La mauvaise passe du Paris FC
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La mauvaise passe du Paris FC

Après cinq mois tonitruants, le Paris FC marque le pas en cette année 2018. Montés sur le podium début janvier, les Parisiens se retrouvent aujourd’hui à la sixième place du classement, à six points du dauphin nîmois, victorieux du club de la capitale ce samedi (2-1). Pire, cela fait maintenant trois matchs consécutifs que les hommes de Fabien Mercadal perdent des points dans le temps additionnel… Alors comment expliquer cette mauvaise passe ?

Des individualités en surrégime ?

Le Paris FC ne devait pas être en Ligue 2. Défaits en barrages par Orléans (0-1 ; 1-0), les Parisiens auraient dû retrouver les joutes de National, après une saison marquée par une remontée folle au classement. Pour rappel, les hommes de Réginald Ray étaient relégables à la trêve hivernale… et se sont retrouvés troisièmes à l’ultime journée. Mais le sort réservé par la DNCG au Sporting Club de Bastia (relégation administrative en National 3) a complètement changé les plans. D’une désillusion notoire, ils ont appris quelques jours seulement avant la reprise du championnat qu’ils concourraient finalement en Ligue 2. Le club a été quelque peu pris au dépourvu. Tout avait été anticipé pour jouer en National, y compris le recrutement.

Didier Ovono (gardien, ex-Oostende, D1 Belge), Thomas Delaine (latéral, ex-Arras, N3), Souleymane Karamoko (latéral, ex-Entente SSG, N2), Samuel Yohou (central, ex-AS Béziers, N1), Martin Mimoun (milieu, ex-US Créteil, N1), Redouane Kerrouche (milieu, ex-Saint-Maur Lusitanos, N3), Cyril Mandouki (milieu, ex-US Créreil, N1), Rayane Aabid (milieu, ex-AS Béziers, N1), Julien Lopez (milieu, ex-Consolat, N1), Edmond Akichi (milieu, ex-AS Béziers, N1), Malik Tchokounté (attaquant, ex-US Dunkerque, N1), Patrick Etshimi (attaquant, ex-Entente SSG, N2), Dylan Saint-Louis (attaquant, ex-Laval, L2) et Valentin Lavigne (attaquant, ex-Brest, L2) étaient ainsi recrutés dans le but de figurer rapidement aux premières places, synonymes de montée directe en Ligue 2.

En recrutant bon nombre de joueurs amateurs, le Paris FC prenait un risque maitrisé en National. Mais les lancer en Ligue 2 était un sacré défi. Or, c’est essentiellement grâce à ces joueurs, qui n’avaient jamais connu le monde professionnel, que le club de la capitale s’est hissé sur le podium à la trêve : Thomas Delaine, Redouane Kerrouche et Malik Tchokounté, tous issus de divisions inférieures, ont été les grands artisans des succès parisiens de la première partie de saison. Et ce sont ces mêmes joueurs qui sont probablement aujourd’hui en surrégime.

Delaine est en délicatesse défensivement, Kerrouche n’a plus la vista qui le caractérisait et Malik Tchokounté est moins bien servi, même s’il continue à scorer.

Un collectif qui oublie ses principes ?

La recette du succès parisien de la première partie de saison résidait dans trois principes très simples, mis en place par Fabien Mercadal en fonction des qualités de son équipe. Le premier, c’est la hauteur du bloc. Le Paris FC jouait relativement bas, pour éviter d’offrir des solutions en profondeur aux attaquants adverses. Le second, c’était la densité du bloc : les lignes étaient resserrées, les milieux proches les uns des autres, laissant peu d’espaces aux adversaires. Enfin, à la récupération du ballon, les Parisiens se projetaient très rapidement en contre (phases de transition très travaillées) et en nombre (les relayeurs se retrouvaient fréquemment dans la surface adverse).

Or, depuis les premières contre-performances des Parisiens en début d’année, ils ont fait le choix (ou le coach a fait le choix…) d’oublier ces (ou ses) idées. Les joueurs s’évertuent désormais à jouer long, en espérant être à la retombée des seconds ballons, soit le même projet de jeu établi avec Réginald Ray la saison passée en National. Mais en Ligue 2, ça ne fonctionne pas. Et c’est surtout en incohérence avec les qualités des joueurs : sauter un milieu de terrain composé de joueurs très techniques et créatifs n’a aucun sens.

Depuis, la majorité des buts parisiens est arrivée suite à un exploit individuel (percées de Thomas Delaine, exploit de Tchokounté ou de Saint-Louis) ou une erreur défensive grossière, comme en témoigne le but de Lalaina Nomenjanahary contre Nîmes ce samedi.

Des facteurs externes ?

Mais il est probable que la mauvaise période des Parisiens ne soit pas uniquement due à leurs performances pendant les matchs. Au-delà du manque d’expérience évident dont l’effectif fait preuve, plusieurs facteurs extérieurs peuvent expliquer les difficultés du Paris FC.

Le plus flagrant, ce sont les conditions d’entraînement. Et pour cause, les Parisiens s’entraînent dans des infrastructures absolument pas adaptées au football de haut niveau. Pire, depuis près d’un mois en raison des complications météorologiques sur la région parisienne, les joueurs du Paris FC sont obligés de s’entraîner sur un terrain synthétique très dur, qui abîme sensiblement les articulations et n’offre pas du tout les mêmes sensations avec le ballon.

On pourrait également mentionner le stade Charléty, enceinte de 20 000 places qui peine à attirer 3000 spectateurs à chaque match. Jouer dans un stade qui sonne creux, malgré la belle ambiance mise par les kops, n’incite probablement pas à se surpasser, notamment en fin de match.

Enfin, on notera que la concurrence est rude dans une Ligue 2 qui ne cesse de progresser malgré le manque de considération dont elle souffre de la part du grand public. Suivre la cadence des Nîmois ou des Rémois reste une performance difficile, encore trop difficile pour les Parisiens.

Le Paris FC est donc au tournant de sa saison. Les Parisiens, forts d’une première partie de championnat réussie, convaincante et prometteuse, marquent désormais le pas et semblent ne pas pouvoir suivre le rythme de leurs concurrents directs. En oubliant quelque peu ce qui a fait sa force depuis le début de la saison, le club de la capitale s’est mis tout seul dans la difficulté. Et Fabien Mercadal, après la défaite de samedi contre Nîmes, a, semble-t-il, parfaitement résumé la situation : « comme je l’ai dit aux garçons, soit on tente de digérer, soit on abandonne. »

@PassionParisFC x @SRV_Baptiste

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