La Ligue 1, terrain aride ou terre fertile pour les coachs étrangers ?
Photo Panoramic

La Ligue 1, terrain aride ou terre fertile pour les coachs étrangers ?

Début août, au lancement de la saison, ils étaient six entraîneurs étrangers sur les bancs de Ligue 1. Une véritable révolution depuis plus de 25 ans ! Cinq mois plus-tard, la mi-saison approche et il est l'heure de faire le bilan avec une petite revue de leurs performances.

Alors que bon nombre de supporters voyaient d’un bon œil l’intégration d’entraîneurs étrangers au sein de notre Ligue 1, avec l’espoir de voir un football différent par essence mais surtout du spectacle, les entraîneurs français ne semblaient pas sur la même longueur d’ondes.

Ces six entraîneurs avaient bien failli n’être que cinq suite à la levée de boucliers orchestrée par Raymond Domenech, actuel président de l’UNECATEF (syndicat des entraîneurs de football en France), concernant la venue de Claudio Ranieri sur le banc nantais. En considérant le Mister trop âgé pour entraîner en France, notre Raymond national a fustigé la dérogation accordée par la LFP au coach nantais, provoquant le courroux de ce dernier.

Le temps et l’enchaînement des matchs ont fini par donner raison au technicien italien qui parvient pour l’instant à maintenir les Canaris à une belle cinquième place à seulement 3 points du podium ! Mais qu’en est-il des autres clubs ?

Les Tops 

Nantes : “Claudio Ranieri est une Mercedes alors que Der Zakarian était une 2CV.” Le compliment est flatteur d’autant plus quand il vient du président du FC Nantes, Waldemar Kita. Une belle 5ème place donc, mais surtout de belles performances en faisant de la Beaujoire une forteresse quasi-imprenable (5 victoires en 7 matchs, un nul face à Lyon et une défaite lors de la 2ème journée contre l’OM). Dernièrement, la victoire 1-0 dans le temps additionnel face à Monaco a permis au coach italien de confirmer les espoirs placés en lui.

Paris : Avec un mercato de tous les records, Unai Emery a encore plus de pression sur les épaules, lui qui souhaite avant tout faire une meilleure saison que la précédente. Pour l’instant, le basque semble tenir son engagement avec une 1ère place au classement mais surtout 6 points de plus que l’an passé à la 15ème journée. Et ce n’est pas tout car l’équipe marque beaucoup plus : 47 buts contre 30 la saison dernière… Avec de grosses performances en Ligue des Champions, Unai fait pour l’instant un quasi sans-faute !

Monaco : Un autre mercato de tous les records mais dans le sens des départs, Monaco a engrangé plus de 170 millions d’euros (hors prêt payant de Mbappé) en un été. Ce montant stratosphérique est le résultat de la vente de 7 joueurs dont plusieurs cadres, ce qui a naturellement affecté le rendement de l’équipe. Néanmoins, Leonardo Jardim, élu meilleur entraîneur par ses pairs l’an passé, sait composer avec ces bouleversements d’inter-saison. Il parvient aujourd’hui à maintenir l’ASM sur le podium. L’équipe monégasque est certes 3ème (ex-aequo avec l’OL) comme l’an passé lors de la 15ème journée, mais elle accuse aussi 4 points en retard sur son précédent temps de passage. L’élimination de Champion’s League après un parcours catastrophique permettra peut-être au coach portugais de se concentrer sur le championnat et espérer revenir sur son camarade parisien.

Les Flops 

Nice : Après une première saison idyllique pour Lucien Favre et une belle 3ème place, il fallait confirmer. Annoncé partant, notamment vers le Borussia Dortmund durant l’été, Coach Favre a choisi de rester une saison de plus sur la “French Riviera” avec des ambitions revues à la hausse. Mais c’est aujourd’hui difficile avec une 14ème place à l’issue de la 15ème journée, bien loin des standards de l’an passé où son équipe était… en tête ! Certes, les départs de Belhanda, Dalbert, Eysseric voire Baysse, conjugués au faux-départ de Seri, ont porté préjudice au club. Ils expliquent -en partie seulement- les 20 points pris et les 8 défaites concédées (contre une seule l’an passé au même stade). L’enchaînement des matchs avec le Coupe d’Europe et le recrutement peu judicieux expliquent aussi ce décalage. Après le 5-0 concédé à domicile face à Lyon, Lucien Favre a admis avoir reçu la pire claque de sa carrière d’entraîneur, acceptant d’en prendre l’entière responsabilité.

Lille : L’arrivée en grandes pompes de Bielsa dans le projet Losc Unlimited avait beaucoup fait parler. Beaucoup se réjouissaient du choix de Gerard Lopez de faire confiance à El Loco, qui devait redonner le goût du spectacle au LOSC et ses supporters. De gros investissements ont été faits pour recruter des jeunes joueurs prometteurs, la sortie a été montrée à d’anciens cadres du vestiaire (les lofteurs) et un encadrement plutôt compétent (Campos) visait le Top 5 ! Un objectif qui ne sera pas tenu par Marcelo Bielsa, suspendu par sa direction à la suite d’une 7ème défaite (3-0) face à Amiens. Par rapport à l’an passé, le LOSC était exactement à la même place lors de la 13ème journée, à savoir 19ème mais avec 2 défaites de moins et 2 points de plus. Cette très légère amélioration en terme de résultats associée à des rapports difficiles avec les joueurs et l’encadrement conduiront le coach argentin à une suspension précédant un licenciement. Et même si le club a depuis renoué avec la victoire, on imagine mal une autre issue que la sortie.

Saint-Etienne : Après le long cycle de 9 saisons de Galtier, Bernard Caiazzo a décidé d’aller chercher Oscar Garcia au Red Bull Salzburg, un coach qui a réalisé le doublé coupe-championnat durant deux saisons d’affilée en Autriche. 12ème journée de championnat, l’ASSE pointe à une satisfaisante 6ème place avant de recevoir Lyon pour un derby bouillant… Un derby qui se conclut sur une défaite historique 5-0 et un envahissement du terrain par les supporters stéphanois. A la suite de cette journée, le technicien portugais choisit de démissionner, ne se sentant pas soutenu par sa direction. Ce départ, dû essentiellement à cause des relations conflictuelles entre Garcia et ses présidents, a surpris pas mal de monde dans le Forez, à commencer par les premiers intéressés qui auraient tout fait pour le retenir… sans succès !

Mes techniciens étrangers connaissent donc des fortunes diverses. Comme le rappelait Lucien Favre : “je l’ai dit au début de saison, ça peut être une saison compliquée parce qu’il n’y a pas d’équipe facile en France “. Réputée physique, notre Ligue 1 Conforama a déjà perdu officiellement un de ces six entraîneurs en attendant l’issue de la suspension d’El Loco. Oscar Garcia, actuellement libre serait d’ailleurs ciblé par plusieurs clubs dont celui de… Gérard Lopez pour le remplacer !

Et si c’était plus qu’un effet de mode ?

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