Marquez sèche tout le monde à Brno !
Photo Panoramic

Marquez sèche tout le monde à Brno !

Comme souvent, lorsque le paddock se déploie à Brno, les conditions météorologiques s’en mêlent. Et comme souvent aussi, à ce petit jeu, Marquez s’en sort le mieux. Coup de génie ou coup de bol ? Bilan du week-end tchèque !

Toutes les pensées étaient évidemment tournées vers le ciel et Angel Nieto, véritable légende de la moto. Le précurseur des champions espagnols s’est éteint à 70 ans, en milieu de semaine dernière, des suites d’un accident de quad. Monsieur 12+1 laisse derrière lui un héritage de champions espagnols impressionnant, d’Alex Crivilé à Marc Marquez, en passant par Gibernau, Pedrosa, Lorenzo ou encore Viñales. Mais au final, la course reprend toujours ses droits, et c’est à Brno que ça se passe.

Les hostilités débutent directement sous le déluge et Johann Zarco, pourtant en délicatesse l’an dernier dans ces mêmes conditions sur ce tracé, trouve le chemin de la première place de la FP1 devant Marquez et un Lorenzo qu’on pense alors retrouvé. Dans l’après-midi, sur le sec, c’est Dovi qui rappelle à tout le monde qu’il faudra compter avec lui. Folger et Zarco impressionnent avec les 2e et 4e places, entourant un Petrucci bien présent, alors que les autres ténors sont loin. Mais le samedi, Marquez domine toutes les séances, qualifications comprises, glanant au passage sa 69e pole en carrière, la 41e en catégorie reine.

Le jour de la course arrive et, comme prévu, la pluie s’invite dès le warm-up, que domine une nouvelle fois Marquez, mais la piste s’assèche indubitablement jusqu’à un départ dans des conditions mixtes, et personne ne prend le risque de partir en slic. Dès lors, Marquez fait un choix de pneus arrière soft, qui sera un mal pour un bien. En effet, après un envol correct, Marquez, alors devancé par un Lorenzo fringant, commence à perdre l’adhérence sur le pneu arrière et décide de rentrer au bout de 2 tours, après avoir dégringolé à la 10e place, imité par un Folger lui aussi en délicatesse avec sa monture. Mais là où le changement de moto se passe impeccablement pour le #93, le #94, son dauphin du Sachsenring, ne connait pas la même fortune, puisque chez Tech3, la moto de l’Allemand n’est pas prête et ce dernier doit refaire un tour et perd ainsi 25 secondes dans la manoeuvre, à quoi on rajoute les 5 secondes perdues sur Marquez dans le tour de rab.

Jonas Folger repartira 21e à 40 secondes de Marc Marquez, perdant tout espoir de réitérer son beau résultat du Sachsenring, pourtant largement à sa portée compte tenu de sa fin de course. Pour Marquez c’est tout bénef’, il n’a pas à gérer le rookie allemand et met tout le monde à 20 secondes avec son arrêt précoce. Il ne lui reste plus qu’à gérer jusqu’à l’arrivée sans trop forcer. Chez ses rivaux, Pedrosa et Viñales réagissent assez vite pour rentrer à leur tour, contrairement à Rossi et Dovizioso qui rentrent un tour plus tard, laissant Zarco s’entêter seul à l’avant de la course, de manière quasi incompréhensible, repartant en soft avant et arrière, comme Dovizioso, alors que la solution médium semblait la plus judicieuse.

Chez Ducati, Lorenzo repart avec une moto pas finie d’être réglée pour le sec et perd beaucoup de temps, tout comme Dovisiozo, limitant néanmoins la casse avec une sixième place de fortune, alors qu’il visait clairement le podium à l’entame du week-end tchèque. Rossi, lui, doit se faire violence pour remonter tout le peloton de chasse, avant d’échouer au pied du podium, faute à son arrêt une nouvelle fois tardif, à l’instar de Philip Island l’an dernier. Au final, au vu des stratégies éparses, la bagarre s’est faite aux chronos à l’avant, sans réellement de confrontations directes, une fois tout le monde chaussé de slics, mis à part le docteur qui a vraiment du s’employer, ou encore Folger, loin des caméras, qui est remonté de la 21e à la 10e place, dépassant son équipier Zarco, puis Abraham et Rins dans le dernier tour pour atteindre un Top 10 bien amer.

Mais une question taraude pas mal de monde chez les spécialistes et sur les forums. Marquez, en délicatesse avec son pneu arrière dans les premiers tours, en a-t-il profité pour ralentir plus que de nécessaire afin de laisser passer tous ses rivaux directs pour le titre et s’arrêter avant tout le monde sans pouvoir être imité ? Ou alors était-il vraiment en perdition pour passer de la 2e à la 10e place en un demi-tour ? Sa caméra embarquée incite à interpréter les choses sous cet angle, puisqu’on y découvre un Marquez ouvrant toutes les portes, et n’ayant pas l’air de mettre plein gaz dans les bouts droits. Néanmoins, l’intéressé lui-même n’a aucunement abondé dans ce sens, parlant juste d’un problème de choix de pneu, le forçant à s’arrêter… dans la meilleure des fenêtres. Coup de génie ou coup de bol, probablement un peu des deux. J’opterai pour un concours de circonstances parfaitement manoeuvré par le prodige espagnol, qui signe ici sa troisième victoire de la saison.

Ce dernier s’impose donc devant son coéquipier Pedrosa et son plus proche rival, Viñales, signant au passage le meilleur tour en course au terme de la 17e boucle. On notera que c’est la première fois de la saison que Marquez et Viñales montent ensemble sur la boîte, annonçant peut-être enfin le duel tant attendu par les observateurs. Podium 100% espagnol donc, résultat approprié pour rendre hommage à Angel Nieto et ses 90 victoires en grand prix.

Par ailleurs, signalons la belle 5e place de Crutchlow et l’excellente prestation de Pol Espargaro, 9e sur la naissante KTM, finissant dans les échappements de son grand frère Aleix et son Aprilia. Côté déceptions, hormis les pilotes Tech3 pour des causes diverses, Iannone est une nouvelle fois nulle part et surtout très loin de Rins. Redding, lui, comme en Allemagne, persiste à être le plus lent sur le sec, et Lorenzo, plombé par son équipe, n’a pas su ou pu réagir, sauvant un seul malheureux point.

Au championnat, Marquez prend un peu le large avec 14 points d’avance sur Viñales. Dovizioso et Rossi perdent un peu le contact, avec 21 et 22 points de déficit, alors que Pedrosa recolle un petit peu au groupe de tête, se rapprochant à 9 points du Docteur. Derrière, statu quo, avec les deux pilotes Tech3, 6e et 7e, qui voient néanmoins Petrucci et Crutchlow se rapprocher dangereusement pour la place de meilleur indépendant.

Pas le temps de souffler pour tout ce petit monde, car c’est l’Autriche qui attend les équipes dès vendredi matin, avec une météo très incertaine pour le moment. Les Ducati auront à coeur de rattraper leur terne week-end tchèque, tout comme les hommes d’Hervé Poncharal, naturellement déçus par le déroulement de la course.

Meiwen Lavenant

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter