L’année du DFCO – 25e journée : Dijon – Caen (2-0)
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L’année du DFCO – 25e journée : Dijon – Caen (2-0)

Trois jours après une prestation indigente doublée d’une bien mauvaise opération au classement sur le terrain du FC Metz, le DFCO n’avait d’autre choix que de se reprendre, de réagir et de gagner à domicile face à un autre concurrent direct pour le maintien Et, malgré un terrain envahi de neige, les Dijonnais, portés par une colonne vertébrale Reynet-Abeid-Diony de haute volée, ont rempli leur mission, avec le cœur plus qu’avec le jeu, et remontent provisoirement à la 12e place d’un classement toujours aussi serré.

Les joueurs :

Reynet : un sans-faute pour le portier dijonnais. Sérieux dès la 32e sur une frappe rasante (et forcément dangereuse dans ces conditions) de Louis, il a été appliqué dans ses prises de balles et ne s’est jamais laissé piéger par l’état du terrain. Plus sollicité en seconde mi-temps, il a bien repoussé un ballon de Bazile légèrement détourné par Varrault (67e) avant de faire le show en fin de match après le deuxième but dijonnais : une double-parade absolument énorme sur une tête de Santini reprise ensuite à bout portant par Karamoh (90e), puis un nouveau geste décisif sur une lourde frappe de Malbranque (92e). Une clean-sheet amplement méritée !

Chafik : le terrain enneigé a freiné son point fort offensif (les dribbles) tout en favorisant son péché mignon défensif (les tacles glissés). Pourtant, le Marocain s’en est finalement mieux sorti devant. Défensivement, il a été globalement solide mais a aussi pas mal souffert face aux montées de Bessat, l’un des meilleurs Caennais sur la pelouse. En attaque, il s’est montré plus à son avantage. Si ses gestes ont régulièrement manqué de précision, ses montées ont souvent été intéressantes. C’est d’ailleurs lui qui lance Diony en profondeur sur le premier but du DFCO. Auteur d’une partie engagée, il est sorti à l’orée des dix dernières minutes.

Remplacé par Hadaddi. Rentré sur le côté gauche tandis que Rüfli reprenait place à droite, le Tunisien a fait sa première apparition sous ses nouvelles couleurs. S’il faut se garder d’extrapoler un quart d’heure de jeu en fin de match sur un terrain recouvert de neige, on peut toutefois dire qu’il a fait une entrée prometteuse. Tranchant dans ses interventions, il a apporté un impact physique qui a fait du bien a des Dijonnais fatigués et il s’est illustré en interceptant le ballon à l’origine de l’action du deuxième but. A revoir plus longuement !

Lang : un match en demi-teinte pour le Hongrois, malgré des conditions pouvant lui rappeler sa terre natale (oui c’est un cliché !). Globalement solide sur le plan défensif, ses rares errements ont par contre amené des situations dangereuses : il n’a pas parlé avec Chafik sur la deuxième énorme occasion vendangée par Santini (41e) et son marquage très lâche sur Bessat a amené l’occasion de Malbranque. Mais finalement, il a été vraiment en-dessous sur les relances. Jouant systématiquement latéralement ou en retraut, il a loupé ses rares ballons longs et laissé Chafik animer totalement seul le côté droit, sans lui servir de relais. Dans le dur (sans jamais être catastrophique non plus) depuis quelques matchs, il doit se reprendre.

Varrault : le passage à vide, individuel et collectif, sur le terrain de Metz l’a clairement fait réagir. Il a assumé son statut de capitaine et de joueur d’expérience en livrant un match extrêmement sérieux. En vrai patron de la défense, il a parfaitement muselé les velléités offensives caennaises. Pris une seule fois au duel face à Santini (en fin de match, sur la double parade de Reynet), il a été impérial le reste du temps. Alors que son début de saison avait été marqué par des prestations peu convaincantes, nourrissant des questions sur sa capacité à tenir son poste à 37 ans, il se place depuis plusieurs matchs comme le meilleur défenseur central de l’effectif dijonnais. Une belle récompense pour l’un des papys de Ligue 1.

Abdelhamid : un match en deux temps pour le Marocain. En première période, il a été impérial, récupérant tous les ballons dans sa zone, avec autorité, et se projetant bien pour relancer son équipe. C’est cette volonté de jouer vers l’avant et de dégager les siens qui a failli lui porter préjudice après la pause. Il a perdu plusieurs ballons dans cet exercice, dont un extrêmement dangereux qui a amené l’occasion de Karamoh (69e). Cette grossière erreur, qui aurait pu coûter l’égalisation, l’a un peu fait sortir de son match et il s’est montré plus fébrile par la suite. Dommage car ce qu’il avait montré en première mi-temps était franchement rassurant.

Rüfli : titularisé de nouveau à gauche par défaut, le droitier a vécu un match plus que compliqué. Défensivement, il n’a jamais été dans le tempo. Il a gratté quelques ballons mais s’est montré bien trop souvent dilettante dans ses replacements comme dans son marquage, et ne s’est que trop rarement imposé dans son duel face à Guilbert. Il aurait pu compenser cette copie médiocre par son apport offensif mais ça n’a pas été le cas. Il enchaîné les pertes de balles sur des longs ballons imprécis et a semblé par moments perdu sur le terrain, ne sachant plus trop quoi faire de la balle. A son crédit, une passe longue dans la surface qui aurait pu être décisive pour Tavares. Un peu maigre. L’arrivée d’Hadaddi va le mettre en concurrence avec Chafik pour une place à droite et pour l’instant, le Marocain a une longueur d’avance. Mais au moins, il pourra espérer retrouver son bon côté.

Balmont : un match de guerrier de la part de l’ancien Lillois, qui a été très actif au milieu dans les interceptions et le harcèlement des joueurs caennais. Le point négatif pour sa part, ce sont les ballons perdus, qui ont été nombreux et ont parfois entraîné des situations très dangereuses. C’est le cas au départ de l’action sur la première grosse occasion de Santini. Plus qu’un manque de rigueur ou de technique, c’est surtout son déficit physique qui lui coûte cher dans ces cas-là. Mais ce qu’on retiendra, c’est qu’il a amené au groupe cet esprit guerrier, revanchard, volontaire, que l’équipe se devait de montrer après la déconvenue face à Metz. On l’a vu aussi appeler les siens au calme lorsque les ballons perdus se multipliaient sous la pression caennaise en deuxième mi-temps. Précieux de ce point de vue.

Abeid : cela avait été l’un des gros points noirs de la soirée à Metz : sa sortie sur blessure. Touché au genou, on craignait vraiment pour l’Algérien et on le voyait déjà indisponible pour plusieurs semaines. Mais finalement, cela s’est avéré bénin et il était sur la pelouse au coup d’envoi. Et les Dijonnais n’ont pu que s’en féliciter. Car une nouvelle fois, il a été énorme. Au four et au moulin, palliant en première période à l’invisibilité de Marié, il a été justement récompensé par son 3e but de la saison sur un service parfait de Diony et malgré le retour de Da Silva. Il n’a pas baissé le pied après la pause et aurait même pu s’offrir un doublé sur une nouvelle passe de Diony (80e), mais il a perdu ses appuis sur la neige et dévissé sa frappe. Je vais oser une comparaison qui en fera peut-être rire certains, mais quand on pense qu’il a coûté 200 000€ au DFCO (le prix de sa résiliation de contrat avec le Panathinaïkos) alors que le PSG a déboursé environ 30 millions pour Krychowiak… on se dit que celui que les clubs de Ligue 1 devront s’arracher en fin de saison, ce n’est pas Diony, ni Lees-Melou, ni Abeid. C’est Sébastien Larcier.

Remplacé à 1 minute de la fin par Belmonte, qui a sans doute plus transpiré à l’échauffement.

Marié : fantomatique et d’une timidité aussi coupable qu’exaspérante face à Metz, il a attaqué le match sur le même rythme. A part cette frappe à la 11e qui aurait pu se transformer en passe décisive pour Tavares, il a été absent toute la première période, obligeant ses collègues du milieu à faire le double de boulot. Il s’est heureusement repris après la pause et est monté en rythme, se montrant bien plus déterminant à la récupération, bien que toujours un peu trop frileux à la relance. Ce joueur est une énigme. Techniquement, on sait qu’il est capable de belles choses, comme en témoignent ses matchs face à Rennes et Nancy. Mais mentalement, ça ne tient pas et c’est difficilement compréhensible car il a tout ce qu’il faut pour être en confiance (dans son club formateur, avec des joueurs expérimentés pour l’épauler, la confiance régulière du coach…). A n’y rien comprendre.

Remplacé par Amalfitano. Un peu brouillon mais volontaire, l’ancien de Newcastle a apporté un peu plus de créativité et a été impliqué sur le deuxième but dijonnais, sa frappe, contrée, revenant sur Diony, qui l’avait servi au départ. Coaching gagnant au final pour Olivier Dall’Oglio.

Tavares : guère à son avantage sur le terrain du FC Metz, le Cap-Verdien a livré une copie plus convaincante face à Caen. S’il n’est pas parvenu à convertir ses occasions, soit à cause de l’état du terrain, soit par maladresse, soit à cause de Vercoutre (38e), il a revanche beaucoup pesé sur la défense de Caen. Dominé par Yahia pendant une bonne partie de la première période, il a fini par user le défenseur caennais et par prendre petit à petit le dessus sur lui en seconde période. Son travail défensif s’est également avéré important, notamment avec un pressing haut qui a pas mal gêné les relances adverses. Pas son plus grand match de la saison mais il s’est bien repris après son trou d’air à Metz.

Diony : triplement frustré mercredi, par la défaite, son début sur le banc et le but de l’égalisation manqué en fin de match, il a attaqué la partie pied au plancher et la rage au ventre. Dès la 6e minute, il s’est illustré en dynamitant le couloir gauche pour délivrer un centre en retrait qui a fui le pied d’Abeid pour quelques centimètres. Bis repetita à la 40e. Lancé par Chafik, côté droit ce coup-ci, son centre en retrait a cette fois trouvé Abeid pour l’ouverture du score. Entre temps, il avait délivré une bonne passe pour Tavares, dont la frappe bien enroulée avait été sortie par une belle horizontale de Vercoutre. Toujours aussi impliqué en deuxième mi-temps mais plus maladroit, il a été récompensé de ses efforts à la 86e avec un bon décalage pour Amalfitano qui tentait la frappe à ras de terre, contrée par un défenseur caennais. Le ballon revenait sur l’attaquant dijonnais qui ne se posait pas de question et envoyait une demie-volée imparable dans les filets d’un Vercoutre impuissant. Son hurlement de joie après ce but en dit long sur l’importance que cette victoire avait à ses yeux.

Le match :

Plus que la moutarde que le monde entier semble connaître, c’est bien le vin qui fait la fierté de la Bourgogne. Or, beaucoup l’ignorent sans doute, la vigne n’est pas une plante comme les autres. En effet, on dit traditionnellement qu’elle a besoin de souffrir pour donner le meilleur d’elle-même. C’est pour ça que les meilleurs crus se trouvent à flanc de coteau, là où la terre est moins riche et moins épaisse et où la pente est raide, plutôt que dans la terre grasse de la plaine (où on parle alors de vigne plantée dans de la “terre à patates”).

Avoir besoin de souffrir pour donner le meilleur de soi-même… c’est à croire que les joueurs du DFCO ont décidé de rendre hommage à la région en imitant la plante qui fait sa fierté. Revenus de nulle part plusieurs fois cette saison, ne dérogeant pas à leur réputation d’équipe à réaction, les Dijonnais s’étaient mis particulièrement dans le dur sur le terrain du FC Metz. Un match indigent, que j’avais choisi de ne pas commenter, tant le niveau individuel et collectif des Dijonnais ce soir-là ne valait même pas la peine de tenter d’analyser quoi que ce soit.

Au-delà de la mauvaise opération au classement, de la très faible qualité de jeu proposée, notamment en seconde période, de la blessure d’Abeid et du carton de Lotiès, cette défaite entérinait surtout un constat inquiétant : le DFCO n’avait gagné que deux matchs cette saison contre des concurrents directs, les deux fois contre Lorient et à l’arrachée en fin de match. Au-delà, en 13 matchs contre 11 adversaires, Dijon n’avait pas pris plus de points contre les équipes de bas de tableau que contre celles du Top 10 (12 pts contre 12 pts), avait moins gagné (2 victoires contre 3), moins marqué de buts (13 buts contre 19) et encaissé quasiment autant (17 buts contre 20). Une situation paradoxale, qui montrait certes les capacités du DFCO d’embêter n’importe quelle équipe, mais aussi peut-être un manque de stratégie et de capacité à se mobiliser suffisamment pour des matchs contre des clubs de même calibre. Et un état de fait inquiétant, car le maintien de Dijon se jouera bel et bien davantage contre Caen, Angers, Bastia, Nancy ou encore Nantes que contre Monaco, Nice ou le PSG.

Lestés de cette inquiétude ainsi que d’un sacré coup sur la calebasse, les Dijonnais accueillaient donc Caen avec l’obligation de gagner et si possible avec la manière. Pour la manière, on repassera, mais la neige, tombée à gros flocons avant et pendant tout le match, est bien plus à incriminer que les joueurs qui, des deux côtés d’ailleurs, ont essayé autant que possible de faire du jeu. Chaque équipe a eu ses opportunités mais finalement le DFCO a fini par l’emporter, sur des buts d’Abeid et Diony et grâce aussi à un très grand Baptiste Reynet. Le DFCO a gagné avec plus de cœur, plus de rage, plus de gnaque, et aussi plus de réalisme. Autant de qualités qui lui avaient manqué lors de la plupart de ses autres confrontations contre des équipes de bas de tableau.

Bien guidé par ses anciens Varrault et Balmont et pouvant s’appuyer sur une colonne vertébrale Reynet-Abeid-Diony, le club bourguignon a glané une victoire précieuse, qui le fait provisoirement remonter à la 12e place mais qui surtout lui a permis de se remettre sur les rails de la course au maintien. Le DFCO a tout pour se maintenir et a son destin entre ses mains. A lui maintenant de prouver qu’il peut être aussi impliqué et appliqué contre les équipes qu’il faudra battre pour conserver sa place en Ligue 1.

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