Barça, où es-tu ?
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Barça, où es-tu ?

Laminé dans des proportions inimaginables par le Paris Saint-Germain en huitièmes de finale de la Ligue des Champions (4-0), le FC Barcelone est passé en une soirée du statut de meilleure équipe d'Europe à celui d'une équipe lambda. Retour sur la Saint-Valentin cauchemardesque des Blaugranas.

En cette soirée de Saint-Valentin, le FC Barcelone ne s’attendait absolument pas à vivre un tel scénario en sa défaveur dans la ville des amoureux. Le club catalan s’est lourdement incliné contre le PSG mais il a surtout affiché des lacunes encore jamais vues à ce niveau de compétition. Voici le récit de «la plus grande débâcle du Barça au XXIe siècle» selon le quotidien madrilène Marca.

Le onze catalan

Le groupe de Luis Enrique est quasiment complet. Il ne manque à l’appel qu’Aleix Vidal, dont la saison est terminée suite à sa grave blessure lors du dernier match de championnat contre le Deportivo Alavés. Il est remplacé numériquement par Sergi Roberto. A part ça, Enrique aligne son équipe-type au Parc des Princes en préférant André Gomes à Ivan Rakitic au poste de milieu relayeur.

Une entame ratée

Dès le coup d’envoi, les Blaugranas sont dominés par des Parisiens conquérants, que ce soit dans la possession de balle ou dans les duels. Le trio Busquets-Iniesta-Gomes, habituel point fort du Barça, cède dans la bataille du milieu de terrain. Les locaux commencent à se montrer menaçants sur les cages de Marc-André ter Stegen et vont finalement ouvrir la marque à la 18e minute sur un sublime coup-franc d’Angel Di Maria.

Une timide réaction sans effet

Après ce but, les Catalans tentent de répondre aux Parisiens et vont se créer leur première véritable occasion à la 27ème minute. Après une belle percée balle au pied, Neymar décale parfaitement André Gomes qui perd son face à face avec Kevin Trapp.

Cependant, les Espagnols ne se montrent pas plus dangereux et vont de nouveau craquer à cinq minutes de la pause. Après s’être heurté une première fois à ter Stegen, Julian Draxler va finalement battre son compatriote en concluant une nouvelle action collective de haut niveau des champions de France.

L’édifice s’écroule

Au retour des vestiaires, les joueurs de Luis Enrique ne donnent pas l’impression d’un sentiment de révolte. Pis encore, à la 55ème minute, Di Maria vient nettoyer la lucarne des buts catalans pour venir inscrire un doublé le jour de ses 29 ans. Enrique procède alors à son premier changement en faisant entrer Rafinha en lieu et place d’André Gomes.

Barcelone touche le fond à 20 minutes du terme de la partie lorsque Edinson Cavani vient conclure une attaque emmenée à la perfection par Thomas Meunier pour porter le score à 4-0. Le coach blaugrana aura beau faire rentrer Ivan Rakitic pour la sortie d’Andrés Iniesta, cela ne servira à rien puisque le FC Barcelone s’incline sur ce score lourd, malgré un coup de tête de Samuel Umtiti qui vient mourir sur les montants parisiens en fin de partie. Décidément une bien mauvaise soirée.

Un collectif défaillant

Pour le FC Barcelone, de nombreux enseignements sont à tirer de cette débâcle. Tout d’abord, le trio de feu Messi-Suarez-Neymar, le principal atout de l’équipe catalane, a traversé le match comme un fantôme. Le Brésilien a sans doute été l’homme le plus en vue des trois, lui qui a tenté quelques percées sur son côté avant d’être progressivement éteint par Meunier. Lionel Messi n’a quant à lui aucunement pesé sur les débats, l’illustration parfaite étant le duel dans lequel il se fait dominer par le jeune défenseur parisien Presnel Kimpembe. Sevré de ballons, Luis Suarez a été invisible comme jamais dans sa carrière.

Le milieu de terrain a lui aussi été à la rue. On connaît tous le talent d’Andrés Iniesta mais ce dernier n’a plus ses jambes de vingt ans. De plus, il revient de blessure, ce qui peut expliquer son faible rendement mais on attendait tous plus d’un aussi grand joueur que lui. Même constat pour Sergio Busquets alors que l’on est en droit de se demander pourquoi Ivan Rakitic n’a pas été titularisé à la place d’un André Gomes dont la presse a dit que sa prestation est «à montrer dans les écoles», pour que «les enfants voient tout ce qu’il ne faut pas faire dans un match».

La défense est elle aussi coupable. S’il ne faut pas accuser de joueur en particulier, l’arrière-garde barçelonaise a laissé beaucoup d’espaces aux attaquants parisiens et n’a cessé d’accumuler les largesses.

La presse en colère

Les journaux ibériques ne se sont pas privés de dire ce qu’ils pensaient de la prestation du FC Barcelone. Quand ce n’est pas «Un désastre» selon Mundo Deportivo, c’est «un massacre de la Saint-Valentin» pour AS.

On parle également d’un Barça «honteux et catastrophique» (El País), qui a été en dessous «individuellement, collectivement, physiquement et tactiquement» parlant et «sans âme ni jeu» (Mundo Deportivo).

Luis Enrique de plus en plus menacé

Mais les médias espagnols s’en sont surtout pris à Luis Enrique. Selon eux, il s’agit du principal responsable de cette humiliation et les critiques à son encontre pleuvent. Sport raconte ainsi «la triste réalité d’une équipe qui n’est qu’une absurdité tactique, physique et morale (…) privé de leadership, au style piétiné et sans aucune direction» AS démontre «la triste réalité d’une équipe qui n’est qu’une absurdité tactique, physique et morale (…) privé de leadership, au style piétiné et sans aucune direction». El Mundo va plus loin en affirmant que le coach catalan «a arraché toute son identité à l’équipe» catalane, «méprisé son passé et l’essence même de son jeu.»

En proie à une forte colère après la rencontre, il a bien failli se battre avec un journaliste. Mais la presse n’est pas la seule à le critiquer puisque la grogne commence aussi à s’installer au sein même du vestiaire. Sergio Busquets n’a pas manqué de dire ce qu’il pensait après la bataille tactique perdue par son coach au profit d’Unai Emery: “Ils ont été meilleurs que nous durant beaucoup de phases de la partie. Le plan tactique du PSG était meilleur que le nôtre. Ce n’est pas une question d’attitude mais plutôt de football. Les Parisiens ont réussi à mettre en place un plan qu’ils ont exposé quand ils le souhaitaient. Nous avons imaginé autre chose. Nous avons préparé le match assez différemment”.

Tout comme un membre du staff : «Nous sommes déçus de son travail. Nous avons été incapables de réveiller l’équipe et de trouver des solutions». Ce n’est pas tout puisque d’après la radio COPE, les joueurs majeurs du Barça sont “sont déçus par Luis Enrique. Ils le sentent incapable de relever le niveau de l’équipe et de trouver des solutions. Ils ne croient plus en lui et seraient sûrs qu’il s’en ira en juin”. Ces derniers manifesteraient actuellement leur volonté de voir débarquer en Catalogne Jorge Sampaoli, le technicien chilien du FC Séville.

Après une première saison de rêve avec le FC Barcelone lors de laquelle le club s’était adjugé la Liga, la coupe du Roi et la Ligue des Champions, les lendemains déchantent pour Luis Enrique qui est plus que jamais sur la sellette. Quasiment éliminé de la C1 et pouvant compter jusqu’à sept points de retard sur le Real Madrid en championnat, Barcelone pourra espérer remporter sa coupe nationale (finale contre le Deportivo Alavés) mais ceci est trop peu pour un tel club habitué à garnir son armoire à trophées.

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