Des mots sur les maux
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Des mots sur les maux

Un récit volontairement dramatisé de la tragique soirée du 8 mars.

Voilà déjà de longues minutes que le coup de sifflet final a retenti. Le regard perdu, une surdité inconsciente mais indispensable. Une bulle s’est formée autour de moi. Impossible de décrocher de la télévision. Refus d’y croire ou volonté d’avoir mal. Impensable, jamais vu, honteux, humiliant, rageant d’un côté. Magnifique, légendaire, inimaginable de l’autre. L’exultation de Messi face aux larmes de Marco. Les qualificatifs manquent. Les prochaines heures vont être dures. Moquerie des uns, réconfort des autres.

Pour moi, comme pour n’importe quel inconditionnel du PSG, cette soirée, ce match, ces dernières secondes resteront gravées. Impossible de décrire ce qu’il s’est passé. Pas parce que je ne le sais pas, mais parce que je n’y crois pas.

Bouche bée devant un tel scénario. Dégoûté d’un tel épilogue.

La cruauté médiatique va être indigeste. Facebook et Twitter restent éteints, par peur des moqueries. Il est tôt pour en rire. Très tôt, trop tôt. Emery sur la sellette, nécessité de trouver un fautif ? Il n’y en a pas. Tout était contre nous. Tout.

Arbitrage contestable et contesté. Décisions litigieuses, contacts inexistants. Incontrôlable était l’issue. Meunier tombant dans la surface, comme mort. Il était tôt pour l’imaginer, mais le Ciel allait nous tomber sur la tête. Nous tomber sur la tête et nous faire nous écrouler. Écrouler nos rêves, écrouler la performance fabuleuse du match aller.

Compréhensif des gens qui se fendront d’un « après tout, ce n’est que du sport » ? Jamais. Ce n’est pas qu’un sport. Ce n’est pas qu’un match. C’est bien au-delà de tout ça. Indescriptible est la défaite, insupportable est l’humiliation.

Se mettre à la place des Parisiens présents au Camp Nou. Relativiser. Rester figé devant ces images des supporters espagnols en liesse. Les jalouser profondément, les haïr intensément.

Un sentiment de déjà-vu ? France-Portugal. Mais la saveur est toute autre. La qualif ne pouvait nous échapper. 100% de chances. Envolées.

Le sport n’est pas une science exacte ? Vérité. Paris seul face au reste de l’Hexagone. Fumigènes sur le Vieux Port, Marseillais tantôt humiliés, ce soir-là jubilant. Ridicule, risible.

Mais humiliation, tristesse, désillusion, bientôt remplacés par fierté, soutien et passion.

Fluctuat nec mergitur

Thomas Mathiot 

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