Le Onze de Légende du Red Star
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Le Onze de Légende du Red Star

Fondé par un certain Jules Rimet en 1897, le club qui a compté dans ses rangs le résistant italien Rino della Negra est une institution historique à plus d’un titre. Pour ses 120 ans, retour sur les plus grands noms passés par le vestiaire de cette formation centenaire.

Grosse écurie de l’entre-deux-guerres, l’étoile rouge de Saint-Ouen a notamment remporté cinq fois la Coupe de France (1921, 1922, 1923, 1928 et 1942) à une époque où la vieille dame était encore considérée comme la compétition-phare du football français. Alors en attendant que cette équipe mythique retrouve son lustre passé, focus sur un onze de rêve qui pourrait bien vous étonner !

Parmi la pléiade de très bons portiers qu’a connue le club audonien (Chayriguès, Thébot, Darui, Laudu, etc.), difficile de choisir entre Pierre Chayriguès alias « le meilleur gardien français de tous les temps » dixit le journal « L’Auto » (ancêtre de L’équipe) et Julien Darui alias « le meilleur gardien tricolore du XXe siècle » dixit « L’équipe ». Ceci dit, à l’ancienneté et aux titres remportés au sein de la formation banlieusarde, c’est le premier nommé qui l’emporte. Courtisé (en vain) par Tottenham, ce titi parisien est resté quinze ans au club (1911-1925), glanant au passage trois Coupes de France. Petit (1m70), il compensait sa taille modeste par une excellente détente. Précurseur, Chayriguès fut l’un des premiers gardiens au monde à effectuer dégagements au poing, plongeons et autres sorties dans les pieds. Plus jeune (19 ans) dernier rempart de l’histoire de l’équipe de France, « Pierrot » a engrangé une bonne vingtaine de titularisations en Bleu.

Arrière droit ou stoppeur rugueux, formé au Cerro-Porteño, « Carlitos » fut recruté par Flamengo (l’un des plus grands clubs brésiliens) à seulement 20 ans. Après avoir connu l’émotion des derbys de Rio devant plus de 150 000 spectateurs au Maracanã, cet international paraguayen (18 capes) effectua la majeure partie de sa carrière dans l’Hexagone. Engagé par le Téfécé (Toulouse FC), l’ancien champion du Paraguay (en 1961) arriva à Saint-Ouen en 1967 suite à une improbable fusion entre le RSFC et le club toulousain ! Défenseur de devoir, puissant et rapide, il resta six saisons dans le 93, où il devint l’un des chouchous du Stade Bauer. Dur sur l’homme, admiré pour ses duels virils avec le Marseillais Skoblar, ce grand gaillard (1m83) est hélas également célèbre pour avoir brisé la jambe du Lyonnais Di Nallo sur un tacle particulièrement appuyé… Fidèle et exemplaire, en dépit de la relégation en division d’honneur, Carlos Monin devint l’entraîneur-joueur du Red Star en 1978.

A l’instar de Monin, Jean Baeza pouvait évoluer aussi bien dans l’axe que sur le flanc de la défense. D’origine espagnole, ce fils d’ouvrier naquit en Algérie, débutant ainsi sa carrière au Racing d’Alger. D’abord recruté par Cannes au début des années 1960, il découvrit le haut niveau à Monaco. Pas très grand (1m72), pas très lourd (70 kgs), l’Algérois était pourtant très athlétique. Souple, rapide, doté d’une bonne détente et d’un bon jeu de tête, il possédait en outre une bonne frappe de balle des deux pieds. Des qualités qui lui permirent d’intégrer l’équipe de France pendant trois ans, faisant ainsi de lui le dernier joueur du Red Star à avoir été sélectionné en Bleu pendant sa période audonienne. Excellent durant son unique saison en Seine-Saint-Denis (1968-69), Baeza partit garnir les rangs de l’Olympique Lyonnais, prenant ainsi part aux épopées des Gones en Coupe de France (finalistes 1971, puis vainqueurs 1973) aux côtés des Chiesa, Di Nallo, Domenech et Lacombe.

Force de la nature, véritable roc, le natif de Lakota (Côte d’Ivoire) a d’abord aiguisé ses crampons sur les pelouses clairsemées de la banlieue parisienne (Noiseau, Sucy-en-Brie, Créteil) avant d’exploser au Red Star dans les années 1990. Au sein d’une formation dionysienne qui flirtait ouvertement avec la montée en Ligue 1, Domoraud impressionnait par son endurance et son assurance à la relance. Supervisé par les nombreux recruteurs qui affluaient alors à Bauer, le robuste défenseur africain connut par la suite une riche carrière qui le mena de Bordeaux à l’Espanyol Barcelone en passant par Marseille, l’Inter Milan, Bastia et Monaco. Finaliste de la Coupe de l’UEFA et vice-champion de France 1999 avec l’OM, finaliste de la Coupe et de la Supercoupe d’Italie 2000, ce pilier de la sélection ivoirienne (50 capes avec les Eléphants) revint un temps à ses premières amours à Créteil avant de boucler la boucle à l’Africa-Sports d’Abidjan sur un titre de champion de Côte d’Ivoire en 2008.

A la fois arrière émérite, capitaine modèle, trésorier, secrétaire puis directeur sportif du Red Star, Lucien est l’une des figures emblématiques du club francilien. Arrivé en 1907 en provenance de Saint-Mandé, Gamblin effectua l’intégralité de son parcours dans le 93. Vainqueur, à 18 ans, en 1909, de la Coupe Manier (une des coupes nationales de l’époque), cet ex-attaquant devenu défenseur porta le brassard lors des trois premières victoires des banlieusards en Coupe de France. International à 17 reprises entre 1911 et 1923, « Captain Lulu » aurait pu compter bon nombre de sélections supplémentaires si sa carrière n’avait pas été interrompue par la Grande Guerre (1914-1918).Titulaire de la Légion d’Honneur, devenu par la suite journaliste sportif, celui qui écrivait notamment pour « L’Auto » et « France Football » avait au préalable vécu son heure de gloire le 5 mai 1921, lorsqu’il mena pour la première fois les Bleus au succès face aux Anglais ! Respect.

Véritable sentinelle, Penverne était un homme de l’ombre, un travailleur austère et infatigable dont la précieuse activité permettait à sa formation de récupérer quantité de ballons, au point de faire de lui un élément-clef partout où il passait. Fait du granit de sa Bretagne natale, ce petit menhir sur pattes (1m72 pour 70kg) soutenait en effet sans relâche sa défense. Pion essentiel du Stade de Reims et des Bleus, époque « Fontaine-Kopa-Piantoni », quadruple champion de France et médaillé de bronze au Mondial 1958, « Panpan » débarqua à Saint-Ouen en 1959 avec l’étiquette de vice-champion d’Europe (finaliste de la C1 face au Real). Venu pour redorer le blason du club dionysien, ce Toulalan des années 1950 signa un exercice plein, échouant à seulement un point de la remontée en L1. Hélas, la fin de saison vira au cauchemar lorsque le Red Star, accusé de corruption, fut relégué en division d’honneur. Sans ce fâcheux épisode, gageons qu’Armand serait resté plus longtemps…

Membre, au milieu des années 1990, du redoutable trident « Boutal-Thimothée-Marlet » qui terrorisait la Ligue 2, tout en flirtant ouvertement avec la Ligue 1, ce Pithivérien aux jambes de feu est (à l’instar d’Abou Diaby, Lass Diarra, Fadiga ou encore Meïté) l’une des nombreuses pépites issues du centre de formation des Verts-et-Blancs. Après avoir frôlé la montée dans l’élite pendant quatre ans, cet ailier « mangeur de craie » à l’ancienne tapa dans l’œil du gourou Guy Roux qui fit de lui le digne successeur de Christophe Cocard dans le couloir droit de l’attaque de l’AJA. Sélectionné 26 fois durant ses passages par Lyon, Fulham et Marseille, Steve Marlet manqua de peu le wagon bleu de 1998-2000, mais glana tout de même deux Coupes des Confédérations (2001 et 2003). Auteur de 133 buts en 500 matchs sur 21 saisons, il aura mis un point d’honneur à boucler la boucle au Red Star en 2011-12, là où tout avait commencé pour lui vingt ans plus tôt en 1991-92.

« La cerise sur le gâteau ! », c’est en ces termes que le coach du Red avait accueilli la signature du magicien du Paris Saint-Germain des années 1980. Joueur de classe mondiale, vainqueur de la Coupe 1983 et champion 1986 avec le PSG, le milieu bosniaque vint tâter le cuir en banlieue après avoir ébloui le Parc des Princes pendant près d’une décennie (1982-1991). Souvent blessé, le quart-de-finaliste du Mondial 1990 ne promena hélas ses crampons qu’une seule saison du côté de Bauer, mais cela suffit à faire de lui l’une des légendes du club. Le ballon toujours collé au pied, Safet amusa la galerie par ses dribbles, feintes et autres grigris. Passeur de génie, Susic porta les Verts-et-Blancs lors de la Coupe de France 1992, éliminant Guingamp avant de chuter honorablement en quart de finale face à l’AS Cannes de Zidane… Un match qui scella la fin de carrière du tsar yougoslave tout en symbolisant également la passation de pouvoir entre l’ex et la future star du foot franchouillard.

Non, David Trezeguet n’a pas été le premier Argentin à revêtir la tunique bleue floquée du coq. D’origine française, Nestor Combin possède effectivement un patronyme qui fleure bon la France. Débusqué en Argentine dès 18 ans, le natif de Las Rosas posa ses valises dans l’Hexagone à la fin des années 1950. Vainqueur de la Coupe de France 1964 avec Lyon, des Coupes d’Italie 1965 et 1968 avec la Juventus et le Torino, ce buteur prolifique, surnommé « La Foudre », fit parler la poudre un peu partout. Engagé par l’AC Milan, l’avant-centre international français fut agressé au match-retour de la Coupe Intercontinentale 1969, gagnée face à l’Estudiantes de La Plata, au motif que les Sud-Américains le jugeaient comme un traître… Passé du FC Metz au Red Star, Combin y forma un joli trio aux côtés de Jean-Claude Bras et Hugo Gonzalez. Toujours aussi efficace, entre 1974 et 1976, il planta quelques 39 pions en deux saisons, permettant ainsi aux Audoniens de retrouver brièvement la L1.

Au sein d’un Red Star qui comptait alors pléthore d’internationaux tricolores (Chayriguès, Chantrel, Gamblin, Meyer, Domergue, Bonnardel, Brouzes, Hugues, Joyaut, Pinel, etc.), Paul Nicolas était sans conteste la grande vedette du club francilien des années 1920. Seul joueur à avoir pris part aux quatre premières victoires des banlieusards en Coupe de France (1921, 1922, 1923 et 1928), cet ancien arrière reconverti à l’avant présentait un profil complet. Prototype de l’attaquant moderne, percutant et habile des deux pieds, à la fois buteur et passeur, « Paulo » marquait autant qu’il faisait marquer. Auteur de 20 buts en 35 titularisations chez les Bleus, il participa à trois reprises aux Jeux Olympiques (1920, 1924, 1928) mais manqua le premier Mondial en 1930 car il ne pouvait pas fermer son commerce le temps du séjour en Uruguay… Directeur de la grande équipe de France de 1958, Nicolas trouva la mort sur la route en 1959. Son souvenir, lui, est toujours présent.

Vous croyez rêver ? Et pourtant c’est vrai ! Grand mythe du football argentin, le petit (1m68) ailier gauche a bel et bien foulé la pelouse de Saint-Ouen durant trois années. Champion d’Argentine en 1925 et 1928, Stabile, étincelant, est entré dans la légende en 1930 en s’accaparant le soulier d’or du meilleur buteur de la première Coupe du Monde ! Vice-champion planétaire avec l’Albiceleste, ce feu-follet, très rapide, fut surnommé « infiltrator » pour sa capacité à se faufiler entre les défenseurs. Recruté par le Genoa, puis Naples, il rejoignit la France en 1936. Associé à Fred Aston et André Simonyi au sein d’un bouillonnant trident, Guillermo Stabile y fit admirer son étoffe, devenant ainsi l’idole des titis de Paris. Entraineur-joueur, le Sud-Américain conclut sa période redstarienne en 1939 sur un titre de champion de D2. Brillant sur le banc, durant plus de vingt ans, il prit alors en main la destinée de la sélection argentine avec laquelle il remporta six fois la Copa America (un record).

Plus de place dans le onze, mais difficile de ne pas l’évoquer quand même ! Avant de devenir la première coqueluche du foot français, Eugène découvrit le ballon rond dans le jardin du Luxembourg en 1902. Double vainqueur (en 1908 et 1910) du Trophée de France, la compétition la plus prestigieuse du début du XXe siècle dans l’Hexagone, Maës fut engagé par l’ambitieux club de Jules Rimet en 1910. Pourvu d’une frappe de mule et d’une détente prodigieuse, son jeu de tête lui permit de scorer à outrance, au point de glaner le sobriquet de « tête d’or ». Vainqueur du championnat de France LFA en 1912 avec le Red, Eugène Maës fut aussi le buteur des Bleus de 1911 à 1913, inscrivant la bagatelle de 15 buts en à peine 11 sélections, dont un triplé historique qui permit à la France de battre pour la première fois l’Italie (4-3) le 17 mars 1912. Après-guerre, sa carrière reprit à Caen. Téméraire, dénoncé en 1943 pour propos anti-allemands, il mourut déporté. Un homme, un vrai.

On triche un peu, car à la différence de Robert Herbin ou de Roger Lemerre, Herrera n’a jamais officié sur le banc dionysien. Mais en tant que joueur-leader et au vu de son impressionnant CV d’entraineur, impossible de ne pas faire de lui le coach-phare de ce Red Star ! Cosmopolite, prénommé « Helenio » de la passion que vouait son père à la Grèce, cet Argentin d’origine espagnole grandit au Maroc avant de débarquer en France !  Finaliste de la Coupe 1936 avec Charleville, il devint l’aboyeur en chef du vestiaire redstarien en 1940. Vainqueur de la Coupe 1942 avec Darui, Aston et Simonyi, il fila au Stade Français pour embrasser une incroyable carrière de coach à succès qui le mena de l’Atletico au Barça en passant par l’Inter et la Roma. Maître tacticien, ce Mourinho des années 1950-60 s’est ainsi adjugé deux Coupes des Champions, deux Coupes intercontinentales, quatre fois la Liga, deux Coupes du Roi, trois Scudetti et une Coupe d’Italie… Rien que ça !

Lionel Ladenburger
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  1. avatar
    12 octobre 2017 a 9 h 02 min
    Par Guga57

    Pour completer cet article :
    http://www.sofoot.com/top-10-joueurs-du-red-star-151735.html

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