PSG : retour sur 6 années de transformation
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PSG : retour sur 6 années de transformation

En 2011, le PSG est racheté à 70% par un fonds d'investissement du Qatar. Avec ce rachat, le club change de dimension et se permet de rêver plus grand. Faisons un bilan de ces années et voyons ce qui a été apporté au club.

Une nouvelle dimension

En 2011, le club du Paris-Saint-Germain est donc racheté, dispose d’un porte-feuille élargi sur le marché des transferts et donc d’ambitions revues à la hausse. Le président Nasser Al-Khelaifi expliquait alors : « notre objectif est d’abord de participer à chaque Ligue des Champions dès 2012. Ensuite, à partir de 2015, on aspire à jouer un rôle majeur dans cette compétition. »

L’arrivée de Leonardo en tant que directeur sportif est déterminante dans le projet. Il permet l’arrivée de nombreux joueurs qui seront pendant longtemps, et sont encore aujourd’hui, des cadres de l’équipe. Il contribue ainsi à l’arrivée de Thiago Motta, Zlatan Ibrahimovic et même Edinson Cavani. Le club gagne alors en professionnalisme en interne et sur le plan sportif.

Le départ de Leonardo

Leonardo a été pendant deux ans le principal acteur du projet parisien avec des mercatos réussis qui permettent au club de faire de bons résultats par la suite. Le club finit même champion en 2013. Son départ précipité cette année-là reste comme l’un des tournants de l’histoire récente du projet parisien.

Il estime alors que sa suspension (un an ferme d’interdiction de banc de touche, de vestiaire d’arbitres et de toutes fonctions officielles) pour avoir bousculé un arbitre est trop sévère… et il ne sera pas remplacé par quelqu’un d’aussi compétent. Il quitte son poste après avoir bouclé le transfert d’Edinson Cavani. Les recrutements qui suivent son départ se révèleront moins avisés que les siens, comme en témoignent les échecs suivants : Krychowiak, Jese, Ben Arfa…

Des résultats sportifs qui donnent le tournis

Malgré le départ de Léonardo, le club continue de rafler les trophées nationaux (4 championnats consécutifs, 3 Coupes de France, 4 Coupes de la Ligue depuis 2011). Le PSG écrase la concurrence en France et sa domination est incontestable. Mais il se heurte au mur des quarts de finale en Ligue des Champions, ce qui reste néanmoins un bon résultat pour un club français. Certaines décisions de Laurent Blanc (notamment sur le cas Aurier que nous évoquerons plus tard) et le manque de compétitivité en championnat sont alors pointés du doigt comme étant les raisons de ces « échecs » à répétition.

Le 28 juin, Unai Emery succède à Laurent Blanc au poste d’entraîneur. Le jeu proposé par Blanc et les échecs consécutifs en Ligue des Champions sont les raisons de son départ. Emery arrive avec un statut : il a gagné trois Ligue Europa avec le FC Séville. Cette année-là, il tente d’imposer sa patte mais la mayonnaise ne prend pas tout de suite. Les journalistes avides de résultats s’acharnent sur lui, qui peine à plaire et n’est pas aidé par des recrues qui ne parviennent pas à s’imposer (Ben Arfa, Krychowiak). Sa première année en Ligue des Champions est encourageante mais ternie par le terrible match au Camp Nou sur lequel il n’est pas nécessaire de revenir tant il a fait parler de lui.

Le PSG, une institution parfois moquée

Un grand club se caractérise par une institution forte qui ne se laisse pas faire et est capable de prendre des décisions marquantes. Le PSG aspire à le devenir un grand club mais cette dimension a souvent été négligée. Deux cas l’illustrent parfaitement.

Serge Aurier arrive au PSG en juillet 2014 sous forme de prêt avec une option d’achat qui sera levée l’année suivante (estimée à 10 millions d’euros). Sur le plan sportif, le joueur fait ses preuves et montre un apport offensif important. Il est cependant critiqué pour sa réussite peu probante dans ses centres et un repli défensif parfois léger. Mais ce n’est pas sur le plan sportif que le joueur va le plus se montrer. De nombreux écarts de conduite vont le suivre tout au long de son parcours. Il est suspendu pour les quarts de finale de Ligue des Champions face à Chelsea en 2015 pour avoir insulté un arbitre dans une vidéo en 2015. En 2016 dans un Périscope, il insulte son entraîneur et dénigre certains de ses coéquipiers. Il est alors contraint de jouer en CFA pendant un peu moins de deux mois.

Il fait son grand retour lors d’un quart de finale retour de Ligue des Champions alors que le PSG s’est incliné 1-0 à l’aller. Sa titularisation fait alors réagir car Marquinhos était lui prêt à jouer et forcément déçu de voir que quelqu’un qui a gravement fauté il y a peu le dépasse de nouveau dans la hiérarchie. Serge livre ce jour-là un partie très mitigée et est à l’origine du but de l’égalisation (2-2)… et donc indirectement de l’élimination du PSG de la Ligue des Champions. La faute revient sur Laurent Blanc : le joueur n’était pas prêt physiquement à jouer un tel match.

On se dit alors qu’après tout ceci, Aurier allait se raisonner et se tenir à carreau. Mais il dérape une nouvelle fois lors d’un match de son équipe face à Lorient, où il fait preuve d’un manque de professionnalisme énorme : il met 8 minutes 30 à se préparer pour entrer sur le terrain alors que son coéquipier (Thomas Meunier) vient de se blesser… et nous ne prendrons pas la peine d’évoquer son marquage sur le but du 6-1 face au Barça, synonyme d’élimination.

Le cas Verratti

Marco Verrati a souvent suscité le débat avec son agent, Donato Di Campli. Ce dernier a régulièrement laissé plane le doute sur un éventuel départ. Des déclarations qui ont souvent poussé le club à revaloriser son salaire par peur de le perdre. De telles affirmations, surtout après la déroute face au Barça durant laquelle le joueur n’est pas exempt de tous reproches, n’ont pas plus a tout le monde… Il est à noter que Verratti a changé d’agent et est à présent sous l’égide de Mino Raiola.

D’autres histoires sur son hygiène de vie (tabac, boite de nuit) ont fait réagir car le club a souvent donné l’impression de le laisser faire. Dans ce genre de cas, le PSG n’a pourtant pas intérêt à se laisser marcher sur les pieds. Il en va de sa crédibilité et cela envoie également de mauvais signaux aux autres joueurs en interne, qui peuvent se croire tout permis quand ils voient les cadres abuser de ce laxisme.

Une nouvelle période ?

Depuis l’été 2017, le PSG a toutefois clairement franchi un cap : au niveau des choix faits par la direction, mais également sur le recrutement qui est au niveau des attentes et les résultats qui sont pour l’instant encourageants.

L’été dernier, Patrick Kluivert et Olivier Létang ont quitté le club. Voyant ses prérogatives réduites par la nomination du premier en tant que directeur du football, le second a décidé de quitter le club. De plus selon certains, Kluivert ne travaillait pas assez et ne trouvait pas ses marques. Ce dernier, lassé par les critiques en interne et en externe, a pris la même décision. Les deux dirigeants partis ont laissé la place à Antero Henrique, le Portugais passé par Porto où il a gravi les échelons jusqu’à la vice-présidence du club.

Antero est connu pour son management autoritaire : il n’hésite pas à prendre des décisions fortes. C’est lui qui a décidé d’envoyer jouer Ben Arfa en réserve ou d’écarter l’équipe féminine du Camp des Loges pour laisser la place aux jeunes. Son management dérange certains mais il a le mérite d’être clair et efficace. Il va amener quelque chose qui manquait au club : de l’exigence. Pour ce qui est du recrutement, il est à l’origine de la venue de Neymar au PSG et a également joué un rôle dans l’arrivée de Kylian Mbappé dans le club de la capitale.

Le 3 août, le PSG a officialisé l’arrivée d’un des trois meilleurs joueurs du monde en rachetant sa clause de 222M€. L’arrivée de Neymar, le joueur le plus influent au monde, a marqué les esprits et fait gagner beaucoup de crédibilité au club. Mais celui-ci ne s’est pas arrêté en si bon chemin puisqu’il s’est attaché les services du jeune prodige Kylian Mbappe pour la coquette somme de 180M€. Malgré ces énormes dépenses, le PSG a aussi fait le travail pour se couvrir des sanctions du fair-play financier grâce à une armée d’avocats.

C’est donc avec un trio d’attaque mirobolant que le PSG a débuté sa saison (Neymar-Cavani-Mbappe). Il est actuellement le meilleur trio d’Europe avec 45 buts en 14 matchs de championnat. Au classement, le PSG a déjà 10 points d’avance sur ses poursuivants et remporté tous ses matchs en Ligue des Champions. Le club a même battu le record de buts marqués durant la phase de poules avec 24 buts.

Bref, depuis 2011, le projet du PSG n’a cessé de progresser avec en prime des résultats nationaux exceptionnels malgré quelques déceptions en LDC. Cette année, le club semble avoir franchi un cap et ne cache plus ses ambitions pour la Coupe aux grandes oreilles qu’il attend depuis si longtemps.

Pierre de Foucaud (@pierre220310)
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