Le pari réussi de Kyrie Irving
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Le pari réussi de Kyrie Irving

Au coeur de l'été, la nouvelle a fait l'effet d'une bombe en NBA : Kyrie Irving veut quitter Cleveland ! Un mois après la finale perdue face aux Warriors et un peu plus d'un an après le titre conquis face à ces mêmes Californiens, il ne veut plus porter le maillot des Cavs. Désormais leader des Boston Celtics, Irving n'est plus le même joueur... il est encore meilleur ! Ou l'histoire du Prince qui s'est affranchi du Roi pour écrire sa propre légende.

Beaucoup se sont interrogés : pourquoi vouloir quitter une franchise alors qu’il vient de disputer trois finales NBA (pour un titre) en étant aux côtés du meilleur joueur de ces quinze dernières années ? Qui plus est quand le dit joueur risque de faire ses valises à l’été 2018 et de laisser les clés de la maison Cavs à son fidèle lieutenant…

Le lieutenant en avait tout simplement assez de rester dans l’ombre imposante de LeBron James. Sélectionné par Cleveland en 2001 avec le premier choix de draft, Kyrie Irving devait être LE joueur autour duquel les dirigeants allaient reconstruire. Mais le retour de l’enfant chéri en 2014 a bouleversé les plans. Le n°2 des Cavs (sur le maillot comme dans la hiérarchie) a pleinement profité et surtout contribué au retour de Cleveland au sommet de la NBA : si le contre de LBJ sur Iguodala au Game 7 des finales 2016 reste dans les mémoires, c’est quand même le shoot hyper-clutch de Irving sur la tête de Cury qui a offert le trophée aux Cavs. Mais Kyrie n’était pas épanoui.

Dans les pas du père

Pendant que les Warriors prenaient leur revanche en juin dernier, quelque chose s’est définitivement cassé entre celui que l’on surnomme Uncle Drew et son coéquipier si performant, si important, si décisionnaire… et si envahissant. Surpris par l’envie subite de leur joueur de changer d’air, les dirigeants de Cleveland ont pris leur temps pour lui trouver un point de chute. Le choix de Boston, adversaire direct pour le titre à l’Est, fut très surprenant. Pour Irving, il y avait un écueil majeur : succéder au chouchou du TD Garden, Isaiah Thomas, envoyé en échange dans l’Ohio contre son gré.

Mais il y avait surtout beaucoup d’avantages pour le nouveau Vert à jouer chez les Celtics : porter le maillot d’une franchise historique, retrouver la Côte Est où il a grandi (entre New York et le New Jersey) et refermer la boucle d’une histoire familiale. Son père a joué à Boston University avec le n°11 sur le dos et a connu la mère de Kyrie, décédée depuis, sur le campus bostonien. Si son propre essai sous le maillot légendaire n’a pas abouti, Drederick Irving voit maintenant son fils faire des merveilles avec la même tunique.

Un meneur plus collectif et altruiste

Kyrie Irving est sans doute le joueur le plus esthétique de NBA. Ses dribbles, feintes ou crossovers ont peu d’équivalent. Il truste les Top 10 depuis le début de saison avec ses moves venus d’ailleurs. Mais celui qui était surtout un meneur-scoreur avec les Cavs se mue en “vrai” meneur avec les Celtics. Toujours capable de sortir des perfs monstrueuses (47 pts vs Dallas, 36 vs Philadelphie et San Antonio, 35 vs Atlanta), Uncle Drew est beaucoup plus intégré dans un collectif qui fait la force de l’équipe de Brad Stevens.

Le coach et son nouveau joueur ont tout de suite compris comment les qualités premières de Irving pouvaient faire des merveilles aux côtés d’Al Horford, qui avait une relation de terrain incroyable avec Thomas. Bien sûr, Irving n’est pas Thomas de par son physique et son jeu, mais la transition entre ces deux meneurs aux styles très différents s’est finalement faite assez vite.

Les détracteurs diront que les stats d’Irving sont en baisse par rapport à l’an dernier (23,7 pts contre 25,2 ; 4,8 passes décisives contre 5,8 ; 3 rebonds contre 3,2). Mais, joueur quasi dévoué au jeu en isolation et en pick-and-roll dans l’attaque à deux têtes de Cleveland, Kyrie pèse désormais beaucoup plus quand il n’a pas le ballon en mains. Il est davantage un playmaker et un facilitateur de jeu et inscrit beaucoup plus de points après passes décisives de ses coéquipiers qu’avant, lorsque ses “unassisted baskets” définissaient son jeu. Ce qui est fort dans le travail d’intersaison, c’est que ce ne sont pas les Celtics qui ont dû faire évoluer leur jeu pour intégrer leur nouvelle star mais bien le joueur qui s’est complètement fondu dans le moule de Boston : “Je devais m’ajuster afin que mon talent individuel profite au groupe”, déclarait-il après une victoire face aux Spurs.

Tout le mérite du succès depuis le début de saison en revient à Coach Stevens, capable d’intégrer d’Irving dans ses systèmes et surtout de repartir de 0 après 6 minutes de jeu dans le premier match de la saison et la terrible blessure de celui qui devait être sa deuxième option : Gordon Hayward.

Du sang (vert) froid dans les veines

Car en plus de devoir changer son jeu en changeant d’équipe, Irving a aussi dû s’adapter à la perte rapide de ce coéquipier de luxe que devait être l’ancien Jazz. Faire une préparation entière avec Hayward à ses côtés, trouver une alchimie et devoir tout remettre en cause, ce n’est pas donné à tout le monde. Irving a pris ses responsabilités pour endosser la casquette de leader unique des Celtics après le gros coup dur…

Ça tombe bien c’est justement ce qu’il voulait en quittant Cleveland. Uncle Drew est très très fort mentalement. Il l’a prouvé face aux Warriors mi-novembre avec ce double comeback et ses 11 points inscrits sur les 13 de son équipe dans les 4 dernières minutes, après avoir enlevé son masque de protection, qui le gênait pour ses shoots. Une décision qui aurait pu avoir des conséquences mais la rage de vaincre a pris le dessus. Cerise sur le gâteau, Kyrie a progressé en défense, au moins dans l’intensité : son nombre d’interceptions est en hausse cette saison, preuve de son implication et de sa concentration à tous les instants.

Boston est la meilleure équipe de l’Est actuellement et elle le doit en grande partie à Coach Stevens, à un collectif exceptionnel, à son rookie Jayson Tatum meilleur joueur NBA à 3 points, au sophomore Jaylen Brown explosif et hargneux et bien sûr à son meneur qui relève le défi qu’il s’est lui-même lancé en changeant de franchise. Il est bien sûr trop tôt pour parler MVP et Harden, Giannis, LBJ (toujours lui) sont bien lancés… Mais à ce rythme-là, Kyrie Irving sera sans problème dans la course.

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