Les meilleurs crus du tennis masculin dans l’ère Open (1968-2015)
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Les meilleurs crus du tennis masculin dans l’ère Open (1968-2015)

Depuis que l’ordinateur fait un classement ATP (1973), plusieurs immenses joueurs de tennis ont réussi des performances extraordinaires sur la longueur d’une année civile. Petit flash-back en remontant depuis les débuts de l’ère Open, avec notamment le Grand Chelem calendaire de Rod Laver en 1969, sorte de péché originel de cette nouvelle ère du tennis, fruit défendu auquel l’Australien est le seul à avoir goûté en 48 ans, et à l’aune de qui chaque numéro 1 mondial est désormais jugé, tel le Novak Djokovic stellaire de 2015 …

Chaque numéro 1 mondial nominé sera noté sur un total théorique de 100 points, avec quatre critères chacun noté de 1 à 5 :

-  Le palmarès brut, avec 5 points par victoire pour chaque tournoi majeur les années non olympiques (les 4 Grands Chelems et la Masters Cup, juge de paix de chaque fin de saison entre les barons du top 8) ou barème spécial pour les années olympiques à partir de 1996 (4 points par Grand Chelem et pour la Masters Cup, 5 points pour les Jeux Olympiques), 2 points par finale perdue pour chaque tournoi majeur, 1 point par demi-finale perdue pour chaque tournoi majeur, ou 1 point de bonus / compensation si contexte très défavorable (blessure, forfait …). Si le joueur dispute la Coupe Davis et la gagne, il remporte 2 points de bonus. Si le joueur gagne 10 tournois (voire plus), il remporte également 2 points de bonus. Si le joueur gagne 15 tournois (voire plus), il remporte alors 4 points de bonus. Si le joueur termine pour la deuxième fois n°1 au classement ATP, il remporte 1 point de bonus ( 2 points si consécutivement ). Si le joueur termine pour la troisième fois n°1 au classement ATP, il remporte 2 points de bonus ( 3 points si consécutivement ). Si le joueur termine pour la quatrième fois n°1 au classement ATP, il remporte 3 points de bonus ( 4 points si consécutivement ). Si le joueur termine pour la cinquième fois n°1 au classement ATP, il remporte 4 points de bonus ( 5 points si consécutivement ). Cela récompense la capacité du champion à lutter contre la fameuse usure du pouvoir, l’inexorable déclin qui vient frapper à la porte du fait de l’érosion du temps qui passe.

-  La concurrence, avec 1 pour une opposition très faible et 25 pour une opposition très forte soit la différence entre le bon grain et l’ivraie, pour le plus subjectif des quatre critères. Mais c’est un secret de polichinelle, c’est le niveau de la concurrence qui permet de véritablement étalonner le mérite d’un champion à l’heure des comparatifs historiques par l’impitoyable aréopage des journalistes et des passionnés. Le palmarès colossal du Kaiser Schumacher en F1 ne convainc pas certains de lui décerner la palme du plus grand pilote de tous les temps, la concurrence rencontrée par l’Allemand entre 1994 et 2004 étant bien moins dense (D.Hill, J.Villeneuve, Häkkinen, Coulthard, Irvine, Barrichello, R.Schumacher, Montoya, Räikkönen, Alonso) que celle à laquelle a fait face la génération précédente, avec Ayrton Senna, Alain Prost, Nigel Mansell ou encore Nelson Piquet.

-  Les confrontations directes avec les numéros 2 et 3 mondiaux de la saison, avec 1 pour une tendance trop défavorable et 25 pour une tendance très favorable, avec une formule de calcul simple : 25 * le ratio du bilan cumulé de victoires / défaites (arrondi à l’entier le plus proche).

-  Le ratio victoires / défaite, avec une formule de calcul simple : 25 * le ratio de victoires / défaites (arrondi à l’entier le plus proche)

Rod Laver 1969 (92 points)

o  Palmarès brut (25) : Veni, Vidi, Vici. Voilà ce que pourrait dire Rod Laver après sa campagne 1969, celle où tous les autres joueurs rentrent bredouille en majeurs tandis que le boss atteint la quadrature du cercle pour la deuxième fois après 1962 en amateurs. L’Australien marche une deuxième fois sur la Lune, astre foulé dès 1938 par l’Américain Donald Budge … C’est donc un jackpot 25 points pour le deuxième Grand Chelem du génial Australien, soit 4 victoires à Roland-Garros, Wimbledon, l’US Open et l’Open d’Australie, le Masters n’étant créé qu’en 1970 … Mais Laver a chaussé ses bottes de sept lieues … En plus de ces 4 titres majeurs, le natif du Queensland gagne à Philadelphie, Johannesburg et Londres, soit 7 titres Open qui ne comptent pas les tournois pros où Laver effectue une véritable razzia (Orlando, Los Angeles, Anaheim, New York Madison Square Garden Pro, Wembley Pro, Chestnut Hill, Saint-Louis, Fort Worth, Binghamton, Baltimore, Madrid, soit 11 titres Pro + 7 titres Open = 18 titres au total qui lui auraient alors offert 4 points de bonus, soit 29 points sur 25, comme si le boulimique Australien avait ouvert la porte de la quatrième dimension) …

o  Concurrence (25) : personne n’a pu faire face à l’OVNI Rod Laver, malgré la présence d’autres fauves venus du loin pays des kangourous, Ken Rosewall, Roy Emerson, John Newcombe ou encore Tony Roche, tous d’immenses joueurs de tennis, sans oublier l’Américain Arthur Ashe, que Laver domine en demi-finale de l’US Open.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (19) : Le classement ATP n’existait pas à l’époque mais on peut considérer Tony Roche comme le dauphin légitime de Laver en 1969. Demi-finaliste en Australie, à Roland-Garros, Wimbledon et finaliste à Forest Hills (US Open), Tony Roche s’incline 3-2 contre Rod Laver (victoires de Laver à Kooyong pour l’Open d’Australie, à Philadelphie et à l’US Open, défaites à Sydney et Auckland), tandis que Ken Rosewall est battu 3-0 par Laver (victoires à Philadelphie, Roland-Garros et Boston), soit 6-2 pour l’homme qui réalise son deuxième Grand Chelem après 1962.  En comptant les affrontements hors circuit Open avec son compatriote Ken Rosewall (certainement le joueur le plus sous-estimé de l’Histoire du tennis), Laver mènerait 8-1 et non 3-0 face à son rival.

o  Ratios victoires / défaites (23) : 45 victoires pour 5 défaites (face à Tony Roche à Sydney, contre Tony Roche à Auckland, face à John Newcombe au Queen’s, contre Raymond Moore à Los Angeles, face à Fred Stolle à Stockholm), soit un ratio de 92 %.

Jimmy Connors 1974 (80 points)

o  Palmarès brut (20) : 15 points pour 3 victoires à Wimbledon, l’US Open et l’Open d’Australie (joué en décembre 1973), et 1 point pour son forfait bien involontaire à Roland-Garros (victoire du Suédois Bjorn Borg) du fait de la suspension imposée par Philippe Chatrier aux joueurs américains ayant disputé les tournois inter-villes. Du haut de sa tour d’ivoire, le président de la FFT a dressé la guillotine. Même la défense de Robert Badinter, future Garde des Sceaux sous François Mitterrand, l’homme qui porta l’estocade à la peine de mort en 1981, ne put changer le cours du destin, alors que Jimbo pouvait viser le Grand Chelem calendaire, vu sa forme sur la surface ocre … En plus de ces 3 titres majeurs, le bulldozer américain gagne à Roanoke, Little Rock, Birmingham, Salisbury, Hampton, Salt Lake City, Tempe, Manchester, Indianapolis, Los Angeles, Londres et Johannesburg, soit un festin colossal de 15 titres au total qui lui offrent 4 points de bonus. Hormis Roland-Garros, tous les tournois ou presque sont passés sous les fourches caudines du phénomène Connors, qui marche sur l’eau en 1974, au climax de sa fantastique carrière.

o  Concurrence (17) : autre fontaine de jouvence de l’année 1974 à seulement 18 ans, Bjorn Borg à l’aube de sa somptueuse carrière, John Newcombe et Arthur Ashe au crépuscule. Restent un Ken Rosewall quadragénaire (né en 1934) ainsi que Manuel Orantes ou Ilie Nastase. Pas la meute la plus menaçante vu pour un n°1 mondial … Ce n’est pas sa faute si Jimmy Connors n’a pas affronté les meilleurs en 1974, mais un léger sentiment d’inachevé persiste, surtout au vu de ses résultats 1975 (perte de ses trois titres majeurs avec des défaites en finale face à Newcombe en Australie, Ashe à Wimbledon et Orantes à l’US Open). 1974, c’est l’année des géants, Franz Beckenbauer champion du monde de football et Johan Cruyff triple Ballon d’Or, Eddy Merckx quintuple vainqueur du Giro, quintuple vainqueur du Tour et triple champion du monde de cyclisme, Muhammad Ali phénix de Kinshasa après le Rumble in the Junglecontre George Foreman (Ali Boma Ye) … Jimmy Connors ne dépare pas dans ce gotha de titans du sport mondial. 1974 c’est aussi une année où l’homme se remet en perspective par rapport à l’espace et au temps … L’australopithèque Lucy découvert par Yves Coppens en Ethiopie, et ainsi baptisée en clin d’œil à la chanson des Beatles Lucy in the Sky with Diamonds, le message aux extraterrestres envoyé via le célèbre plaque de Pioneer, sorte de bouteille à la mer interstellaire. Si l’on avait donné une raquette à l’homme et à la femme représentés sur la plaque, alors il aurait certainement ressemblé à Jimmy Connors  et Chris Evert, en couple cette année là et vainqueurs simultanés à Wimbledon quelques mois après leur rupture liée à un avortement de Chris Evert, laquelle se consola ensuite avec Burt Reynolds (Boogie Nights), Jack Ford (fils du président Gerald Ford) puis le tennisman britannique Jack Lloyd qu’elle épousa en 1979.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (pas noté) : 0-0 pour Jimmy Connors contre son dauphin John Newcombe (pas de rencontre en 1974 entre Jimbo  et l‘Australien) et 0-0 pour Jimmy Connors contre Bjorn Borg (pas de rencontre en 1974 entre l’Américain et le Suédois) soit 0-0 en cumulé. On va donc appliquer un ratio de 4/3 aux trois autres notes pour pouvoir noter Connors sur 100 points comme les autres numéros 1 de ce comparatif.

o  Ratios victoires / défaites (23) : un ratio ahurissant de 93 victoires pour 6 défaites (face à Karl Meiler à Omaha, contre Vijay Amritraj à Washington DC, face à Stan Smith à Nottingham, contre Juan Gisbert à Toronto, face à Alex Metreveli à South Orange, contre Onny Parun à San Francisco), soit 93.93 % …

Bjorn Borg 1980 (88 points)

o  Palmarès brut (20) : 15 points pour 3 victoires à Roland-Garros et Wimbledon et au Masters, 2 points pour la finale à l’US Open (défaite contre John McEnroe), 1 point pour le boycott annuel de l’Open d’Australie par le Scandinave. En plus de ces 3 titres majeurs, le natif de Stockholm gagne à Boca Raton, Salisbury, Nice, Monte-Carlo, Las Vegas et Stockholm, soit 9 titres au total. Numéro 1 mondial pour la deuxième année consécutive après 1979 et la deuxième fois de sa carrière en tout, le Suédois remporte 2 points de bonus.

o  Concurrence (25) : avec un John McEnroe qui gagne en expérience et un Jimmy Connors toujours redoutable à 28 ans, sans oublier Ivan Lendl pointant le bout de son nez ou Guillermo Vilas, le Suédois avait clairement de très gros clients en face de lui … Nourri au nectar et à l’ambroisie, Bjorn Borg était un champion charismatique, seuls le roi Pelé et Muhammad Ali ayant un plus grand rayonnement international que lui. Mais dans la sphère du tennis, Iceborgtrouvait tout de même à qui parler.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (20) : 3-1 pour Bjorn Borg contre son dauphin John McEnroe (victoires de Borg en finale à Wimbledon et Stockholm, en poules au Masters Cup à New York, victoire de McEnroe en finale de l’US Open) et 1-0 pour Bjorn Borg contre Jimmy Connors (victoire en Masters Cup à New York (*) ) soit 4-1 en cumulé.

(*) Demi-finale de Masters Cup 1980 jouée le 17 janvier 1981 à New York, mais de toute façon Borg avait aussi battu Connors en round robin de l’édition 1979 du Masters, match joué le 9 janvier 1980 également à Big Apple.

o  Ratios victoires / défaites (23) : un ratio ahurissant de 72 victoires pour 5 défaites (contre Guillermo Vilas à la Coupe des Nations, face à Ivan Lendl à Toronto sur abandon, contre John McEnroe à l’US Open, face à Ivan Lendl à Bâle, contre Bill Scanlon à Tokyo, sans compter le walkover – forfait – à Bologne contre Ivan Smid), soit 93.51 % …

John McEnroe 1984 (94 points)

o  Palmarès brut (25) : 15 points pour 3 victoires à Wimbledon, à l’US Open et au Masters, 2 points pour la finale à Roland-Garros (défaite contre Ivan Lendl), 1 point pour le boycott annuel de l’Open d’Australie par l’Américain. En plus de ces 3 titres majeurs, le natif de Wiesbaden en Allemagne (son père était militaire à l’US Air Force) gagne à Philadelphie, Richmond, Madrid, Bruxelles, Dallas, Forest Hills, au Queen’s, Toronto, San Francisco et Stockholm, soit 13 titres au total, donc 2 point de bonus largement mérités pour ce bilan gargantuesque. Numéro 1 mondial pour la quatrième année consécutive après 1981, 1982 et 1983, pour la quatrième fois de sa carrière en tout, l’Américain remporte 5 points de bonus.

o  Concurrence (22) : en 1984, Ivan Lendl va sortir du syndrome de la poule mouillée (surnom donnée par Connors après que Lendl ait balancé un match de poule du Masters new-yorkais de 1980 pour ne pas avoir à affronter Borg en demi-finale) après sa victoire à Roland-Garros. Ce n’est pas encore Ivan le Terrible, mais le Tchécoslovaque est un rival plus que coriace. Quant à Jimmy Connors, il n’est plus n°1 mondial, mais Jimbo possède toujours de très beaux restes à 32 ans. Mais impossible de s’opposer à un McEnroe dont le tennis offensif est au pinacle de son art, à un point tel qu’on en risquerait le syndrome de Stendhal, tel l’auteur de la Chartreuse de Parme en visite à Florence en 1817 …Big Mac dans ses œuvres, c’est une madeleine de Proust tant le souvenir de ce tennis emprunt de panache rend nostalgique ses aficionados. Curieux paradoxe, McEnroe tombe du Capitole à la Roche Tarpéienne en septembre 1985, lors d’une finale de l’US Open où le gladiateur américain est bombardé par les parpaings de Lendl sur le ciment new-yorkais. Stellaire en 1984, Big Mac revient parmi les mortels l’année suivante, prenant le toboggan déclin en 1985 sans y être préparé …

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (23) : 6-0 pour John McEnroe contre Jimmy Connors (victoires à la World Team Cup de Dallas, Roland-Garros, au Queen’s, à Wimbledon, à Toronto et à l’US Open) et 5-1 pour John McEnroe contre Ivan Lendl (victoires à Philadelphie, Bruxelles, à Forest Hills, à la World Team Cup, à l’US Open, à la Masters Cup de New York (**), victoire de Lendl en finale à Roland-Garros), soit un cumul de 11-1 contre ses deux poursuivants, mais ce terrible 1 symbolise sa quête du Graal ratée Porte d’Auteuil, occasion qu’il ne retrouvera plus jamais, faisant à jamais partie du panthéon des rois maudits de la terre parisienne avec Connors, Becker, Edberg ou encore Sampras. (**) Finale de Masters Cup 1984 jouée le 7 janvier 1985 à New York, mais de toute façon McEnroe avait aussi battu Lendl en finale de l’édition 1983, match joué le 15 janvier 1984 également à Big Apple.

o  Ratios victoires / défaites (24) : un ratio tout juste phénoménal de 82 victoires pour 3 défaites (contre Ivan Lendl à Roland-Garros, face à Vijay Amritraj à Cincinnati, contre Henrik Sudström en Coupe Davis à Göteborg), soit 96.47 % … Vertigineux, Big Mac tutoye la perfection en 1984, ne s’inclinant que contre un futur numéro 1 mondial et un joueur indien connu pour avoir battu Borg plusieurs fois et joué dans un James Bond (Octopussy en 1983, Vijay secondant 007 alias Roger Moore), et un joueur suédois dans le contexte si spécial de la Coupe Davis, le saladier d’argent étant en jeu sur la terre battue de Göteborg !

Ivan Lendl 1986 (73 points)

o  Palmarès brut (19) : 15 points pour les 3 victoires à Roland-Garros à l’US Open et au Masters, 2 points pour la finale à Wimbledon (défaite contre Boris Becker). En plus de ces 3 titres majeurs, le natif d’Ostrava gagne à Philadelphie, Boca West, Milan, Fort Myers, Rome et Stratton Mountain, soit 9 titres au total. Numéro 1 mondial pour la deuxième année consécutive après 1985, pour la deuxième fois de sa carrière en tout, le Tchécoslovaque remporte 2 points de bonus.

o  Concurrence (15) : les Américains Connors et McEnroe s’effondrent, surtout Big Mac qui passe de la deuxième à la quatorzième place ATP entre fin 1985 et fin 1986. Ne restent face au rouleau-compresseur tchécoslovaque, qui révolutionne la tennis par son approche diététique et son stakhanovisme à l’entraînement sous l’égide de Tony Roche, que des joueurs pas encore parvenus à maturité : l’Allemand Boris Becker, révélé à Wimbledon en 1985 et qui enfonce le clou en juillet 1986 sur le gazon londonien, les Suédois Mats Wilander et Stefan Edberg. Au total, cinq grands joueurs, mais tous loin de leur apogée en carrière pour des raisons différentes … Contre Lendl, de la densité, mais aucun rival au zénith capable de le pousser dans ses ultimes retranchements. Paradoxe, c’est McEnroe qui a le plus souffert de l’hégémonie naissante de Lendl, et c’est contre l’Américain qu’Ivan le Terrible trouve un double déclic en 1984 à Roland-Garros : mené 6-3, 6-2, 4-1, il voit Big Mac rater le double break et s’impose en cinq sets, gagnant ainsi son premier titre du Grand Chelem et sortant du syndrome de la poule mouillée, surnom peu glorieux affublé par Jimmy Connors. Epuisé par ce marathon sur l’ocre parisien, Lendl redouble ses charges d’entraînement, gagnant en puissance physique comme en endurance. C’est la naissance d’un nouveau tennis de fond de court avec des services fusée … En 1985, surpris tactiquement par Wilander en finale Porte d’Auteuil, Lendl n’impose sa férule qu’ à l’US Open, McEnroe ayant lui perdu à Wimbledon sous les coups de boutoir de Kevin Curren. La finale new-yorkaise marque un changement d’ère, Lendl sonnant définitivement le glas des espoirs de John McEnroe de dominer le circuit masculin. Le tennis bascule dans une autre dimension. Avec une telle confiance, Lendl débute ainsi 1986 sur les chapeaux de roue, avec 25 victoires de rang (en ne tenant pas compte du forfait de Tim Mayotte en finale à Philadelphie).

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (16) : 3-3 pour contre Ivan Lendl  contre Boris Becker (victoires au Masters 1985 joué  à New York en janvier 1986, à Stratton Mountain puis en Masters Cup à New York, défaites à Chicago, Wimbledon et Sydney) et 2-0 pour Ivan Lendl  contre Mats Wilander (victoires à Boca Raton et au Masters à New York). Cela donne un bilan de 5-3 pour Lendl en 1986 contre les numéros 2 et 3 mondiaux.

o  Ratios victoires / défaites (23) : en 1986, Ivan Lendl boucle l’année avec un ratio presque surhumain de 79 victoires pour 6 défaites (face à Boris Becker à Chicago, contre Yannick Noah à Forest Hills, face à Boris Becker à Wimbledon, contre Kevin Curren à Toronto, face à Boris Becker à Sydney, contre Stefan Edberg à Tokyo), tableau d’honneur magnifique dans l’absolu avec 92.94 % de réussite, mais moindre que d’autres millésimes des grands numéros 1 mondiaux.

Ivan Lendl 1987 (79 points)

o  Palmarès brut (20) : 15 points pour les 3 victoires à Roland-Garros à l’US Open et au Masters, 2 points pour la finale à Wimbledon (défaite contre Pat Cash). En plus de ces 3 titres majeurs en individuel, Lendl gagne à Hambourg, Washington DC, Montréal, Sydney et Wembley, soit 8 titres. Numéro 1 mondial pour la troisième année consécutive après 1985 et 1986, pour la troisième fois de sa carrière en tout, le Tchécoslovaque remporte 3 points de bonus.

o  Concurrence (15) : les rivaux de Lendl ne sont guère plus féroces en 1987, même si Becker, Edberg et Wilander gagnent chacun une année d’expérience. Quant aux deux titans américains, ils remontent au classement mais de pas façon suffisamment significative pour gêner Lendl, plus seul que jamais dans son splendide isolement …

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (21) : 2-1 pour contre Ivan Lendl contre  Stefan Edberg (victoires à Wimbledon et Montréal, défaite à Tokyo) et 3-0 pour Ivan Lendl  contre Mats Wilander (victoires dans les finales de Roland-Garros, de l’US Open et du Masters à New York). Cela donne un bilan de 5-1 pour Lendl en 1987 contre les numéros 2 et 3 mondiaux.

o  Ratios victoires / défaites (23) : en 1987, Ivan Lendl boucle l’année avec un ratio de 70 victoires pour 7 défaites (face à Pat Cash à l’Open d’Australie, contre Miroslav Mecir à Key Biscayne, face à David Pate à Tokyo, contre Joakim Nyström à Rome, contre Pat Cash à Wimbledon, face à Peter Lundgren à San Francisco, contre Stefan Edberg à Tokyo), tableau d’honneur magnifique dans l’absolu avec 90.90 % de réussite, mais moindre que d’autres millésimes des grands numéros 1 mondiaux.

Mats Wilander 1988 (79 points)

o  Palmarès brut (15) : 15 points pour 3 victoires à l’Open d’Australie, à Roland-Garros et à l’US Open. En plus de ces 3 titres majeurs en individuel, Wilander gagne à Key Biscayne (Miami), Cincinnati et Palerme, soit 6 titres.

o  Concurrence (18) : en 1988, Wilander voltige et se bat avec Ivan Lendl, Stefan Edberg ou encore Boris Becker. A 28 ans, le Tchécoslovaque n’a aucune raison (blessure, usure du pouvoir) de flancher mais il laisse le trône à Wilander. En 1989, le Suédois ne saura pas porter l’estocade face à Ivan le Terrible, qui reprendra sa place au sommet de l’ATP … L’alchimie du Wilander de 1988 sera un feu de paille, malheureusement pour lui.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (25) : 1-0 pour Mats Wilander contre Ivan Lendl (victoire du Suédois en finale de l’US Open) et 1-0 pour Mats Wilander contre André Agassi (victoire du Scandinave en finale de Roland Garros). Cela donne un bilan de 2-0 pour Wilander en 1988 contre les numéros 2 et 3 mondiaux.

o  Ratios victoires / défaites (21) : en 1988, Mats Wilander boucle l’année avec un ratio de 53 victoires pour 11 défaites (face à Jay Berger à Orlando, contre Milan Srejber et Miroslav Mecir en Coupe Davis à Norrköping, face à Claudio Pistolesi à Monte-Carlo, contre Ronald Agenor à Rome, face à Miroslav Mecir à Wimbledon, contre Horacio de la Pena à Boston, face à Amos Mansdorf à Paris-Bercy, contre Dan Goldie à Stockholm, face à Boris Becker et Stefan Edberg à la Masters Cup de New York, contre Carl-Uwe Steeb en Coupe Davis à Göteborg), bilan magnifique dans l’absolu avec 82.81 % de réussite, mais moindre que d’autres millésimes des grands numéros 1 mondiaux.

Pete Sampras 1993 (71 points)

o  Palmarès brut (13) : 10 points pour les 2 victoires à Wimbledon et à l’US Open, 2 points pour la finale au Masters (défaite contre Michael Stich) et 1 point pour la demi-finale à l’Open d’Australie (défaite contre Stefan Edberg). En plus de ces 2 titres majeurs en individuel, Sampras gagne à Sydney, Miami, Hong Kong, Tokyo, Lyon et Anvers, soit 8 titres.

o  Concurrence (20) : c’est principalement Jim Courier que Pete Sampras doit affronter en 1993, notamment à Wimbledon où Sampras légitime sa couronne à l’ATP (Petros était monté sur le trône le 12 avril, soit le lundi de Pâques, sons détenir une des quatre trophées du Grand Chelem), puis Stefan Edberg, car André Agassi, qui a offert des montagnes russes d’adrénaline au public de Wimbledon par sa victoire stupéfiante de 1992, ne va pas confirmer dans la cour des grands. Restent Michael Stich et Sergi Bruguera, autres protagonistes du circuit masculin, mais beaucoup trop irrégulier pour briguer la première place.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (17) : bilan négatif pour Sampras 0-1 contre son dauphin allemand Michael Stich (défaite à Francfort en finale de la Masters Cup) mais positif 2-0 contre Jim Courier (victoires à Hong Kong et Wimbledon), soit un bilan cumulé de 2-1 en 1993 contre les numéros 2 et 3 mondiaux.

o  Ratios victoires / défaites (21) : en 1993, l’ancien protégé du docteur Fisher termine avec un ratio de 84 victoires pour 16 défaites (face à Stefan Edberg à l’Open d’Australie, contre Ivan Lendl à Philadelphie, face à Aleksandr Volkov à Indian Wells, contre Jacco Eltingh à Atlanta, face à Goran Ivanisevic à Rome, contre Sergi Bruguera à Roland-Garros, contre Grant Stafford au Queen’s, face à Brett Steven à Montréal, contre Richard Krajicek à Los Angeles, contre Stefan Edberg à Cincinnati,  face à Patrick Rafter à Indianpolis, contre Carlos Costa à Stockholm, face à Goran Ivanisevic à Paris-Bercy, contre Michael Stich au Masters de Francfort), bilan fabuleux dans l’absolu avec 84.16 % de réussite, mais moindre que d’autres millésimes des grands numéros 1 mondiaux.

Pete Sampras 1994 (75 points)

o  Palmarès brut (20) : 15 points pour les 3 victoires à l’Open d’Australie, à Wimbledon et au Masters. En plus de ces 3 titres majeurs en individuel, Sampras gagne à Sydney, Indian Wells, Miami, Osaka, Tokyo, Rome et Anvers, soit 10 titres qui offrent 2 points de bonus au natif de Washington DC. Numéro 1 mondial pour la deuxième année consécutive après 1993, pour la deuxième fois de sa carrière en tout, l’Américain remporte 2 points de bonus.

o  Concurrence (18) : personne n’avait l’étoffe pour inquiéter Sampras sur une année, pas plus Jim Courier en déclin (l’ancien patron du circuit offre une joute d’anthologie contre son successeur en demi-finale à Melbourne), Sergi Bruguera le roi de l’ocre, Goran Ivanisevic le serveur génial, les Allemands Michael Stich et Boris Becker, ou encore André Agassi le revenant après une saison 1993 en dents de scie.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (16) : bilan positif pour Sampras 3-1 contre son dauphin André Agassi (victoires à Miami / Key Biscayne, Osaka et en demi-finale de la Masters Cup de Francfort) mais neutre 2-2 contre Boris Becker (victoires à Rome et en finale de la Masters Cup de Francfort, défaites à Stockholm puis en round robin de la Masters Cup de Francfort), soit un bilan cumulé de 5-3 en 1994 contre les numéros 2 et 3 mondiaux.

o  Ratios victoires / défaites (22) : en 1994, le poulain de Tim Gullikson termine avec un ratio de 77 victoires pour 12 défaites (contre Karim Alami à Doha, face à Jacco Eltingh à Rotterdam, contre Michael Stich à Düsseldorf, face à Jim Courier à Roland-Garros, contre Todd Martin au Queen’s, face à Richard Krajicek en Coupe Davis à Rotterdam, contre Jaime Yzaga à l’US Open, contre Stefan Edberg en Coupe Davis à Göteborg, contre Boris Becker à Stockholm, face à André Agassi à Paris-Bercy, contre Boris Becker au Masters de Francfort, contre Magnus Larsson en Coupe du Grand Chelem à Munich), bilan exceptionnel dans l’absolu avec 86.52 % de réussite, mais moindre que d’autres millésimes des grands numéros 1 mondiaux.

Pete Sampras 1995 (66 points)

o  Palmarès brut (18) : 10 points pour les 2 victoires à Wimbledon et à l’US Open, 2 points pour la finale à l’Open d’Australie (défaite contre André Agassi) et 2 points de bonus pour la victoire en Coupe Davis que Sampras, clé de voûte d’une équipe des Etats-Unis orpheline d’Agassi, gagne presque à lui seul sur terre battue en finale à Moscou, imposant sa férule à ses rivaux russes Andreï Chesnokov et Evgueni Kafelnikov … Jamais sans doute, Pistol Pete n’a mieux joué sur terre battue, même en 1994 à Rome (victoire au Foro Italico) ou en 1996 sur l’ocre parisien de la Porte d’Auteuil (demi-finale).  En plus de ces 2 titres majeurs en individuel, Sampras gagne à Indian Wells, au Queen’s  et à Paris-Bercy. Numéro 1 mondial pour la troisième année consécutive après 1993 et 1994, pour la troisième fois de sa carrière en tout, l’Américain remporte 4 points de bonus.

o  Concurrence (20) : très élevée avec un André Agassi revenu au top de sa forme, le Kid de Las Vegas ayant amorcé son retour depuis le dernier tiers 1994, via des succès à l’US Open et Paris-Bercy. Le grand mérite de Pete Sampras est de briser les 26 victoires de rang de son compatriote, défait par Boris Becker à Wimbledon avant de perdre en finale de l’US Open.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (8) : bilan négatif pour Sampras 2-3 contre Agassi (victoires de Sampras en finale à Indian Wells et à l’US Open, défaites en finale à l’Open d’Australie, à Miami et Montréal), et négatif 0-1 contre le n°3 mondial Thomas Muster (défaite à Essen). En cumulé, cela donne un bilan négatif de 4-2 pour l’Américain, guère flatteur pour un numéro 1 mondial à qui ne l’on pardonne rien, curieux paradoxe : perdez contre un joueur perdu dans l’anonymat du classement ATP et la presse vous jette l’opprobre au risque de franchir le Rubicon en terme de respect dû au roi, perdez contre votre dauphin trop souvent et votre trône n’est plus légitime.

o  Ratios victoires / défaites (20) : en 1995, Pistol Pete termine avec un ratio de 72 victoires pour 16 défaites (contre André Agassi à l’Open d’Australie, face à Todd Martin à Memphis, contre Paul Haarhuis à Philadelphie, face à André Agassi à Miami, contre Paul Haarhuis à Monte-Carlo, contre Olivier Gross à Barcelone, face à Fabrice Santoro à Rome, contre Andreï Medvedev à Hambourg, face à Gilbert Schaller à Roland-Garros, contre André Agassi à Montréal, face à Michael Stich à Cincinnati, contre Bernd Karbacher à Indianapolis, face à Wayne Ferreira à Lyon, contre Thomas Muster à Essen, face à Wayne Ferreira et Michael Chang au Masters de Hanovre), remarquable dans l’absolu avec 81.81 % de réussite, mais moindre que d’autres grands crus des numéros 1 mondiaux.

Pete Sampras 1997 (74 points)

o  Palmarès brut (20) : 15 points pour les 3 victoires à l’Open d’Australie, à Wimbledon et au Masters. En plus de ces 3 titres majeurs, Sampras gagne à San José, Philadelphie, Cincinnati, Munich (Coupe du Grand Chelem) et Paris-Bercy. Numéro 1 mondial pour la cinquième année consécutive après 1993, 1994, 1995 et 1996, pour la cinquième fois de sa carrière en tout, l’Américain remporte 5 points de bonus.

o  Concurrence (8) : figure de proue du tennis américain, Pete Sampras doit principalement affronter Patrick Rafter, Michael Chang et Goran Ivanisevic, puisqu’André Agassi tombe de Charybde en Scylla, chutant ainsi dans les profondeurs abyssales du classement ATP (141e et contraint de jouer des tournois Challenger). Les deux finales majeures remportées par le protégé de Paul Annacone sont gagnées face à des joueurs de moindre calibre, l’Espagnol Carlos Moya à Melbourne et le Français Cédric Pioline à Londres. Clairement une concurrence presque inexistante face à Pistol Pete, qui tire la substantifique moelle de son talent.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (25) : bilan positif pour Sampras 5-0 contre son dauphin australien Patrick Rafter (victoires de Sampras à Philadelphie, Cincinnati, en Coupe Davis, en Coupe du Grand Chelem à Munich et en Masters Cup à Hanovre), et neutre contre le n°3 mondial Michael Chang (0-0, pas de rencontre face à Pete Sampras). En cumulé, cela donne un bilan positif de 5-0 pour l’Américain en 1997.

o  Ratios victoires / défaites (21) : en 1997, le natif de Washington termine avec un ratio de 55 victoires pour 12 défaites (contre Bohdan Ulrirach à Indian Wells, face à Sergi Bruguera à Miami, contre Magnus Larsson à Monte-Carlo, face à Jim Courier à Rome, contre Mark Philippoussis à Düsseldorf, face à Magnus Norman à Roland-Garros, contre Jonas Björkman au Queen’s, face à Magnus Larsson à Indianapolis, contre Petr Korda à l’US Open, face à Richard Krajicek à Stuttgart, contre Carlos Moya au Masters de Hanovre, face à Magnus Larsson en Coupe Davis à Göteborg), bilan remarquable dans l’absolu avec 82.09 % de réussite, mais moindre que d’autres grands crus des numéros 1 mondiaux.

Andre Agassi 1999 (60 points)

o  Palmarès brut (14) : 10 points pour les 2 victoires à Roland-Garros et l’US Open, 2 points pour la finale à Wimbledon (défaite contre Pete Sampras), 2 points pour la finale en Masters Cup (défaite contre Pete Sampras). En plus de ces 2 titres majeurs, Agassi gagne 3 tournois, à Hong Kong, Washington DC et Paris-Bercy. Ayant pu refermer sa boîte de Pandore personnelle, qui avait libéré bien trop de démons en 1997, Le Kid de Las Vegas assemble son puzzle à 29 ans, à l’approche de la trentaine. Revenu du diable vauvert, Agassi est le premier tennisman à gagner les quatre tournois du Grand Chelem depuis Roy Emerson dans les années 60, le cinquième de l’Histoire (avec un grand H à laquelle il appartient désormais). Le cancre surdoué du Nevada, gourmet face au boulimique Sampras, n’est cependant pas le premier dans l’ère Open à gagner sur quatre surfaces différentes : Mats Wilander avait gagné sur terre battue (Roland-Garros), decoturf (Flushing Meadows), gazon (Kooyong en Australie) et rebound ace (Melbourne), tout comme Agassi mais qui gagne sur le gazon de Wimbledon, le plus noble d’entre tous. Le record appartient désormais à Roger Federer, vainqueur sur cinq surfaces, en l’occurrence sur terre battue (Roland-Garros), decoturf (Flushing Meadows), gazon (Wimbledon) et rebound ace et plexicushion (Melbourne)

o  Concurrence (15) : l’épouvantail Pete Sampras forfait à l’US Open par la faute d’une hernie discale (tout comme à l’Open d’Australie début 1999), André Agassi eut un boulevard devant lui pour reconquérir le titre à New York cinq ans après son sacre de septembre 1994. Le plus régulier fut le Russe Evgueni Kafelnikov, avec également Gustavo Kuerten en trouble-fête sur terre battue, sauf à Roland-Garros, où le Brésilien était favori (après un doublé Monte-Carlo / Rome) avant de se faire sortir Porte d’Auteuil par Andreï Medvedev.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (11) : bilan positif pour Agassi 3-1 contre son dauphin russe Evgueni Kafelnikov (victoires à Washington DC, à l’US Open et en Masters Cup à Hanovre, défaite à Montréal), et négatif 1-4 contre le n°3 mondial Pete Sampras (victoire en round robin de la Masters Cup de Hanovre, défaites à Wimbledon, Los Angeles, Cincinnati et en finale de la Masters Cup à Hanovre). En cumulé, cela donne un bilan négatif de 4-5 pour l’Américain en 1999.

o  Ratios victoires / défaites (20) : en 1999, le Kid De Las Vegas termine avec un ratio de 63 victoires pour 14 défaites (face à Vince Spadea à l’Open d‘Australie, contre Cecil Mamiitt à San José, face à Jan Michael Gambill à Scottsdale, contre Dominik Hrbaty à Miami, face à Patrick Rafter à Rome, contre Nicolas Escudé à Düsseldorf, face à Pete Sampras à Wimbledon, contre Pete Sampras à Los Angeles, face à Evgueni Kafelnikov à Montréal,  contre Pete Sampras à Cincinnati, face à Tommy Haas en Coupe du Grand Chelem à Munich, contre Karol Kucera à Bâle, face à Tomas Enqvist à Stuttgart, contre Pete Sampras en Masters Cup à Hanovre), bilan qui inspire le respect dans l’absolu avec 81.81 % de réussite, mais moindre relativement à d’autres grands crus des numéros 1 mondiaux.

Roger Federer 2004 (78 points)

o  Palmarès brut (16) : barème spécial puisqu’année olympique en 2004 (Jeux d’Athènes), 16 points pour 4 victoires à l’Open d’Australie, à Wimbledon, à l’US Open et au Masters. A ces 4 titres majeurs, il faut rajouter Doha, Rotterdam, Dubai, Indian Wells, Miami, Hambourg, Halle, Cincinnati et Bangkok, soit 11 titres qui offrent deux points de bonus au Suisse, papillon sorti de sa chrysalide depuis Wimbledon 2003, sorte de concours Lépine de la création tennistique, tant sa palette de coups est éclectique.

o  Concurrence (14) : en 2004, Marat Safin, Andy Roddick et Lleyton Hewitt ne sont pas encore détruits psychologiquement par l’ouragan Federer, mais ce dernier a compris fin 2003 au Masters d’Houston qu’il est devenu le meilleur tennisman au monde, et pour le prouver sans qu’aucune contestation ne soit possible, il va les battre à plate couture dans des matches clés : à l’Open d’Australie pour Safin, à Wimbledon pour Roddick, la pluie jouant un rôle non négligeable dans la victoire du Suisse, à l’US Open pour Hewitt qui prend deux roues de bicyclette (6-0, 7-6, 6-0). A Roland-Garros, Rafael Nadal étant forfait après une blessure contractée à Estoril au Portugal, un seul joueur était vraiment au-dessus du lot en 2004, Guillermo Coria, terrien VIP battu injustement en finale par son compatriote Gaston Gaudio, sorte d’imposteur aux yeux de l’Histoire …

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (25) : face à Andy Roddick, Roger Federer mène 3-0 en 2004 (victoires à Wimbledon, Toronto et Bangkok). Face à Lleyton Hewitt, le Suisse mène 4-0 (victoires à l’Open d’Australie, à Hambourg, à Wimbledon, à l’US Open). Cela donne un bilan de 7-0 en cumulé.

o  Ratios victoires / défaites (23) : un ratio redoutable de 74 victoires pour 6 défaites (contre Tim Henman à Rotterdam, face à Rafael Nadal à Miami, contre Albert Costa à Rome, contre Gustavo Kuerten à Roland-Garros, face à Dominik Hrbaty à Cincinnati, contre Tomas Berdych aux Jeux Olympiques d’Athènes), soit 92.5 % de réussite … L’ogre Federer vient d’accomplir l’ultime phase de sa métamorphose en Goliath presque invincible, en mutant à l’ADN optimal, tel le guerrier Siegfried rendu quasiment invulnérable par le sang du dragon Fafnir …

Roger Federer 2005 (79 points)

o  Palmarès brut (16) : 10 points pour les 2 victoires à Wimbledon et à l’US Open, 2 points pour la finale au Masters (défaite contre David Nalbandian) et 2 points pour les deux demi-finales perdues en Australie (défaite contre Marat Safin) et à Roland-Garros (défaite contre Rafael Nadal). Aux 2 titres majeurs glanés en 2005, il faut rajouter Doha, Rotterdam, Dubai, Indian Wells, Miami, Hambourg, Halle, Cincinnati et Bangkok, soit 11 titres qui offrent deux points de bonus au Suisse. Numéro 1 mondial pour la deuxième année consécutive après 2004, pour la deuxième fois de sa carrière en tout, le Suisse remporte 2 points de bonus.

o  Concurrence (20) : il y a deux façons de juger la concurrence 2005 pour Roger Federer : sur la durée et la longueur d’une saison ATP marathon, elle est assez faible in fine avec les fulgurances australiennes et chinoises de Marat Safin et David Nalbandian, deux intermittents du spectacle. Pantagruel de la terre battue, Rafael Nadal construit son bastion sur ocre avec notamment l’apothéose d’un premier titre à Roland-Garros, mais le jeune gaucher majorquin n’a encore aucun résultat probant sur gazon et sur dur. Restent le vétéran André Agassi, dont le chant du cygne se déroule en finale de l’US Open face au maestro de Bâle, mais surtout l’Australien Lleyton Hewitt (marqué par les deux 6-0 de septembre 2004 en finale à Flushing Meadows puis par un échec à domicile contre Safin en finale à Melbourne) et l’Américain Andy Roddick (résigné après une deuxième défaite de rang à Wimbledon). Mais si l’on y regarde de plus près, Federer n’a pas eu la vie facile sur chaque grand rendez-vous : un Safin himalayen à Melbourne, un Nadal déjà « nadalien » à Roland-Garros bien que rookie, un Roddick encore conquérant à Wimbledon, un Agassi vieux renard dans son fief de Flushing Meadows, un Nalbandian en feu au Masters de Shanghaï … Pas étonnant que même le monstre sacré Federer s’y soit cassé les dents … On ne juge pas ici la concurrence pour devenir numéro 1 mondial, puisque chaque joueur analysé dans cette étude était intouchable au classement ATP (et qu’il était donc utopique d’imaginer quelqu’un d’autre emporter les lauriers décernés par l’ordinateur en décembre), mais bel et bien le niveau de l’opposition rencontré sur chaque grand objectif de la saison : tournois du Grand Chelem, Masters Cup (ATP World Tour Finals pour les puristes), voire Jeux Olympiques (Atlanta 1996, Sydney 2000, Athènes 2004, Pékin 2008 et Londres 2012). Et sur ce critère bien précis, Federer n’a pas été gâté par les fées du destin en 2005, trouvant sur sa route de redoutables challengers, dont deux d’entre eux propulsés en vainqueurs par l’effet underdog.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (19) : le virtuose de Bâle fait match nul 1-1 avec Rafael Nadal (victoire à Miami et défaite à Roland-Garros), et 2-0 contre Andy Roddick (victoires à Wimbledon et Cincinnati), soit 3-1 en cumulé.

o  Ratios victoires / défaites (24) : un ratio exceptionnel de 81 victoires pour 4 défaites (contre Marat Safin à l’Open d’Australie, face à Richard Gasquet à Monte-Carlo, contre Rafael Nadal à Roland-Garros, face à David Nalbandian en Masters Cup), soit 95.29 % de réussite … L’hégémonique Federer s’attire tous les superlatifs en 2005, à juste titre … Mais le hic, c’est que Fed Ex perd trois grands titres sur les quatre défaites concédées dans l’année, cruel bilan pour le maestro suisse, car parmi ces trois défaites majeures, deux (l’Open d’Australie et le Masters) sont reçues face à deux joueurs qui ont joué sans doute le meilleur match de leur carrière face au nouveau roi du circuit (Marat Safin et David Nalbandian en l’occurrence), là où Rafael Nadal, son bourreau à Roland-Garros, saura pérenniser sa domination contre Federer (23-11 pour l’Espagnol fin 2015 dans leurs duels) … Que ce soit contre le Russe ou l’Argentin, on ne peut pas vraiment parler de camouflet puisqu’à chaque fois Federer s’incline en cinq sets … Mais le constat est implacable, sur les cinq grands titres mis en jeu en 2005, RF n’en gagne « que » deux (pour une finale et deux demi-finales), proportion incroyablement basse en plein cœur de cette période hallucinante où le Suisse entrait sur le terrain avec le premier set presque gagné d’avance tant l’ascendant psychologique était grand, tant le monstre de Bâle inspirait la crainte à un adversaire vivant le match à venir avec une épée de Damoclès sur la tête.

Roger Federer 2006 (81 points)

o  Palmarès brut (27) : 20 points pour 4 victoires à l’Open d’Australie, à Wimbledon, à l’US Open et au Masters, 2 points pour la finale à Roland-Garros (défaite contre Rafael Nadal). Soit 3 titres majeurs auxquels il faut rajouter les victoires du champion bâlois à Doha, Indian Wells, Miami, Halle, Toronto, Tokyo, Madrid et Bâle, soit 12 titres en tout qui offrent à Rodgeur 2 points de bonus. Numéro 1 mondial pour la troisième année consécutive après 2004 et 2005, pour la troisième fois de sa carrière en tout, le Suisse remporte 3 points de bonus, soit 27 points qui l’amènent au-delà du plafond théorique de 25, signe que Fed Ex n’a presque rien laissé à la concurrence, en l’occurrence la Coupe des Mousquetaires, chasse gardée de Rafael Nadal.

o  Concurrence (17) : Rafael Nadal encore limité à son pré carré (la terre battue) ne peut étendre sa domination au gazon et aux surfaces rapides malgré un refus viscéral de la défaite déjà très affirmé, Andy Roddick qui plafonne à la 3eplace mondiale, David Nalbandian et Nikolaï Davydenko sans véritables solutions face au Suisse, le monstre Federer reste encore trop seul sur la planète tennis.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (13) : face à Rafael Nadal, Roger Federer s’incline 4-2 en 2006 (victoires à Wimbledon et au Masters de Shanghaï, défaites à Dubai, Monte-Carlo, Rome et Roland-Garros). Contre le Russe Nikolaï Davydenko, le n°1 mondial mène 2-0 (victoires à l’Open d’Australie et l’US Open), ce qui donne un bilan de 4-4 en cumulé.

o  Ratios victoires / défaites (24) : un ratio magnifique de 92 victoires pour 5 défaites (Rafael Nadal à Dubai, Monte-Carlo, Rome et Roland-Garros, Andy Murray à Cincinnati), soit 94.84 % de réussite … Si Nadal n’avait pas existé en 2006, seul un joueur aurait battu le Suisse, véritablement stratosphérique cette année là : le jeune Ecossais Andy Murray, dans l’Ohio au Masters 1000 de Cincinnati.

Roger Federer 2007 (80 points)

o  Palmarès brut (26) : 20 points pour 4 victoires à l’Open d’Australie, à Wimbledon, à l’US Open et au Masters, 2 points pour la finale à Roland-Garros (défaite contre Rafael Nadal). Soit 3 titres majeurs auxquels il faut rajouter les victoires du champion bâlois à Dubai, Hambourg, Cincinnati et Bâle, soit 7 titres en tout. Numéro 1 mondial pour la quatrième année consécutive après 2004, 2005 et 2006, pour la quatrième fois de sa carrière en tout, le Suisse remporte 4 points de bonus, soit 26 points qui l’amènent au-delà du plafond théorique de 25, signe que le boulimique Federer n’a laissé à ses rivaux qu’une maigre partie de son festin, en l’occurrence Roland-Garros, propriété exclusive de Rafael Nadal entre 2005 et 2014, avec 2009 en exception confirmant la règle, brèche ouverte où le champion Bâlois s’engouffrera de façon opportuniste après avoir frôlé la correctionnelle contre Tommy Haas en huitième de finale.

o  Concurrence (15) : Rafael Nadal encore limité à la terre battue et à sa triple chasse gardée (Monte-Carlo, Barcelone, Rome et Roland-Garros) malgré une belle progression sur le gazon de Wimbledon, Novak Djokovic qui supplante Andy Roddick à la 3e place mondiale mais manque cruellement d’expérience pour les grands rendez-vous et le money time (comme ce premier set bêtement perdu par le jeune Serbe en finale de l’US Open), le virtuose de Bâle reste encore trop seul sur la planète tennis, le Big Three n’est encore un foetus, le Big Four un embryon. Entre 2004 et 2007, c’est cela qui coûte des points au Suisse (tout comme la balance de ses duels avec Nadal parfois défavorables sur une année pleine), seul sur son piédestal. Rien ne laisse penser qu’en 2008, Federer va abdiquer face à son jeune dauphin Nadal, qui prend le pouvoir après le coup de force de Wimbledon où il prive le Suisse d’un sixième titre de rang, exploit qui aurait été inédit depuis l’époque révolue du challenge round.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (17) : face à Rafael Nadal, Roger Federer l’emporte 3-2 en 2007 (victoires à Hambourg, Wimbledon et au Masters, défaites à Monte-Carlo et Roland-Garros), et l’emporte 3-1 contre Novak Djokovic (victoires à l’Open d’Australie, Dubai et à l’US Open, défaite à Montréal), soit un bilan de 6-3 en cumulé pour Fed Ex.

o  Ratios victoires / défaites (22) : un ratio de 68 victoires pour 9 défaites (face à Guillermo Cañas à Indian Wells et Miami, contre Rafael Nadal à Monte-Carlo, Rome et Roland-Garros, face à Filippo Volandri à Rome, contre Novak Djokovic à Montréal, face à David Nalbandian à Madrid et Paris-Bercy), soit 88.31 % de réussite … Le Bâlois continue de cannibaliser le tennis, mais son nuage a perdu un tout petit peu d’altitude, c’est tout …

Rafael Nadal 2010 (80 points)

o  Palmarès brut (18) : 15 points pour 3 victoires à Roland-Garros, à Wimbledon, à l’US Open, 2 points pour la finale perdue au Masters (défaite contre Roger Federer). Soit 3 titres majeurs auxquels il faut rajouter les victoires du champion espagnol à Monte-Carlo, Rome, Madrid et Tokyo, soit 7 titres en tout. Numéro 1 mondial pour la deuxième fois de sa carrière après 2008, l’Espagnol remporte 1 point de bonus.

o  Concurrence (21) : Roger Federer reste encore incroyablement compétitif dans les grands tournois, tandis que Novak Djokovic amorce le virage vers l’ultime stade de Terminator … Mais Nadal, lui, montre autre chose que son simple visage de roi de la terre battue, seuls Bjorn Borg et Ken Rosewall étant en 2010 plus côtés lui pour le titre de GOAT de la surface ocre. Tel un samouraï fidèle à son bushido, Nadal se bat comme un lion sur chaque balle, comme si sa vie en dépendait. Et ce ne sont pas les fétus de paille Robin Soderling à Roland-Garros ou Tomas Berdych à Wimbledon, tous deux bourreaux d’un Roger Federer dont la forteresse se lézarde un peu, qui vont empêcher l’épicier majorquin de s’offrir un superbe trésor de guerre en 2010, comme une revanche sur le destin qui l’a privé de Wimbledon en 2009, la faute à une vilaine blessure au genou.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (19) : contre son dauphin Roger Federer, Rafael Nadal fait match nul 1-1 (victoire à Madrid, défaite en Masters Cup). Contre Novak Djokovic, Rafael Nadal mène 2-0 (victoires à l’US Open et en Masters Cup). En cumulé, cela fait 3-1 pour Nadal contre ses deux poursuivants immédiats au classement ATP.

o  Ratios victoires / défaites (22) : un ratio monstrueux de 71 victoires pour 10 défaites (face à Nikolai Davydenko à Doha, contre Andy Murray à l’Open d’Australie, face à Ivan Ljubicic à Indian Wells, contre Andy Roddick à Miami, face à Feliciano Lopez au Queen’s, contre Andy Murray à Toronto, face à Marcos Baghdatis à Cincinnati, contre Guillermo Garcia-Lopez à Bangkok, face à Jürgen Melzer à Shanghai, contre Roger Federer en Masters Cup à Londres), soit 87.65 % de réussite … Malgré son Petit Chelem, Rafael Nadal paye ses trop nombreuses défaites dans les Masters 1000.

Novak Djokovic 2011 (85 points)

o  Palmarès brut (17) : 15 points pour 3 victoires à l’Open d’Australie, à Wimbledon, à l’US Open. Soit 3 titres majeurs auxquels il faut rajouter les victoires du Djoker à Dubai, Indian Wells, Miami, Belgrade, Madrid, Rome et Montréal, soit 10 titres en tout qui lui offrent 2 points de bonus.  Certains pensent que 2011 sera un feu de paille pour Djokovic, qu’il ne pourra jamais digérer une telle saison, mais le Serbe va prouver le contraire et ouvrir une ère de domination que seul Nadal viendra troubler par une incroyable saison 2013 où l’Espagnol repousse ses propres limites. Djokovic 2011, c’est le processus de Darwin appliqué au tennis masculin, la sélection naturelle du plus fort après une longue évolution de quatre ans depuis son apparition à la face du monde en 2007. Djokovic en 2011, c’est l’épilogue heureux d’un joueur de 24 ans qui a trouvé la martingale gagnante : fin du gluten, déclic mental en décembre 2010 en gagnant avec l’équipe de Serbie le saladier d’argent en Coupe Davis, travail acharné pour rattraper les deux titans du circuit, Roger Federer et Rafael Nadal, 25 titres du Grand Chelem sur 30 possibles entre Wimbledon 2003 et l’US Open 2010, les miettes allant à Andy Roddick (US Open 2003), Gaston Gaudio (Roland-Garros 2004), Marat Safin (Open d’Australie 2005), Novak Djokovic (Open d’Australie 2008) et Juan Martin Del Potro (US Open 2009).

o  Concurrence (22) : un Rafael Nadal encore super compétitif (2011 marque le paroxysme du duel Nadal / Djokovic), un Federer en recherche de ses meilleures sensations mais capable de fulgurances, un Murray pas encore débloqué par une grande victoire, la concurrence était assez rude pour Nole qui brise la domination bicéphale de l’hydre à deux têtes du tennis, le tandem hispano-suisse Nadal / Federer, qui se partageaient le trône de l’ATP depuis février 2004 (Federer jusqu’en août 2008 puis Nadal jusqu’en juillet 2009 puis Federer encore jusqu’en juillet 2010 puis Nadal encore jusqu’en juillet 2011  à Wimbledon …).

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (23) : en 2011, le Novak Djokovic 2.0 réalise un perfect contre son dauphin avec un bilan 6-0 contre Rafael Nadal (victoires à Indian Wells, Miami, Madrid, Rome, Wimbledon et US Open) et frôle aussi le perfect face au n°3, avec 4-1 contre Roger Federer (victoires à l’Australian Open, Dubai, Indian Wells et l’US Open, défaite à Roland-Garros), soit 10-1 en cumulé face aux n°2 et 3 du classement ATP.

o  Ratios victoires / défaites (23) : un ratio monstrueux de 71 victoires pour 6 défaites (contre Roger Federer à Roland-Garros, face à Andy Murray à Cincinnati, contre Juan Martin Del Potro en Coupe Davis à Belgrade, contre Kei Nishikori à Bâle, face à David Ferrer et Janko Tipsarevic à la Masters Cup de Londres), soit 92.20 % de réussite … CosmicDjokovic en mode Pantagruel au colossal appétit de victoires !

Rafael Nadal 2013 (71 points)

o  Palmarès brut (17) : 10 points pour 2 victoires à Roland-Garros, et à l’US Open, 2 points pour la finale perdue au Masters (défaite contre Novak Djokovic), 1 point pour le forfait à l’Open d’Australie (blessure). Soit 2 titres majeurs auxquels il faut rajouter les victoires du Taureau de Manacor à Sao Paulo, Acapulco, Indian Wells, Barcelone, Madrid, Rome, Montréal et Cincinnati, soit 10 titres en tout qui lui offrent 2 points de bonus en plus des 13 points déjà glanés dans les cinq tournois majeurs. Numéro 1 mondial pour la troisième fois de sa carrière après 2008 et 2010, l’Espagnol remporte 2 autres points de bonus. La rage chevillée au corps, Nadal tire la quintessence de ses dons intrinsèques, s’offrant une huitième couronne parisienne avant de triompher pour la deuxième fois à l’US Open, après une saison incroyable sur dur en outdoor (victoires à Indian Wells, Montréal, Cincinnati et l’US Open, forfait à Miami pour préserver son genou)

o  Concurrence (18) : moins impressionnant qu’en 2011, Novak Djokovic reste tout de même un redoutable adversaire, tandis que Roger Federer vit une annus horribilis, victime de problèmes dorsaux. Beaucoup pensent que le Suisse, à 32 ans, est enfin frappé par l’usure du pouvoir et l’inévitable déclin. Ils se fourrent le doigt dans l’œil … La flèche du balancier semble indiquer une domination pérenne de Nadal, mais c’est un leurre.

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (13) : le bilan 2013 du Taureau de Manacor face à Novak Djokovic est de 3-3 (victoires à Roland-Garros, à Montréal et à l’US Open, défaites à Monte-Carlo, à Pékin et en Masters Cup), face à Andy Murray, le score est de 0-0, le Majorquin et l’Ecossais ne croisant pas une seule fois le fer en 2013. En cumulé, Nadal a donc un bilan de 3-3.

o  Ratios victoires / défaites (23) : un ratio monstrueux de 75 victoires pour 6 défaites (face à Zeballos à Vina del Mar, contre Novak Djokovic à Monte-Carlo, face à Steve Darcis à Wimbledon, contre Juan Martin Del Potro à Shanghai, face à David Ferrer à Paris-Bercy, contre Novak Djokovic en Masters Cup), soit 92.59 % de réussite … Le phénix Nadal s’est élevé très haut dans le ciel de l’ATP …

Novak Djokovic 2015 (89 points)

o  Palmarès brut (27) : 20 points pour 4 victoires à l’Open d’Australie, à Wimbledon, à l’US Open et au Masters, 2 points pour la finale à Roland-Garros (défaite contre Stanislas Wawrinka). Pour le reste, le Serbe l’emporte à Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Rome, Pékin, Shanghaï, et Paris-Bercy soit 11 titres, ce qui lui offre 2 points de bonus mérités puisqu’il bat le record du nombre de Masters 1000 gagnés en une saison (6 contre 5, record qu’il co-détenait depuis 2013 avec Rafael Nadal). Numéro 1 mondial pour la quatrième fois de sa carrière après 2011, 2012 et 2014, et pour la deuxième année consécutive, le Serbe remporte 3 points de bonus, ce qui amène le Djoker à un total hallucinant de 27 points qui fait voler en éclats le plafond théorique de 25 points, seule l’exceptionnelle cuvée Federer 2006 ayant fait aussi bien. Par rapport à 2011 sorte de saison euphorique d’un loup-garou affamé une nuit de pleine lune, 2015 est l’année du nirvana, de l’accomplissement et de la maturité à 28 ans pour le natif de Belgrade, qui parvient à son acmé. En 2015, Djokovic fut intouchable, injouable, implacable, qu’importe l’épithète, il a semé chaos et destruction sur le circuit ATP, vrai champ de ruines de la nouvelle locomotive du tennis masculin. Qui interrompra le cavalier seul du Serbe ? La question est plus que jamais ouverte avant la saison 2016 où Nole visera la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro.

o  Concurrence (21) : avec un Rafael Nadal en perte de vitesse, un Stanislas Wawrinka en intermittent du spectacle, en loup-garou éphémère (le fameux Stanimal), un Roger Federer toujours exceptionnel à 34 ans, un Andy Murray en manque de réussite et des jeunes qui sont presque condamnés au rôle de futur ex-espoirs (Nishikori, Raonic, Dimitrov, Goffin …), Novak Djokovic n’a pas vraiment trouvé à qui parler en 2015, sauf face au Vaudois à Roland-Garros. A part Wawrinka Porte d’Auteuil, il était utopique de vouloir s’offrir le scalp de Nole dans les grands matches en 2015. On ne saura jamais la cause majeure de la défaite du Serbe contre le Vaudois en finale du French Open : victoire à la Pyrrhus physiquement et/ou mentalement la veille contre Andy Murray, pression trop forte après avoir sorti Rafael Nadal en quarts de finale, poids de l’Histoire (Nole jouant le Grand Chelem en carrière comme  Agassi, Federer et Nadal dans l’ère Open) ?

o  Confrontations directes avec les n°2 et 3 mondiaux (18) : 6-1 contre Andy Murray (victoires à l’Open d’Australie, Indian Wells, Miami, Roland-Garros, Shanghai, Paris Bercy, défaite à Montréal) et 5-3 contre Roger Federer (victoires à Indian Wells, Rome, Wimbledon, US Open, Masters Cup en finale, défaites à Dubai, Cincinnati et Masters Cup en round robin), soit 10-4 en cumulé face aux n°2 et 3 du classement ATP. C’est dans les duels en 2 sets gagnants contre Roger Federer que le rouleau-compresseur Novak Djokovic aurait pu faire mieux.

o  Ratios victoires / défaites (23) : un ratio très impressionnant de 83 victoires pour 6 défaites (contre Ivo Karlovic à Doha, face à Roger Federer à Dubaï, contre Stanislas Wawrinka à Roland-Garros, face à Andy Murray à Montréal, contre Roger Federer à Cincinnati et face à Roger Federer en round robin du Masters Cup de Londres), soit 93.25 % de réussite … Djokovic en mode bulldozer, lui qui excepté Doha en début d’année atteint ensuite toutes les finales des tournois auxquels il participe, avec 11 finales gagnées contre seulement 4 perdues, dont son objectif suprême de Roland-Garros, seul trophée qui se refuse encore et toujours à l’Imperator, qui a subi le joug de Stanimal en 2015 après celui de Rafa entre 2006 et 2014 …

Au final, la hiérarchie des grands numéros 1 mondiaux du tennis masculin est la suivante, certains seront surpris de voir Federer hors du top 5 (cependant le Suisse apparaît quatre fois dans le top 13) mais soit il n’a jamais pu combiner tous les éléments : palmarès fabuleux, ratio vertigineux, confrontations directes favorables (la faute à un certain gaucher venu des Baléares), et surtout une concurrence trop faible et moins dense que depuis 2008, surtout quand on voit leBig Five composé désormais de Djokovic, Federer, Nadal, Murray et Wawrinka. Aucun ne peut être plébiscité car chacun a ses arguments : le Grand Chelem calendaire en 1969 pour Rod Laver, le meilleur ratio victoires / défaites de l’ère Open en 1984 pour John McEnroe, le palmarès le plus impressionnant et le record de points ATP en 2015 pour Novak Djokovic, la concurrence la plus rude en 1980 pour Bjorn Borg …

-  1er Rod Laver 1969 : 96 points

-  2e John McEnroe 1984 : 94 points

-  3e Novak Djokovic 2015 : 89 points

-  4e Bjorn Borg 1980 : 88 points

-  5e Novak Djokovic 2011 : 85 points

-  6e Roger Federer 2006 : 81 points

-  7e Jimmy Connors 1974 : 80 points

-  8e Roger Federer 2007 : 80 points

- 9e Rafael Nadal 2010 : 80 points

-  10e Ivan Lendl 1987 : 79 points

-  11e Mats Wilander 1988 : 79 points

-  12e Roger Federer 2005 : 79 points

-  13e Roger Federer 2004 : 78 points

-  14e Pete Sampras 1994 : 75 points

-  15e Pete Sampras 1997 : 74 points

-  16e Ivan Lendl 1986 : 73 points

-  17e Rafael Nadal 2013 : 71 points

-  18e Pete Sampras 1993 : 71 points

-  19e Pete Sampras 1995 : 66 points

- 20e André Agassi 1999 : 60 points

  1. avatar
    1 février 2016 a 15 h 53 min

    Pas surprenant de retrouver le cru 1969 en Rod Laver en tête du hit parade. Mais c’est véritablement impressionnant de voir le Djokovic 2015 à la 3e place, ce qui confirme que le Serbe a réussi la plus belle saison depuis John McEnroe en 1984, soit mieux que les plus belles campagnes de Sampras, Federer ou Nadal !!

  2. avatar
    1 février 2016 a 16 h 40 min

    Salut Axel, voici un fabuleux article, très bonne idée ce barème pour comparer les meilleures années en tennis.

    Une erreur fondamentale cependant, j’ai recalculé pour Rod Laver, son total est de 92 points (comme écrit dans son paragraphe) et non 96 points comme dans le récapitulatif.
    Une broutille: 45 victoires pour 5 défaites, soit 45/50 = 90% je crois, et non 92%.

    Cela replace donc McEnroe et son “presque” Grand Chelem, en 1ère position, devant Laver et son vrai Grand Chelem, et Djoko avec son “presque” Grand Chelem.

    Je pense que cela chiffre bien le “ressenti”, ou le comparatif subjectif.

    Pareil pour Federer, ce n’est que justice qu’il ne soit pas dans le top 3 car rétrospectivement on a pointé du doigt le manque de concurrence de l’après Sampras/Agassi.

    • avatar
      1 février 2016 a 17 h 32 min

      Salut Fabrice,

      Oui les 4 points d’écart pour Laver (96-92) viennent du bonus sur le palmarès je l’ai enlevé en haut mais pas en bas après avoir recompté, et donc enlevé les titres Pro.
      Si jamais on comptabilise son bilan en Pro, en effet il prend 4 pts de bonus et dépasse Mac avec 96 points.

  3. avatar
    1 février 2016 a 17 h 05 min
    Par Cullen

    Pas convaincu par ce genre de démonstration. Attention Axel, je loue le travail (énorme) que ça a occasionné mais à l’arrivée, ça donne une représentation trop mathématique, trop terre-à-terre du Tennis et du sport d’une manière générale. En 1969 par exemple, je ne suis pas certain que la concurrence était aussi forte qu’aujourd’hui. Le Tennis était alors réservé à une certaine élite et une discipline encore loin d’être universelle. En plus, parmi les principaux rivaux de Laver cette année-là, Rosewall amorçait son déclin, Newcombe était au contraire encore un peu tendre et Emerson n’a jamais eu le niveau (ses 12 GC sont d’ailleurs une vaste blague), par contre les déplacements étaient bien plus longs et fatigants qu’aujourd’hui, un paramètre qui n’est pas pris en compte dans l’article, et qui avait pourtant une influence bien plus forte sur les résultats qu’aujourd’hui.

    Je n’ai pas (encore) eu le temps de tout décortiqué (faut bien bosser un peu :-)) mais je vois qu’à travers tes données, tu situes la meilleure année de Borg en 1980, or il est admis par tous les spécialistes que 1978 a été sa très grande année, et sans une ampoule en finale de l’US Open (en plus d’apprendre le décès tragique de son ami, le pilote Ronnie Peterson), il aurait très probablement réalisé le GC. Bref, ton article n’est pas inintéressant, loin de là même, mais il manque quand même un brin de romantisme, indispensable pour transmettre des émotions et qui rend justement le sport si grand.

  4. avatar
    1 février 2016 a 17 h 30 min

    Salut Christian,

    Je comprends ton point de vue mais classement implique notation et donc critères mathématiques, meme si le critère de concurrence est subjectif.

    Pour Borg, oui on peut dire que 1978 est sa meilleure saison, sauf qu’en 1980 il gagne Wimbledon au forceps contre un rival énorme appelé John McEnroe.
    En 1978, certes il bat Connors tout sauf un premier venu puisqu’alors numéro 1 mondial. Le RG de Borg est juste monstrueux c’est vrai, mais le Suédois échoue au Masters.

    Faudrait que je prenne le temps de noter la saison 1978 d’Iceborg. Déjà 11 points pour le palmarès brut, voir ensuite la concurrence, les duels et le ratio V/D sur la saison.

    Je realise une erreur au passage (mea culpa), Laver totalize en fait 92 points et c’est donc Big Mac qui prend la palme avec sa saison 1984 à 94 points.

  5. avatar
    1 février 2016 a 18 h 04 min
    Par mwn44

    Salut Axel et gros boulot, chapeau, mais tu nous y as habitué !

    Toujours la même problématique que de comparer les époques. Le choix d’un barème plutôt que d’un autre amène forcément de la subjectivité, née du rapport de l’auteur au sport qu’il analyse. En bref, le facteur concurrence semble n’être régie que par ton ressenti personnel. Si le Djoker à fait une saison si époustouflante en 2015, cela veut forcément dire que la concurrence n’a pas été à la hauteur, et ce peut importe le nom des joueurs qu’il a battu. La concurrence, faut savoir l’éteindre, c’est ce qu’ont fait Djokovic, Federer et à moindre mesure Nadal dans leurs plus grandes années. En 2015, le Djoker a eu son Safin (Wawrinka), son Roddick (Murray) et au final n’a vraiment eu qu’un Federer renaissant en deuxième partie de saison comme vraie concurrence. Après c’est vrai que le niveau de Fed 2015, n’avait pas grand chose à envier à celui de 2006-2007, et c’est là que je conçois la différence de notation dans la concurrence, mais j’aurais sans doute mis moins d’écart. Cela étant, si on est pas content, on peut juste comparer le palmarès brut et retrouver Novak et Rodgeur premiers avec 27. Mais cela n’aurait pas nécessité un article.

    Par ailleurs, d’autres facteurs ne sont pas pris en compte. Par exemple, Wilander explique pourquoi il estime que Nadal 2010 c’est le must : car le majorquin a gagné 3 GC en 4 mois sur trois surfaces différentes ce que personne n’a jamais fait si je ne me trompe pas. Mais tout ça c’est subjectif, tant les surfaces ont été uniformisées depuis le 21e siècle.

    En tout cas, beau boulot pour cette comparaison, et chacun y trouvera sans doute à redire, mais l’ensemble me parait assez cohérent, et il faut bien un vainqueur.

    • avatar
      2 février 2016 a 9 h 40 min

      Salut Mwn,

      Attention pour la concurrence je juge la rivalité pour les GC pas sur l’ensemble de la saison.
      Donc pour 2015, Djokovic a eu fort à faire à RG avec Wawrinka, à Wimbledon et l’US Open avec Federer, meme si dans l’absolu personne ne pouvait le battre pour le classement ATP sur l’année entière.

      Paradoxalement, Djokovic a plus de mérite en 2015 que Nadal en 2010 dans ses finales de GC contre Soderling à Roland, Berdych à Wimbledon et Djokovic à l’US Open, le “Nole” encore en phase de reconquête quelques mois après la défaite la plus cruelle de sa carrière, en 1/4 à Paris contre Jurgen Melzer (l’Autrichien remonte un handicap de 2 sets).
      Ce qui sauve Nadal, c’est la presence du grand Federer au Masters.

      Mais comme tu le dis, l’argument de Wilander se tient aussi, fabuleux enchaînement de l’Espagnol en 2010 entre terre battue, gazon et ciment, comme en 2008 d’ailleurs avec les JO de Pékin plutôt que l’US Open après le gazon de Wimbledon.

  6. avatar
    1 février 2016 a 19 h 06 min

    Salut Christian,

    Je pense que justement l’intérêt de cet article réside justement dans son aspect chiffré, qui permet de quantifier de manière assez subtile et donc de comparer les meilleures performances.

    Pour Bord, en 1980 il finit numéro 1 (contre numéro 2 en ) en plus de remporter le Masters et 3 “Masters 1000″ (contre 2 en 1978).

    Sinon en GC la performance est identique, 2 victoires à RG et Wimby, et défaite en finale à l’US.

    Cela dit je comprends ton point de vue, et justement mon analyse numérique ci-dessus ignore justement certains faits que tu cites (l’ampoule, le décès de Peterson)…

    • avatar
      2 février 2016 a 9 h 35 min

      Salut Fabrice, Christian,

      Attention en septembre 1978, le décès de Ronnie Peterson intervient le lundi matin à Milan, donc le dimanche soir en Lombardie (ou après-midi à New York), Borg n’a eu mieux que l’information de l’accident de son compatriote. Mais personne n’était inquiet pour Super Swede à Monza ce jour là, ce fut la stupeur le lundi matin.

      Peterson est plus mort des chirurgiens milanais que du choc dans sa Lotus à Monza …

      Après en effet il y a cette fameuse histoire d’ampoule qui n’a vraiment pas aide Borg face au Connors en 1978 à l’US Open. Mais bon batter le Jimbo de l’époque à Flushing Meadows, j’aurais souhaité bon courage au Suédois.

      • avatar
        2 février 2016 a 12 h 25 min
        Par Cullen

        Je vais commencer par corriger un truc que j’ai écrit parce qu’en relisant ça pique un peu les yeux. “Je n’ai pas eu le temps de tout décortiquER”. Ensuite, si Borg n’a terminé la saison 1978 que deuxième c’est avant tout parce qu’il choisissait davantage ses objectifs que Connors qui multipliait les tournois, notamment sur le sol nord-américain (ce qui au passage l’a bien aidé à remporter ses 109 titres sur le circuit pro). Et puis c’est aussi à cause de cette satanée ampoule sans laquelle je suis convaincu qu’il aurait battu Jimbo. Y a qu’à voir le détail de leurs confrontations depuis 1977 : 15 affrontements et seulement 2 victoires de l’Américain dont ce succès, bizarrement en trois petits sets, pour l’inauguration de Flushing Meadows.

        • avatar
          2 février 2016 a 17 h 31 min

          @Cullen,

          Pas faux pour Borg et sa place de n°2 en 1978. Mais j’ai pris comme postulat les numerous 1 mondiaux, après on aurait pu faire exception avec ce cru mythique que fut Borg 1978.

          Pour l’ampoule à NY, on ne le saura jamais mais bien possible que Connors eut du s’incliner face au Suédois à l’US Open en effet.

  7. avatar
    2 février 2016 a 1 h 48 min
    Par Nicolas

    salut Axel, tu nous a pondu l’article le plus mal de tête de l’année.

    C’est trop fourni et on y comprend quasiment rien

  8. avatar
    4 février 2016 a 18 h 13 min

    L’arnaque du tennis 3ème et 5ème ! Tandis que la vraie star est tout juste taupe 10 !

    Je trouve la note de la concurrence trop élevée pour 2015. Le n°3 a quand même 34 ans, le n°4 a joué à son niveau pendant deux tournois et après c’est le désert total…
    Les 4 premiers ont fait une razia totale sur les GC / MS 1000. Ils ont gagnés tous les MS 500 auquels ils ont participé excepté celui de Washington où seul Murray était inscrit (et s’est incliné au premier tour)…

    • avatar
      5 février 2016 a 12 h 27 min

      Salut darkrio,

      Je note la concurrence sur ce qui est impactant en terme de points pour le palmarès, donc les 4 GC et la Masters Cup.

      Et en 2015, Djokovic a trouvé à qui parler avec un Wawrinka on fire, un Federer solide à Wimbledon et à l’US Open.

      Après à Melbourne ou en Masters Cup, oui il était vraiment seul au monde je te le concede volontiers …

  9. avatar
    5 février 2016 a 0 h 09 min
    Par Elvis

    Salut Axel,

    Merci pour l’article qui est très intéressant.
    Au fond, ce qui compte pour moi c’est le palmarès brut et le ratio victoire/défaite. On ne choisit pas l’époque dans laquelle on nait et les victoires contre les numéros 2 et 3 vont améliorer le ratio victoire/défaite.

    Si on refait les calculs avec ces 2 paramètres, la saison de Federer de 2006 arrive en tête avec 51 points suivi de la saison 2015 de Djokovic.

    C’est très dur d’égaler Federer…

    • avatar
      5 février 2016 a 12 h 30 min

      Salut Elvis,

      Je comprends ton raisonnement mais je ne peux y souscrire, on depend forcément de la concurrence relative à ses propres performances absolues.
      Michael Schumacher en a suffisamment souffert en F1, et c’est l’argument recurrent de ceux qui considèrent que le Kaiser n’est pas le GOAT de la F1 (je mets plutôt Clark, Fangio et Senna devant l’Allemand)

      Et ce sur ce critère de concurrence, Djokovic 2015 a eu la vie légèrement plus difficile que Federer 2006, mais beaucoup moins que Nadal 2010 ou Djokovic 2011 c’est vrai …

  10. avatar
    5 février 2016 a 0 h 11 min
    Par Elvis

    Saison 2015 de Djokovic= 50 points.

  11. avatar
    7 février 2016 a 10 h 57 min
    Par the sampras

    la question de la concurrence selon les époques revient souvent et est pour moi impossible à trancher.
    Si vous avez 3 joueurs qui gagnent 8 Grand Chelem chacun pendant la même période, on dira qu’il y avait une grosse concurrence.
    Si un des ces 3 joueurs en gagnent 20 et les 2 autres 2 chacun, on dira qu’il n’y avait pas de concurrence. Alors que c’est peut être seulement parce que l’un est au dessus de 2 autres.
    Si un joueur s’envoie tous les grand chelem pendant plusieurs années, par définition les autres n’en gagnent pas ou peu et sont donc considérés comme une concurrence faible.
    L’important est je crois de dominer à l’époque où l’on joue et non pas de comparer, mais on le fait quand même et moi aussi j’adore ça.

  12. avatar
    7 février 2016 a 15 h 47 min

    @The Sampras,

    Pas trop d’accord, car pour Federer entre 2004 et 2005, Roddick et Hewitt ont assez vite lâché prise mentalement tandis que Nadal a progressé sur gazon puis sur dur, pérennisant sa place de numéro 2 (lui qui fut le meilleur dauphin de tous les temps avec 160 semaines consécutives à ce classement ATP).

    Quand Nadal domine en 2008, 2010 et 2013, à chaque fois c’est du très lourd en face : Federer en 2008 et 2010, Djokovic en 2013.

    Certes le niveau de concurrence n’est pas facile à quantifier, mais impossible de ne pas tenir compte selon mois sur ce genre de classements inter-époques.

  13. avatar
    8 février 2016 a 15 h 43 min

    Il y du vrai dans le raisonnement de Sampras (lol pou rl’effet du pseudo dans le texte !).

    Est-ce quelqu’un remporte tous les GC parce que c’est un demi-dieu, ou bien parce que la concurrence est faible ?

    Je pense que si on regarde comment sont répartis les GC, et surtout les accessits (finales et demies), on peut répondre à la question. S’il y a plusieurs joueurs différents pour les accessits, c’est que la concurrence (au sommet) est assez faible.

    Cependant pour notre époque (les 12-13 dernières années) on remarque que ce sont touours les mêmes qui ont été au sommet: Fereder, Nadal, Djoko, et dans une moindre mesure Murray, Wawrinka. Ah j’oubliais aussi Gaudio (yuk!), Safin, Del Potro et Cilic.

    Le Big 3 a remporté 17+14+11 = **42** des 49 GC depuis 2004 en plus d’être très souvent dans les demies ou la finale !!! Proprement spectaculaire.

    https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Grand_Slam_men%27s_singles_champions#Champions_by_year

    Donc on peut affirmer qu’il y a 3 joueurs exceptionnels en ce moment. Dans le passé c’était un peu moins le cas, du moins pas aussi concentré sur un e aussi longue période.

    Je suspecte que dans le futur il n’y aura pas d’aussi grande domination homogène. Hâte de voir comment sera l’après Big 3.

    Je ne sais pas si Djoko durera aussi longtemps que Federer au sommet. Ce n’est pas impossible mais peu probable d’un point de vue statistique.

    On en a pour environ 2 ans avec lui en no. 1 je dirais. Après, je n’ai aucune idée. CF les 2 articles récents écrits sur la relève.

  14. avatar
    9 février 2016 a 11 h 54 min

    Salut Fabrice,

    Pour le Big Three, il faut regarder année après année.
    Tu as trois périodes depuis douze ans :

    - 2004/ 2007 où Federer est Presque seul sauf à Roland où Nadal dicte déjà sa loi

    - 2008/2010 où Nadal est le meilleur entrecoupé de soubresauts de Federer pendant la blessure de l’Espagnol en 2009

    - 2011/2015 où Djokovic est le plus fort, tandis que Nadal et Federer sont plus irréguliers à causes de blessures principalement

  15. avatar
    10 février 2016 a 22 h 52 min
    Par the sampras

    je suis à moitié d’accord sur le fait que la concurrence peut s’évaluer sur les joueurs que l’on retrouve régulièrement ou pas en finale ou demis des GC. Car avec ce raisonnement on néglige un élément important qui est l’évolution des surfaces. Aujourd’hui un joueur qui est bon, sera bon partout : je prendrai juste l’exemple de Ferrer au moins quart de finaliste de 10 GC de suite entre 2012 et 2014, alors qu’il y a 20 ans et + il n’aurait jamais pu espérer aller en 2ème semaine à Wimbledon. D’ailleurs à l’époque il arrivait même que le vainqueur de RG ne se déplace pas à Londres. Donc on retrouve plus facilement les mêmes aujourd’hui mais les surfaces uniformisées y sont pour beaucoup. En 1990 on a un n°1 mondial Edberg qui perd au 1er tour de 2 GC sur 4 ( RG et l’UsOpen), chose impossible depuis les années 2000 et pour moi c’est pas seulement une question de joueurs.

    • avatar
      11 février 2016 a 15 h 54 min
      Par Cullen

      Entièrement d’accord avec votre analyse. En 1990 à Roland Garros il me semble même que Becker aussi s’était fait sortir au 1er tour, soit les n°1 et 2 à l’ATP, ce qui n’est quasiment plus possible désormais avec cette fameuse uniformisation des surfaces.

    • avatar
      11 février 2016 a 18 h 50 min

      C’est un bon point, d’ailleurs quelqu’un (Axel ?) avait écrit un ong article à ce sujet.

      Mais fondamentalement quelque chose n’a pas changé: personne n’a réussi le Grand Chelem (à part Budge et Laver), et c’est toujours RG qui a posé problème, en finale: McEnroe contre Lendl en 1984, Federer vs. Nadal en 2006 et 2007, et l’année dernière Djoko contre Wawrinka (aussi Djoko avait perdu en demies en 2011).

      Il y a aussi Connors en 1974 qui n’avait pu participer.

      Oui je sais il y a 3-4 autres Petits Chelems qui ont raté ailleurs, mais la majorité est à RG.

      Et j’espère que Djoko ne me fera PAS mentir cette année, car contrairement à Federer, il n’aura pas eu de Nadal à se coletiner chaque année en Finale de RG.

  16. avatar
    12 février 2016 a 14 h 42 min

    @The Sampras, Cullen, l’évolution des surfaces n’empêche pas la concurrence.

    On ne peut pas quand meme pas pretender que les 6 Petits Chelems réussis entre 2004 et 2015 ont la meme valeur.

    En 2004, Federer se bat pour gagner Wimbledon contre Roddick, pas en 2006 contre Nadal, qui par contre en 2007 lui donne du fil à retordre.

    En 2010, Nadal se balade puisque Federer se troue 3 fois de suite avant la finale.

    En 2011, Djokovic bat du grand Nadal à Wimbledon et à l’US Open, idem en 2015 où il domine du super Federer.

    Donc OK les surfaces évolutives ont facilité ces Petits Chelems, mais il faut quand meme batter les vedettes de son époque, qu’on s’appelle Borg, Becker, Sampras, Agassi, Nadal ou Djokovic !

    Et puis evolution des surfaces certes, mais le Petit Chelem de Connors se fait en 1974 seulement sur gazon, Forest Hills passant à la terre battue seulement en 1975 (puis ciment en 1978) et l’Australie au ciment en 1988.

  17. avatar
    13 février 2016 a 1 h 24 min
    Par Nicolas

    Salut géné à tous je ne parlerais plus de tennis pour ce que cela sert.

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