L’année du DFCO – 22e journée : Lorient – Dijon (2-3)
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L’année du DFCO – 22e journée : Lorient – Dijon (2-3)

Au terme d'un match riche en rebondissements et malgré un arbitrage largement en sa défaveur, le DFCO est enfin parvenu à accrocher sa première victoire à l'extérieur et s'est donné un peu d'air au classement.

Les joueurs :

Reynet : peu sollicité en première période, le portier dijonnais a fait le show après la pause et permis à son équipe de rester dans le match alors que la panique menaçait de s’installer. Impuissant sur le but égalisateur de Marveaux et sur le premier penalty de Waris, il a parfaitement détourné une reprise à bout portant de Philippoteaux. Puis il a fait le choix de ne pas bouger sur le second penalty de Waris et a profité de la nonchalance de l’attaquant lorientais pour détourner le ballon. En fin de match, il s’est de niveau imposé face à Aliadière. Sans lui, le DFCO aurait pu être mené 3-1 et probablement dit adieu à tout espoir de retour. Décisif, une fois encore.

Lang : toujours à ce poste de latéral droit peu naturel pour lui, il a peu ou prou tenu la baraque en première mi-temps, avant de s’effondrer en seconde. Systématiquement mis en défaut par la rapidité des attaques lorientaises et notamment par la vitesse de Philippoteaux, il a provoqué le premier penalty en faisant faute sur Waris. Une faute indiscutable… mais commise hors de la surface ! Un des épisodes du show Thual… En grande difficulté jusqu’à la fin du match, le Hongrois a sans doute vu d’un très bon œil la défaite du Maroc en quart de finale de la CAN, synonyme de retour de Chafik au poste de latéral et, pour lui, de replacement au centre. Ouf !

Varrault : solide et concerné, le capitaine dijonnais a fait preuve de beaucoup d’abnégation et s’est battu bec et ongles pour repousser les offensives bretonnes. S’il a parfois été mis en difficulté par la vitesse des joueurs offensifs de Lorient, il n’a rien lâché et n’est, au final, jamais vraiment passé à côté. Dieu sait qu’il est loin de nous avoir toujours rassuré cette saison mais cela fait plusieurs matchs à présent qu’il rend des copies extrêmement satisfaisantes. Important.

Lotiès : décisif au match aller en inscrivant le but victorieux en fin de match, il a de nouveau eu un rôle important dans cette partie. Doublement d’ailleurs. D’abord en inscrivant le but égalisateur, en deux temps sur un coup-franc bien travaillé de Martin. Puis en provoquant le second penalty accordé aux Lorientais pour une main dans la surface. Un penalty tout aussi injustifié que le premier puisque Lotiès a les mains devant le visage ! Si le geste est volontaire, il n’agrandit aucunement la surface de contact puisqu’autrement, il prenait le ballon en plein visage. Un moindre mal car derrière Waris, trop nonchalant, voyait son tir repoussé par Reynet. Pour le reste, dans le jeu, il a fait du Lotiès : souvent mal placé sur les replis mais solide sur les attaques placées, il n’a pas dégagé beaucoup de sérénité mais ne s’est pas troué non plus. Un bilan finalement plutôt positif.

Rüfli : dans la lignée de son match à Lille, il a signé une très bonne première période. Très solide et tranchant défensivement, il a parfaitement tenu son couloir ; devant, il aurait pu se muer en passeur décisif mais son long ballon en profondeur (qui n’est pas sans rappeler celui, décisif, pour Rivière lors du match aller face à Montpellier) a été repris seulement du bout du pied par Diony, qui n’a pu le placer comme il l’aurait souhaité. Au retour des vestiaires, la tâche s’est avérée bien plus ardue pour le Suisse. Il est notamment doublement fautif sur l’égalisation lorientaise, étant dépassé par Moreira puis oubliant Marveaux dans son dos. Pas inoubliable non plus sur l’occasion d’Aliadière, il a toutefois eu le mérite de bien récupérer et relancer le ballon sur l’action qui mène au but victorieux des Dijonnais. Peut mieux faire !

Abeid : dieu que son retour à fait du bien au DFCO ! Positionné dans l’entrejeu aux côtés de Balmont mais jouant finalement souvent un poil plus bas, il a été au four et au moulin tout le match. A la récupération, à la relance, pour couper les trajectoires et même parfois pour suppléer en défense, notamment du côté de la doublette Rüfli-Lotiès lorsqu’elle était en difficulté. Beaucoup de boulot abattu, peu de ballons perdus et toujours cette densité physique au milieu, dont le DFCO a du mal à se passer. Et puis il y a cette action à la 92e. Il s’arrache au départ pour récupérer le ballon, un une-deux avec Balmont, le contrôle orienté pour effacer Ciani puis ce rush phénoménal côté gauche (à ce moment-là du match, il faut avoir les poumons pour) et enfin cette merveille de passe de l’extérieur du pied, calibrée au millimètre pour trouver Lees-Melou et donner une victoire aussi précieuse que méritée au DFCO. On ne comprend toujours pas pourquoi il n’a eu que quelques secondes de jeu pendant la CAN…

Balmont : toujours précieux au milieu, pour gratter les ballons, mettre le petit coup qu’il faut, ne pas perdre bêtement une balle dangereuse, le vétéran lillois a fait son match à l’expérience plus qu’au talent. Car au-delà de son apport indéniable pour solidifier l’équipe, sur le terrain et mentalement, il a été peu en verve techniquement. Pas mal d’erreurs et de déchet technique et même quelques excès de gourmandise, en voulant trop porter le ballon parfois. Sans doute pas son plus grand match mais là est la marque des joueurs d’expérience : même lorsqu’il ne réalise pas une super prestation, il apporte quand même au groupe.

Martin : deux points positifs à retenir de son match. D’abord, il a de nouveau joué un peu plus de 70 minutes sans pépin physique. Ensuite, il a confirmé son apport sur coup de pied arrêté. C’est en effet lui qui frappe le coup-franc sur lequel Lotiès égalise. C’est également sur un bon centre consécutif à un corner qu’il trouve la tête de Diony, pour un but finalement refusé pour une faute totalement inexistante. Ce sont là les vrais motifs de satisfaction car pour le reste, dans le jeu, son apport reste assez léger, si l’on excepte quelques transmissions intéressantes. Défensivement, on voit qu’il a du mal, sans doute par crainte (consciente ou non) d’aller trop fort au contact. Par ailleurs, le fait d’être ainsi excentré côté droit n’exploite pas au mieux ses capacités. Il est plus à l’aise en étant face au jeu dans l’axe et j’aimerais bien le voir jouer comme pointe offensive d’un triangle avec Balmont et Abeid. Plus tard peut-être…

Remplacé par Marié. 4 ballons joués et 0% de passes réussies. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une nouvelle fois, il a fait une rentrée totalement transparente. A force de timidité et de manque de hargne, ce joueur est en train de décrocher lentement mais sûrement, alors même qu’il a un vrai potentiel et avait montré de superbes choses face à Rennes et Nancy. Décevant.

Lees-Melou : à croire que, comme Tavares, il a besoin d’être secoué pour donner le meilleur de lui-même. Auteur de prestations en demi-teinte ces derniers temps, beaucoup commençaient à s’interroger sur sa titularisation systématique. Sur la pelouse du Moustoir, il a répondu aux doutes de la plus belle des manières. Autour d’une passe pleine de précision et de vista pour l’ouverture du score de Diony, il a ensuite réalisé un match plein. Intéressant dans ses prises de balles et dans la conservation, il s’est également montré à son avantage sur le repli défensif, un point sur lequel il progresse depuis quelques matchs. Evoluant davantage dans l’axe que sur les côtés, il a prouvé que c’était bien là qu’il était le meilleur. Et pour parachever cette belle copie, il a eu les cannes en fin de match pour suivre le rush d’Abeid et venir placer un plat du pied plein de sang froid pour offrir la victoire à son équipe. Un but, une passe décisive, 92% de passes réussies : que demander de plus ?

Tavares : positionné de nouveau à un poste hybride, c’est-à-dire dans l’axe sur les phases offensives et à gauche sur les phases défensives, le Capverdien a fait ce qu’il a pu. Son gabarit et son abnégation lui ont permis d’abattre beaucoup de boulot défensif dans le couloir gauche mais en contrepartie, ce positionnement étrange et les incessants va-et-vient qu’il nécessite ont beaucoup émoussé son apport offensif. Il a eu quelques situations intéressantes mais globalement, il est beaucoup moins en vue que quand il peut jouer dans l’axe et en pivot. Pas un grand match au final mais difficile de lui en vouloir car il a fait ce qu’on lui demandait à un poste assez contre-nature.

Remplacé par Sammaritano. L’ancien Auxerrois n’a passé que dix minutes sur la pelouse et n’a guère eu l’occasion de se mettre en évidence. Il mérite davantage de temps de jeu.

Diony : une excellente première mi-temps, avec un but, le 6ème de la saison et surtout le premier depuis 5 matchs, plusieurs occasions, notamment sur cette longue passe de Rüfli (12e) et ce but refusé pour une faute imaginaire sur un service de Martin (28e). On lui reprochera seulement d’avoir un peu mangé la feuille à la 13e, alors qu’il aurait pu servir Balmont en retrait. Un peu plus en difficulté après la pause, il a été confronté à une grosse réponse physique des défenseurs centraux lorientais. C’est toutefois lui qui obtient le coup-franc qui mène à l’égalisation de Lotiès. Il a encore un peu trop tendance à vouloir tout faire tout seul et des difficultés sur ses contrôles dos au but, mais c’est néanmoins bien mieux que ses précédents matchs et il a rouvert son compteur but.

Le match :

Ce déplacement au Moustoir avait tous les airs, selon la formule consacrée, du match à 6 points pour le DFCO. Au terme d’une partie riche en émotions et au scénario rocambolesque, ce ne sont pas 6 mais bien 3 points, les 3 points de la victoire, qui sont tombés dans l’escarcelle des hommes d’Olivier Dall’Oglio. Des points gagnés de haute lutte ! Car si les Bourguignons avaient parfaitement lancé leur match en ouvrant le score dès la 10e minute par l’intermédiaire de Diony, parfaitement décalé par Lees-Melou, la suite a vu les coups du sort s’amonceler.

Des coups du sorts dus essentiellement à l’arbitrage : un but refusé à Diony à la 28e pour une faute inexistante, un penalty accordé à Waris après une faute de Lang pourtant commise en dehors de la surface, un second penalty donné à Lorient pour une main de Lotiès alors que celui-ci se protège le visage et n’agrandit nullement la surface de contact, un hors-jeu inexistant sur une action qui aurait dû mener à un penalty (Diony fauché dans la surface par Lecomte)… Autant de banderilles fichées dans la volonté dijonnaise, amenant le DFCO à être mené 2-1 à la 60e et à passer très près d’un 3-1 dont il ne se serait peut-être pas relevé. Mais un peu de justice et surtout un Reynet décisif en ont décidé autrement. Et pour une fois, les dernières secondes ont souri aux Dijonnais. Abeid récupérait le ballon, effaçait Ciani et, au terme d’un rush implacable, adressait une passe lumineuse à Lees-Melou, qui offrait aux siens une victoire des plus importantes.

Un scénario emballant, mérité, mais qui ne doit pas non plus faire oublier les difficultés des Dijonnais, après une première mi-temps globalement bien maîtrisée. Définitivement, je ne suis pas fan du système utilisé sur les derniers matchs, qui conduit certains joueurs, notamment Martin et Tavares, à jouer à des postes contre-nature, tandis que d’autres (Sammaritano, Bela) restent abonnés au banc ou aux fins de matchs. Malgré ça, le DFCO retrouve une belle dynamique : 4 matchs sans défaite, 2 victoires, 2 nuls et une 13e place avec 2 points d’avance sur le premier relégable. De quoi souffler un peu le temps d’un match de Coupe de France et de la réception du PSG, contre lequel tout point pris sera du bonus, mais pas de quoi se relâcher : après Paris, ce sont deux concurrents directs qui se profilent : Metz et Caen.

Comment ne pas, malheureusement, conclure encore une fois en évoquant l’arbitrage ? Je ne vais pas répéter les erreurs citées plus haut, qui attestent du match catastrophique livré par le corps arbitral et par M. Thual en particulier. Cela fait beaucoup mais surtout, cela aurait pu changer le résultat du match et peut-être, la dynamique de la suite du championnat. Cet état de fait n’est tout simplement plus supportable, d’autant que les responsables n’écopent d’aucune sanction. Pour autant, les instances du foot ne s’émeuvent plus, restent muettes et ne sortent de leur silence que lorsque les arbitres sont attaqués. Mais est-ce si étonnant ? Pas vraiment. On sait parfaitement que tout est en place pour pouvoir utiliser la vidéo dans le foot sans rien enlever au spectacle. Mais les décideurs s’y refusent. Sans verser dans la théorie du complet, est-ce vraiment un hasard si parmi les plus farouches opposants à la vidéo, on retrouve bon nombre de noms (Platini par exemple) qui sont également cités abondamment dans les derniers scandales de corruption qui ont secoué le monde du ballon rond ? Répondre absolument « oui » à cette question relèverait d’une sacrée naïveté.

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