MVP : Russel Westbrook ou James Harden ?
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MVP : Russel Westbrook ou James Harden ?

Après deux années de domination outrageuse des Warriors et de leur meneur Stephen Curry, double MVP en titre, la course au trophée est plus que jamais relancée.

Plus précieux que l’anneau de la terre du milieu, plus convoité que le footwork d’Hakeem Olajuwon, il est une des clefs pour rentrer au hall of fame, il est un prestige qui fait grimper votre blaze au plafond de votre salle, il est parfois incontestable et unanime mais il peut faire naître des débats à vous déchirer des inséparables. Trois lettres pour écrire votre nom parmi les plus grands, une statuette mythique pour vous faire passer du statut de superstar à celui de légende.

MVP ! MVP ! MVP ! Ha quelle douce mélodie que ce chant qui descend des travées pour vous chatouiller l’oreille alors que vous êtes sur la ligne des lancers francs pour planter vos 49ème et 50ème points de la soirée. Peu de joueurs peuvent se targuer d’avoir reçu cette honneur dans leurs carrières, encore moins quand la foule l’a repris sur un parquet qui n’est pas le vôtre. Lebron, D-rose (RIP), KD, et plus récemment Stephen Curry sont les derniers à avoir mis tout le monde d’accord, ou presque, et à avoir soulevé le Graal.

Le King n’en a plus rien à faire, clairement, son objectif est maintenant de remplir sa main de bagues et après avoir gagné le trophée à 4 reprises, il n’a plus de place au dessus de sa cheminée, et préfère y mettre la tronche empaillée de Barkley.
KD et curry on décidé de fusionner comme San Goten et Trunks pour ridiculiser toute la ligue et n’ont qu’un objectif, un seul : dévisser la couronne du King et essayer de rentrer à deux dedans. Quand à Derrick Rose, après avoir fait le deuil de ses genoux il paraît qu’il utilise son trophée de 2011 pour caler des bouquins d’ostéopathie et de pensée positive.

La saison en cours est la propriété de deux hommes, deux “ex bros” qui ont du se séparer pour pouvoir mieux exprimer leurs talents #Dasslerstyle. Deux machines à statistiques du futur qui se répondent soir après soir à coup de triple-doubles et d’insolence. Vous les aurez bien sûr reconnus, il s’agit du meneur du Thunder qui n’a de 0 que le numéro et les goûts vestimentaires, Russel Westbrook, et du barbu texan James Harden.

Le premier est en passe de réaliser une saison en triple-double de moyenne, la première depuis Oscar Robertson en 1961, le deuxième est le chef d’orchestre de l’équipe solide 3ème de la jungle qu’est la Conférence Ouest. Deux joueurs du même poste qui exercent leurs fonctions dans deux styles très différents et dans des contextes diamétralement opposés. A mi course de ce marathon assez dingue, il est temps d’établir un premier constat et d’analyser ce qui pourrait  faire pencher la balance du coté de Houston ou de l’Oklahoma.

Contexte

Les deux joueurs ont connu un été très  mouvementé, sûrement celui qui a ce jour a le plus marqué leurs parcours au sein de la ligue. rythmé d’arrivées et de départs, l’intersaison 2016 aura changé leurs carrières avant, peut-être, de changer leurs vies.

Des trahisons il y en a eu au pays de l’Oncle Sam, mais alors celle qui a frappée l’Oklahoma le 4 juillet 2016 n’est pas prête d’être oubliée. Passé à deux doigts de rejoindre les finales NBA pour la deuxième fois de sa carrière, Kevin Durant alors agent libre a préféré rejoindre ses bourreaux venus d’Oakland et, ainsi, laisser une franchise, une ville, un état et toute une fan base dans l’embarras. Mais un homme a décidé de mener le combat et de relever le défi de garder le Thunder en haut de l’affiche, cet homme c’est Russel Westbrook.

Véritable toxicomane balle en bain, le Marsupilami a maintenant l’entière main-mise sur le jeu d’attaque de son équipe et tout le loisir d’utiliser la gonfle comme bon lui semble. Plus facile pour produire des stats me direz-vous, pas faux, mais de la à être en triple-double de moyenne il y a un monde, un monde que RussWess convoite et avec le départ de Durant ses dents rayent le parquet de la Chesapeake Arena afin de prouver à tous quel monstre il est.

Du côté des Rockets, D12 est rentré chez lui en Georgie, JB Bickerstaff a fini son CDD au centre de loisir qu’était la franchise l’an passée, Mike D’Antoni est arrivé avec son jeu rapide accompagné de Gordon et Anderson en provenance de New Orleans et de son marasme. La révolution est lancée, James Harden passe meneur et le jeu s’articule autour du pick and roll sous toutes ses formes. Entouré de shooteurs et d’intérieurs véloces, la recette est gagnante et le chef cuistot Harden, dans ce rôle de playmaker ultime, s’en frotte les mains.
Résultat : Alors que l’un a vu son équipe dépecée, l’autre jouit d’un climat idéal pour réussir sa saison, ce qui rend la performance de Westbrook complètement dingue sur les 3 premiers mois de compétition surtout que son équipe est actuellement en playoffs et que le bonhomme tourne à plus de 30 pts – 10 asts – 10 rbds, incroyable !! Harden est également sur une autre planète, nous allons le voir, mais au vu du contexte, le premier point est accordé à Russel Westbrook.

 

Les faits

Nous l’avons déjà évoqué, Westbrook tourne à 30,8 points, 10,5 assists et 10,3 rebonds de moyenne avec des pointes à 51 points contre Phoenix en octobre, une à 45 contre Dallas en janvier et 3 matchs de suite à plus de 40 points contre Atlanta, New Orleans et Boston en décembre. A la passe c’est pas mal non plus, avec un match énorme à 26 points et 22 passes contre Phoenix et 14 matchs à 13 passes ou plus il est actuellement deuxième meilleur passeur à égalité avec John Wall. Concernant les rebonds le Marsupilami est le 12ème meilleur rebondeur de la ligue et seul joueur parmi les 25 meilleurs capteurs de rebonds à mesurer moins de 2m05, le meneur émergeant à 1m91. Tout ça pour un joyeux total de 24 triple-doubles, tranquille le gars.

James Harden quant à lui c’est 14 triple-doubles mais aussi 7 matchs lors desquels seulement une passe ou un rebond manquants l’ont empêché de voir triple. Il est devenu le premier joueur de l’Histoire à réaliser deux triple-doubles à plus de 50 points avec deux “crises” à 51/13/13 contre Philly et 53/17/16 contre les Knicks. Avec 12 matchs à 35 points et plus et 17 matchs à 13 passes ou plus, el barbudo réalise une saison exceptionnelle.
Meilleur passeur avec 11,4 passes et troisième scoreur à 28,9 points, Harden capte également 8,2 rebonds sans, pour autant, se battre avec la même intensité que son homologue du Thunder sous les paniers.

Quel duel nous avons là, deux grands malades mentaux qui nous font vivre une saison dantesque et se répondent soir après soir au lance flamme et au napalm. Comment donner  l’avantage à l’un ou l’autre d’un point de vu statistiques ? Compliqué, très compliqué même.

Résultat : égalité

 

L’impact

Être MVP ce n’est pas seulement produire des stats démentielles, sinon Kobe aurait été MVP en 2005 et 2006. mais non le Black Mamba n’aura raflé la mise qu’une fois en 2008, la faute a ce bon vieux Steeve Nash qui de haut de ses 18 points et 10 passes fut auréolé deux fois de suite ces années-là. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’au-delà des chiffres le canadien était le patron, le maître a jouer de l’équipe la plus séduisante et efficace de la NBA. Inarrêtable quand son prote Stoudemire venait lui poser un écran, incroyable shooteur et passeur il a su faire rayonner les Suns durant cette période. Et rendre tout le monde meilleur autour de soit, c’est exactement ce que James Harden est en train de faire aux Rockets : 8ème l’an passé, Houston est actuellement dans la roue des Spurs et le jeu du numéro 13 permet a des joueurs comme Clint Capela d’éclore, à d’autres comme Eric Gordon ou Ryan Anderson de renaître, au public du Toyota center d’apprécier le show.

Ha Mike d’Antoni quand on lui file un tueur au poste 1… Ce même Mike qui a fait de Nash le double MVP que l’on vient de citer. Un signe ? Il y a de ça oui, car même quand Capela s’est blessé le jeune Harrel s’est régalé en finissant même un match à 28 pions, gavé par les bons ballons de son meneur. Permettre à des role players de faire des stats et d’exprimer leur potentiel, aussi caché soit-il, voilà ce que l’on peut attendre d’un MVP surtout quand il officie au poste de meneur.

De Westbrook, difficile d’en dire autant, les joueurs autour de lui ont plus l’air de mal vivre leur sevrage de ballons que de prendre du plaisir à jouer avec leur franchise player. De plus, l’ex joueur de UCLA a parfois l’air de forcer les choses, voire même de compter ses passes ou rebonds pour avoir SON triple double. car oui, même s’il tourne à 10 passes, Westbrook reste un joueur égoïste, peut être trop pour prétendre être le joueur le plus “valuable” de la ligue. En témoigne sa fin de match horrible contre les Cavs lorsque son équipe est en train de perdre le match et que lui ne cherche qu’à compléter son triple-double pour ne pas repartir de l’Ohio totalement bredouille.

Résultat : point Harden, surtout que rappelons-le, Houston est à 69% de victoires, autant que Cleveland, premier à l’Est.

Tout cela pour nous dire que la course est serrée et mettre les deux joueurs à égalité ? Bah ouais, qu’est-ce que vous voulez, mais à l’heure d’aujourd’hui Westbrook semble avoir une petite longueur d’avance pour deux raisons. La première est qu’à l’occasion des votes pour le All Star Game, les journalistes l’ont choisi en premier devant James Harden, ces mêmes journalistes qui voteront pour le trophée du MVP dans 3 mois.
Deuxièmement, pour l’Histoire, car si Westbrook termine la saison en triple-double, difficile de lui refuser cet honneur tant la performance est folle, d’autant plus qu’il joue presque 10 minutes de moins qu’Oscar Robertson lors de la saison de son exploit.

Rendez-vous en fin de saison pour savoir qui des deux joueurs succèdera à Curry au palmarès des légendes de ce sport.

  1. avatar
    8 février 2017 a 17 h 14 min

    Merci, le texte est très bien écrit.

    Si Westbrook a l’avantage pour le moment, il risque de se cramer avant la fin de la saison, sans parler des playoffs, où il ne pourra pas faire tout seul. Harden et ses Rockets ont donc plus de chances d’atteindre une orbite plus élevée le printemps venu, indépendamment du résultat du MVP de la saison régulière.

  2. avatar
    8 février 2017 a 18 h 10 min
    Par zack

    Il est clair que ce sera très serré, on a à faire à deux extraterrestres. Mais je ne vois pas les journalistes donner le titre de MVP à Westbrook dont l’équipe pointe à la 7e place, ce serait du jamais vu. Sans compter que Robertson n’a pas été élu MVP lors de sa saison en triple-double. Et en sachant qu’il se pourrait qu’il ne finisse pas en triple-double car sa moyenne d’assists (10,2) est en train de baisser petit à petit.
    A l’inverse, comment ne pas le donner à Harden, son équipe dont il est le maestro est 3e à l’Ouest, c’est la 1ère année qu’il joue meneur et il est de loin le meilleur passeur de la ligue (11,4), avec la même moyenne de points que l’an dernier (29 points) et en prenant beaucoup plus de rebonds (8,2). Il a progressé partout et son équipe avec (8e l’an dernier), il bat des records historiques comme celui des triple-double à plus de 50 points et sa performance contre New-York est l’une des plus prolifiques de l’histoire… En 2015, il n’a pas été élu (on se demande encore pourquoi) après un duel serré avec Curry, la NBA la sanctionné assez durement à cause du bilan mauvais des Rockets malgré des stats excellentes (29/7/6), cette année sera peut-être la bonne pour lui…

  3. avatar
    9 février 2017 a 18 h 07 min

    Oui, vu ta description, ce serait plus sympa si Harden gagnait.
    Cependant Iverson avait été nommé MVP en 2001. Il était assez perso aussi de mémoire, mais peut-être qu’en 2001 c’était moins pire que par la suite (ma mémoire me fait peut-être défaut).

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