Nantes : Ranieri comme à Leicester ?
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Nantes : Ranieri comme à Leicester ?

Éternel loser, il a réalisé un coup de maître en remportant la Premier League en 2016 avec Leicester au nez et à la barbe du Big Four. Claudio Ranieri est celui qui a façonné cet exploit historique et sans précédent. Il a pourtant plié bagages dès la saison suivante, victime de lendemains difficiles. Décidé à quitter définitivement la Premier League, le technicien italien s’est engagé en juin dernier avec le FC Nantes. Orphelin de Sergio Conceição, Waldemar Kita voulait frapper fort. Certainement le pari le plus emballant depuis de nombreuses années chez les Jaune et Vert. Après 8 journées, le club pointe déjà à la 4ème place de Ligue 1. De là à imaginer un destin à la Leicester ?

La question a de quoi faire ouvrir grand les yeux. On peut effectivement être sceptique devant la réussite des Canaris sur ce début de saison. Une attaque au rendement famélique, des victoires étriquées souvent décidées en fin de match mais comme Ranieri le dit si bien : « si tu ne joues pas super bien mais que tu arrives à engranger des résultats très vite, tu prends confiance, et les choses peuvent s’améliorer en matière de jeu. » Exactement ce qu’il s’était passé du côté de Leicester. Apôtre de l’adaptation tactique et de la proximité avec ses joueurs, le Mister est aussi fin tacticien qu’il sait être bon manager.

Le foot à la Ranieri

Ce bloc défensif qui asphyxie ces adversaires, ne leur laissant pour ainsi dire aucun espace, couplé à un sens du sacrifice collectif, voilà ce qui a fait la force du Leicester de Ranieri, la réussite ne quittant jamais ses troupes tout au long de la saison. Etrangement : un bloc bas, un jeu vertical basé sur le contre et le jeu direct, couplé à une efficacité et une réussite maximale, c’est également la recette de FC Nantes sauce italienne.

Les efforts, l’état d’esprit, voici le plus important pour l’Italien. Et la notion de groupe évidemment : « la gestion humaine est capitale, car tu as 25 joueurs et tu dois tirer le meilleur de chacun d’eux. Y compris de ceux qui ne jouent pas. Parce que tôt ou tard tu peux en avoir besoin. (…) Chacun doit avoir l’impression de pouvoir se rendre utile » déclarait-il à l’Equipe le 6 octobre dernier. À Nantes, le technicien a trouvé ce qu’il appréciait tant à Leicester : un groupe de joueurs qui ont envie de progresser.

Depuis le début de saison, le Mister s’est déjà appuyé sur 27 joueurs, le total le plus élevé du championnat. Le temps de trouver ses marques ? Certainement. Toujours est-il que comme à Leicester, Ranieri a ses hommes de base. Il s’appuie notamment depuis le début de la saison sur Adboulaye Touré. Produit du centre de formation nantais, le milieu de terrain retenu grâce à Conceição l’an dernier semble enfin s’épanouir. Gratteur de ballons, capable de percées et dominateur dans les airs, il apporte cet impact physique qu’appréciait tout particulièrement Ranieri chez Ngolo Kanté à Leicester. Décrié pour son manque de justesse technique jusqu’à peu, ce pur produit du centre de formation nantais a encore du chemin avant d’arriver au niveau de son aîné, mais s’il continue sur cette lancée, il pourrait bien être l’une des découvertes de cette cuvée en Ligue 1.

Et ces étranges ressemblances rappellent de bons souvenirs à certains outre-Manche. Le 2 octobre dernie,r le grand Gary Lineker a tenu à souligner le bon début des hommes de Ranieri se demandant « s’il ne pouvait pas le faire à nouveau ? ».

Great to see Claudio Ranieri doing so well at Nantes. Couldn’t do it again could he?

— Gary Lineker (@GaryLineker) 2 octobre 2017

Il faut dire que le FC Nantes 2017-2018 démarre mieux que le Leicester 2015-2016 (16 points contre 15 après 8 journées). À ce rythme, les Jaune et Vert termineraient le championnat avec 76 points, un total de prétendant au podium !

Où sont les solistes ?

Mais il y a un mais. Évidemment. Il y en a même plusieurs à vrai dire. Celui de taille, qui fait toute la différence, c’est que contrairement à son épopée fantastique à Leicester, Ranieri ne peut pas compter sur de formidables individualités à Nantes.

Pas de formidable dribbleur capable des différences en une touche de balle comme Mahrez, pas de buteur à la finition chirurgicale comme Vardy, pas de milieu à tout faire comme N’Golo Kanté qui est aujourd’hui devenu l’un des meilleurs milieux de terrain au monde… Et ce n’est pas anecdotique, car si la solidité collective a été l’une des données majeures du titre de Leicester et semble bien fonctionner à Nantes jusqu’à présent, les éclairs de génie et l’abattager des 3 joueurs cités a été bien aussi décisif dans le titre des Foxes il y a 2 ans. Et sans joueur de ce calibre, on voit mal comment le Mister pourrait espérer rééditer un exploit insensé.

Attention chaud devant !

D’autre part, sans leur en retirer leur mérite, le titre de Leicester s’est tout de même retrouvé facilité par une incompréhensible faillite du Big Four cette année-là en Angleterre. Un Chelsea aux abois, Manchester United à la dérive, Arsenal fidèle à lui-même, City bien trop inconstant, seul Tottenham avait maintenu le suspense jusqu’à la fin du championnat. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en Ligue 1 cette année, il ne faut pas s’attendre à ça. On parle d’une Ligue 1 promise au mastodonte PSG, renforcé à coups de millions par les géniaux Mbappé et Neymar cet été et qui n’a jamais semblé aussi fort que cette année. On n’oublie pas non plus l’AS Monaco qui malgré tous les départs semble toujours en forme, porté par un immense Falcao. Sans compter l’OM et son Champions Project, le Bordeaux de Gourvennec ou encore le Lyon new-look de Bruno Génésio, des clubs aux moyens bien supérieurs à ceux du modeste FC Nantes.

Le vrai objectif : crédibiliser un projet

Alors évidemment, il est bien tôt pour pouvoir réellement se prononcer sur le potentiel de cette équipe qui n’a affronté pour le moment qu’un Lyon malade et un OM en rôdage. Stabilisé en Ligue 1 depuis 2012, le club semble pourtant avoir trouvé un nouvel élan sous l’impulsion de Sergio Conceição, terminant à la 7ème place l’an passé, soit sa meilleure performance depuis 2004. En apportant sa science tactique et son expérience à un groupe remodelé cet été grâce à un investissement sans précédent selon Waldemar Kita, Claudio Ranieri réalise pour le moment le meilleur début de saison du FC Nantes depuis 19 ans. Signe que l’éternel second n’a peut-être jamais été aussi bon que lorsqu’il dispose de moyens relativement limités.

Quoi qu’il en soit, les prochains mois s’annoncent plus que jamais comme un tournant pour Nantes, qui a récemment annoncé son projet de nouveau stade pour 2022 avec un coût estimé aux alentours de 200 millions d’euros. Et du côté de la Loire Atlantique, on doit beaucoup compter sur le coup de baguette magique du Mister pour rendre ce projet crédible…

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