Les transferts ratés des grands clubs européens
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Les transferts ratés des grands clubs européens

Depuis l’arrêt Bosman en 1995, le recrutement a pris encore plus de place dans les facteurs conduisant les grands clubs européens à être ou non compétitifs la saison suivante ... Mais l’argent de ces clubs richissimes est parfois bien mal investi, tel le Real Madrid de Florentino Perez qui, par le miroir des résultats sportifs, n’est rien d’autre qu’un tonneau des Danaïdes.

A l’époque où Johan Cruyff dirigeait sa Dream Team à Barcelone, avant que Rijkaard et Guardiola n’en montent d’autres en Catalogne, les petites phrases du Mister était paroles d’évangile.

Parmi elles, celle-ci : J’ai toujours dit qu’il fallait juger un joueur sur sa deuxième saison.

Dommage que bien des clubs n’aient pas écouté l’ancien virtuose de l’Ajax, à l’heure des effectifs Kleenex. Si un joueur réussit dès la première saison, la deuxième devra être celle de la confirmation, de la résistance à l’érosion du temps car les feux de paille sont légion. Si, au contraire, il échoue, le temps lui permettra sans doute de s’inscrire dans un cycle plus vertueux pour pérenniser un haut niveau de performances. Ainsi, Rai, en 1993-1994 avec le PSG, fut loin du joueur d’exception qui était l’alpha et l’omega du Sao Paulo FC de Tele Santana, double vainqueur de la Copa Libertadores (1992, 1993) et tombeur du Barça de Cruyff, nanti de Stoïtchkov, M.Laudrup, Guardiola ou Koeman en finale de la Coupe Intercontinentale 1992. Mais de 1994 à 1998, le joueur brésilien fut l’âme du club parisien, succédant à George Weah comme clé de voûte du secteur offensif après le départ du Libérien vers le Milan AC de Capello en 1995. Rai prouva après 1994 et sa World Cup ratée (il la commença capitaine et la termina remplaçant, Dunga lui ayant pris le brassard) qu’il était digne de la confiance que lui avaient accordé Michel Denisot et Artur Jorge en 1993, qu’il était bel et bien le frère cadet de Socrates, métronome du grand Brésil de 1982 et 1986.

Si Weah fut bien l’attaquant d’exception espéré par le Milan AC, orphelin de Marco Van Basten depuis 1993, le club lombard a en revanche raté bon nombre de transferts. Au milieu des années 90, les Rossoneri étaient au pinacle de l’Europe, fort d’un palmarès colossal et de la puissance financière de Silvio Berlusconi. Depuis le début des années 80 et la réouverture des frontières italiennes, le Calcio était devenu un Eldorado, attirant les plus grands joueurs de la planète : Zico, Platini, Maradona, Gullit, Rummenigge, Socrates, Van Basten, Matthaus, Klinsmann, Papin, Boniek, Falcao, Rijkaard, Savicevic ou encore Elkjaer-Larsen étaient venus fouler les pelouses de la péninsule. C’était également le rêve de la jeune génération de l’Ajax Amsterdam, quand le club de la Venise du Nord réussit l’exploit de battre le Milan AC de Capello en finale européenne en 1995 à Vienne … Tous rêvaient de porter le maillot du prestigieux club milanais, afin de pérenniser la présence hollandaise à Milanello, quelques années après le règne du trio Gullit – Van Basten – Rijkaard (1987-1993), lointain successeur du Grenoli suédois. C’est ainsi qu’Edgar Davids rejoignit la Lombardie en 1996, suivi comme son ombre par Patrick Kluivert en 1997. Loin des performances prometteuses réussies sous le maillot de l’Ajax, les deux espoirs hollandais n’ont jamais confirmé au Milan AC. Ayant cru trop vite avoir atteint le sommet, Davids et Kluivert n’étaient pas encore mentalement prêts pour gérer la pression inhérente à un club du niveau du Milan AC. Embourgeoisés par l’argent roi, ils firent plus parler d’eux pour leurs retards à l’entraînement, leurs sorties en discothèque ou leurs accidents de voiture que par leurs exploits sur les terrains italiens. Ne se fondant pas dans le noyau italien du club (Baresi, Donadoni, Costacurta, Maldini, Albertini), ils furent vite congédiés. En 1998, Davids partait à la Juventus Turin, tandis que Kluivert, barré par le tandem Weah – Bierhoff pour la saison à venir, quittait la Lombardie au dernier jour du mercato estival, le FC Barcelone ayant affrété un jet privé pour faire signer celui qu’on avait un peu vite affublé du titre subjectif de nouveau Van Basten. Recruté en 1993 en provenance de la Fiorentina, le Danois Brian Laudrup ne put jamais exprimer son potentiel au Milan AC, avec une concurrence féroce entre étrangers. En 1995, venant à Milan après plusieurs tentatives de Berlusconi pour lui faire quitter la Juventus, Roberto Baggio était attendu comme le chef d’orchestre du club rossonero, pour former un trident offensif exceptionnel avec Weah et Savicevic, sous l’égide de Fabio Capello. Il n’en fut rien, Baggio ne donnant pas la pleine mesure de sa virtuosité. Recruté en 1997 après avoir été un grand espoir du football allemand avec le Bayern Münich, Christian Ziege ne donna pas la confirmation une fois arrivé à Milan, et fut frappé par la malédiction du numéro 17, chiffre déconseillé ches les Rossoneri mais que l’Allemand choisissit pourtant en débarquant en Lombardie. Idole du Barça pendant cinq ans, Rivaldo fut attendu comme le Messie en 2002, mais quitta le Milan AC dès 2003, incapable d’offrir le rendement attendu. Viscéralement attaché aux Rossoneri, Ruud Gullit revint à Milanello en 1994 après une saison d’exil à la Sampdoria de Gênes. Mais Gullit rata son come-back …

A Barcelone, si la plupart des joueurs actuels sont issus de la Masia (Xavi, Puyol, Messi, Iniesta …), Pep Guardiola a tout de même recruté en 2009 Zlatan Ibrahimovic pour remplacer Samuel Eto’o, qui fit le chemin inverse vers l’Inter Milan de Mourinho. La saison du géant suédois fut en dents de scie, ni un échec, ni une réussite dans le 4-3-3 de Guardiola, le Barça le cédant au Milan AC en 2010 avant de recruter David Villa, complément idéal de Messi sous les couleurs blaugranas. Si ce dernier fit mieux que l’orgueilleux Suédois, il fut vite mis sous l’éteignoir par Lionel Messi. Le transfert d’Ibra ne fut pas le premier raté par le Barça sous l’ère Bosman … Jari Litmanen (1999), Emmanuel Petit (2000), ou encore Juan Roman Riquelme (2002) ne se sont jamais adaptés en Catalogne. Il est vrai cependant que le virtuose argentin (meilleur joueur du pays entre Maradona et Messi, malgré le respect dû à Batistuta, Veron ou Redondo) qui fera ensuite le bonheur de Villarreal, n’avait pas été placé dans les meilleures conditions psychologiques par Louis Van Gaal, le coach néerlandais lui portant l’estocade verbalement dès le début de leur collaboration : Je me souviens encore du jour où je suis arrivé à Barcelone. Juste après la première conférence de presse où le club me présente, il me fait venir dans son bureau. J’y vais. Il avait des tas de cassettes vidéo autour de lui. Que des vidéos de moi. Et là, il me dit : “Quand on a le ballon, tu es le meilleur joueur de la planète. Mais quand on n’a pas le ballon, on joue avec un joueur de moins”.

Le Croate Robert Prosinecki, passé par le Real Madrid et Oviedo, ne resta qu’un an à Barcelone, en 1995-1996, loin du niveau exceptionnel qu’il avait montré dès 1991 avec Savicevic et Pancev sous les couleurs de l’Etoile Rouge Belgrade. Quant à Gheorghe Hagi, recruté en 1994 en provenance de Brescia pour remplacer Michael Laudrup, il ne fut jamais un pilier de la Dream Team de Cruyff, en fin de cycle. Le Maradona des Carpates, fut trop souvent sur le banc, victime de la règle des trois étrangers en vigueur à l’époque, Cruyff préférant le trio Romario – Stoïtchkov – Koeman. Quittant le Barça en 1995 après une idylle de cinq ans, le Bulgare Hristo Stoïtchkov fut le plus gros échec de l’Histoire de Parme, revenant dès 1996 en Catalogne. Un autre revenant à Barcelone fut Cesc Fabregas, formé à la Masia et parti chez les Gunners d’Arsenal en 2003 à seulement seize ans. L’adolescent espagnol à la technique de velours et à la forte personnalité s’imposa petit à petit dans le club londonien orphelin d’Henry en 2007, et revint en 2011 jouer avec Lionel Messi sous les couleurs blaugranas. Mais trop souvent barré par le trio Xavi – Iniesta – Busquets, Fabregas partit en 2014 en Premier League, toujours à Londres mais sous les couleurs de Chelsea et sous l’égide de José Mourinho, les grands rivaux d’Arsenal et d’Arsène Wenger

Le rival séculaire du Barça, le Real Madrid, est coutumier des transferts ratés. La saison 2010 fut le symbole de la politique absurde de Florentino Perez, axé sur le rendement économique au détriment de la réussite sportive. Cédant Arjen Robben (Bayern Münich) et Wesley Sneijder (Inter Milan) pour faire rentrer de l’argent dans les caisses du club, Perez vit les deux Hollandais briller dans leurs nouvelles équipes, qui s’affrontèrent en finale de la Ligue des Champions 2010, qui, ironie du destin, fut jouée au stade Santiago Bernabeu de Madrid … Le mercato estival de 2009 fut le plus colossal investissement de l’Histoire, avec Cristiano Ronaldo, Kakà, Xabi Alonso et Karim Benzema en provenances respectives de Manchester United, l’AC Milan, Liverpool et Lyon. Une des quatre stars recrutées à l’époque n’a jamais vraiment totalement convaincu sous le maillot merengue : Kakà n’a jamais plus été le joueur virtuose et brillant vu avec le Milan AC. A la fin de la première ère des Galactiques, les arrivées de Walter Samuel en 2004 (AS Rome), Thomas Gravesen en janvier 2005 (Everton) ou Antonio Cassano en janvier 2006 (AS Rome) ne furent guère couronnées du succès attendu. Quant au transfert de Michael Owen en 2004, étant donnée la concurrence acharnée en attaque, il ne permit pas au Wonderkid de répéter à Madrid les exploits accomplis avec Liverpool, pour un bilan chiffré de 13 buts en Liga malgré un temps de jeu réduit en tant que remplaçant de Raul et de Ronaldo. Idem pour Nicolas Anelka en 1999-2000, le capricieux attaquant français ne réalisant pas tous les sacrifices nécessaires pour déboulonner les idoles locales, Morientes et Raul. Recruté à prix d’or en 2013 en provenance de Tottenham et rejoignant en Castille son ancien coéquipier croate Luka Modric, le Gallois Gareth Bale n’a jamais convaincu même s’il a formé dans l’effectif de Carlo Ancelotti le célèbre trident offensif BBC avec Cristiano Ronaldo et Karim Benzema, trio rival du MSN (Messi – Suarez – Neymar) de Barcelone durant la saison 2014-2015. Cette année-là, après une Coupe du Monde où il avait emmené son pays en quarts de finale, le gardien du Costa Rica Keylor Navas fut recruté par le Real Madrid, face à un Iker Casillas doublement affaibli par un Mondial brésilien catastrophique et deux années dans l’ombre de Diego Lopez finalement parti en Lombardie au sein de l’AC Milan.

A Chelsea, les millions de Roman Abramovitch n’ont pas toujours été dépensés avec parcimonie, ni avec intelligence. Le milliardaire russe fit un caprice en 2006, imposant à Jose Mourinho la venue de l’attaquant ukrainien Andrei Shevchenko, star incontestée depuis Milan AC depuis 1999. Quittant sa demeure du lac de Côme pour la brume de Londres, Sheva ne fut que l’ombre de lui-même avec les Blues, ne marquant que 4 buts en 30 matches de Premier League en 2006-2007. La saison suivante fut du même tonneau … Quant à Fernando Torres, recruté par Carlo Ancelotti durant le mercato hivernal de 2011, il fut jusqu’à son départ pour Milan à l’été 2014 le fantôme du joueur génial vu avec l’Atletico Madrid et Liverpool. D’autres ont échoué dans les grandes largeurs du côté de Stamford Bridge : Deco, quittant le Barça à l’été 2008 tout comme le coach Frank RIjkaard ainsi que Ronaldinho et Gianluca Zambrotta, ne s’adaptera jamais au jeu britannique malgré la présence d’un entraîneur brésilien, Luiz Felipe Scolari, qui sera remplacé en cours de saison par Guus Hiddink. Quant à Samuel Eto’o, de retour d’un exil russe en 2013, il se brouillera avec Mourinho, revenu lui du Real Madrid pour entraîneur à nouveau à Londres. Le Camerounais partira ensuite à Everton puis à la Sampdoria de Gênes, l’ambiance sentant le soufre avec le coach Sinisa Mihajlovic …

La Juventus Turin a aussi pêché dans certains transferts, avant ou après Bosman. En 1987, Ian Rush arrivait de Liverpool auréolé d’un prestige inouï. Mais le Gallois ne marqua que 7 buts sous les couleurs de la Vecchia Signora, retournant ainsi à Anfield dès 1988 … En 1998, Thierry Henry quitta Monaco pour rejoindre ses compatriotes Zidane et Deschamps dans le Piémont. Le jeune Français passa une saison compliquée à Turin, avant de rebondir de façon spectaculaire à Arsenal dès 1999, devenant chez les Gunners le plus grand joueur du club londonien. En 2009, Diego Ribas quitta le Werder Brême pour la Juventus, avec la lourde tâche de faire oublier Pavel Nedved, l’homme qui avait brillamment assuré la succession de Zinédine Zidane après 2001, le Français étant parti au Real Madrid. Génial en Bundesliga avec le Werder, le Brésilien fut loin de répondre aux attentes du club turinois, repartant dès 2010 en Allemagne. En 1992-1993, David Platt ne parvint pas à s’imposer dans l’entrejeu de la Juventus, devancé dans l’esprit de Giovanni Trapattoni par un tandem d’exception, Roberto Baggio – Andy Möller. Pourtant, contrairement à Rush en 1987, Platt connaissait la Serie A, étant arrivé en 1991 à Bari, club moins huppé à l’abri de la pression. Et que dire d’Edwin Van der Sar, transféré de l’Ajax Amsterdam vers la Juventus en 1999 ? Le gardien hollandais fut remplacé dès 2001 par Gianluigi Buffon, rejoignant Fulham pour quelques saisons de purgatoire avant de rebondir dès 2004 à Manchester United, où il succéda à Schmeichel et Barthez dans la lignée des gardiens légendaires.

A Manchester United, malgré la connaissance incroyable du football de Sir Alex Ferguson, les transferts ratés ont aussi existé. En 1996, Karel Poborsky (Slavia Prague) et Jesper Blomqvist (IFK Göteborg) rejoignaient Eric Cantona à Old Trafford. Mais les héritiers du King furent des joueurs formés chez les Red Devils, Paul Scholes et David Beckham. En 1999, quand Peter Schmeichel quitta MU pour le Sporting CP, Alex Ferguson tenta de recruter Edwin Van der Sar (mais dut attendre 2006 pour travailler avec lui) tandis que le président du club Martin Edwards coupa l’herbe sous le pied de son mythique entraîneur pour signer avec le gardien d’Aston Villa, Mark Bosnich. En 1999-2000, le Danois, parti sous le lointain soleil de Lisbonne, manqua plus que jamais à la défense mancunienne. Impérial contre Palmeiras en Coupe Intercontinentale en décembre 1999, l’Australien mangeait comme un boulimique en dehors du terrain, sandwiches, soupes, steaks … C’est en février 2000, après un match contre Wimbledon que Fergie réalisa que Bosnich ne ferait jamais l’affaire, il était utopique de penser qu’il pourrait égaler un gardien du calibre de Peter Schmeichel. C’est ainsi que Fabien Barthez rejoignit le club anglais dès 2000 suite à l’échec retentissant de Bosnich, après cinq saisons passées à Monaco. Entre 1990 et 2012, Ferguson recruta trois des meilleurs gardiens de but des deux décennies avec Peter Schmeichel, Fabien Barthez et Van der Sar à qui on ne peut comparer qu’Oliver Kahn, Iker Casillas, Jose Luis Chilavert, Manuel Neuer, Petr Cech, Thomas Ravelli, Michel Preud’Homme ou encore Gianluigi Buffon. Ce n’est pas faire injure aux Bodo Illgner, Claudio Taffarel, Vitor Baia, Bernard Lama, Santiago Canizares, Francesco Toldo, Andreas Köpke, Hugo Lloris, Gianluca Pagliuca, David Seaman, Victor Valdes, Pepe Reina et autres Joe Hart que d’affirmer qu’ils étaient légèrement un ton en-dessous.

En 2001, Juan Sebastian Veron fut recruté par Ferguson après avoir fait le bonheur de plusieurs clubs transalpins (Sampdoria Gênes, Parme, Lazio Rome). Le joueur argentin ne confirma pas son talent sur les terrains de la Perfide Albion, et pourtant Chelsea le recruta en 2003. Quant à Diego Forlan, buteur de génie de Villarreal puis de l’Atletico Madrid depuis tant d’années, il ne laissa pas un souvenir impérissable du côté de Carrington. L’Uruguayen ne resta que deux ans chez les Red Devils (2002-2004). D’autres ont déçu malgré un beau CV en arrivant du côté de Carrington : Owen Hargreaves, né au Canada et ancien joueur du Bayern Munich, mais aussi Michael Owen, ancien Ballon d’Or et gloire de Liverpool, passé ensuite par le Real Madrid et Newcastle. Victime de trop de blessures, Owen débarqua en 2009 avec le poids du mythique numéro 7 mancunien tout juste orphelin de son plus bel ambassadeur, Cristiano Ronaldo, le natif de Madère partant au Real Madrid concurrencer Lionel Messi et Barcelona dans la péninsule ibérique.

Blessé en janvier 2014 en Coupe de France avec Monaco, Radamel Falcao ne resta qu’une saison en Principauté après tant de buts marqués avec le FC Porto puis l’Atletico de Madrid. Orpheline de son buteur pour le Mondial 2014 au Brésil, la Colombie put compter sur le coéquipier du Tigre au sein du club monégasque, James Rodriguez. Le fair-play financier imposé par l’UEFA changea la donne sur la Riviera et Dimitri Rybobovlev dut céder ses meilleurs joueurs, dont Falcao qui avait souffert de la comparaison avec Zlatan Ibrahimovic en Ligue 1. Meilleur buteur de la Coupe du Monde, James rejoignit le Real Madrid tandis que Falcao était prêté à Manchester United, déjà pourvu en attaquants de grande classe avec Robin Van Persie et Wayne Rooney. Ombre du joueur qu’il avait été au Portugal puis en Espagne, Falcao ne s’imposa jamais du côté d’Old Trafford, pas plus qu’Angel Di Maria, pourtant meilleur joueur (Cristiano Ronaldo excepté) du Real Madrid durant la saison 2013-2014 et de l’Argentine au Mondial 2014 avant de se blesser en quarts de finale. L’Argentin, ancien pensionnaire du Benfica Lisbonne, hérita du numéro 7 mythique des Best, Robson, Cantona, Beckham et autres Cristiano Ronaldo mais ne fit jamais son trou sous l’égide de Louis Van Gaal, même s’il aida les Red Devils au niveau du merchandising, énormément de maillots floqués du chiffre 7 et du nom de Di Maria étant vendus par le club mancunien. Dans son autobiographie, Sir Alex Ferguson explique les transferts ratés par des signatures trop faciles, puisque le club vendeur ne se battait pas assez durant la négociation de vente. Une cession trop facile montre bien que le joueur vendu n’est pas un joyau, pas un œuf de Fabergé rarissime … L’exemple le plus célèbre est le cas du joueur brésilien Kléberson, champion du monde en Asie avec la Seleçao en 2002. Recruté en 2003 par Manchester United, Kléberson quitta l’Angleterre dès 2005 pour le Besiktas Istanbul. Sa carrière et sa réputation étaient brisées … D’autres n’ont pas réussi à Manchester United mais sans pour autant totalement échouer avec les Diables Rouges et leurs fourches caudines : le Portugais Nani, le Bulgare Dimitar Berbatov ou encore l’Equatorien Antonio Valencia.

L’Inter Milan n’a pas attendu le tycoon Massimo Moratti (débarqué en 1995 à Appiano Gentile) pour rater des transferts. Le millésime 1992 fut médiocre, Matthias Sammer ne s’adaptant pas au Calcio, pas plus que Darko Pancev, vedette de l’Etoile Rouge Belgrade championne d’Europe en 1991. En 1993, star de l’Ajax Amsterdam, révélation de l’Euro 92 où il éclipsa purement et simplement son prestigieux coéquipier Marco Van Basten, Dennis Bergkamp fut transféré à l’Internazionale. Décevant, Bergkamp resta chez les Nerazzurri jusqu’en 1995, avant de renaître de ses cendres, tel le phénix, à Arsenal où il termina sa carrière après avoir marqué un nombre pléthorique de buts d’anthologie et donné des caviars à Ian Wright ou Thierry Henry. En 2000, Hakan Sukur quitta les rives du Bosphore pour l’Inter, étant remplacé à Galatasaray par l’ancienne vedette du FC Porto, Mario Jardel. Le buteur turc rata son passage à l’Inter Milan. En 1995, Paul Ince débarqua de Manchester United mais ne s’imposa pas en Lombardie, pas plus que le jeune défenseur brésilien Roberto Carlos, transfuge de Palmeiras, qui allait exploser dès 1996 avec le Real Madrid, qu’il ne quitta qu’en 2007 après onze années de bons et loyaux services. En 1996, revenu des Jeux Olympiques d’Atlanta avec la médaille d’or pour l’équipe du Nigeria, Nwankwo Kanu fut écarté de l’effectif de l’Inter Milan suite à la visite médicale qui mit en lumière un problème cardiaque. Heureusement, l’ancien prodige de l’Ajax put poursuivre sa carrière, faisant ensuite les beaux jours d’Arsenal.

A Liverpool, l’arrivée de Robbie Keane en 2008 fut vite suivie d’une énorme désillusion, le joueur irlandais n’étant que l’ombre de l’attaquant prolifique ayant fait le bonheur de Tottenham Hotspur. L’un des plus gros flops du club de la Mersey fut Mario Balotelli en 2014. L’enfant terrible du football italien, passé par l’Inter Milan, Manchester City puis le Milan AC, fut pitoyable pour l’ultime saison de Steven Gerrard dans son club de toujours.

Au Bayern Münich, Emil Kostadinov débarqua en 1995 en pleine époque du FC Hollywood, conséquence de luttes de vestiaire entre deux capitaines de la Mannschaft, Lothar Matthaus et Jürgen Klinsmann. Le Bulgare ne fut jamais le joueur qui avait marqué tant de buts avec le FC Porto. Idem pour Jean-Pierre Papin, transféré en 1994 du Milan AC de Fabio Capello, après avoir été remplaçant dans l’ombre des trois étrangers titulaires, Zvonimir Boban, Marcel Desailly et Dejan Savicevic. Contraint de retourner dans son club d’origine de Cologne, Lukas Podolski ne s’adapta jamais en Bavière, tout comme le Suisse Xerdan Shaqiri quelques années plus tard, victime d’un effectif pléthorique et d’une concurrence démentielle.

Du côté d’Arsenal, malgré le flair de maquignon d’Arsène Wenger, certains transferts furent ratés comme celui d’Andrei Arshavin, clé de voûte de la victoire en C3 du Zenith Saint-Petersbourg en 2008 avant d’être la figure de proue de l’épopée russe à l’Euro 2008 en Suisse et en Autriche. Deux autres joueurs côtés ont échoué du côté de l’Emirates Stadium, Lukas Podolski ensuite transféré à l’Inter Milan et son compatriote Mesut Ozil recruté à prix d’or en 2013, Wenger changeant sa politique de la fontaine de jouvence dans une équipe sans leader depuis que les Vieira, Pires, Bergkamp et autres Henry avaient successivement quitté le navire entre 2005 et 2007, avant de voir les meilleurs espoirs partir au moment d’exploser au plus haut niveau : Samir Nasri en 2011 vers Manchester City, Cesc Fabregas en 2011 vers le FC Barcelone, Robin Van Persie en 2012 vers Manchester United.

En France, l’OM et le PSG ont aussi eu leurs parts d’échecs inévitables. Le club phocéen se trompa plusieurs fois sous l’ère Bernard Tapie, une première fois avec Eric Cantona qui fut expulsé du club marseillais après avoir jeté son maillot en janvier 1989 lors d’un match amical à Sedan face à Torpedo Moscou. Rebondissant aux Girondins de Bordeaux puis à Montpellier, l’enfant terrible du football français et marseillais de naissance, revenait à la Commanderie à l’été 1990. Utilisé par Franz Beckenbauer en début de saison, Cantona déchanta à l’arrivée sur la Canebière de Raymond Goethals qui remplaça le Kaiser pourtant sacré champion du monde 1990 en Italie avec la RFA de Völler et Mätthaus … Sur le banc des remplaçants lors de cette saison 1991 qui vit Marseille rater de peu le triplé avec des finales perdues en France contre Monaco et en Europe contre l’Etoile Rouge Belgrade, Cantona n’était pas le seul à ronger son frein, le Yougoslavie Dragan Stojkovic, alias Pixie, voyant son nouveau club perdre contre son ancien club et ses anciens coéquipiers, Darko Pancev, Robert Prosinecki et Dejan Savicevic. Deux ans après l’échec de Bari, Jean-Pierre Papin vivait le même destin que Stojkovic en mai 1993 à Munich sous les couleurs rossoneri du Milan de Capello … Après la remontée enD1 à l’été 1996, l’OM recruta Xavier Gravelaine, le gardien allemand Andreas Köpke ainsi que Reynald Pedros et Iordan Ltechkov. L’ancien Nantais et le Bulgare échouèrent avec le club olympien, tout comme George Weah de retour en 2001 dans l’Hexagone après ses expériences italiennes à l’AC Milan, mais aussi anglaises à Chelsea puis Manchester City. En 2004, Marseille recruta Bixente Lizarazu jeune retraité de l’équipe de France, fort de sept saisons comme latéral gauche dans l’un des meilleurs clubs d’Europe, le Bayern Munich. Six mois plus tard, l’ancien Bordelais était déjà de retour dans l’effectif bavarois. Convoité par Lyon, le Sochalien Benoît Pedretti fut un échec retentissant à l’OM en 2004-2005.

A Paris, le premier grand échec en terme de transferts fut Patrice Loko, champion de France en 1995 avec Nantes. Dès son arrivée, le meilleur buteur du championnat de France 1994-1995 défraya la chronique en juillet 1995. L’homme avait une blessure profonde, via la perte d’un enfant en décembre 1992. 3e du championnat de France 1995 derrière Nantes et Lyon, le PSG estampillé Canal + veut frapper fort en 1995, déçu par une troisième demi-finale européenne perdue consécutivement (défaite en C3 contre la Juventus Turin en 1993, en C2 contre Arsenal en 1994, en C1 contre le Milan AC en 1995). Le doublé Coupe de France / Coupe de la Ligue et l’exploit face à la Dream Team barcelonaise de Johan Cruyff ne sont que de maigres consolations pour Michel Denisot et Luis Fernandez . Le PSG 2.0 de l’ère Canal + va voir le jour, David Ginola s’exile à Newcastle en Angleterre tandis que George Weah cède aux sirènes milanaises de Fabio Capello, désireux de remplacer Marco Van Basten perdu pour le football après trop de ratés de chirurgiens sur sa cheville droite … Malgré le départ de Weah et Ginola ainsi que ceux de Valdo et Ricardo qui retournent au Benfica Lisbonne, Paris frappe fort lors du mercato estival de 1995 avec les arrivées de Youri Djorkaeff (Monaco), Bruno N’Gotty (Lyon), Julio Cesar Dely Valdes (Cagliari) et donc Patrice Loko (Nantes). Trois internationaux français et un attaquant panaméen qui a réussi dans le Calcio entre 1993 et 1995 … Paris a des ambitions européennes affichées, seul le Milan AC et la Juventus Turin semblent meilleurs en Europe à l’été 1995 que le club parisien dans ce contexte post OM – VA et pré Bosman et Champions League XXL. Vaincus en Coupe d’Europe par le club de la capitale entre 1993 et 1995, le Real Madrid, le Bayern Munich et le FC Barcelone sont tous en reconstruction, surtout le club catalan qui vit une fin de cycle avec sa Dream Team triplement orpheline de Koeman, Romario et Stoïtchkov que viendront remplacer en Catalogne Popescu, Figo et Prosinecki. Quant au Manchester United d’Alex Ferguson, il évolue sans Eric Cantona suspendu jusque début octobre 1995 et dans une Premier League encore peu compétitive et marquée au fer rouge par le Heysel (1985), dix ans auparavant. L’OM croupit encore dans le purgatoire de la D2 après la victoire à la Pyrrhus de Valenciennes six jours avant l’apothéose bavaroise de Munich le 26 mai 1993.

A part la Vecchia Signora et l’ogre lombard, personne ne semble pouvoir contrarier les rêves européens du PSG, qui confie les clés de son jeu au génial Rai, le cadet de Socrate sortant d’une saison 1994-1995 magnifique. Avec Youri Djorkaeff, Dely Valdes et Patrice Loko, le club parisien espère bâtir un quatuor offensif de feu pour conquérir le titre national et la C2 en 1996.

Mais Loko va franchir le Rubicon et hypothéquer dès le départ ses chances de devenir le meilleur attaquant de France, et l’un des piliers en vue de 1998, avec les Zidane, Djorkaeff, Thuram, Lizarazu, Desailly, Blanc, Deschamps, Lama, Barthez et autres Karembeu.

Le jeudi 20 juillet 1995 à 2h50, Patrice Loko arrête son Opel devant l’Arc, une boîte de nuit parisienne. Le portier ne se précipite pas. Loko bout, bloque la rue. Une patrouille de gardiens de la paix passe par là. Les policiers lui demandent de dégager. «Vous savez qui je suis?» leur répond l’ancien attaquant nantais. Les agents requièrent l’enlèvement du véhicule. Patrice Loko s’énerve, se met à frapper sa voiture et une BMW voisine. Il est interpellé, menotté.

Au commissariat du XVIe arrondissement, à 4 heures du matin, il souffre de troubles respiratoires. On le conduit à l’Hôtel-Dieu. Loko insulte ­ pédés, enculés ­, crache, pisse par terre, pisse sur lui. Il bavait, dira un policier. Il paraissait en transes, les yeux fermés, il crachait n’importe où. Vers midi, un psychiâtre l’examine, estime son état compatible avec la garde à vue. Il faut le transférer à la première division de police judiciaire. Loko s’emporte à nouveau. L’attaquant trouve qu’on lui manque de respect. Vous êtes des flics, des cons, moi je suis une star. Vous êtes jaloux parce que j’ai beaucoup d’argent. Vous ferez ce que je veux. Il s’allonge par terre. Voyez mes jambes. Elles valent de l’or. Je n’ai pas le droit de marcher. Apportez-moi une chaise roulante. On la lui apporte. Loko est ensuite porté dans une cellule. La 3. Il refuse: il veut la 9. On la lui donne. Quand les policiers s’approchent, il baisse son caleçon, se masturbe. Je vous emmerde, je suis intouchable. J’encule tous les pourris de flics et de juges de merde. Au tribunal en juin 1997, le gardien de la paix Mottot raconte: Il a dansé sur le banc pendant quatre heures. Il m’a dit: « Regarde la bite d’un Noir! J’encule ta mère et je baise ta femme, elle jouira plus qu’avec toi! » En dix-huit ans de police, j’ai jamais été insulté comme ça. A ma collègue féminine, il a dit: « Viens me sucer salope! » Son collègue Boinot enchaîne: Il m’a dit: “Arrête de te la jouer avec tes 10 000 francs par mois, moi j’en gagne 600 000, on va venir me chercher en hélicoptère (…) pour jouer avec la France en Norvège ». Il a ajouté: “Tu me touches un cheveu, t’es viré.»

Paniqués, les policiers appellent la direction du PSG. Jean-François Domergue arrive, essaye de raisonner son nouveau joueur: s’il répond aux questions, il peut être libéré. Il refuse. L’inspecteur Martinez raconte: «Il nous a fait la totale. Il nous a dit: “Darmon va rentrer et vous péter la tronche ». Puis il avait des moments de baisse. Il a pleuré. Il voulait rejoindre son fils dans la mort.

Tombé du Capitole à la Roche Tarpéienne en une nuit d’enfer, Loko reviendra en C2 dès octobre 1995 contre le Celtic Glasgow avec un doublé dans l’antre du club écossais, mais ne sera plus jamais l’attaquant prolifique vu sous les couleurs du FC Nantes de Jean-Claude Suaudeau …

En conflit permanent avec Luis Fernandez, Ronaldinho ne sera (comme George Weah en 1994-1995 avant son départ en Lombardie vers le Milan de Berlusconi et Capello) qu’un intermittent du spectacle entre 2001 et 2003 sous les couleurs du PSG. Mais le champion du monde 2002 avec le Brésil régalera la Ligue 1 de buts et de passes décisives d’orfèvre, comme lors d’une victoire 3-0 du club parisien au stade Vélodrome de Marseille. En 2003, Ronnie rejoindra le Barça où il deviendra le meilleur joueur du monde sous les ordres de Frank Rijkaard, formant un trio irrésistible entre 2004 et 2006 avec Deco et Samuel Eto’o, qui lui permettra d’être sacré Ballon d’Or 2005 puis de soulever la Ligue des Champions 2006, point d’orgue de son séjour barcelonais avant que le jeune espoir Lionel Messi ne lui succède petit à petit en 2007-2008 en Catalogne. Tombant de Charybde en Scylla, Ronaldinho rejoindra l’AC Milan avant de revenir ensuite au Brésil.

Autre joueur fantasque passé dans la capitale, le Nigérian Jay-Jay Okocha, buteur au Parc Lesucre de Bordeaux pour son premier match en D1 en 1997 mais globalement décevant à Paris.

De retour de l’Atletico Madrid en 2009, Grégory Coupet échouera à Paris, tout comme plusieurs joueurs venus d’Amérique du Sud pendant l’ère QSI : le libero uruguayen Diego Lugano, le milieu de terrain argentin Javier Pastore acheté à prix d’or à Palerme, l’attaquant uruguayen Edinson Cavani record des transferts de la Ligue 1 après de très belles saisons avec Naples, l’attaquant argentin Ezequiel Lavezzi.

A Lyon, Yoann Gourcuff ne fut plus jamais le joueur brillant qu’on avait vu à Bordeaux, ce qui en faisait l’héritier de Zinédine Zidane aux yeux des médias sportifs français. Ancien buteur du Bayern Munich et remplaçant désigné de Sonny Anderson dans la capitale des Gaules, le Brésilien Giovane Elber fut décevant avec le club rhodanien. Très peu de joueurs français échoueront à Lyon, tels Gourcuff ou encore Benoît Pedretti, Jean-Michel Aulas ne recrutant que des joueurs confirmés de Ligue 1 tels que Grégory Coupet (Saint-Etienne), Jérémy Toulalan (Nantes), Hugo Lloris (Nice), Florent Malouda (Guingamp), Eric Abidal (Monaco, Lille), Mathieu Bodmer (Lille), Eric Carrière (Nantes), Vikash Dhorasoo (Le Havre, Bordeaux). Ainsi, Aulas affaiblissait ses rivaux nationaux tout en pérennisant la victoire du club lyonnais avec un risque calculé. Quant aux étrangers de Gerland, ils vont tous briller, après 2000, entre Saône et Rhône exceptés Elber et John Carew : Juninho, Fred, Sonny Anderson, Michael Essien, Mahamadou Diarra, Fabio Grosso, Eric Deflandre, Lisandro Lopez.

  1. avatar
    30 mai 2015 a 15 h 29 min

    Du coté de Manchester United on peut parler aussi du brésilien Anderson.
    Pour Liverpool on peut aussi parler du recrutement de Carroll et de Downing.
    Mais pour moi le plus gros flop c’est quand même Mendieta

  2. avatar
    31 mai 2015 a 17 h 42 min

    En effet gros flop pour Mendieta, à titre perso je voterais Shevchenko à Chelski.

    Exemple typique du parachutage de joueur forcé par le président à son coach. Ballon d’Or 2004 au Milan AC, faisant partie des 10 meilleurs joueurs du monde entre 2000 et 2006, l’Ukrainien a ensuite disparu du radar une fois arrivé à Londres, où Didier Drogba l’a mis sous l’éteignoir.

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