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Marcelo Bielsa : portrait d’el Loco

Ancien joueur, Marcelo Bielsa est aujourd’hui entraineur de l’Athletic Bilbao. Encore peu connu en Europe, il jouit d'un crédit immense en Amérique du Sud. Une réputation acquise grâce à ses méthodes et son sens tactique aiguisé... Mais aussi en raison de sa légère folie. Portrait d'el Loco.

Marcelo Bielsa est né il y a 56 ans à Rosario en Argentine. Passionné de football dès son plus jeune âge, il projette rapidement de devenir footballeur alors que sa famille le prédestinait plutôt à une carrière juridique ou politique. Son frère a d’ailleurs été ministre des affaires étrangères de l’Argentine. Seulement, il ne suffit pas d’aimer le foot et de le connaitre à la perfection pour se faire une place dans le milieu. Pas très doué et même plutôt médiocre sur le rectangle vert, Bielsa arrive tout de même, à force de travail, d’obstination et d’acharnement à prendre part à quelques rencontres de première division argentine entre 1976 et 1978 au sein des Newell’s Old Boys, son club de cœur. Trop limité sur le terrain, Bielsa met un terme à sa carrière de joueur deux ans plus tard, à seulement 25 ans.

Bielsa se reconvertit alors en professeur d’éducation physique et sportive. Mais il n’abandonne pas pour autant ses ambitions footballistiques. Il se voit ainsi confier la direction des catégories de jeunes des Newell’s Old Boys au milieu des années 1980. Bielsa touche finalement à son but en 1990, lorsqu’il est installé à la tête de l’équipe première. La première saison est une réussite. Bielsa emmène le club de Rosario au sommet du football argentin. L’équipe est sacrée championne d’Argentine en plus de remporter le tournoi d’ouverture du championnat 1990 aux dépens du mythique club de Boca Juniors. La saison suivante bien que plus laborieuse en championnat aurait pu se terminer en apothéose si les troupes d’el Loco ne s’étaient pas inclinées aux tirs au but en finale de la Copa Libertadores face au Sao Paulo FC de Raï. Bielsa, malgré cet échec relatif, fait alors l’unanimité tant sur le plan des résultats que sur celui du jeu. Ce dernier est d’ailleurs une obsession pour lui : « j’aime que mon équipe attaque plus qu’elle ne défende. Le football offensif est infini ».

Rien ne semble pouvoir éloigner Marcelo Bielsa des Newell’s Old Boys. L’entraineur argentin apparait alors toucher l’idéal qu’il convoite. Son équipe est devenue son jouet, elle représente le football qu’il prône : un pressing constant, une rigueur tactique poussée à l’extrême et une recherche permanente du contrôle du jeu. Celui-ci ne passe pas forcément par une possession de balle élevée mais plutôt par une convergence exagérée de joueurs dans la zone centrale du terrain. Ainsi, Bielsa veut rendre toute transmission de balle extrêmement pénible pour l’adversaire. Seule faiblesse, la défense, en jouant haut pour que l’équipe conserve le contrôle du milieu de terrain, laisse des espaces dans son dos. El Loco, lui, ne reconnait pas cette défaillance car, comme dit précédemment, la circulation adverse du ballon et les passes dans la profondeur ne sont pour lui pas possibles si le travail défensif est correctement effectué. Bielsa a réussi son pari. Son projet, qui en avait rendu sceptique plus d’un, est désormais salué. Il ne lui reste plus qu’à remplir la salle des trophées et récolter les fruits du travail des deux saisons écoulées. Mais non, el Loco va faire ce que personne n’aurait imaginé faire à ce moment là.

Inexplicablement, alors que les Newell’s Old Boys sont prêts à continuer l’aventure avec lui, Bielsa décide de quitter le club. L’entraineur argentin connait alors une période creuse. Durant trois saisons il s’exile au Mexique où il connait deux clubs, le CF Atlas et le Club America, avec lesquels il doit de nouveau entreprendre tout le travail tactique qu’il avait quasiment terminé de mener à Rosario. Mais il ne parviendra pas à aboutir à la même esthétique dans le jeu que lors de son passage argentin, ni même à s’en approcher. Peut-être à cause des joueurs, sûrement aussi à cause de lui. Lui-même a par la suite reconnu avoir entrainé avec moins de passion durant cette période. Pas étonnant quand on sait à quel point il s’investit pour les équipes qu’il dirige… Pour preuve, à l’époque de Newell’s, lors d’un rassemblement au sein d’une base militaire qui ne comptait qu’un seul téléphone, il rassemble ses joueurs et déclare : « ma femme est enceinte et il y a des complications. Je lui ai dit d’appeler ses parents au cas où il y aurait un problème. Vous ne pourrez utiliser le téléphone que si vous en avez besoin pour une situation plus extrême que celle-là ». Voilà qui apporte de l’eau au moulin de ceux qui pensent Bielsa fou. En tout cas, son passage mexicain reste comme un échec et annonce un retour inéluctable en Argentine.

Vélez Sársfield, un des clubs de Buenos Aires, ouvre alors ses portes au technicien. Avec ce retour aux sources, el Loco retrouve la flamme qui fait de lui cet entraineur si particulier. Et ce feu est contagieux et embrase tout le club. Dès sa première saison en 1998, Bielsa conduit Vélez Sársfield au titre de champion. Comme avec les Newell’s Old Boys, rien n’annonce un divorce. Et pourtant, el Loco part en Europe sur un coup de tête, certainement avec l’envie de prouver qu’il peut réussir loin de chez lui. L’Espanyol Barcelone le recueille alors et salive à l’avance à l’idée de voir un jeu léché se développer à seulement quelques centaines de mètres du Camp Nou. Mais l’histoire, qui promettait d’être belle, tourne court. Bielsa quitte la Catalogne six matchs après être arrivé et revient en Argentine pour prendre la direction de l’équipe nationale.

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