Lettre ouverte au Président Triaud
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Lettre ouverte au Président Triaud

Deux décennies à la tête des Girondins de Bordeaux, 2 titres de champion, 3 coupes de la ligue, 1 coupe de France, 2 trophées des champions, voilà le bilan sportif de votre présidence, mais nous autres supporters retiendrons bien plus que ça de votre passage au Haillan.

Vous êtes arrivés en 1996, une année qui restera à jamais gravée dans nos mémoires. L’année de Bordeaux – Milan, c’est le 3-0 fantastique face à ce qui se faisait de mieux en Europe à l’époque. Alors oui, vous n’étiez pas encore président à ce moment-là, mais avouez que la symbolique est belle.

C’est vous qui, en 1999, avez l’idée de faire venir M6 comme repreneur pour le club en faisant appel à une connaissance de longue date, Nicolas de Tavernost. 21 ans plus tard, tout comme vous, il y a encore quelques jours, ils sont toujours là. Cette même année, vous remportez votre premier titre de champion de France. Vous ne pouviez pas vous douter qu’il vous faudrait 10 ans pour revivre une telle émotion.

10 années entrecoupées de moments difficiles. Les gens apprennent de plus en plus à vous connaître. Vous n’êtes pas très fan des médias, mais vous décrochez toujours quand on vous sollicite. Au téléphone ou en face-à-face, les journalistes font d’ailleurs souvent les frais de votre franc-parler et de votre humour caustique. Vous êtes sans filtre. Agaçant pour les uns, authentique pour les autres, ce qui est sûr c’est que vous ne laissez personne indifférent, à commencer par les supporters de votre club.

Car oui, dans les moments où le domaine sportif se dégrade, vous êtes en première ligne et la relation entre vous et nous se tend. Quand notre équipe souffre, nous souffrons, nous nous frustrons. Vous avez subi les foudres de notre colère, une cigarette à la bouche, un chapeau vissé sur la tête, sans jamais perdre le flegme qui vous caractérise. Combien de fois avez-vous entendu fleurir des “direction démission” dans les tribunes ?

Mais vous ne lâchez jamais. Courant 2007, vous offrez sa chance à un jeune entraîneur, un ancien champion du monde, Laurent Blanc. Ce dernier décide d’aller chercher, en Italie, un garçon prometteur qui végète sur le banc du Milan AC, Yoann Gourcuff. Vous aimez parfois prendre des risques, et celui-ci va s’avérer payant, peut-être au delà de vos espérances. La saison 2008-2009 reste un chef d’oeuvre : titre de champion, coupe de la ligue, trophée des champions. La saison qui suit s’annonçait sous les meilleurs auspices, ce fut hélas le début de la fin. Une équipe qui s’écroule, un entraîneur qui s’en va dans des circonstances troublantes, des prolongations de joueurs indécentes et un club qui donne l’impression de ne plus savoir où il va.

Jean Tigana, Francis Gillot, Willy Sagnol, vous avez essayé des profils différents mais rien n’y faisait : Bordeaux s’enfonçait doucement dans l’anonymat d’un club qui ne vivait que sur sa gloire passée. “La belle endormie” végétait pendant que ses concurrents avançaient, dépassée par l’arrivée de grands investisseurs chez les autres. Le stade grondait. Vous souveniez-vous des heures magnifiques à Lescure ? N’aviez-vous pas envie de retrouver le goût de la performance avec ce magnifique stade dans lequel nous avions emménagé en 2015 ?

2016, pour la première fois depuis plus de 10 ans, les Girondins terminent en dehors du Top 7. Une humiliation 4-0 à Toulouse plus tard, celle de trop, Willy Sagnol est renvoyé. Ce n’est pourtant pas dans votre habitude de vous séparer de vos entraîneurs. Mais vous le saviez n’est-ce pas ? Nous ne pouvions plus continuer comme ça. Vous aviez entre les mains une génération de jeunes joueurs prêts à éclore et il fallait trouver la bonne personne pour les amener à maturité. C’est pour cela que vous êtes allés chercher Jocelyn Gourvennec. Un entraîneur jeune mais avec de l’expérience, à l’écoute mais ferme quand il le faut. Votre dernière grande décision de Président.

En 2017, le pari semble enfin payer et la reconstruction en bonne voie. Malheureusement, cela se fera sans vous. Vous étiez le dernier président-bénévole de Ligue 1, le genre qui prend sur son temps libre. L’homme venu du rugby qui s’est pris d’affection pour le football, pour les Girondins de Bordeaux.

De part mon jeune âge, vous êtes le seul Président que j’ai connu. J’ai un peu grandi avec vous et je crois qu’aujourd’hui, le seul mot qui me vient c’est “merci”. Merci pour tous ces titres, pour avoir écrit l’histoire du club, pour votre sang-froid, pour vos boutades en conférence de presse, pour vos punchlines, pour votre générosité, pour votre amour du club aussi. Beaucoup vont vous regretter, vous et votre langage fleuri, tellement loin des attitudes aseptisées du football moderne.

Après 21 ans d’échanges parfois chaotiques, mais toujours sincères, nos chemins se séparent. Notre relation était à l’image d’une saison de football, faite de hauts et de bas, de coups d’éclats et de déceptions, mais comme en amour, nous choisirons de ne nous souvenir que du meilleur.

Au revoir Monsieur Triaud.

  1. avatar
    14 mars 2017 a 19 h 39 min
    Par REAUTEY veronique

    je n’ai rien à ajouter sinon un aurevoir et une bonne route MERCI

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