All Star Game : des changements attendus mais symboles d’une NBA impuissante
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All Star Game : des changements attendus mais symboles d’une NBA impuissante

Le All-Star Game est un évènement incontournable des sports américains, et la NBA ne déroge pas à la règle. Instauré en 1951, il a depuis lieu chaque année (entre janvier et mars selon les époques) avec plus ou moins de succès. Depuis quelque temps, le format s'essouffle et la NBA vient de procéder à un changement de règle important qui sera appliqué dès cette année à Los Angeles.

Le All Star Game est un monument du sport américain et de la NBA en particulier. Plus qu’un match, c’est un All Star Week-end entier qui prend place chaque année avec des concours (comme les traditionnels concours de dunk et de 3 points) le samedi et avant cela le match entre les meilleurs jeunes. Véritable concours de popularité, le match des étoiles rassemble les plus grandes stars de la ligue dans un match convivial et spectaculaire.

All Star Game : un format qui s’essouffle

Néanmoins, tous les fans de basket ayant regardé ce match plus d’une fois se seront vite aperçus du manque d’intensité flagrant. La partie se résume en réalité à un enchainement de dunks en transition et de mouvements spectaculaires (enchainement de dribbles, tirs lointains…). De plus, un phénomène prend de l’ampleur : la chasse au record. Le match étant dénué d’enjeu, les joueurs font attention à leurs statistiques individuelles et dès qu’un record apparaît possible, le match tourne encore plus en parodie de basket avec un ballon collé aux mains du joueur susceptible de l’atteindre.

Si certains fans apprécient ce type de “hourra basket”, l’évènement fait néanmoins face à un manque d’intérêt de plus en plus palpable, autant chez les joueurs que chez les fans. Le manque d’intensité est compréhensible, la principale raison étant la peur de se blesser et de rater la fin de la saison et d’éventuels playoffs. Il faut aussi se rappeler que ce All Star Week-end constitue une plage de repos bienvenue pour les joueurs, soumis à un calendrier très dense tout le reste de l’année. La tendance est donc plutôt à l’économie d’énergie. De plus, l’amitié liant tous les joueurs NBA est visible durant cette fête du basket, de nombreux joueurs NBA passant du temps ensemble durant cette semaine. Vous vous doutez certainement que cette camaraderie n’encourage pas à mettre une forte intensité et à provoquer des contacts rudes pendant le match.

Du nouveau pour cette édition

Néanmoins, la NBA est une ligue réactive sur beaucoup de sujets et ouverte au dialogue. Elle a donc annoncé des changements qui étaient attendus, mais dont la forme était quant à elle inconnue. Via un communiqué publié le 3 octobre, la ligue et l’association des joueurs ont conjointement annoncé une modification du format du match des étoiles. Aux oubliettes le traditionnel affrontement entre conférence Est et Ouest, le joueur le plus plébiscité de chaque conférence composera son équipe parmi les 8 autres joueurs sélectionnés pour être starter. Cette liste de 10 joueurs est toujours issue du vote des fans (à hauteur de 50 %), des médias spécialisés (25 %) et des joueurs (25%).

Ainsi, les fans auront donc toujours le choix (en partie) des starters pour le match. La NBA avait déjà effectué des changements pour le All Star Game en décomposant le vote pour les titulaires, qui appartenait exclusivement aux fans avant d’être divisé avec les joueurs et les médias spécialisés. Cette action avait déjà montré que la NBA était attentive à sa cérémonie annuelle. Elle avait été réactive aussi et surtout car le produit de la NBA avait été en danger. En effet, Zaza Pachulia a failli être propulsé titulaire par le vote des fans après que son pays entier (ou presque) eut voté pour lui. Cela aurait été déplorable pour l’image de la marque d’avoir un joueur de son niveau dans le cinq majeur.

Il existe donc une réelle volonté d’améliorer ce match, pour des raisons diverses et variées (même si commerciales tout d’abord). Des changements ont été effectués, comme ceux annoncés ce week-end (qui s’inspirent en réalité du principe du All Star Game de la NHL en 2011) ou d’autres comme l’introduction du Skills Challenge puis la refonte de son format afin de redonner de l’intérêt au All Star Week-end. Une autre nouveauté fera son apparition à Los Angeles en 2018 : chaque équipe parrainera une œuvre caritative. Cela s’inscrit dans la continuité d’une ligue au fait de son temps, et c’est une initiative louable bien que bénigne, surtout en ces temps agités socialement aux Etats-Unis.

Des changements s’annonçant insuffisants

Néanmoins, si l’effort est remarqué, il sera sans doute inefficace. L’idée d’oublier les conférences pour ce match est sensée. En effet, celles-ci sont plutôt décriées (d’un point de vue géographique, Memphis est plutôt à l’Est par exemple) même si nécessaires pendant la saison régulière (pour des raisons purement logistiques). Cependant, pourquoi ne pas aller plus loin en supprimant totalement la notion de conférence, y compris dans la sélection ? Avec l’exode des stars vers l’Ouest, il est évident que certaines seront oubliées alors que des joueurs nettement moins talentueux de l’Est seront présents. En prenant en compte la signification réelle d’être All Star (reconnaissance, image), il serait plus logique d’oublier totalement les conférences. La NBA fait donc un pas dans la bonne direction mais se révèle être trop frileuse. Peut-être est-ce seulement une étape dans un processus plus long, cela est souhaitable.

Mais le principal problème n’est pas du tout réglé ni même impacté ne serait-ce qu’un petit peu par ces changements. L’intensité ne reviendra pas parce que le capitaine aura choisi ses coéquipiers. Au contraire, comment espérer remettre de l’intensité en faisant jouer ensemble une bande de potes ? On peut seulement espérer de légères rivalités si des coéquipiers (comme Curry et Durant par exemple) se retrouvent à défendre l’un contre l’autre sur certaines séquences. Pour ré-hausser l’engouement autour d’un évènement aussi décrié, il va falloir trouver mieux.

La dernière interrogation réside dans la draft pour composer les équipes. On peut aisément imaginer que celle-ci soit télévisée et fasse l’objet d’une cérémonie typiquement américaine. Comme l’a récemment indiqué Paul George, la draft pourrait presque être plus intéressante que le match en lui-même. Si elle est bien réalisée, elle pourrait encourager à regarder le match. A la faveur d’une ou deux déclarations fracassantes (ce qui est peu probable), on peut espérer voir des joueurs prendre ce match comme un challenge personnel pour se montrer.

Une impuissance compréhensible

Mais le problème est que la NBA ne dispose d’aucun moyen de pression pour forcer les joueurs à jouer dur. En effet, il ne sert à rien de donner une prime aux vainqueurs, les participants au match étant tous déjà riches. La NBA ne peut même pas adopter une attitude punitive (sanctions éventuelles ?) qui contrasterait beaucoup trop avec l’esprit festif et détendu du All Star Game. De plus, il est extrêmement difficile d’imaginer des sanctions, qui ne pourraient pas s’appuyer sur une impression visuelle uniquement. Le fait de jouer pour une association peut donner un léger supplément d’âme aux joueurs. Mais la plupart d’entre eux œuvrent déjà via NBA Cares ou leurs associations personnelles, là encore la NBA ne dispose pas de moyen de pression. La ligue fait montre d’un réel esprit d’entreprendre mais se retrouve confrontée à une dure réalité : elle ne dispose (presque) d’aucune marge de manœuvre face aux stars qu’elle a elle-même créé.

Se pose alors la question des changements profonds à effectuer. Certains proposent de donner l’avantage du terrain aux Finals à l’équipe de la conférence ayant gagné le All Star Game. Au-delà du fait que les conférences n’existent plus, est-on prêt à toucher à l’enjeu sportif réel (le titre) afin de redynamiser le symbole de l’Entertainment américain ? C’est ce format qui était adopté en MLB jusqu’à l’année dernière. Peu de solutions semblent envisageables et certains souhaitent plutôt conserver l’ancienne formule. C’est donc un véritable casse-tête auquel fait face Adam Silver, et cette réforme risque de ne pas changer grand-chose si ce n’est d’aggraver la situation.

  1. avatar
    9 octobre 2017 a 14 h 11 min
    Par DENTSDESABRE

    Bon résumé de la situation.

    Derrière tout cela il y a quand même un profond changement de mentalité chez les joueurs. Sans faire preuve d’un excès de nostalgie, j’ai tout de même l’impression que ça défendait plus à la fin des années 90 que maintenant. Peut-être que le principal problème, comme évoqué dans l’article, tient au fait que les tops joueurs sont trop “potes”

  2. avatar
    11 octobre 2017 a 18 h 16 min
    Par Mandrakiños

    Excellent article avec un bon éclairage sur cette problématique entre le show et ses limites dans le all-star game… La connivence des joueurs fausse l’intérêt du match…. il nous faudrait un Draymond Green survitaminé par franchise pour faire un bon match all-stars !!!!

  3. avatar
    14 octobre 2017 a 20 h 16 min
    Par the sampras

    oh que oui ça défendait plus dans les années 90 le Shaq peut en témoigner, lui qui avait été “bizuté” pour son 1er all star game.
    les “anciens” ne laissaient pas un rookie faire la loi à l’époque même si celui-ci était annoncé comme la futur terreur de la ligue, il devait faire ses preuves.
    aujourd’hui si rien est fait, les équipes finiront par atteindre chacune les 200 points pour un all star game devenu ridicule et que personnellement je ne regarde plus depuis longtemps.
    la défense a quasi disparu de la NBA de façon générale et lui a fait perdre une grande partie de son intérêt.

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