrono par équipes vers Plumelec, avec la très exigeante côte de Cadoudal. Ce Tour de France 2015 met aux prises les Quatre Fantastiques : le Requin de Messine Vincenzo Nibali, tenant du titre après sa victoire en 2014, le Kenyan Blanc Chris Froome, lauréat en 2013, le Pistolero Alberto Contador, vainqueur du Giro 2015 qui se lance dans la quête du Graal, ce doublé Giro – Tour attendu depuis Marco Pantani en 1998. Le double maillot jaune en 2007 et 2009 affrontera aussi le Colombien Nairo Quintana, qui a gagné en maturité depuis 2013. Rapidement, Contador réalise que le Giro sera une victoire à la Pyrrhus coûteuse en terme d’énergie, tandis que Nibali est éparpillé par Froome qui voltige dans les Pyrénées, seul Quintana conserve une mince chance de gagner ce Tour de France 2015 mais le leader de Movistar se retrouve encore dauphin de l’épouvantail britannique, qui sauve son maillot jaune dans l’Alpe d’Huez, quelques jours après avoir tiré la substantifique moelle de ses ressources à la Pierre Saint-Martin. Sans la bordure qui a fait perdre 1’30’’ au Colombien en Zélande, on aurait eu droit à une joute d’anthologie dans les 21 lacets de l’Alpe d’Huez entre Froome et Quintana … Et là, Froome n’aurait pas pu courir en épicier dans les Alpes, lui qui a subi les foudres du public après son coup de force pyrénéen (verre d’urine jeté par un supporter).

Visite du Président : bien que toujours très bas dans les sondages d’opinion et les baromètres de confiance, François Hollande peut espérer une réélection pas si utopique qu’anticipée, la droite ne faisant pas émerger de projet ni de leader, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon attendant d’en découdre en 2016 dans une primaire pour l’investiture d’un candidat unique de la droite républicaine. Cependant, le chômage continuant de progresser et le pouvoir d’achat de stagner voire se réduire pour les Français, le Président de la République est en réduit à des opérations de communication, dont sa visite à Mende sur le Tour de France. Le choix de la Lozère n’est pas anodin, loin de là, puisque ce département rural est le seul à avoir basculé de droite à gauche aux élections départementales de mars 2015, à contre-courant du mouvement national. Se posant en hélicoptère à Laval-du-Tarn après avoir rencontré des agriculteurs locaux dans la matinée, le Président de la République suit la fin d’étape dans la voiture de Christian Prud’homme avant de donner une interview à Gérard Holtz, après avoir félicité le vainqueur d’étape ainsi que les deux Français échappés mais malheureux à l’arrivée, Romain Bardet et Thibaut Pinot.

 

A noter que le Premier Ministre est également venu plusieurs fois sur le Tour de France :

-  Premier Ministre de Georges Pompidou entre 1969 et 1972, Jacques Chaban-Delmas (venu en sa qualité de maire de Bordeaux, élu depuis 1947) était présent sur la 18e étape du Tour de France 1969 (Mourenx – Bordeaux, 201 kilomètres le mercredi 16 juillet 1969) remportée par Frédéric Moncassin (Mercier BP Hutchinson), Eddy Merckx conservant le maillot jaune (Faema). Le chef du gouvernement fut encore présent sur la 18e étape du Tour de France 1970 (Mourenx – Bordeaux, 231 kilomètres le jeudi 16 juillet 1970) remportée par Rolf Wolfshohl (Fagor Mercier Hutchinson), Eddy Merckx conservant le maillot jaune (Faemino), ainsi que sur la 17e étape du Tour de France 1971 (Mont-de-Marsan – Bordeaux, 188 kilomètres le jeudi 15 juillet 1971) remportée par Eddy Merckx (Molteni), le Cannibale belge conservant le maillot jaune (Molteni). Plus jeune général de la Résistance et grand amateur de sport – tennis et rugby – qu’il pratiqua à haut niveau (32e de finaliste en double à Roland-Garros en 1968, international de rugby à XV en 1945 contre une sélection du British Empire), Chaban était l’ami personnel de Jacques Goddet, l’ayant aidé à financer L’Equipe en février 1946. Les liens entre le maire de Bordeaux et Jacques Goddet ont pérennisé la venue du Tour de France à Bordeaux, avec 39 arrivées consécutives de 1952 à 1990, qui font du chef-lieu de la Gironde la dauphine de Paris en terme de visites de l’épreuve. Par la suite, l’élection d’Alain Juppé en 1995, la perte d’influence de Jacques Goddet (qui abandonna la direction du Tour en 1987) et les travaux du tramway dans la capitale aquitaine ont espacé les visites de la Grande Boucle à Bordeaux.

-  Premier Ministre de François Mitterrand entre 1984 et 1986, Laurent Fabius représentait Matignon sur la 23e étape du Tour de France 1984 (Pantin – Paris Champs-Elysées, 196.5 kilomètres le dimanche 22 juillet 1984) remportée par Eric Vanderaerden (Panasonic Raleigh), Laurent Fignon (Renault Elf) étant vainqueur de cette 71e édition,  sur un podium où il côtoie l’Américaine Marianne Martin, première lauréate de la Grande Boucle féminine. Ironie du destin, Laurent Fabius se retrouve sur les Champs-Elysées aux côtés de Jacques Chirac, maire de Paris et chef de l’opposition en tant que président du RPR, qui lui succèdera en 1986 à Matignon, après des élections législatives gagnées par la droite et qui sonneront l’heure de la première cohabitation.

-  Premier Ministre de François Mitterrand entre 198- et 1988, Jacques Chirac (venu en sa qualité de maire de Paris, élu depuis 1977) était présent sur la 23e étape du Tour de France 1986 (Cosne-sur-Loire – Paris Champs-Elysées, 255 kilomètres le dimanche 27 juillet 1986) remportée par Guido Bontempi (Carrera), Greg LeMond (La Vie Claire – Wonder – Radar) étant vainqueur de cette 73e édition. Le chef du gouvernement de cohabitation serait encore présent pour le podium final du Tour de France 1987, (25e étape : Créteil – Paris Champs-Elysées, 194 kilomètres le dimanche 26 juillet 1987) remportée par Jeff Pierce (Seven Eleven), Stephen Roche (Carrera) étant vainqueur de cette 74e édition. Globalement, Jacques Chirac fut omniprésent sur le Tour de France en tant que maire de Paris de 1977 à 1995, serrant la main de huit maillots jaunes jusqu’en juillet 1994 : Bernard Thévenet, Bernard Hinault, Joop Zoetemelk, Laurent Fignon, Greg LeMond, Stephen Roche, Pedro Delgado et Miguel Indurain. Par la suite, Jean Tiberi, Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo ont aussi exploité leur mandat de premier magistrat de la capitale.

-  Premier Ministre de Jacques Chirac entre 1995 et 1997, Alain Juppé (venu en sa qualité de maire de Bordeaux, élu depuis 1995) était présent sur la 19e étape du Tour de France 1996 (Hendaye – Bordeaux, 226.5 kilomètres le vendredi 19 juillet 1996) remportée par Frédéric Moncassin (Gan), Bjarne Riis conservant le maillot jaune (Deutsche Telekom)

-  Premier Ministre de Jacques Chirac entre 1997 et 2002, Lionel Jospin était venu sur la 10e étape du Tour de France 2000 (Dax – Lourdes Hautacam, 195 kilomètres le lundi 10 juillet 2000) remportée par Javier Otxoa (Kelme), Lance Armstrong  (US Postal) prenant le maillot jaune à Alberto Elli (Deutsche Telekom)

-  Premier Ministre de Jacques Chirac entre 2002 et 2005, Jean-Pierre Raffarin avait fait l’honneur à la Grande Boucle de sa visite sur la 1re étape du Tour de Centenaire, l’édition 2003 (Montgeron – Meaux, 168 kilomètres le dimanche 6 juillet 2003) remportée par Alessandro Petacchi (Fassa Bortolo), Bradley McGee conservant le maillot jaune (Française des Jeux)

-  Premier Ministre de François Hollande à partir de mars 2014, Manuel Valls était venu sur la 17e étape du Tour de France 2012 (Bagnères-de-Luchon – Peyragudes, 143.5 kilomètres le jeudi 19 juillet 2012)  remportée par Alejandro Valverde (Katusha), Bradley Wiggins conservant le maillot jaune (Team Sky)

-  Manuel Valls était revenu sur la 12e étape du Tour de France 2015 (Lannemezan – Plateau de Beille, 195 kilomètres le jeudi 16 juillet 2015)  remportée par Joaquin Rodriguez (Katusha), Christopher Froome conservant le maillot jaune (Team Sky)

  1. avatar
    6 juillet 2017 a 11 h 22 min

    Problème de version peut être, voici une introduction plus complete

    Huit présidents de la République entre 1958 et 2017 (sans compter les deux intérims d’Alain Poher, Président du Sénat, en 1969 à la démission du général de Gaulle après le non au référendum sur la réforme du Sénat puis en 1974 après le décès de Georges Pompidou, victime de la maladie de Waldenström), onze visites sur le Tour de France, l’exception étant Georges Pompidou qui ne vint jamais sur la Grande Boucle, préférant en 1972 les 24 Heures du Mans, tandis que Nicolas Sarkozy grand fan de cyclisme est venu trois fois durant son quinquennat, contre quatre pour son successeur à l’Elysée, François Hollande, pour qui la visite estivale est devenu un véritable rituel.
    On remarquera que les derniers déplacements présidentiels (depuis Jacques Chirac en 1998) se sont déroulés, de façon systématique, pour des étapes médiatisées, soit le week-end, soit en montagne, soit en cumulant les deux. Difficile de ne pas y voir l’influence des sherpas élyséens, afin que le baromètre politique soit favorable au chef de l’Etat au sondage suivant sa visite sur la Grande Boucle. De plus, chaque visite a une symbolique politique, électorale ou historique, permettant aux Présidents modernes de faire d’une pierre deux coups, en exploitant leur déplacement en province …

    Pour le chef de l’Etat, l’été est synonyme de défilé du 14 juillet, avec la garden-party et l’interview qui suivent traditionnellement en ce jour de fête nationale, quelques semaines avant que le Président n’aille passer quelques jours dans sa résidence officielle d’été, le Fort de Brégançon, situé dans le Var à Bormes-les-Mimosas (exception de Nicolas Sarkozy, qui passait ses vacances également dans le département du Var, dans la propriété de son épouse Carla située au Cap Nègre).

    Etre populaire ? Les hommes politiques sont drogués aux sondages et aux baromètres de confiance. Même s’ils croient dur comme fer à l’effet underdog qui peut porter un outsider à la victoire (tel Jacques Chirac en 1995), tous rêvent d’un état de grâce permanent et à la souveraineté de l’effet bandwagon, celui qui offre la victoire au favori des chiffres.
    Mais un sondage n’est jamais qu’une photo de l’opinion à un instant T. Miraculé en 1995, Chirac le phénix renaît encore de ses cendres en 2002, galvanisé par la musique du compositeur grec Vangelis, celle utilisée pour le film les Chariots de Feu, Oscar du meilleur film en 1981 montrant le destin de jeunes britanniques d’Eton , Harold Abrahams et Eric Liddell, aux Jeux Olympiques d’été de Paris en 1924 …

    Deux crocodiles dans un marigot, c’est un de trop. Après avoir écarté Balladur en 1995, Chirac survit au premier tour cataclysmique de l’élection de 2002, le fameux 21 avril qualifiant Jean-Marie Le Pen pour le second tour au détriment de Lionel Jospin, candidat socialiste.
    Le cas de Valéry Giscard d’Estaing est quant à lui particulièrement intéressant. Né Giscard en 1926 à Coblence, le jeune homme fait des études brillantissimes, terminant major à Polytechnique puis à l’E.N.A. … En 1922, comme Patrick Poivre devenu Patrick Poivre d’Arvor alias PPDA, la famille Giscard était devenue Giscard d’Estaing.

    Elu en 1974 face à un Jacques Chaban-Delmas qui n’avait pas su respecter la période de deuil suite au décès de Georges Pompidou, VGE tente de se démocratiser face aux Français. Bien que très jeune, il n’a pas le magnétisme d’un John Kennedy quelques années plus tôt.
    Viennent alors ces initiatives telles qu’un Giscard jouant de l’accordéon, ou encore dînant chez des Français du peuple à la télévision. Mais que pouvaient avoir à se raconter le Français moyen à un homme aussi puissant, un homme qui allait se voir offrir par Paul Bocuse la célèbre soupe V.G.E en 1975, cette fameuse soupe aux truffes noires et au foie gras.

    Mais l’affaire des diamants de Bokassa, le décès de Robert Boulin en 1979 et surtout l’inexorable montée du chômage sous l’effet de deux chocs pétroliers (octobre 1973 et 1979), viendront torpiller ses chances de réélection en 1981, face à une gauche unie par François Mitterrand.
    La tradition veut que le chef de l’Etat, tel l’empereur jadis à Rome pour les combats de gladiateurs, honore de sa présence la finale de la Coupe de France de football. Si l’arbitre est sur le terrain et non plus le pouce baissé ou levé des héritiers de Jules César, le principe reste le même, offrir au peuple son opium par le sport, du spectacle. Panem e circenses. Que le lieu ait pour nom Colisée, Cirque Maxime, stade Yves-du-Manoir, Parc des Princes ou Stade de France, à Rome la Ville Eternelle ou à Paris la Ville Lumière …
    Du pain et des jeux. Ce fut à une voyelle près (Du pin et des jeux), le titre de la première chronique d’Antoine Blondin sur le Tour de France, écrite en 1954 à Bayonne.
    Winston Churchill a dit un jour, entre autres citations mémorables : La différence entre un homme d’Etat et un homme politique est que le premier pense à la prochaine génération, tandis que le second pense aux prochaines élections.
    Plus les années passent, moins les Français ont le sentiment de disposer d’hommes d’Etat à Matignon et à l’Elysée, couple à la fois bicéphal, siamois et bancal … L’évolution des visites des têtes de l’exécutif sur le Tour de France le montre bien.
    Pompidou s’était abstenu, De Gaulle, Giscard, Mitterrand et Chirac avaient limité à une leurs visites, tandis que l’inflation galopante a commencé avec Nicolas Sarkozy puis s’est poursuivie avec son successeur François Hollande, pour qui le passage sur la Grande Boucle est devenu un rituel.

    Mais ce qui est rare est précieux, et une visite annuelle a un impact inversement proportionnel a l’effet attendu. Là où les Français attendent sincérité, ils retrouvent désormais sur la Grande Boucle la politique traditionnelle, faite de communication réglée comme du papier à musique, cette fameuse gueule de bois dictée depuis les cabinets parisiens par les sherpas à qui l’on demande de diluer dans des discours creux les fameux éléments de langage …

    Le Tour, paradoxalement, a été servi par les affaires anti-dopage. Malgré la tempête Festina, malgré le scandale Armstrong, cet OVNI débarqué en juillet 1999 au Puy-du-Fou, malgré le flagrant délit Rumsas, malgré le mensonge Rasmussen, malgré tout, l’épreuve cycliste continue d’attirer les foules.

    A croire que les Français, dans les campagnes électorales comme sur les étapes de la grand-messe de thermidor, aiment qu’on leur mente effrontément par toutes les techniques éprouvées : écran de fumée pour faire diversion, poudre aux yeux … L’omerta qui régit le peloton cycliste ne sera pas simple à briser, ceux qui s’y sont essayés ont vite été renvoyés dans leurs foyers (Christophe Bassons, Filippe Simeoni). Le cyclisme 2.0, propre et transparent, n’est pas encore pour demain, quand on voit qu’après avoir fendu la foule tels Moïse séparant en deux la mer Rouge, les grimpeurs les plus rapides doivent freiner dans les lacets des cols alpestres ou pyrénéens ! Les virtuoses sont les pharmaciens plus que les cyclistes.

    Formidable succès populaire et gratuit sur les routes de France et de Navarre, l’épreuve centenaire mobilise cette France d’en bas dont parlait Jean-Pierre Raffarin à son arrivée rue de Varenne en 2002. Le Tour de France, c’est aussi les vacances caravane, transat et Cochonou, ce fameux saucisson qui avait effrayé Gino Bartali en 1950 dans les Pyrénées, puisqu’un spectateur du col d’Aspin avait tenu dans sa main gauche un couteau, et dans la droite un saucisson !

    Ayant résisté à l’épée de Damoclès du dopage depuis 1998, le Tour a su chasser les vieux fantômes tels que Tom Simpson, décédé en 1967 sur les pentes rocailleuses du Mont Ventoux … Certes, le cyclisme restera toujours un sport populaire, loin de disciplines élitistes comme le tennis, l’équitation et plus encore le golf, la voile ou le polo. Mais comme le tournoi de Roland-Garros, il est désormais un lieu où les VIP se pressent pour être vus du grand public.

    Mais le grand défi des hommes politiques français est désormais de savoir toucher ces classes moyennes et populaires qui sont frappées d’une défiance sans précédent envers les élites. Aux antipodes de l’authenticité et de propositions à la fois crédibles et concrètes attendues par les Français, les hommes politiques font de la démagogie une véritable logorrhée, eux qui apprennent par cœur sur des fiches bristol les prix de la baguette du pain, du litre d’essence, du ticket de métro ou de la brique de lait avant d’entrer sur les plateaux de télévision … Perchés en haut de leur tour d’ivoire, les hommes politiquent courent désespérément après les occasions médiatiques pour parler aux Français. Mais pour leur dire quoi ?

    Devenu the place to be après avoir été trop longtemps une terra incognita pour les Présidents de la République, le Tour est donc un passage obligé du monde politique, comme si serrer la main du maillot jaune était aussi vecteur de bons sondages que tâter le cul des vaches au Salon de l’Agriculture.

    Des podiums éphémères du Tour de France aux hangars de la Porte de Versailles, l’idée reste la même : occuper l’espace médiatique sans avoir besoin de secouer le cocotier du débat politique de fond. Surtout, ne pas ouvrir la boîte de Pandore …

  2. avatar
    6 juillet 2017 a 11 h 24 min

    En 2016, il était initialement prévu que François Hollande se rende à Cherbourg Octeville pour la deuxième étape (gagnée par Peter Sagan), mais le Président de la République donnera finalement sa préférence au football, se rendant à Saint-Denis au Stade de France pour le quart de finale de l’Euro 2016 entre la France et l’Islande, match gagné 5-2 par les coéquipiers d’Antoine Griezmann.

    Bien d’autres ont profité du soleil médiatique des Champs-Elysées, comme Alain Poher (Président du Sénat de 1968 à 1992) en 1976 pour le sacre de Lucien Van Impe, ou encore Edwige Avice (Ministre déléguée au Temps Libre, à la Jeunesse et aux Sports du gouvernement Mauroy) et Jean Tiberi (premier adjoint au Maire de Paris Jacques Chirac, entre 1983 et 1995) en 1983 pour le premier maillot jaune de Laurent Fignon.

    Le paradoxe de l’étape parisienne tient également au fait que le podium élyséen est le plus médiatisé de tous, même si le fait de voir un homme politique venir sur le Tour de France dans la capitale renforce le syndrome de la tour d’ivoire dans un pays aussi jacobin que l’Hexagone, où le pouvoir est centralisé dans la Ville Lumière.

    Deuxième paradoxe, les Champs-Elysées arrivent en 1975 sur initiative commune d’Yves Mourousi et Valéry Giscard d’Estaing qui en avait discuté par le plus grand des hasards à Chantilly un jour de 1974 … Le 25 août 1976, Jacques Chirac annonce avec fracas sa démission du poste de Premier Ministre après une ultime humiliation de VGE au Fort de Brégançon. En mars 1977, le chef du RPR gagne les élections municipales à Paris face au candidat du Président, Michel d’Ornano. Et dès juillet 1977, Chirac se retrouve aux côtés du maillot jaune Bernard Thévenet, en tant que maire de Paris.

    Aux antipodes du Tour de France cycliste, épreuve populaire et gratuite le long des routes de l’Hexagone, se trouve un sport plus élitiste comme le tennis, dont l’écrin français est Roland-Garros, que les présidents de la République en exercice fuient étrangement comme la peste depuis Valéry Giscard d’Estaing, venu, à peine élu, voir François Jauffret affronter Manuel Orantes en demi-finales des Internationaux de France en 1974.

    Lors des Internationaux de France 1971, Patrick Proisy est invité à l’Elysée avec d’autres sportifs français prometteurs et Georges Pompidou lui assure qu’il peut gagner très vite Roland-Garros. Le vœu du Président de la République ne se fait pas attendre : le Normand fait en effet chavirer le cœur du public de la Porte d’Auteuil dès 1972, en atteignant la finale qu’il perdra contre l’Espagnol Andres Gimeno.

    Plus de quarante ans après Georges Pompidou et VGE, aucun résident de l’Élysée n’a mis les pieds porte d’Auteuil lors du tournoi (une vitrine du sport français pourtant) alors que les uns après les autres ont accepté de se faire conspuer par la plèbe au Parc des Princes puis au Stade de France, que ce soit pour la finale de la Coupe de France ou pour des matches de l‘équipe de France de football. Mais à Roland-Garros, jamais!

    Pas de François Mitterrand, pourtant grand amateur de tennis, pour la victoire historique de Yannick Noah en 1983 ou les finales de Henri Leconte en 1988 et de Mary Pierce en 1994. Pas plus de Jacques Chirac, pourtant présent pour encourager Henri Leconte lors d’un quart de finale contre Mats Wilander en 1985 en tant que maire de Paris, mais aux abonnés absents lors de la victoire de Mary Pierce en 2000 ou de sa finale perdue de 2005 contre Justine Hénin. Pas davantage de Nicolas Sarkozy, pourtant joueur de tennis très régulier et amateur vorace de sport en général, ou de François Hollande en dépit de demi-finales pourtant ultra médiatiques impliquant notamment Gaël Monfils (2008) ou Jo-Wilfried Tsonga (2013, 2015). Les présidents, pourtant au rendez-vous lors de finales de coupe Davis comme Jacques Chirac à Bercy en 2002 et François Hollande au stade Pierre Mauroy Lille en 2014, ont compris depuis longtemps qu’il ne fallait surtout pas être pris en photo sur ce court Philippe-Chatrier au bien mauvais karma pour un homme politique, donc forcément soucieux de sa réélection …

    Mais en 1985, deux futurs présidents de la République française seront au rendez-vous de Roland-Garros pour soutenir Henri Leconte : Jacques Chirac, président du R.P.R. et maire de Paris (où travaillait Brigitte Leconte, l’épouse du gaucher français), et Nicolas Sarkozy, maire de Neuilly et qui avait marié le couple Leconte en 1984.

    Aux 24 Heures du Mans, symbole de cette automobile à combattre dans ce XXIe siècle écologique, 44 ans se sont écoulées entre les visites de Georges Pompidou (1972) et de François Hollande (2016), raillé par les réseaux sociaux car il n’avait pas reconnu l’acteur Patrick Dempsey (Grey’s Anatomy). Pas plus Valéry Giscard d’Estaing que François Mitterrand, Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy ne s’étaient rendus dans la Sarthe pour visiter le double tour d’horloge, dans une course organisée par Pierre Fillon (président de l’Automobile Club de l’Ouest depuis le 31 mai 2012), frère cadet de François Fillon, ancien Premier Ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012).

    La Formule 1, elle, avait reçu François Mitterrand en 1991 au Grand Prix de France, le Président de la République ayant été directement à l’initiative pour faire de la Nièvre le nouvel hôte de l’épreuve hexagonale du championnat du monde. Toujours à Nevers Magny-Cours, le Premier Ministre socialiste Lionel Jospin était venu rendre visite à Jean Todt et Alain Prost en 2000, en compagnie de sa Ministre des Sports, Marie-George Buffet.

  3. avatar
    6 juillet 2017 a 14 h 42 min

    On retiendra aussi la fameuse arrivee du Tour 1971 à Marseille, avec 2 heures d’avance sur l’hjoraire le plus optimiste.

    Au lendemain de la cuisante défaite d’Orcières Merlette contre Luis Ocana, Eddy Merckx avait lance une offensive au kilometre zero de l’étape !!

    Le Cannibale belge et ses compagnons de fugue étaient arrives sur le Vieux Port avant meme que les techniciens de l’ORTF ne terminent d’installerleur materiel pour retransmettre la fin d’étape en direct de la cite phocéenne.

    Egalement surprise par cette étape de feu, le maire socialiste Gaston Defferre ne put se montrer. Il jura que le Tour ne reviendrait jamais à Marseille tant qu’il serait l’édile de la deuxième ville de France.

    Parole tenue, et Marseille dut attendre 1989 pour revoir la Grande Boucle, Defferre mourant à la mairie en 1986, année où Bernard Tapie arrivait à l’OM par une manoeuvre politique de l’ancien Ministre de l’Intérieur de François Mitterrand.

  4. avatar
    8 juillet 2017 a 15 h 02 min
    Par Cargir

    Salut Axel,

    Merci pour cet article très intéressant qui sort du strict cadre sportif. Par rapport à ton dernier commentaire, je ne connaissais pas cette anecdote des 2 heures d’avance sur l’horaire prévu sur le Tour 1971 à l’arrivée de l’étape à Marseille. Comment expliquer ces deux heures d’avance (c’est énorme !) sur l’horaire le plus optimiste ? Les circonstances de course ?

  5. avatar
    9 juillet 2017 a 7 h 06 min

    Salut Cargir,

    L’explication des 2h d’avance à Marseille en 1971 ?

    Tout simplement le fait que Merckx a attaqué au kilomètre zéro ! Luis Ocaña lui ayant mis huit minutes la veille à Orcières, le Belge avait décidé de mettre le feu au Tour pour reprendre son maillot jaune.

    Car il faut bien comprendre que si dans l’esprit de l’aréopage journalistique et d’une grande partie du peloton, le Cannibale avait perdu, il n’en était rien du côté du double vainqueur sortant (1969 et 1970) qui espérait encore renverser la situation. Ce qu’il ne put pas faire “à la régulière” avant Paris, Ocaña devant abandonner sous la pluie dans la descente du col de Menté.

    De plus, c’était a priori une simple étape de transition entre Alpes et Pyrénées avec un chrono intermédiaire (à Albi) avant l’étape Revel – Luchon, bref Jacques Goddet et Félix Lévitan avaient du tabler sur une étape de baroudeurs voire de sprinters donc un rythme de course relativement modéré. Il n’en fut rien, selon le vieil adage qui veuille que ce sont les coureurs qui font la course !

  6. avatar
    9 juillet 2017 a 23 h 57 min
    Par Cargir

    Merci Axel pour ces infos et explications, c’est certain que si Merckx durcit la course, ce ne sont plus les estimations de temps qui tiennent !

  7. avatar
    11 juillet 2017 a 12 h 17 min

    Salut Cargir,

    Oui en effet, il faut se souvenir du Ronde 1969, où Merckx envoie ballader son directeur sportif Guillaume Driessens, le jeune Belge s’échappant à 70 km de l’arrivée sous la pluie pour gagner avec plus de 5 minutes d’avance, un des plus beaux exploits des classiques avec Coppi en 1946 sur Milan San Remo ou Hinault en 1980 dans la Doyenne Liège-Bastogne-Liège.

    Pour revenir au Tour 1971, Merckx n’était plu sle meme coureur depuis sa chute au vélodrome de Blois en septembre 1969 Difficile de croire que l’Espagnol Ocaña aurait pris 8 minutes au Cannibale si celui-ci avait conserve les qualites de grimpeur vues sur le Giro 1968 (Tre Cime di Lavaredo) ou le Tour 1969 (étapes du Ballon d’Alsace et de Mourenx, cette dernière victoire étant facilitée par la resignation des dauphins, Pingeon, Gimondi et autres Poulidor).

  8. avatar
    12 juillet 2017 a 21 h 18 min
    Par Cargir

    Pour prolonger notre discussion, sais-tu si dans le passé les étapes de plat du Tour se terminaient quasi systématiquement au sprint massif entre spécialistes comme c’est le cas aujourd’hui ? Car depuis que je m’intéresse au vélo, on va dire depuis l’an 2000 à peu près, j’ai l’impression que c’est le cas. On mets souvent en avant qu’aujourd’hui les équipes ont 9 coureurs, donc meilleur contrôle des coureurs échappés et de la course, mais est-ce la seule raison ? J’ai l’impression que le sprint a plus d’importance qu’avant.

  9. avatar
    16 juillet 2017 a 20 h 28 min

    Salut Cargir,

    Sur le plat, les échappées sont de plus en plus rares en effet, double effet boomerang de l’EPO et des oreillettes. Le cyclisme a perdu son âme.

    On peut citer Thierry Marie en 1991 au Havre, Eddy Seigneur et Frankie Andrey en 1994 à Paris ou encore le fameux coup de Pontarlier en 2001, certes favorisé par l’apathie du peloton comme le coup de Jarnac de 1990 au Futuroscope de Poitiers, qand le quatuor Maassen Bauer Pensec Chiappucci avait pris 10’35” à des favoris (LeMond, Breukink, Delgado, Fignon et Bugno) se regardant en chiens de faïence.

    Le sprint offre plus de visibilité qu’un baroudeur. Mieux vaut Cipollini, Zabel, Cavendish, Sagan, Steels, Greipel, Degenkolb, Boonen, Abdoujaparov ou Kittel que Jacky Durand malgré tout le respect que j’ai pour lui (superbe coureur) !

  10. avatar
    17 juillet 2017 a 23 h 07 min
    Par Cargir

    Salut Axel,

    Ta réponse me conforte dans ce que je pensais plus ou moins, dommage pour le côté légendaire du cyclisme, le vélo a en effet perdu une grande partie de son âme.

    Je ne connais pas ton âge, mais moi, j’ai 33 ans, et du coup on peut dire que je n’ai en effet pas connu la meilleure époque du cyclisme !

    En ce qui concerne Jacky Durand, il était en effet un excellent coureur. Sa fin de carrière a d’ailleurs coïncidé avec mon début de passion pour le vélo. Je dirais même que ce fut même l’un de ceux qui m’a donné envie de m’intéresser au cyclisme, avec Pantani.

  11. avatar
    19 juillet 2017 a 9 h 47 min

    Salut Cargir,

    Moi je vais avoir 35 ans en septembre. Jacky Durand était un vrai combatant, un gladiateur de l’asphalte qui mouillait le maillot pour reprendre une expression du monde du foot.
    Marco Pantani était mon coureur favori, quel panache en montagne. J’aimais bien Mario Cipollini aussi ainsi que l’inoubliable José Maria Jimenez, autre grimpeur maudit.

    Le dopage EPO a tué le cyclisme, et les oreillettes ont tué une 2e fois ce sport pourtant merveilleux.

    Il faut d’urgence prendre les mesures qui s’imposent contre tout dopage (mécanique ou sanguine) avec une suspension à vie et des amendes dissuasives financièrement, l’interdiction de l’oreillette et revenir à des equipes de 7 dans les grands Tours (on va passer de 9 à 8 c’est déjà ça).

    Mais pour tout cela, il faudrait que l’UCI ne soit pas juge et partie … Depuis Hein Verbruggen, alias le Ponce Pilate de Lausanne, ni Pat McQuaid ni Brian Cookson n’ont vraiment change les choses, c’est plus confortable de rester perché dans sa tour d’ivoire en confortant l’omerta en place que de nettoyer les écuries d’Augias et d’ouvrir les vieilles boîtes de Pandore du peloton.

  12. avatar
    20 juillet 2017 a 8 h 51 min

    Un mot rapide pour souligner la visite du president Emmanuel Macron sur le Tour 2017, à Serre Chevalier.

    Sur la course elle-même, c’est gagné pour Froome s’il ne s’effondre pas dans l’Izoard. Car je vois mal Bardet et Uran reprendre du temps au Kenyan Blanc dans le chrono marseillais, meme si le parcours dans la cite phocéenne comportera la terrible côte de la Bonne Mère.

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