Ligue des Champions, trophée impossible à conserver
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Ligue des Champions, trophée impossible à conserver

Depuis 1990 et le succès du Milan AC contre le Benfica, aucun club européen n’a réussi à conserver le titre acquis sur le Vieux Continent. Cet exploit n’a donc jamais été réalisé en Ligue des Champions.

Ligue des Champions, trophée impossible à conserverL’histoire commence à Vienne, le mardi 21 mai 1990. La grande finale européenne doit opposer mercredi 22 mai le tenant du titre, le Milan AC d’Arrigo Sacchi, au Benfica Lisbonne, imposteur qui usurpe la place qui aurait dû revenir à l’Olympique de Marseille.

Le club phocéen atteindra la finale en 1991 et 1993. La veille du match au Prater, la légende benfiquiste Eusebio va se recueillir sur la tombe de Bela Guttmann, mort en 1981. Le coach hongrois avait quitté le Benfica en 1962, après son deuxième titre européen consécutif gagné par le club portugais, en lançant une malédiction qui devait durer cent ans : Sans moi, Benfica ne gagnera plus jamais de Coupe d’Europe pendant cent ans.

Telle la phrase du grand maître des Templiers, Jacques de Molay, adressée au roi Philippe IV le Bel, à son garde des sceaux Guillaume de Nogaret et au pape d’Avignon Clément V, l’aphorisme de Guttmann fit de Benfica un roi maudit, malgré la prière d’Eusebio la veille de la finale, revanche du match de 1963 à Wembley. L’épée de Damoclès allait tomber une fois encore sur le grand club de Lisbonne.

Car un but de Frank Rijkaard offrit au Milan AC son quatrième titre de champion d’Europe en 1990, Benfica perdant une sixième finale européenne depuis 1962 (C1 1963 contre Milan AC, 1965 contre l’Inter Milan, 1968 contre Manchester United et 1988 contre le PSV Eindhoven, C3 1983 contre Anderlecht), la malédiction durant encore aujourd’hui (défaites en finale de C3 en 2013 contre Chelsea et en 2014 contre le FC Séville).

Une autre malédiction va naître ce jour-là. Près d’un quart de siècle plus tard, le dernier champion d’Europe à avoir pu conserver son titre reste le Milan AC de 1990, chose qui était monnaie courante entre 1957 et 1990 (Real Madrid en 1957, 1958, 1959 et 1960, Benfica Lisbonne en 1962, Inter Milan en 1965, Ajax Amsterdam en 1972 et 1973, Bayern Munich en 1975 et 1976, Liverpool en 1978, Nottingham Forest en 1980).

Tous les champions d’Europe, sans exception jusqu’au Bayern Münich sacré en 2013 et détrôné par le Real Madrid en 2014, ont échoué à se succéder… Garder le prestigieux trophée est donc resté une prouesse utopique depuis le Milan AC de Sacchi, phénix né sur trois brasiers de cendres encore chaudes : celles du Heysel ayant emporté le grand Liverpool FC aux oubliettes, celles provoquées en Italie par le pyromane Diego Maradona qui priva Naples du Scudetto 1988 (les paris clandestins de la Camorra condamnant le Napoli à se saborder à quelques journées du terme sous l’égide du Pibe del Oro), et celles ayant marquées la fin de l’époque Platini / Trapattoni à la Juventus en 1986 et 1987, le virtuose de Joeuf partant un an après son coach mythique.

Le tableau d’honneur des 24 champions d’Europe, du Milan AC de 1990 vaincu en 1991 au Bayern Munich de 2013 détrôné en 2014, fait apparaître divers mérites dans la défense du trophée.

Finalistes (4)
- 1995, Milan AC champion d’Europe 1994 (battu par l’Ajax Amsterdam en finale à Vienne)
- 1996, Ajax Amsterdam champion d’Europe 1995 (battu par la Juventus Turin en finale à Rome)
- 1997, Juventus Turin champion d’Europe 1996 (battu par le Borussia Dortmund en finale à Munich)
- 2009, Manchester United champion d’Europe 2008 (battu par le FC Barcelone en finale à Rome)

Demi-Finalistes (7)
- 1992, Etoile Rouge Belgrade champion d’Europe 1991 (deuxième de la phase de poules derrière la Sampdoria Gênes qualifiée pour la finale contre le FC Barcelone, le club yougoslave aurait, comme le Sparta Prague, disputé une demi-finale si la formule de la C1 1992 l’avait permis)
- 1998, Borussia Dortmund champion d’Europe 1997 (éliminé par le Real Madrid)
- 2000, Manchester United champion d’Europe 1999 (éliminé par le Real Madrid)
- 2001, Real Madrid champion d’Europe 2000 (éliminé par le Bayern Munich)
- 2003, Real Madrid champion d’Europe 2002 (éliminé par la Juventus Turin)
- 2010, FC Barcelone champion d’Europe 2009 (éliminé par l’Inter Milan)
- 2012, FC Barcelone champion d’Europe 2011 (éliminé par Chelsea)
- 2014, Bayern Münich champion d’Europe 2013 (éliminé par le Real Madrid)

On remarquera au passage qu’à l’exception de 1992 et 2003, les tenants du titre éliminés en demi-finale le furent par leur successeur au palmarès de la Ligue des Champions.

Quarts de Finalistes (5)
- 1991, Milan AC champion d’Europe 1990 (éliminé par l’Olympique de Marseille)
- 1999, Real Madrid champion d’Europe 1998 (éliminé par le Dynamo Kiev)
- 2002, Bayern Munich champion d’Europe 2001 (éliminé par le Real Madrid)
- 2004, Milan AC champion d’Europe 2003 (éliminé par le Deportivo La Corogne)
- 2011, Inter Milan champion d’Europe 2010 (éliminé par Schalke 04)

Huitièmes de Finalistes (5)
- 1993, FC Barcelone champion d’Europe 1992 (éliminé par le CSKA Moscou au deuxième tour préliminaire avant la phase de poules à 2 fois 4 clubs)
- 2005, FC Porto champion d’Europe 2004 (éliminé par l’Inter Milan)
- 2006, Liverpool champion d’Europe 2005 (éliminé par le Benfica Lisbonne)
- 2007, FC Barcelone champion d’Europe 2006 (éliminé par Liverpool)
- 2008, Milan AC champion d’Europe 2007 (éliminé par Arsenal)

Seizièmes de Finalistes / Phase de Poules (1)
- 2013, Chelsea champion d’Europe 2012 (troisième du groupe derrière la Juventus Turin et le Shaktiar Donetsk, reversé en Ligue Europa ensuite gagnée en mai 2013 contre le Benfica Lisbonne)

Non Qualifié (1)
- 1994, Olympique de Marseille champion d’Europe 1993 (suspendu par l’UEFA suite à l’affaire OM – VA de mai 1993)

Les raisons de cette incapacité à conserver le titre sont nombreuses. Pérenniser l’exploit est devenu presque impossible en C1. Tout d’abord, la création de la Ligue des Champions par l’UEFA en 1992, et surtout son ouverture aux dauphins (voire aux troisième et quatrième de certains championnats) a densifié le niveau de concurrence. Du temps du Real Madrid de Di Stefano, du Benfica d’Eusebio, de l’Ajax de Cruyff, du Bayern Munich de Beckenbauer ou de Liverpool de Keegan et Dalglish, le nouvel Empereur du Vieux Continent n’avait qu’à se préoccuper de nouveaux rois couronnés dans chaque nation, pas de leurs dauphins…

L’arrêt Bosman a également permis l’explosion du marché des transferts, et donc accentué le turnover des effectifs, plus stables dans le passé.

Cette logique a d’ailleurs privé certains champions d’Europe de leurs meilleurs éléments : en 2004, le FC Porto perd son entraîneur fétiche José Mourinho, véritable clé de voûte du titre européen acquis contre Monaco, mais également deux figures de proue sur le terrain, Deco et Ricardo Carvalho partis renforcer le FC Barcelone et Chelsea.

En 1991, avant Bosman donc, l’Etoile Rouge Belgrade fait un parcours plus qu’honorable en terminant deuxième de la poule derrière la Sampdoria de Gênes de Gianluca Vialli. Mais le club yougoslave sacré à Bari en 1991 était orphelin de Robert Prosinecki (parti au Real Madrid), d’autres joueurs clés partant en 1992 (Dejan Savicevic au Milan AC, Miodrag Belodedici à Valence, Darko Pancev à l’Inter Milan, Sinisa Mihajlovic) ce qui plantera de terribles banderilles à l’Etoile Rouge, avant que l’UEFA ne porte l’estocade au club des Balkans par la suspension européenne liée au conflit ethnique en Yougoslavie.

Certains clubs, comme l’Olympique de Marseille, n’ont pu défendre leur titre, le club phocéen étant remplacé par l’AS Monaco pour la saison 1993-1994 où son dauphin, le Milan AC de Fabio Capello, lui succéda au palmarès au printemps 1994 face au troisième ogre du Vieux Continent, le FC Barcelone de Johan Cruyff. Malgré le lobbying de Jean-Fournet Fayard et Noël Le Graet, la guillotine fut dressée par Lennart Johansson (UEFA) appuyé dans l’ombre par son ennemi intime mais complice éphémère Joao Havelange (FIFA). Marseille sacrifiée sur l’autel de la probité européenne avant d’être condamnée au purgatoire de la D2 par la DNCG, l’hymne de la Ligue des Champions avait un air de requiem durant toute la saison 1994.

Le destin eut des clins d’œil élégants envers les Phocéens : Milan AC élimina leur suppléant en demi-finale, l’AS Monaco, avant de terrasser le favori catalan au stade Olympique d’Athènes, où le cheval de Troie imaginé par Capello se joua de l’arrogance de Johan Cruyff. Même orpheline de Baresi et Costacurta, la charnière centrale rossonera Maldini / Nava sut contenir les assauts de Romario et Hristo Stoïtchkov : le premier avait déjà la tête à la World Cup américaine, qu’il ferait sienne, le second était encore dans les agapes du quatrième titre de champion d’Espagne acquis avec panache par le Barça contre le FC Séville trois jours plus tôt, le Bulgare ayant signé un doublé retentissant (5-2). Mais le Milan, quand il dut remplacer Marseille contre Sao Paulo en Coupe Intercontinentale ou contre Parme en Supercoupe d’Europe, fut à chaque fois vaincu, comme si l’Histoire n’avait pas voulu du puissant dauphin lombard…

D’autres clubs ont été victimes de l’accident de parcours, telle la Dream Team catalane de Cruyff à l’automne 1992 face au CSKA Moscou, victime d’excès de confiance comme l’OM fin 1991 face au Sparta Prague ou Manchester United fin 1993 contre Galatasaray. Le même diagnostic s’applique au Milan AC en 2004, vainqueur 4-1 du Deportivo La Corogne au match aller, avant d’être balayé 4-0 au match retour au Riazor.

Certains ont été balayés par un épouvantail inattendu, comme le Real Madrid de Guus Hiddink en 1999, sorti par le Dynamo Kiev d’Andrei Shevchenko qui pousserait ensuite le Bayern Munich d’Ottmar Hitzfeld dans ses ultimes retranchements.

D’autres enfin avaient gagné par surprise, comme le FC Porto en 2004, Liverpool en 2005 ou Chelsea en 2012, il ne fut donc pas surprenant de les voir trébucher l’année suivant leur titre.

Certains avaient gagné par aboutissement d’une lente progression jusqu’au pinacle, comme le Borussia Dortmund en 1997. Portée par des joueurs tels que Sammer, Kohler ou Möller, le club de la Ruhr avait tout donné dans cette campagne européenne, il paraissait chimérique d’espérer un deuxième trophée.

Les quatre à avoir réussi à atteindre la finale l’année suivant leur couronnement sont tombés sur plus forts qu’eux ou plus opportunistes…

- l’Ajax Amsterdam de Louis Van Gaal, bien que toujours excellente en 1996 (seuls Frank Rijkaard et Clarence Seedorf transféré à la Sampdoria de Gênes étaient partis du club à l’été 1995), l’était moins que la Juventus Turin qui ne s’imposa qu’aux tirs aux buts

- le Milan AC de Fabio Capello était orphelin de son prodige monténégrin Dejan Savicevic pour la finale viennois de 1995. Marco Van Basten toujours blessé à sa cheville, George Weah et Roberto Baggio pas encore débarqués de Paris et de la Juventus, il manquait au grand club de Lombardie la fine gâchette qui serait la pierre angulaire de ses succès européens futurs (Shevchenko en 2003, Kakà et Inzaghi en 2007)

- la Juventus Turin de Marcello Lippi fut victime de l’effet underdog en 1997 à Munich. Outsider de la finale bien qu’ayant sorti Manchester United en demi-finale, le Borussia Dortmund marqua deux fois par Karl-Heinz Riedle, s’ouvrant les portes de la gloire face à sa bête noire (la Juventus ayant vaincu Dortmund en finale de C3 1993 puis en demi-finale de C3 1995)

- Manchester United et Sir Alex Ferguson, en 2009, furent piégés par la puissance offensive du Barça de Pep Guardiola, ce dernier s’étant présenté à Rome avec une défense affaiblie. Ce soir-là, Cristiano Ronaldo fut éclipsé par son rival Lionel Messi. Le premier but de Samuel Eto’o sur une passe lumineuse d’Andres Iniesta changea le destin de cette finale romaine où les Red Devils étaient pourtant favoris, malgré la saison monumentale de la Dream Team catalane.

Deux magnifiques équipes furent victimes du contrecoup du triplé Championnat – Coupe – Ligue des Champions : Manchester United auteur du triplé mythique en 1999 fut victime de l’implacable Real Madrid du printemps 2000 emmené par Raul et Fernando Redondo, alors que l’Inter Milan championne d’Europe en 2010 était orpheline du Special One José Mourinho pour 2011, le gourou portugais étant parti au Real Madrid après le titre obtenu par les Lombards, ironie du destin, sur la pelouse de l’Estadio Santiago Bernabeu.

Le Real Madrid galactique tomba deux fois sur de magnifiques armadas collectives, le Bayern Munich en 2001 emmené par des gladiateurs tels qu’Oliver Kahn et Stefan Effenberg, ou encore la Juventus Turin en 2003, sublimée par la technique de velours et le quadrillage parfait du terrain par Pavel Nedved, poumon du onze de Marcello Lippi. Les Madrilènes avaient commis le péché d’orgueil en 2003, pensant avoir fait le plus dur après une joute d’anthologie face au Manchester United de Ferguson (3-1, 3-4) : triplé de Ronaldo à Old Trafford, adieux européens de David Beckham au théâtre des rêves, émerveillement de Roman Abramovitch qui racheta Chelski l’été suivant…

Quant aux deux ogres absolus de cette période 1990-2014, le Milan AC de Fabio Capello et le Barça de Josep Guardiola, ils n’ont pu étendre leur hégémonie plus d’une saison consécutive, même si leur niveau de jeu stratosphérique ne fut pas un feu de paille.

Eliminés en 1991 par la virtuosité et le panache de Chris Waddle, les Rossoneri furent suspendus de toute compétition européenne en 1992 après avoir quitté la pelouse du Stade Vélodrome sous l’impulsion du capitaine milanais Franco Baresi. Arrigo Sacchi remplacé par Fabio Capello à l’été 1991 sur le banc milanais, le Scudetto 1992 fut gagné en restant invaincu, prouesse remarquable que la Juventus de 2012 fut la seule à égaler dans le Calcio. Le club du tycoon Silvio Berlusconi allait cannibaliser le football européen en 1993, mais bien qu’aidé par l’élimination précoce de la Dream Team barcelonaise de Johan Cruyff, l’ogre italien fut piégé en finale par Raymond Goethals. Bernard Tapie gagnait donc la C1 face au président qui l’avait tant inspiré depuis 1986… Revenant sur le trône en 1994 avec une implacable logique, Milan tomba du Capitole à la Roche Tarpéienne en 1994-1995 : retour mouvementé de Ruud Gullit reparti manu militari à la Sampdoria, décompression mentale après une World Cup américaine éreintante pour les joueurs italiens (Paolo Maldini en tête)… L’usure du pouvoir faisait son œuvre, et si Milan put se défaire de Benfica puis du PSG au printemps 1995, l’Ajax Amsterdam sut vaincre les Rossoneri en finale à Vienne.

Quant au Barça de Guardiola, il imposa sa férule en 2009 et 2011, les deux fois contre Manchester United et Sir Alex Ferguson, étant sorti en 2010 et 2012 par deux formidables machines à faire déjouer : l’Inter Milan de José Mourinho en 2010 puis Chelsea de Roberto Di Matteo en 2012. On pourra argumenter sur le voyage en bus des Blaugrana au match aller en 2010 entre la Catalogne et la Lombardie (l’espace aérien) ou le pénalty manqué par Lionel Messi au match retour en 2012 contre le club londonien, Barcelone n’a pas su profiter de son âge d’or pour écrire son nom deux fois consécutivement. Piégée en 2007 par Liverpool, la génération des Ronaldinho, Eto’o et Deco, sous l’ère Rijkaard, n’avait pas fait mieux.

La tâche sera donc rude pour le Real Madrid de Carlo Ancelotti sacré champion d’Europe en 2014 face au voisin de l’Atletico. Plusieurs obstacles de taille se dressent sur la route du stade olympique de Berlin, avec des rivaux à l’appétit colossal, digne de Pantagruel : le Bayern Munich de Pep Guardiola souhaitera laver l’affront du printemps 2014 tout en allant reconquérir le titre gagné à Wembley en 2013, Chelsea et José Mourinho voudront soulever ensemble un trophée déjà gagné séparément (en 2012 avec Roberto Di Matteo pour le club londonien, en 2004 avec Porto et 2010 avec l’Inter Milan pour le Special One), le FC Barcelone et Luis Enrique voudront contrecarrer les plans de leur grand rival national revenu en grâce avec la Decima conquise en 2014, la Juventus Turin voudra redorer le blason du football italien en Europe, après seulement deux titres européens du côté de la Vecchia Signora , tous deux gagnés en finale sans convaincre (1985 l’année du Heysel sur un penalty imaginaire de Michel Platini contre Liverpool, et 1996 aux tirs aux buts contre l’Ajax Amsterdam), Manchester City voudra enfin obtenir les dividendes d’investissements colossaux depuis quelques saisons (Aguero, Kompany, Yaya Touré, Dzeko, Silva, Jovetic…).

  1. avatar
    19 février 2015 a 20 h 20 min

    J´y croyais dur comme fer pour le Real Madrid jusqu´en decembre, mais leur baisse de regime depuis est vraiment inquietante sur leur capacite a faire le double.

    Barcelone s´est repris, Chelsea est solide tandis que le Bayern et Guardiola auront appris du gros echec europeen que fut 2014. A suivre donc.

  2. avatar
    18 avril 2016 a 17 h 24 min
    Par LUSHIKU NGALAMULUME Innocent

    ce vraii!

  3. avatar
    4 juin 2017 a 1 h 45 min
    Par Albert Lompo

    Vamos CR7

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