PSG : le cas Verratti
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PSG : le cas Verratti

Depuis l’arrivée au PSG de Marco Verratti, la direction du club ne fait que s’incliner devant ses propos et ceux de son agent Donato Di Campli. Une situation qui révèle d’une part les faiblesses de l’institution parisienne et qui, in fine, donne raison au joueur sur ses velléités de départ.

Le journal l’Equipe a récemment rapporté dans ses colonnes que Marco Verratti s’était entretenu avec le nouveau directeur sportif du PSG, Antero Henrique, pour lui faire part de son envie de quitter le club. Plus précisément, il regrette que le PSG soit « en retard dans son projet ». Un énième pavé lancé à la direction parisienne… Sauf que cette fois, la cause est vraisemblablement différente des précédentes, cousues de fil blanc pour négocier une revalorisation salariale.

Il faut dire qu’à son arrivée, le jeune Italien a été auteur de performances XXL, si bien qu’il figure depuis son arrivée en France dans l’équipe-type de la Ligue 1. Il détient même avec son coéquipier et capitaine Thiago Silva le record de nominations (5), une performance jamais réalisée auparavant qui situe la régularité du bonhomme.

Ses coups de gueule auprès de la direction pour revaloriser son contrat sont légitimes au vu de son efficacité et ont porté leurs fruits. En 5 ans, Verratti a vu son salaire multiplié par 13, passant son brut mensuel de 60 000€ en 2012-2013 à près de 800 000€ primes comprises aujourd’hui. Pour arriver à ce résultat, il aura fallu attendre 4 prolongations et revalorisations de contrat.

On en arrive donc à la conclusion que Marco Verratti revalorise son contrat en moyenne une fois par an. Un bon ratio pouvant même laisser croire que son agent dispose d’un bureau mitoyen à ceux de la comptabilité et de Nasser Al-Khelaifi. En réalité, la raison de cette facilité de négociation réside comme évoqué dans la performance sportive globale du joueur. C’est indéniable.

Mais cette manière d’agir met également en avant le fait que la direction ne sait pas non plus dire « stop » lorsqu’elle fait face à une pression extérieure. En somme, elle ne dispose pas d’une emprise suffisante sur son effectif, dont la large majorité est composé de joueurs à la dimension internationale et disposant d’une cote marketing ultra-importante aux 4 coins du globe. Le PSG veut être l’égal des grands, mais il n’y met pas la manière par son laxisme et ses laissez-passer.

Car si Verratti est dans l’ensemble très satisfaisant par ses prestations, il ne faut pas oublier qu’à l’exception d’un match face au FC Barcelone un soir de septembre 2014, il ne dispose pas non plus d’un panel de matchs-références important, qui lui permettrait de passer toutes les frontières sans être inquiété. Certaines de ses performances ont d’ailleurs été vivement critiquées. Des prestations qui, ajoutées à des demandes toujours plus folles émanant de son agent, auraient dû mettre la puce à l’oreille à la direction parisienne quant à son manque de fermeté.

C’est ainsi qu’elle se retrouve face à des situations dont elle est hélas désormais aujourd’hui coutumière du fait : un joueur qui insulte son entraîneur et ses coéquipiers mais dont la place de titulaire n’est pas menacée ; un autre dont la garde à vue ne change rien à l’égard qu’on lui porte ; ou encore un qui profite du départ sans remplacement de son concurrent direct le dernier jour du mercato pour demander une multiplication de salaire par 21. On est loin de la manière d’agir des cadors européens qui, de leur côté, ne placeront jamais un joueur au-dessus de l’institution. Mamadou Sakho, dont un retard en pré-saison à Liverpool lui a valu une mise à l’écart à durée indéterminée, pourra en témoigner.

Marco Verratti a donc effectivement toute légitimité à demander à partir pour les raisons évoquées à Antero Henrique, étant donné que son arrivée à Paris était également motivée par l’idée de monter en puissance dans une équipe qui brillera sur la scène européenne. Force est de constater que le Paris-Saint-Germain ne peut répondre à ses attentes tant que l’autorité qu’il dégage sur son groupe n’est pas plus importante qu’elle l’est actuellement.

Car le problème de l’autorité ne génère pas seulement des problèmes en interne, mais aussi dans la promotion du club à l’international en termes d’image du projet sportif. C’est précisément cela qui ne lui permet pas d’envisager une amélioration des résultats sur la scène européenne et qui a conduit à des erreurs de casting : Krychowiak, Ben Arfa, Jesé, Stambouli, Cabaye… Si le PSG s’est positionné sur ces joueurs, c’est simplement parce que le club ne disposait pas d’autres alternatives. La réalité est que le projet parisien peut à ce jour attirer les joueurs à renommée que par l’intérêt financier qu’il dégage, mais non par le projet sportif en tant que tel.

Le PSG doit désormais tenir compte des propos tenus par Marco Verratti et tenter de retrouver au plus vite une identité forte qu’elle a laissé de côté à l’arrivée de QSI.

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