Bielsa, le génie “loco” s’en va
Photo Panoramic

Bielsa, le génie “loco” s’en va

Retour sur la démission de Marcelo Bielsa.

39 matchs. La Ligue 1 aura donc eu la chance pour 39 matchs de compter Marcelo Bielsaparmi ses entraîneurs. Depuis samedi soir et l’annonce de sa démission, l’argentin n’est plus le coach de l’OM une sorte de mouvement spontané s’est dégagé pour fustiger l’acte irrespectueux d’ El Loco. Trahison, lâcheté, abandon, dégoût, stupéfaction et incompréhension sont les mots qui reviennent le plus. Des supporters aux journalistes, tout le monde se lâche sur le bonhomme. Si il fallait le rhabiller pour l’hiver, c’est bon le microcosme du foot français s’en est chargé.

Un torrent de critiques

Dès les premières secondes qui ont précédé cette fameuse annonce, les grands analystes nous ont expliqué que c’était un manque de respect pour l’OM et ses supporters. Qu’un tel comportement était intolérable vis à vis de sa hiérarchie, que tout Bielsa qu’il était, il devait composer avec les contraintes d’un club professionnel. On nous a également expliqué qu’il avait joué avec l’amour que les supporters lui vouaient. Que TOUT le recrutement de cet été était le sien, donc il devait se taire même si quelques clauses changeaient sur le contrat final. Que de toute façon il ne faut pas le regretter car il n’a jamais rien gagné dans sa carrière etc … On s’arrête là car on pourrait écrire un texte de la taille d’un chapitre de Tolkien dans le Seigneur des Anneaux…

Cependant, on est obligé de constater encore et toujours un manque de recul, de mesure mais surtout un déficit criant de culture foot pour expliquer ou faire comprendre cette démission soudaine. Sur le fond on peut être choqué par la volte face d’un coach au soir de la première journée. Si on est supporter on peut être déçu et angoissé pour le futur proche du club. Mais si on connait un minimum l’homme ou si on a une culture foot correcte on est tout sauf choqué par cette nouvelle. Bielsa le rigoriste forcené et Labrune le filou invétéré ne pouvaient pas cohabiter et coexister plus d’une saison. Cela paraissait évident.

Une cohabitation difficile et tourmentée

Marcelo Bielsa a bien des défauts mais il ne ne ment pas. Il exècre ce vice au plus haut point. Le respect à la parole donnée est une des valeurs principales pour l’argentin. Si cette confiance est bafouée, il est capable de tout envoyer en l’air du jour au lendemain. Cela a déjà été le cas auparavant à Bilbao ou à l’Atlas dans le championnat mexicain. L’an dernier, Vincent Labrune avait sérieusement écorné cette relation de confiance si chère aux yeux d’ El Loco avec des promesses non tenues sur le mercato. A en croire les déclarations du technicien en conférence de presse d’après match, il y a eu des manquements aux accord préalables et c’est pour cela qu’il a pris la décision de démissionner. Car il n’avait plus confiance en ses dirigeants.

Le nœud du problème est ici. Entre les gens peu connaisseurs qui voient la situation brute ou les supporters qui voient partir leur idole ou même les journalistes qui cherchent à faire des comparaisons sans queue ni tête, on a droit à l’exécution publique du fou Bielsa. Mais personne pour dire que ce type est à part. Une sorte de génie autiste. Génie par sa vision ou sa conception du jeu, et sa connaissance plus que phénoménale du football et de ses moindres détails. Autiste par son incapacité à gérer le moindre changement et dans sa gestion humaine et relationnelle. C’est bien le paradoxe de cet homme si particulier. Présenté comme un philosophe du jeu voire un maître par Guardiola, ce coach n’a jamais pu entraîner de top clubs. Pourquoi? Evidemment car son instabilité psychologique fait peur à tous les clubs qui visent à gagner en se stabilisant.

Bielsa ? Un homme à part

Quand un club vient chercher Bielsa il le laisse travailler, se concentrer sur le jeu et surtout il est bien conscient que ce type d’entraîneur demande un traitement particulier. Pas de faveur. Juste différent car son approche du monde du football est en décalage avec ce qu’il se passe de nos jours en 2015. Ce qui signifie, avoir une direction consciente que ce type est aussi compétent qu’imprévisible. Malheureusement, Labrune a sous estimé le sens que Bielsapouvait accorder à la parole donnée. Ce dernier a avalé une première fois la pilule l’été dernier. A croire que celle de l’été 2015 était plus difficile à digérer que la précédente…

Au final, l‘OM est dans l’incertitude la plus totale au moment d’attaquer la saison. La faute à son désormais ex entraîneur mais surtout à cause de dirigeants incompétents qui ont multiplié les erreurs stratégiques ces derniers mois et qui ont tout misé sur Bielsa en pensant lui faire à l’envers comme on dit familièrement. L’amateurisme dans toute sa splendeur. Mais faisons confiance à Vincent Labrune pour expliquer aux fans que Bielsa est le véritable fautif et qu’il a mis volontairement les phocéens dans la galère. Une stratégie logique de défense qui va convenir parfaitement au golden boy jamais avare en pirouettes médiatiques.

Un club dans le flou

Les amateurs de football offensif et spectaculaire sont tristes depuis samedi soir. Car au delà des polémiques sur le fond et la forme, la Ligue 1 a perdu un des ses meilleurs ambassadeurs à l’étranger. Fini les évolutions tactiques au cours d’un match, les triples changements, les conférences de presse où on ne parle que de jeu, le respect de l’arbitre et de sa fonction, les matchs dingues qui se terminent en 5-3 ou 6-1. Plutôt que de retenir ses errements medicatico-relationnels, n’oublions pas le plaisir qu’il a donné à tous les gens qui aiment le foot. Pour que son génie l’emporte sur son autisme…

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