Marseille : une défense toujours en difficulté, même après le mercato ?
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Marseille : une défense toujours en difficulté, même après le mercato ?

L’Olympique de Marseille et sa défense, c’est l’histoire d’une relation qui bat de l’aile depuis maintenant plusieurs années et qui ne cesse de faire la une des journaux. Depuis deux ans et demi et la deuxième partie de saison sous les ordres de Marcelo Bielsa, ce sujet est récurrent lorsque l’on parle des forces et faiblesses de l’effectif olympien. Enfin, plutôt des faiblesses...

Mais depuis l’automne dernier, Frank McCourt et le désormais fameux « OM Champions Project » sont arrivés à Marseille dans l’espoir de ramener le club sur le devant de la scène nationale et européenne. Alors on peut voir le football comme un sport où l’on gagne en marquant un but de plus que l’adversaire, oui et vous n’aurez pas tort. Mais qu’en est-il du chantier défensif à Marseille ? L’OM a-t-il enfin œuvré pour solidifier une arrière-garde bien inquiétante ces dernières saisons ?

Les vieux démons ont ressurgi en ce début de saison

Après 6 journées de Ligue 1, le constat est sévère. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on se demande si le mercato a bien été bénéfique à la défense phocéenne. Avec pourtant plusieurs matchs largement à sa portée, l’équipe de Rudi Garcia a déjà encaissé 10 buts. Dont 9 en deux matchs contre l’AS Monaco et Rennes. Deux véritables naufrages qui ont grandement fragilisé la position de l’ancien entraîneur de l’AS Roma qui avait décidé de jouer avec 6 joueurs à vocation défensive à Monaco. Avec un succès… mitigé. Notons que depuis la saison 2016/2017, l’OM a connu 12 défaites, dont 10 durant lesquelles il a encaissé 3 buts ou plus.

Et c’est bien là le plus gênant pour l’OM. En dépit d’investissement réalisés dans ce secteur (23,5M€ depuis janvier 2017), l’impression générale laissée est toujours des plus catastrophiques. Et lors des fameuses deux récentes défaites, l’intégralité de l’effectif défensif, ou presque, a pourtant été passé en revue. Plus que de véritables recrues apportant un plus à l’équipe, on a bel et bien l’impression que l’OM commence à empiler une collection de joueurs moyens ou en fin de cycle au sein de son arrière-garde.

Des joueurs à la peine

Il faut dire que lors de ces deux déculottées, pas un seul défenseur n’a semblé pouvoir rattraper l’autre. Que ce soit Evra, Sertic, Doria, Rolando, Hubocan (désormais en prêt à Trabzonspor), Amavi, Rami, Abdennour ou encore Sakai, les interrogations ne sont pas prêtes de se dissiper. Constamment dépassés par la vitesse de leurs adversaires, mal placés, en retard dans leurs interventions ou encore capable de se marquer eux-mêmes : ce n’était absolument pas digne d’une équipe affirmant viser la Ligue des Champions à court ou moyen terme.

Aujourd’hui, le symbole de cette défense aux abois est certainement Patrice Evra. Pris en grippe par le Vélodrome, ses performances ne permettent pas vraiment de leur donner tort jusqu’à présent. Globalement moyen, voire très moyen depuis son arrivée, son recrutement qui pouvait paraître judicieux, apportant expérience et hargne au sein du vestiaire olympien, s’avère aujourd’hui plus ressembler à une erreur de casting.

Rolando, bien que joueur exemplaire n’est pas toujours impérial et manque cruellement de vitesse ; Rami et Abdennour, cela ressemble à une bonne idée sur le papier mais l’OM se retrouve avec une charnière qui risque de manquer de rythme et qui souffre d’un gros déficit de vitesse ; en ce qui concerne Doria, on ne sait toujours pas vraiment ce qui a justifié son achat à 10M€ en 2014 ; Sertic n’est lui vraiment pas rassurant alors qu’il était censé apporter une touche technique dans la relance à cette défense et Hubocan, parti à Trabzonspor, ne sera pas regretté par le Vélodrome lui qui était très souvent limite, bien trop lent et qui n’aura que peu été utilisé à son poste.

Sakai a, lui, le mérité d’être combattant, volontaire et apprécié du Vélodrome. Mais toujours capable du meilleur comme du pire, on est loin de l’assurance tous risques.

Mandanda dans tout ça ? Difficile à blâmer sur les buts encaissés par son équipe jusque-là, le gardien international ne s’attendait sûrement pas à ça en effectuant son retour dans la cité phocéenne. Car il y a pourtant quelques motifs d’espoir malgré le pessimisme ambiant.

L’OM n’a pas chômé cet été…

En effet cet été, l’effectif olympien s’est plutôt bien renforcé dans ce domaine. Avec les signatures de Rami, Abdennour et Amavi, l’OM s’est offert à la fois l’expérience de joueurs habitués à la Ligue 1 et un jeune talent prometteur pour prendre la succession de Patrice Evra à gauche. Trois joueurs majeurs qui devraient pouvoir ramener de la stabilité dans ce grand chantier défensif.

De Rolando-Fanni à Rami-Abdennour vous concéderez que la différence est tout de même assez significative. Joueurs solides et habitués des joutes européennes, les internationaux français et tunisien avaient laissé de bons souvenirs en Ligue 1 à Lille et Monaco. Expérimentée et solide, leur paire devrait poser problème à plus d’un attaquant durant la saison.

Le hic de ce recrutement, c’est certainement qu’Abdennour a rejoint l’OM bien tardivement. Rami, de son côté, a effectué toute sa préparation avec Rolando et se retrouve aujourd’hui à devoir rapidement trouver des automatismes avec sa nouvelle paire. Mais c’est raté ! Abdennour s’est blessé dès son premier match sous ses nouvelles couleurs (OM 1-3 Rennes, 5ème journée). Retour à la case départ donc.

Sur le côté gauche, la nouvelle donne depuis le match contre Konyaspor semble donner une longueur d’avance à Jordan Amavi. Véritable talent révélé à Nice il y a maintenant 4 ans, passé entre temps par l’Angleterre et Aston Villa, l’ancien Aiglon a décidé de relancer sa carrière en revenant en France cet été. Destiné à remplacer Patrice Evra sur le long terme, il semblerait que les contre-performances de son aîné bousculent quelque peu les plans initiaux. Beaucoup plus percutant offensivement et juste dans ses interventions, son éclosion devrait apporter une concurrence accrue dans ce secteur de jeu où Henri Bedimo ne représentait pas une alternative crédible (blessures à répétitions).

… et peut compter sur son centre de formation

Mais l’OM peut également s’appuyer sur son centre de formation, d’où émergent quelques talents ces derniers mois. Après Maxime Lopez la saison passée, le très prometteur Boubakar Kamara a signé son premier contrat professionnel cet été. Rudi Garcia semble toutefois faire attention à ne pas lancer son jeune joueur trop vite. Polyvalent, il a joué à 17 ans son premier match de la saison contre Konyaspor et y a fait forte impression. Plutôt destiné à jouer au milieu, le jeune Kamara a effectué toutes ses classes à l’OM en patron derrière. Il n’aurait sûrement pas de mal à y retrouver ses marques.

L’autre pépite qui devrait bientôt rejoindre les rangs de l’effectif professionnel se nomme Christopher Rocchia. Et l’issue devrait être assez rapide car le minot, arrière gauche de formation, a tapé dans l’œil de Rudi Garcia cet été durant la préparation.

Un chantier toutefois bien plus complexe qu’en apparence

Cette dualité de point de vue est toutefois trop simpliste pour expliquer un problème dont les racines sont bien plus profondes. Alors oui, la défense de l’OM montre d’inquiétants signes de faiblesse mais n’oublions pas que selon toute vraisemblance, la défense titulaire de l’OM cette année comprendra 3 nouveaux joueurs (Rami, Abdennour et Amavi) et il est bien difficile d’exiger une efficacité immédiate lorsque l’on sait la difficulté que représente la construction d’automatismes au sein d’une nouvelle défense. Ces joueurs se découvrent depuis quelques semaines seulement et l’arrivée tardive d’Abdennour va faire prendre du retard dans la construction de la charnière centrale (sans compter sa récente blessure). Il serait toutefois de bon augure de ne pas trainer sous peine d’abandonner de précieux points en cours de route à des concurrents directs pour l’Europe, objectif avoué du club phocéen cette saison.

L’autre point qui pose problème pour l’OM c’est la fragilité de son effectif en ce début de saison. Rami et Abdennour ont déjà rejoint les rangs de l’infirmerie et ce n’est pas en disposant de ses titulaires une fois sur trois que Rudi Garcia pourra construire ces fameux automatismes. Gageons pour le coach phocéen que cette malédiction qui s’abat sur l’effectif s’arrête rapidement. Ou que le travail du préparateur physique soit vite remis en question.

Enfin, Rudi Garcia devra relever un défi tactique cette saison. Avec son schéma de jeu sa défense est bien trop exposée. Que cela soit dans l’axe avec la seule présence de Luiz Gustavo ou sur les côtés, avec la faible participation défensive des ailiers (Thauvin et Payet), les défenseurs de l’OM se retrouvent bien trop souvent en un-contre-un face à des joueurs lancés. Ce qui n’est pas vraiment une situation idéale pour bien défendre, évidemment…

Longtemps l’OM a pu se reposer sur de grandes performances de ses gardiens : Mandanda lors de son premier passage au club, ou Pelé la saison passée qui a signé le record de clean-sheets des 5 grands championnats. Mais cela ne durera qu’un temps et se reposer sur un grand gardien n’est assurément pas gage de solidité défensive.

Rudi Garcia devra donc vite trouver la solution aux maux tactiques de son équipe et parvenir à construire une véritable assise défensive efficace, chose que l’OM n’a plus connu depuis bien trop longtemps. Avec une moyenne d’un peu plus de 40 buts encaissés par saison depuis 5 ans quand le 3ème en encaisse en moyenne 35, on sait par où passera la quête d’une prochaine qualification en Ligue des Champions pour Dimitri Payet et ses coéquipiers.

  1. avatar
    19 septembre 2017 a 18 h 14 min

    Désolé, mais réduire Hiroki Sakai à un joueur combattant est un peu réducteur justement car l’année dernière il a été le seul défenseur marseillais à la hauteur.
    Le problème pour Sakai pourrait être ailleurs car étant un observateur assidu de l’équipe nationale japonaise je peux affirmer que quand Hiroki Sakai évolue sous les ordres de Vahid Halilhodžic son niveau et bien meilleur surtout d’un point de vue offensif.
    Il a d’ailleurs été un des joueurs décisifs lors du match du Japon contre l’Australie qui s’est soldée par une victoire japonaise et une qualification pour Russie 2018.
    Un espoir tout de même, lors du match de Marseille en ligue Europa, Hiroki Sakai a réalisé une prestation digne de son niveau international.
    Rudi Garcia devrait donc arrêter de contenter ses défenseurs latéraux au travail défensif, et laisser Sakai déborder car cela reste une de ses principales qualités ce que l’on n’a guère pu constater à Marseille.

    • avatar
      21 septembre 2017 a 9 h 25 min

      En effet le trait est un peu grossi, selon moi Sakai représente l’un des défenseurs qui offre le plus de garanties dans cet effectif. Mais encore aujourd’hui il faut améliorer l’apport offensif et plus de constance dans les tâches défensives … On est encore loin du niveau des années Azpilicueta et quand on sait l’importance des latéraux dans le football moderne …

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