L’année du DFCO – 29e journée : Rennes – Dijon (1-1)
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L’année du DFCO – 29e journée : Rennes – Dijon (1-1)

Trois défaites, huit buts encaissés et une place de barragiste aussi agréable que de s’asseoir sur des charbons ardents : autant dire que le DFCO ne traversait pas la meilleure passe de sa saison avant d’aller coller les crampons au Roazhon Park. A défaut de beaucoup avancer au classement, les Bourguignons se sont au moins en partie rassurés et repartent de Bretagne avec un point, précieux, dans les bagages.

Les joueurs :

Reynet : tout, dans la vie, sur le terrain et même dans Star Wars, est une question de point de vue. Encaisser un seul but, un certain Kevin Trapp aurait sûrement adoré ça il y a quelques jours, dans un petit coin d’Espagne. Du côté de Rennes, Baptiste Reynet a dû lui l’avoir mauvaise. Car avant que Saïd, venu la saison passée apprendre le beau jeu du côté de Gaston-Gérard, ne remette les compteurs à l’équilibre, les Bretons ne s’étaient procurés qu’une seule occasion, bien captée par le portier dijonnais. De quoi avoir les boules, d’autant qu’au final, les Rennais n’auront cadré que 4 frappes. Même pas suffisant pour faire pleurer Thiago Silva. La dèche.

Chafik : la défaite au match aller avait laissé un goût amer aux Rennais, de part l’ampleur du score mais aussi le souvenir de s’être fait proprement marcher dessus par le DFCO. Visiblement, c’est à Fouad Chafik qu’est revenu l’honneur de rappeler aux gars de Gourcuff que les Dijonnais n’avaient aucune intention d’être plus gentils cette fois. Dès la 2e minute, il a proprement découpé Gnagnon, histoire de marquer le coup. Un acte qui lui a valu un carton jaune, sanction très légère quand on sait que l’arbitre n’était autre que l’artiste Olivier Thual, auteur de la magnifique œuvre contemporaine (au sens toujours inexpliqué) intitulée « Lorient – Dijon » (et de quelques autres toiles pas piqué des hannetons). A part ça, le Marocain a beaucoup couru, a frôlé plusieurs fois la deuxième biscotte à cause des montées de Mubele et s’est regardé comme un vieux couple avec Lang sur une action du même Mubele, qui a conduit au but de Saïd. On a vu mieux, soldat !

Varrault : cap’tain Cédric, c’est un peu comme la vieille 205 de tonton Dédé. Tu sais qu’elle n’est plus de première jeunesse, qu’elle crachote un peu en haut des côtes, mais elle t’amène toujours à bon port alors tu ne te poses pas trop de questions… jusqu’à ce qu’elle coule une bielle sur le bord de la départementale le jour de l’anniversaire de mamie Jeannine et là tu te dis que, ouais, t’aurais dû faire un peu gaffe avec. A défaut de bielle, le capitaine dijonnais s’est flingué l’adducteur sur une extension en mode ballerine et a dû céder sa place après une première demi-heure tout à fait satisfaisante, notamment dans le jeu aérien. Espérons juste que le garagiste ne nous arnaque pas sur le forfait révision-vidange.

Remplacé par Lang. Il prouve qu’on peut avoir un physique de viking, qui ne ferait franchement pas tâche dans la série éponyme, et en même temps disposer de la hargne d’un bonze népalais. Dis donc garçon, tu sais que sur l’action de Mubele, tu avais le droit d’accélérer et de mettre le pied ? Je sais que tu as peur d’écraser un jour par accident la coccinelle de Bedimo mais quand même. C’est d’autant plus dommage que pour le reste, il est resté conforme à une autre grande vertu du bouddhisme himalayen : la sérénité.

Lotiès : il pourrait détourner à son avantage la fameuse réplique écrite par Audiard et la transformer ainsi : « Les Lotiès ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait ». Et oui, il n’y a que lui pour t’envoyer ces monstrueux tacles glissés, comme à Rennes sur Gourcuff, pareil la semaine passée sur Balotelli et idem il n’y a pas si longtemps sur Cavani. Alors ok, quand il est dans sa mauvaise passe, ça loupe le ballon et ça fait penalty et rouge derrière. Mais lorsqu’il a la baraka comme en ce moment, ça fait des gestes de pure classe. A la hauteur de son match, irréprochable. Promu patron de la défense après la sortie de Varrault, il s’est acquitté de la tâche avec une efficacité et un zèle qui ont de quoi rassurer. Est-ce à nouveau pour rendre hommage au film de Georges Lautner qu’il a ainsi éparpillé Sio façon puzzle ? On lui posera la question.

Hadaddi : du rire aux larmes puis des larmes au rire : un chouïa bipolaire, le père Oussama ? Arrivé avec panache, sourire et réussite en Bourgogne, le Tunisien avait connu son premier drame la semaine passée, en endossant le costume du coupable sur le but de Cyprien, seul pion de la victoire niçoise. Remonté comme un coucou après son passage sur le plateau de France 3 Bourgogne, où il a pu mesurer à quel point son départ avait fait pleurer dans les chaumières du Club Africain, il a littéralement boulotté tous les Rennais qui ont eu le malheur de vouloir passer sur son côté. Et puis pour la forme, il s’est offert une petite passe décisive, comme ça, tranquille. Une patte gauche brossée, un bon coup d’œil et hop, un ballon direct sur le crâne de Tavares puis dans le petit filet de Costil. En plus des Rennais, il y a autre chose qu’il est train de croquer : la concurrence.

Abeid : l’ingratitude du sport dans toute sa splendeur. Il a passé le match à redescendre d’un cran pour venir aider ses potes de la défense à ne pas craquer et à relancer propre, et voilà que quand il a eu l’occasion d’en planter une et de voir tout cet altruisme récompensé, le gardien adverse l’a arrêté. Il y a de quoi se la prendre et se la mordre, d’autant que ça lui aurait permis d’être le héros de la soirée, pour la deuxième fois chez un club breton (qui ne se souvient pas de ce rush énorme et de cet extérieur en velours pour Lees-Melou dans les derniers instants à Lorient ?). A part ça, il n’a pas échappé à la maladie du déchet technique récurrent qui a touché tous les acteurs du match, mais il n’est pas étranger à cette solidité retrouvée et saluée après coup par le coach.

Amalfitano : alors qu’il avait l’occasion de recroiser à nouveau son frangin sur un terrain de Ligue 1, ce dernier a trouvé le moyen de se blesser pour éviter les retrouvailles. Pas cool, d’autant que le petit frère n’a pas accumulé les titularisations cette année. Qu’à cela ne tienne, pendant que Morgan se la coulait douce, Romain a fait son match. Amalfitano, c’est ce mec que, pendant les cours de sport au collège, toutes les équipes voulaient en premier. Pas parce que c’était le meilleur, mais parce que tu savais qu’il ne lâcherait jamais. Alors c’est sûr, techniquement, le garçon est brouillon, surtout dans les espaces courts. Devant, la finition n’est pas son fort, mais ne comptez pas sur lui pour baisser le pied ou arrêter de bosser. Des valeurs irréprochables à défaut d’un talent pur immense, ce qui est loin d’être négligeable quand on joue le maintien.

Remplacé par Belmonte. Pas de bol, il est rentré au moment où les deux équipes ont commencé à sauter les lignes et où le jeu est allé d’un but à l’autre. Du coup, il s’est concentré sur ce qu’il faisait, a été rigoureux dans le placement et serein lorsque le ballon arrivait dans sa zone. Un échauffement sérieux.

Lees-Melou : il n’a pas franchement le physique de Patrick Swayze mais ce détail mis à part, il était parfaitement en chemin pour reprendre le rôle titre dans un remake de Ghost. Pas tout à fait encore, puisque dans le film de Jerry Zucker, le fantôme en question parvient à se faire remarquer des vivants, ce que l’ancien pensionnaire de Lège-Cap-Ferret n’a pas franchement été capable de faire au Roazhon Park. Une frappe de sparring-partner en fin de match pour s’assurer que Costil était toujours bien concentré et à part ça, le néant, ou presque. Le printemps pointant le bout de son nez, il serait fort à propos qu’il sorte de son hibernation !

Sammaritano : la Bretagne est une terre de légende et la lande, le terrain de jeu favori des korrigans, leprechauns et autres lutins. On s’attendait donc à ce que le lutin bourguignon (de maillot, mais breton de naissance, en plus) se sente en terrain conquis sur la pelouse rennaise. Il n’en a rien été et on a davantage eu l’impression qu’il tenait le rôle de Gulliver dans son second voyage. Bougé physiquement, peu inspiré dans ses transmissions et ses prises de balles, il a toutefois sauvé sa soirée en étant à l’origine de la combinaison sur corner qui a entraîné le but de Tavares. Ouf, pas besoin d’envoyer l’Ankou pour lui. Pour cette fois.

Remplacé par Martin, qui n’en finit plus de rejouer ces films américains des années 80, très subtilement sous-titrés par la traduction française du fameux : Le Retour. Mais on arrêtera là les plaisanteries de mauvais goût car l’ancien Lillois a fait du bien au DFCO, sa technique permettant de mieux conserver le ballon alors que l’entrejeu dijonnais commençait à prendre sérieusement l’eau comme un vulgaire Costa Concordia. Pas aussi décisif que Saïd mais une entrée précieuse.

Tavares : et de 9 ! Sans faire de bruit, le grand échalas né à Tarrafal de São Nicolau est en train de réussir, au ratio but/temps de jeu, la meilleure saison de sa carrière alors qu’il foule pour la première fois les terrains de Ligue 1. Avec un peu plus de réussite, il aurait même pu s’offrir un triplé mais en début de match, il n’avait pas réglé la mire et à la fin, c’est Costil qui l’avait réglé. Rien que ça pourrait permettre de lui donner une bonne note dans les colonnes de n’importe quel quotidien sportif, mais comme ça ne lui suffisait pas, il a doublé ce but d’une activité énorme et d’une générosité sans faille, allant jusqu’à redescendre à hauteur de sa défense dans le dernier quart d’heure. Le plus dingue dans l’histoire ? C’est qu’on ne s’en étonne même plus. Paris a « El Matador » ; Dijon a « El Goleador ».

Diony : non, non, non, je ne m’énerverai pas. Non, non, non, je vais rester sur le ton de l’humour. Non, non, non, je vais… oh et puis zut ! Non mais sérieusement, Loïs, c’est quoi ce match ? Votre petit rush à la 68e ne sauvera pas l’ensemble, jeune homme. Là, ce n’est même plus un « peut mieux faire » dans le carnet de notes, ça mérite carrément un avertissement, avec tirage d’oreilles en public. C’est simple, au Roazhon Park, il a donné l’impression d’être un papy de 95 ans qui prend l’autoroute pour la première fois : tout à l’envers ! La passe au lieu de la frappe, la frappe au lieu de la passe, le ballon à gauche quand l’espace était à droite et inversement, bref, un match que Lucas n’aurait pas renié. Le tout en plus en tirant la tronche et enfaisant le strict minimum au pressing. Allez, au coin et après, au lit sans manger. Non mais !

Le match :

Rester pendant la mi-temps devant le canal beIN Sport Max qui retransmet le match, c’est parfois instructif. J’ai ainsi compris un peu plus la tactique rennaise de la première période quand j’ai entendu le speaker annoncer avec joie que se tenait ce week-end le Salon des Seniors ! C’est donc un bel hommage au troisième âge qu’ont rendu avant la pause les hommes de Christian Gourcuff en jouant à un rythme de sénateur, plus soucieux de ne pas risquer une énième fracture du col du fémur que de s’approcher de la surface de Baptiste Reynet. Les Dijonnais ont du coup décidé de tranquillement regarder le spectacle, un brin amusant parfois il faut le dire, avant de porter l’estocade juste avant la pause, Oussama Hadaddi profitant de l’apathie des Rennais pour ajuster parfaitement son centre sur le tête de Tavares, qui a envoyé le ballon mourir dans le petit filet d’un Costil aussi immobile que son déambulateur.

Vu comme ça, ça s’annonçait tranquille… Sauf qu’à la mi-temps, le préposé aux boissons du Roazhon Park s’est planté et a remplacé le bromure par du guronsan dans les gourdes des Rennais. Résultat des courses, alors que les joueurs du DFCO entamaient leur traditionnel quart d’heure de digestion post mi-temps, les Bretons sont revenus sur le terrain aussi remontés que leurs cousins d’Armorique après un coup de potion magique. Pour couronner le tout, ils ont décidé de faire rentrer Wesley Saïd, joueur sans relief avant de passer sous la férule du staff bourguignon l’an passé (je sais, j’exagère, mais il n’avait qu’à ne pas marquer !), et qui a profité des ronflements de la défense dijonnaise pour égaliser cinq minutes après son entrée en jeu. Un but qui a réveillé les ardeurs bretonnes… pour une petite dizaine de minutes. Puis finalement, après, les débats se sont de nouveau rééquilibrés, pendant que le virus du « pas plus de 4 passes d’affilée » continuait de faire des ravages dans les rangs des deux équipes.

En fin de match, et sous l’impulsion notamment d’un Marvin Martin inspiré, les Dijonnais auraient même pu réaliser le holp-up parfait, mais Costil a, semble-t-il, décidé de prouver pourquoi il était (pour l’instant) 3e gardien de l’Equipe de France. Un peu de frustration par gourmandise, mais au final un bon point pris à l’extérieur, surtout que dans le même temps, Nancy a trouvé le moyen de perdre à domicile contre Lille et que Bastia s’est fait littéralement disperser et ventiler (tiens, encore un hommage à Audiard) par Guingamp.

Comme il y a de grosses chances que le PSG passe ses nerfs sur Lorient en clôture de cette journée de championnat, le scénario de la fin de saison semble se dessiner chaque semaine plus concrètement : Lorient et Bastia paraissent bien mal embarqués et les deux places de relégables directs leur semblent de plus en plus promises ; reste donc la place de barragiste, qui fera l’objet d’un duel Nancy-Dijon, voir d’un jeu à trois avec le FC Metz (les trois promus finalement). Quand on sait que Metz recevra Nancy lors de la 35e journée et que le DFCO accueillera ensuite les hommes de Pablo Correa lors de la 37e, on commence à se douter que le verdict ne tombera pas tout de suite. Et que le final sera dantesque !

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