Isaiah Thomas : King of the Fourth
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Isaiah Thomas : King of the Fourth

A jamais sous coté durant sa carrière, Isaiah Thomas est en train d’exploser à la face de la NBA depuis le début de cette saison. Proclamé roi du quatrième quart temps, le lutin vert pourrait pourquoi pas devenir le roi de la North Basketball Association.

Un nom prédestiné

Pour les novices, avant d’être le nom du numéro 4 des Celtics, Isiah Thomas est celui d’un des plus grands meneurs de jeu que la Ligue n’est jamais connu. Pour rappel l’ancien meneur des Detroit Pistons fut entre les années 80 et 90 entre autre double champion NBA (1989 et 1990), MVP des finales (1990) ou encore 12 fois All-Star. Il fut également particulièrement connu pour être le cerveau des fameux “Bad Boys de Detroit”, équipe sans foi ni loi étant la bête noire de Sa Majesté Michael Jordan. C’est grâce à son admiration pour ce joueur et à cause d’un pari perdu sur la finale Pistons-Lakers que James Thomas appela son fils “Isaiah”. Si la prononciation est la même que pour l’ancien meneur des Pistons, la mère de Thomas souhaitait un “a” supplémentaire à son prénom pour lui donner un nom biblique.

 

L’éternel sous-coté

Gamin de l’Etat de Washington, le jeune Thomas est un joueur respecté dans l’état et impressionne par ses qualités offensives. malgré sa petite taille. En effet, Isaiah Thomas se rapproche plus de Monsieur Tout le Monde que de l’athlète type NBA. Même si il est doté d’un corps assez musclé et d’un gros popotin lui permettant de résister aux chocs face aux intérieurs, le lutin ne mesure seulement qu’1 mètre 75. Après ses 3 années de lycée, il s’inscrit à l’université de Washington en 2008, une université cotoyée par… Nate Robinson, un autre joueur connu pour sa petite taille. Thomas restera 3 ans à Washington où il tourna à environ 16 points de moyenne. Une statistique qui lui permettra de se présenter à la draft de 2011. Une draft réputée pour sa qualité 6 ans plus tard puisqu’on y compte plusieurs All-Star (Leonard, Irving, Thompson, Walker ou Butler), des titulaires solides (Valanciunas, Vucevic, Tristan Thompson ou encore Tobias Harris) mais aussi des très bons “role player” (Kanter, Burks, Knight etc…). Pourtant Thomas n’est pas “hypé” comme les principaux prospects. Sa petite taille, son manque de physique et son faible impact en défense n’en font pas un joueur prisé par les franchises NBA. Si beaucoup d’équipes auront trouvé leur bonheur durant cette draft, certaines se mordront les doigts d’avoir louper le petit lutin : Isaiah Thomas est sélectionné en dernière position du second tour par les Sacramento Kings. Il deviendra quelques années plus tard l’un des plus gros steals de l’histoire de la draft à ranger avec les Draymond Green, Manu Ginobili ou encore Monta Ellis.

 

Le chouchou de Sactown

Thomas rejoint donc une franchise en pleine reconstruction mais l’avenir semble enfin positif avec Tyreke Evans, rookie de l’année 2009, et Demarcus Cousins drafté en 2010, dont le potentiel semble sans limite. Il récupère même via la draft Jimmer Fredette pour le poste de meneur, meilleur joueur universitaire en 2011 mais dont le jeu unidimensionnel crée des interrogations autour de son cas. Affublé du numéro 22, Isaiah commence sur le banc et grapille du temps de jeu petit à petit. Son style de jeu spectaculaire et sa bonne bouille le font vite devenir le chouchou de Sacramento. En effet, les supporters des Kings n’ont que peu d’occasion de se réjouir : Evans semble régresser depuis ses débuts en NBA et cumule les blessures, Cousins est certes très talentueux mais son caractère impétueux freine son équipe et enfin Jimmer Fredette ne répond pas aux doutes et est considéré comme un bide. Thomas est donc la seule éclaircie de la saison Kings et il devient même titulaire en cours de saison. Ses stats : 11.5 points et 3.4 passes décisives. Il est retenu dans la All NBA Rookie Team. Pas mal pour un joueur dont l’avenir en NBA c’est joué à un choix de draft. Si les Kings ne l‘avaient pas draftés, on aurait sans doute jamais vu Isaiah Thomas en NBA.

Sa deuxième saison en NBA ressemble à la première : choix de draft qui ne fonctionne pas (Thomas Robinson), Evans qui ne confirme pas et se blesse régulièrement et Cousins progresse mais ne s’impose pas en leader. De plus, les Kings sont souvent cités dans des rumeurs de déménagement à Las Vegas ou à Seattle. Pourtant, Thomas va continuer de progresser statistiquement en scorant près de 14 points par match. Une saison de plus à oublier pour les Kings qui s’enlisent dans les bas fonds de la conférence Ouest.

A l’aube de la saison 2013-2014, les Kings sont vendus et changent de propriétaire. Ils recrutent un nouvel entraîneur en Mike Malone et décide de se débarrasser de Tyreke Evans en l’échangeant aux Pélicans. Sacramento drafte Ben Maclemore pour le remplacer. Pour une fois les Kings commencent bien leur saison et Demarcus Cousins semble entretenir une bonne relation avec son nouveau coach. Même si Ben Maclemore ne réalise pas une saison transcendante, Sactown semble enfin aller dans la bonne direction. Encore plus avec l’arrivée via trade de l’ailier Rudy Gay, censé apporté un soutien au scoring pour Thomas et Cousins. Encore une fois, les Kings n’atteindront pas les play-offs et devront se contenter du ventre mou de la conférence Ouest. Thomas arrive en fin de contrat avec les Kings et se posent des questions sur son avenir à Sacramento. Malgré ses 20 points de moyenne sur la saison et sa côte d’amour auprès des supporters mais aussi de ses coéquipiers, en premier lieu Demarcus Cousins, les dirigeants font une offre insuffisante aux yeux du meneur et celui-ci décide d’aller voir ailleurs.

 

L’escale dans l’Arizona

Dans un échange de bon procédé, Sacramento échange avec Phoenix Isaiah Thomas contre une trade exception de 7 millions de dollars ainsi que les droits d’Alex Oriakhi. Le choix de Thomas de signer par la suite un contrat de 4 ans aux Suns fut très surprenant à l’époque. En effet, les Suns avaient manqué les play-offs d’un rien la saison précédente donc Thomas signait dans une équipe plus solide que les Kings. Cependant, le point fort des Suns résidait sur son backcourt Eric Bledsoe-Goran Dragic. Phoenix avait trouvé une complémentarité entre ces deux hommes et difficile de trouver une place pour Thomas. Celui-ci sera donc contraint de sortir du banc dans un rôle de 6ème homme qui va lui réduire son temps de jeu. De plus, il est très difficile d’imaginer Bledsoe-Dragic-Thomas jouer ensemble sur le terrain à cause de leur taille. Pour Phoenix, la mayonnaise ne prend pas aussi bien que la saison dernière et l’équipe s’englue de le milieu du tableau de la conférence. De plus, Thomas connaît quelques petits pépins physiques et manque de régularité. Il réussit tout de même à inscrire un peu plus de 15 points de moyenne. Mais voilà, Phoenix est une franchise pro-active et décide de faire tout exploser, étant conscient que la signature de Thomas était un échec et que Goran Dragic avait des envies de départ pour une meilleure équipe. Résultat : lors de la trade deadline de 2015, un échange entre plusieurs équipes est monté où les Suns récupèrent Marcus Thornton et un premier choix de draft contre Isaiah Thomas. Les Celtics étant blindé de choix de drafts et Marcus Thornton étant un joueur de rotation seulement, le risque pour Boston est minime. Thomas est recruté pour booster la second unit des Celtics : ils auront bien plus que ça.

 

La pépite de Boston

Pour ses débuts avec la formation de Brad Stevens, Thomas régale et semble totalement épanoui dans ce nouveau système. Deux semaines après son arrivée, il remporte son premier titre de joueur de la semaine alors qu’il sort du banc. Il va par la suite connaître quelques pépins physiques mais l’essentiel est ailleurs : pour la première fois de sa carrière le lutin va découvrir les playoffs. Surprise de la conférence avec la 7ème place, Boston affronte Cleveland. La marche est bien trop haute pour Boston et le résultat est cinglant : défaite 4-0 au premier tour. Pourtant tout n’est pas à jeté dans les prestations des Celtics : le meneur aura livré un très bon Game 1 (22 points et 10 passes) et l’équipe aura et loin d’être ridicule face au futur finaliste NBA. D’un point de vue personnel, et malgré ses blessures et son changement d’équipe, Isaiah termine deuxième au classement du 6ème homme de l’année, juste derrière Lou Williams.

L’histoire d’amour entre Boston et Thomas continuera de plus belle pour la saison 2015-2016, l’importance prise par le meneur obligera Brad Stevens à le titulariser et à ne plus le limiter à un rôle de 6ème homme. Dans une équipe où le collectif prime, Thomas est l’électron libre. En constante progression, les Celtics atteindront la 5ème place de la Conférence Est. Et la NBA et ses coachs ne manqueront pas de récompenser Boston : Thomas est sélectionné pour son 1er All-Star Game. Il devient le plus petit joueur de l’histoire avec Calvin Murphy à être sélectionné au match des étoiles. Il assure en partie ce statut en playoffs où il va planter 43 points face à Atlanta lors du match 3. Malheureusement, il ne peut empêcher l’élimination de Boston 4-2.

Au début de cette saison, les ambitions bostonniennes sont fortes : grâce à la signature de l’ancien Hawks Al Horford, l’objectif est d’aller chercher la deuxième place de la conférence derrière les intouchables Cavaliers. Le début de saison de Boston est très moyen collectivement mais Thomas réalise un bon début de saison individuellement. Cependant ses carences défensives commencent à être montrées du doigt par certains observateurs. Les Celtics enchaînent les bons résultats par la suite en l’absence de Thomas, légèrement blessé. Ces mêmes observateurs soulèvent une question évidente : Boston est-il meilleur sans Thomas. Et bien il ne fallait pas énerver l’oiseau. A partir du mois de Décembre, Thomas va devenir tout simplement injouable pour ses adversaires. Il inscrit 52 points, record en carrière, dont 29 lors du dernier quart temps face à Miami. Il bat ainsi l’ancienne marque de Larry Bird (24 points). Au mois de Janvier, la folie Thomas suit son cours et il boucle le mois avec près de 33 points de moyenne et 7 passes décisives. Des chiffres hallucinants qui lui permettent de s’assurer un deuxième ticket pour le All Star Game mais aussi une récompense de meilleur joueur du mois, la première de sa carrière. Dans son sillage, Boston est désormais confortablement installé en deuxième place de la conférence et peut même lorgner sur la première place de Cleveland.

 

Jusqu’où peut il aller ?

Deux statistiques montrent l’importance prise par Thomas dans son équipe mais aussi au sein de la NBA. La première : il est désormais le recordman du nombre de matchs consécutifs à plus de 20 points pour Celtics (43 matchs). Sa série a pris fin le 27 février dans un match face aux Hawks où il a inscrit… 19 points. L’autre statistique est encore plus impressionnante : il tourne à 10,4 points dans le dernier quart temps. C’est le meilleur en NBA cette année mais aussi depuis 20 ans. Une statistique hallucinante qui montre son impact dans le jeu lors des moments chauds et lui ont valu ce surnom de “King of the Fourth”. Deuxième scoreur de la Ligue à près de 30 points de moyenne, il réalise une saison individuelle et collective de haut vol et certains le voient même MVP. Malheureusement pour lui, la saison hallucinante de Russell Westbrook et de James Harden ainsi que l’impression de facilité donnée par LeBron, Durant ou Leonard ainsi que la faiblesse de la conférence Est ne lui permettront sans doute pas de remporter ce trophée. Par contre dans son sillage, Boston est sans doute armé cette saison pour réaliser un vrai beau parcours en playoffs, le seul terrain de jeu où Thomas n’a peut être pas encore vraiment convaincu.

Enfin, avec son contrat à 7 M/an, Isaiah Thomas est sans doute le joueur le plus “sous payé” de la Ligue. Ayant signé son contrat avant la hausse du Salary Cap et étant sous coté à la période de sa signature, il est une véritable affaire pour Boston (à l’image de Stephen Curry pour Golden State). Difficile d’imaginer qu’un probable top 10 MVP soit le 138ème salaire de toute la Ligue…

Thomas aura donc parcouru un chemin parsemé d’embûches pour devenir l’un des meilleurs joueurs de la NBA et apporter un vrai message : ce n’est pas la taille qui compte ! Plus sérieusement, Isaiah a déjà atteint un niveau fabuleux cette saison et on voit difficilement comment il peut s’améliorer. Et c’est ce qui est fort avec le lutin, il n’arrête jamais de nous surprendre. .

  1. avatar
    1 mars 2017 a 21 h 18 min

    Merci pour l’article, agréable à lire.
    Précision: NBA = National Basketball Association.

    • avatar
      3 mars 2017 a 10 h 38 min

      Merci !
      Effectivement, petite erreur de ma part…

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