Oh Emery, si tu savais
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Oh Emery, si tu savais

Loin de moi l’envie d’accabler gratuitement Unaï Emery mais j’ai beau refaire le match dans tous les sens, le constat est là, amer, implacable : à mon humble avis, le pétillant technicien basque a une part de responsabilité non-négligeable dans la défaite 3-1 du PSG au Real Madrid. Analyse détaillée des « choix forts » de l’entraîneur parisien, décisions qui ont pesé lourd dans la balance à l’issue du match aller. Tour d’horizon des inspirations discutables du bel Unaï, le tout par un lecteur d’« El Maestro », la bio de très bonne facture consacrée à l’entraineur espagnol.

La non-titularisation de Thiago Silva :

Au-delà du simple critère sportif, puisque la présence de Kimpembe dans le 11 de départ n’est pas spécialement incongrue, on peut s’interroger sur le timing de ce changement. Quel message envoies-tu au groupe quand tu indiques au capitaine de l’équipe qu’il va prendre place sur le banc lors d’un 1/8 de finale regardé par toute l’Europe ? Est-ce un pseudo « choix fort » ou le signe d’une fébrilité apparente ? Qu’en pensent le jour J les Brésiliens de l’équipe, qui voient leur capitaine traîner son spleen et son incompréhension le jour d’un match capital ? Pas idéal pour préparer une rencontre ô combien importante.

On a beaucoup ergoté sur le caractère émotif de « O Monstro » (cf. Coupe du Monde au Brésil) mais les larmes contre la Colombie, c’était il y a 4 ans ! Il y a prescription. Et, au passage, il n’avait pas pris part à la déroute 7-1 du Brésil face à l’Allemagne. Idem pour son match de l’an passé à Barcelone lors de la remontada. Il avait effectivement sombré, mais ni plus ni moins que ses coéquipiers. Le corollaire de la tonteria d’Emery, c’est la titularisation de Kimpembe. Le Parisien, dont la prestation d’ensemble est correcte, a fait preuve d’une fébrilité légitime dans la relance et la charnière centrale a vacillé comme un soir de grand vent à la pointe du raz.

Le projet Berchiche :

Jeu de mot douteux avec le « projet Blair Witch » mais le match de Berchiche n’était-il pas douteux ? Oui, le gaucher basque offre plus d’assurance défensive que l’imprévisible Kurzawa. Mais Berchiche a offert une prestation bien mièvre, entre mauvaise lecture tactique et apport offensif très limité. Pour affronter l’ogre madrilène, c’est trop juste.

Dans son dos, c’était « open bar », tapas à volonté et sangria à gogo (ça rappelle à l’intéressé l’anniversaire arrosé de Neymar ?). Pourquoi se priver du peps de l’ex-Monégasque pour un match de cet acabit ? Offensif, s’entendant comme larrons en foire avec Neymar, Kurzawa aurait mis au supplice un Nacho courageux mais limité. Au lieu de ça, on a eu droit à Yuri : tant qu’à aller au bout de l’homonymie, on aurait préféré Djorkaeff.

Les changements :

Cavani joue quasiment l’intégralité des rencontres sans être remplacé en cours de match depuis le début de saison en championnat, Ligue des Champions et coupes ? Emery, non content de flinguer la St-Valentin de tout un peuple, a décidé de sortir le Matador prématurément. Ok, l’Uruguayen n’avait pas fait un match transcendant, entre appels dans le vide, oublis manifestes par le duo Neymar-MBappé et contrôles hasardeux. Mais c’est une gâchette hors-norme qui marche sur l’eau depuis le début de l’année. Pourquoi diable s’en priver si tôt ?

Le comble de la forfaiture pour moi est la décision d’Emery de ne pas faire rentrer Di Maria. Le contexte s’y prête pourtant à merveille : l’Argentin est en feu, il est décisif à chaque match et il rencontre, revanchard comme un type qui s’est fait évincer de Loft Story, son ancien club qu’il a quitté dans la tourmente. Pas suffisant pour l’entraîneur basque qui fait entrer Draxler à la 85ème ! Aucun intérêt. C’est pour moi sa plus grosse faute, tant la patte gauche d’Angelito aurait fait du bien dans l’entrejeu. On imagine aisément au coup d’envoi Rabiot en sentinelle et Di Maria dans l’entrejeu. Croyez-moi ou pas, on aurait dégusté de la Pata Negra toute la soirée au lieu de cette chiffonnade de jambon proposée par le coach parisien.

Le pompon a été évidemment la titularisation de Lo Celso. Inutile de s’offrir inutilement le jeune Argentin dont la vista et la technique sont remarquables. Mais le mettre en n°6, même si le schéma a été testé en championnat, c’est idiot. La densité n’est pas la même, le contexte non plus : c’est l’envoyer au casse-pipe. Les raisons s’égrènent tels les pénos de CR7 : manque de maturité au plus haut niveau (cf. penalty), impact physique déficiant, gestion des émotions… Il fallait voir les joueurs du Real se ruer sur lui dès qu’il avait la balle, c’était quasiment du laser-game avec un type acculé face à une flopée de snipers.

En difficulté tout le match, provoquant un penalty lourd de conséquence, prenant un jaune tôt dans le match, Emery persiste et signe : il garde Lo Celso jusqu’à la 84ème minute. Comme évoqué plus haut, en l’absence de Motta, tu joues la sécurité avec Rabiot en 6 ou tu mets Diarra, dont l’expérience au plus haut niveau et la culture tactique auraient été précieuses sur 60-70 minutes. Histoire d’ajouter un zeste d’huile d’olive dans la salade basque d’Emery, on évoquera l’entrée de Meunier.

On est clairement dans la fausse bonne idée. Marcelo se régale côté gauche où c’est l’autoroute d’Auvergne qui s’offre à lui ? On fait rentrer Meunier qui était en mode « Meunier tu dors ». Loin de museler la pile électrique brésilienne, le Belge n’a rien apporté, si ce n’est la vision d’un Dani Alves littéralement cramé qui a terminé le match en 6, à la Balmont, tel un vétéran (il manquait la bedaine). On notera au passage que les deux derniers buts viennent du côté de Meunier. Très beau coaching !

Voilà un constat sévère mais réaliste. Toujours facile de refaire le match a posteriori, mais quand tu as des munitions comme Di Maria, Pastore et Draxler, tu t’en sers ! Et tu ne changes pas l’équilibre de l’équipe lors d’un match de cette importance. Emery, dont la gestion de l’effectif cette année ne laissait pas présager de telles errances, peut encore renverser la tendance. Car en dépit de choix hasardeux, le PSG avait le match en main à la 80ème et faisait tourner la balle tel le grand Barcelone de Guardiola. Sauf qu’un match dure 90 minutes et qu’avec une bonne dose d’inexpérience (Lo Celso, Kimpembe), conjuguée à des choix sportifs hasardeux, le Real Madrid a pu présenter la cuenta.

  1. avatar
    21 février 2018 a 11 h 44 min
    Par MaximeLHERBAT

    Emery principal fautif ? Si le PSG avait gagné, on aurait couvert de louanges l’entraîneur espagnol comme on l’avait fait lors du 4-0 contre le Barça. Mais Paris s’est incliné, donc la facilité fut de remettre en cause les choix du coach…
    Tout d’abord, Kimpembe plutôt que Thiago Silva ? Depuis le début de saison, le titi parisien enchaîne les très bonnes performances et il avait été monstrueux lors de ce même 4-0 la saison passée. Sa titularisation peut être en effet mise en question quand on sait que c’est au profit du capitaine.
    Ensuite, pourquoi Yuri plutôt que Kurzawa ? Choix simple. Le latéral gauche français n’est pas encore totalement remis de sa blessure à la cuisse. Kurzawa ne fut donc logiquement pas titulaire, et il ne fut pas sur le banc non plus. C’est dans les tribunes qu’il regardera ses partenaires s’incliner ! Donc FAUX PROCÈS !
    Aussi, Cavani est invisible dans la partie tout comme Benzema. Le second est sorti par Zidane et personne voit ce changement comme une erreur. Emery fait de même en sortant son buteur uruguayen initié en mode fantôme pendant le match. Rien d’extra étonnant a priori ? Si, visiblement… À se demander pourquoi !
    Lo Celso trop fébrile, le mettre en 6 est un choix « idiot » ? C’est pourtant à ce poste qu’il a été recruté à la base ! De plus, du haut de son 1,77 m et de excellente vision du jeu, pourquoi ne pas le tenter en 6, d´autant plus que Rabiot a livré un très bon match sur son côté gauche. Motta aurait été titulaire, on aurait tous dit « mais il est trop vieux » « mais il court pas »… Enfin tout ça pour dire qu’Emery n’a CERTAINEMENT PAS proposé une « chiffonnade de jambon » !! Ceci dit, il n’est pas de tout reproche. Et la critique est ouverte

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