Nadal, l’ogre de la terre battue
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Nadal, l’ogre de la terre battue

Même si carrière n'est pas encore terminée et fort de neuf victoires à Roland-Garros, son tournoi fétiche, le champion espagnol Rafael Nadal peut d’ores et déjà être considéré comme le meilleur joueur de l’Histoire sur terre battue, même si le débat est permis avec Bjorn Borg et Ken Rosewall. Rares sont ceux qui ont pu battre le Taureau de Manacor sur la surface ocre.

Depuis 2005, date de son éclosion au plus haut niveau du tennis mondial, Rafael Nadal n’a été battu que de rares fois sur sa surface fétiche, la terre battue, où il ne compte que 24 défaites durant sa carrière. Rappelons qu’il avait logiquement connu quelques défaites en 2003 et 2004, en tout début de carrière et quand les meilleurs joueurs sur la surface ocre avaient alors pour nom Juan Carlos Ferrero, vainqueur à Roland-Garros en 2003 après sa finale perdue de 2002, ou Guillermo Coria, finaliste Porte d’Auteuil en 2004.

En 2002, Nadal perd à Majorque, dans son fief, face au Belge Olivier Rochus.

En 2003, à seulement 17 ans, le jeune Rafael Nadal s’incline sur terre contre des spécialistes, Guillermo Coria (Monte-Carlo), Alex Corretja (Barcelone), Gaston Gaudio (Hambourg), Nicolas Lapentti (Bastad), Fernando Gonzalez (Stuttgart) et Carlos Moya (Umag). Le tournoi croate est son meilleur résultat sur terre en 2003, avec une demi-finale.

En 2004, Nadal s’incline contre Gaston Gaudio (Bastad), David Ferrer (Stuttgart) et Olivier Mutis (Palerme). Mais la finale de Coupe Davis laisse deviner qu’un futur grand de la surface ocre vient de naître. A Séville, le gamin de 18 ans ne se laisse pas submerger par la pression contre les Etats-Unis. Certes, Carlos Moya a apporté un premier point à l’Espagne après une victoire contre Mardy Fish. Nadal, lui, affronte rien moins que le redoutable Andy Roddick, n°2 ATP et dauphin du roi Federer. L’Américain est battu en quatre sets, l’Espagne mène 2-0 et s’offrira le saladier d’argent le dimanche, Moya remplissant son contrat en battant Roddick.
Au printemps de la même année, Nadal avait notamment du déclarer forfait pour son premier Roland-Garros en 2004, après une blessure au pied contractée à Estoril suite à un match contre un autre jeune espoir du tennis, Richard Gasquet. 11 victoires pour 6 défaites en 2003 sur terre battue, 14 victoires pour 3 défaites en 2004, le bilan est plus qu’honorable pour le jeune espoir espagnol, mais rien n’annonce l’implacable hégémonie qui dure désormais depuis 2005. On remarquera au passage que Nadal n’a perdu aucun match en 2006 et 2010, assurant le carton plein avec des victoires à Monte-Carlo, Rome, Barcelone (Madrid en 2010) et Roland-Garros à chaque fois sur ces deux saisons, même s’il porta sa domination au pinacle en 2008 en terme de niveau de jeu.

- Valence 2005, Igor Andreev (quart de finale) : 2005 voit l’éclosion du jeune Rafael Nadal, révélé fin 2004 lors de la finale de Coupe Davis entre l’Espagne et les Etats-Unis. A Séville, Nadal avait battu Roddick en simple. En 2005, le joueur espagnol s’offre un festin sur la surface ocre. Son colossal appétit de victoires ne sera rassasié qu’à Roland-Garros. Sur terre battue, Nadal remporte les tournois d’Acapulco, Monte-Carlo, Barcelone, Rome, Roland-Garros, Bastad et Stuttgart !! Seul échec, le tournoi de Valence, où Nadal est battu par le Russe Igor Andreev.

- Hambourg 2007, Roger Federer (finale) : vainqueur à Monte-Carlo et Rome, Nadal tente le triplé des Masters Series joué sur terre battue. Mais en Allemagne, Nadal est dominé en finale par Roger Federer. Son incroyable série de 81 victoires consécutives s’arrête là. Le record précédent (53 victoires pour Guillermo Vilas en 1977) a été pulvérisé… Certains observateurs voient dans cette victoire du Suisse une possibilité pour que Nadal soit vaincu à Paris. Cependant, le succès de Federer se doit d’être relativisé, la terre d’Hambourg étant plus lourde que celle de la porte d’Auteuil, causant des rebonds plus bas et un jeu plus rapide. Mais le Majorquin confirme ses victoires de 2005 et 2006, battant Federer en finale. Nadal devient en 2007 le premier joueur à gagner trois fois Roland-Garros consécutivement depuis Borg.

- Rome 2008, Juan Carlos Ferrero (deuxième tour) : souffrant d’ampoules au pied droit, Nadal soit s’incliner face à son compatriote au Foro Italico. Ferrero, vainqueur de Roland-Garros en 2003, n’en profite pas pour gagner le tournoi de Rome. Cet honneur revient à Novak Djokovic, homme fort du début de saison 2008, après ses victoires à Melbourne (Open d’Australie) et à Indian Wells. Mais Rafa écrasera tout à Paris, gagnant le tournoi sans perdre un seul set. Almagro sera pulvérisé en quart de finale (trois fois 6-1), Djokovic n’offrira pas plus de résistance en demi-finale. Quant à Roger Federer, il subira un 6-0 au troisième et dernier set de la finale !

- Madrid 2009, Roger Federer (finale) : exténué par une demi-finale marathon contre Djokovic (4h02, le plus long match en 3 sets de l’Histoire du tennis), Nadal aborde cette finale madrilène face à Roger Federer, son meilleur rival. Federer domine facilement l’Espagnol, carbonisé par les efforts de la veille dans la Caja Magica de Madrid. La victoire de Federer est aussi à relativiser en raison de la vitesse de la terre battue madrilène, plus rapide que celle de Roland-Garros.

- Roland-Garros 2009, Robin Söderling (huitièmes de finale) : perturbé par une blessure au genou (tendinite), mentalement affaibli par le divorce de ses parents, Nadal perd ce huitième de finale contre le joueur suédois Robin Söderling, qu’il avait pourtant écrasé quelques jours plus tôt au tournoi de Rome. Le Scandinave remporte le premier set, Nadal réagit dans le second avant de sombrer. Après 31 matches sans défaite sur l’ocre parisien, le Majorquin a trouvé son bourreau… mais le roi déchu se venge en 2010, battant l’homme au regard d’husky en finale de Roland-Garros, en trois sets, à l’issue d’un match dominé de main de maître.

- Madrid 2011, Novak Djokovic (finale) : déjà vainqueur de Nadal à Indian Wells et Miami, Djokovic marche sur l’eau en cette saison 2011. Toujours invaincu depuis fin novembre 2010 et une défaite au Masters contre Roger Federer, le Serbe bat en deux sets secs le roi de l’ocre. Défait à domicile, le taureau Nadal se voit planter une première banderille par le Djoker !

- Rome 2011, Novak Djokovic (finale) : cette fois, le doute n’est plus permis, on ne peut plus parler d’accident. Djokovic porte l’estocade à Nadal, toujours en deux sets secs, toujours en finale… Le lift du champion espagnol est impuissant contre un Serbe en pleine confiance. Premier joueur à battre deux fois l’Espagnol sur terre battue, le Serbe exulte, il sera favori Porte d’Auteuil. Mais le destin fera un superbe cadeau d’anniversaire à Nadal pour ses 25 ans, l’Espagnol étant lui en manque de confiance au premier tour contre John Isner, car un Federer aux airs de phénix fera tomber l’invincible Djokovic, lequel subit sa première défaite en 2011 ! Vendredi 3 juin, Nadal est certain d’éviter en finale l’épouvantail serbe, et retrouve le Suisse, certes dans une forme éblouissante mais toujours accompagné de son complexe mental. En finale, quatre sets suffisent à Nadal pour terrasser Federer et oublier la double humiliation de Madrid et Rome en ce printemps 2011.

- Madrid 2012, Fernando Verdasco (huitièmes de finale) : sans faire injure à Verdasco, sa victoire ce jour là sur son prestigieux compatriote Nadal est plus liée à la terre battue bleue qui créa la polémique durant le tournoi madrilène, qu’à la forme chancelante de Rafa. Car le roi de la surface ocre gagna tous les autres tournois d’importance au printemps 2012, Monte-Carlo, Rome et surtout Roland-Garros, où la montagne accoucha d’une souris : la finale tant attendue entre Nadal et Djokovic ne tint pas toutes ses promesses, le Serbe ratant le Grand Chelem calendaire.

- Vina del Mar 2013, Horacio Zeballos (finale) : modeste joueur argentin, Zeballos affronte un Nadal de retour au Chili en février 2013 après sept mois d’absence consécutifs à sa défaite lors de Wimbledon 2012. Pour son tournoi de reprise, l’Espagnol est encore avec le frein à main pour préserver son genou. Mais ensuite, le rouleau-compresseur reprend sa marche en avant, victoires à Sao Paulo, Acapulco, Barcelone, Madrid, Rome et Roland-Garros lors de la campagne de terre battue 2013. Un seule fausse note, une défaite contre Djokovic en finale de Monte-Carlo.

- Monte-Carlo 2013, Novak Djokovic (finale) : investi de son cosmic tennis comme en 2011, le Serbe cloue le bec à l’Espagnol en deux sets secs et crée l’exploit. Un peu trop vite désigné favori de Roland-Garros, Djokovic rencontre Nadal en demi-finale, pour une finale avant la lettre. En cinq sets acharnés, Nadal l’emporte in extremis 9-7 au cinquième set décisif, mais personne depuis Robin Soderling n’a été si proche de s’offrir le scalp du roi en trois sets gagnants. Imperturbable, Nadal domine David Ferrer en finale et gagne pour la huitième fois Porte d’Auteuil.

- Monte-Carlo 2014, David Ferrer (quart de finale) : le Valencian attendait ce jour depuis le 16 juillet 2004 à Stuttgart. Ferrer n’avait pas battu son compatriote depuis presque dix ans sur terre battue. Insuffisant pourtant pour gagner le tournoi, Stanislas Wawrinka sortant Ferrer en demi-finale avant de battre son compatriote Roger Federer en finale.

- Barcelone 2014, Nicolas Almagro (quart de finale) : autre victime récurrente de Nadal sur l’ocre, Almagro se rebelle à son tour et vainc le Majorquin dans un autre de ses bastions européenne, Barcelone.

- Rome 2014, Novak Djokovic (finale) : vainqueur de Nadal pour la quatrième fois, le Serbe frappe un grand coup peu avant le French Open. Victoire à la Pyrrhus ? En tout cas, l’orgueil du champion est réveillé par ce revers qui est la troisième de la saison, le plus mauvais score de Rafa depuis 2004. Cependant, Nadal voltige en demi-finale à Paris contre Murray, avant d’écraser Djokovic pourtant lauréat du premier set de la finale. Coupable d’avoir blessé l’animal, Djokovic sera férocement puni, comme Ferrer en quarts de finale de Roland-Garros. Battre Nadal en deux sets sur terre battue n’est pas chose aisée, lui prendre trois sets sur sa surface fétiche relève de l’utopie, puisque seul Soderling l’a fait en 2009, alors que l’Espagnol était diminué physiquement.

Hormis Bjorn Borg, sextuple vainqueur Porte d’Auteuil, et Ken Rosewall, souverain sur ocre, on peut d’ores et déjà affirmer sans doute aucun que Rafael Nadal a surpassé tous les autres grands joueurs de terre battue de l’Histoire, Ilie Nastase, Adriano Panatta, Guillermo Vilas, Ivan Lendl, Mats Wilander, Sergi Bruguera, Thomas Muster ou encore Gustavo Kuerten. Nadal, nonuple vainqueur à Paris depuis juin 2014, n’a que 28 ans. Il a donc encore quelques années devant lui pour envisager dix voire onze couronnes parisiennes, très loin devant les six titres à Roland-Garros de Bjorn Borg, égalé en 2011 puis dépassé en 2012, devant les dix titres majeurs sur terre battue de Ken Rosewall… S’il limite encore en 2015 l’érosion du temps, l’usure du pouvoir face à son outsider principal Novak Djokovic, le doute ne sera plus permis, le gladiateur Nadal sera bel et bien considéré comme le plus grand joueur de terre battue, toutes époques confondues !

Car si les défenseurs du Majorquin peuvent arguer du fait que Borg a remporté ses 3 premières victoires à Paris (1974, 1975, 1978) pendant une période où Jimmy Connors ne venait pas à Roland-Garros (1974-1978), l’impression visuelle laissée par Borg était encore plus incroyable. Le Suédois massacrait littéralement ses rivaux, taillés en pièces en trois sets secs pour la plupart, y compris dans les derniers tours, censés fournir des obstacles plus coriaces. Combien de fois n’a-t-on pas vu des adversaires littéralement dépecés par Borg ? On pense notamment à la finale de l’édition 1978, où Guillermo Vilas, sans aucun doute l’autre meilleur joueur de terre battue de cette époque, excellent tennisman, avait été balayé par l’incroyable Suédois… 6-1 / 6-1 / 6-3.

Nadal peut invoquer que la concurrence rencontrée sur la dernière décennie. Il a d’abord du lutter contre Roger Federer entre 2005 et 2011 pour cinq rencontres et autant de victoires de l’Espagnol en sept éditions, avec une demi-finale gagnée en 2005, et quatre finales remportées en 2006, 2007, 2008. Le Suisse, virtuose de la petite balle jaune, avait été écrasé 6-1, 6-3, 6-0 lors d’une finale à sens unique. Quant à Djokovic, autre challenger de Nadal, il a déjà perdu six duels entre 2006 et 2014 : un quart de finale (2006), trois demi-finales (2007, 2008, 2013) et deux finales (2012, 2014).

Outre deux victoires à Roland-Garros en 1953 et 1968, Ken Rosewall compte huit victoires au French Pro en 1958, 1960, 1961, 1962, 1963, 1964, 1965 et 1966. L’Australien gagna son premier French Pro en 1958, en présence de tous les meilleurs du circuit professionnel. Acquise dans le stade de Roland Garros, cette victoire mythique est complètement oubliée de nos jours alors qu’aux côtés de l’Australien figuraient Pancho Gonzales, Frank Sedgman, Lew Hoad, Pancho Segura et Tony Trabert soit tous les meilleurs du moment : ce succès de Rosewall est celui à retenir et pas celui de 1953 chez les amateurs. Au final, Ken Rosewall compte 10 titres majeurs sur terre battue, 8 professionnels, 1 amateur et 1 open. Soit 1 de plus que Nadal et 4 de plus que Borg, pourtant régulièrement cités comme les deux meilleurs de tous les temps sur terre battue. Mais la mémoire est souvent sélective. Une autre statistique peut convaincre les sceptiques que Rosewall mériterait d’occuper le trône au panthéon de la terre battue, en tout cas d’entrer dans le débat avec Nadal et Borg. Entre sa défaite à Roland Garros Pro contre son compatriote australien Lew Hoad pour la 3e place le 13 septembre 1959 et sa défaite en finale des Championnats Professionnels de Paris face à Rod Laver le 9 avril 1967, Rosewall est resté invaincu à Paris, remportant 7 French Pro à la suite de 1960 à 1966. Rarement joueur de tennis aura aussi violemment apposé son sceau à une même surface sur une si longue période. Même Sampras à Wimbledon n’a pas réussi tel exploit entre 1993 et 2000, pas plus que Federer entre 2003 et 2009 toujours sur le gazon londonien, la faute à deux grains de sables nommés Krajicek et Nadal.

Rosewall, Borg, Nadal, trois immenses joueurs, trois titans de la terre battue ayant imposé leur férule à leurs contemporains bien impuissants. Pourquoi le Taureau de Manacor est-il si fort sur la surface ocre ? Ses atouts sont légion…

Primo, son mental exceptionnel. Rafael Nadal est un tigre sur un court, il se bat sur chaque balle comme si sa vie en dépendait… Impressionnant, le Majorquin ne laisse aucun répit à ses rivaux, qui en général, supportent très mal la perte du premier set, où ils ont déjà laissé un énorme influx nerveux. Son refus viscéral de la défaite s’exprime à merveille, sur chaque point…

Secundo, son physique qui lui permet de tenir l’échange en fond de court, et de faire pratiquer l’essuie-glace à l’adversaire, technique récurrente sur terre battue.

Tertio, sa qualité de retour, qui lui permet rapidement de dominer l’échange, même face à d’excellents serveurs ou des virtuoses tels que Roger Federer.

Enfin, Nadal est un roi du lift. Il maîtrise à merveille cet effet, comme Sergi Bruguera jadis. Difficile pour l’adversaire de reprendre l’échange à son compte quand un tel lift vous gicle dessus à chaque balle renvoyée par Nadal… Seul Djokovic, quand il retrouve par intermittence son cosmic tennis de l’année 2011, dispose d’un antidote efficace au lift de Nadal.

Pourtant, s’il est extraordinairement complet, Nadal n’utilise pas certaines armes de la terre, comme l’amorti, dont un joueur comme Marcelo Rios faisait usage avec génie, idem pour Gustavo Kuerten… De même, Nadal monte peu au filet, tout simplement car il n’en a pas besoin. Soit l’échange a été écourté par une faute directe de son adversaire, soit Nadal a pu s’ouvrir le court à force de faire pratiquer l’essuie-glace à l’adversaire.

L’exceptionnel jeu défensif de Nadal nous rappelle qu’aucun joueur offensif n’a gagné Roland-Garros depuis Adriano Panatta en 1976 : John McEnroe a échoué en 1984 (finale perdue contre Lendl), Stefan Edberg en 1989 contre Michael Chang, Boris Becker n’a jamais fait mieux qu’une demi-finale, en 1991. Quant à Pete Sampras, il était trop faible physiquement et trop peu endurant pour espérer faire des miracles sur la surface ocre, sans compter que l’Américain ne fit jamais l’effort de faire évoluer son jeu pour dominer la terre battue. En 1996, porté par la mémoire de son entraîneur Tim Gullikson, Pistol Pete réussit cependant à atteindre la demi-finale à Paris, s’inclinant contre un Kafelnikov impérial.

Joueurs complets sans être de purs attaquants, Andre Agassi (1999) et Roger Federer (2009) ont su briser l’insolente domination des terriens.

Roland-Garros est l’arène de Nadal, la terre battue en est le sable… Le jaune a été remplacé par l’ocre, couleur issue du mélange de l’or du vainqueur et du sang du vaincu…

Du gladiateur, Nadal rappelle, par son regard lancé vers le public avant d’important jeux de service, l’attente insoutenable qui précède la mise à mort de l’adversaire… L’Espagnol n’attend qu’une chose, la balle de match, pour achever son rival sevré de coups magistraux, usé par une capacité exceptionnelle à renvoyer presque tous ses assauts… Réincarnation du rétiaire, l’Espagnol piège ses rivaux, pris dans les mailles du filet, incapables de se sortir du jeu de Nadal. Et quand la foule scande son nom, comme la plèbe antique baissait son pouce pour demander la mort du vaincu, Nadal achève sa proie par une balle de match, souvent dès la première…

Du matador, Nadal emprunte la lente et implacable méthode d’usure. L’adversaire, comme le taureau, subit un à un les banderilles. Affaibli physiquement, le rival du génie espagnol ne peut alors éviter la mise à mort dans l’arène…

En résumé, Nadal est un joueur exceptionnel sur toutes les surfaces. Mais sur terre battue, le Majorquin est comme un poisson dans l’eau. D’extraordinaire, il devient stratosphérique, presque invincible, un peu comme Achille qui avait été plongé par sa mère dans les eaux du Styx. Reste à trouver le talon d’Achille de Rafa… Excepté Soderling en 2009 (face à un Nadal diminué cependant), personne encore n’a trouvé la solution à ce problème…

Avec son 14e titre majeur depuis 2005, Nadal vient d’égaler Pete Sampras. L’Espagnol n’a plus devant lui que son contemporain Roger Federer, titan du jeu nanti de 17 victoires en Grand Chelem (*), record absolu.
La prochaine étape sera d’atteindre les 15 sacres majeurs, afin de laisser Pistol Pete dans le rétroviseur !

Si on compare les temps de passage de Nadal par rapport à Sampras et Federer, on notera que le Majorquin a signé son 14e titre en Grand Chelem à 28 ans lors de l’édition 2014 de Roland-Garros. Sampras avait gagné son quatorzième majeur à l’US Open 2002, à 31 ans et 1 mois. Federer avait lui atteint ce cap à Roland-Garros 2009, à seulement 27 ans et 10 mois.

Mais depuis 2011, exception faite de sa victoire à l’US Open en 2013, Nadal ne gagne plus qu’à Paris en Grand Chelem.

Wimbledon, qui était son autre tournoi fétiche jusqu’en 2011 avec deux victoires et trois finales, est devenue une terre hostile, l’Espagnol n’ayant jamais plus dépassé les huitièmes de finale à Londres depuis 2012.

Deux fois forfait à New York en 2012 et 2014, Nadal retrouvera-t-il son jeu stratosphérique de l’année 2013 ? A Melbourne, finaliste contre l’intouchable bulldozer Djokovic de début 2012, qui surfait sur une incommensurable confiance accumulée après 2011, et l’euphorique Wawrinka de 2014, Nadal n’est guère plus en réussite.

Le Taureau de Manacor n’a donc plus beaucoup de temps pour rattraper Federer… En ce qui concerne Borg et Rosewall pour le titre de GOAT de la terre battue, le temps fera son oeuvre au jeu des comparaisons.

(*) Article écrit avant l’US Open 2014

  1. avatar
    10 décembre 2014 a 13 h 48 min

    En 2014, Nadal a encore repoussé les limites de l’impossible sur terre battue avec un 9e Roland-Garros, même si sa préparation fut médiocre (défaites à Monte-Carlo et Barcelone, finale perdue à Rome contre Djokovic, victoire chanceuse à Madrid contre Kei Nishikori).

    Pourra-t-il gagner une 10e fois en 2015 ou 2016 ? Ce serait un exploit colossal, en tout avec 66 victoires pour 1 défaite Porte d’Auteuil, le bilan du Majorquin est tout simplement terrifiant sur l’ocre parisien.

    Mais n’oublions pas les réalisations passées de Borg et surtout Rosewall.

  2. avatar
    10 décembre 2014 a 15 h 06 min

    Bel article Axel. Effectivement on tend à oublier (ou du moins minimiser) les gloires du tennis passé, surtout ceux qui comme Rosewall et Laver entre autres, ont chevauché la transition entre l’ère amateur/professionnel et open.

  3. avatar
    10 décembre 2014 a 16 h 17 min

    salut AXEL

    avant tout chose tu as parlé du nombre de defaite 24 tu aurai du egalement mentionner le

    nombre de victoire 318 soit un ratio de 92% sur 10 ans

    Je crois qu une telle stat explique beaucoup de chose

    –92% de victoire en 10 ans

    –9 Roland Garros gagnés en 10 ans

    Perso je crois que ces deux elements sont les faits majeurs

    • avatar
      11 décembre 2014 a 8 h 17 min

      Salut armand,

      Oui 318 victoires pour 24 défaites, c’est colossal ce taux de réussite de 92 %. Il faudrait retrouver les taux de réussite de Federer et Sampras sur gazon, ou de Borg sur gazon et terre battue mais peu probable qu’on atteigne un tel ratio.

      Pour moi, Nadal peut être considéré comme le GOAT de l’ocre même si je conçois que certains puissent encore ériger les noms de Borg ou Rosewall en face.
      Mais ce débat stoppera net si l’Espagnol gagne une 10e fois à RolandGarros, surtout dès 2015, ce sera une barre mythique.

  4. avatar
    10 décembre 2014 a 16 h 19 min

    Maintenant pour la beauté de l oeuvre j aimerai voir Nadal gagner RG une derniere fois en 2015.

    J aimerai qu intervalle de 10 ans (2005) il ait gagné 2 fois le même tournoi de GC.
    J aimerai que 10 GC soit la perf inscrite dans le marbre…Sur laquelle on pourra cogiter indefiniment.

    Vivement un 10e GC dans l escarcelle de RAFA a RG.

    RAFA pour l histoire.

  5. avatar
    10 décembre 2014 a 16 h 30 min

    Et coment ne pas mentionner 9 finales d affilee a Monaco

    dedicace pour les nadalista

    https://www.youtube.com/watch?v=TacYIQZHKL0

    https://www.youtube.com/watch?v=wnA0-Z6M_SU

  6. avatar
    10 décembre 2014 a 16 h 59 min

    Pour renchérir, au-delà de toutes les stats, le fait le plus impressionnant selon moi avec Nadal est son invincibilité virtuelle à Roland Garros. Une seule défaite (étant diminué) pour 66 victoires (99%). Et comme Axel l’a souligné, il n’y affronte pas que des quiches, avec notamment Federer et Djoko.

    • avatar
      11 décembre 2014 a 8 h 19 min

      Salut Fabrice,

      Le plus fort est surtout qu’à part PHM en 2006, Isner en 2011 (manque de confiance au 1er tour après les deux défaites de Madrid et Rome) ou Djokovic en 2013 personne ne l’a jamais vraiment menacé Porte d’Auteuil.

      Mettons à part son revers de 2009 contre Söderling car on sait désormais que Nadal était blessé.

      On peut vraiment regretter que Federer ait battu Djokovic lors de la demi-finale de 2011.
      Car si Djokovic 2011 ne valait pas Federer 2006, il n’avait pas le complexe mental et tennistique du Suisse envers Nadal, et la joute aurait été d’anthologie en finale, avec un énorme avantage psychologique pour le Serbe vu les 4 finales gagnées à Indian Wells, Miami mais surtout Madrid et Rome …

      • avatar
        7 avril 2015 a 17 h 10 min
        Par jonas

        moi je pense vraiment que Federer en 2011 avait sa chance de gagner RG !! au 1er set il mene 5/2 il perds 7/5 ensuite il perds 7/6 ou il gagne 7/5,enfin bref 3 sets hyper srerré et comme je disais si Fed avait gagné le 1er set,il n’aurait jamais été aussi prêt de gagner RG en 3 set(s face a Rafa ,ca s’est joué sur quelque détails,ok je ne parle pas du 4eme set,mais je pense que c’était son unique chance 2001
        Après attention comment va jouer rafa en 2015 et a quel classement sera t’il? si il est audessus de la 4 eme place il pourrait même peut être tomber sur Djoko en 1/4 ou sur Federer,je prefere qu’il tombe sur Djopko et qu’il n’embeete pas mon rodgeur ) :)

        Sans quoi c’est un monstre,mais combien de temps va t’il pouvopir encore tenir,son tennis est trop basé sur le physique ,quand un Federer (bientot 34)est tout en relâchement ,fluidité ..Une chose est sure,quand ces 2 la ne seront plus la,ca sera dur !!!Djoko est un super joueur,mais il ne dégage pas le même truc que Rafa et Roger.Je ne vois pas Rafa dépasser les 30 ans sur un court de tennis j’espère me tromper,mais qui sait Fed et nadal annonceront peut être leur retraite la même année,nadal sur un xème RG,et FEd idem sur un Xéme Wimbly..j’aimerais trop que ca se passe comme en 2012 !!!nole Open d’australie,Nadal RG,Federer >wimbly,Murray>>us open
        chacun un GC serait parfait,on a déjà eu 2 grosses surprises l’année dernière..
        Vivement que Montecarlo commence !!pareil sur ce tournoi qui manque a Federer,il avait je pense son unique chance de le gagner l’année dernière face à Stan ,il aurait du gagner ce tie break,et hop ca aurait fait 6/4 7/6
        en tout cas je vais regarder le nombre de pts que Rafa a défendre avant d’arriver à Rg et de mémoire pas tant que ça (1/4 a MC,1/4 a Barcelone,ah la !! titre a Madrid ou il aurait du se prendre une correction si Nishikori n’avaity pas été blessé!! et une finale a rome perdue face a djoko)je crois que c’est ça ,donc en pts si je n’ai pas oublié de tournois sur terre ca ferait 1870 pts avant de jouer RG,ba il peut toujours grapiller des pts a MC et Barcelone

  7. avatar
    10 décembre 2014 a 19 h 37 min

    KILLRANGER

    (toujours defenseur de BuenoMan) ahahaha le mec a vendangé la Coupe Davis et quelques jours apres il court en ASIE on comprend pourquoi grace a Gaquet

    «Pour moi, c’était 250 000 (dollars, environ 202 000euros, NDLR), ce n’était pas un million (808 000 euros) comme pour Jo !»

  8. avatar
    10 décembre 2014 a 19 h 39 min

    HAAS

    J’ai repris l’entraînement physique, avec des petits exercices musculaires et une certaine remise en condition, Maintenant, je commence lentement à retaper la balle, dans des petits périmètres ou contre un mur.

    PS

    il espere rejouer a Indians Wells. Courage Tommy

  9. avatar
    10 décembre 2014 a 19 h 40 min

    Gasquet part s entrainer en Espagne

    C’est une idée de Bruguera et de “Seb” (Grosjean, son deuxième entraîneur, NDLR). Jouer l’hiver à Majorque, c’est bien. Il y aura de bonnes conditions d’entraînement. Et puis avec Nadal en face… J’aurai déjà Robredo à Barcelone, C’est une intersaison à l’espagnole !»

  10. avatar
    10 décembre 2014 a 19 h 42 min

    Gasquet

    J’adore Yannick (Noah). Je comprends ce qu’il veut dire, même si la manière a été un peu délicate. Il peut aider, c’est clair. Mais on n’est pas censé savoir qu’il veut s’investir comme ça ou revenir dans le tennis. Il n’y a rien à dire sur notre préparation. On était à 100 %. Et Arnaud reste un bon capitaine. Je n’ai pas de souci avec lui. Nous, les joueurs, on l’a reconduit juste avant la finale, ça montre que tout se passe bien

    Di pasquale ( a propos de noah )

    «Est-ce une manière de toquer à la porte de l’équipe de France ?»-, Di Pasquale reconnaît être «ravi en tout cas de l’intérêt qu’il porte à l’équipe de France même si je ne partage pas son analyse du fiasco. Une collaboration n’est pas à exclure, il nous faut réfléchir à quelle forme elle pourrait prendre».

  11. avatar
    13 décembre 2014 a 16 h 29 min

    Bon AXEL

    sur ce que tu dis plus haut je ne suis pas d accord

    1) deja Nadal a realise un quinté sur Terre battue2010-2014 ce que personne avant n avait fait

    2) BORRG a realisé un quarté sur la fin ce que nadal a realisé au debut

    donc Nadal en realisant un quarté puis un quinté a realisé la perf de Borg a deux reprises

    3) Autre chose BORG a lui meme declaré que le meilleur sur terre battue c est Nadall

    Donc je ne trouve pas ta polemique justifiee

  12. avatar
    14 décembre 2014 a 13 h 38 min

    Salut armand,

    Je pense aussi que Nadal est le GOAT de la terre. Je dis juste que j’admets que d’autres personnes pensent qu’il y a encore débat avec Borg ou Rosewall.

  13. avatar
    14 décembre 2014 a 16 h 19 min

    https://www.youtube.com/watch?v=vbO567Bk3Z8

    ouais AXEL

    parler parler il en restera toujours..Qu il parle….

    Nadal 9 finale a Monaco ( consecufive meilleure perf de l ere Open)

    9 finales a RG

    83 victoire consecutives sur terre ( pratiquement 2 ans et demi )

    Je crois que Nadal a des arguments en sa faveur

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