Bordeaux par la petite porte
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Bordeaux par la petite porte

Il est environ 21h jeudi quand le coup de sifflet final retentit dans la Pancho Arena. Avec lui, ce sont tous les espoirs de qualification en Europa League qui s’envolent pour les Girondins de Bordeaux. Pourtant victorieux à l’aller au Matmut Atlantique (2-1), les hommes de Jocelyn Gourvennec n’ont pas su se hisser à la hauteur de l’événement.

Jeudi soir, ils se sont inclinés très logiquement 1-0. C’est le but à l’extérieur marqué par les joueurs de Videoton, une semaine auparavant, qui leur a servi de ticket d’entrée pour les barrages de la Coupe d’Europe.

Pour ce déplacement en Hongrie, l’entraineur bordelais avait opéré 3 changements par rapport au match aller. Diego Contento et Mauro Arambarri sont mis sur le banc, Lukas Lerager, malade, est resté à l’hôtel. Youssouf Sabaly a pris la place de latéral gauche pendant que Milan Gajic s’installait côté droit. Jaroslav Plasil rentrait devant la défense pendant que Valentin Vada récupérait le poste du Danois.

On avait donc le onze suivant : Costil – Gajic, Lewczuk, Toulalan (c), Sabaly – Plasil, Vada, Sankharé – Kamano, Malcom, Laborde.

Le système restait lui inchangé, Jocelyn Gourvennec ne sortant plus du 4-3-3.

Des joueurs dépassés

Le ton est donné dès le coup d’envoi. Les Hongrois sont dans l’obligation de marquer pour passer (alors qu’un nul qualifierait leurs adversaires) et ils vont rapidement s’en donner les moyens en étouffant des Girondins qui vont complètement bafouiller leur football. Les 5 premières minutes sont un enfer pour les joueurs au scapulaire. Débordements de tous les côtés, pertes de balle à répétition, Benoit Costil sauve à plusieurs reprises la maison bordelaise mais on sent bien qu’ils n’y sont pas.

Le milieu de terrain est inexistant. Plasil n’a plus les jambes pour assumer le poste de numéro 6 face aux vifs joueurs de Videoton et Valentin Vada est rappelé à l’ordre plusieurs fois par son entraineur qui lui demande de rester dans l’axe. La défense centrale, elle, est aux abois : Jérémy Toulalan et Igor Lewczuk se font régulièrement prendre de vitesse . On peine à reconnaitre l’équipe qui nous a fait tant plaisir en seconde partie de saison l’année dernière.

Rien ne fonctionne et on s’étonne même de voir les Hongrois ne marquer qu’à la toute fin du temps additionnel de la première période tant ils ont dominé. Sur un corner tiré rentrant, Stopira échappe au marquage de Laborde puis met une tête croisée. Sabaly ne peut la dégager, poteau rentrant, et Costil n’a plus qu’à aller chercher le ballon dans ses filets.

Dès la reprise, Jocelyn Gourvennec fait sortir un Valentin Vada fantomatique pour lancer la nouvelle recrue Alexandre Mendy. Mais sur la première action, Sabaly, pris de vitesse une nouvelle fois, bouscule son adversaire. C’est un deuxième carton jaune pour le défenseur, synonyme de rouge et d’exclusion. Les Girondins se retrouvent à dix pour toute la seconde période. Ils sont menés et dans l’obligation de marquer s’ils veulent se qualifier, la situation est plus que périlleuse. C’est Gaëtan Laborde qui fait les frais de l’ajustement tactique de son entraineur, qui décide de le sortir pour faire entrer Diego Contento.

Les Bordelais vont tenter de pousser pour égaliser mais sans réelle conviction. La statistique est implacable : zéro tir cadré pour eux durant tout le match. La KLM est encore une fois restée muette. A la 69ème minute, Varga écope lui aussi d’une deuxième carton jaune. Les deux équipes finissent la rencontre à 10 contre 10. Il y a d’ailleurs eu pas moins de 11 cartons distribués pendant ce match (dont 2 rouges), c’est dire toute la tension qui régnait sur le terrain. Les 7 minutes de temps additionnel n’y font rien, les Girondins connaissent leur première défaite de la saison, la plus cruelle, et sortent de l’Europa League avant même d’y être entrés.

Des changements et un mercato en question

Qu’est ce qui peut expliquer une telle déroute ? En ligne de mire, beaucoup pointent du doigt les choix de Jocelyn Gourvennec. Il ne s’agit pas de brûler l’idole que l’on admirait encore il y a quelques semaines, mais de constater ses erreurs, des erreurs qui coûtent cher.

Pourquoi sortir Mauro Arambarri, bon à l’aller, pour mettre à sa place Jaroslav Plasil alors que ce dernier n’a plus 90 minutes dans les jambes et, surtout, pourquoi attendre la 80ème minute pour le remplacer par Thomas Touré ? Pourquoi insister avec Jérémy Toulalan en défense centrale alors que le milieu à 3 avec lui, Valentin Vada et Younousse Sankharé fonctionnait très bien la saison dernière ? Ca amène aussi à se demander pourquoi le club a laissé partir Nicolas Pallois et Frédéric Guilbert, qui n’ont toujours pas été remplacés à l’heure actuelle. Car sur le banc, il y a certes Vukasin Jovanovic, mais il est à court de préparation. Sinon, il n’y a que des jeunes du centre de formation qui n’ont pas 20 ans et pas un seul match de Ligue 1 à leur actif.

Il y a également le problème du latéral gauche. Milan Gajic et Youssouf Sabaly se partagent le poste de latéral droit, mais à l’opposé c’est un peu plus compliqué. Le titulaire du poste est Diego Contento, mais il ne semble pas convaincre son entraineur (qui avait choisi de se passer de lui au coup d’envoi). Derrière lui, il y a Maxime Poundjé sur lequel le club ne compte plus puisqu’il possède un bon de sortie. Enfin, il y a Théo Pellenard (qui lui vient de prolonger). Il y a donc déjà 3 joueurs sous contrat à ce poste, mais 2 semblent plus ou moins exclus des plans du coach à long terme.

Le problème est exactement le même en attaque. Si le trio Laborde, Kamano, Laborde a fait le bonheur de l’équipe et des supporters la saison dernière, il semble loin de son meilleur niveau aujourd’hui. Aucun des trois n’a marqué sur la double confrontation contre Vidéoton ; aucun des trois n’a ne serait-ce que cadré un tir jeudi soir. Ensuite, au poste de 9, avec un Diego Rolan à l’avenir incertain, il n’y a qu’Alexandre Mendy pour remplacer Gaëtan Laborde. De plus, avec les départs d’Adam Ounas et de Jérémy Menez, ce sont deux autres postes offensifs qui n’ont pas non plus été remplacés.

Tout mettre sur le dos de l’entraineur ou du recrutement serait oublier le manque d’implication des joueurs. Ils ont été battus non seulement par plus forts qu’eux sur ce match, mais aussi par une équipe qui avait plus envie. C’est un déroute collective : personne n’a été au niveau et c’est regrettable quand on sait à quel point les Girondins avaient lutté l’an dernier pour accrocher ce tour préliminaire.

La conclusion est la suivante : malgré un début de mercato agité avec pas mal d’arrivées, ce tour préliminaire d’Europa League a mis en évidence les limites de l’effectif bordelais. Des limites collectives, quantitatives et mentales. Quand on sort du onze titulaire, le niveau baisse clairement d’un cran.

Si le club du président Martin souhaite se faire une place dans une Ligue 1 en plein bouleversement, il va devoir étoffer son groupe. La défaite de jeudi soir doit servir d’électrochoc. Être éliminés à ce stade, c’est un coup d’arrêt pour le club aquitain qui misait beaucoup sur un parcours dans cette compétition. Un coup derrière la tête dont il va falloir se relever rapidement car le championnat reprend demain pour eux, avec un déplacement à Angers, un match qui n’aura rien d’une partie de plaisir.

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