Nostalgie : FC Porto-AS Monaco, c’était aussi il y a treize ans
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Nostalgie : FC Porto-AS Monaco, c’était aussi il y a treize ans

Ce mercredi, l'AS Monaco déjà éliminé se déplace en terre portugaise dans le cadre de la 6ème journée de la phase de groupes de la Ligue des Champions (Groupe G) pour y affronter le FC Porto, qui lui joue sa qualification pour les huitièmes de finale. L'ASM va tenter de sauver l'honneur et de laver l'affront après la défaite subie lors de la deuxième journée (0-3 à Louis-II avec notamment un doublé de Vincent Aboubakar). Ce triste score final de la manche aller nous rappelle forcément la finale de l'édition 2003-2004 qui s'était terminée le même score. Et oui, c'était il y a treize ans déjà, une finale cruelle venue conclure une néanmoins, fabuleuse épopée monégasque, suffisamment marquante puisqu'elle représente la dernière participation d'un club français en finale de C1. Flash-back !

Nous sommes le 26 mai 2004, la ville de Gelsenkirchen dans le Nord-Ouest de l’Allemagne et son enceinte du Veltins Arena (anciennement Arena AufSchalke) accueillent la grande finale de la Ligue des Champions. En cette journée de printemps, les amoureux de football sont forcément interloqués par la présence de ces deux finalistes, deux outsiders, deux clubs surprises… Personne n’aurait été assez fou pour parier sur eux un an en arrière. L’AS Monaco avait remporté la Coupe de la Ligue en 2003, rien de bien significatif, du moins, à priori. Le FC Porto quant à lui s’était offert le championnat, la Coupe et la Supercoupe du Portugal ainsi que la Coupe de l’UEFA. Plus révélateur mais bien trop domestique pour envisager une victoire sur la plus haute estrade du football européen. Oui, mais voilà, emmenés par deux entraîneurs à la notoriété grandissante, incarnations de charisme et de prestance, Monégasques et Portistas avaient franchi tous les obstacles avant de poser pied à Gelsenkirchen où ils allaient donc se disputer le sacre européen.

Ce sera finalement une finale à sens unique. Porto l’emportera 3-0 dans une rencontre où Monaco n’aura existé que durant les vingt premières minutes. Battus dans pratiquement tous les compartiments du jeu, les hommes de Didier Deschamps n’étaient pas parvenus à contourner l’incroyable forteresse d’un certain José Mourinho dont la maîtrise, la détermination, l’assurance et le calme étaient totalement caractérisés par différents facteurs, tous significatifs : le flegme de ses joueurs, leur imperturbable capacité à maîtriser temps forts et temps faibles, la célébration de Carlos Alberto sur le premier but portista avec un regard révélateur, paraissant presque arrogante, ou encore la tranquillité avec laquelle Deco ajustait Flavio Roma dans un moment où Monaco semblait connaître son plus gros temps fort. Les Portugais avaient été bien trop forts pour des Monégasques à bout de force, privés de leur capitaine “Ludo” Giuly sorti sur blessure et pas suffisamment inspirés pour faire pencher la balance. Peu importe, cette génération de joueurs de l’ASM a marqué l’histoire et demeure encore à ce jour la dernière représentante française à avoir atteint une finale de Ligue des Champions. Retour sur le périple de ces deux équipes.

L’épopée monégasque

S’ils avaient fait vibrer les amoureux du football dans l’hexagone durant ce sensationnel parcours, on ne donnait pourtant pas cher de leur peau au départ. De la grinta défensivement, du talent offensivement, le tout dans une équipe soudée, pleine d’allant et de générosité, incarnée par son capitaine Giuly. La bande emmenée à l’époque par celui qui est aujourd’hui sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, était loin d’être vue comme un outsider à l’entame de la saison 2003-2004. Si en Ligue 1, l’ASM sillonne déjà les premières places du classement, c’est dans le dernier chapeau, le pot 4, que se trouvait le club de la Principauté au moment du fameux tirage au sort à l’entame de cet exercice.

L’AS Monaco hérite à l’époque d’un groupe assez homogène (PSV Eindhoven, Deportivo, AEK Athènes). Les premiers tests sont concluants et les coéquipiers de Patrice Evra s’imposent chez le PSV de Guus Hiddink et de Mark van Bommel (1-2), avant de cartonner les Grecs de l’AEK 4-0 à Louis-II avec notamment un doublé de Fernando Morientes. L’ASM prône un jeu offensif et sa tendance à profiter du fructueux travail des hommes de couloir s’assimile parfaitement à l’efficacité des attaquants. Monaco connait un coup d’arrêt lors de la troisième journée au Riazor (défaite 1-0) face au Deportivo de Diego Tristán, mais les Rouge et Blanc ont les crocs et se vengent de leurs homologues espagnols un mois plus tard à domicile dans un stratosphérique 8-3 qui marque les esprits. Un homme est particulièrement à la fête ce soir-là : Dado Pršo s’offre un quadruplé ! Une manière idéale de souffler ses bougies (il fêtait ses 29 ans ce 5 novembre 2003).

Monaco frappe un grand coup et secoue la planète du football européen avec ce carton. Les hommes de la “Dèche” impressionnent d’autant plus qu’ils se présentent avec l’un des effectifs les plus jeunes de la phase de groupes de la Ligue des Champions. La moyenne d’âge tourne à 24 ans avec un seul et unique joueur ayant plus de 30 ans à l’automne 2003, le troisième gardien André Biancarelli (32 ans à l’époque). Pour le reste, seuls Ibarra, Zikos, Pršo et Roma (tous âgés de 29 ans) approchent la trentaine.

Le jeu est séduisant et des joueurs se révèlent au plus haut niveau, à l’image de Jérôme Rothen et Patrice Evra, animateurs hyperactifs du couloir gauche depuis lequel bon nombre de caviars sont déposés sur les attaquants monégasques (Morientes, Pršo, Nonda, Adebayor…). L’état d’esprit est également à l’oeuvre dans ce collectif avec des joueurs qui abattent un travail de l’ombre comme le duo Zikos-Bernardi qui est d’un apport fondamental dans la mécanique monégasque.

Et ce ne sont pas deux résultats nuls lors des cinquième et sixième journées de la phase de groupes (1-1 à la maison face au PSV puis 0-0 en Grèce face à l’AEK) qui empêchent Monaco de terminer en tête de son groupe avec 11 points. On retrouvera donc l’ASM en huitièmes de finale !

Fin février 2004, le club du Rocher se déplace en Russie. Le tirage au sort offre le Lokomotiv Moscou à la bande à DD. La RZD Arena de Moscou, sa température glaciale, son ambiance hostile et surtout un adversaire bien plus dangereux qu’on ne semble le penser. Monaco est alors en tête de la Ligue 1 (talonné par l’Olympique Lyonnais) et débarque chez le Lokomotiv et son légendaire gardien à la queue de cheval, Sergey Ovchinnikov.

Monaco souffre et prend deux pions : la jeune pépite russe Izmailov et le dénommé Maminov mettent le Lokomotiv en position favorable. Monaco subit et ne se procure que de rares opportunités… une seule fera l’affaire : une tête de Morientes sur un énième centre de Rothen vient redonner un bon espoir à l’ASM (2-1) puisque cette réduction du score modifie les paramètres du match retour prévu à Louis-II. Quelques minutes plus tôt, Dmitri Loskov manquait la balle du 3-0 donnant forcément des regrets aux Russes, mais surtout moins de confort avant la deuxième manche. Deux semaines plus tard, Monaco se qualifie dans la douleur (1-0) grâce à un Dado Pršo pourtant malheureux durant une partie de la rencontre, avec notamment un pénalty raté. Le Croate offre la qualif’ aux Monégasques sur un excellent service de Bernardi. Le Lokomotiv ne revient pas, diminué par l’expulsion prématurée de Loskov. Monaco entrevoit les quarts ! Et en quarts de finale, l’ASM se retrouve à affronter un cador du continent : le Real Madrid et son armada “époque galactique” : Zidane, Beckham, Figo, Raúl, Ronaldo…

La tâche semble plus que compliquée mais pour Deschamps, pas question de se présenter en victimes dans l’enceinte du Santiago Bernabéu en ce mercredi 24 mars 2004. Combatifs et présents dans tous les duels, l’AS Monaco ouvre même le score par Squillaci (0-1, à la pause) ! Mais le Real s’énerve et revient mort de faim au retour des vestiaires : Helguera de la tête (51ème) relance des Madrilènes touchés dans leur orgueil. Zidane en force puis Figo, en deux-temps sur pénalty, font même basculer la rencontre en moins de dix minutes (70ème puis 77ème). Le doute s’installe chez les coéquipiers de Ludovic Giuly, menés 3-1 dans la capitale espagnole. Monaco semble voir ses rêves de qualification s’envoler lorsque Ronaldo enfonce le clou (4-1, 81e). La mission semble alors impossible… mais la flamme semble se raviver lorsque Morientes reprend de la tête un centre de Jaroslav Plašil (4-2, 83ème).

Le Real Madrid ne dort pas sur ses deux oreilles, Carlos Queiroz non plus. Le technicien portugais débarque en principauté début avril avec l’idée conserver l’avantage du match aller. Beckham est suspendu suite à un carton jaune reçu à l’aller, Queiroz choisit du coup de blinder son milieu en incorporant Borja Fernández et Guti. Monaco se présente également sans certains éléments-clés : Bernardi est suspendu, Zikos blessé. Deschamps innove et abandonne son 4-4-2 pour installer un 4-3-3, Rothen prenant place dans un milieu à 3 aux côtés d’Edouard Cissé et Jaroslav Plašil. Le début de match est serré, mais les espoirs de qualification de l’ASM semblent de nouveau utopiques lorsque Raúl débloque le tableau d’affichage. 0-1 à la 36ème minute, l’affaire semble bouclée : Monaco doit marquer trois fois. Le Real Madrid semble déjà regarder vers les demies, mais Giuly profite d’un bon travail de Morientes pour égaliser juste avant la pause. Mi-temps à Louis-II et dans le chemin menant aux vestiaires, la légende raconte que Zinedine Zidane aurait lâché à Ludovic Giuly les mots suivants : “on est à la rue, ce soir !”, début annonciateur d’un véritable retournement de situation ? La suite semble en tout cas le confirmer.

Les Monégasques prennent l’avantage dès le début de la seconde période, toujours grâce à son couloir gauche. Quand ce n’est pas Jérôme Rothen qui dégaine, c’est son compère de ligne Patrice Evra qui s’y colle. Le natif de Dakar envoie une galette sur la tête de l’irrésistible Fernando Morientes. “Nando” plante son septième but en Ligue des Champions et l’espoir renaît à nouveau. Le Real Madrid n’y est plus et les multiples pertes de balle dans l’entrejeu sont là pour en témoigner. Queiroz lance Solari qui remplace Borja tandis que de l’autre côté, DD envoie le revenant Shabani Nonda dans la bataille à la place de Dado Pršo. Ce coup-ci, c’est par l’autre couloir que le danger vient : Ludovic Giuly, intenable ce soir-là, reprend un centre de Hugo Ibarra et trompe Casillas. A l’entame du dernier quart d’heure, Monaco mène 3-1 face à des Madrilènes en totale perte de confiance.

L’ASM l’a fait, le Real Madrid est dehors et le résultat sonne comme un tremblement de terre dans le gratin européen. Oui, l’AS Monaco se retrouve bel et bien en demi-finale et le rêve de soulever la coupe aux grandes oreilles, onze ans après le sacre de l’Olympique de Marseille face au Milan AC, est plus que jamais présent dans l’esprit des supporters monégasques et des observateurs du football français en général. Le rêve parait plus que jamais accessible d’autant plus que d’autres grosses écuries européennes sont passées à la trappe ! Le Milan AC de Shevchenko a lui aussi chuté en quart après un scénario invraisemblable face au Deportivo de la Corogne tandis qu’au tour précédent, le Manchester United de Sir Alex Ferguson avait vu la porte des quarts se refermer à cause d’un but de Costinha dans les dernières secondes à Old Trafford, qualifiant par la même occasion le FC Porto d’un jeune entraîneur alors inconnu au bataillon et à la notoriété encore trop peu perceptible, un certain… José Mourinho ! Oui, Monaco, le Depor, le FC Porto sont trois équipes candidates à une place en finale de Ligue de Champions.

Monaco n’est plus qu’à deux étapes de la finale et affronte le Chelsea de Claudio Ranieri, alors à la lutte avec Arsenal pour le titre de champion d’Angleterre. Présenté comme l’épouvantail du dernier carré, Chelsea sort d’un parcours quasi-parfait, avec une seule défaite en phase de groupes et une improbable série de cinq matchs sans encaisser de but. De quoi motiver des Monégasques galvanisés par la confiance emmagasinée par la victoire face au Real. La bande à Deschamps rentre parfaitement dans sa rencontre du match aller à Louis-II, ce soir du mardi 20 avril 2004. Un quart d’heure intense, de détermination et de duels conclu par une merveille de centre de Rothen repris victorieusement par Pršo. 1-0. L’Argentin Crespo répond néanmoins aux ardeurs monégasques quelques minutes plus tard (1-1, 22ème). Peu importe, Monaco est dans une spirale positive, présente un enthousiasme rafraîchissant, parait plus que jamais décomplexé et ultra-déterminé. Et ce n’est pas la (très) sévère expulsion de Zikos à l’heure de jeu, ni les entrées de Verón et d’Hasselbaink pour Chelsea, qui changent la donne. Monaco ne flanche pas et fait craquer Chelsea dans le dernier quart d’heure avec un nouveau but pour Morientes avant que Nonda, entré en jeu, porte la marque à 3-1. Monaco a un pied en finale, mais la validation du ticket doit se faire quelques jours plus tard à Stamford Bridge…

À Londres, Didier Deschamps entend résister aux assauts des Blues en alignant cinq défenseurs au coup d’envoi (Evra, Squillaci, Rodriguez, Givet, Ibarra). En face, Ranieri choisit à la surprise générale de laisser Crespo, buteur londonien du match aller, sur le banc : c’est Hasselbaink qui accompagne Gudjohnsen en attaque. Les joueurs de Chelsea, volontaires et impliqués, finissent par ouvrir la marque de manière bien chanceuse avec un centre-tir de Grönkjaer qui finit sa course dans la lucarne opposée de Flavio Roma. 1-0, puis 2-0 sur un travail d’équipe remarquable conclu avec classe par Frank Lampard. Chelsea a déjà fait son retard et se retrouve en position de qualifié… mais la mi-temps n’est pas encore sifflée et Monaco est à l’attaque : Rothen dépose Melchiot sur le côté gauche. Son centre trouve la tête de Morientes qui remet le ballon vers la ligne de but… L’histoire ne nous dira probablement jamais si Hugo Ibarra, arrivé telle une fusée au second poteau, marque de la main ou de l’épaule. Peu importe. Monaco a marqué à l’extérieur et valide sa qualification avec un nouveau but de Fernando Morientes à la 60ème minute, suite à un délicieux une-deux avec Bernardi. 2-2, score final. Monaco va voir Gelsenkirchen !

La folie portista

Déjà très charismatique dans son costume et avec son fidèle calepin à la main, José Mourinho n’est alors qu’un jeune entraîneur, déjà très ambitieux, déjà adepte de déclarations fortes et téméraires. Pourtant en 2003, son nom parait encore bien obscur dans le paysage européen malgré un titre de champion du Portugal glané la saison précédente et une Coupe de l’UEFA remportée face au Celtic. Ce n’est pas son passé de joueur qui peut également évoquer quoi que ce soit : Mourinho, ex-milieu de terrain, a évolué dans des petits clubs portugais. Manquant d’endurance et de vitesse, le Mou’ arrête sa carrière de joueur à l’âge de 24 ans afin de se lancer dans une carrière d’entraîneur. Ex-adjoint à Barcelone de Louis van Gaal et traducteur de Bobby Robson à la fin des années 90, Mourinho a déjà engrangé de l’expérience en côtoyant ces deux pointures. A l’União de Leiria, son travail est reconnu à travers tout le Portugal. Arrivé en juillet 2001 dans ce modeste club basé au centre du pays, Mourinho sort d’un renvoi à Benfica où il n’a officié que quelques semaines. Il permet au club de Leiria de jouer les premiers rôles et installe son équipe à la quatrième place du championnat à la mi-saison. Suffisant pour convaincre le FC Porto de l’engager. Le début d’une ascension phénoménale.

Deux ans plus tard, fort d’un titre de champion du Portugal et d’une C3, le Special One et son équipe participent à la Ligue des Champions. Placés dans le pot 4, ils héritent d’un tirage au sort mi-figue mi-raisin, accompagnés dans le groupe F par le Real Madrid, de l’Olympique de Marseille et du Partizan Belgrade.

Porto démarre timidement avec un nul en Serbie face au Partizan (1-1) pendant que l’OM s’incline face aux Galactiques du Real Madrid avec un Ronaldo en feu (4-2). Au bout de deux journées, le FC Porto ne compte finalement qu’un seul point après avoir été balayé par le Real Madrid dans son ancien Estádio das Antas (1-3). Mourinho se cherche encore. 4-4-2 ou 4-3-3, le Special One tâtonne, mais le projet de jeu reste le même : sorties de balle très propres et relais de passes courtes dans l’entrejeu. Le FCP se refait la cerise lors de la troisième journée en venant gagner au Vélodrome face à l’OM de Didier Drogba (2-3)… puis il bat une seconde fois les Marseillais à Porto (1-0) grâce au milieu de terrain russe Alenichev.

Solidement installés à la deuxième place, Porto valide sa qualification en disposant du Partizan lors de la cinquième journée (2-1) avec un doublé de Benni McCarthy. En tête de leur championnat, les Dragões développent un football attrayant avec leurs passes redoublées et le travail énorme des latéraux Paulo Ferreira et Nuno Valente, qui compensent l’absence de véritables ailiers dans le 4-3-1-2 instauré en cours de saison par le Special One. Porto arrache un dernier point lors de la dernière journée face à un Real Madrid en roue-libre (1-1) grâce à un pénalty de Derlei. Le FCP est qualifié pour les huitièmes de finale. Le tirage au sort approche et l’Europe du football se dit sûrement qu’il faudra aller au-delà des apparences car les Portugais ont bien les moyens de créer des ennuis à leurs adversaires…

Ce sera Manchester United ! La bande de Sir Alex Ferguson se présente fin février dans le flambant neuf Stade du Dragão, inauguré dans le but de remplacer le vieillissant Estadio das Antas mais surtout en vue de l’Euro 2004 se déroulant au Portugal. L’ambiance y est exceptionnelle et le match se joue à guichets fermés. Pas de quoi intimider Sir Alex et son chewing-gum, très présent dans les coulisses d’avant-match et entamant une indirecte guerre de mots avec son jeune homologue portugais en conférence de presse.

Porto se présente sans son avant-centre Derlei, blessé. Le début de match est hostile et le Sud-Africain Quinton Fortune éteint le Dragão (14ème) en marquant un précieux but à l’extérieur. Mais pas question de gâcher la fête côté portista, c’est un compatriote du buteur mancunien, Benni McCarthy, qui se charge de réchauffer l’atmosphère en reprenant de volée un centre d’Alenichev (1-1). Ferguson a son idée : bloquer les couloirs (Valente/Ferreira) en demandant à Giggs et Scholes de fermer les ailes, mais c’était sans compter sur Alenichev… Le lutin russe décroche sur l’égalisation de McCarthy en venant s’incorporer couloir droit. Tout est à refaire ! Ce FC Porto est décidément dur à cuire. Une énième montée de Nuno Valente dans les dernières minutes entraîne une reprise de la tête surpuissante de McCarthy. Le Sud-Africain catapulte le ballon sous la barre de Tim Howard et offre la victoire à Porto, tandis que Roy Keane est expulsé pour une semelle sur Vítor Baía.

Le match retour à Old Trafford est également tendu : Manchester United, poussé par son douzième homme, ouvre la marque par Scholes (32ème). La suite de l’histoire est depuis devenue une scène culte. Costinha crucifie les Red Devils à la dernière seconde et plonge Old Trafford dans un silence de cathédrale pendant que Mourinho se lance dans sa fameuse chevauchée le long de la ligne de touche pour aller célébrer un des exploits les plus marquants de ces vingt dernières années en Coupe d’Europe.

L’Olympique Lyonnais est ensuite victime de l’adrénaline portugaise en quarts de finale. Dominés durant toute la première période lors de quart de finale aller, les Lyonnais cèdent juste avant la pause. Un Deco de gala ce soir-là au Dragao conclut un travail de Carlos Alberto avec réussite sur un centre-tir de McCarthy. 1-0. Invaincus dans leur nouvelle enceinte, les Dragons semblent injouables. Deco rayonne et étale toute sa classe. Le n°10 portugais dépose un amour de ballon sur la tête de Ricardo Carvalho qui bat Grégory Coupet peu avant le dernier quart d’heure (2-0, 71ème). Lyon, abandonné par Juninho sorti sur blessure, a laissé passer sa chance quelques minutes plus tôt en gaspillant des cartouches (deux loupés de Luyindula) et se retrouve condamné à un exploit lors du retour à Gerland. Un exploit qui ne vient pas car ce FC Porto est trop fort, trop huilé, trop rusé.

Les Lyonnais, remontés comme des pendules, abordent la rencontre retour avec un pressing tout terrain, ce à quoi la troupe à José Mourinho répond avec un calme presque insolent dans les relances. Maniche entre en scène, à son tour, et offre un récital. Une transversale de 30 mètres signée du chef d’orchestre Deco finit dans les pieds du n°18 qui ne se fait pas prier. La mission parait impossible pour les protégés de Paul Le Guen mais ces derniers parviennent à égaliser grâce à l’abnégation de Peguy Luyindula (1-1, 14ème). Acculé en défense, Porto procède en contre mais l’OL ne lâche rien et Elber n’est pas loin de redonner espoir aux Gones. L’entame de seconde période est finalement fatale aux Lyonnais, asphyxiés d’entrée par le pressing du trio Alenichev-Costinha-Maniche. On prend les mêmes et on recommence, les deux protagonistes Deco et Maniche. Le premier délivre un centre pour le second qui termine le travail (47ème). 1-2. Ce FC Porto est diabolique et ne pardonne pas. Lyon a bel et bien craqué et l’expulsion d’Edmílson en fin de recontre ne fait que confirmer ce constat, tandis que le but de Giovane Elber dans le temps additionnel ne change rien. Porto se présente plus que jamais comme un candidat au titre.

Les vainqueurs de la Coupe de l’UEFA 2003 se retrouvent dans le dernier carré de C1, une première depuis 1994. On se dit alors que le FC Porto est en passe de retrouver son prestigieux passé et que l’exploit des Madjer et autres Paulo Futre en 1987 peut être reproduit. En demi-finale, Porto est opposé aux Espagnols du Deportivo. Prudence, la tâche ne s’annonce pas simple. Le Deportivo de Walter Pandiani a renversé le Milan AC en quart de finale ! Après s’être incliné 4-1 lors de l’aller à San Siro, les Blanquiazules ont renversé les Milanais 4-0 au Riazor lors du match retour. Grosse sensation. Mourinho n’en a que faire : le technicien portugais est confiant et martèle en conférence de presse qu’il estime son équipe “capable de gagner les deux matchs et la finale”. Rien que ça !

En face, Javier Irureta, le coach du Depor effectue un choix fort : Diego Tristán est sur le banc malgré la blessure de Munitis. Le coach basque a choisi de blinder son milieu afin de bloquer Deco. Le début de match est fermé et avec peu d’occasions. Porto peine à construire et, surtout, le plan anti-Deco d’Irureta marche à merveille : “Ô Magico” traverse le match tel un fantôme. 0-0. Cela ne bouge pas malgré un incroyable manqué de Jankauskas et l’expulsion de Jorge Andrade, l’ancien portista, dans les rangs de la Corogne.

Porto arrive au Riazor en position à priori défavorable après le résultat nul du match aller, mais les coéquipiers de Costinha montrent plus de détermination après le coup d’envoi face à des Espagnols très crispés à l’image de leur star, Juan Carlos Valerón. Le rouleau-compresseur de Porto se met en place : les Portugais dominent, mais ne sont pas à l’abri d’un contre. Derlei trouve le poteau juste avant la pause. Les visiteurs étonnent par leur discipline tactique et leur fluidité dans le jeu, à l’image une nouvelle fois de Deco dont on attend le coup de baguette magique. Il arrive à l’heure de jeu sur une percée où il élimine deux défenseurs avant d’être stoppé irrégulièrement. Derlei se charge de la sentence et transforme un pénalty décisif. Gelsenkirchen est de plus en plus proche pour José Mourinho et son FC Porto. Une véritable sensation ! Nerveux et incapables de trouver la faille, les joueurs du Deportivo se retrouvent à dix après l’expulsion de Naybet en fin de rencontre. Porto tient son résultat et Mourinho a tenu sa parole : dix-sept ans après sa finale de C1 remportée à Vienne face au Bayern de Lothar Matthäus et la légendaire talonnade de Rabah Madjer, les Azuis e brancos ont à nouveau la possibilité de conquérir la coupe aux grandes oreilles !

L’équipe-type : AS Monaco

Flavio Roma – Gardien de but : C’est en Série B, à Piacenza au tout début des années 2000, que Deschamps avait été cherché ce gardien devenu en quelques saisons le n°1 indiscutable dans les bois monégasques. Un statut qui n’a jamais été remis en question malgré les présences de Stéphane Porato ou encore de Tony Sylva. Roma, c’est 243 matchs officiels avec l’AS Monaco entre 2001 et 2013 (il avait également connu un passage peu concluant en tant que troisième gardien au Milan AC entre 2009 et 2012). Fait majeur de sa carrière : 3 sélections en équipe d’Italie, mais alors qu’il est attendu pour être la doublure de Buffon pour la Coupe du Monde 2006, une blessure l’écarte de la Nazionale. Détrôné en club quelques années plus tard par Stéphane Ruffier, Roma a connu une fin de carrière assez vide avec une dernière apparition dans le monde professionnel en 2014.

Hugo Ibarra – Latéral droit : Il avait débarqué à l’été 2003, prêté à l’époque par… Porto ! Ibarra avait mis les pieds en Principauté avec les crocs, frustré de ne jamais avoir eu sa chance au Portugal, il ne restera qu’une seule saison sous les couleurs monégasques. Arrière latéral explosif et dur sur l’homme, il disputera au total une trentaine de matchs, pas toujours titulaire mais souvent très utile. Son aventure l’emmène la saison suivante en Espagne avant de rentrer chez lui dans son Argentine natale pendant cinq années à Boca Juniors (2005-2010). 4 Copa Libertadores, 5 titres de champion d’Argentine et une bonne dizaine de sélections avec l’Albiceleste plus tard, il raccroche en 2010.

Julien Rodriguez – Défenseur central : Arrivé à Monaco en 1997 en provenance d’Istres, celui qui portait le n°24 ne s’est imposé qu’à partir de 2001. Installé tantôt aux côtés de Givet, tantôt aux côtés de Squillaci, son caractère et son leadership lui ont permis d’assumer parfaitement son rôle de taulier de défense. Joueur le plus utilisé par Didier Deschamps lors de cette saison 2003-2004 (48 matchs toutes compétitions confondues), il fut malmené par les courses du Brésilien Derlei lors de la finale de 2004. Rodriguez quitte Monaco en 2005 pour tenter une aventure en Ecosse chez les Glasgow Rangers. Sans réussite. Il revient en France, à l’OM, en 2007 pour tenter de se relancer et est même convoqué en équipe de France par Domenech à l’occasion d’un match amical face à l’Argentine la même année. La fin de son aventure à l’OM sera marquée par une saison vierge (2009-2010) durant laquelle il ne figure pas dans une seule feuille de match en Ligue 1, tandis que le club devient champion de France. Son contrat est résilié en 2011, Julien Rodriguez met fin à sa carrière dans la foulée.

Gaël Givet – Défenseur central : Autre figure emblématique du club monégasque, Gaël Givet se révèle également à l’Europe durant cette édition de Ligue des Champions. Solide, il réalise une saison pleine et connaît au terme de l’exercice sa première cape en équipe de France. La suite de sa carrière sera plus compliquée malgré un brassard de capitaine récupéré après le départ de Giuly à Barcelone et une place parmi les 23 bleus finalistes du mondial en 2006 : un transfert flop à l’Olympique de Marseille avant de connaître une aventure de cinq ans en Angleterre à Blackburn avec un passage en Championship. N’ayant jamais retrouvé son niveau, il a effectué quelques passages en Ligue 2 entre 2013-2016 (Arles-Avignon, Evian et Tours).

Patrice Evra – Latéral gauche : Arrivé à Monaco en 2002 après un début de carrière dans les divisions inférieures en Italie (Marsala et Monza), Evra (avant de connaître de sombres années remplies de polémiques) a été l’un des joueurs-phares de l’ASM. Formé en tant qu’ailier gauche, Deschamps a fait de “Pat” un arrière latéral et ses performances lui ouvrent les portes de l’équipe de France (pré-sélectionné pour l’Euro 2004 au Portugal, il n’y prendra finalement part) et celles d’Old Trafford. Recruté par Manchester United en 2006 et adoubé par Sir Alex Ferguson, Evra s’offre un palmarès monstrueux après avoir empilé les titres chez les Red Devils. Un contraste saisissant avec sa carrière internationale, où ses performances furent moins convaincantes et avec les histoires que l’on connait. Il a récemment quitté l’OM, sans gloire, après le fameux épisode de Guimaraes.

Edouard Cissé – Milieu : Prêté par le Paris Saint-Germain à l’entame de cette saison 2003-2004 après un passage en Angleterre à West Ham, Cissé n’était pas forcément le joueur le plus clinquant de cette fameuse épopée, mais sûrement l’un des plus braves. Précieux dans le milieu de terrain monégasque, il n’a pas toujours été titulaire, mais souvent utile. Le longiligne franco-sénégalais retourne au PSG à l’issue de cette aventure avant de connaître un exil en Turquie au Besiktas, où il s’offre un championat et une Coupe en 2007. Arrivé dans les valises de Deschamps à l’OM en 2009 (champion de France et vainqueur de la Coupe de la Ligue un an plus tard), il termine sa carrière à l’AJA en 2012. Une carrière honorable.

Lucas Bernardi – Milieu : Joueur besogneux, les supporters monégasques n’ont sûrement pas oublié ce milieu de terrain argentin au fort caractère. Adepte du duel, Bernardi a été l’un des joueurs les plus batailleurs sur le Rocher. Indispensable sous l’ère Deschamps, il est resté 7 ans à Monaco avant de rentrer en Argentine dans son club des Newell’s Old Boys où il a disputé près de 200 matchs entre 2008 et 2014. Devenu entraîneur à l’issue de sa carrière, il est aujourd’hui coach du club argentin de l’Estudiantes.

Akis Zikos – Milieu : Le milieu grec était aussi l’un des soldats de DD. Roi de l’anticipation et solide tacleur, il ne lui manque qu’une pointure pour empêcher Carlos Alberto d’ouvrir le score à Gelsenkirchen lors de la finale face à Porto. En dépit du parcours monégasque, il fut étrangement snobé par Otto Rehaggel, alors qu’il participait en parallèle à la qualifcation grecque pour l’Euro 2004. Finalement écarté de la liste finale, il regardera de loin la bande à Angelos Charisteas remporter le Championnat d’Europe ! Infatigable, joueur de l’ombre, il termine sa carrière en 2008 à l’AEK Athènes où il est aujourd’hui directeur du centre de formation.

Jérôme Rothen – Ailier gauche : Son pied gauche a fait des merveilles. Co-meilleur passeur de la Ligue des Champions avec 6 passes décisives (à égalité avec Deco), Jérôme Rothen était également l’un des joueurs à s’être dévoilé le plus lors de cette campagne européenne. Toujours à l’aise pour distiller des caviars, il rejoint le Paris Saint-Germain, “le choix du cœur”, l’été suivant malgré un intérêt prononcé de Chelsea. Si son compère de couloir, Patrice Evra, n’accroche pas le wagon pour l’Euro 2004, Rothen lui est bien du voyage au Portugal. Mais comme bon nombre de ses partenaires, il ne retrouvera jamais son niveau d’antan et son passage au PSG, miné par des blessures à répétition et de mauvaises prestations, se termine par deux prêts successifs, aux Glasgow Rangers en 2009 où il ne parvient pas à s’imposer puis en Turquie à Ankaragücü. Le natif de Châtenay-Malabry a raccroché les crampons après une dernière étape à Caen en 2013.

Ludovic Giuly – Ailier droit : Capitaine Ludo, la mobylette. Avec son centre de gravité, sa vitesse et sa capacité à perforer, mais aussi à conclure (18 buts, toutes compétitions confondues durant la saison 2003-2004), Ludovic Giuly a marqué à jamais de son empreinte l’AS Monaco. Véritable meneur d’hommes, sur et en dehors du terrain, le n°7 a été déterminant et toujours à la hauteur quand il a dû prendre ses responsabilités. Sorti sur blessure, la mort dans l’âme, lors de la finale de Gelsenkirchen (remplacé par Dado Prso à la 23ème minute), il rate ensuite l’Euro 2004, mais s’envole pour le FC Barcelone où il rafle deux Liga. Titulaire à ses débuts aux côtés de Ronaldinho et Samuel Eto’o, Giuly marque une dizaine de buts lors de sa première saison en Catalogne. Le point d’orgue de sa carrière arrive en 2006 avec une Ligue des Champions décrochée et un rôle prépondérant dans le parcours des Blaugranas en C1. Eclipsé par l’arrivée dans l’équipe première d’un certain Lionel Messi un an plus tard, il se relance en Italie du côté de la Roma avant de revenir en France au PSG puis de terminer sa carrière du côté de Lorient, après un come-back à l’ASM alors en Ligue 2.

Fernando Morientes – Attaquant : Barré par le Brésilien Ronaldo durant la période des Galactiques au Real Madrid, Fernando Morientes a rejoint Monaco à l’été 2003, prêté pour une saison. Suffisant pour avoir fait trembler les filets de Ligue 1 et d’Europe. Une vingtaine de buts en 40 matchs sous les couleurs monégasques, un titre de meilleur buteur de la Ligue des Champions (9 réalisations) et un jeu de tête parfaitement adapté au jeu de couloir prôné par l’AS Monaco. La suite est moins reluisante : son retour au Real Madrid en 2005 n’est pas une réussite, son passage à Liverpool (2005-2007) non plus. C’est au FC Valence, en fin de carrière, qu’il se relance avant de retrouver Didier Deschamps à l’OM en 2009. Un échec. Son contrat est résilié un an plus tard et Nando décide alors de se retirer. Trop amoureux du rectangle vert, il a quand même rechaussé les crampons en 2015 à l’âge de 38 ans, le temps de quelques mois, dans le modeste club de Santa Ana qui évolue en D5 espagnole ! Sacré Nando !

FC Porto :

Vítor Baía – Gardien de but : Il ne passait pas inaperçu ! Le vieillard au n°99 et à la grinta contagieuse était le dernier rempart de l’armée de José Mourinho. Revenu au FC Porto à la fin des années 90 après avoir eu le coeur brisé au FC Barcelone, où Louis van Gaal l’avait mis au placard, Vítor Baía est revenu chez lui plus revanchard que jamais et a additionné les titres de champion de Portugal avant de décrocher à 33 ans un titre de champion d’Europe. Néanmoins, ce ne fût pas suffisant pour convaincre Scolari de lui offrir une dernière bataille pour l’Euro 2004 alors que le gardien avait disputé les Championnats d’Europe 1996 et 2000. Peu importe, le natif de Vila Nova a marqué l’histoire en étant l’un des meilleurs gardiens de sa génération. Baía tire sa révérence en 2007, remplacé par le Brésilien Helton.

Paulo Ferreira – Latéral droit : Discret mais disponible quand on fait appel à lui pour amener le danger dans le couloir droit. Si, intrinsèquement, il n’était pas considéré comme le plus doué de ce FC Porto version Mourinho, Paulo Ferreira a su performer en dépit de certaines carences. Joueur de complément durant le reste de sa carrière, il ne s’est jamais véritablement imposé à Chelsea mais totalise tout de même 62 sélections en équipe du Portugal et a marqué par sa longévité après avoir évolué durant neuf années chez les Blues. Honorable.

Ricardo Carvalho – Défenseur central : Autre homme de base de l’échiquier du Special One, Ricardo Carvalho a attendu son heure avant de devenir l’une des références mondiales à son poste. Devenu titulaire à 24 ans chez les Dragoes, après avoir longtemps été baladé entre prêts et passages en équipe réserve, Ricardo Carvalho s’était déjà fait remarquer en Europe l’année précédente durant la victoire de Porto en Coupe de l’UEFA. Son sens du placement et son calme étaient déjà objets de toutes les attentions. La confirmation vient ensuite lors de l’Euro 2004, avant que Mourinho ne l’embarque dans son avion pour Chelsea. Trois titres de champion d’Angleterre, un statut de joueur de classe mondiale et une ascension durant laquelle rien ne semble lui résister… avant le grand saut pour le Real Madrid en 2010 toujours aux côtés de Mourinho. Son passage en Espagne ne restera pas autant dans les mémoires. Souvent blessé et incapable de se mettre dans le rythme, Ricardo Carvalho se relance à… Monaco en fin de carrière. Deux saisons pleines, conclue par un sacre à l’Euro 2016 avec le Portugal. Il évolue aujourd’hui en Chine à Shanghai.

Jorge Costa – Défenseur central : Le vétéran de l’équipe. Capitaine des portistas, véritable enfant du club, celui que l’on surnommait “Le Tank” pour sa corpulence monstrueuse et son agressivité parfois bien excessive n’était pas du genre à faire dans la dentelle. Rugueux, il était revenu en grâce en 2002 après une courte expérience en prêt à Charlton. Un peu plus de 200 matchs sous le maillot du FCP, une bonne série de cartons rouges et quelques coups de sangs pour ce joueur qui n’a rien lâché lors de la finale à Gelsenkirchen. Après un dernier titre de champion intercontinental en 2004, Jorge Costa tente une dernière expérience en Belgique au Standard de Liège. Retraité des terrains depuis 2006, il s’est depuis lancé dans une carrière d’entraîneur. Il est aujourd’hui en charge du Tours FC en Ligue 2.

Nuno Valente – Latéral gauche : L’ancien latéral gauche du FC Porto et de la Seleção du Portugal avait débarqué chez les Azur e blanco en 2002. Il faisait partie de ces joueurs que Mourinho avait emmené avec lui de Leiria à Porto (Maniche, Derlei et Maciel). Ce robuste défenseur, ancien du Sporting CP, était l’un des éléments les plus expérimentés du groupe. Joueur sobre, sans fantaisie, mais avec tout de même une attirance pour un jeu très physique et une capacité monstrueuse à multiplier les courses. Nuno Valente rejoint Everton en 2005 et après deux saisons de bonne facture, il perd sa place chez les Toffees et est pris en grippe par une partie des supporters. Parfois moqué pour son embonpoint, il met un terme à sa carrière en 2009 après une saison blanche.

Costinha – Milieu : Le héros d’Old Trafford. Lors du huitième de finale retour de Ligue des Champions à Manchester (1-1), c’est lui, ancien Monégasque, qui a surgi pour battre Tim Howard à la dernière minute. Sentinelle indispensable, ce joueur aux trois poumons était une pierre angulaire dans le schéma en 4-3-1-2 de Mourinho. Une reconnaissance acquise sur le tard pour ce joueur âgé à l’époque de 29 ans. S’en suivra un choix de carrière douteux : le Dynamo Moscou, où il s’engage un an plus tard pour y retrouver ses compères Maniche et Derlei. Un échec, Costinha ne s’impose pas en Russie et rejoint l’Atlético Madrid en 2006 où ses performances ne font pas l’unanimité. Il tentera une dernière expérience en Italie, à l’Atalanta, où il enchaînera les pépins physiques. Jugé inapte à reprendre le football de haut niveau, son contrat est résilié en 2010 et il met fin à sa carrière.

Pedro Mendes – Milieu : Il n’a joué qu’une seule et unique saison au FC Porto. Arrivé du Vitoria Guimaraes à l’été 2003, Pedro Mendes était l’un des hommes de devoir qui composait l’équipe portista. Bon manieur de ballon, capable de parcourir de nombreux kilomètres, il a finalement connu une carrière moyenne. Tout comme son compère du milieu Costinha, les blessures ont eu raison de la suite de sa carrière. Transféré à Tottenham quelques semaines après le sacre face à l’AS Monaco, il ne parvient pas à s’imposer sur la durée chez les Spurs et s’en va tenter une aventure en Ecosse chez les Rangers. Néanmoins, il a été international portugais (12 sélections) et a même disputé la Coupe du Monde 2010.

Maniche – Milieu : Enfant de Lisbonne et formé chez l’ennemi du Benfica, Maniche -devenu indésirable chez les benfiquistas- signe à Porto en 2002, lui aussi désiré par Mourinho. Milieu de terrain complet, les observateurs du football se souviennent forcément des frappes surpuissantes dont il avait le secret. A Porto, il prend une dimension importante et s’impose en parallèle dans la sélection portugaise. La suite de sa carrière en club sera toutefois moins aisée. Tout comme Costinha, il tente une expérience russe, sans succès. Il semble trouver chaussure à son pied lorsqu’il signe à l’Atlético Madrid en 2006, mais une baisse de rendement et son caractère bien trempé l’obligent à tenter d’autres aventures. Après des passages infructueux par Chelsea et l’Inter Milan, il termine sa carrière en 2011 au Sporting CP. Il est à ce jour (avec son ex-coéquipier Derlei) l’un des rares joueurs à avoir porter le maillot des trois cadors du championnat portugais (Porto, Benfica, Sporting).

Deco – Milieu : ”Ô Mágico”, la grande classe. Brésilien de naissance, naturalisé portugais, Deco était la superstar de ce FC Porto champion d’Europe. Meneur de jeu à la vista exceptionnelle, sa technique et son élégance ont fait de lui un joueur apprécié, le meilleur sur le terrain ce fameux soir du 26 mai 2004. Snobé au Brésil, Deco débarque au Portugal en 1997 à Benfica, mais c’est au FC Porto -où il signe en 1999- qu’il devient un joueur incontournable. Transféré au FC Barcelone dans la foulée de l’Euro 2004, Deco continue de briller dans un rôle différent, placé plus bas sur le terrain afin de laisser plus de liberté à Ronaldinho. Il devient alors l’un des meilleurs milieux de terrain au monde. Dauphin d’Andriy Shevchenko pour le Ballon d’Or 2004, Deco s’offre deux Liga et une autre Ligue des Champions (2006) avant de voir son avenir à Barcelone s’assombrir avec l’arrivée de Pep Guardiola. A la relance à Chelsea, il remporte la Premier League en 2010 et deux F.A Cup (2009, 2010). “SuperDeco”, désireux de rentrer au Brésil, connaît une dernière escapade dans son pays natal à Fluminense (2010-2013) où il s’offre deux derniers titres de champion de Brésil. Anderson de Souza dit “Deco” verra son nom figurer à jamais au panthéon des légendes.

Carlos Alberto – Attaquant : Arrivé en provenance de Fluminense en janvier 2004, Carlos Alberto était alors présenté comme un futur crack, fort d’une réputation de pépite très prometteuse acquise au Brésil en dépit son jeune âge (19 ans). Sa carrière s’est finalement apparentée à une descente aux enfers. Titulaire à la surprise générale dans le onze de Mourinho, il devient, en marquant le premier but de cette finale, le deuxième plus jeune joueur de l’histoire à marquer en finale de Ligue des Champions. Attendu dans un top club européen, il fait le choix de rentrer au Brésil un an plus tard, aux Corinthians, alors que José Mourinho comptait l’emmener avec sa petite troupe (Paulo Ferreira, Ricardo Carvalho) à Chelsea. Le début de la fin pour Carlos Alberto qui connaît par la suite une régression sportive invraisemblable avec un passage par la seconde division brésilienne (au Vasco da Gama en 2009) et douze clubs différents ! Considéré à ce jour comme l’un des plus grands gâchis de l’histoire du football brésilien, ce déroutant dribbleur à ses débuts est âgé aujourd’hui de 32 ans et se trouve actuellement sans club après une dernière expérience à l’Atlético Paranaense (D1 Brésilienne).

Derlei – Attaquant : Bourreau du Celtic Glasgow durant la finale de Coupe de l’UEFA 2003, Vanderlei Fernandes dit “Derlei” a lui aussi dû quitter le Brésil après avoir évolué dans les divisions amateurs. En quête de reconnaissance, il devint rapidement le chouchou de Mourinho avec lequel il a connu de belles années à l’Uniao Leiria. Attaquant racé, il empile les buts dans le championnat portugais au début des années 2000. Sa vitesse et son sens du but marquent les esprits dans la péninsule ibérique où il est adulé par les supporters portistas. Tout se gâte néanmoins après la vague de départs qui frappe le FC Porto l’été suivant. Déçu de n’avoir pu rejoindre un autre club, il entre en conflit avec ses dirigeants et s’engage au Dynamo Moscou en Russie où il continue à empiler les buts durant deux saisons. En 2007, alors âgé de 32 ans, il tente un retour au Portugal, à Benfica puis au Sporting, avec plus ou moins de réussite. Il terminera sa carrière là où il l’a démarrée, dans le modeste club du Madureira EC en quatrième division brésilienne en 2010.

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